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Date

13 juin 2025

Whisky, rhum, cognac… Les Français boivent (un peu) moins d’alcools forts paraît-il

Santé !•Que ce soit dans les bars, restos, magasins ou à la maison, les Français consomment moins de spiritueux. Les ventes ont baissé de près de 3 % en 2024

Les achats de spiritueux ont chuté de 2,6% en 2024 en France.
Les achats de spiritueux ont chuté de 2,6% en 2024 en France. - Caro / Waechter / Sipa

M.L. avec AFP

L’essentiel

  • Les achats de spiritueux en France ont reculé de 2,6 % en 2024, avec une baisse dans tous les canaux de distribution et types d’alcools forts.
  • Malgré cette baisse, les Français ont consommé près de 268 millions de litres de spiritueux en 2024, ce qui représente environ 7 bouteilles par personne de plus de 19 ans sur l’année.
  • Le directeur général de la FFS affirme pourtant que tous les indicateurs sont à la baisse et que les exportations, qui représentent la moitié de la valeur du secteur, ont également chuté de manière significative.

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Qu’on se le dise, les Français boivent moins. Enfin un peu moins. Enfin un peu moins d’alcools forts en tout cas. Selon la Fédération française des spiritueux (FFS), les achats de spiritueux en France ont en effet reculé de 2,6 % en 2024, que ce soit dans les grandes surfaces, chez les cavistes, dans les bars et même les dans boutiques de duty free.

Les grandes et moyennes surfaces ont écoulé 247 millions de litres de ces alcools distillés d’au moins 15 %, soit une diminution de 3,8 % par rapport à 2023. Si les alcools blancs, dits « festifs » résistent mieux, les whiskys et anisés, dont plus de la moitié des ventes se fait en supermarchés, poursuivent leur recul. La tendance est identique pour les cafés et restaurants, avec 20,8 millions de litres, en baisse de 2 %.

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Près de sept bouteilles par personne en 2024

Pourtant, ce sont donc quand même près de 268 millions de litres de spiritueux qu’ont ingurgité les Français en 2024. Si l’on se base sur les chiffres de l’Insee et que l’on ne compte que les personnes de plus de 19 ans, soit 57 millions de Français, cela représente un peu moins de cinq litres par personne sur une année. Ou près de sept bouteilles de Vodka, Whisky, gin ou autre.

Cocaïne, cannabis, alcool… Les consommations de drogues ont explosé de 107% dans les entreprises

Marine Cardot

"Les consommateurs de cannabis sont des gens aisés", raconte sur RMC Jérémy, bac+5 et père de famille. (Photo d'illustration).
« Les consommateurs de cannabis sont des gens aisés », raconte sur RMC Jérémy, bac+5 et père de famille. (Photo d’illustration). – Victoria Hazou – AFP

Explosion de l’usage de la cocaïne, intérimaires et travailleurs de nuit surexposés… Les tests positifs à l’alcool et aux drogues ont doublé en 8 ans, selon une étude publiée par Ithylo, qui réalise les dépistages en entreprise.

Épidémie d’addictions chez les salariés français. Selon une nouvelle étude, les tests positifs à l’alcool ou aux stupéfiants ont augmenté de 107% en huit ans dans les entreprises. Le taux de positivité a ainsi plus que doublé, passant de 2,6% en 2017 à 5,3% en 2025. Les consommations marquent notamment une forte hausse après la période Covid.

« Ce n’est plus une série de cas isolés, mais une dynamique massive et persistante », alerte l’étude.

Elle a été réalisée par l’entreprise Ithylo (qui réalise ces dépistages) sur un large panel de salariés (plus de 100.000 échantillons), principalement dans les secteurs du BTP, de l’énergie, du transport et de l’industrie. Il faut savoir que les entreprises sont autorisées à faire pratiquer ces tests inopinés et obligatoires pour les salariés en postes dits « hypersensibles », c’est-à-dire pour lesquels la consommation de drogues présente un danger grave pour eux-mêmes et leurs collègues.

13 fois plus de cas positifs à la cocaïne

Selon les résultats, l’usage de la cocaïne explose particulièrement, avec 13 fois plus de cas positifs à la cocaïne en huit ans. Si cette drogue semblait autrefois réservée à certains milieux festifs ou de cadres urbains, elle s’est aujourd’hui installée, même chez les ouvriers.

« Nous pensions l’usage de cocaïne marginal en entreprise. C’est désormais une réalité présente sur les chantiers, les sites industriels et les bureaux », s’alarme Jean-Jacques Cado, président d’Ithylo.

Le cannabis reste la substance la plus dépistée (1,8% de salariés positifs). L’alcool, quant à lui, enregistre un net pic en soirée, notamment après 17 heures et les vendredis, avec des taux jusqu’à deux fois supérieurs à la moyenne.

Les intérimaires et les précaires plus vulnérables

Mais alors qui sont les salariés qui consomment sur leur lieu de travail? Les travailleurs les plus précaires sont les plus vulnérables face au risque d’addiction. Les intérimaires sont particulièrement concernés: alors qu’ils ne représentent que 15% de l’échantillon total, ils concentrent à eux seuls 25% des cas positifs au cannabis, 31% à la cocaïne et 18% à l’alcool.

Selon différentes études sur le sujet, une surexposition aux addictions est observée pour les salariés qui ont des conditions de travail plus difficiles: notamment les horaires décalés, l’isolement, la faible intégration aux collectifs et le manque d’accès à l’information ou à la prévention.

La moitié des intérimaires déclarent en effet ne pas savoir vers qui se tourner en cas de souffrance liée à une consommation. Beaucoup craignent aussi que se signaler leur coûte leur mission. « L’efficacité d’une politique de prévention se mesure à sa capacité à atteindre les plus fragiles », explique Jean-Jacques Cado.

« Exclure les intérimaires, c’est créer des angles morts où les risques explosent. »

« Ils avaient consommé ensemble »

Des cas de consommation de groupe ont même été observés. Jean-Jacques Cado cite notamment l’exemple d’un chantier de nuit de 21 personnes, où 7 intérimaires logeant ensemble avait été testé positifs à la cocaïne. « L’un d’entre eux avait apporté la substance et ils avaient consommé ensemble », raconte-t-il.

Ce phénomène s’accentue sur les équipes de nuit, souvent moins encadrées et plus isolées, où les tests révèlent jusqu’à 1 salarié sur 5 positif sur certains sites. Selon l’étude, ces chiffres suggèrent une utilisation des substances comme outil de compensation: pour rester éveillé, tenir physiquement, gérer l’ennui ou simplement s’extraire d’un rythme pénible.

« On voit très clairement que la consommation se déplace là où le regard s’éteint. Moins de supervision, plus de fatigue, plus de tentations. C’est un terrain fertile pour les comportements à risque », souligne Jean-Jacques Cado.

Il faut toutefois noter que l’étude met particulièrement en avant les conduites addictives dans les milieux ouvriers du fait de la composition de l’échantillon, ce qui ne veut pas dire que les drogues ou l’alcool sont absents des bureaux.

Accompagner plutôt que licencier

Ces comportements peuvent être très dangereux, pour le salarié lui-même et ses collègues. Le risque d’accidents du travail graves est multiplié par 2 dès lors qu’il existe une consommation d’alcool hebdomadaire excessive (au moins 2 verres par jour chez les femmes et 4 verres par jour chez les hommes), selon l’étude « Les conduites addictives de la population active », grâce aux chiffres de de la cohorte Constances.

Mais alors que se passe-t-il lorsqu’un salarié est testé positif aux substances psychoactives? « Dans la plupart des cas les entreprises vont avoir une démarche d’accompagnement pour aider le salarié à sortir de son addiction », assure Jean-Jacques Cado.

Évidemment en cas de récidive, des sanctions disciplinaires comme un licenciement peuvent être prises. Mais dans un premier temps, ce n’est pas le plus efficace car l’employé pourra retrouver un emploi dans une entreprise moins regardante, selon le spécialiste.

« Le dépistage n’est pas un piège, ni une stigmatisation. C’est un électrochoc bienveillant. Il révèle ce que le collaborateur n’ose pas dire, ce qu’il cache sous pression, par solitude ou en état d’épuisement », explique-t-il. Son entreprise propose notamment une ligne d’écoute confidentielle permettant aux salariés concernés de discuter avec un professionnel de santé, parfois pour la première fois.

L’INRS (institut national de recherche et de sécurité au travail) conseille notamment aux employeurs de mettre en place des actions de prévention, en concertation avec le CSE et les syndicats. Il peut s’agir notamment d’évaluer et de limiter les risques psychosociaux (qui jouent un rôle dans les conduites addictives).

L’entreprise peut aussi limiter les consommations d’alcool sur le lieu de travail (lors des pots par exemple). Elle doit par exemple veiller à fournir systématiquement des boissons non alcoolisées et à mettre à disposition des salariés de quoi se restaurer.

Marine Cardot

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