À la Une de la presse, ce mercredi 17 juillet, le blocage des discussions au sein du Nouveau front populaire, toujours sans candidat pour Matignon.
Une enquête stupéfiante sur la consommation excessive d’alcool en France, alertant sur les ravages sanitaires et sociaux provoqués par cette « cause majeure mais sous-estimée des violences ordinaires ».
À la Une de la presse française, le blocage des discussions au sein du Nouveau front populaire, toujours sans candidat pour Matignon.
L’incapacité de la gauche à trouver un accord commence à susciter l’impatience, voire la « consternation » des électeurs, d’après Libération, qui dégaine, pour l’occasion, son « Matignon pour les nuls ». « Arrêtez de jouer » : L’Humanité, le journal communiste évoque, lui, « l’exaspération » des sympathisants de gauche. Un militant prévient : « J’ai envie de dire aux chefs de partis que l’Histoire les jugera ».
Le Parisien/Aujourd’hui en France ne met pas tout le monde dans le même panier et assure que si les négociations échouent, ce sera la faute des Insoumis, dont « la stratégie du chaos » et les « incessantes provocations » saboteraient l’union de la gauche et « lasseraient les électeurs ».
La Croix, le journal chrétien, tente de jouer les juges de paix, en faisant « l’éloge de la lenteur », et en appelant à s’armer d’un peu de patience. « Le désordre actuel, plaide le journal, est sans doute un temps nécessaire de maturation. Il deviendra un investissement hautement rentable si les tractations s’engagent vraiment et permettent de rendre utiles les trois années qui viennent ».
La situation politique actuelle en France passionne la presse étrangère. The Wall Street Journal, quotidien américain, prend acte de la démission du gouvernement de Gabriel Attal – qui reste en place pour « le traitement des affaires courantes » et s’inquiète de « l’aggravation de la paralysie politique » à moins de 10 jours des JO de Paris 2024.
En Suisse, La Tribune de Genève voit la France ballottée « entre une gauche déchirée et un Macron manœuvrier », tandis que Le Temps, autre quotidien suisse, ironise sur cette gauche française qui « réalise le rêve » d’Emmanuel Macron en se déchirant et « donne un aperçu peu rassurant de ce à quoi pourrait ressembler son gouvernement ». The Financial Times, enfin, observe la façon dont la France « lutte pour faire revivre l’art perdu du compromis politique ».
Pour le quotidien britannique, qui fait un parallèle entre les manifestations après les élections du 7 juillet et celles de mai 1958 pour la défense de la IVème République, « l’actuelle assemblée sans majorité et les querelles entre alliés font ressurgir les souvenirs traumatisants de l’instabilité gouvernementale » du passé.
Dans la presse, on retrouve également l’enquête du Monde sur la consommation d’alcool en France. Le journal alerte sur les ravages sanitaires et sociaux provoqués par la consommation excessive d’alcool, « une cause majeure mais sous-estimée des violences ordinaires », notamment familiales, comme en témoignent les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives.
L’Ofdt évalue à 102 milliards d’euros par an les coûts liés à l’alcool, contre un peu moins de 8 milliards pour les drogues illégales – « une différence due à l’impact sanitaire de l’alcool » avec plus de 40 000 morts chaque année en France.
Ces chiffres vertigineux amènent Le Monde à s’interroger sur « l’OPA (de) la droite et (de) l’extrême droite sur les sujets de sécurité », qui aurait « popularisé l’idée que le pays (serait) soumis à un niveau inédit de violences » et même à un processus de « décivilisation », comme l’a dit Emmanuel Macron.
L’une des constantes de ces violences résiderait plutôt, selon le journal, « dans ce qui est présenté, (précisément), comme l’un des piliers de la « civilisation » » française : les addictions et leurs conséquences (en particulier pour l’alcool), « banalisées au point d’en être devenues presque invisibles », alors que l’excès d’alcool remplit les tribunaux et les prisons, notamment à Béziers, autoproclamée « capitale mondiale du vin ».
Le procureur de la République Raphaël Balland y a réalisé une étude inédite sur la place des addictions : sur plus de 800 dossiers de violences, les auteurs avaient consommé de l’alcool, des stupéfiants ou les deux, dans les 75 % des cas.
Si ces violences dites « ordinaires » restent cantonnées la plupart du temps à la rubrique « faits divers », elles s’invitent en première page des journaux, lorsqu’elles mettent en cause des personnalités, comme l’affaire du viol présumé d’une Argentine par deux joueurs du XV de France.
Une affaire où il est beaucoup question de troisièmes mi-temps trop arrosées. Du côté de la Fédération française de rugby, on assure que des leçons ont été tirées. « La responsabilité de la FFR, c’est d’éduquer. C’est de dire ce qui est autorisé ou non, de sanctionner. Pas de monter la garde chaque nuit devant l’entrée de l’hôtel officiel », déclare son président, Florian Grill, dans L’Équipe.
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