Une récente étude déconseille aux passagers de boire de l’alcool lorsqu’ils se trouvent en avion, surtout s’ils le font pour s’endormir plus facilement. Selon les chercheurs, la combinaison de l’alcool et du sommeil dans ces conditions de pressions atmosphériques augmenterait le rythme cardiaque et ferait baisser la quantité d’oxygène dans le sang.
Boire de l’alcool à bord d’un avion serait néfaste pour la santé, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Thorax. Photo d’illustration. | PETER ANDREWS/REUTERS ARCHIVES
Boire une bière ou un verre de vin en avion permet souvent aux passagers de se sentir plus détendus pour le vol. Certains voyageurs ont même adopté ce réflexe pour s’endormir plus facilement sans avoir recours à des médicaments. Cette habitude serait pourtant néfaste pour la santé, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Thoraxet relayée par nos confrères de CNN.
« Ne buvez pas d’alcool »
Les cabines des avions sont pressurisées pour obtenir des pressions atmosphériques et des niveaux d’oxygène qui correspondent à une altitude située entre 1 500 et 2 500 mètres. Il s’agit de conditions hypobares. Les avions filant généralement à une altitude de croisière d’environ 10 000 mètres, la pression atmosphérique en plein vol est logiquement plus faible que celle qui existe au niveau de la mer, ce qui provoque une baisse du niveau de saturation en oxygène.
« Même chez les individus jeunes et en bonne santé, la combinaison de la consommation d’alcool et du sommeil dans des conditions hypobares exerce une pression considérable sur le système cardiaque et pourrait conduire à une exacerbation des symptômes chez les patients atteints de maladies cardiaques ou pulmonaires », expliquent les chercheurs dans cette étude. Co-autrice du rapport, le Dr Eva-Maria Elmenhorst appelle donc les voyageurs à la vigilance en des termes clairs : « S’il vous plaît, ne buvez pas d’alcool à bord des avions. »
Un mauvais sommeil
Pour mener à bien leur expérimentation, les chercheurs ont créé un environnement atmosphérique similaire à celui d’une cabine d’avion en vol. Ils ont demandé à 48 adultes en bonne santé de dormir quatre heures. Dans un cas, les cobayes n’avaient pas bu et dans l’autre, ils avaient bu l’équivalent de deux verres de vin ou de deux canettes de bière. Les chercheurs ont alors constaté que lorsque les participants avaient bu de l’alcool, le niveau d’oxygène avait baissé dans leur sang et leur fréquence cardiaque avait augmenté.
Or même si de nombreuses personnes boivent de l’alcool à bord des avions pour s’endormir, ce réflexe a non seulement un impact négatif sur leur santé à long terme mais également sur la réalisation de leur objectif. En effet, l’absorption d’alcool est généralement suivie d’un moins bon sommeil. À l’inverse, les passagers qui s’endorment sans avoir bu bénéficient d’un sommeil plus réparateur.
Selon les conclusions d’une récente étude, l’alcool combiné à la pression de l’avion peut impacter le cœur des passagers et engendrer des conséquences dramatiques.
L’alcool combiné à la pression de l’avion peut impacter le coeur des passagers(Getty Images)
Vous avez l’habitude de boire un verre de vin, une coupe de champagne ou une bière pendant vos voyages en avion ? Ce n’est peut-être pas une très bonne idée. Grâce à une récente étude menée auprès de 48 personnes et publiée dans la revue Thorax, les chercheurs ont constaté que boire de l’alcool à bord d’un avion pouvait avoir des conséquences mortelles.
En effet, l’alcool combiné à la pression de l’avion peut impacter le cœur des passagers. Précisément, cela pourrait réduire l’oxygène dans le sang et augmenter la fréquence cardiaque. « La consommation d’alcool à bord constitue un risque sous-estimé pour la santé qui pourrait être facilement évité. Il pourrait être bénéfique d’envisager de modifier la réglementation pour restreindre l’accès aux boissons alcoolisées à bord des avions », recommandent des universitaires de l’Institut de médecine aérospatiale d’Allemagne dans des propos rapportés par The Sun.
De faibles niveaux d’oxygène dans le sang
Les chercheurs rappellent que les arrêts cardiaques sont à l’origine de 58 % de tous les déroutements d’avions. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont surveillé la fréquence cardiaque, le taux d’oxygène dans le sang et le sommeil d’un petit groupe de personnes. La combinaison de l’alcool et d’une faible concentration d’oxygène à haute altitude réduisait la qualité du sommeil et conduisait à une durée prolongée de faibles niveaux d’oxygène dans le sang.
« Ensemble, ces résultats indiquent que même chez les individus jeunes et en bonne santé, la combinaison de la consommation d’alcool et du sommeil dans des conditions hypobares exerce une pression considérable sur le système cardiaque et pourrait conduire à une exacerbation des symptômes chez les patients atteints de troubles cardiaques ou pulmonaires« , mettent en garde les auteurs. Selon eux, les passagers souffrant d’apnée du sommeil et de problèmes respiratoires devraient s’abstenir de boire pendant 12 heures avant et pendant le vol.
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Ma mission : informer, déstigmatiser et déculpabiliser pour libérer la parole en matière de santé mentale et d’addictions. Cette semaine, on apprend à reconnaître les signes de dépendance à l’alcool.Par Juliette Hazart
L’alcool est la substance la plus consommée en France avec 40% d’usagers réguliers (au moins 10 fois par mois) et 10% de buveurs quotidiens ce qui représente 5 millions de personnes en France. On estime que moins de 10 % des personnes ayant une addiction à l’alcool bénéficient d’un accompagnement par un professionnel de santé.
QU’EST SONT LES DIFFÉRENTS NIVEAUX D’USAGE DE L’ALCOOL ?
Vous n’avez jamais consommé d’alcool. C’est le niveau de non-usage.
Vous avez consommé de l’alcool au moins une fois au cours de votre vie. C’est le cas de 4 adolescents sur 5 qui ont expérimenté l’alcool à l’âge de 17 ans, selon l’enquête ESCAPAD (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense) de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) menée en 2022.
La première consommation au cours de la vie, on appelle cela une expérimentation. Plus elle a lieu tôt dans la vie, dans l’enfance ou l’adolescence en particulier, plus le risque de développer une addiction à l’alcool ou à une autre substance psychoactive est augmentée à l’âge adulte.
L’usage «simple» ou consommation modérée ou sociale, c’est quoi ? Il s’agit en quelque sorte d’une consommation « socialement réglée » ou « admise ». Elle correspond à une consommation d’alcool n’entraînant pas de complications sur la santé physique, mentale ou de répercussions sociales.
L’USAGE À RISQUE C’EST QUAND, COMBIEN, COMMENT ?
Dans des situations spécifiques comme :
– consommer de l’alcool avant de conduire un véhicule ou une machine au travail – consommer de l’alcool durant la grossesse – associer l’alcool avec la prise de certains médicaments
Dans toutes ces situations, les risques de dommages existent dès la première consommation.
ENVIRON 20 % DES ADULTES DE 18 À 75 ANS DÉPASSENT LES REPÈRES DE CONSOMMATION
L’usage à risque peut être lié à la quantité. C’est boire au-delà des repères de consommation à moindre risque pour la santé. Cette valeur repère chez l’adulte, homme ou femme, est établie à 10 verres d’alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standards par jour avec des jours dans la semaine sans consommation.
Après 65 ans, l’organisme tolère moins bien l’alcool et les recommandations sont adaptées par la Société française de gériatrie et de gérontologie et la Société française d’alcoologie. Pour les consommateurs quotidiens, ne pas dépasser 1 verre standard par jour et essayer d’avoir des jours dans la semaine sans consommation. Pour les consommateurs occasionnels, ne pas dépasser 2 verres par occasion, avoir au moins 2 jours sans consommation dans la semaine et ne pas dépasser 7 verres par semaine.
Environ 20 % des adultes de 18 à 75 ans dépassent les repères de consommation à moindre risque, selon les données 2021 du Baromètre de Santé publique France.
C’EST QUOI UN REPÈRE DE CONSOMMATION À MOINDRE RISQUE ?
Les risques sont assez faibles pour être considérés comme «acceptables» pour l’individu et la société, mais pas sans risque. L’institut national du cancer rappelle que pour toute consommation d’alcool, dès le premier verre, le risque par exemple de cancer du sein augmente chez la femme et le risque de maladie cardiovasculaire augmente chez les hommes et chez les femmes.
C’est quoi un verre standard ? Il s’agit de verres basés sur le contenant servi dans un bar et non un verre maison. Une bière, un verre de whisky, un verre de vodka orange, un verre de vin servi dans les bars contiennent tous la même quantité d’alcool pur, soit environ 10 grammes. C’est ce qu’on appelle un verre standard ou unité d’alcool. Cette équivalence est valable seulement si chaque boisson est servie dans le récipient prévu à cet effet (verre à cognac, à vodka, …). À la maison, vous pouvez utiliser un gobelet doseur avec des graduations en unité d’alcoolpour quantifier votre consommation.
LES CONSOMMATIONS À RISQUE PLUS OU MOINS ÉLEVÉ
Ne pas boire d’alcool dans certaines circonstances est l’option la plus sûre :
Dès le projet de grossesse, pendant toute la durée de la grossesse et de l’allaitement.
Pendant l’enfance, l’adolescence et toute la période de la croissance en cas de conduite automobile ou de machine.
Lors de pratique de sports (du fait des risques de chute, de blessure…)
En cas de consommation de certains médicaments du fait du risque d’interactions avec l’alcool pouvant diminuer l’efficacité des médicaments ou en augmenter les effets indésirables.
Dans certaines maladies, il est également recommandé de ne pas consommer d’alcool. Demandez toujours conseil à un professionnel de santé.
L’USAGE À RISQUE PEUT ÊTRE LIÉ AUX MODALITÉS DE CONSOMMATION : C’EST COMMENT ?
Il existe des modalités de consommation à risque qui augmentent le risque de développer une addiction au cours de sa vie :
La précocité de l’expérimentation, par exemple la consommation d’alcool avant l’âge de 15 ans.
La consommation à visée auto thérapeutique. Par exemple, consommer pour «diminuer son mal-être», «ne plus penser», «mieux dormir», «être plus détendu»… et ressentir un auto-soulagement.
Le cumul des consommations, les conduites d’excès avec la recherche d’ivresse et la répétition de consommations à risque.
COMMENT REPÉRER LES SIGNES D’UNE CONSOMMATION PROBLÉMATIQUE OU D’UNE ADDICTION ?
Cela se manifeste souvent par un ensemble d’éléments.
Les quantités augmentent parfois de façon insidieuse et la personne ne parvient pas à contrôler la quantité consommée bien qu’elle ait la volonté de baisser ou d’arrêter sa consommation. Elle perd le contrôle de sa consommation.
Elle a des envies fortes, impérieuses, de boire qu’elle ne peut réprimer qu’on appelle le craving.
Il existe des conséquences dans la vie de la personne au niveau de sa santé physique ou mentale, sur le plan relationnel au travail, à la maison ou avec des amis.
L’addiction, ça n’est pas une question de quantité ! En effet, une personne peut se sentir en difficulté avec ses consommations dont la quantité est inférieure aux seuils de consommation de moindre risque pour la santé.
QUAND PENSER À UNE ADDICTION OU À UNE CONSOMMATION PROBLÉMATIQUE ?
des conflits ou des difficultés à assurer la journée de travail ou les tâches à la maison. Le comportement de la personne peut aussi parfois se modifier et donc la relation avec ses proches. Vous remarquez une instabilité relationnelle avec les proches, des difficultés de couples, un conflit de voisinage… La personne s’isole de plus en plus fréquemment.
des absences au travail, un désinvestissement sur le plan professionnel et des loisirs
des troubles du sommeil, une anxiété, une dépression, de la nervosité, une irritabilité, des tremblements des extrémités, une fatigue chronique, des troubles de l’humeur
un état de santé plus fragile avec des consultations plus fréquentes auprès de professionnels de santé
Si vous ou l’une de vos connaissances, vous sentez en difficulté avec l’alcool, quelles que soient les quantités consommées ou la fréquence de consommation, demandez conseil à un professionnel de santé.
La honte et la culpabilité sont des émotions souvent éprouvées par les personnes en difficulté avec leur consommation. Pourtant, l’addiction est une maladie chronique au même titre qu’une hypertension artérielle ou qu’une dépression et n’a rien à voir avec un manque de volonté ! Faire passer l’information, c’est lutter contre les idées reçues afin de libérer la parole des personnes qui sont en difficulté.
OU TROUVER DES CONSEILS POUR ÊTRE ACCOMPAGNÉE ?
auprès de votre médecin généraliste
dans les consultations jeunes consommateurs (CJC) qui accueillent en toute confidentialité des jeunes âgés entre 12 et 25 ans en questionnement sur leur consommation, ainsi que leur entourage
sur le site alcool-info-service ou par téléphone pour vous ou votre entourage en toute confidentialité 7 jours sur 7 de 8h00 à 2h00 au0 980 980 930
auprès de structures spécialisées comme les CSAPA(Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), présentes dans tous les départements de France, afin de faire le point de façon anonyme et gratuite avec un professionnel sur les difficultés rencontrées
au sein d’une association ou d’un groupe d’entraide pour la personne concernée ou l’entourage dont vous trouverez les coordonnées sur alcool-info-service.fr