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avril 2025

La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

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Académie nationale de médecine

9 Avril 2025

La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

De manière récurrente, l’idée d’une légalisation de l’usage récréatif du cannabis réapparait dans le débat politique, avec comme argument que cet usage ne poserait, en pratique, pas de problème en matière de santé publique.

Or, depuis 2021[1] et 2023[2], dates auxquelles l’Académie nationale de médecine s’était déjà exprimée, les données médicales récemment publiées confirment au contraire les problèmes survenus dans les pays ayant procédé à une telle légalisation :

– Augmentation entre 12 et 22 % du nombre d’hospitalisations dues au cannabis chez les adultes comme en Ontario[3], et multiplication par 3 de celui chez les enfants de 0 à 9 ans après empoisonnement par absorption de produits à base de cannabis au Canada[4] ;

– Multiplication par 2 de la proportion d’automobilistes hospitalisés après un accident de la route avec un résultat positif au dépistage du THC (Canada avant et après la légalisation[5]) ;

– Augmentation par un facteur 3 du nombre de patients psychotiques au Canada. La proportion de nouveaux cas de schizophrénie associés à un usage de cannabis est passée de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après la légalisation, les jeunes hommes de 19 à 24 ans étant les plus vulnérables. Le risque de développer des troubles psychotiques a été, par ailleurs, multiplié par 11 chez les 12 à 19 ans[6];

– Contrairement à ce qui est indiqué dans le rapport parlementaire n°974 du 17 février 2025, la modification de la législation ne permettrait pas un accès aux traitements de substitution des usagers à risques, un tel traitement n’existant toujours pas ni pour le cannabis, ni d’ailleurs pour la cocaïne.

De même, les données de la littérature permettent de s’inscrire en faux par rapport aux autres allégations des promoteurs de la légalisation :

– Une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite

La prévalence de la consommation du cannabis a augmenté après la légalisation, aussi bien au Canada qu’aux USA. Aux USA, où l’on dispose déjà d’un assez grand recul, le nombre de consommateurs a été multipliée par 20, passant de 0,9 million en 1992, avant la légalisation, à 17,7 millions après sa légalisation dans de nombreux États. Le nombre de consommateurs quotidiens de cannabis dépasse désormais celui de l’alcool[7].

Dans les pays où le cannabis a été légalisé, le marché noir n’a pas disparu. Le cannabis légal sera toujours plus cher que l’illégal, dénué de toute taxe. Il s’est même réorganisé vers des drogues à effets sanitaires plus importants (Uruguay, USA, Canada[8]).

– Le contrôle d’un taux minimal de THC dans le cannabis n’a pas été obtenu

Comme cela a été démontré en Uruguay où le taux du cannabis légal est passé de 2 % lors de la légalisation à 15 % aujourd’hui[9]. Comment faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 % ?

– Il est paradoxal de proposer une légalisation pour faire de la prévention et même la financer

Légaliser le cannabis pour faire de l’éducation et de la prévention aux plus jeunes notamment en insistant sur ses méfaits, est illogique alors que permettre à un adulte de se le procurer librement rendra inévitablement plus incitative sa consommation par les plus jeunes.

L’Académie nationale de Médecine,

Considérant :

– La situation actuelle de la France en matière de consommation de cannabis ;

– La démonstration du risque sanitaire de sa légalisation au vu de la littérature scientifique publiée dans les pays où elle a déjà eu lieu ;

– L’échec de cette politique en matière de consommation ;

Recommande :

– de poursuivre et d’amplifier les programmes de prévention et d’information sur la toxicité de cette drogue, dès le plus jeune âge, afin de faire diminuer l’importante consommation en France, la première en Europe, ce qu’une légalisation ne pourrait qu’accentuer.

CONTACT PRESSE : Virginie Gustin +33 (0)6 62 52 43 42 virginie.gustin@academie-medecine.fr

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Cannabis et cannabinoïdes : ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut faire

Publié le 8 avril 2025

Le réseau de prévention des addictions (RESPAAD) annonce la publication du « Vadémécum Cannabis et cannabinoïdes – Ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut faire » à destination des professionnels de la relation d’aide et du secteur médico-social.

Rédigé dans le cadre du projet Cannabinoscope, financé par l’Institut national du Cancer (INCa) et l’Institut pour la Recherche en Santé Publique (IReSP) et coordonné conjointement avec la Faculté de pharmacie de Paris-Saclay et le laboratoire de recherche SESSTIM de l’université Aix-Marseille, cet ouvrage « Vadémécum cannabis et cannabinoïdes » a bénéficié du soutien d’un groupe de travail constitué d’experts.

Structuré autour de plusieurs chapitres regroupant des informations épidémiologiques, historiques, biologiques, médicales ou encore pharmacologiques, cet ouvrage, aussi riche qu’unique, s’adresse aux professionnels de santé et de la relation d’aide, aux professionnels du secteur médico-social et à toute personne intéressée par le sujet. Le guide est dès à présent disponible à la commande depuis votre espace adhérent ou, sur demande, à l’adresse commande@respadd.org

La direction des douanes de Marseille a dressé le bilan de l’année 2024, …..

……notamment en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants, tabacs, contrefaçons et protection d’espèces animales protégées, qui constituent les priorités de ses actions dans la deuxième ville de France

Les douaniers de Marseille ont dévoilé ce vendredi 4 avril les résultats des opérations menées en 2024 en termes de lutte contre les trafics illicites et la criminalité organisée. Produits stupéfiants, tabacs de contrebande, produits de contrefaçon, trafic d’espèces animales protégées, France 3 Provence-Alpes vous détaille les chiffres clés à retenir de ce bilan. 

Plus de 9 tonnes de stupéfiants saisis

En 2024, 3 132 infractions liées aux trafics stupéfiants, tabac, et armes ont été relevées par la douane de Marseille.
En 2024, 3 132 infractions liées aux trafics stupéfiants, tabac, et armes ont été relevées par la douane de Marseille. • © Douane Française

En 2024, la douane de Marseille a saisi 137 kg de cocaïne, soit une progression de 39 % par rapport à 2023, 274 kg de cannabis et 8,9 tonnes de produits précurseurs, entrant dans la composition de drogues de synthèse produites sur le territoire européen.

La valeur marchande de ces 9,3 tonnes de produits stupéfiants divers saisis représente plus de 6 millions d’euros. La douane rapporte notamment la saisie effectuée fin août, début septembre, grâce à un travail du centre de ciblage conteneurs, qui ont permis de découvrir près de 100 kg de cocaïne, dans le compartiment moteur de conteneurs réfrigérés transportant des bananes.

Quelques mois plus tôt, en avril, le contrôle d’un navire de croisière a permis de découvrir 23 kg de cocaïne dans le faux plafond d’une cabine. La drogue était destinée au Danemark.

Près de 11 tonnes de tabacs de contrebande saisis

La douane de Marseille est particulièrement engagée contre le trafic de tabac, très florissant dans le sud de la France.  Ce sont 10,8 tonnes de tabacs qui ont ainsi été saisis en 2024, soit une hausse de 58 % par rapport à l’année précédente.

Près de 1 500 infractions ont été relevées, pointe la douane dans son communiqué. « Les saisies sont essentiellement liées à des importations frauduleuses par des passagers sur le port et l’aéroport et au contrôle d’établissements de revente illicite dans l’agglomération (alimentations, bars à chicha, etc.) », précise-t-elle.  Au total, 146 établissements de ce type ont été contrôlés et 49 fermetures administratives ont été sollicitées auprès de la préfecture suite à des contrôles positifs.

Le 15 novembre dernier, 6252 cartouches de cigarettes de contrebande ont été saisies sur le port, dissimulées sous des paquets de pâtes alimentaires, des chips et des galettes, en provenance de Turquie. 

248 740 articles de contrefaçons rétirés du marché

La direction de Marseille a saisi plus de 248 700 articles de contrefaçon en 2024.
La direction de Marseille a saisi plus de 248 700 articles de contrefaçon en 2024. • © Douane Française

En lien avec le plan national 2024-2026, la direction de Marseille a saisi 248 740 articles de contrefaçon, qui ont été retirés du marché, au travers de 412 affaires. Cela représente une hausse de 25 % par rapport à 2023.

Ces saisies concernent principalement des produits textiles, chaussures, parfums de luxe contrefaits, mais également des articles pouvant constituer un danger pour les consommateurs comme des pièces automobiles dont 38 000 exemplaires ont été saisis sur l’année.

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Le cannabis, une drogue douce mais pas pour le cœur !

Dr Yohann Bohbot | 01 Avril 2025

La consommation de cannabis augmente partout dans le monde, portée par une légalisation de plus en plus répandue et une acceptation sociale grandissante. Souvent perçu comme une substance récréative ou ayant des bienfaits thérapeutiques, ses effets sur le cœur restent encore mal connus. Une étude récente, présentée au congrès de l’American College of Cardiology 2025 et publiée dans JACC: Advances, apporte un nouvel éclairage en montrant un lien clair entre l’usage du cannabis et un risque accru d’infarctus du myocarde, en particulier chez les jeunes adultes en bonne santé (1).

Une étude rétrospective à partir des données du TriNeTx

Cette étude a analysé les données de plus de 4,6 millions de sujets de moins de 50 ans disponibles sur un réseau mondial de données de recherche en santé, afin de comparer les consommateurs de cannabis à des non-utilisateurs, tous exempts de comorbidités significatives à l’inclusion. Grâce à une méthodologie d’appariement par score de propension, les auteurs ont limité les biais potentiels liés aux facteurs de risque cardiovasculaires classiques tels que l’hypertension, le diabète ou le tabagisme. 

Les résultats sont sans appel : les consommateurs de cannabis présentent un risque d’infarctus du myocarde multiplié par six par rapport aux non-utilisateurs. De plus, la consommation de cannabis est associée à des taux plus élevés d’événements cardiovasculaires majeurs, d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques et d’insuffisance cardiaque, avec une mortalité globale également accrue (risque relatif multiplié par 7 !).

Un lien fort entre cannabis et maladies cardiovasculaires

L’étude suggère ainsi un lien fort entre consommation de cannabis et atteintes cardiovasculaires. Elle rejoint d’autres travaux (2, 3) qui ont montré que le cannabis peut entrainer un stress oxydatif, favoriser l’inflammation vasculaire et la dysfonction endothéliale, autant de mécanismes pouvant précipiter un événement coronarien aigu. 

La principale limite de l’étude réside dans le manque de précisions sur la quantité consommée, la fréquence et le mode de consommation du cannabis. De plus, les données étant issues de dossiers médicaux électroniques, il existe un risque d’erreurs de classification entre consommateurs et non-consommateurs, ce qui pourrait influencer les résultats.

Avec la légalisation qui progresse dans de nombreux pays, il devient essentiel d’informer les consommateurs sur les dangers notamment au niveau cardiovasculaire. Des études supplémentaires seront indispensables pour mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués et évaluer l’impact des différentes formes de cannabis, qu’il soit naturel ou synthétique.

En attendant, cette étude rappelle une réalité : même une substance d’origine naturelle peut avoir des effets graves sur la santé, et sa consommation ne devrait pas être banalisée !

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