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24 avril 2025

La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

De manière récurrente, l’idée d’une légalisation de l’usage récréatif du cannabis réapparait dans le débat politique, avec comme argument que cet usage ne poserait, en pratique, pas de problème en matière de santé publique.

Or, depuis 2021[1] et 2023[2], dates auxquelles l’Académie nationale de médecine s’était déjà exprimée, les données médicales récemment publiées confirment au contraire les problèmes survenus dans les pays ayant procédé à une telle légalisation :

– Augmentation entre 12 et 22 % du nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes comme en Ontario[3], et multiplication par 3 de celui chez les enfants de 0 à 9 ans après empoisonnement par absorption de produits à base de cannabis au Canada[4] ;

– Multiplication par 2 de la proportion d’automobilistes hospitalisés après un accident de la route avec un résultat positif au dépistage du THC (Canada avant et après la légalisation[5]) ;

– Augmentation par un facteur 3 du nombre de patients psychotiques au Canada. La proportion de nouveaux cas de schizophrénie associés à un usage de cannabis est passée de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation, les jeunes hommes de 19 à 24 ans étant les plus vulnérables. Le risque de développer des troubles psychotiques a été, par ailleurs, multiplié par 11 chez les 12 à 19 ans[6];

– Contrairement à ce qui est indiqué dans le rapport parlementaire n°974 du 17 février 2025, la modification de la législation ne permettrait pas un accès aux traitements de substitution des usagers à risques, un tel traitement n’existant toujours pas ni pour le cannabis, ni d’ailleurs pour la cocaïne.

De même, les données de la littérature permettent de s’inscrire en faux par rapport aux autres allégations des promoteurs de la légalisation :

– Une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite

La prévalence de la consommation du cannabis a augmenté après la légalisation, aussi bien au Canada qu’aux USA. Aux USA, où l’on dispose déjà d’un assez grand recul, le nombre de consommateurs a été multipliée par 20, passant de 0,9 million en 1992, avant la légalisation, à 17,7 millions après sa légalisation dans de nombreux États. Le nombre de consommateurs quotidiens de cannabis dépasse désormais celui de l’alcool[7].

Dans les pays où le cannabis a été légalisé, le marché noir n’a pas disparu. Le cannabis légal sera toujours plus cher que l’illégal, dénué de toute taxe. Il s’est même réorganisé vers des drogues à effets sanitaires plus importants (Uruguay, USA, Canada[8]).

– Le contrôle d’un taux minimal de THC dans le cannabis n’a pas été obtenu

Comme cela a été démontré en Uruguay où le taux du cannabis légal est passé de 2 % lors de la légalisation à 15 % aujourd’hui[9]. Comment faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 % ?

– Il est paradoxal de proposer une légalisation pour faire de la prévention et même la financer

Légaliser le cannabis pour faire de l’éducation et de la prévention aux plus jeunes notamment en insistant sur ses méfaits, est illogique alors que permettre à un adulte de se le procurer librement rendra inévitablement plus incitative sa consommation par les plus jeunes.

L’Académie nationale de Médecine,

Considérant :

– La situation actuelle de la France en matière de consommation de cannabis ;

– La démonstration du risque sanitaire de sa légalisation au vu de la littérature scientifique publiée dans les pays où elle a déjà eu lieu ;

– L’échec de cette politique en matière de consommation ;

Recommande :

– de maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis, compte tenu de tous ses effets toxiques ;

– de poursuivre et d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue, dès le plus jeune âge, afin de faire diminuer l’importante consommation en France, la première en Europe, ce qu’une légalisation ne pourrait qu’accentuer.

CONTACT PRESSE : Virginie Gustin +33 (0)6 62 52 43 42 virginie.gustin@academie-medecine.fr

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE, 16 rue Bonaparte – 75272 Paris cedex 06

Site : http://www.academie-medecine.fr / Twitter : @Acadmed

– Communiqué bi-académique de médecine et pharmacie du 7 avril 2021 : Consultation citoyenne sur le cannabis « récréatif » : un choix politique en conflit évident avec la santé publique.

– Communiqué de l’Académie de médecine du 23 octobre 2023 : La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis serait une grave erreur sanitaire.

– Myran DT, Pugliese M, Tanuseputro P, et al. The association between recreational cannabis legalization, commercialization and cannabis-attributable emergency department visits in Ontario, Canada: an interrupted time-series analysis. Addiction 2022; 117:1952-60

– Myran DT, Tanuseputro P, Auger N, et al. Pediatric hospitalizations for unintentional cannabis poisonings and all-cause poisonings associated with edible cannabis product legalization and sales in Canada. JAMA Health Forum 2023; 4:e225041

– Brubacher JR, Chan H, Erdelyi S, et al. Cannabis legalization and detection of tetrahydrocannabinol in injured drivers. N Engl J Med 2022; 386:148-56

– Myran DT et al., Changes in incident schizophrenia diagnoses associated with cannabis use disorder after cannabis legalization. JAMA Netw Open, 2025; 8(2) : e2457868

– Caulkins JP, Changes in self-reported cannabis use in the United States from 1979 to 2022. Addiction, 2024; 119(9) : 1648-1652.

– Gonzalez-Nieto P et al., Not just fentanyl: Understanding the complexities of the unregulated opioid supply through results from a drug checking service in British Columbia, Canada. Int J Drug Policy. 2025; 138:104751.

  https://latinamericareports.com/uruguayan-pharmacies-to-offer-cannabis-with-higher-thc-levels/9971/

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Drogues : Darmanin veut généraliser la confiscation des téléphones des consommateurs

La Croix (avec AFP)

Publié le 24 avril 2025

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a annoncé jeudi 24 avril la généralisation de l’expérimentation de la confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues.

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a annoncé jeudi 24 avril la généralisation de l’expérimentation de la confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues.  Ludovic MARIN / AFP/Archives

La confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues va être généralisée, a annoncé jeudi 24 avril 2025 le ministre de la justice, Gérald Darmanin. Cette mesure avait été expérimentée par le procureur de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques.Partager

Le ministre de la justice Gérald Darmanin a annoncé jeudi 24 avril la généralisation de l’expérimentation de la confiscation des téléphones portables des consommateurs de drogues.

Le ministre entend ainsi généraliser une expérimentation menée par le procureur de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) visant à saisir et confisquer les téléphones portables utilisés par les usagers pour effectuer leurs transactions via des messageries cryptées.

« Aujourd’hui, la loi nous permet de saisir un téléphone portable, une voiture, une moto, un quad », de les « confisquer »« c’est-à-dire (les) vendre avant même que la personne soit condamnée », a déclaré Gérald Darmanin« L’expérimentation que met en place le procureur de Bayonne, nous allons la généraliser. »

« La saisie de manière générale, la saisie d’argent, la saisie de voitures, la saisie de téléphones, la saisie de vos objets est parfois plus dissuasive qu’une poursuite judiciaire », a-t-il ajouté.

« Ubershit », « Ubercoke »

Sur les ondes de la radio locale Ici Pays basque, le procureur de Bayonne Jérôme Bourrier a défendu « une répression plus assumée de l’usage des stupéfiants et des consommateurs ».

Il s’agit de mettre en place la « saisie et confiscation systématique des smartphones des usagers de stupéfiants dès lors qu’il est établi en procédure que ce téléphone portable a été utilisé dans la relation entre l’usager et son vendeur », a expliqué le magistrat.

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