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Mai 2025

Une consommation quotidienne d’alcool augmente le risque de cancer du pancréas

Une étude associe la consommation quotidienne d’alcool à un risque accru de cancer du pancréas

Si l’alcool est connu depuis longtemps pour être cancérigène, le lien avec le cancer du pancréas n’était jusque-là que suspecté.

Une vaste étude vient de le confirmer.

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« L’alcoolisme est bien une maladie » rappelle Corinne Derangère, présidente de la Croix Bleue en Franche-Comté

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Corinne Derangère, présidente de la Croix Bleue, invitée d’ICI Matin. © Radio France

Flora Midy

Diffusé le vendredi 23 mai 2025

Jeudi 22 mai, l’association « Vie libre » à Audincourt organisait un atelier à la Maison des usagers de l’hôpital Nord Franche-Comté sur la consommation d’alcool. Initiative soutenue par Corinne Derangère, président de l’association la Croix Bleue, qui accompagne également les personnes alcooliques.

Ce n’est pas toujours facile de dire « non » à l’alcool. Un atelier avait lieu jeudi 22 mai à la Maison des usagers de l’Hôpital Nord Franche-Comté, pour échanger sur la consommation d’alcool. Le sujet est encore souvent tabou. En Franche-Comté, l’association la Croix Bleue accompagne justement les personnes qui souffrent de cette addiction. Sa présidente, Corinne Derangère, était l’invitée d’ICI Matin

Elle accompagne les personnes en situation d’alcoolisme depuis 40 ans. On lui a demandé de partager sur notre antenne deux souvenirs de parcours qu’elle garde en tête. Le premier est dramatique : « Je vais vous parler de Pierre, qui était notaire, qui a tout perdu. Il a perdu son notariat, il a perdu sa famille. Alors, il était polyaddict, donc cocaïne, alcool. Il a eu beaucoup, beaucoup de mal, il a fait de nombreuses cures. La dernière qu’il a faite, il est sorti de cure. Il était complètement sevré à la cocaïne, l’alcool pas tout à fait, mais il avait ce désir de s’en sortir. Il a fait une chute dans la rue, sous alcool, et chute fatale« .

Et puis, Corinne Derangère a partagé une histoire qui se termine bien : « Je vais parler de notre Gilou. C’est un monsieur qui travaillait à Peugeot. Et on lui a mis le couteau sous la gorge en lui disant « Ou tu arrêtes de boire, ou on te licencie. » Puis normalement, on sait que les injonctions, ça ne marche pas forcément puisqu’il faut que le désir d’arrêter vienne de soi-même. Mais il en a pris conscience quand même. Il a arrêté de consommer totalement. Actuellement, il fait de l’accompagnement. Il a pris des responsabilités à une époque. Bon, il a décidé d’arrêter. Et à la Croix-Bleu, nous avons fait son mariage« ..

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Les pays où l’on consomme le plus d’alcool

Le marché mondial des boissons alcoolisées est estimé à environ 1,62 trillion de dollars par an.

L’Europe domine largement la consommation à l’échelle mondiale, mais certains pays asiatiques se distinguent également.

Découvrons maintenant quelles sont les nations qui consomment le plus d’alcool.

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Addiction à la nicotine: un frein naturel caché dans le cerveau 🚬

Publié par Redbran, 18 mai 2025

Lorsque la nicotine contenue dans le tabac est inhalée, elle agit sur plusieurs structures du système nerveux. Plus précisément, elle active des neurones dans une zone spécifique du cerveau, l’aire tegmentale ventrale (VTA). Cette zone fait partie de ce qu’on appelle le système de récompense.

L’activation de ces neurones entraîne la libération de dopamine, un messager chimique qui renforce les comportements liés à la recherche de récompenses. Ce mécanisme peut potentiellement conduire à une dépendance à la nicotine.

Découverte d’un mécanisme naturel de régulation de l’addiction à la nicotine

Alcool et cancer : il y a un risque dès les premiers verres


L’ESSENTIEL

  • Même en faible quantité, l’alcool augmente le risque de développer un cancer.
  • Cette boisson est un facteur de risque comme divers cancers (foie, bouche, sein, colorectal, etc.) et maladies cardiovasculaires (cardiopathie ischémique, hypertension artérielle).
  • Pour limiter les risques, il est recommandé de limiter sa consommation : pas plus de deux verres par jour et pas tous les jours.

28.000 nouveaux cas de cancer sont attribuables à la consommation d’alcool chaque année, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ce qui en fait la deuxième cause évitable de mortalité par cancer, derrière le tabac. “Vous vous demandez peut-être quelle quantité d’alcool vous pouvez boire en toute sécurité et sans risque, écrit Panoti Mandrekar, professeur à la faculté de médecine Chan de l’université du Massachusetts, aux États-Unis, dans un article de The ConversationSi vous posez la question aux médecins et aux scientifiques, vous n’aimerez peut-être pas la réponse : aucune”. 

La consommation d’alcool est néfaste pour la santé. Elle est responsable de plus de 200 maladies et atteintes diverses, d’après l’Inserm. Certaines y sont exclusivement attribuables comme la cirrhose alcoolique. Pour d’autres, cette boisson est un facteur de risque pour divers cancers (foie, bouche, sein, colorectal, etc.) et pour des maladies cardiovasculaires (cardiopathie ischémique, hypertension artérielle). 

La consommation d’alcool n’est jamais sans risque, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS). “Pour le dire simplement, l’alcool est toxique, assure le docteur Carina Ferreira-Borges, directrice par intérim de la division Maladies non transmissibles et cheffe du programme Alcool et drogues illicites à l’OMS/Europe. Lorsqu’il traverse le corps, il endommage chaque organe. Il est donc parfaitement sensé de limiter la quantité d’alcool consommée, de trouver des moyens de remplacer l’alcool par d’autres boissons et d’adopter des politiques nationales qui contribuent à une réduction de la consommation d’alcool”. Pour le cancer du sein par exemple, chaque unité journalière consommée augmente le risque.

Pour ce même cancer, l’OMS avait mesuré le niveau d’information de la population. Dans une note, l’instance de santé indique que seuls 21 % des femmes – et 10 % des hommes – connaissaient le lien avec la consommation d’alcool et le risque de développer un cancer du sein. Pourtant, il représente 66 % de tous les cas attribuables à l’alcool chez les femmes.

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C’est quoi cette étude qui affirme que le vin blanc et le champagne réduisent le risque d’arrêt cardiaque soudain ?

Maïwenn Furic

dim. 11 mai 2025

FAKE OFF – Pour éviter le risque d’arrêt cardiaque soudain, d’autres facteurs comme une alimentation riche en fruits, ou un contrôle de sa tension artérielle, ont été mis en avant par cette étude.

Boire du vin blanc et du champagne serait bon pour la santé. C’est en tout cas le message qui circule sur les réseaux sociaux. Plus particulièrement, leur consommation diminuerait le risque d’arrêt cardiaque.

Une nouvelle qui réjouit les amateurs de ces boissons alcoolisées, et qui trouve son public, tout particulièrement en France. Mais d’autres se montrent plus méfiants en raison des nombreux dangers que représente l’alcool pour la santé.

FAKE OFF

Cette nouvelle provient d’une étude publiée le 28 avril dernier dans le Canadian Journal of Cardiology. Elle est la première à explorer de manière aussi large les liens entre des facteurs non cliniques et le risque d’arrêt cardiaque soudain.

L’étude a été menée sur plus de 500.000 personnes adultes d’âge moyen à avancé, au Royaume-Uni, durant plusieurs années. Elle conclut qu’entre 40 % et 63 % des cas d’arrêts cardiaques soudains pourraient être évités grâce à certains changements de mode de vie.

Alimentation riche en fruits, gestion de son poids, contrôle de sa tension artérielle…

Les chercheurs ont identifié 56 facteurs de risque non médicaux, qui vont de l’alimentation à l’humeur, mais en passant également par le cadre de vie ou bien le niveau d’éducation.

Et justement parmi ces facteurs les plus efficaces pour réduire ce risque : une alimentation riche en fruits, la gestion de son poids, le contrôle de la tension artérielle, et enfin, une consommation modérée de vin blanc ou de champagne.

Cannabis, cocaïne, kétamine… En France, la consommation de drogues progresse, sauf chez les jeunes

En France, la consommation de drogues illicites progresse dans presque toutes les catégories, et aussi au travail. Le cannabis reste de loin la substance la plus utilisée. Seule exception dans cette tendance inquiétante avec l’usage chez les plus jeunes qui recule.

Par Henrik Lindell

Publié le 14/05/2025 • Lecture 7 m

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 Illustration de l’usage de la cocaïne • HUGO AZMANI/MAXPPP

La tendance est bien documentée depuis plus d’une décennie : la consommation générale des drogues augmente en France. Et avec elle sa cohorte d’horreurs, de vies détruites, de violence meurtrière et de corruption. Ainsi le fléau du narcotrafic dont « la France est submergée », selon le rapport de la commission d’enquête sénatoriale publié en mai 2024 et porté par les sénateurs Jérôme Durain (PS) et Étienne Blanc (LR).

Ce document de 600 pages constitue la base de la loi votée par l’Assemblée nationale le 29 avril 2025 visant à « lutter contre le narcotrafic » et instaurant une série de mesures répressives, comme la création d’un parquet national anticriminalité organisée, le gel des avoirs des narcotrafiquants, l’interdiction des trafiquants de paraître dans leur quartier de deal, le durcissement du régime carcéral, etc.

Hausse de la consommation

L’avenir dira si cette nouvelle loi est une réponse adéquate contre un mal à l’égard duquel les politiques publiques semblent jusqu’alors impuissantes. À ce titre, les derniers chiffres clés publiés en janvier 2025 par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), dont le rôle est d’éclairer les politiques publiques dans le domaine, offrent une lecture saisissante. À l’exception de l’héroïne, les produits illicites comme la cocaïne, l’ecstasy et différentes nouvelles drogues, dont la kétamine, enregistrent une forte croissance.

Prenons la cocaïne. Selon l’OFDT, 1,1 million de Français entre 11 et 75 ans avaient consommé au moins une fois la poudre blanche en 2023. Un chiffre qui justifie l’expression « tsunami blanc » utilisée dans le rapport sur le narcotrafic en 2024. En 30 ans, la proportion des Français utilisant ce produit au moins une fois par an a été décuplée en passant de 0,3 % de la population en 1992 à 2,7 % en 2023. Au total, un Français adulte sur 10 (9,4 %) a expérimenté la cocaïne au moins une fois au cours de sa vie contre 5,6 % en 2017. Cette évolution est la même pour l’ecstasy (ou MDMA) : en 2023, 750 000 Français l’ont utilisée au moins une fois.

Quant au cannabis, de loin la drogue illicite la plus consommée, son usage est toujours aussi conséquent et son usage, de plus en plus toléré, nombre d’élus français œuvrant d’ailleurs pour sa légalisation, voie déjà choisie par plusieurs pays (Allemagne, Canada, plusieurs États des États-Unis). Pas moins de 900 000 Français y ont recours quotidiennement et 1,4 million au moins 10 fois par mois, selon l’OFDT. Ce qui donne plus de deux millions de personnes dépendantes de cette drogue. Au total, la moitié des Français adultes ont déjà goûté au cannabis au moins une fois au cours de leur vie.

Davantage de drogues en circulation

L’OFDT explique cette expansion par plusieurs facteurs : l’offre, qui ne cesse de croître en quantité comme en qualité et de se diversifier grâce à la forte hausse de la production, elle-même stimulée par l’activité de plus en plus intense et perfectionné des réseaux criminels. C’est particulièrement le cas de la cocaïne, comme le résume le sociologue Clément Gérome, chargé d’études à l’OFDT : « Le produit est plus abordable et plus facile d’accès qu’à une époque et il est plus souvent consommé dans des contextes festifs, dans le cadre d’une sociabilité amicale. Pour des personnes qui n’ont jamais consommé, il y a désormais plus d’occasions de l’expérimenter. »

La vente, elle, a été grandement facilitée par Internet, le trafic des drogues s’étant largement « uberisé » : « À une époque, pour acheter, il fallait connaître des gens, rappelle Clément Gérome. Maintenant, il suffit de récupérer le compte d’un trafiquant sur un réseau social ou une messagerie instantanée et il vient vous livrer, où que vous soyez. »

Les nouveaux utilisateurs sont des hommes, surreprésentés pour tout ce qui concerne la consommation des drogues illicites, âgés en majorité de 25 à 44 ans. Le choix des produits consommés dépend d’abord du prix. Si la cocaïne à sniffer est devenue plus abordable, elle reste chère, puisqu’il faut débourser 66 € le gramme en moyenne. Ce coût est souvent considéré trop élevé par les jeunes consommateurs, qui préfèrent s’offrir un comprimé d’ecstasy pour 10 €. Les personnes les plus précaires, elles, utilisent surtout, et de plus en plus, du crack, substance composée de cocaïne « basée » avec du bicarbonate de soude, à fumer.

Pour une quantité moindre (un demi-gramme ou même moins), l’utilisateur obtient un effet psychostimulant violent, mais plus bref. « La fabrication du crack peut être faite par n’importe qui dans sa cuisine : on trouve même des tutos sur Youtube pour le faire. À part le Nord-Est parisien ou certains Dom-Tom, où la cocaïne est revendue déjà sous forme de crack, les usagers à Marseille, Bordeaux, Lyon, etc. le fabriquent ainsi eux-mêmes », précise Clément Gérome, qui a mené une étude de terrain sur le sujet. Les produits plus récents qui se développent en France attirent surtout une population dans la tranche d’âge des 25-34 ans. Ainsi la kétamine, à l’origine un anesthésiant, qui est consommé pour ses effets euphoriques et désinhibant.

Et un usage aussi au travail

Cependant, ces facteurs ne disent pas pourquoi les Français se droguent et surtout pourquoi ils le font de plus en plus. Notre pays serait-il plus mal en point aujourd’hui qu’hier ?

Avant d’esquisser une réponse, il faut rappeler qu’une société sans drogues, licites ou illicites, n’existe pas et n’a jamais existé. « Les drogues et les addictions sont inhérentes à notre société et aux citoyens et citoyennes qui la composent. Une société est ainsi confrontée à un double mouvement contradictoire : elle participe à leur développement tout en ayant la charge de leur régulation et de la gestion de leurs conséquences. », écrit Christian Ben Lakhdar, universitaire membre du collège scientifique de l’OFDT, dans Addicts. Les drogues et nous (Seuil, 2020).

Selon le psychanalyste et essayiste Jacques Arènes, « c’est tout simplement une tendance humaine de vouloir manipuler les états de conscience, par exemple en recherchant plus de plaisir ou pour s’apaiser. De ce point de vue, il n’y a rien de neuf ».

Fin observateur des mutations de la société, aux premières loges pour écouter les souffrances de ses patients dans son cabinet, il note cependant que quelque chose a changé ces dernières décennies : « La personnalité de base narcissique et hédoniste est plus présente qu’il y a 50 ans dans le monde occidental. Il y a une comme une injonction sociale à faire la fête, à prendre du plaisir, à rechercher plus d’intensité aussi. Je note également que plus on a du mal à vivre des expériences de base comme la relation humaine, le lien avec des gens, plus on a besoin d’intensité, de multiplier les expériences. Le fait que l’expérience commune est souvent vécue comme vide par nos contemporains pourrait en partie expliquer l’usage accru de produits psychostimulants, notamment ceux qui ont des effets désinhibants. »

D’autres psychologues et universitaires constatent aussi un nouveau phénomène préoccupant : la consommation accrue de drogues au travail, qu’il s’agisse de produits illicites, de psychotropes légaux ou de l’alcool. Marie Pezé, docteure en psychologie et spécialiste de la souffrance au travail et du burn-out, nous dit d’emblée : « Je ne connais personne qui ne prenne pas de psychostimulants de tout ordre dans le cadre de son travail… pour tenir. C’est la réponse à l’intensification et à l’accélération du travail en matière de demande d’objectifs inatteignables. De plus en plus de travailleurs sont sous antidépresseurs et anxiolytiques. On voit aussi de plus en plus de personnes prendre des drogues, notamment de la cocaïne, pratique fréquente chez les tradeurs, mais aussi chez certains ouvriers. Car partout il faut se doper pour tenir la cadence. »

D’après Marie Pezé, il est important de noter que « ce n’est pas l’alcool ou la drogue qui s’immisce au travail, mais le travail qui convoque l’alcool ou la drogue ».

Elle prend pour exemple ces infirmières qu’elle reçoit au sein de son cabinet : « Elles me le disent : “Je rentre à la maison épuisée, je surveille les devoirs, je prends un verre. Au bout de six mois, c’est la moitié de la bouteille et un pétard au canapé pour redescendre. Et le matin, ce sera des amphétamines piquées dans le service.” Le rythme de travail enclenche en effet un système d’hyperactivité compulsive dont on n’arrive pas à sortir. »

Un phénomène similaire est constaté chez les cadres supérieurs. « Depuis cinq ans, nous recevons en consultation de plus en plus de chefs d’entreprise, de directeurs d’hôpitaux, de directeurs d’administration, le top niveau. C’est donc la gouvernance qui craque alors que c’est elle qui a mis en place des organisations du travail très productivistes sans marge de manœuvre, sans autonomie. Ces personnes nous parlent de la perte du sens du travail. Dans leurs sphères, la cocaïne circule ouvertement. »

Les jeunes consomment moins

Il existe cependant une bonne nouvelle : les plus jeunes ne consomment pas de plus en plus de drogues. Au contraire, et Clément Gérome est formel : « Nous voyons une baisse de la consommation pour l’ensemble des substances des jeunes en dessous de 17 ans. Un seul chiffre : 9,2 % des jeunes avaient un usage régulier du cannabis en 2014. Ils n’étaient plus que 3,8 % en 2022. Et qu’il s’agisse d’alcool, de tabac ou de cocaïne comme de tout autre produit illicite, cette diminution est un fait. Les nouveaux usagers sont moins souvent recrutés parmi les jeunes que parmi les classes d’âge 25-44 ans. »

Selon le sociologue, cette tendance est facile à analyser. Pour l’alcool, le tabac et le cannabis, « c’est l’effet de 20 ans de politiques de dénormalisation de ces produits, comme l’interdiction de la consommation dans les lieux publics, l’augmentation importante du prix pour le tabac et le changement de représentation du fait de fumer, y compris pour le cannabis, assimilé à des choses négatives. Pour l’alcool, c’est l’effondrement de la consommation quotidienne qui joue ce rôle », qui évite toute accoutumance chez les jeunes.

Néanmoins, l’universitaire reconnaît volontiers qu’il ne sait pas pourquoi les jeunes consomment de moins en moins de drogues illicites. « Certes, les jeunes sont peu solvables et ils habitent souvent chez leurs parents, observe-t-il, ce qui complique l’usage de produits illicites. Mais cela ne suffit pas pour expliquer cette nouvelle tendance, dont on ne peut que se féliciter. »

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Le narcotrafic en France

« Légaliser le cannabis en France serait une erreur, voici ce qu’il s’est passé à l’étranger »

Courrier des lectrices et des lecteurs. « Les allégations des promoteurs de la légalisation du cannabis sont contredites par les statistiques. Dans les pays qui ont légalisé cette drogue, on a constaté une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite. »

« Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique. » Ici, une opération anti-drogue de la police à Bellevue, près de Nantes (Loire-Atlantique), en 2020.

« Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique. » Ici, une opération anti-drogue de la police à Bellevue, près de Nantes (Loire-Atlantique), en 2020. | FRANCK DUBRAY / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Ouest-France Publié le 06/05/2025 

« La légalisation du cannabis revient de manière récurrente dans le débat politique, en arguant que cette mesure ne poserait aucun problème de santé publique. Or, c’est ne tenir aucun compte des nombreuses données médicales récemment publiées qui témoignent, au contraire des problèmes survenus dans les pays ayant procédé à la légalisation.

Les hospitalisations dues au cannabis ont augmenté de 12 et 22 % en Ontario et au Canada, où le cannabis récréatif a été légalisé en 2018. La proportion des automobilistes hospitalisés après un accident et positifs au THC (tétrahydrocannabinol, constituant psychoactif majeur du cannabisa doublé dans le pays. Le nombre de psychotiques a également triplé : les nouveaux cas de schizophrénie associés au cannabis sont passés de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après légalisation. Chez les jeunes de 12 à 19 ans, le risque de développer des troubles psychotiques a été multiplié par onze.

« La consommation multipliée par vingt aux États-Unis »

Par ailleurs, les allégations des promoteurs de la légalisation sont contredites par les statistiques. C’est ainsi qu’il y a une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite. La consommation du cannabis a augmenté aussi bien au Canada qu’aux États-Unis.

Aux USA, le nombre de consommateurs a été multiplié par vingt, passant de 900 000 avant la législation (1992) à 17,7 millions après la législation. Quant au marché noir, il n’a pas disparu, le cannabis légal restant toujours plus cher que l’illégal, dénué de taxe. Il s’est réorganisé vers des drogues encore plus dangereuses.

Lire aussi : La légalisation du cannabis entraînerait-elle une hausse de la criminalité ? On vous répond

Ailleurs, il n’a pas été possible de fixer un taux minimal de THC dans le cannabis. En Uruguay, le taux de cannabis légal est passé de 2 % lors de la législation à 15 % aujourd’hui. Il est impossible de faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 %.

Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique alors que permettre à un adulte de se le procurer librement rendra plus incitative sa consommation par les plus jeunes. Il convient donc de ne pas légaliser la consommation du cannabis en France, compte tenu de ses effets toxiques. Il faut au contraire instaurer des programmes de prévention et d’information sur les dangers de cette drogue, dès le plus jeune âge. »

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