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Date

29 juin 2024

Les nitazènes, ces nouvelles drogues de synthèse qui inquiètent l’ONU

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a publié ce mardi 25 juin son rapport annuel sur la drogue dans le monde. Ce rapport sonne l’alerte sur un nouveau groupe d’opioïdes fabriqués en laboratoire.

  • Gaspard Barthélémy, le 28/06/2024
Les nitazènes, ces nouvelles drogues de synthèse qui inquiètent l’ONU
Développés à l’origine pour traiter la douleur, les opioïdes sont aujourd’hui recherchés pour leurs effets euphorisants. FARKNOT ARCHITECT – STOCK.ADOBE.

Retrouvés dans plusieurs pays d’Europe, dont les pays Baltes, la France, le Royaume-Uni ou l’Irlande, les nitazènes sont dans le viseur de plusieurs agences de santé publique, mais c’est en Chine qu’ils seraient principalement produits. Leurs effets sont potentiellement destructeurs, certains nitazènes étant 500 fois plus puissants que la morphine.

Présentés comme de l’héroïne alors que bien plus forts, ils peuvent rapidement provoquer des overdoses. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) vient de publier, mardi 25 juin, un rapport qui compile les observations des différentes agences nationales. Il s’inquiète de « vagues » de décès en Amérique du Nord et en Europe provoqués par la consommation de ces psychotropes fabriqués en laboratoire. L’an dernier en Irlande, 77 décès liés aux nitazènes ont été recensés à Cork et à Dublin, selon l’agence de santé publique irlandaise (HSE).

Les consommateurs peuvent se méprendre en considérant les cachets moins dangereux que les injections de drogue. Mais dans ces comprimés peuvent se cacher des molécules tout aussi mortelles. Le fentanyl, qui a préexisté aux nitazènes, a été en bonne partie responsable des 100 000 morts aux États-Unis en 2021, notamment à cause de comprimés frelatés.

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Effet de bascule

Dans le même temps, la production d’opium a connu une baisse historique de plus de 70 % en 2023, selon le rapport de l’ONUDC. Cette baisse est principalement due à l’arrêt de la production de pavot en Afghanistan, suite à une interdiction de sa culture par le régime taliban en 2022. Cette chute favoriserait l’essor des opioïdes de synthèse. L’ONUDC précise en effet qu’« une bascule des consommateurs d’héroïne vers d’autres opioïdes pourrait être prochainement ressentie » dans les pays où l’héroïne consommée provient d’Afghanistan, comme en Europe. La mécanique est peut-être déjà enclenchée. L’agence onusienne précise en effet que la consommation accrue de nitazène en 2023 pourrait être « une conséquence de la baisse de l’offre d’héroïne ».

Ravages des opioïdes

À l’origine, les opioïdes sont des substances médicamenteuses développées pour traiter la douleur. Mais elles sont aujourd’hui recherchées pour leurs effets euphorisants. On trouve dans cette variété de psychotropes les opiacés, dérivés de l’opium, mais également les fameux opioïdes de synthèse, aux effets similaires, mais à la composition différente. Ces derniers ont connu une attention internationale à partir des années 2010, où le fléau a frappé en Amérique du Nord.

Cette famille de drogue était la deuxième plus consommée au monde en 2022 : sur plus de 292 millions de personnes ayant consommé des drogues, 60 millions ont consommé des opioïdes. Elle reste loin derrière le cannabis, qui totalise plus de 228 millions de consommateurs. Cependant, les opioïdes sont de loin ceux qui ont emporté le plus de vies, pouvant notamment provoquer une détresse respiratoire. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), leur consommation était liée à 80 % des décès attribuables aux drogues en 2019.

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Drogues : les Français sont de plus en plus accros. La consommation d’ecstasy et de cocaïne explose

Publié le 28/06/2024 _ Sihem Boultif Journaliste santé en collaboration avec Laurent Karila (Psychiatre addictologue)

 Selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la consommation drogues explose en France. Comment expliquer cela ? Doctissimo a interrogé le Pr Laurent Karila, psychiatre et médecin addictologue à l’hôpital Paul-Brousse.

Sommaire

  1. Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante
  2. Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent
  3. Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila
  4. Comment savoir si l’on est dépendant ?

CocaïnecannabisMDMA… Les Français se droguent de plus en plus.

C’est la conclusion d’une étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publiée ce mercredi 26 juin. Un questionnaire soumis à 12490 personnes âgées de 18 à 64 ans, qui dévoile les effets de ces consommations illicites en France.

Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante

La première conclusion que l’on peut tirer de ce travail et que tous les stupéfiants connaissent une demande croissante. Champignons hallucinogènes, poppersprotoxyde d’azoteLSD, cocaïne , ecstasy… Les niveaux de consommation sont tous en forte augmentation.

« La consommation des drogues illicites (…), qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation, quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants » notent les auteurs de l’étude.

Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent

Le rapport démontre aussi que chez les adultes, la consommation de cocaïne au cours des douze derniers mois a été multipliée par dix entre 1992 et 2023, passant de 0,3 à 2,7 %. Au total, ce serait près d’un majeur sur dix qui auraitdéjà consommé de la cocaïne en 2023, contre 6 % en 2017.

Côté MDMA, même constat. En 2023, 1,8 % des Français déclarent en avoir consommé au courant de l’année passée, contre 0,2 % en 2000, et un Français sur douze l’a déjà testée. Les femmes en particulier sont de plus en plus consommatrices de cette drogue festive.

Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila

Comment expliquer cette situation ? Interrogé, le Pr Laurent Karila, auteur de Docteur : Addict ou pas ? aux éditions Harper Collins et du podcast Addiktion n’explique pas cette augmentation de la consommation de MDMA accrue chez les femmes. « Je n’ai pas d’arguments spécifiques à avancer pour expliquer cela. La MDMA reste une drogue « festive », qui est stimulante et plutôt utilisée dans un usage récréatif » détaille le médecin.

En revanche, l’explosion de la consommation de cocaïne était prévisible, selon lui. « C’était attendu. Je vois en consultation depuis 2009 des patients présentant une addiction à cette drogue et je constate qu’il y a de plus en plus de personnes concernées, depuis une quinzaine d’années ».

Pour Laurent Karila, les prix cassés, l’augmentation de la disponibilité du produit, l’ubérisation de sa livraison et sa consommation par des profils variés, allant du chômeur au jeune en passant par la femme au foyer, expliquent ces chiffres en forte augmentation.

Comment savoir si l’on est dépendant ?

En cas d’addiction à la cocaïne, quelle est la prise en charge ? « Elle se réalise en service spécialisé où des consultation spécifiques sont réalisées, généralement en ambulatoire » détaille le médecin. « Mais il n’existe pas de traitement spécifique à l’addiction à la cocaïne : on se base sur les données de la littérature et sur nos expériences pour traiter les patients, avec des prescriptions hors AMM, généralement« .

Encore faut-il reconnaître que l’on souffre d’une addiction. Comment faire ? Pour cela, Laurent Karila a mis au point un moyen mnémotechnique assez facile : les 5 C.

  • Contrôle (avec une perte de contrôle vis-à-vis du produit) ;
  • Consommation (avec envie irrépressible de consommer) ;
  • Compulsion (avec une activité compulsive vis-à-vis du produit) ;
  • Continu (un usage continu du produit) ;
  • Conséquences (un usage continu malgré les conséquences négatives).

« Si vous êtes confronté à ces problématiques avec un produit, pendant 12 mois, c’est qu’il y a une dépendance. Il est nécessaire de consulter, à ce moment-là » conclut le médecin.

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