Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 avril 2025, deux drones destinés à approvisionner une cellule de la maison d’arrêt de Vannes (Morbihan), étaient repérés. Ce mercredi 30 avril 2025, le tribunal a condamné un vingtenaire à dix-huit mois de prison.
Il est près de minuit, ce dimanche 27 avril 2025, lorsque les policiers de Vannes (Morbihan) sont requis à la maison d’arrêt. Un drone ouvreur survole la prison, pendant qu’un second intervient pour approvisionner une des cellules. Il fait nuit et ils ont du mal à repérer le propriétaire, mais à la troisième livraison, réalisée en quelques secondes, du drone doté d’un fil suspendu à une quinzaine de mètres, le destinataire de la transaction est repéré. Dans la cellule, le jeune homme tente de balancer certains objets récupérés, à l’arrivée des surveillants, comme des cigarettes, deux adaptateurs, trois smartphones, 72 gr de cannabis et de l’herbe. Dans sa poche, deux téléphones qui vont permettre de faciliter le trafic, alors que la responsabilité de son co-détenu est vite écartée. Pour les empêcher d’intervenir, l’homme menace : Si vous rentrez, j’ai une kalachnikov dans la main ».
Il nargue les surveillants
Finalement maîtrisé, l’homme est très énervé, gesticule mais accepte de les suivre aux douches. Au passage, il tente d’arracher un tuyau. Au petit matin, il n’est pas calmé et nargue ses surveillants d’un Vous gagnez 2 000 € par mois, c’est ce que je fais en une soirée
. Sur le chemin de la cellule disciplinaire, il continue de se débattre et trouve le moyen de mettre le feu à la couverture de la salle. Le départ de feu est maîtrisé, mais le jeune menace toujours. Tu as intérêt à me transférer, sinon je te tue »,
hurle-t-il à l’encontre d’un surveillant avant de simuler une tentative de suicide avec un cordon de son short. Il continue de donner les coups dans les portes.
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« J’ai fait de la provoc »
C’est monté crescendo. J’ai été forcé à le faire »,
finit-il par confesser en expliquant la pression qu’il subit. Il était chargé de récupérer ces objets, qu’il devait ensuite remettre à des détenus. J’ai des problèmes depuis le début de mon incarcération.
Et s’il est à peu près le seul à subir cette pression, c’est parce qu’ils savent que je ne les dénoncerai pas »,
continue celui qui a fini par obtenir son transfert à la maison d’arrêt de Rennes. Quant à la kalachnikov ? Je venais de passer à la fouille, et on me dit montrez, moi, vos mains, j’ai fait de la provoc »,
confie le détenu, incarcéré pour 14 mois pour trafic de stupéfiants. Quant aux menaces de mort, Je m’entends bien avec eux et s’ils le disent, c’est que c’est vrai
. Des menaces qui ne sont pas anodines, pour l’avocate qui représentent les quatre surveillants, marqués psychologiquement et qui ont demandé que leurs noms n’apparaissent pas.
« Je suis un petit jeune paumé »
Pour ses faits inadmissibles
qu’il souhaite condamner avec la plus grande sévérité, le procureur Maxime Antier évoque la lutte à mener contre la facilitation du trafic en prison et les atteintes l’administration pénitentiaire, dont il faut protéger ceux qui l’incarnent. À ce titre, il requiert deux ans ferme. Je ne suis pas un narcotrafiquant mais un petit jeune paumé »,
plaide le jeune homme. En répression, le tribunal a condamné Islam Magamadov à dix-huit mois de prison avec maintien en détention, associé à une interdiction de séjour dans le Morbihan pendant cinq ans.





