Par Juliette Vienot de Vaublanc Publié le 5 juin 2025

Une des premières saisies de Monkey Dust en France a eu lieu il y a quelques semaines en Seine-Saint-Denis, d’après des informations du Parisien. Cette drogue de synthèse, dont les effets s’approchent de ceux de la cocaïne ou de la méthamphétamine, a causé de gros dégâts au Royaume-Uni ces dernières années.Partager
Déjà bien implantée chez certains de nos voisins, la Monkey Dust (« poussière de singe ») gagne du terrain dans l’Hexagone. L’une des premières saisies de cette drogue de synthèse a eu lieu en Seine-Saint-Denis il y a quelques semaines, d’après les informations du Parisien. Ce jeudi 5 juin, l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) a appelé les pays européens à la « vigilance » face à la « menace émergente » que représentent les drogues de synthèse, dont les cathinones, groupe dont fait partie la Monkey Dust.
De son nom scientifique méthylènedioxypyrovalérone (abrégé MDPV), ce produit particulièrement addictif se présente sous la forme d’une poudre blanchâtre qui peut être sniffée, fumée dans une pipe, avalée ou injectée. Il a commencé à être vendu comme drogue de synthèse en 2004 aux États-Unis.
Jusqu’à son interdiction dans le pays au début des années 2010, les consommateurs américains pouvaient acheter des produits étiquetés comme sels de bain et contenant du MDPV. Du fait de la méconnaissance de sa composition, la Monkey Dust a un temps été qualifiée de « drogue du zombie », avant que ce qualificatif ne désigne finalement d’autres drogues de synthèse, retrace l’Observatoire des drogues et des tendances addictives.
« Drogue de prédilection pour les personnes démunies »
La Monkey Dust a des effets comparables à ceux de la cocaïne ou des amphétamines : le produit agit comme un puissant stimulant et diminue la perception de la douleur pendant quelques heures. Mais au-delà de ses effets euphorisants, la MDPV provoque aussi des hallucinations, voire une sévère paranoïa, augmente l’agressivité et les comportements violents. Particulièrement addictive, cette drogue incite également à consommer toujours plus, au risque de l’overdose.
Autre caractéristique préoccupante : son faible coût. « Son prix est très bas, notamment comparé à d’autres drogues illicites, ce qui en fait une drogue de prédilection pour les personnes démunies dont les difficultés financières peuvent aggraver leur consommation », alerte le centre britannique de traitement des addictions sur son site.
L’arrivée de ce produit particulièrement addictif et peu cher en France a de quoi inquiéter au vu de la situation de certains pays étrangers. Dans le centre de l’Angleterre, la Monkey Dust constitue un véritable fléau autour de la localité de Stoke-on-Trent. Depuis que cette drogue de synthèse a commencé à s’y répandre, en 2018, plusieurs cas de consommateurs commettant des actes de criminalité ont été rapportés.
Dans une moindre mesure, la Belgique est également touchée. Après une vaste opération de saisie et d’arrestations, début 2024, le parquet de Flandre-Orientale a tenu à mettre en garde contre les « répercussions graves sur la santé physique et mentale » de la consommation de MDPV, même à petite dose.