Recherche

Mois

juin 2025

Cannabis et autres produits cannabinoïdes : toujours plus, toujours plus fort

« Toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort » : le cannabis actuel n’a plus grand-chose à voir avec celui fumé à Woodstock. Taux de THC multipliés, nouvelles méthodes de consommation ultra-efficaces, substances de synthèse bien plus puissantes… Pour le professeur Jean Costentin -qui tient à préciser que ses propos n’engagent pas les institutions auxquelles il appartient ou a appartenu- cette évolution constitue une menace sanitaire majeure, particulièrement pour les plus jeunes. Alors que la banalisation sociale du cannabis se poursuit, il déplore l’absence d’une véritable politique de prévention en France et appelle à une réaction d’urgence face à ce qu’il décrit comme un « tsunami cannabique ».

avec Jean Costentin

Atlantico : L’Union européenne est inondée par un cannabis ultrapuissant qui expose les consommateurs à un risque accru de psychose, selon des informations du Financial Times. Quelle est, selon vous, la principale menace que représente ce nouveau cannabis surpuissant à très forte teneur en THC pour la santé publique ? Quelles sont les spécificités de ce cannabis surpuissant ? 

Jean Costentin :  Il y a lieu de distinguer :  le cannabis/ chanvre indien de plus en plus puissant, du fait de sa concentration en tétrahydrocannabinol/THC, régulièrement accrue par des florilèges variés ;  les nouveaux modes de consommation du cannabis qui accroissent la cession du THC à l’organisme ; et les nouveaux cannabinoïdes surpuissants obtenus par synthèse chimique, soit par modifications de substances produites par le cannabis (le THC  ou encore le cannabidiol / CBD) ; soit enfin les cannabinomimétiques obtenus par synthèse totale, avec souvent des formules chimiques bien différentes de celle du THC.

-L’accroissement du taux de THC produit par le chanvre indien peut s’effectuer par la sélection de cultivars ayant spontanément une teneur élevée en THC, en  effectuant à partir d’eux des reproductions dirigées, par pollinisation des fleurs des plantes femelles à haute teneur en THC par le pollen des fleurs des plantes mâles,  ayant également une haute teneur en THC.

-Un autre procédé consiste à couper les fleurs, c’est à dire castrer les plantes mâles, avant qu’elles ne pollinisent les fleurs des plantes femelles ; ces dernières fleurs évoluent alors sans former de graines, sans semence donc, d’où son nom de sinsemilla, qui est très riche en THC (» 60%).

-La culture sous serres du cannabis, maitrisant l’hygrométrie, les cycles jour-nuit, les longueurs d’onde de la lumière (lampes à vapeur de sodium), la température, les engrais, permet de « booster » la teneur en THC.

-Une teneur élevée en THC est une exigence des consommateurs, qui se rient par avance d’un cannabis ayant le faible taux que proposerait une « régie nationale du cannabis ». En Uruguay le taux du « cannabis légal » qui était de 2 % lors de la légalisation est passé aujourd’hui à 15 %…  

Pour accroître la cession à l’organisme du THC, relativement aux « joints » (résine de cannabis égrenée dans du tabac) ou aux « pétards » (cigarettes grossières composées des éléments de la plante cannabis, en privilégiant les fleurs femelles, les plus riches en THC) il existe plusieurs artifices. C’est, par exemple, son introduction dans des pâtisseries de type oriental, dont la composante huileuse a été chauffée avec de la résine de cannabis/haschisch/shit  (les « space cakes ») ; résurgence de ce que fut autrefois la « confiture verte » le Dawamesk. On peut extraire le THC de la résine de cannabis avec des solvants hydrohobes / lipophiles, suivi de leur évaporation, laissant un résidu d’aspect huileux, mal nommé « huile de cannabis », à très haute teneur en THC. L’étirement d’une goutte de cette « huile » sur une cigarette de tabac, apporte des concentrations très élevées de THC. Cette « huile de cannabis » peut aussi être introduite dans les recharge pour les cigarettes électroniques, détournées de leur dispensation primitive de nicotine. Une autre technique consiste à extraire sous pression la résine de cannabis par du butane liquide dont le passage à l’état gazeux à la pression atmosphérique, laisse un résidu : le Butane Hash Oil / BHO, d’aspect cireux, consommé dans des pipes à eau ou par volatilisation selon la technique du dabbing.  

N’oublions pas la pipe à eau, qui permet de fumer la plante de cannabis  (marijuana  herbe / beuh) ou sa résine égrenée dans  du tabac. Fumant une cigarette on arrête d’inspirer la fumée après une 40aine de millilitres, limité par l’échauffement de la cavité buccale et des bronches ; avec la pipe à eau la fumée, refroidie par son barbotage dans l’eau froide, permet des inspirations maximales de près de 4.000 ml, c’est à dire cent fois plus qu’avec un « joint » ou un « pétard « ..

Mais plus fort encore qu’avec ces divers artifices, sont apparus des cannabinoïdes nouveaux, 10, 100, et même plusieurs centaines de fois plus puissants que le cannabis d’antan. Il s’agit de produits de synthèses partielles réalisées à partir de substance naturelles,  le THC ou le CBD, ou des produits de synthèses totales, n’ayant plus de parentés, au moins apparente, avec les THC ou CBD, mais qui sont capables d’agir sur les mêmes cibles biologiques (les récepteurs cannabinoïdes de type 1 / CB1) pour lesquels ils ont une affinité beaucoup plus importantes que celle du THC et un pouvoir de stimulation de ces récepteurs / une activité intrinsèque maximale. Ces molécules ressortissent de plus d’une quinzaine de familles chimiques, et plus de 200 de ces molécules font l’objet de trafics.    

Alexis Goosdeel, directeur de l’Agence européenne des médicaments, a déclaré que le cannabis en circulation aujourd’hui était cinq fois plus fort que « l’herbe fumée à Woodstock », en 1969. Peut-on dire que ce « nouveau cannabis » est une substance radicalement différente de celle consommée dans les années 60-70, notamment à Woodstock ? 

Jean Costentin : Pour mémoire ou information, le  festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Fair), dans l’État de New-York (USA), en 1969, (presque contemporain de la féria Française de mai 1968) était un festival de musique, rassemblement « emblématique » de la culture hippie, où le cannabis était très présent.  

 D’autres source que celle deGoosdeel font état d’augmentations de concentrations en THC nettement plus importantes que le facteur cinq qu’il évoque (il est à ma connaissance directeur de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies / OEDT). L’ inflation de ce taux voit ses effets décuplés par les divers artifices que je viens d’évoquer.

S’agissant des effets développés, c’est comme si l’on comparait ceux d’une cannette de bière (250 mL d’une solution à 5° alcoolique), à ceux d’un flasque de 250 mL de Whisky à 40° alcoolique ; l’effet 8 fois plus intense fait qu’on ne joue plus du tout  dans la même cours ; c’est celle des « prépas » comparée à celle de la maternelle.

« Le poison réside dans la dose » disent très justement les toxicologues, on pourrait ajouter qu’il réside dans la fréquence des usages. Plus la dose est élevée et plus l’addiction / la dépendance/ le pouvoir d’accrochage sont forts. Une tolérance s’installe alors, qui conduit à accroître ces doses ainsi que la fréquence des utilisations, faisant passer de l’us à l’abus.

La concentration moyenne de THC étant passée de 4 % dans les années 70 à plus de 20 % aujourd’hui, quelles conséquences cela a-t-il sur le cerveau, notamment chez les jeunes ?  Y a-t-il des risques d’épisodes psychotiques ou de schizophrénie liés à une consommation régulière et/ou précoce de ce cannabis surpuissant ? 

Jean Costentin L’exposition au cannabis dans la période pré-conceptionnelle, pendant la gestation, dans la période périnatale, tout comme au cours de l’adolescence peut perturber la maturation cérébrale et induire des troubles de la cognition, des troubles psychotiques et une vulnérabilité aux addictions, qui persistent très au-delà de la période de cette exposition.

Un des drames du cannabis  tient au fait qu’il s’abat sur les adolescents à la période de leur maturation cérébrale (12 à 24 ans). Au cours de cette maturation surviennent deux phénomènes opposés : une prolifération des ramifications neuronales pour établir le maximum de contacts (ou synapses) entre neurones voisins et, simultanément,  l’élagage des synapses non impliquées dans une fonction. Le THC et les autres stimulants des récepteurs cannabinoïdes cérébraux (CB1), laissent persister des synapses qui auraient dû être éliminées, lesquelles constitueront des voies aberrantes de conduction des mécanismes délirants et hallucinatoires qui caractérisent la schizophrénie. Ils élaguent par contre des synapses fonctionnelles, réalisant des amputations cognitives. Ces perturbations sont d’autant plus intenses que le cannabis est plus fortement dosé en THC ou qu’elles sont produites par les nouveaux cannabinoïdes plus puissants.

Vous avez souvent dénoncé une banalisation du cannabis en France. Ce renforcement du THC n’aggrave-t-il pas le paradoxe entre danger réel et perception sociale ?  Faut-il revoir totalement les stratégies de prévention, notamment en direction des adolescents, face à cette nouvelle réalité de ce produit très puissant ? Quelle réponse sanitaire et politique recommanderiez-vous aujourd’hui à la France et à l’Europe face à cette « invasion » de cannabis superpuissant ?

Jean Costentin :  Il existe un écart croissant entre la banalisation du cannabis, dans laquelle certains persévèrent d’une façon diabolique, alors qu’ils n’ont pourtant plus l’excuse de n’être pas informés (des politiciens, des addictologues à contre-emploi, des idéologues infiltrés dans divers média) et les précisions disponibles des méfaits que peuvent causer le cannabis et les nouveaux cannabinoïdes, chez ses consommateurs, et très particulièrement les adolescents.

Plus que revoir les stratégies de prévention, qui sont d’une totale indigence, il faut les mettre en place de toute urgence. L’Éducation nationale a vu se développer sans réagir, au cours du dernier demi-siècle, le tsunami cannabique ; elle en est encore à expérimenter les modes de communication qui seraient opérationnels pour informer nos adolescents sur cette drogue, dont nous sommes les tous premiers consommateurs en Europe. Cette toxicomanie qui se cantonnait à l’université, a diffusé au lycée ; elle affecte maintenant le Collège or, « plus tôt l’expérimenter, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer ». Cette lutte contre le cannabis qui ouvre la porte à d’autres drogues devrait être, depuis longtemps déjà, érigée en une priorité nationale. Il y va de la santé psychique, mais aussi physique de nos concitoyens, elle conditionne notre développement ou notre régression dans la compétition internationale, l’évolution de notre Société et, à certains égards, de notre Civilisation. 

15% des Français ne boivent pas d’alcool

LINFO.RE – créé le 18.06.2025 à 08h59 – mis à jour le 18.06.2025 à 08h59 – Matthieu Patou-Parvédy

La Fédération Française des Spiritueux constate une diminution de la consommation d’alcool en France. 15% des Français ne boivent plus une goutte d’alcool.

« Depuis quelques temps (…) on a des non-consommateurs absolus, qui ne boivent pas une goutte, ni chez eux, ni dans un cadre de convivialité, et qui l’assument.  », indique Thomas Gauthier, directeur général de la Fédération Française des Spiritueux (FFS) à l’Agence France Presse. En tout, ils représenteraient 15% des Français.

Une absence de consommation d’alcool qui concerne tous les pans de la population. Mais la tendance s’accentue surtout chez la jeune génération. Entre 2020 et 2024, la part des non-acheteurs d’alcool (à domicile) a progressé de 50% chez les 18-34 ans.

Par conséquent, les achats de spiritueux diminuent. Ils connaissent un recul à hauteur de 2,6% en volume. Et ce, peu importe les réseaux de distribution : grandes surfaces, cavistes, cafés ou encore duty free.

Dans les cafés et restaurants, la FFS explique le repli des consommations par la météo défavorable de l’année passée.

La consommation de cannabis peut doubler le risque de décès par maladie cardiaque

cannabis médical

Une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique Heart, a montré que la consommation de cannabis peut doubler le risque de décès par maladie cardiovasculaire et augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral de 20 pour cent, a-t-elle rapportéLe gardien.

Les données proviennent d’une analyse mondiale menée par des chercheurs de l’Université de Toulouse en France, qui ont déclaré que les résultats « soulèvent de sérieuses questions sur les risques pour la santé associés au cannabis ».

Le nombre de personnes consommant du cannabis et des produits contenant des cannabinoïdes a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. Bien que le lien entre cannabis et problèmes cardiaques ait déjà été évoqué, l’ampleur du risque n’avait pas été clarifiée jusqu’à présent.

Les chercheurs ont examiné les données recueillies dans le cadre de 24 grandes études, menées entre 2016 et 2023, portant sur environ 200 millions de personnes.

L’analyse a montré que la consommation de cannabis est associée à :

Risque accru de 29 % de syndrome coronarien aigu (problèmes cardiaques graves)

Risque d’accident vasculaire cérébral 20 % plus élevé

Doubler le risque de mourir d’une maladie cardiaque

Bien que les chercheurs aient reconnu que cette étude comporte certaines limites, comme le manque de données précises sur la quantité de consommation de cannabis et le fait que la plupart des études étaient observationnelles, ils ont souligné qu’il s’agit d’une « analyse complète des données publiées jusqu’à présent sur l’association entre le cannabis et les maladies cardiaques majeures ».

« Ces résultats devraient sensibiliser le grand public au potentiel du cannabis à causer des dommages cardiovasculaires », indique le communiqué de l’étude.

Dans un éditorial conjoint sur l’étude, le professeur Stanton Glantz et le Dr Lynn Silver de l’Université de Californie à San Francisco, ont écrit que l’étude soulève de sérieuses questions quant à savoir si le cannabis présente un risque pour le cœur.

« Cette étude soulève de sérieuses questions sur l’hypothèse selon laquelle le cannabis présente peu de risques pour le cœur », ont écrit les professeurs dans l’éditorial en question.

Ils ont ajouté que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre si les risques proviennent uniquement des produits inhalés ou également d’autres formes de cannabis, comme les produits comestibles ou synthétiques.

« Le cannabis est aujourd’hui plus puissant et s’est développé en une large gamme de produits inhalables à haute concentration, de cannabinoïdes synthétiques et de produits comestibles contenant du cannabis », ont-ils écrit.

Les médecins ont souligné qu’il est nécessaire de comprendre « si le risque provient des cannabinoïdes eux-mêmes ou de particules, de composés aromatiques ou d’autres éléments qui sont inhalés pendant l’utilisation ».

En conclusion, ils ont suggéré que le cannabis soit inclus dans la stratégie de prévention des maladies cardiaques en mentionnant dans la réglementation les risques pour la santé qu’il présente.

Cannabis : la Thaïlande fait marche arrière

Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif
Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif © REUTERS / REUTERS

Martin Lagrave 17/06/2025

Devenue en 2022 le premier pays asiatique à dépénaliser le cannabis, la Thaïlande s’apprête à interdire son usage récréatif. Une nouvelle réglementation face à une explosion des usages récréatifs et des trafics.

Ce qu’il faut retenir : 

  • La Thaïlande s’apprête à interdire l’usage récréatif du cannabis , trois ans après l’avoir légalisé en 2022.
  • Seul l’usage médical resterait autorisé , sur ordonnance.
  • Plus de 90 % des magasins pourraient fermer. 
  • Le gouvernement invoque l’explosion de la consommation chez les jeunes , les trafics, et l’absence d’encadrement légal .

Déjà la fin d’une parenthèse en Thaïlande. En 2022, Bangkok faisait figure de pionnière en Asie en retirant le cannabis de la liste des stupéfiants. Ainsi, la vente, la culture et la consommation de cannabis devenaient légales du jour au lendemain.

Une certaine euphorie s’est alors propagée dans le pays et plus de 10 000 dispensaires ont vu le jour, dopés par l’afflux de touristes et par l’engouement local. Toutefois, cette libéralisation s’est faite sans encadrement légal strict et ce vide juridique a rapidement laissé place au désordre.

La suite après cette publicité

Désormais, la coalition gouvernementale menée par le parti conservateur Pheu Thai veut faire machine arrière. Le ministre de la Santé a annoncé le 8 mai qu’une nouvelle loi était en préparation pour autoriser la consommation de cannabis uniquement sur prescription médicale, délivrée par un professionnel agréé, rapporte The Diplomat.

Un secteur menacé d’effondrement

Pour les acteurs du secteur, le choc est brutal. Chokwan Kitty Chopaka, militante bien connue de la cause et propriétaire d’une boutique à Bangkok, estime que 90 % des points de vente pourraient fermer. Son propre magasin a baissé le rideau début 2025, faute de rentabilité. Après l’explosion de la demande, l’offre a rapidement excédé les besoins : prix à la baisse, concurrence déloyale des produits illégaux.

Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif
Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif SOPA Images/SIPA / © SOPA Images/SIPA

Le retour à un usage strictement médical menace toute une économie parallèle en plein développement. Le cannabis était vu comme un relais de croissance, notamment dans l’agriculture et le tourisme. En 2022, une étude estimait le potentiel du secteur à plus d’un milliard de dollars par an.

Des raisons politiques et sanitaires

Officiellement, ce revirement s’appuie sur plusieurs motifs : une consommation croissante chez les jeunes, une multiplication des points de vente illégaux, et l’essor inquiétant du trafic international. Depuis 2022, la floraison rapide de boutiques – plus de 10 000 enregistrées – a échappé à tout contrôle centralisé.

Nombre de commerçants ont contourné les limites légales, notamment le taux maximum autorisé de THC (0,2 %), en vendant des produits plus puissants que prévu. Parallèlement, le marché noir s’est renforcé, alimenté à la fois par la demande locale et par des réseaux cherchant à exporter discrètement la marchandise.

Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif
Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif Sakchai Lalit/AP/SIPA / © Sakchai Lalit/AP/SIPA

Les autorités thaïlandaises affirment avoir intercepté, en douze mois, plus de 800 tentatives de contrebande dans les aéroports du pays. Des voyageurs étrangers, notamment britanniques, ont été arrêtés en possession de fleurs, d’huiles ou de produits dérivés du cannabis, dissimulés dans leurs bagages. Certains de ces produits ont fini par réapparaître sur des marchés asiatiques et européens.

Alcools forts : pourquoi les Français en achètent de moins en moins

Les spiritueux souffrent aussi d’une érosion d’image. Longtemps associés à la convivialité ou à un certain art de vivre, ils peinent à séduire les nouveaux profils d’acheteurs.

Léo Charcosset

L'alcool pourrait coûter plus cher l'année prochaine
Alcools forts : pourquoi les Français en achètent de moins en moins | journaldeleconomie.fr

Le 14 juin 2025, les chiffres ont confirmé un repli inédit : les achats d’alcool fort sont en chute libre, et 15 % des Français ne consomment plus du tout ce type de boisson. Un changement de comportement qui impacte toute la chaîne, des producteurs aux distributeurs.

Des volumes en net recul dans tous les circuits de distribution

Le marché français des spiritueux traverse une phase de contraction continue. Selon la Fédération française des spiritueux, les ventes en grande distribution ont chuté de 3,8 % en 2024, pour atteindre 247 millions de litres. Dans les cafés, hôtels et restaurants, la baisse atteint 2 %, à 20,8 millions de litres.

Ce repli concerne tous les produits : CognacWhiskyVodkaGinRhum, et liqueurs variées. Les données publiées par Les Échos font état d’une « dégringolade persistante », affectant aussi bien la consommation domestique que les sorties au restaurant.

Une abstinence croissante qui redessine la consommation

Le chiffre marquant de cette tendance est celui diffusé par BFMTV le 14 juin 2025 : « 15 % des Français ne boivent plus une goutte d’alcool ». Une évolution confirmée par 20 Minutes , qui rapporte que « le secteur du spiritueux est de plus en plus inquiet ».

Dans le détail, ce sont les jeunes générations qui se détournent le plus du rayon spiritueux. 20 Minutes, dans son article du 12 juin 2025, souligne que les 18-34 ans sont désormais 13,4 % à ne plus consommer d’alcool fort à domicile, soit le double par rapport à 2020.

Ce désintérêt croissant se traduit par une baisse de fréquentation des rayons spécialisés et un déplacement de la demande vers d’autres segments : vins à faible teneur en alcool, cocktails pré-mixés ou boissons sans alcool.

L’effet “Dry January” et l’impact sur les temps forts commerciaux

Le phénomène est amplifié par les temps forts de la consommation. Le Dry January 2024 a provoqué un effondrement de 22 % des ventes de spiritueux dans la restauration, selon des chiffres relayés par Rayon-Boissons.

Ces chiffres confirment une mutation des comportements d’achat, avec une saisonnalité plus marquée, des pics de désengagement, et un effet d’entraînement au sein des catégories proches. Les spiritueux souffrent aussi d’une érosion d’image. Longtemps associés à la convivialité ou à un certain art de vivre, ils peinent à séduire les nouveaux profils d’acheteurs.

Les campagnes marketing traditionnelles, basées sur l’excellence ou la tradition, semblent moins efficaces auprès d’un public plus volatile, moins fidèle à la marque, et plus attentif à d’autres critères : composition, origine, teneur, degré d’innovation produit. Selon le baromètre SOWINE/Dynata 2025, seuls 22 % des 18-25 ans trouvent les spiritueux « attractifs », un score historiquement bas.

Source

Drogues et alcool au travail : une épidémie silencieuse qui gangrène le monde professionnel

Une enquête d’ampleur réalisée sur plus de 110 000 salariés révèle une explosion de la consommation de stupéfiants et d’alcool en entreprise. Le malaise est profond, et la Bretagne est en première ligne.

La société iThylo, spécialisée dans les dépistages en entreprise, vient de publier une étude édifiante portant sur les usages de substances psychoactives au travail entre 2017 et avril 2025. Les résultats, issus de plus de 110 000 tests salivaires et éthylotests, dévoilent une réalité préoccupante : la consommation de drogues et d’alcool en milieu professionnel est en forte hausse.

Un doublement des cas positifs en moins de 10 ans

En 2017, 2,6 % des salariés testés étaient positifs à l’alcool ou aux stupéfiants. En 2025, ce taux atteint 5,3 %, soit une augmentation de 107 %. Le phénomène s’est particulièrement aggravé depuis la crise du Covid, avec une progression de 43 % de l’alcool et 52 % des drogues entre 2022 et 2025. Contrairement à certains préjugés, cette consommation ne se limite plus à quelques profils urbains festifs ou à des cadres stressés : elle touche désormais massivement les travailleurs précaires et les intérimaires.

Le cannabis reste la substance la plus détectée, avec 1,8 % de positivité en moyenne. Mais c’est la cocaïne qui connaît la plus forte progression : +1 200 % entre 2017 et 2025. Les cas les plus frappants concernent des groupes de travailleurs consommant collectivement, notamment sur les chantiers de nuit. L’héroïne, bien que marginale, apparaît dans un tiers des tests envoyés pour confirmation.

Alcool : des pics en soirée… et le vendredi

Les tests réalisés en fin de journée ou durant les horaires de nuit révèlent une nette augmentation des cas positifs à l’alcool, atteignant jusqu’à 7 % dans certaines tranches horaires. Le vendredi se distingue également par un pic de consommation, preuve que la veille de week-end relâche les freins chez certains salariés.

L’étude révèle aussi des disparités régionales inquiétantes : la Bretagne arrive en tête avec 6,6 % de tests positifs cumulant alcool et stupéfiants, bien au-dessus de la moyenne nationale. Une statistique qui interroge, tant sur les habitudes que sur les conditions de travail dans la région.

Derrière les chiffres se cache un mal-être plus profond. Si l’étude souligne les risques accrus d’accidents du travail (jusqu’à 20 % selon l’INRS) et le gouffre financier lié à ces comportements, elle soulève surtout une question de fond : pourquoi tant de salariés consomment-ils ? Fuite, perte de sens, pression psychologique, déstructuration sociale ? Les réponses, elles, peinent à émerger. Mais une chose est sûre : une société qui voit ses travailleurs se réfugier dans la drogue et l’alcool est une société en perdition.

Source

Consommation de cannabis chez la population générale (tiré de l’EQC)

Les données sur la consommation de cannabis présentées sur cette page sont tirées de l’Enquête québécoise sur le cannabis. Cette enquête offre une vue approfondie des différentes modalités de consommation.

Consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois

Situation actuelle

Consommateurs : personnes qui ont pris ou essayé de la marijuana, du cannabis, du pot ou du haschich au moins une fois au cours de la dernière année.

Les données issues de l’Enquête québécoise sur le cannabis (EQC) de 2024 indiquent que 18 % des Québécois de 15 ans et plus ont consommé du cannabis au cours des 12 mois précédant l’enquête, les hommes en plus grande proportion que les femmes (22 % contre 14 %).

Les jeunes adultes de 21-24 ans représentent le groupe d’âge où l’on retrouve la plus grande proportion de consommateurs de cannabis (35 %) au cours de la dernière année, suivis par les 25-34 ans (31 %), les 18-20 ans (28 %), les 35-54 ans (21 %) et les 15-17 ans (16 %). La plus faible proportion de consommateurs de cannabis au cours des 12 derniers mois est observée chez les personnes de 55 ans et plus (8 %).

Lire la suite

Whisky, rhum, cognac… Les Français boivent (un peu) moins d’alcools forts paraît-il

Santé !•Que ce soit dans les bars, restos, magasins ou à la maison, les Français consomment moins de spiritueux. Les ventes ont baissé de près de 3 % en 2024

Les achats de spiritueux ont chuté de 2,6% en 2024 en France.
Les achats de spiritueux ont chuté de 2,6% en 2024 en France. - Caro / Waechter / Sipa

M.L. avec AFP

L’essentiel

  • Les achats de spiritueux en France ont reculé de 2,6 % en 2024, avec une baisse dans tous les canaux de distribution et types d’alcools forts.
  • Malgré cette baisse, les Français ont consommé près de 268 millions de litres de spiritueux en 2024, ce qui représente environ 7 bouteilles par personne de plus de 19 ans sur l’année.
  • Le directeur général de la FFS affirme pourtant que tous les indicateurs sont à la baisse et que les exportations, qui représentent la moitié de la valeur du secteur, ont également chuté de manière significative.

Powered by Audion

Qu’on se le dise, les Français boivent moins. Enfin un peu moins. Enfin un peu moins d’alcools forts en tout cas. Selon la Fédération française des spiritueux (FFS), les achats de spiritueux en France ont en effet reculé de 2,6 % en 2024, que ce soit dans les grandes surfaces, chez les cavistes, dans les bars et même les dans boutiques de duty free.

Les grandes et moyennes surfaces ont écoulé 247 millions de litres de ces alcools distillés d’au moins 15 %, soit une diminution de 3,8 % par rapport à 2023. Si les alcools blancs, dits « festifs » résistent mieux, les whiskys et anisés, dont plus de la moitié des ventes se fait en supermarchés, poursuivent leur recul. La tendance est identique pour les cafés et restaurants, avec 20,8 millions de litres, en baisse de 2 %.

Veuillez fermer la vidéo flottante pour reprendre la lecture ici.

Près de sept bouteilles par personne en 2024

Pourtant, ce sont donc quand même près de 268 millions de litres de spiritueux qu’ont ingurgité les Français en 2024. Si l’on se base sur les chiffres de l’Insee et que l’on ne compte que les personnes de plus de 19 ans, soit 57 millions de Français, cela représente un peu moins de cinq litres par personne sur une année. Ou près de sept bouteilles de Vodka, Whisky, gin ou autre.

Cocaïne, cannabis, alcool… Les consommations de drogues ont explosé de 107% dans les entreprises

Marine Cardot

"Les consommateurs de cannabis sont des gens aisés", raconte sur RMC Jérémy, bac+5 et père de famille. (Photo d'illustration).
« Les consommateurs de cannabis sont des gens aisés », raconte sur RMC Jérémy, bac+5 et père de famille. (Photo d’illustration). – Victoria Hazou – AFP

Explosion de l’usage de la cocaïne, intérimaires et travailleurs de nuit surexposés… Les tests positifs à l’alcool et aux drogues ont doublé en 8 ans, selon une étude publiée par Ithylo, qui réalise les dépistages en entreprise.

Épidémie d’addictions chez les salariés français. Selon une nouvelle étude, les tests positifs à l’alcool ou aux stupéfiants ont augmenté de 107% en huit ans dans les entreprises. Le taux de positivité a ainsi plus que doublé, passant de 2,6% en 2017 à 5,3% en 2025. Les consommations marquent notamment une forte hausse après la période Covid.

« Ce n’est plus une série de cas isolés, mais une dynamique massive et persistante », alerte l’étude.

Elle a été réalisée par l’entreprise Ithylo (qui réalise ces dépistages) sur un large panel de salariés (plus de 100.000 échantillons), principalement dans les secteurs du BTP, de l’énergie, du transport et de l’industrie. Il faut savoir que les entreprises sont autorisées à faire pratiquer ces tests inopinés et obligatoires pour les salariés en postes dits « hypersensibles », c’est-à-dire pour lesquels la consommation de drogues présente un danger grave pour eux-mêmes et leurs collègues.

13 fois plus de cas positifs à la cocaïne

Selon les résultats, l’usage de la cocaïne explose particulièrement, avec 13 fois plus de cas positifs à la cocaïne en huit ans. Si cette drogue semblait autrefois réservée à certains milieux festifs ou de cadres urbains, elle s’est aujourd’hui installée, même chez les ouvriers.

« Nous pensions l’usage de cocaïne marginal en entreprise. C’est désormais une réalité présente sur les chantiers, les sites industriels et les bureaux », s’alarme Jean-Jacques Cado, président d’Ithylo.

Le cannabis reste la substance la plus dépistée (1,8% de salariés positifs). L’alcool, quant à lui, enregistre un net pic en soirée, notamment après 17 heures et les vendredis, avec des taux jusqu’à deux fois supérieurs à la moyenne.

Les intérimaires et les précaires plus vulnérables

Mais alors qui sont les salariés qui consomment sur leur lieu de travail? Les travailleurs les plus précaires sont les plus vulnérables face au risque d’addiction. Les intérimaires sont particulièrement concernés: alors qu’ils ne représentent que 15% de l’échantillon total, ils concentrent à eux seuls 25% des cas positifs au cannabis, 31% à la cocaïne et 18% à l’alcool.

Selon différentes études sur le sujet, une surexposition aux addictions est observée pour les salariés qui ont des conditions de travail plus difficiles: notamment les horaires décalés, l’isolement, la faible intégration aux collectifs et le manque d’accès à l’information ou à la prévention.

La moitié des intérimaires déclarent en effet ne pas savoir vers qui se tourner en cas de souffrance liée à une consommation. Beaucoup craignent aussi que se signaler leur coûte leur mission. « L’efficacité d’une politique de prévention se mesure à sa capacité à atteindre les plus fragiles », explique Jean-Jacques Cado.

« Exclure les intérimaires, c’est créer des angles morts où les risques explosent. »

« Ils avaient consommé ensemble »

Des cas de consommation de groupe ont même été observés. Jean-Jacques Cado cite notamment l’exemple d’un chantier de nuit de 21 personnes, où 7 intérimaires logeant ensemble avait été testé positifs à la cocaïne. « L’un d’entre eux avait apporté la substance et ils avaient consommé ensemble », raconte-t-il.

Ce phénomène s’accentue sur les équipes de nuit, souvent moins encadrées et plus isolées, où les tests révèlent jusqu’à 1 salarié sur 5 positif sur certains sites. Selon l’étude, ces chiffres suggèrent une utilisation des substances comme outil de compensation: pour rester éveillé, tenir physiquement, gérer l’ennui ou simplement s’extraire d’un rythme pénible.

« On voit très clairement que la consommation se déplace là où le regard s’éteint. Moins de supervision, plus de fatigue, plus de tentations. C’est un terrain fertile pour les comportements à risque », souligne Jean-Jacques Cado.

Il faut toutefois noter que l’étude met particulièrement en avant les conduites addictives dans les milieux ouvriers du fait de la composition de l’échantillon, ce qui ne veut pas dire que les drogues ou l’alcool sont absents des bureaux.

Accompagner plutôt que licencier

Ces comportements peuvent être très dangereux, pour le salarié lui-même et ses collègues. Le risque d’accidents du travail graves est multiplié par 2 dès lors qu’il existe une consommation d’alcool hebdomadaire excessive (au moins 2 verres par jour chez les femmes et 4 verres par jour chez les hommes), selon l’étude « Les conduites addictives de la population active », grâce aux chiffres de de la cohorte Constances.

Mais alors que se passe-t-il lorsqu’un salarié est testé positif aux substances psychoactives? « Dans la plupart des cas les entreprises vont avoir une démarche d’accompagnement pour aider le salarié à sortir de son addiction », assure Jean-Jacques Cado.

Évidemment en cas de récidive, des sanctions disciplinaires comme un licenciement peuvent être prises. Mais dans un premier temps, ce n’est pas le plus efficace car l’employé pourra retrouver un emploi dans une entreprise moins regardante, selon le spécialiste.

« Le dépistage n’est pas un piège, ni une stigmatisation. C’est un électrochoc bienveillant. Il révèle ce que le collaborateur n’ose pas dire, ce qu’il cache sous pression, par solitude ou en état d’épuisement », explique-t-il. Son entreprise propose notamment une ligne d’écoute confidentielle permettant aux salariés concernés de discuter avec un professionnel de santé, parfois pour la première fois.

L’INRS (institut national de recherche et de sécurité au travail) conseille notamment aux employeurs de mettre en place des actions de prévention, en concertation avec le CSE et les syndicats. Il peut s’agir notamment d’évaluer et de limiter les risques psychosociaux (qui jouent un rôle dans les conduites addictives).

L’entreprise peut aussi limiter les consommations d’alcool sur le lieu de travail (lors des pots par exemple). Elle doit par exemple veiller à fournir systématiquement des boissons non alcoolisées et à mettre à disposition des salariés de quoi se restaurer.

Marine Cardot

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑