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mars 2025

Des gendarmes déguisés en « tenues en bois » interpellent un homme qui cultivait du cannabis dans une forêt

Matthieu Heyman

Un officier de police, en janvier 2025 (image d'illustration).
Un officier de police, en janvier 2025 (image d’illustration). – BFM DICI

Un homme a été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir cultivé du cannabis au milieu de la forêt domaniale de Vierzon. Pour l’interpeller, les gendarmes se sont déguisés et se sont « cachés dans les buissons ».

C’est une mission d’infiltration rarement menée par les forces de l’ordre. Des gendarmes se sont déguisés pour interpeller un homme qui cultivait du cannabis au milieu de la forêt domaniale de Vierzon sur la commune de Saint-Laurent dans le Cher.

Pour cela, le quadragénaire a été condamné ce mercredi 26 mars à un an de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende. Le fruit d’une enquête de plusieurs mois, débutée à l’été 2023.

Des agents de l’Office national des forêts mènent alors des contrôles dans la forêt lorsqu’il découvre « une plantation clandestine », comme l’explique Alexis Hachette, responsable de l’unité territoriale de Vierzon, à France 3. « Il avait coupé une vingtaine de chênes pour que ses pieds de cannabis profitent mieux du soleil », se souvient-il, déplorant que l’individu « a détruit 30 ans d’investissement ».

« Et un jour, il est arrivé »

L’ONF alerte alors la gendarmerie. Ces derniers installent alors des pièges photographiques. Mais les premiers éléments ne permettent pas d’identifier immédiatement le suspect. Ce n’est qu’au printemps dernier que l’enquête reprend.

« C’est à cette période que les plants commencent à pousser, donc on a rouvert le dossier et remis des pièges photo », raconte un enquêteur.

Les gendarmes réussissent alors à l’identifier et pour l’interpeller, ils décident de le surprendre sur le vif.

Le cannabis augmente significativement le risque de crise cardiaque

Les plaquettes patrouillent dans les vaisseaux sanguins Les plaquettes (en rouge) se déplacent dans les vaisseaux sanguins et interagissent avec les cellules.

Même chez des adultes jeunes et en bonne santé, la consommation de cannabis pourrait fortement augmenter le risque d’infarctus du myocarde. C’est ce que viennent de mettre en évidence deux études à paraître prochainement.


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Plaisant, convivial, naturel… mais visiblement très mauvais pour le cœur ! Autorisé dans de nombreux pays, mais encore interdit en France, le cannabis vient de faire l’objet de deux études d’envergure.

Un risque d’infarctus augmenté de 50 à 600 %

La première est une étude rétrospective qui a analysé les dossiers médicaux de près 4,6 millions de personnes suivies en moyenne pendant trois ans. Ses résultats, qui seront prochainement publiés dans la revue JACC Advances, révèlent que les usagers de cannabis avaient six fois plus de risques d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) que les personnes qui n’en consommaient pas. Elles avaient également quatre fois plus d’accident vasculaire cérébral (AVC) et deux fois plus d’insuffisance cardiaque. Pourtant, tous les participants à l’étude étaient âgés de moins de 50 ans et avaient une tension artérielle et un taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) normaux.

La seconde est une méta-analyse qui a compilé les résultats de 12 études publiées antérieurement impliquant un total de 75 millions de personnes âgées de 41 ans en moyenne. Ses résultats, qui seront présentés le 29 mars 2025 lors de la session scientifique annuelle de l’American College of Cardiology, montrent cette fois que les usagers de cannabis ont un risque d’infarctus augmenté de 50 % par rapport aux autres. Cette seconde étude est la plus grande menée à ce jour sur ce sujet.

Comment expliquer l’effet toxique du cannabis ?

Si les deux études ne donnent pas les mêmes résultats, c’est principalement en raison de méthodologies différentes, notamment au type d’échantillonnage, au recueil de données et à l’hétérogénéité des études intégrées dans la méta-analyse. Quoi qu’il en soit, elles confirment les résultats de précédents travaux suggérant un lien entre usage récréatif de cannabis et maladies cardio-vasculaires.

À l’heure actuelle, les mécanismes par lesquels la marijuana impacte le cœur et les vaisseaux ne sont pas connus. Il semble cependant qu’elle affecte la régulation du rythme cardiaque, augmente la demande en oxygène du cœur et contribue au dysfonctionnement des vaisseaux sanguins.

Morale de l’histoire : chez le médecin, mieux vaut être transparent sur sa consommation de cannabis. Celle-ci n’apparaîtra pas sur les bilans sanguins habituellement prescrits pour surveiller la santé cardio-vasculaire. Or, c’est une information capitale pour une prise en charge médicale adéquate.

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Consommation de cannabis : un risque accru d’infarctus et d’insuffisance cardiaque

Alors que la consommation de cannabis se banalise dans plusieurs pays occidentaux, notamment avec sa légalisation progressive dans certains pays, une nouvelle étude remet en question l’innocuité de cette substance sur le plan cardiovasculaire.

Selon une analyse publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC) et relayée le 17 mars par l’American College of Cardiology, les consommateurs réguliers de cannabis sont nettement plus exposés aux risques d’infarctus du myocarde et d’insuffisance cardiaque que les non-consommateurs.

L’étude, qui repose à la fois sur une recherche rétrospective et une méta-analyse de 12 études précédentes, révèle que les utilisateurs de cannabis de moins de 50 ans ont six fois plus de chances de subir une crise cardiaque que les non-consommateurs. De plus, la méta-analyse, portant sur plus de 93 000 consommateurs de cannabis et 4,5 millions de non-utilisateurs, montre un risque accru de 50 % de développer une insuffisance cardiaque chez les consommateurs.

Le cannabis, aussi nocif que le tabac ?

Face à ces résultats, le chercheur Ibrahim Kamel de l’Université de Boston, co-auteur de l’étude, estime que la consommation de cannabis devrait être prise en compte dans l’évaluation des risques cardiovasculaires des patients, au même titre que le tabagisme. « Interroger les patients sur leur usage du cannabis devrait faire partie du diagnostic clinique, comme on le fait déjà avec la cigarette », souligne-t-il.

Il appelle également à une meilleure information du public, estimant que beaucoup de consommateurs ne sont pas conscients des dangers cardiovasculaires liés à cette substance.

Pour réaliser cette recherche, les scientifiques ont exploité les données de la base de santé mondiale TriNetX, analysant des participants de moins de 50 ans sans antécédents cardiovasculaires : Pas d’hypertension,Pas d’antécédents de maladie coronarienne, Aucun usage de tabac, Cholestérol normal.

Les résultats obtenus ont ensuite été croisés avec 12 autres études internationales menées aux États-Unis, au Canada et en Inde, rassemblant plus de 4,5 millions de personnes, dont 93 000 consommateurs de cannabis.

Après regroupement des données, il apparaît que les consommateurs actifs de cannabis ont un risque 1,5 fois plus élevé de subir un infarctus par rapport aux non-utilisateurs.

Un effet sous-estimé, aggravé par la combustion

Bien que les auteurs de l’étude reconnaissent que d’autres facteurs de consommation, comme l’usage concomitant de substances illicites (cocaïne, drogues de synthèse), puissent influencer ces résultats, les preuves d’un impact direct du cannabis sur la santé cardiaque s’accumulent.

Une autre étude, publiée en 2024 dans le Journal of the American Heart Associationavait déjà mis en évidence un lien entre l’usage de marijuana et les maladies cardiovasculaires, notamment une augmentation du risque de coronaropathie, un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC), et une prévalence plus élevée d’infarctus du myocarde.

Les chercheurs ont souligné que la combustion du cannabis, méthode de consommation la plus répandue, expose les fumeurs aux mêmes risques que le tabac, notamment à cause des particules inhalées. « L’usage fréquent du cannabis est associé à des complications cardiovasculaires, et plus la consommation est importante, plus ces risques augmentent », ont conclu les auteurs.

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) rappelle que le cannabis augmente immédiatement la fréquence cardiaque et la pression artérielle, ce qui pourrait expliquer les effets néfastes observés.

Cependant, les experts soulignent qu’il est encore nécessaire de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes précis par lesquels le cannabis affecte le système cardiovasculaire.

Une perception erronée du cannabis « inoffensif »

Cette étude vient bousculer un discours largement répandu selon lequel le cannabis serait moins nocif que le tabac et sans danger pour la santé.

Avec la montée en puissance des législations favorables à la dépénalisation et la promotion d’un usage récréatif « responsable », de nombreux consommateurs ignorent ou sous-estiment les risques réels associés à cette drogue.

Or, les faits sont clairs : fumer du cannabis, loin d’être anodin, peut avoir des répercussions sérieuses sur le cœur et les vaisseaux sanguins.

Alors que certains pays européens continuent d’assouplir leur législation sur cette substance, ces résultats devraient encourager une meilleure information et un suivi médical plus strict des usagers réguliers.

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Cannabis : attention au risque de crise cardiaque !

Par

 Marie Briel

 –

25 mars 2025 à 12h39

Un jeune couple qui partage un joint de cannabis et met leur santé cardiovasculaire en péril.
Les dangers bien connus du cannabis sont une fois de plus confirmés par les autorités de santé. © Adobe Stock

Une récente étude scientifique de l’American College of Cardiology (ACC) vient de mettre en évidence que la consommation régulière de cannabis pourrait considérablement augmenter le risque de crise cardiaque. En particulier chez les jeunes adultes de moins de 50 ans. Alors, quels sont précisément ces risques ? Et comment s’en prémunir ? Éléments de réponse. 

On connaissait déjà les effets relaxants ou apaisants du cannabis, apprécié par certains pour ses vertus thérapeutiques. Mais aujourd’hui, une étude de l’American College of Cardiology (ACC) tire la sonnette d’alarme : le cannabis serait loin d’être inoffensif pour notre cœur.

Selon cette recherche publiée récemment, fumer du cannabis pourrait augmenter fortement le risque de crise cardiaque, notamment chez les personnes de moins de 50 ans.

Cannabis et crise cardiaque : ce que révèle l’étude

Réalisée sur une période de trois ans auprès de 75 millions de participants répartis aux États-Unis, au Canada et en Inde, l’étude américaine révèle des chiffres inquiétants. Les consommateurs réguliers de cannabis âgés de moins de 50 ans seraient :

Ces chiffres ne sortent pas de nulle part. Ils ont été présentés officiellement lors d’un récent congrès médical et relayés par plusieurs médias internationaux, dont USA Today et Medscape.

Pourquoi le cannabis augmente-t-il ce risque ?

les risques cardiovasculaires : le THC en cause

La raison principale est liée à l’action du THC (tétrahydrocannabinol), principal composant psychoactif du cannabis. Le THC augmente le rythme cardiaque, élève la tension artérielle, et pourrait favoriser l’inflammation des vaisseaux sanguins. Autrement dit, il crée un stress supplémentaire sur le système cardiovasculaire.

Ce stress pourrait devenir critique chez les jeunes adultes, surtout ceux ayant déjà une fragilité cardiaque ou d’autres facteurs de risque, comme le tabacl’obésité ou un mode de vie peu actif.

Faut-il s’inquiéter si vous consommez du cannabis occasionnellement ?

Pas forcément. L’étude n’indique pas précisément le seuil à partir duquel le risque de crise cardiaque augmente significativement. En revanche, elle appelle clairement à la prudence : si vous consommez régulièrement ou avez déjà des problèmes cardiovasculaires, mieux vaut en parler à votre médecin.

Les chercheurs recommandent ainsi aux professionnels de santé de systématiquement demander à leurs patients s’ils consomment du cannabis afin d’évaluer au mieux leur risque cardiovasculaire.

Comment réduire les risques ?

Si vous consommez du cannabis :

  • limitez votre consommation, surtout si vous avez d’autres facteurs de risque (tabac, surpoids, antécédents cardiaques familiaux).
  • Évitez la consommation en cas de symptômes inhabituels (douleurs thoraciques, essoufflement, vertiges).
  • Privilégiez les formes non fumées, car fumer accentue les risques cardiovasculaires.

Alors, le message est clair : le cannabis n’est pas une substance anodine, et ses effets sur le cœur doivent être pris au sérieux. Pour autant, inutile de céder à la panique si vous êtes consommateur occasionnel sans autres facteurs de risque. Mais, si vous avez un doute ou souhaitez réduire les risques, n’hésitez pas à consulter votre médecin, qui saura vous conseiller au mieux selon votre situation personnelle.

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La cour des comptes étrille les politiques de santé contre l’addiction des jeunes

Par RCI Web et Naïza Rippon 21/03/2025

    La cour des comptes étrille les politiques de santé contre l'addiction des jeunes

230 000 jeunes sont touchés par les addictions au cannabis. Les 12 à 15 ans sont particulièrement exposés aux risque d’addiction. Un jeune sur 10 s’estime dépendant aux drogues illicites ou à l’alcool.

Des chiffres inquiétants mais qui sont certainement bien plus élevés. Face à cette réalité, la cour des comptes qui a scruté les politiques publiques en la matière conclut que la stratégie sanitaire et médico-sociale est insuffisante

 Elle identifie deux raisons à cette insuffisance :

  • le manque de volontarisme
  • l’absence de dispositif adapté aux jeunes  

Autre constat cinglant de la cour des comptes : l’accompagnement et le soin des personnes souffrant d’addiction sont inadaptés. Les places disponibles dans les établissement de soin par exemple ne sont pas suffisantes.

L’instance relève également que l’évaluation chiffré du seul dispositif de consultation pour les jeunes consommateurs n’est pas assez soutenue. 

Un constat alarmant alors que de nouvelles substances psychoactives inondent régulièrement le territoire.

Quelles recommandations ?

La cour des comptes somme donc l’Etat d’actualiser sa stratégie globale de prévention et d’accompagnement de lutte contre les drogues. Elle recommande aux pouvoirs publics de déployer sur l’ensemble du territoire le dispositif « consultations jeunes consommateurs »

Il s’agit aussi de fixer des objectifs chiffre du suivi  du dispositif. Le lancement d’une grande campagne de communication d’ampleur pour prévenir la consommation de drogue et d’alcool fait également partie des suggestions des magistrats.

Une mesure choc figure aussi dans le rapport : augmenter le prix des boissons alcoolisés.

Enfin pour mieux évaluer l’ampleur de la consommation d’alcool et de drogue chez les jeunes, la cour des comptes préconise une étude épidémiologique pour mieux adapter l’offre médico-sociale

Pour rappel, la France est  l’un des pays d’Europe les plus concernés par la consommation de drogue et d’alcool. Les derniers chiffres datant de 2021 révélait que 2,6 % des 18-24 ans déclaraient consommer quotidiennement de l’alcool, soit le taux le plus élevé de la zone euro

Pour le cannabis, la tendance est la même. La consommation de drogue en France figure parmi les plus importantes en Europe .

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Le cannabis est-il une drogue dure ?

La cocaïne est-elle plus addictive qu’avant ? Comment lutter contre le chemsex ? Deux spécialistes en addictologie, Raphaël Serreau et Amine Benyamina, alertent sur les dangers des nouvelles formes de consommation et l’évolution des addictions en France.

Cannabis : entre usage médical et consommation problématique

Le débat sur le cannabis est relancé avec l’intervention du docteur Raphaël Serreau, addictologue au CHU d’Orléans, et de Stéphanie, une auditrice du secteur médical. Si le cannabis thérapeutique est autorisé sous strict contrôle pour certaines maladies comme la sclérose en plaques, sa consommation récréative pose un véritable problème de santé publique.

Aujourd’hui, 1,4 million de Français consomment régulièrement du cannabis, et plus d’un adulte sur deux l’a déjà expérimenté. Le docteur Serrault met en garde : les produits actuels sont bien plus concentrés en THC qu’il y a 50 ans, atteignant parfois 60 % de substance active. Cette puissance accrue rend le sevrage difficile et peut favoriser des troubles psychiatriques graves, notamment chez les jeunes consommateurs.

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Le CBD, souvent présenté comme une alternative inoffensive, n’est pas non plus sans risques. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que cette molécule peut interagir avec certains traitements et provoquer des effets secondaires.

Cocaïne : une explosion de la consommation en France

Si le cannabis reste la drogue la plus consommée, la cocaïne connaît une augmentation fulgurante. Selon les chiffres de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), plus d’1,2 million de Français en consomment.

Moins chère et plus accessible, la cocaïne est pourtant extrêmement dangereuse. Le docteur Serrault rappelle que même une seule prise peut multiplier par 29 le risque d’infarctus du myocarde. Son effet addictif est puissant et rapide, provoquant un « craving » (envie irrépressible de consommer) qui piège rapidement les usagers.

Le psychiatre Amine Benyamina, également invité de l’émission, insiste sur l’importance d’une approche équilibrée entre répression et prévention. La seule répression ne suffit pas à enrayer le phénomène : une politique efficace doit inclure un volet éducatif pour sensibiliser les consommateurs aux dangers des substances psychoactives.

Chemsex, ecstasy, alcool, tabac : des addictions sous-estimées

Autre sujet abordé : le chemsex, une pratique qui combine consommation de drogues stimulantes et relations sexuelles prolongées. Popularisé par l’affaire Pierre Palmade, ce phénomène reste encore tabou en France. Le docteur Serreau explique qu’il s’agit d’une consommation spécifique visant à accroître le plaisir et l’endurance, mais qui comporte des risques importants : troubles psychiatriques, dépendance sévère et infections.

Parmi les autres drogues dites « festives », l’ecstasy (MDMA) est également pointée du doigt. Son usage en soirée peut provoquer des dommages neurologiques et cardiovasculaires graves.

Enfin, l’alcool et le tabac, bien que légaux, sont responsables de 110 000 décès par an en France, soit l’écrasante majorité des morts liées aux addictions. Pourtant, ces substances restent largement accessibles.

Comment se sortir de l’addiction ?

Le docteur Serreau rappelle que l’accompagnement des patients repose sur la motivation. 90 % des personnes dépendantes ne consultent jamais, mais pour celles qui franchissent le pas, un suivi personnalisé est mis en place. La prise en charge combine entretiens médicaux, accompagnement psychologique et traitements adaptés, parfois en optant pour une réduction progressive de la consommation plutôt qu’un sevrage brutal.

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Drogue : Plus de cocaïne, moins de cannabis… Quand les égouts servent de « baromètre » de la consommation en Europe

Une étude réalisée à partir d’analyses des eaux usées de villes européennes révèle que la consommation de cocaïne est en hausse par rapport à 2023

La consommation de cocaïne augmente dans les villes européennes, selon une analyse des eaux usées.
La consommation de cocaïne augmente dans les villes européennes, selon une analyse des eaux usées. - ANP via AFP

La consommation de cannabis semble diminuer en Europe, tandis que celle de cocaïne et d’amphétamine augmente par rapport à 2023. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce constat ne vient pas des services de police, mais sort… tout droit des égouts.

Une étude publiée mercredi qui porte en 2024 « sur un nombre record de 128 villes européennes, brosse un tableau clair d’un problème de drogue à la fois répandu et complexe, les six substances » de drogue recherchées « ayant été détectées dans presque » toutes les villes participantes, résume dans un communiqué Alexis Goosdeel, directeur de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA, ex-EMCDDA).

Une augmentation de la cocaïne pour la majorité des villes

Des échantillons quotidiens d’eaux usées municipales ont été prélevés dans les zones de captage de stations d’épuration au printemps dernier dans 128 villes de 26 pays (24 de l’Union européenne, Turquie et Norvège). Ces échantillons d’eaux usées de quelque 68,8 millions de personnes ont été analysés pour détecter des traces d’amphétamine, de cocaïne, de méthamphétamine, d’ecstasy et son principe actif la MDMA, ainsi que de kétamine et du cannabis.

Pour la cocaïne, la majorité des villes disposant de données pour les deux dernières années ont fait état d’une augmentation. Les analyses indiquent notamment que sa consommation reste la plus élevée dans les villes d’Europe de l’ouest et méridionale, en particulier en Belgique, aux Pays-Bas et en Espagne.

Plus de consommation le week-end qu’en semaine

Pour la MDMA, la plupart des villes ont également signalé une hausse des détections entre 2023 et 2024, et les traces de ces substances ont été trouvées le plus massivement dans les eaux usées de localités en Belgique, République tchèque, Pays-Bas et Portugal. Quant à la kétamine, elle apparaît le plus dans des villes de Belgique, des Pays-Bas, de Hongrie et de Norvège.

L’analyse des eaux usées permet par ailleurs de détecter des fluctuations dans les schémas hebdomadaires de consommation. Dans plus de trois quarts des villes, les traces de benzoylecgonine (principal métabolite de la cocaïne), de kétamine et de MDMA dans les eaux usées sont plus élevées pendant le week-end (du vendredi au lundi) qu’en semaine. En revanche, la consommation d’amphétamine, de cannabis et de méthamphétamine est répartie plus uniformément sur l’ensemble de la semaine.

Source

La Lettre du C N P E R T

Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies
S’il faut être attentif à l’état de la planète que nous Lettre N°95 léguerons à nos enfants, il est majeur de nous préoccuper de l’état des enfants que nous lui léguerons Editeur en chef Pr. J.-P. Tillement

Président Pr. J.-P. Goullé
Mars 2025
EDITORIAL
L’opération « mois de janvier sobre » ou « dry january » se déroule dans l’hexagone depuis
2020 : c’est donc la sixième édition en 2025.Elle connaît chaque année un succès croissant, puisqu’en 2024, ce défi a été suivi par près de 4,5 millions de personnes selon une étude qui a été publiée en décembre 2024 et qui est résumée dans cette lettre N°95. Il est regrettable que l’opération « mois
de janvier sobre » n’ait pas reçu de soutien officiel. Le retrait du gouvernement du lancement initial a privé la campagne du financement nécessaire à la publicité, notamment via un site Web dédié et une
application pour smartphone, indispensables la diffusion, afin d’améliorer la sensibilisation à la consommation de boissons alcooliques, mais aussi la participation du plus grand nombre à cette
campagne. En France, le marché des boissons rafraîchissantes sans alcool, terme
consacré, est très réglementé. Il est régi parle décret 92-307 en date du 31 mars 1992.

Letitre alcoométrique doit être inférieur ou égal à 1,2% par volume, soit 12 g d’alcool pur pour
un litre – pour celles qui atteignent ce chiffre, l’équivalent d’une « unité alcoolique » (10 g) –
on devrait donc plutôt parler de teneur réduite en alcool. Le marché de ces boissons se
développe considérablement, qu’il s’agisse de bières, de cocktails ou encore de vins.
Davantage de produits sont proposés aux consommateurs, qui peuvent ainsi déguster
une boisson dont le goût, les arômes et les sensations sont assez similaires à ceux d’une
boisson alcoolique traditionnelle.

En France, le marché a augmenté de 13% en 2021 et il connaît chaque année une progression
d’environ 10%. Au niveau mondial, le marché des boissons pauvres en alcool ou qui n’en
contiennent pas, a connu une hausse de 7% entre 2021 et 2022. Le chiffre d’affaires s’établissait à 11 milliards de dollars en 2022, contre 8 milliards en 2018.

Il est certain que les habitudes de consommation évoluent : aujourd’hui de plus en plus de personnes se tournent vers des boissons non alcooliques pour des raisons personnelles,professionnelles, religieuses, de santé, mais aussi de mode de vie. Dans ce numéro, deux résumés sont consacrés à l’alcool. Le premier, par le Dr Alexis Demas, fait la synthèse d’une étude française publiée récemment sur le « dry january ». Le second, par le Pr Jean-Paul Tillement, dresse le bilan de l’alcoolisme en France en 2023.
Jean-Pierre Goullé
Le « Dry January » en France : Undéfi d’un mois pour un impact durable sur la consommationd’alcool
Depuis son lancement au Royaume-Uni en 2013, la campagne « Dry January » (ou Janvier sobre) a gagné du terrain dans de nombreux pays, dont la France. L’objectif ?
Encourager les participants à s’abstenir detoute consommation d’alcool pendant unmois, dans l’espoir d’adopter une relation plus modérée et consciente avec cette substance.
Une récente étude française, publiée dans 2 Frontiers in Public Health, a examiné la prévalence et les caractéristiques des participants à cette campagne en France.
Un engouement croissant pour le « Dry January ».
L’étude a été menée via une enquête en ligne réalisée, entre le 8 et le 17 janvier 2024, auprès d’un échantillon représentatif de 5 000 adultes français. Parmi les 4 075 répondants ayant consommé de l’alcool au cours de l’année précédente, 61% connaissaient la campagne « Dry January » et 12% y
participaient, soit environ 4,5 millions de Français en extrapolant à la population adulte
totale.

Ces chiffres témoignent d’une sensibilisation importante du public français à cette initiative, bien que la participation effective reste minoritaire. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où la consommation d’alcool en France demeure parmi les plus élevées en Europe, avec des préoccupations croissantes en matière de santé publique.

Qui participe au « Dry January » ?
L’étude révèle que la participation à « DryJanuary » concerne une large diversité de profils, bien que certaines tendancesémergent :

  • un niveau socio-économique plus élevé : les personnes issues de milieux socioprofessionnels plus favorisés sont davantage informées sur l’existence de la campagne ;
  • une disparité géographique : la sensibilisation à la campagne est moins répandue dans l’Est de la France ;
  • une variation selon l’âge : les jeunes adultes sont plus enclins à participer, tandis que la participation diminue progressivement avec l’âge ;
  • contrairement aux attentes, aucun lien significatif n’a été trouvé entre la participation et le genre des personnes ou leur statut socio-professionnel.
    Un engagement motivé par une prise de conscience des risques.
    Les résultats de l’étude montrent que les participants au « Dry January » sont plus enclins à percevoir leur propre consommation d’alcool comme risquée. Beaucoup d’entre eux expriment des préoccupations pour leur santé et leur capacité à réguler leur consommation. Fait notable : les personnesayant une consommation à risque ou présentant des troubles liés à l’alcool sont
    plus susceptibles de tenter l’expérience du « Dry January ».
  • Cependant, l’analyse des scores AUDIT-C (outil d’évaluation du risque lié à l’alcool) n’a pas permis de démontrer une corrélation claire entre participation et consommation à haut risque. Un autre
    élément intéressant de l’étude est que les participants ayant pour objectif une réduction
    de leur consommation plutôt qu’une abstinence totale sont plus susceptibles d’avoir une consommation problématique. De même, ceux qui s’inscrivent officiellement sur les plateformes dédiées au « Dry January » montrent des indicateurs plus préoccupants quant à leur rapport à l’alcool.
    Une stratégie efficace pour la santé publique L’intérêt du « Dry January » va bien au-delà
    du simple défi d’un mois. Des recherches antérieures ont montré que cette expérience
    peut entraîner une réduction de la consommation d’alcool sur le long terme, en aidant les participants à mieux identifier leurs habitudes et à les ajuster. Cette étude française confirme que la campagne attire des individus soucieux de reprendre le contrôle sur leur consommation, notamment
    ceux qui ressentent un certain malaise face à leur rapport à l’alcool. Toutefois, pour maximiser l’impact du « Dry January », ilserait pertinent de mieux cibler certainescatégories de la population encore peu touchées par la sensibilisation, comme les personnes plus âgées et celles vivant dans
    certaines régions sous-représentées.
  • Conclusion
    Le « Dry January » en France connaît un succès croissant, avec un public principalement composé de consommateurssoucieux de leur rapport à l’alcool. Cettecampagne représente un outil potentiel de
    prévention et d’éducation à la santé publique, en particulier pour les individus présentant 3 des consommations à risque.
  • Si les motivations et impacts varient selon les participants, cette initiative semble constituer un levier efficace pour questionner et modifier, sur le long terme, les comportements liés à l’alcool.

  • Dr Alexis Demas
    Référence : Lespine LF, et al. Prevalence and characteristics of participants in Dry January 2024:
    findings from a general population survey in France.
    Front Public Health. 2024 Dec 2:12:1466739.

  • L’alcoolisme en France en 2023, le ilan de l’OFDT comme chaque année, l’OFDT présente le
    bilan analytique de l’alcoolisme en France en trois volets : l’offre d’alcool, ses usagers et les
    conséquences encourues.
    Le volume d’alcool pur mis en vente en 2023 est d’environ 6 millions d’hectolitres, répartis
    en vins (52%), bières (25%), spiritueux (21%), le reste étant d’autres boissons, type cidre,
    porto…, moins consommées. Rapporté à la population française, ce volume correspond à
    l’absorption de 10,35 L d’alcool pur par habitant (de 15 ans et plus) et par an, soit 2,27
    verres standard d’alcool (boisson alcoolique) par jour. Il est en légère diminution par rapport
    à 2022 : s’agit-il d’une modification de comportement ? Toutes les taxations des boissons alcooliques sont en hausse, mais elles se répercutent surtout sur les plus concentrées (spiritueux), ce qui pourrait expliquer au moins en partie la diminution globale constatée. En revanche, elle favorise
    les boissons qui le sont moins, vins et bières en augmentation.
  • Qui boit ? L’enquête, exclusivement statistique, utilise les réponses anonymes de personnes interrogées. Elle distingue les usagers selon leur âge et selon leur sexe.
    S’agissant des jeunes, elle montre que, à 17 ans, un adolescent sur cinq n’a pas bu d’alcool. Pour les autres, la consommation est rarement quotidienne mais fonction des circonstances, en particulier des fêtes et réunions. Les API, alcoolisations ponctuelles importantes (« binge drinkings ») sont plus
    fréquentes chez les garçons : ils déclarent aussi plus souvent un usage régulier mais globalement le nombre de verres consommés par mois (5 à 9) par les garçons et par les filles sont proches (25% pour les deux sexes).
    Chez l’adulte, les niveaux d’usage sont en baisse. Si neuf adultes sur dix déclarent consommer de l’alcool, seul un sur trois (37%) en fait un usage hebdomadaire et 7% un usage quotidien. Si les consommations tendent à diminuer ou restent stables, il n’en reste pas moins que les conséquences de l’alcoolisme restent effroyables : 41.000 décès par an, 30.000 chez les hommes, 11.000 chez les femmes, soit respectivement 11% et 4% de la mortalité des personnes de 15 ans et plus. Ceci inclut 16.000 décès par cancer, 9.900 décès par maladie cardiovasculaire, 6.800 par maladie digestive,
    5.400 par une cause externe, accident, suicide et plus de 3.000 par atteinte neuropsychiatrique. Les alcooliques se soignent plus : 150.000 ont consulté les Centres de Soin, d’Accompagnement et de
    Prévention en Addictologie (CSAPA) ; 77% sont des hommes. L’hospitalisation représente 105 séjours pour 10.000 habitants, avec une majorité d’hommes (73%) d’âge moyen de 56 ans. Ces indicateurs sont en hausse : les Français se soignent plus et probablement mieux. Les 5 médicaments utilisés sont l’acamprosate, le disulfiram, le nalméfène, la naltrexone et le baclofène.
    L’observation la plus optimiste reste la diminution des accidents de la route liés à l’alcool, significative puisqu’elle est deux fois plus importante en proportion que l’ensemble de la mortalité routière. Elle est due aux dépistages et aux contrôles d’alcoolémie. La mortalité due à l’alcool reflète les inégalités sociales : elle frappe les personnes au chômage ou sans activité, mais aussi le milieu
    rural où, paradoxalement, ces personnes qui se déplacent le moins meurent plus souvent
    durant leurs trajets quotidiens (note personnelle : ils roulent probablement très, voire trop vite).
    Pr Jean-Paul Tillement
    4
    Référence : Douchet M.A. La consommation d’alcool et ses conséquences en France en 2023. Notes de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives), novembre 2024,1-10.
    Le tabac : Combien ?
    Le tabac tue. C’est entendu. Mais combien ? Les 75.000 morts annuelles en France
    (55.000 hommes et 20.000 femmes soit 3 décès par an et par bureau de tabac) ne sont
    guère parlants car ils sont dispersés, sous des diagnostics divers, et ne tiennent pas
    dans le champ de vision. C’est un peu mieux si l’on dit que les 8.000.000 de décès annuels
    dans le monde équivalent à 44 Airbus A380 de 500 places qui s’écrasent chaque jour.
    C’est plus impressionnant, mais ce qui l’est plus encore, c’est qu’au bout de 6 jours la
    comparaison ne tient plus, car les 241 A380 construits sont tous détruits, entre le lundi et
    le samedi, ce qui contraint à un repos dominical…
    Dès 2004, la « British Doctor Study », sur une cohorte de médecins suivis de 1951 à 2001
    (arrêt de l’étude faute de fumeurs survivants), montrait qu’à tous les âges la survie des
    fumeurs était diminuée de 10 ans par rapport à celle des non-fumeurs, que la survie des anciens fumeurs était intermédiaire, d’autant plus proche de celle des non-fumeurs que l’arrêt était précoce, mais qu’à tous les âges, l’arrêt diminue cet écart.
    Une nouvelle étude (1) augmente la perception individuelle du risque en indiquant
    que les fumeurs actifs de 35, 45, 55, 65 et 75 ans perdent en moyenne 9,1 – 8,3 – 7,3 – 5,9
    et 4,4 années de vie s’ils n’arrêtent pas de fumer. A l’inverse, ceux qui arrêtent à ces
    âges gagnent, respectivement, 8,0 – 5,6 – 3,4 1,7 et 0,7 années de vie.
  • A tout âge, l’arrêt du tabac prolonge la vie et si « mieux vaut tard que jamais le plus tôt est le mieux ». Une autre façon d’estimer les ravages du tabac, de façon saisissante, est d’estimer la perte d’espérance de vie par cigarette fumée (2), soit 17 min pour les hommes, 22 min pour les femmes. Il faut 5 min pour fumer une cigarette qui fait perdre 4 fois plus de temps d’espérance de vie.
    Enfin, imaginons que le tabac disparaisse chez les personnes nées entre 2006 et 2010
    (la Nouvelle-Zélande l’avait programmé avant qu’un changement de gouvernement ne
    changeât la donne), d’ici 2095, 40% des cancers du poumon seraient évités, soit 1,2
    million de décès (3).
    Le tabac est la première cause évitable de décès avec un décès par million de cigarettes vendues. La plus efficace des mesures à prendre est l’augmentation du prix hors inflation du tabac, de manière répétée (au mieux tous les ans, au pire tous les deux ans) et dissuasive (au mieux 10% ; au pire 5%). La preuve de l’efficacité de cette mesure
    est le « screaming test », les « hurlements » de l’industrie du tabac (ou de ses porte-voix) ;
    ceux que l’on entend depuis l’augmentation du 1er février 2025, témoignent que l’on est
    dans la bonne direction.
    Pr Gérard Dubois
    Références
    1- Mendez D, Warner KE. The benefits of quitting smoking at different ages. Am J Prev Med. 2024 Nov;67(5):684-688.
    2- Jackson SE, Jarvis MJ, Robert R. The price of a cigarette: 20 minutes of life? Addiction 2024 Dec
  1. doi: 10.1111/add.16757 (Online ahead of print). 3- Rey-Brandariz J, Rumgay H, Ayo-Yusuf O, et al.
    Estimated impact of a tobacco-elimination strategy on lung-cancer mortality in 185 countries: a populationbased birth-cohort simulation study. Lancet Public
    Health 2024 Oct; 9(10): e745–e754.
    Drogues illicites en France : niveaux d’usage en 2023
    Alors que l’usage de drogues illicites ne cesse de progresser dans notre pays, les niveaux de
    consommation sont préoccupants. En effet, l’Observatoire français des drogues et
    toxicomanies (OFDT) a dévoilé récemment les résultats de son enquête 2023 sur ces
    consommations. La précédente enquête comparable, remontant à 2017, a montré en
    6 ans une nette hausse des usages. La présente étude a été réalisée à partir d’un
    échantillon représentatif de 15.000 personnes 5
    agées de 18 à 75 ans de France métropolitaine.
    Le cannabis
    C’est la drogue illicite la plus consommée depuis 30 ans, consommation évaluée par le
    baromètre de Santé publique France depuis En 2023, pour la première fois, son
    niveau d’expérimentation concerne une personne sur deux. Parmi les 18-64 ans, il
    progresse de 12,7% en 1992 à 50,4% en Avec 58% des hommes contre 44% des
    femmes, l’expérimentation de la drogue est préférentiellement masculine. Pendant cette
    même période, son usage au cours de l’année écoulée est passé de 4,4% à 10,8%.
    Quant à l’usage régulier (au moins 10 fois au cours du dernier mois), il s’établit à 3,4% en
    2023, soit 1,4 millions d’usagers, dont 900.000 consommateurs quotidiens,
    majoritairement des hommes (3,2% contre 1,4% de femmes).
    On assiste à une banalisation rampante de l’usage de cette drogue, ainsi que le regrette
    notre ministre de la santé, le Dr Yannick Neuder dans son entretien au « Journal du
    dimanche » en date du 30 septembre 2023 : « La dédiabolisation du cannabis est à
    l’œuvre dans un silence assourdissant » avait-il déclaré. Seule lueur d’espoir dans ce
    bilan français accablant, le constat d’une consommation en nette baisse chez les plus
    jeunes, relevé dans plusieurs enquêtes récentes.
    Rappelons que la dernière enquête menée aux États-Unis, publiée en 2024 dans la revue
    « Addiction », montre que le nombre de consommateurs quotidiens ou quasiquotidiens (21 jours par mois) de cannabis, a été multiplié par 20 en 30 ans, leur nombre progressant ainsi de 900.000 en 1992 à près de 18 millions en 2022, et dépassant même pour la première fois celui des
    consommateurs quotidiens d’alcool en 2022.

  2. Est-ce cela qui nous attend ? (Voir la lettre N°91 du CNPERT, juillet 2024).

  3. Les autres drogues illicites L’usage de drogues illicites autres que le cannabis n’a cessé de progresser dans notre pays depuis une vingtaine d’années. En effet, en 2023, 15% des adultes âgés de 18 à 64
    ans avaient expérimenté au moins une drogue autre que le cannabis, contre 10% en 2017, soit une augmentation de 50% au cours de ces 6 années. L’usage au cours de la dernière année connaît une hausse encore plus marquée que l’expérimentation, avec une croissance de 70% entre 2017 et 2023.
    En 2023, la cocaïne reste la drogue la plus consommée après le cannabis. Ce sont 9,4% des adultes qui l’ont expérimentée, soit 1.100.000 personnes (13,4% d’hommes et 5,5% de femmes). Avec 2,7% d’usagers au cours de la dernière année en 2023 contre 1,6% en 2017, leur nombre a augmenté de
    70% entre 2017 et 2023 et la prévalence d’usage a été multipliée par dix entre 1992 et La circulation massive de cette drogue dans notre pays et dans toute l’Europe constitue une préoccupation majeure pour les États. En effet, en France, le volume des saisies de cocaïne pour les 11 premiers mois de 2024 est de 47 tonnes, contre 23 tonnes sur l’année 2023.
    L’ecstasy ou MDMA, qui est une drogue stimulante comme la cocaïne, connaît entre
    2017 et 2023 une progression de son niveau 6 d’usage au cours de la dernière année
    équivalente à celle de la cocaïne (+80%)
  4. . Pr Jean-Pierre Goullé
    Référence : Spilka S, et al. Les niveaux d’usage des drogues illicites en France en 2023. Tendances N°164, OFDT, juin 2024,1-4.
    Le nourrisson, un utilisateur nouveau et insoupçonné des écrans Il est courant d’observer que des enfants, parfois très jeunes, sont exposés à des écrans dans leur environnement quotidien.
    Des études ont révélé que les nourrissons et les enfants français âgés de 0 à 3 ans passent
    en moyenne 30 minutes par jour devant des écrans jusqu’à l’âge de 12 mois, puis 50
    minutes de 24 à 29 mois et près d’une heure de 30 à 35 mois (Le Heuzey and TurbergRomain, 2015).
    Ces données sont considérablement supérieures aux recommandations établies par Santé Publique France dans le cadre du Plan National Nutrition Santé (PNNS).
  5. En effet, le PNNS préconise :
  • l’interdiction des écrans pour les enfants de moins de 2 ans ;
  • la limitation de l’exposition quotidienne à une heure pour les enfants entre 2 et 5 ans ;
  • la mise en place d’une limite journalière de deux heures, en dehors du temps scolaire,
    pour les enfants de six à onze ans.
    Par ailleurs, le rapport publié en 2018 de l’étude ELFE (Étude Longitudinale Française
    depuis l’Enfance) sur la relation entre les activités physiques et l’usage des écrans
    chez de très jeunes enfants (étude d’enfants âgés de 2 et 3,5 ans) a également souligné
    l’exposition précoce de ces enfants aux écrans. Les données chiffrées suivantes,
    issues des réponses des parents interrogés sur l’exposition aux écrans de leur enfant de
    2 ans et 3,5 ans, sont particulièrement éloquentes :
  • 10% des parents ont déclaré que leur enfant jouait quotidiennement sur un smartphone ;
  • 28% des parents ont déclaré que leur enfant de 2 ans jouait sur un ordinateur ou une
    tablette une à deux fois par semaine ;
  • 6,6% des parents indiquent que leur enfant jouait occasionnellement sur une console de
    jeux ;
  • 67,7% des parents déclarent que leur enfant regardait la télévision quotidiennement
    (Gassama et al., 2018).
    L’habitude de ces enfants aux écrans ayant été ancrée, il n’est pas surprenant de constater l’augmentation du phénomène chez les enfants de 3,5 ans : -13,1% des parents déclarent que leur enfant jouait au moins une fois par semaine sur un ordinateur, avec, dans l’ordre, l’utilisation de
    tablettes, smartphones, consoles de jeux vidéo ; -plus de 40% des parents déclarent que leur
    enfant regarde la télévision plus de 30 minutes par jour en semaine.
    Dans nos sociétés contemporaines, les écrans sont une préoccupation majeure pour tous les âges, y compris de façon inattendue, pour les nourrissons ! Les constats sont faits : à quand les prises de décision pour enrayer ce phénomène ?
    Les observations issues de travaux scientifiques rigoureux ont permis de mettre en évidence l’ampleur du phénomène. Il s’agit désormais de mettre en œuvre des politiques publiques pour enrayer cette tendance et faire passer les messages appropriés.

  • Pr Yvan Touitou
    Résumé du rapport de l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Tendances addictives) sur les
    traitements de substitution aux opiacés (12-2024) Ce rapport fait appel à de nombreuses études
    statistiques issues des services publics (dont la CNAM) et est illustré de figures claires qui
    montrent des évolutions sur la période 2012-
  1. Rappelons que les traitements des personnes dépendantes des opiacés/opioïdes sont organisés en France
    depuis près de 30 ans, avec – entre autres – la mise à la disposition de l’ensemble du corps
    médical de la buprénorphine haut dosage
    7
    (BHD), alternative recommandée face aux risques de surdose liés à l’autre médicament de substitution, la méthadone ; le double but initial était (i) de supprimer les risques de
    surdoses mortelles des injections IV d’héroïne et les risques infectieux (VIH et hépatites, liés aux échanges de seringues), et (ii) de permettre la réinsertion sociale des consommateurs. Ces traitements de substitution des opiacés (TSO) devaient aussi, à terme, permettre des sevrages
    secondaires, éventualité qui a été malheureusement oubliée depuis…Les TSO ont été récemment rebaptisés TAO (traitement par agonistes opioïdes) ce qui, de fait, élimine un protocole alternatif qui était d’introduire -après sevrage – un traitement par naltrexone per os, préventif d’une rechute.
    Les faits les plus importants rapportés par l’OFDT sont : (i) en 2023, 155 762 personnes
    en soins ambulatoires ont bénéficié d’un remboursement de TAO ; ce nombre total est
    stable ou en légère baisse, comportant toujours plus de trois-quarts de sujets masculins ; cette population serait plutôt ‘vieillissante’ (âge moyen 46 ± 10 ans) ; (ii) en revanche le pourcentage de patients sous méthadone continue d’augmenter (figure 1) atteignant 46,3% en 2023 (versus # 20% en 2000), sous forme de gélule dans 76,4% des cas. Cette augmentation s’observe surtout
    chez les patients les plus jeunes (et plus encore en Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie ou CSAPA – ou en prison), sachant que ce type de traitement est
    reconnu comme un facteur de mésusage…;(iii) la répartition départementale des « bénéficiaires » de TAO montre des disparités avec un paradoxal moindre pourcentage dans les régions autrefois les
    plus connues pour l’usage d’héroïne, telles que l’Ile France, la région PACA et autres zones de grandes métropoles. Néanmoins, on n’a pas de données sur la répartition des autres lieux d’administration des TAO : les CSAPA, les CARRUD (Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques pour les Usagers de Drogues) et les lieux de détention (ensemble d’environ 20 000 sujets) qui pourraient être centrés sur les grandes métropoles ; (iv) les posologies
    quotidiennes utilisées sont majoritairement dans les zones recommandées (60 – 100 mg/j
    pour la méthadone et 8 – 24 mg/j pour la BHD), avec des dépassements des posologies pour respectivement 12% des sujets sous méthadone et 4% sous BHD. On notera que les prescriptions de Suboxone® (association de BHD + naloxone) ou de forme retard de la BHD, injectable (Buvidal®),
    restent très minoritaires, à respectivement 2,6% et < 1% ; (v) les prescriptions ambulatoires sont faites par 1 médecin (58%) ou 2 (28%), et les délivrances par 1 pharmacien (75%) ou 2 (18%) ; (vi) à noter que les prises en charge du complément à charge ne font appel à des financements
    personnels que dans 9,6% des cas, ce qui laisse entendre un très faible accès à l’emploi, sujet non exposé ; de même aucune donnée n’est rapportée pour la réinsertion familiale et le lieu de vie ; (vii) la délivrance de naloxone pour traiter les surdoses est croissante ; et (viii) la mortalité par « overdose » resterait basse : 300 cas/an dus aux TAO seuls ou en association (rapport DRAMES/CEIP, in :
    Therapies 2024 ; 79 : 297-306.) En conclusion : comme l’EUDA (European Union Drugs Agency) l’a souligné, la prise en charge par TAO est bonne en France (87% des usagers problématiques d’opioïdes), mais les mésusages et trafics liés au changement de type de TAO et la très faible
    réinsertion restent très problématiques et, de fait, sont occultés.
    Pr Antoine Coquerel
    Référence : Feng C. (2024) Traitements par agonistes opioïdes en France – Bilan 2024. Note de bilan. Paris, OFDT, 15 p.
    Une nouvelle piste dans le traitement des addictions ?
    Les « incrétines », qui sont des substances libérées par le tube digestif (iléon, colon) à l’arrivée du bol alimentaire, font baisser la glycémie, en stimulant la sécrétion d’insuline 8 par le pancréas. Parmi ces incrétines le GLP1 (glucagon-like peptide-1) et le GIP (glucosedependent insulinotropic polypeptide).
    La thérapeutique du diabète de type 2 (« diabète gras ») bénéficie depuis plusieurs
    années d’un traitement par des agonistes du récepteur du GLP-1 (AR-GLP-1) et de médicaments similaires agonistes du GIP.
    D’une façon pas encore expliquée, les agonistes de ces récepteurs semblent moduler le système de récompense impliqué dans la consommation des drogues. Une étude publiée récemment dans la revue Addiction, montre que ces agonistes diminuent, d’une façon statistiquement significative, les doses d’agents opioïdes ou encore d’alcool, consommées par les patients diabétiques qui en abusaient. Ce constat invite à amplifier ces recherches, dans le domaine des toxicomanies ; il laisse entrevoir des médicaments innovants qui font cruellement défaut dans ces addictions aux
    morphiniques, à l’alcool et à d’autres drogues
  2. Pr Jean Costentin
    Référence : Qeadan F, McCunn A, Tingey B. The association between glucose-dependent insulinotropic polypeptide and/or glucagon like peptide-1 receptor agonist prescriptions and substance-related outcomes in patients with opioid and alcohol use disorders: A real-world data analysis. Addiction. 2025 Feb;120(2):236-250.

  3. Cannabis et schizophrénie Une imagerie PET scan (tomographie par émission de positrons) a permis de constater une réduction des synapses (éléments spécialisés dans la communication entre les
    cellules nerveuses/neurones) dans certaines régions du cerveau. Cette réduction a été observée à des stades très précoces de la schizophrénie chez des sujets jeunes. Elle était plus importante chez les consommateurs de cannabis. Cette raréfaction synaptique était reliée à l’importance des manifestations déficitaires de l’affection (symptomatologie négative) contre laquelle la thérapeutique est démunie.
    Pr Jean Costentin
    Référence : Blasco MB, et al. Synaptic density in early
    stages of psychosis and clinical high risk. JAMA
    Psychiatry 2025 Feb 1;82(2):171-180

Les blagounettes de la 95

  • Le taux limite d’alcoolémie pourrait revenir à 0,8 au lieu de 0,5 g/L, car à ce dernier taux les
    accidents de la route ont augmenté ; les hommes, après une ou deux bières, passant
    le volant à leur femme !
  • Incinéré serait ma toute dernière cuite alors que, inhumé, je puis avoir de temps en temps
    un petit vers dans le nez.
  • Masculin : il a bu ; féminin : elle abuse.
  • A propos du cannabis, diverses formes de scatologie (voire d’eschatologie)
  • Le shit, en Anglais, c’est de la merde ; le cannabis, un faux médicament et un vrai
    merdicament ; Stup et fiente.
  • Faisant une prise de sang à cet ivrogne, j’ai l’impression de faire les vendanges.
  • De chez moi au bar il y a 5 minutes, alors que du bar jusque chez moi il y a 1 h 30 !
  • Les néphaliques ou abstèmes : les nez phalliques l’ont si long qu’ils peuvent aller
    sniffer les dernières gouttes au fond du verre !
  • Bien à toi, et à la tienne.
  • Mieux vaut boire que voir le Macon Prisseyc
    .
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La consommation de boissons sans alcool progresse

Sans Alcool
La part de marché du vin sans alcool se développe également. © Mads Eneqvist Unsplash

Le sondage précise que la consommation d’alcool reste ancrée dans les habitudes des Français. Pas moins de 24% de ceux qui en consomment disent boire principalement pour le goût. Et ils sont 58% à associer ces moments au partage avec leurs proches. Ceux qui, au contraire, on fait le choix de boire moins d’alcool profitent d’une offre de boissons de plus en plus large. La bière sans alcool domine largement les commandes du sans alcool. Sa consommation a bondi de 39% en un an, et le nombre de commandes a été multiplié par deux entre 2022 et 2024. Une évolution liée au goût proche des bières classiques et la diversité des références disponibles.

L’essor des boissons fermentées

Les ventes de boissons pétillantes sans alcool, telles que le prosecco, le champagne ou le cava (un mousseux espagnol), enregistrent également une hausse de 11%. Ils séduisent ceux qui veulent maintenir un rituel de célébration non alcoolisée, indique l’étude. Quant aux spiritueux sans alcool, comme le gin, la vodka ou le rhum, ils enregistrent une progression de +7%. Une évolution portée par les références reproduisant les arômes complexes de ces boissons, grâce auxquelles il est possible de réaliser des cocktails sans alcool. Enfin, si le vin zéro degré reste discret, il se fait une place de plus en plus importante.

D’autres boissons sans alcool voient leurs ventes exploser. C’est le cas de certains breuvages fermentés comme le kéfir et le kombucha, souvent plébiscités pour leurs bienfaits digestifs. Selon l’étude, les commandes de kéfir ont bondi de 86% entre 2023 et 2024. Une belle progression bien inférieure à celle du kombucha qui flirte avec les 168% depuis 2020. Une preuve que les consommateurs se tournent de plus en plus vers des boissons alternatives alliant plaisir et bien-être.

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