Courrier des lectrices et des lecteurs. « Les allégations des promoteurs de la légalisation du cannabis sont contredites par les statistiques. Dans les pays qui ont légalisé cette drogue, on a constaté une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite. »
« Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique. » Ici, une opération anti-drogue de la police à Bellevue, près de Nantes (Loire-Atlantique), en 2020. | FRANCK DUBRAY / ARCHIVES OUEST-FRANCE
Ouest-France Publié le 06/05/2025
« La légalisation du cannabis revient de manière récurrente dans le débat politique, en arguant que cette mesure ne poserait aucun problème de santé publique. Or, c’est ne tenir aucun compte des nombreuses données médicales récemment publiées qui témoignent, au contraire des problèmes survenus dans les pays ayant procédé à la légalisation.
Les hospitalisations dues au cannabis ont augmenté de 12 et 22 % en Ontario et au Canada, où le cannabis récréatif a été légalisé en 2018. La proportion des automobilistes hospitalisés après un accident et positifs au THC (tétrahydrocannabinol, constituant psychoactif majeur du cannabis) a doublé dans le pays. Le nombre de psychotiques a également triplé : les nouveaux cas de schizophrénie associés au cannabis sont passés de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après légalisation. Chez les jeunes de 12 à 19 ans, le risque de développer des troubles psychotiques a été multiplié par onze.
« La consommation multipliée par vingt aux États-Unis »
Par ailleurs, les allégations des promoteurs de la légalisation sont contredites par les statistiques. C’est ainsi qu’il y a une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite. La consommation du cannabis a augmenté aussi bien au Canada qu’aux États-Unis.
Aux USA, le nombre de consommateurs a été multiplié par vingt, passant de 900 000 avant la législation (1992) à 17,7 millions après la législation. Quant au marché noir, il n’a pas disparu, le cannabis légal restant toujours plus cher que l’illégal, dénué de taxe. Il s’est réorganisé vers des drogues encore plus dangereuses.
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Ailleurs, il n’a pas été possible de fixer un taux minimal de THC dans le cannabis. En Uruguay, le taux de cannabis légal est passé de 2 % lors de la législation à 15 % aujourd’hui. Il est impossible de faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 %.
Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique alors que permettre à un adulte de se le procurer librement rendra plus incitative sa consommation par les plus jeunes. Il convient donc de ne pas légaliser la consommation du cannabis en France, compte tenu de ses effets toxiques. Il faut au contraire instaurer des programmes de prévention et d’information sur les dangers de cette drogue, dès le plus jeune âge. »