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Date

26 mars 2025

Consommation de cannabis : un risque accru d’infarctus et d’insuffisance cardiaque

Alors que la consommation de cannabis se banalise dans plusieurs pays occidentaux, notamment avec sa légalisation progressive dans certains pays, une nouvelle étude remet en question l’innocuité de cette substance sur le plan cardiovasculaire.

Selon une analyse publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC) et relayée le 17 mars par l’American College of Cardiology, les consommateurs réguliers de cannabis sont nettement plus exposés aux risques d’infarctus du myocarde et d’insuffisance cardiaque que les non-consommateurs.

L’étude, qui repose à la fois sur une recherche rétrospective et une méta-analyse de 12 études précédentes, révèle que les utilisateurs de cannabis de moins de 50 ans ont six fois plus de chances de subir une crise cardiaque que les non-consommateurs. De plus, la méta-analyse, portant sur plus de 93 000 consommateurs de cannabis et 4,5 millions de non-utilisateurs, montre un risque accru de 50 % de développer une insuffisance cardiaque chez les consommateurs.

Le cannabis, aussi nocif que le tabac ?

Face à ces résultats, le chercheur Ibrahim Kamel de l’Université de Boston, co-auteur de l’étude, estime que la consommation de cannabis devrait être prise en compte dans l’évaluation des risques cardiovasculaires des patients, au même titre que le tabagisme. « Interroger les patients sur leur usage du cannabis devrait faire partie du diagnostic clinique, comme on le fait déjà avec la cigarette », souligne-t-il.

Il appelle également à une meilleure information du public, estimant que beaucoup de consommateurs ne sont pas conscients des dangers cardiovasculaires liés à cette substance.

Pour réaliser cette recherche, les scientifiques ont exploité les données de la base de santé mondiale TriNetX, analysant des participants de moins de 50 ans sans antécédents cardiovasculaires : Pas d’hypertension,Pas d’antécédents de maladie coronarienne, Aucun usage de tabac, Cholestérol normal.

Les résultats obtenus ont ensuite été croisés avec 12 autres études internationales menées aux États-Unis, au Canada et en Inde, rassemblant plus de 4,5 millions de personnes, dont 93 000 consommateurs de cannabis.

Après regroupement des données, il apparaît que les consommateurs actifs de cannabis ont un risque 1,5 fois plus élevé de subir un infarctus par rapport aux non-utilisateurs.

Un effet sous-estimé, aggravé par la combustion

Bien que les auteurs de l’étude reconnaissent que d’autres facteurs de consommation, comme l’usage concomitant de substances illicites (cocaïne, drogues de synthèse), puissent influencer ces résultats, les preuves d’un impact direct du cannabis sur la santé cardiaque s’accumulent.

Une autre étude, publiée en 2024 dans le Journal of the American Heart Associationavait déjà mis en évidence un lien entre l’usage de marijuana et les maladies cardiovasculaires, notamment une augmentation du risque de coronaropathie, un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC), et une prévalence plus élevée d’infarctus du myocarde.

Les chercheurs ont souligné que la combustion du cannabis, méthode de consommation la plus répandue, expose les fumeurs aux mêmes risques que le tabac, notamment à cause des particules inhalées. « L’usage fréquent du cannabis est associé à des complications cardiovasculaires, et plus la consommation est importante, plus ces risques augmentent », ont conclu les auteurs.

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) rappelle que le cannabis augmente immédiatement la fréquence cardiaque et la pression artérielle, ce qui pourrait expliquer les effets néfastes observés.

Cependant, les experts soulignent qu’il est encore nécessaire de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes précis par lesquels le cannabis affecte le système cardiovasculaire.

Une perception erronée du cannabis « inoffensif »

Cette étude vient bousculer un discours largement répandu selon lequel le cannabis serait moins nocif que le tabac et sans danger pour la santé.

Avec la montée en puissance des législations favorables à la dépénalisation et la promotion d’un usage récréatif « responsable », de nombreux consommateurs ignorent ou sous-estiment les risques réels associés à cette drogue.

Or, les faits sont clairs : fumer du cannabis, loin d’être anodin, peut avoir des répercussions sérieuses sur le cœur et les vaisseaux sanguins.

Alors que certains pays européens continuent d’assouplir leur législation sur cette substance, ces résultats devraient encourager une meilleure information et un suivi médical plus strict des usagers réguliers.

Source

Cannabis : attention au risque de crise cardiaque !

Par

 Marie Briel

 –

25 mars 2025 à 12h39

Un jeune couple qui partage un joint de cannabis et met leur santé cardiovasculaire en péril.
Les dangers bien connus du cannabis sont une fois de plus confirmés par les autorités de santé. © Adobe Stock

Une récente étude scientifique de l’American College of Cardiology (ACC) vient de mettre en évidence que la consommation régulière de cannabis pourrait considérablement augmenter le risque de crise cardiaque. En particulier chez les jeunes adultes de moins de 50 ans. Alors, quels sont précisément ces risques ? Et comment s’en prémunir ? Éléments de réponse. 

On connaissait déjà les effets relaxants ou apaisants du cannabis, apprécié par certains pour ses vertus thérapeutiques. Mais aujourd’hui, une étude de l’American College of Cardiology (ACC) tire la sonnette d’alarme : le cannabis serait loin d’être inoffensif pour notre cœur.

Selon cette recherche publiée récemment, fumer du cannabis pourrait augmenter fortement le risque de crise cardiaque, notamment chez les personnes de moins de 50 ans.

Cannabis et crise cardiaque : ce que révèle l’étude

Réalisée sur une période de trois ans auprès de 75 millions de participants répartis aux États-Unis, au Canada et en Inde, l’étude américaine révèle des chiffres inquiétants. Les consommateurs réguliers de cannabis âgés de moins de 50 ans seraient :

Ces chiffres ne sortent pas de nulle part. Ils ont été présentés officiellement lors d’un récent congrès médical et relayés par plusieurs médias internationaux, dont USA Today et Medscape.

Pourquoi le cannabis augmente-t-il ce risque ?

les risques cardiovasculaires : le THC en cause

La raison principale est liée à l’action du THC (tétrahydrocannabinol), principal composant psychoactif du cannabis. Le THC augmente le rythme cardiaque, élève la tension artérielle, et pourrait favoriser l’inflammation des vaisseaux sanguins. Autrement dit, il crée un stress supplémentaire sur le système cardiovasculaire.

Ce stress pourrait devenir critique chez les jeunes adultes, surtout ceux ayant déjà une fragilité cardiaque ou d’autres facteurs de risque, comme le tabacl’obésité ou un mode de vie peu actif.

Faut-il s’inquiéter si vous consommez du cannabis occasionnellement ?

Pas forcément. L’étude n’indique pas précisément le seuil à partir duquel le risque de crise cardiaque augmente significativement. En revanche, elle appelle clairement à la prudence : si vous consommez régulièrement ou avez déjà des problèmes cardiovasculaires, mieux vaut en parler à votre médecin.

Les chercheurs recommandent ainsi aux professionnels de santé de systématiquement demander à leurs patients s’ils consomment du cannabis afin d’évaluer au mieux leur risque cardiovasculaire.

Comment réduire les risques ?

Si vous consommez du cannabis :

  • limitez votre consommation, surtout si vous avez d’autres facteurs de risque (tabac, surpoids, antécédents cardiaques familiaux).
  • Évitez la consommation en cas de symptômes inhabituels (douleurs thoraciques, essoufflement, vertiges).
  • Privilégiez les formes non fumées, car fumer accentue les risques cardiovasculaires.

Alors, le message est clair : le cannabis n’est pas une substance anodine, et ses effets sur le cœur doivent être pris au sérieux. Pour autant, inutile de céder à la panique si vous êtes consommateur occasionnel sans autres facteurs de risque. Mais, si vous avez un doute ou souhaitez réduire les risques, n’hésitez pas à consulter votre médecin, qui saura vous conseiller au mieux selon votre situation personnelle.

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