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février 2025

L’impact de l’alcool sur le corps

Les nouvelles drogues

Un constat édifiant: 6 jeunes finissent chaque jour à l’hôpital à cause d’une consommation excessive d’alcool

Publié le 15/02 à 07h00par RTL info avec BELGA

Bien plus de jeunes, âgés entre 12 et 17 ans, se retrouvent à l’hôpital pour intoxication alcoolique que ce que l’on imaginait. Chaque année, ils sont en moyenne 2.600.

Le nombre de jeunes qui se retrouvent à l’hôpital après avoir consommé trop d’alcool est supérieur de plus de 20% à ce que l’on pensait jusqu’à présent, selon une étude relayée samedi dans De Morgen.

D’après les données de l’Agence Intermutualiste (IMA), qui collecte les données des mutuelles, quelque 2.200 jeunes intoxiqués par l’alcool finissent à l’hôpital chaque année en Belgique. Ce chiffre est basé sur le nombre de jeunes de 12 à 17 ans qui ont subi un test d’alcoolémie entre 2019 et 2021.    

Des scientifiques de l’Université d’Anvers ont maintenant comparé ce chiffre avec les résultats d’une étude menée dans huit hôpitaux anversois, où a été recherchée la mention d’intoxication alcoolique dans les dossiers médicaux. Il en ressort que le nombre réel est supérieur de plus de 20%.

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Explosion des cas de schizophrénie chez les jeunes adultes au Canada : le lien troublant avec la légalisation du cannabis

13/02/2025

Une étude canadienne menée sur 16 ans et portant sur 13,5 millions de personnes vient de révéler une augmentation alarmante des cas de psychose et de schizophrénie chez les jeunes consommateurs de cannabis. Le nombre de diagnostics liés à la consommation de cette substance a pratiquement triplé entre 2006 et 2022, avec une augmentation particulièrement marquée chez les hommes âgés de 19 à 24 ans.

Ces chiffres accréditent les inquiétudes croissantes autour des effets du cannabis sur la santé mentale, alors que plusieurs pays, dont le Canada, laissent la place à une marchandisation accrue de cette drogue, souvent sous-estimée dans ses risques psychotropes.

Un risque accru de schizophrénie chez les jeunes consommateurs

L’étude, publiée dans la revue JAMA Network Open, a analysé les dossiers médicaux de millions de patients en Ontario afin d’évaluer le lien entre l’usage du cannabis et le développement de troubles psychotiques.

🔹 Le nombre de cas de schizophrénie liés au cannabis est passé de 3,7 % en 2006 à 10,3 % en 2022.
🔹 Chez les hommes âgés de 19 à 24 ans, la hausse est encore plus marquée : 18,9 % des nouveaux cas de schizophrénie dans cette tranche d’âge seraient désormais liés à une consommation excessive de cannabis.
🔹 Les femmes sont aussi concernées, bien que dans une moindre mesure, avec une augmentation de 1,8 % des cas liés au cannabis dans cette même tranche d’âge.

Le tétrahydrocannabinol (THC), le principal principe actif du cannabis, interfère avec la libération et la transmission de la dopamine, un neurotransmetteur essentiel dans le fonctionnement du cerveau. Des études ont déjà démontré que des niveaux anormaux de dopamine sont directement impliqués dans l’apparition de symptômes psychotiquesCette étude apporte des preuves supplémentaires du lien entre la consommation intensive de cannabis et l’augmentation du risque de psychose et de schizophrénie, expliquent les chercheurs.

La légalisation du cannabis : un tournant dans l’augmentation des cas

L’augmentation des troubles psychiatriques liés au cannabis coïncide avec la libéralisation progressive du marché du cannabis au Canada. En 2018, le gouvernement canadien a autorisé l’usage récréatif de cette drogue, suivant une première vague de déréglementation concernant le cannabis médical.

Les auteurs de l’étude soulignent que la prolifération des produits contenant des taux élevés de THC pourrait être une explication plausible à cette explosion des cas psychiatriques. Contrairement au cannabis d’antan, les produits actuellement disponibles sur le marché présentent des concentrations bien plus élevées en THC, augmentant considérablement le risque d’effets secondaires graves.« Les politiques publiques ont un impact majeur lorsqu’il s’agit de l’exposition à des produits de cannabis très concentrés », explique Jodi M. Gilman, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School.

Selon elle, les dangers du cannabis sur la santé mentale sont largement sous-estimés et l’on assiste aujourd’hui à un véritable “test en conditions réelles” sur des millions de consommateurs, qui sont exposés à des produits plus puissants que jamais.

Trois obstacles majeurs à une prise de conscience collective

Les chercheurs de l’étude identifient trois défis majeurs qui empêchent une reconnaissance claire des effets du cannabis sur la santé mentale :

1️⃣ Le délai d’apparition des troubles : Les effets négatifs du cannabis sur le cerveau ne sont pas toujours immédiats. Il peut falloir plusieurs années avant qu’un trouble psychotique ne se développe, rendant difficile l’établissement d’un lien direct avec la consommation.

2️⃣ La difficulté de retracer une consommation passée : Une grande partie des patients atteints de schizophrénie liée au cannabis ne sont pas diagnostiqués immédiatement. Retracer précisément leur consommation passée est donc un défi, ce qui limite la capacité à établir des statistiques précises.

3️⃣ La diversité des produits consommés : Le cannabis d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’il y a 20 ans. Les formes ultra-concentrées, comme les huiles, les résines ou les e-liquides, présentent des niveaux de THC extrêmement élevés. Or, ces différences ne sont pas toujours prises en compte dans les études.

Un avertissement pour la France et l’Europe

Alors que plusieurs voix s’élèvent en France pour revendiquer une légalisation du cannabis, l’exemple canadien est un signal d’alarme. Loin d’être une simple « drogue douce », le cannabis moderne augmente clairement le risque de maladies psychiatriques chez les jeunes.

Cette étude met en lumière un enjeu majeur de santé publique, souvent éclipsé par les discours favorables à la légalisation. Loin de réduire les risques, une ouverture incontrôlée du marché du cannabis pourrait exposer des millions de jeunes à des troubles mentaux graves.

Face à ces constats, plusieurs questions restent en suspens :
➡️ Les défenseurs de la légalisation du cannabis prendront-ils en compte ces données ?
➡️ Les gouvernements adapteront-ils leurs politiques en fonction de ces nouvelles preuves scientifiques ?
➡️ Faut-il durcir la prévention contre les dangers du cannabis auprès des jeunes ?

Alors que le Canada semble aujourd’hui pris au piège de sa propre politique de libéralisation, la France ferait bien de ne pas suivre le même chemin sans une évaluation rigoureuse des risques réels pour la santé mentale de sa jeunesse.

La lourde addition des addictions

Professeur Jean Costentin

Les plus lourdement taxés, dans leur psychisme, dans leur corps et tout simplement dans leur vie, sont bien sûr leurs victimes, nombreuses à s’être laissé prendre au piège des toxicomanies. I

ll s’agit : des treize millions de fumeurs ; des quatre à cinq millions d’alcoolodépendants (dont, parmi eux, quelques centaines de milliers d’alcooliques) ; du million et demi de consommateurs réguliers de cannabis ; des trois cent mille morphino-, héroïno-, opioïdo-manes ; des plus de trois cent mille cocaïnomanes ; des consommateurs d’amphétamines, de cathinones, d’ecstasy, de protoxyde d’azote, de fentanyloïdes, sans compter les « NDS » (nouvelles drogues de synthèse).

Ces dernières sont fallacieusement désignées « NPS » (nouveaux produits de synthèse) ou encore « NSP » (nouvelles substances psychoactives). Ces appellations, avec leurs acronymes, sont trompeuses, puisque de « nouveaux produits de synthèse » aux propriétés et usages multiples sont conçus chaque jour à hauteur de plusieurs milliers, tandis que les « nouvelles substances psychoactives », i.e. des psychotropes, ne sont pas toutes (heureusement pour la thérapeutique) des drogues.

Ces deux expressions fallacieuses témoignent de la pusillanimité maladive dont souffrent certains addictologues, incapables d’utiliser le mot drogue, tant parce qu’il est compris de tous que parce qu’il peut inquiéter. Il est pourtant un élément important d’une pédagogie de prévention, dans laquelle ces professionnels répugnent à s’investir. (« Quand les hommes ne peuvent changer les choses ils changent les mots » J. Jaurès).

L’argent provenant du commerce des drogues (hormis celui du tabac et de l’alcool, quand il n’échappe pas à un « marché noir » florissant), n’enrichit évidemment pas les caisses de l’État. Il ne risque pas de compenser leurs méfaits sanitaires, très couteux pour le budget de la Nation, à commencer par ceux des drogues licites ; les plus consommées du fait de leur licéité. 

C’est ainsi que le tabac tue chaque année en France 75.000 fumeurs et suscite des handicaps nombreux et graves qui obèrent les comptes de la sécurité sociale, par de nombreux arrêts de travail et des soins très coûteux. Si le décès des fumeurs les plus âgés allège le poids des retraites, ces décès peuvent concerner hélas des sujets plus jeunes, économiquement productifs.

C’est ainsi que l’alcool tue chaque année en France 42.000 personnes et suscite divers handicaps physiques et plus encore psychologiques avec : l’accidentologie routière, à l’origine du tiers des accidents mortels de la route ; les accidents professionnels ; la marginalisation, la désocialisation, l’incurie, la clochardisation, la commission d’actes médico-légaux (violences, féminicides, délits sexuels, crimes….).

Aux USA,  les morphiniques, par la crise des opioïdes née de prescriptions médicales galvaudées, a causé en 2024 plus de 100.000 décès par « overdose ». Si nous n’avons à déplorer en France que 500 « overdoses », l’arrivée des fentanyloïdes et des nitazènes pourrait aggraver cette situation.

La toxicité physique du cannabis l’emporte sur celle du tabac,  sa combustion générant davantage de goudrons cancérigènes à l’origine de cancers des voies respiratoires et d’oxyde de carbone à l’origine d’affections cardio-vasculaires (artérites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…).

Plus graves encore sont ses toxicités psychiques et même psychiatriques : accidents routiers et professionnels ; crétinisation qui annihile les dispendieux efforts consacrés à l’Éducation par notre Nation (dont c’est le premier budget avant celui de la dette) ;  donnant l’impression «d’arroser le sable » ; investissement sans grand retour, puisque nous sommes relégués au 27ième du classement PISA qui compare au niveau international les performances éducatives.

Professeur Jean Costentin

Un marché criminel florissant

Avec un chiffre d’affaires estimé à près de 4,8 milliards d’euros par an, le trafic de cannabis représente une source majeure de revenus pour le crime organisé.

Plus de 200 000 personnes seraient impliquées dans ce commerce illégal, révélant l’ampleur économique du phénomène. Le développement de pratiques commerciales aujourd’hui médiatisées mais déjà anciennes (livraison rapide, promotions, systèmes de fidélisation) montre que les réseaux criminels adaptent leurs stratégies pour conserver leurs clients, comme toute bonne entreprise.

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Vapotage de cannabis de synthèse : des pratiques “plus risquées qu’on ne le pense »

Deux adolescents vapotent

Publié le 07 févr. 2025 par Hélène Bour

Suite à de nouveaux signalements, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte quant à la dangerosité de la consommation de substances psychoactives via la cigarette électronique.À lire plus tardPartager

Buddha blues, PTC pour “Pète ton crâne”. La presse évoque régulièrement ces produits à base de cannabis de synthèse, et dont la consommation augmente chez les jeunes.

Ce jeudi 6 février, c’est l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui a tenu à tirer la sonnette d’alarme. Indiquant avoir reçu de nouveaux signalements de cas d’effets indésirables graves après consommation de substances psychoactives par vapotage (e-cigarette ou cigarette électronique), l’agence assure qu’il s’agit de pratiques “plus risquées qu’on ne le pense”.

Le mode de consommation par vapotage ne réduit pas les risques liés à l’usage de ces produits illicites. Il peut au contraire les augmenter, l’action des produits étant plus rapide”, avertit l’agence dans son point d’actualité (Source 1), ajoutant que les adolescents sont particulièrement concernés par ces pratiques.

Et l’agence de lister les risques graves pour la santé que présentent ces cannabinoïdes de synthèse (PTC ou Buddha Blue) : “troubles psychiatriques (épisodes délirants, hallucinations, idées suicidaires, attaque de panique), troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales), troubles cardiovasculaires (tachycardie, douleur thoracique), problèmes rénaux, addiction sévère avec syndrome de sevrage mais aussi malaises, amnésies, pertes de connaissance, voire convulsions”.

Une enquête qui se poursuit

L’ANSM indique avoir mobilisé les centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A) dès 2019, pour mener une enquête sur le vapotage de substances psychoactives (hors nicotine), enquête qui est toujours en cours.

“Sur les années 2021-2022, les résultats montrent une augmentation des signalements d’effets indésirables consécutifs à la consommation de substances psychoactives par cigarette électronique, notamment chez des mineurs. En 2024, de nouveaux cas d’intoxications au PTC ont été signalés chez des adolescents qui ont dû être hospitalisés après avoir vapé du PTC”, précise encore l’ANSM.

Mélanges et produits “fait maison” encore plus délétère

L’Agence avertit également quant à la dangerosité des mélanges, car les cannabinoïdes de synthèse, déjà dangereux en soi, sont parfois associés à d’autres substances, telles que des benzodiazépines de synthèse, ce qui augmente les risques d’intoxications et d’effets indésirables graves. “Attention aussi aux mélanges DIY (do-it-yourself). Il s’agit de la fabrication de compositions « maison » à partir du mélange d’e-liquides et composants. Ces mélanges sont dangereux car ils entraînent un risque plus élevé de surdosage de cannabinoïdes et d’interaction entre les substances”, prévient l’instance.

Les consommateurs d’e-liquides sont invités à la vigilance lors de l’achat de ces produits, et à éviter les mélanges “fait maison”. En cas de symptômes de type nausées, vomissements, malaise, amnésie, perte de connaissance, épisode délirant ou encore hallucinations après avoir vapoté, il faut contacter immédiatement les secours (15, 18 ou 112).

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Mon ado consomme du cannabis : comment réagir ? Les conseils d’un psychiatre

Louis Tardy

Avec le Dr Jean-Luc Martinez, psychiatre à Marseille, à la Clinique des 3 Cyprès.

Publié le 07/02/2025

Mon ado consomme du cannabis : comment réagir ? Les conseils d'un psychiatre ISTOCKPHOTO / Valeriy_G

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en France. Les jeunes pouvant y être particulièrement exposés, comment réagir si son adolescent en consomme ? Un psychiatre livre ses conseils.

En France, le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en France, avec 900.000 usagers quotidiens, d’après les chiffres de l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives (OFDT), paru le 15 janvier dernier. Ce rapport, publié chaque année, se concentre principalement sur la population française âgée de 11 à 75 ans. Outre le risque d’addiction, la consommation de cannabis augmente également, à court terme, le risque de troubles anxieux et dépressifs. À long terme, elle augmente le risque de maladies neuro-cardiovasculaires et de cancers.

Alors, que faire face à un adolescent qui consomme du cannabis ? On fait le point avec le Dr Jean-Luc Martinez, psychiatre à Marseille, à la Clinique des 3 Cyprès.

Consommation de cannabis chez l’adolescent : quand faut-il s’inquiéter ?

“Le principal facteur qui pousse un adolescent à expérimenter le cannabis est le comportement social”, présente le Dr Jean-Luc Martinez. En d’autres termes, c’est sous l’impulsion de son entourage que le jeune peut consommer pour la première fois ce type de produit. En ce qui concerne la dépendance, elle dépend de nombreux facteurs. Le spécialiste énumère le contexte familial, le niveau d’anxiété et de mal-être ou encore la situation de vie au moment de la rencontre avec le produit.

Alors, à quel moment faut-il s’inquiéter ? Le Dr Jean-Luc Martine évoque la régularité de la consommation“Au-delà du ponctuel, si la consommation est régulière, même une fois par semaine”. Les changements au niveau du comportement de l’adolescent sont aussi des signes d’une potentielle addiction. “Des changements dans le comportement de l’enfant (violence, retrait de la vie sociale), un repli sur lui ou encore le fait qu’il s’écarte de la vie de famille sont autant de signes que le parent peut repérer”.

Comment aider un adolescent qui consomme du cannabis ?

Le Dr Jean-Luc Martinez conseille dans un premier temps aux parents de s’informer sur le sujet, afin, éventuellement, de pouvoir répondre aux questions du jeune. Des ressources sont notamment disponibles sur le site Drogues-Info-Service.

Le psychiatre insiste également sur l’importance de la relation entre le parent et l’adolescent. “Le principal atout d’un parent, c’est la qualité relationnelle”. Ainsi, il est important d’être présent, mais sans être dans le jugement. Il convient donc d’éviter de dire des phrases culpabilisantes, mais au contraire d’être un soutien pour le jeune. Lorsque la communication est possible, le psychiatre conseille également aux parents d’être disponibles et “d’écouter ce que l’adolescent a à dire”. De plus, cela peut aussi permettre de mesurer son envie d’arrêter.

Parmi les actions qu’il est possible de faire face à un adolescent qui consomme du cannabis, le psychiatre recommande de se “concentrer sur les solutions”. Il est possible de chercher avec le jeune d’autres possibilités que la consommation de cannabis pour qu’il se sente bien. Cela peut se faire également avec des activités positives, comme la pratique d’un sport ou d’une activité extérieure. Il faut également l’inclure autant que possible dans la vie de famille s’il s’en est retiré. Cela peut se manifester par le fait de prendre tous les repas ensemble.

Enfin, une aide extérieure peut être une bénéfique. Pour cela, il est possible de se tourner vers les Centres spécialisés d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), qui proposent un accueil gratuit et confidentiel. Il est possible de demande de l’aide à la Maison des adolescents (MDA) ou encore de contacter des lignes d’écoute gratuites, comme le 0.800.23.13.13.

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Drogues : sortir de l’addiction et de la répression

Malgré des politiques toujours plus sévères contre le trafic et l’usage de stupéfiants, la consommation est en constante augmentation en France, avec son lot de violences. Une proposition de loi portée par la sénatrice écologiste Anne Souyris propose d’en finir avec la prohibition pour mettre l’accent sur la prévention et l’accompagnement des usagers.

Un jeune racisé descend de son scooter immatriculé en banlieue et sort son portable. Il passe un bref coup de fil et retient le code de l’immeuble de centre-ville situé de l’autre côté de la rue, assez cossue. Il monte au deuxième étage. L’échange se fait sur le palier et il redescend par l’escalier en comptant une petite liasse de billets. Il s’éloigne vite sur son scooter, après avoir envoyé un SMS sur un réseau crypté : « C’est bon ! Je rentre. » La scène n’a duré qu’une poignée de minutes.

Le client n’est pas sorti sur le trottoir et inspecte le contenu du sachet dans son salon. Voici aujourd’hui le scénario classique d’une livraison « de détail » de stupéfiants. Le risque pour le client est quasi nul ; celui du livreur est très élevé, d’abord pour les infractions de détention, transport, offre, cession, etc. En espérant qu’il ne soit pas, en route, fouillé lors d’un contrôle d’identité.

Car il a, du fait de son origine présumée, selon les études du Défenseur des droits ou de l’Institut national d’études démographiques (Ined), « une probabilité 20 fois plus élevée d’être contrôlé que les autres personnes dans l’espace public ». Sachant qu’en cas d’interpellation il sera mis en garde à vue, déféré, poursuivi, souvent incarcéré en détention préventive, quand le client sortira en général quelques heures plus tard du fait de sa bonne intégration professionnelle et sociale, avec en général un simple rappel à la loi. La répression reflète donc souvent les discriminations sociales et raciales.

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