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Date

25 juillet 2024

Le cannabis tue, lui aussi

Le cannabis n’est pas une drogue douce.

De nouveaux cannabinoïdes de synthèse, plus puissants que le THC, ont des effets létaux.

Professeur Jean Costentin

Cette assertion répond à cette autre « le cannabis, lui, ne tue pas ». Cette dernière exprime, de façon péremptoire et sans nuances, qu’à la différence de l’héroïne, qui peut mettre en jeu le pronostic vital si elle est utilisée à de fortes doses (« overdose »), de très fortes doses de cannabis / THC, en aigu, n’attentent pas à la vie.

Reprise avec gourmandise par divers médias, cette formule a fait flores. Ceci a contribué à banaliser et à véhiculer la fausse bonne idée et en fait la vraie mauvaise idée que le cannabis est une drogue douce. En effet, il n’existe pas de drogue douce.

Des doses même très élevées de cannabis n’induisent pas de paralysie respiratoire. Le bulbe rachidien et son centre respiratoire ne comportent pas de récepteurs CB1 dont la stimulation pourrait paralyser cette fonction. Par contre des récepteurs opioïdes de type mu / m, qui sont la cible des agents morphiniques ou apparentés (opiacés ou opioïdes) sont abondants dans cette région cérébrale où leur stimulation, si elle est intense, paralyse la respiration.  Il n’empêche que de nouveaux cannabinoïdes de synthèse, beaucoup plus puissants que le THC, ont en aigu des effets létaux.

Qu’il n’y ait pas « d’overdoses » avec le cannabis, ne permet en rien de généraliser la notion de son innocuité et de la formuler « le cannabis, lui, ne tue pas » ; érigeant cette assertion tel un acte de foi, un mantra, le onzième commandement d’un décalogue devenu undécalogue. C’est pourtant, comme on va le voir, manifestement faux.

Le cannabis tue sur la route ; se situant presque au niveau de l’alcool, utilisé seul il est responsable de  731 morts en 2019 (23% des morts, contre 32% pour l’alcool). Sa fréquente, pour ne pas dire très banale association à l’alcool, à d’autres drogues, et à certains médicaments psychotropes multiplie par 29 le risque d’accidents mortels de la route.

Les effets désinhibiteurs du cannabis peuvent conduire : à des comportements auto- ou hétéro-agressifs : des défenestrations, des rodéos automobiles, des relations sexuelles non protégées par des préservatifs (le « monter à cru » des soirées homosexuelles amène à rappeler que si les traitements contre le SIDA ont fait d’énormes progrès, ils ne guérissent pas cette infection, qui peut encore tuer).

Le cannabis, par le jeu de l’escalade toxicomaniaque, incite à l’usage d’autres drogues, au nombre desquelles des opiacés et opioïdes, dont l’abus peut déboucher sur des overdoses mortelles.

Le cannabis peut induire de novo, ou décompenser, ou aggraver, la schizophrénie, affection dans laquelle l’espérance de vie est abrégée en moyenne d’une vingtaine d’années, 10% des schizophrènes meurent de mort violente.

 La dépression que peut induire le cannabis peut être à l’origine de tentatives de suicide, dont certaines aboutissent à des couronnes mortuaires.

La toxicité du cannabis est supérieure à celle du tabac (responsable de 75.000 morts chaque année en France). Sa toxicité résulte d’une production 6 à 8 fois plus élevée de goudrons cancérigènes (pour la sphère ORL et broncho-pulmonaire) et de 6 à 8 fois plus d’oxyde de carbone / CO avec sa toxicité cardio vasculaire (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, pancréatites…).

Diffuser l’idée que le cannabis ne tue pas est pire qu’une faute, c’est un crime, car il livre les crédules à la toxicité de cette drogue qui leur est dissimulée.

Les Européens sont les plus gros consommateurs d’alcool dans le monde, alerte l’OMS

Par Le Figaro avec AFP

Un record peu glorieux mais qui ne bouge pas depuis plus de 10 ans. Avec une consommation annuelle moyenne de 9,2 litres d’alcool pur par habitant, les Européens sont les plus gros buveurs dans le monde, selon un communiqué diffusé jeudi par la division Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«La région européenne continue de détenir le record peu enviable des niveaux les plus élevés de consommation d’alcool et des dommages qui y sont liés dans le monde», a déclaré le docteur Gauden Galea, un responsable de l’OMS Europe cité dans le communiqué, s’appuyant sur les dernières données disponibles, en 2019.

Dans les pays de l’Union européenne, «il n’y a pas eu de changements significatifs dans les niveaux de consommation d’alcool depuis plus de dix ans», déplore l’Organisation mondiale de la santé.

Les sagas et les stratégies de l’éco. La vie et les coulisses des entreprises, du monde des affaires et de celles et ceux qui l’animent, par Bertille Bayart.

Les habitants des Amériques arrivent en deuxième position selon le dernier rapport de l’OMS paru en juin sur la consommation d’alcool mondiale, avec 7,5 litres en moyenne chaque année. Dans le détail, ce sont les hommes qui ont la consommation d’alcool la plus importante en Europe : 14,9 litres par an en moyenne, soit quatre fois plus que les femmes (quatre litres par an).

Un adulte sur dix (11%) en Europe souffre d’un trouble lié à la consommation d’alcool et près d’un sur vingt vit avec une dépendance à l’alcool (5,9%), souligne l’OMS Europe qui regroupe 53 pays d’Europe et d’Asie centrale.

2,6 millions de personnes meurent de l’alcool chaque année dans le monde

«En Europe, l’alcool est une cause majeure de mortalité avec environ 800.000 décès chaque année», relève-t-elle. Il provoque de nombreuses maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques.

Ces maladies «sont responsables de 90% de l’ensemble des décès dans la région (délimitée par l’OMS) et de 85% des années vécues avec un handicap», selon l’OMS.

L’organisation enjoint les pays européens «à augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées, à mettre en œuvre des restrictions globales sur la commercialisation de l’alcool et à réduire la disponibilité de l’alcool».

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