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avril 2025

Le saviez-vous ? Certains animaux sauvages consomment de l’alcool volontairement !

De nombreuses espèces animales sauvages ingèrent de l’alcool, de manière volontaire, dans leur environnement naturel. Fruits fermentés, nectar alcoolisé, sève… cette consommation n’est pas toujours accidentelle, et les effets peuvent être étonnamment proches de ceux ressentis par l’homme.


Comportement animal : ces animaux ont une organisation sociale fascinante !

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Vous avez peut-être déja vu une vidéo d’un singe titubant après avoir vidé une noix de coco fermentée ou d’un éléphant visiblement euphorique dans un champ de fruits trop mûrs ? Si ces scènes peuvent prêter à sourire, elles révèlent un comportement animal bien réel : certains animaux consomment de l’alcool de façon délibérée. Pourquoi le font-ils ? Quels effets cela a-t-il sur leur comportement et leur santé ? Est-ce un phénomène isolé ou plus répandu qu’on ne l’imagine ? Voici ce que dit la science sur ce sujet fascinant et méconnu.

Quels animaux consomment volontairement de l’alcool dans la nature ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la consommation d’alcool chez les animaux sauvages est loin d’être exceptionnelle. Plusieurs espèces ont été observées en train de consommer des substances fermentées riches en éthanol, parfois avec insistance. Les primates, notamment les chimpanzés, les singes vervets ou encore les orangs-outans, sont les plus célèbres pour ce comportement. En Afrique de l’Ouest, des chimpanzés ont été filmés en train de boire du vin de palme recueilli dans des feuilles ou des récipients laissés par les humains. Une étude publiée dans Royal Society Open Science en 2015 confirme que ces chimpanzés semblent rechercher activement ce breuvage naturellement alcoolisé.

Les éléphants, eux aussi, ont la réputation d’aimer les fruits fermentés. Même si cette idée a longtemps été considérée comme une légende urbaine, plusieurs observations montrent qu’ils peuvent ingérer de grandes quantités de marula trop mûrs, un fruit dont la fermentation naturelle peut produire un taux d’alcool assez élevé. D’autres espèces, comme les lémuriens de Madagascar, les chauves-souris frugivores, ou encore certains oiseaux, consomment également des nectars fermentés ou des baies avariées. Le cas des chauves-souris égyptiennes, étudié dans PNAS en 2018, est particulièrement intéressant : ces dernières peuvent tolérer des taux d’éthanol très élevés, ce qui suggère une adaptation biologique à ce type d’alimentation.

Pourquoi ces animaux consomment-ils de l’alcool ?

La première hypothèse avancée par les scientifiques est d’ordre énergétique. Les fruits fermentés sont souvent plus caloriques, car la fermentation transforme les sucres simples en alcool, qui reste une source d’énergie. Pour des animaux qui doivent parcourir de longues distances pour se nourrir, cette énergie facilement disponible peut être un atout non négligeable.

Une autre explication repose sur la théorie de la coévolution entre les animaux frugivores et les plantes. Les fruits mûrs et fermentés émettent une forte odeur d’éthanol, qui peut servir de signal olfactif pour attirer les animaux et assurer la dispersion des graines. Les chercheurs Robert Dudley et Kim Hockings soutiennent dans plusieurs publications que l’attirance pour l’éthanol est un trait évolutif chez les primates, y compris l’humain, hérité d’ancêtres arboricoles se nourrissant de fruits fermentés.

Enfin, certaines observations laissent penser que les animaux peuvent consommer de l’alcool pour ses effets psychoactifs. Chez les singes vervets de l’île de Saint-Kitts, on a observé des préférences individuelles : certains boivent jusqu’à l’ivresse, d’autres avec modération, et certains pas du tout. Cela laisse penser à une recherche active de sensations, comparable à certains comportements humains.

L’alcool a-t-il les mêmes effets sur les animaux que sur les humains ?

Les effets de l’alcool sur les animaux sont très proches de ceux qu’il produit chez l’humain. Altération de la coordination, baisse de la vigilance, euphorie passagère, voire comportements désinhibés, ont été documentés dans de nombreuses études. Par exemple, les singes vervets ivres peuvent devenir bagarreurs, tomber ou avoir des difficultés à se déplacer. Des oiseaux ivres, comme certaines merles en Australie, finissent parfois par tomber des arbres.

Cependant, la tolérance varie beaucoup selon les espèces. Certaines, comme les chauves-souris, semblent peu affectées même par des taux élevés d’alcool dans le sang. D’autres, en revanche, présentent des symptômes d’ivresse plus marqués. Ainsi certains lémuriens peuvent être « bourrés » après avoir consommé des nectars fermentés riches en éthanol.

Les risques sont donc bien réels : troubles de l’orientation, augmentation de la prédation, ou même empoisonnement. Il est important de noter que l’alcool n’a aucun rôle nutritif essentiel pour ces animaux, et que ses effets secondaires peuvent, dans certains cas, compromettre leur survie.

La consommation d’alcool par les animaux est-elle un phénomène naturel ou influencé par l’humain ?

Il est parfois difficile de démêler ce qui est naturel de ce qui est anthropisé dans le comportement des animaux face à l’alcool. Dans de nombreux cas, la présence de boissons alcoolisées résulte directement de l’activité humaine : déchets, fruits abandonnés, cultures fermentées à l’air libre. Les singes vervets de Saint-Kitts, par exemple, ont développé leur penchant pour l’alcool en pillant les cocktails laissés sur les plages par les touristes. C’est donc un comportement acquis, amplifié par leur proximité avec l’homme.

Mais dans la nature, les comportements similaires sont bien attestés sans intervention humaine. Cela soutient l’idée que la recherche d’éthanol est un comportement ancestral, sans lien direct avec les sociétés humaines. La difficulté pour les chercheurs est d’observer ces comportements dans des contextes entièrement naturels, loin des activités humaines. Les pièges photographiques, les analyses de fèces ou encore les prélèvements sanguins permettent peu à peu de mieux comprendre ces dynamiques.

Il faut également mentionner que le changement climatique pourrait accentuer ce phénomène, en augmentant la fermentation naturelle des fruits dans certaines régions plus chaudes. Cela pourrait rendre la consommation d’alcool plus fréquente, avec des effets encore mal connus sur la faune sauvage.

L’Académie de médecine s’oppose (à nouveau) à la légalisation du cannabis récréatif

Quentin Haroche | 10 Avril 2025

Ce n’était évidemment pas le but recherché mais l’examen par le Parlement de la proposition de loi sur le narcotrafic, qui vise à renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants et les violences qui y sont liés, a relancé le très ancien débat sur l’opportunité de légaliser le cannabis récréatif. Le 17 février dernier, deux députés ont ainsi déposé un rapport préconisant cette légalisation et les débats ont rapidement dérivé sur ce sujet lors de l’examen de la proposition de loi sur le narcotrafic à l’Assemblée Nationale.

Une ambiance libérale qui déplait quelque peu à l’Académie de médecine. La vénérable institution s’est en effet toujours opposée à la légalisation du cannabis récréatif (et n’est pas non plus très ouverte à l’idée de légaliser le cannabis thérapeutique). Sentant venir un vent mauvais, les académiciens ont donc décidé de remettre les points sur les i en rappelant leur opposition à toute dépénalisation du cannabis thérapeutique dans un communiqué publié ce mercredi.

Le mauvais exemple des pays qui ont légalisé le cannabis récréatif

Dans son communiqué, l’Académie rappelle qu’elle avait déjà exprimé son opposition à la légalisation dans des avis de 2021 et de 2023. Or, selon elle, les données récentes publiées depuis ces précédents avis n’ont fait que confirmer « les problèmes survenus dans les pays ayant procédé à une telle légalisation ». Citant plusieurs études réalisées dans les différents pays du monde qui ont légalisé ces dernières années le cannabis récréatif (Canada, certains Etats américains et Uruguay notamment), les académiciens listent les nombreux méfaits de la légalisation.

En premier lieu, la légalisation aurait de nombreux effets néfastes en matière de santé publique. Les hospitalisations dues au cannabis auraient ainsi augmenté de 10 pourcents dans l’Ontario et les hospitalisations d’enfants pour intoxication au cannabis ont été multipliés par trois au Canada depuis la légalisation selon l’Académie. Les auteurs du communiqué pointent également du doigt une multiplication par deux des accidents de la circulation liés au cannabis, par trois des cas de schizophrénie liées au cannabis et par onze des troubles psychotiques chez les adolescents au Canada. Les académiciens en profitent pour tacler le rapport parlementaire du 17 février qui évoquait un meilleur accès au traitement de substitution du cannabis en cas de légalisation…alors que ce traitement n’existe pas. 

L’Académie de Médecine tient également à s’inscrire en faux par rapport « aux autres allégations des promoteurs de la légalisation ». Selon les académiciens, la légalisation ne conduirait pas à une baisse de la consommation et à un épuisement du marché noir, bien au contraire. « Aux Etats-Unis, où l’on dispose déjà d’un assez grand recul, le nombre de consommateurs a été multipliée par 20, passant de 0,9 million en 1992, avant la légalisation, à 17,7 millions après sa légalisation dans de nombreux États » souligne ainsi l’Académie de Médecine, qui ajoute que « dans les pays où le cannabis a été légalisé, le marché noir n’a pas disparu » car « le cannabis légal sera toujours plus cher que l’illégal, dénué de toute taxe ».

Une prise de position qui ne fait pas l’unanimité

L’Académie de médecine n’est pas non plus convaincue par l’idée que légaliser le cannabis permettrait de contrôler le taux de THC et donc de proposer un cannabis moins dangereux aux consommateurs. « En Uruguay, le taux du cannabis légal est passé de 2 % lors de la légalisation à 15 % aujourd’hui : comment faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 % ? » souligne l’Académie.

En tout état de cause, l’Académie estime qu’il est « paradoxal de proposer une légalisation pour faire de la prévention et même la financer » comme le préconise les partisans de la légalisation. Elle recommande donc de « maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis » et de « poursuivre et d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue, dès le plus jeune âge, afin de faire diminuer l’importante consommation en France ».

L’avis très tranché de l’Académie de Médecine sur la question ne fait évidemment pas l’unanimité dans le monde médical. Ce mercredi, le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD), qui regroupe notamment diverses associations médicales (Fédération addiction, SOS Addictions, Médecins du Monde…) a ainsi publié un communiqué dénonçant « l’approche exclusivement répressive de la question des drogues » en vigueur dans notre pays. Les membres du collectif appellent donc à « investir dans une approche sanitaire et sociale qui abandonne les discours stigmatisants vis-à-vis des consommateurs » et à « explorer sans délai les modèles alternatifs de régulation des stupéfiants, déjà expérimentés dans plusieurs pays ». Une prise de position totalement à l’opposé de celle de l’Académie de Médecine donc.

Cocaïne: un médicament prometteur pour réduire l’addiction?

Tom Kerkour

Dans une étude menée chez 68 patients souffrant de troubles chronique d’addiction à la cocaïne, l’effet du Mavoglurant a permis de réduire la consommation durant la phase d’observation de trois mois. Un espoir dans l’aide aux addicts?

Les cocaïnomanes pourraient, dans un avenir relativement lointain, profiter de l’aide d’une molécule pour décrocher de leur addiction. Une étude publiée le 2 avril dans la revue Science Translational Medicine, repérée par Le Figaro, se penche sur les effets prometteurs du Mavoglurant.

Les chercheurs du laboratoire ont partagé les résultats de cette étude « prometteuse », où la molécule a été testée pour la première fois chez l’Homme dans ce but, dans un essai clinique de phase 2.

28% des patients sevrés

Au total, 68 hommes originaires de Suisse, d’Espagne ou d’Argentine ayant pour point commun leur consommation de ce stupéfiant ont été suivis.

La molécule utilisée agit sur le récepteur glutamate dans notre cerveau (mGluR5), il est impliqué dans le circuit de la dépendance à la cocaïne. Deux fois par jour pendant quatorze jours, une partie des cobayes ont reçu un cachet de mavoglurant, avec un placebo pour l’autre groupe. Et les résultats sont probants.

« Il y a le système qu’on appelle le système du glutamate ou le système glutamatergique. Et cette molécule va en fait bloquer ce système, puisqu’on sait que lorsqu’on consomme des drogues il est activé », décrypte pour BFMTV.com Florence Noble, directrice de recherche au CNRS.

« Il semblerait qu’il y ait vraiment une diminution de la consommation de cocaïne sur un suivi de trois mois », précise-t-elle. Selon les données publiées durant les trois dernières semaines, 28% des patients ayant reçu le médicament étaient sevrés, contre 8% pour le groupe test ayant reçu un placebo.

Un espoir et plusieurs limites

Les résultats de cette étude sont prometteurs. Mais un certain nombre de limites demeurent. L’ensemble des participants, environ 70, sont tous caucasiens, alors que la génétique joue un rôle dans la population.

Il s’agit essentiellement d’hommes, alors que des différences marquantes pourraient avoir lieu entre les sexes. Enfin, cette étude n’a été menée que sur une durée de trois mois, une période assez courte.

« Il faudrait faire des études beaucoup plus longues puisque le gros problème de l’addiction, ce sont vraiment les problèmes de rechute », souligne Florence Noble. Elle insiste sur l’impératif du temps long pour réaliser des études scientifiques sérieuses et complètes.

« Malheureusement, aucun médicament n’a montré son efficacité en clinique, donc il n’y a aucun traitement actuellement utilisable en clinique pour traiter l’addiction à la cocaïne. Si ces études préliminaires qui semblent intéressantes peuvent être confirmées, amplifiée par d’autres études, peut-être qu’on a devant nous une stratégie thérapeutique intéressante ».

Un million de consommateurs de cocaïne : la France est-elle un pays de drogués ? –

Une prudence partagée auprès du Figaro par Christian Lüscher, neurobiologiste à l’université de Genève. Il souligne qu’il « reste encore beaucoup de travail pour comprendre les mécanismes d’action » de cette nouvelle molécule dans nos cerveaux.

Un fléau de santé publique, un million de consommateurs en France

S’il n’existe aucun traitement pour décrocher de l’addiction à la cocaïne, le besoin est bel et bien réel. La France occupe désormais le 7e rang européen en termes de consommation de cette drogue, selon la dernière étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

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Au cours de l’année écoulée, 1,1 million de Français âgés de 11 à 75 ans ont consommé de la cocaïne. Selon ce même baromètre, 14.000 personnes sont prises en charge dans des Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie. Toutes drogues confondues, on estime que 467.000 Français sont des « usagers problématiques de drogues, souvent polyconsommateurs ».

Tom Kerkour

Alcool au volant : attention à cette fausse croyance avec le café

Par Marie Lizak

Vous avez consommé de l’alcool avant de prendre le volant ? Méfiez-vous du café, qui ne fera pas baisser votre alcoolémie.

EN BREF

  •  En 2021, l’alcool était impliqué dans près de 30% des accidents mortels sur la route, multipliant par dix-huit le risque d’accident mortel.
  •  Le café et d’autres méthodes comme la douche froide n’accélèrent pas l’élimination de l’alcool et peuvent induire en erreur sur l’aptitude à conduire.
  •  Pour éviter les accidents, désigner un conducteur sobre ou utiliser des transports alternatifs est crucial après avoir consommé de l’alcool.

Les chiffres de la Sécurité routière parlent d’eux-mêmes : un conducteur en état d’ébriété a un risque de provoquer un accident mortel multiplié par dix-huit. En 2021, près de 30% des accidents mortels sur la route étaient liés à l’alcool. Ce constat accablant montre à quel point l’alcool au volant représente un danger majeur pour la sécurité de tous les usagers  de la route. Et il est alors évidemment essentiel de faire tomber les mythes liés à la consommation d’alcool et à ses prétendus remèdes.

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Même modérée, la consommation d’alcool n’est jamais sans risque

14 avril 2025 La rédaction Santé publiqueUne 0

Marine Le Pen affirme qu’une consommation raisonnable d’alcool ne pose pas de problème pour la santé. Pourtant, les données scientifiques vont à l’encontre de cette déclaration.

Alors que les débats parlementaires autour du projet de loi contre le narcotrafic approchent de leur conclusion, une vive controverse a émergé à l’Assemblée nationale. En cause : une déclaration de Marine Le Pen, députée du Rassemblement national, qui affirme que « boire raisonnablement de l’alcool n’a aucun impact sur la santé ». Une affirmation contredite par la recherche médicale et les autorités sanitaires.

Une substance à risque dès le premier verre

Contrairement aux idées reçues, la science est formelle : il n’existe pas de seuil de consommation d’alcool totalement sûr pour la santé. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié en 2021 un rapport sans équivoque. « Toute consommation d’alcool est nuisible », peut-on y lire. Les chercheurs y soulignent qu’aucun effet protecteur ne peut être revendiqué, contrairement aux discours qui ont longtemps vanté les bienfaits supposés d’un verre de vin par jour.

L’alcool est également classé comme une drogue, au sens scientifique du terme. Le docteur Bernard Basset, président de l’association Addiction France, rappelle que l’éthanol est une substance psychoactive : il modifie le fonctionnement du cerveau, peut induire une dépendance, et provoque des effets néfastes sur la santé dès les plus faibles doses.

Un facteur majeur de mortalité

Les conséquences sanitaires de l’alcool sont lourdes. Selon les données les plus récentes citées dans le rapport de l’Inserm, l’alcool est responsable de 41 000 décès chaque année en France. Cela représente environ 11 % des décès chez les hommes de plus de 15 ans, et 4 % chez les femmes du même âge. Parmi ces décès, 16 000 sont liés à des cancers (notamment ceux de l’œsophage, du foie ou du sein), et près de 10 000 à des maladies cardiovasculaires.

Les femmes, en particulier, sont exposées à des risques accrus dès une consommation très modérée. Dès un à un verre et demi par jour, le risque de développer un cancer du sein augmente de manière significative. Ces seuils sont même inférieurs aux recommandations actuelles de Santé publique France, qui conseillent de ne pas dépasser deux verres par jour, et pas tous les jours.

Un coût économique et social élevé

Au-delà des enjeux de santé publique, la consommation d’alcool représente également un lourd fardeau économique. L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a évalué à 102 milliards d’euros le coût total de l’alcool pour la société française en 2019. Cette estimation inclut les dépenses médicales, les coûts de la répression, les pertes de productivité et la valeur économique des vies perdues.

Ces chiffres illustrent le paradoxe de l’alcool : bien qu’il soit légal et largement toléré, son impact global sur la santé publique et l’économie est supérieur à celui de nombreuses drogues illicites. C’est d’ailleurs cet argument qu’a avancé le député Antoine Léaument (La France insoumise) en suggérant, au cours du débat parlementaire, une légalisation encadrée du cannabis sur le modèle de l’alcool. Une comparaison rejetée catégoriquement par Marine Le Pen, qui nie que l’alcool puisse être considéré comme une drogue.

Un enjeu de santé publique

La position de Marine Le Pen s’oppose ainsi à un large consensus médical. Minimiser les risques liés à la consommation d’alcool, même modérée, va à l’encontre des messages de prévention portés par les professionnels de santé. Loin d’être anodine, cette prise de position politique contribue à entretenir des idées reçues qui nuisent à la lutte contre les addictions.

À l’heure où les politiques de santé publique tentent de réduire la consommation d’alcool à travers des campagnes de sensibilisation et des recommandations strictes, les propos tenus dans l’hémicycle soulignent l’écart persistant entre discours politiques et réalité scientifique.

Le cannabis, très mauvais pour le cœur ? Deux nouvelles études le suggèrent

Deux nouvelles études américaines pointent un possible lien entre la consommation de cannabis et un risque cardiovasculaire accru, même pour des adultes en bonne santé. Des résultats à prendre avec prudence, mais qui pourraient avoir des implications cliniques importantes.Par Julie De Coucy 

Le 12 avril 2025 à 17h06

Près de 5 millions de personnes consomment du cannabis, selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. LP/Jean-Nicholas Guillo
Près de 5 millions de personnes consomment du cannabis, selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. LP/Jean-Nicholas Guillo

Alors que le cannabis reste la substance illicite la plus consommée en France, avec près de 5 millions d’usagers en 2023, selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), deux nouvelles études américaines alertent sur ses effets possibles sur la santé cardiovasculaire.

La première étude, publiée dans JACC : Advances, s’appuie sur une vaste cohorte de plus de 4,6 millions de patients. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de personnes âgées de moins de 50 ans, sans antécédents cardiovasculaires, sur une période de plus de trois ans. Résultat : les consommateurs de cannabis présentaient un risque multiplié par six de crise cardiaque, par quatre d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, et par trois de décès d’origine cardiovasculaire.

La seconde, une méta-analyse regroupant les données de 12 travaux antérieurs et portant sur plus de 75 millions de personnes, a révélé une augmentation de 50 % du risque d’infarctus chez les usagers de cannabis.

« Des résultats à interpréter avec prudence »

Mais face à ces résultats, les auteurs restent prudents : ces recherches sont rétrospectives, ce qui signifie qu’elles ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet. « Nous devons interpréter les résultats avec prudence », souligne dans un communiqué le Dr Ibrahim Kamel, auteur principal de l’étude rétrospective. Par ailleurs, plusieurs biais persistent, notamment l’absence de données précises sur la durée ou la quantité de consommation, mais aussi sur la prise simultanée d’autres substances car le cannabis est souvent consommé avec d’autres substances, comme la cocaïne, « qui ne sont pas comptabilisées. »

Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces effets : le cannabis pourrait perturber le rythme cardiaque, augmenter les besoins en oxygène du muscle cardiaque ou provoquer un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins. Une étude présente dans la méta-analyse indique que le risque d’infarctus serait maximal dans l’heure suivant la consommation.


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Ces travaux renforcent l’idée que le cannabis ne serait pas sans danger pour le cœur, même chez les jeunes adultes en bonne santé. Pour le Dr Kamel, l’interrogatoire sur la consommation de cannabis devrait devenir aussi systématique que celui sur le tabac lors des consultations médicales.

« Les patients doivent être transparents avec leur médecin » et se rappeler qu’il est important pour eux de « connaître toute l’histoire » afin d’avoir une meilleure prise en charge.

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« L’escalade des drogues »

Pr. Jean Costentin

 D’aucuns, y a plus d’une quarantaine d’années, ont décidé qu’il n’y avait pas « d’escalade des drogues ». Ils ne manquaient pas de taxer ceux qui en étaient convaincus d’être des demeurés, ne connaissant ni la littérature ni « la vraie vie ».

Leurs raisons profondes (qui déjà n’échappaient pas à quelques-uns, dont je suis) ont été bientôt éclairées par leurs revendications récurrentes et bientôt intenses, de légaliser le cannabis ; revendication qu’ils étendent maintenant à toutes les drogues.

 Admettre l’escalade des drogues devrait évidement empêcher cette légalisation ; c’est pourquoi,  contre les évidences et les démonstrations qui s’accumulent, des addictologues  regroupés dans une intersyndicale gardienne de cette doxa donnent de la voix. Reconnaissons leur un certain pragmatisme, car une légalisation de toutes les drogues ferait de leur profession la toute première des spécialités médicales.

Pourtant les faits sont têtus et les arguments qui valident l’escalade des drogues sont désormais irréfragables.

Autrefois, l’escalade des drogues, se cantonnait au brelan : café, tabac, alcool. Progressivement, la variété et la valeur des cartes se sont accrues, s’y ajoutant le cannabis (et ses 1.500.000 usagers réguliers) majoré maintenant par les nouveaux cannabinoïdes ; puis les drogues stimulantes : le chlorhydrate de cocaïne et son dérivé sous forme base, le « crack » ; l’ecstasy (MDMA), les cathinones, les amphétamines ; puis les morphiniques (codéine,  tramadol, morphine, méthadone, buprénorphine) dont les puissances sont maintenant décuplés avec les fentanyloïdes, les nitazènes, l’héroïne etc… S’est amplifié le stéréotype d’une administration plus fréquente, de doses plus élevées et de produits toujours plus forts.

Les ELSA (équipes de liaison et de soins en addictologie, au nombre de 356 sur toute la France) prennent en charge les conduites addictives liées en majorité à l’alcool, au tabac et au cannabis. Sur une file active de près de 200.000 toxicomanes, « elles voient une augmentation des consommations de protoxyde d’azote ainsi que de cocaïne et constatent une augmentation remarquable du nombre de poly consommateurs. C’est ainsi que 54% de cette file active serait poly consommatrice (dixit C. Defives, adjointe à la cheffe du bureau prise en charge en santé mentale et populations vulnérables). Ces poly consommations sont évidemment l’illustration d’une escalade !

Le commun dénominateur mécanistique de toutes les drogues, réside dans l’intensification de la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens/striatum ventral ; avec pour corollaire une stimulation redoublée  des récepteurs D2 de la dopamine dans cette structure. Toutes les drogues augmentent la concentration de dopamine en face de ces récepteurs ; elles accroissent, ce faisant, la probabilité de leur stimulation.

Cette augmentation peut procéder : d’une intensification de l’activité électrique des neurones méso-accumbiques, qui libèrent cette dopamine  (à la façon du THC du cannabis, ou des agents morphiniques et opioïdes) ; ou bien d’une mobilisation de ses stocks granulaires (comme le font les agents amphétaminiques) ; ou encore d’une inhibition de la reprise/recapture de la dopamine présente dans la fente synaptique, par  inhibition de son transporteur (comme les agents cocaïniques). La stimulation intense des récepteurs D2 suscite une sensation de plaisir. Quand elle décline,  il lui fait place un déplaisir, un syndrome de manque, d’abstinence, avec le besoin tyrannique de la ressusciter.

Nombre de drogues induisent un phénomène de tolérance, qui correspond, au fil de l’usage, à un amoindrissement du plaisir recherché. Pour pallier cette atténuation le consommateur passe de l’usage / l’us à l’abus. Il accroit les doses et/ou la fréquence de ses consommations. Il s’engage dans une course-poursuite, dans laquelle le besoin caracole en tête et la consommation , même accrue, se laisse distancer. Les producteurs de drogues augmentent la teneur de leurs principes actifs ou jouent d’autres expédients. C’est l’accroissement du degré alcoolique des vins, bières et spiritueux ;  l’accroissement aussi du taux de THC dans les cannabis en circulation (multiplié d’un facteur 8 au cours du dernier demi-siècle) ; c’est l’avènement de nouveaux produits et de nouveaux modes d’administration. Pour le cannabis ce sont : les cannabinoïdes de synthèse ; «l’huile de cannabis » ; la  pipe à eau ; la cigarette électronique utilisant des recharges d’huile de cannabis ; le « dabbing » volatilisant par la chaleur des extraits très concentrés en THC. Pour le tabac c’est l’ajout de substances engendrant des molécules inhibitrice des Mono Amines Oxydases/MAO pour s’opposer à l’inactivation de la dopamine, ou encore de dérivés de la nicotine plus puissants qu’elle. Pour les opioïdes et opiacés, c’est le développement de molécules exceptionnellement puissantes (fentanyloïdes, nitazènes). Pour la cathinone, c’est la synthèse de dérivés multiples (telle la 3MMC ). Il en va de même pour les amphétamines. Toutes ces nouvelles substances, avec la pusillanimité du langage euphémisé des addictologues, sont désignées « nouvelles substances psychoactives » = N.S.P. ; que nous recommandons d’appeler « nouvelles drogues de synthèse » = N.D.S.

Quand, du fait de la tolérance, malgré l’accroissement des doses et de la fréquence d’administration, la drogue ne tient plus ses promesses, et que la transmission dopaminergique accumbique n’atteint plus le niveau lui permettant d’induire le plaisir escompté, le consommateur, sans abandonner la drogue dont les effets s’épuisent, en ajoute une autre. Elle connaitra bientôt, à son tour, ce même phénomène de tolérance, qui incitera à l’ajout d’une troisième drogue…. C’est là l’explication de ces poly toxicomanies devenues, on l’a vu, si communes.

Un autre phénomène vient s’ajouter au précédent. Il est lié chez le consommateur de cannabis aux effets épigénétiques produits par son THC ;  ces effets modifient l’expression de certains de ses gènes. Parmi d’autres conséquences s’instaure une appétence accrue de ses consommateurs pour d’autres drogues.

Des expériences effectuées chez le rat montrent que leur traitement par le THC, précédent de beaucoup (afin que le THC soit complétement éliminé) l’administration d’héroïne (dans une étude) ou de cocaïne (dans une autre) modifiait divers effets de ces deux drogues, se traduisant par un accroissement de leur appétence pour ces drogues, sous tendu par différentes modifications de l’expression de différents gènes.

Sherm et coll.  Cannabinoid exposure in rat adolescent reprograms the initial behavioral, molecular and epigenic responses to cocaine. Proc Natl Acad Sci USA 2020; 117: 9991-1002.  

 Lecca et coll. Adolescent cannabis  exposure increases heroin reinforcement in rats genetically vulnerable to addiction. Neuropharmacology, 2020 ;166:107974.

Une des recommandations que je faisais de façon insistante aux jeunes cannabinophiles qui me consultaient à la demande de leurs parents : « Tu es déjà incapable de te détacher du tabac ainsi que tu cannabis, alors que tu ne les consomme que depuis peu d’années. Surtout ne t’approche pas d’autres drogues, elles te happeraient. Le cannabis a ouvert très grand la porte par laquelle elles s’engouffreraient ».Je complétais par une métaphore, empruntée à la teinturerie.

Sur une fibre de coton un colorant se fixe mal. Son traitement préalable par l’alun de chrome, « le mordançage » permet au colorant de pénétrer en profondeur et de s’y fixer intensément et durablement.  « Au départ, tu n’étais pas ou n’étais que peu appétent pour les drogues, mais tu as forcé cette résistance avec le tabac et sa nicotine ; ce qui a facilité ton attrait pour le cannabis et son THC. Il t’a rendu beaucoup plus apte à devenir dépendant  d’autres drogues.  Si tu t’en approches et y succombera, en s’ajoutant aux méfaits du cannabis, elles te détruiront ».

Prrofesseur J Costentin

Huit verres d’alcool par semaine : quel impact sur le cerveau ?

À partir de huit verres d’alcool par semaine, les risques de lésions cérébrales augmentent. Elles peuvent engendrer des problèmes de mémoire ou des troubles cognitifs. 

Huit verres d’alcool par semaine : quel impact sur le cerveau ?


L’ESSENTIEL

  • À partir de huit verres d’alcool par semaine, le risque de lésions dans le cerveau est plus élevé.
  • Ces lésions peuvent entraîner des troubles de la mémoire et un risque d’artériosclérose hyaline, un rétrécissement des vaisseaux sanguins.
  • Le risque d’enchevêtrement de protéines Tau, associé à la maladie d’Alzheimer, est également plus important.

L’alcool nuit à la santé, et au cerveau en particulier. Dans une étude, parue dans la revue spécialisée Neurology, des scientifiques révèlent que la consommation de huit verres d’alcool, ou plus, par semaine accroît le risque de lésions cérébrales. Appelé artériolosclérose hyaline, ce type de lésions cérébrales est associé à des troubles de la mémoire et de la pensée.

Comment analyser les effets de l’alcool sur le cerveau ?

« La consommation excessive d’alcool est un problème de santé mondial majeur, associé à une augmentation des problèmes de santé et de la mortalité« , rappelle l’auteur de l’étude, Alberto Fernando Oliveira Justo, docteur en médecine à l’Université de São Paulo, au Brésil. Avec ses collègues, il a voulu observer les effets de l’alcool sur le cerveau.

Pour ce faire, ils ont analysé les cerveaux de 1.781 participants décédés. Les chercheurs ont examiné le tissu cérébral pour détecter d’éventuels signes de lésions cérébrales, notamment des enchevêtrements de protéines tau, associés à la maladie d’Alzheimer, et la présence d’artériolosclérose hyaline. Cette pathologie engendre un rétrécissement des petits vaisseaux sanguins, qui deviennent épais et rigides : cela rend la circulation sanguine plus difficile et peut créer des dommages cérébraux à long terme. En parallèle, les scientifiques brésiliens ont mesuré le poids et la taille du cerveau de chaque participant. Puis, ils ont interrogé les familles pour avoir des informations sur la consommation d’alcool. 

Des risques de lésions cérébrales plus importants pour les gros consommateurs d’alcool

Pour l’analyser, ils ont établi qu’un verre correspondait à 14 grammes d’alcool, soit environ 35 cl de bière, 15 cl de vin ou 45 ml d’alcool distillé. Les participants ont été répartis en quatre groupes : ceux ne buvant jamais d’alcool, les buveurs modérés consommant sept verres ou moins par semaine ; les gros buveurs consommant huit verres ou plus par semaine ; et les anciens gros buveurs.

Les scientifiques ont adapté leurs résultats afin de prendre en compte les facteurs ayant un impact sur la santé cérébrale, comme l’âge au moment du décès, le tabagisme ou l’activité physique.

« Les gros buveurs présentaient un risque 133 % plus élevé de lésions cérébrales vasculaires que ceux n’ayant jamais bu, 89 % plus élevé pour les anciens gros buveurs et 60 % pour les buveurs modérés », concluent-ils. Les gros buveurs et les anciens gros buveurs avaient également un risque plus élevé de développer des enchevêtrements de protéines tau. Ils ont aussi observé que les gros buveurs décédaient en moyenne 13 ans plus tôt que ceux n’ayant jamais bu.

Une corrélation entre consommation élevée d’alcool et lésions cérébrales 

« Nous avons constaté que la consommation excessive d’alcool est directement liée à des lésions cérébrales, ce qui peut avoir des effets à long terme sur la santé cérébrale, pouvant affecter la mémoire et les capacités de réflexion », résume Alberto Fernando Oliveira Justo.

Selon lui, ces recherches sont essentielles pour mieux sensibiliser le grand public à la consommation d’alcool. Le scientifique et ses co-auteurs rappellent toutefois que leurs travaux démontrent qu’une association entre la consommation excessive d’alcool et le risque de lésions cérébrales. D’autres études seront nécessaires pour comprendre si l’alcool est la cause de ces lésions.  

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Par destinationsante.com, publié le 10 avril 2025

Des risques d’intoxications pédiatriques


Elle cite par exemple une étude publiée en 2023 dans la revue Jama, qui a étudié les intoxications pédiatriques, de 0 à 9 ans, dues aux cannabis. Les taux d’hospitalisations d’enfants (3,5 ans en moyenne) « avaient plus que doublé dans les provinces (canadiennes) exposées », notent les auteurs.

« Cette étude transversale a révélé qu’après la légalisation du cannabis, les provinces autorisant la vente de produits comestibles au cannabis ont connu une augmentation beaucoup plus importante des hospitalisations pour intoxications pédiatriques non intentionnelles que la province interdisant ces produits », poursuivent-ils.

Des risques accrus de schizophrénie

Toujours dans la revue Jama, une étude publiée le 4 février 2025 s’est penchée sur les risques de schizophrénie liés à l’usage du cannabis. Selon les résultats, sur une cohorte de plus de 1,3 million de personnes, « la fraction de troubles liés à la consommation de cannabis associés à la schizophrénie, attribuable à la population, a augmenté de manière significative, passant de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation ».

Des risques au volant

Une autre étude, publiée dans The New England Journal of Medicine en 2022, concerne cette fois la proportion d’automobilistes après un accident de la route contrôlé positif au THC. Et selon les résultats, « après la légalisation du cannabis, la prévalence des conducteurs modérément blessés présentant un taux de THC d’au moins 2 ng par millilitre dans les centres de traumatologie participants de la Colombie-Britannique (Canada) a plus que doublé (passant de 3,8 % à 8,6 %) ». Idem pour un taux supérieur à 0 tandis que le taux supérieur à 5 ng avait lui triplé (de 1,1 % à 3,5 %).

Une hausse de la consommation

L’Académie nationale de médecine avance en outre que le nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes en Ontario a augmenté, entre 12 et 22 %, après la légalisation.

Quant au niveau de consommation, elle a augmenté selon une étude réalisée aux Etats-Unis et publiée en 2024 dans la revue Addiction. « De 1992 à 2022, le taux par habitant de déclaration d’une consommation quotidienne ou quasi quotidienne a été multiplié par 15 », notent les auteurs. « En 2022, les consommateurs de cannabis au cours du mois précédent étaient près de quatre fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne ou quasi quotidienne (42,3 % contre 10,9 % en 1992) et 7,4 fois plus susceptibles de déclarer une consommation quotidienne (28,2 % contre 3,8 %) ».

Les académiciens recommandent de maintenir l’interdiction en France de la vente et de la consommation du cannabis « compte tenu de tous ses effets toxiques » et « d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue ».

A noter : cet avis survient après la publication en février 2025 d’un rapport rédigé par les députés Antoine Léaument (La France insoumise) et Ludovic Mendes (Renaissance) qui pointe l’échec des politiques publiques contre le narcotrafic. Parmi leurs 63 recommandations, ils proposent une légalisation encadrée de la consommation récréative du cannabis dans un objectif de santé publique et de lutte contre les réseaux criminels, accompagnée de mesures de prévention spécifiques pour les mineurs et les jeunes adultes, sans publicité ni vente en ligne.

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