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juin 2025

Au moins 24 millions d’Européens ont consommé du cannabis en 2024

Publié le 11 juin 2025

By Aurélien BERNARD 

Consommateurs de cannabis en Europe

Le cannabis reste la substance illicite la plus consommée en Europe, avec 24 millions d’adultes, soit 8,4% de la population âgée de 15 à 64 ans, déclarant en avoir consommé au cours de l’année écoulée, selon le Rapport européen sur les drogues 2025 publié par l’Agence des drogues de l’Union européenne (EUDA).

Publié le 5 juin, ce rapport annuel offre un aperçu complet des tendances actuelles en matière de drogues dans les États membres de l’UE, en Norvège et en Turquie, sur la base de données issues d’enquêtes nationales et de sources répressives.

La France, l’Espagne et l’Italie en tête du classement pour la consommation au cours de la vie

Le rapport fait remonter les disparités importantes en matière de consommation à travers le continent.

La France enregistre la plus forte consommation de cannabis au cours de la vie chez les adultes âgés de 15 à 65 ans, avec 50,4 % d’entre eux déclarant en avoir consommé au moins une fois. L’Espagne suit avec 43,7 %, puis l’Italie avec 34,8 %.

La moyenne européenne de la consommation au cours de la vie se situe, elle, à 8,4%, montrant d’énormes disparités dans les approches culturelles du cannabis au sein de l’Europe.

Bien que le cannabis soit illégal dans la plupart des pays européens, 4,6 millions de personnes ont déclaré en consommer quotidiennement. Plus de 90% des consommateurs ont indiqué que leur consommation avait lieu à domicile, et 80% ont déclaré le consommer sous forme de joint, qu’il s’agisse d’herbe ou de résine.

La consommation chez les jeunes est en baisse, mais l’initiation précoce persiste

Si la consommation chez les adultes reste stable ou en augmentation, la situation semble évoluer chez les jeunes. Depuis 2003, le pourcentage de jeunes de 15 à 16 ans déclarant avoir consommé du cannabis au cours du mois précédent est passé de 9,7 % à 5,7 %, et la consommation au cours de la vie dans cette tranche d’âge a diminué de 21% à 13%.

L’initiation précoce persiste. 2,6 % des élèves interrogés ont déclaré avoir essayé le cannabis avant l’âge de 13 ans, ce qui suggère que si la consommation globale chez les jeunes est en baisse, les efforts de prévention restent difficiles en matière d’exposition précoce.

Puissance et trafic

Le rapport attire l’attention sur une tendance persistante : l’augmentation de la puissance de la résine de cannabis.

« Les tendances indexées montrent que la teneur moyenne en THC de la résine a presque doublé entre 2013 et 2023, tandis que celle du cannabis herbacé est restée globalement stable », indique le rapport. Cette évolution est attribuée en partie à l’évolution des techniques de production et à l’évolution des préférences des consommateurs.

Parallèlement à l’augmentation de la puissance, les saisies de cannabis ont également atteint des niveaux records. En 2023, les États membres de l’UE ont signalé 259 000 saisies de résine totalisant 551 tonnes et 219 000 saisies de cannabis herbeux totalisant 201 tonnes.

L’Espagne, en particulier, a connu une forte augmentation des saisies de beuh depuis 2019, suggérant selon le rapport des changements dans les flux de trafic et les centres de production.

Selon l’EUDA, les méthodes de trafic se diversifient, le cannabis arrivant désormais par avion de ligne en plus des itinéraires traditionnels par conteneurs et camions.

« Depuis 2019, le volume de cannabis saisi a considérablement augmenté en Espagne », note le rapport, suggérant des liens croissants entre l’Europe et les marchés légaux au Canada, aux États-Unis et en Thaïlande.

Préoccupations sanitaires liées aux concentrés et aux substituts du cannabis

L’essor des concentrés tels que la rosin et le shatter, parallèlement à la prolifération des cannabinoïdes semi-synthétiques tels que le HHC, le HHC-P et le THCP, suscite une inquiétude croissante parmi les professionnels de la santé.

Ces derniers sont souvent vendues dans des zones grises légales, commercialisées comme des alternatives au cannabis, mais sans faire l’objet du même contrôle réglementaire.

« Bien que les connaissances sur les effets du HHC chez l’homme soient limitées, des inquiétudes ont été soulevées à mesure que des études ont été publiées, notamment certains rapports faisant état de liens avec la psychose », note le rapport.

En Tchéquie, le Centre d’information toxicologique a enregistré plus de 170 consultations liées au HHC entre juin 2022 et février 2024, dont beaucoup concernaient des jeunes ayant consommé des produits comestibles tels que des gummies.

Une image incomplète de la consommation et des effets nocifs

Les auteurs avertissent que leurs chiffres pourraient sous-estimer les niveaux réels de consommation, compte tenu du statut illégal du cannabis dans de nombreux pays de l’UE. La stigmatisation sociale et les risques juridiques peuvent dissuader les consommateurs de révéler leurs habitudes de consommation lors d’enquêtes nationales.

Alors que les débats sur la légalisation du cannabis s’intensifient en Europe, les données brossent un tableau complexe : une consommation élevée et persistante, des modèles de production et de trafic en mutation et des risques émergents pour la santé publique liés aux nouveaux produits à base de cannabinoïdes. Avec une constante : l’interdiction du cannabis ne fait pas baisser sa consommation et génère des externalités négatives dangereuses pour les consommateurs et les sociétés.

Source

La consommation de marijuana chez les seniors atteint des niveaux record

Selon une récente étude publiée dans JAMA Internal Medicine, la consommation de cannabis chez les Américains de 65 ans et plus a bondi de près de 46 % entre 2021 et 2023. Un phénomène inattendu qui traduit, pour certains, les effets secondaires de la légalisation et, pour d’autres, une banalisation préoccupante d’une substance restée longtemps taboue. Le professeur Jean Costentin, expert en pharmacologie, revient sur cette tendance, ses racines, ses dangers – notamment pour la santé des seniors – et alerte sur un aveuglement collectif. Il tient à préciser que les opinions qu’il exprime ici, comme ailleurs, sont entièrement indépendantes des institutions auxquelles il appartient ou a appartenu.

avec Jean Costentin

La consommation de marijuana chez les seniors atteint des niveaux record

avecJean Costentin

Atlantico : La consommation de marijuana aux États-Unis chez les personnes ayant 65 ans et plus a augmenté de près de 46 % entre 2021 et 2023, selon une nouvelle étude publiée dans JAMA Internal Medicine. Quelle est l’ampleur de la hausse de la consommation de cannabis chez les seniors ? Y a-t-il une différence entre les taux de consommation chez les hommes et les femmes âgés ?

 Jean Costentin : Soulignons tout d’abord la qualité, la rigueur et la notoriété de la revue médicale qui publie cet article; revue qui est l’émanation de l’Association Médicale Américaine.

De longue date, comme d’autres collègues n’hésitant pas à l’exprimer, nous avions prévu et prévenu que la légalisation du cannabis, tant à visée « thérapeutique » que « récréative » (disons sans ambages  toxicomaniaque), se traduirait inéluctablement par un accroissement du nombre de ses consommateurs. Cette augmentation nous l’attendions surtout chez les adolescents et les adultes jeunes ; ce qui  a été constaté (U.S.A., Canada…). Elle concerne maintenant, aux USA,  des séniors de 65 ans et plus.

Alors que dans ce 3ème âge le pourcentage des consommateurs de cannabis était inférieur à 1% en 2005, il a été multiplié par 4 en 2018, et il continue de croître, comme en atteste cette étude, qui montre l’augmentation importante de la proportion des consommateurs séniors,  7% des séniors en avaient consommé au cours du mois précédent l’enquête.

L’étude  donne quelques précisions sur la sociologie des séniors concernés : les femmes ne sont pas épargnées par cette augmentation. Ces séniors, pour ceux de race blanche, ont un certain bagage intellectuel, un bon niveau de revenus, sont mariés, résident dans un État américain ayant légalisé de cannabis (38 États l’ont légalisé à des fins « thérapeutiques » dont 24 comme drogue).

La France est-elle particulièrement touchée par ce phénomène ? La consommation de marijuana chez les seniors est-elle en hausse en France ?  Quels facteurs ont contribué  à l’augmentation de cette consommation

 Jean Costentin : La proportion des usagers de cannabis diminue avec leur âge, ses consommateurs étant plus nombreux chez les moins de 35 ans. Par contre l’âge moyen des consommateurs est en augmentation constante ; il était de 25 ans en 1992, il est passé à 33 ans en 2021. Cette augmentation de l’âge moyen des consommateurs résulte d’une moindre consommation par les plus jeunes et d’une prolongation de cette consommation chez ceux qui l’ont débutée dans les années 1990. Chez les 18-24 ans, 50% l’ont expérimenté alors que chez les 25-34 ans ils sont 60%.

Les chiffres des séniors français ne sont pas connus ; l’étude américaine n’ayant pas (encore ?) son équivalent en France.

La  consommation du cannabis chez les séniors ne peut que s’accroître malgré le caractère prohibé de cette drogue dans notre Nation. Elle se situe dans le prolongement d’une toxicomanie durant leur jeunesse. Il avait été fallacieusement prétendu que l’arrêt du cannabis que consommait l’adolescent se produirait lors de son entrée dans la vie professionnelle ; puis cela a été différé à la période où il s’inscrirait dans une vie familiale ; et de constater maintenant que cela déborde sur le troisième âge.

 Cette fidélisation à la drogue est renforcée par l’accroissement du taux de tétrahydrocannabinol/THC dans les produits en circulation ; ce qui accroit la ténacité de l’addiction, de l’accrochage, de la dépendance. Cette fidélisation est majorée par le faible coût de la drogue, qui n’obère pas le budget du consommateur ; fidélisation enfin par une accessibilité facile ; sa distribution étant assurée en de multiples lieux par plus de 200.000 dealers,  épaulés par l’Ubérisation qui assure une distribution à domicile.

 Dans le même temps cette consommation a tendance à  régresser chez les adolescents. Ce n’est pas par l’effet d’une  prévention que n’effectue ni l’éducation nationale, ni les pouvoirs publics, et moins encore des addictologues, qui prônent au contraire sa légalisation. Cette diminution peut être interprétée par un phénomène de mode. Depuis le temps que sévit cette drogue, elle s’est un peu « ringuardisée », d’autant que devenant la drogue des Papys il faut trouver autre chose.  Aux adeptes du changement, les alternatives ne manquent pas : le protoxyde d’azote, des cannabinoïdes de synthèse beaucoup plus puissants que le THC (Buddah blue, Pète ton crâne ou PTC,  le H4CBD,  le spice, le K2, l’hexahydrocannabinol (HHC) et deux de ses dérivés, le HHC-acétate (HHCO) et l’hexahydroxycannabiphorol (HHCP), tous désormais classés comme stupéfiants … des  dérivés du cannabidiol/CBD, tel le H4CBD, le H2CB ; des cathinones (dont la 3MMC) ; l’ecstasy / MDMA, revenue sur le marché noir avec des doses beaucoup plus élevées qu’aux premiers temps de son utilisation. Malgré cette baisse du cannabis, par transfert vers d’autres drogues, la France reste en Europe la Nation la plus intoxiquée par cette drogue.

Quels sont les facteurs qui ont contribué à l’augmentation de la consommation de cannabis chez les seniors ?

 Jean Costentin : Les explications que je vais évoquer sont celles qui me viennent à l’esprit, et ne doivent donc être considérées que comme telles.

A l’âge où les pathologies se multiplient, qu’un état d’inconfort s’accroit, qu’un mal être s’installe, qu’émergent des interrogations existentielles, avec une thanatophobie croissante que n’apaise plus une croyance religieux qui s’amenuise, le libre accès à cette drogue légalisée étant levé le tabou de l’interdiction, se voit justifiée par des considérations thérapeutiques. Ses effets psychotropes, «appétitifs », «de récompense», toxicomanogènes, font le reste, installant l’addiction, la dépendance, l’accrochage.

La légalisation s’est appuyée sur son caractère « thérapeutique », qui est le cheval de Troie, le faux nez, du cannabis toxicomaniaque.  La conclusion d’une analyse de l’académie de Médecine remettait les choses en place ; elle concluait : « le cannabis – un faux médicament mais une vraie drogue ». Plus trivialement je traduis cette conclusion, en m’appuyant sur la signification du mot « shit » anglais, utilisé pour désigner sa résine ou haschisch : « le cannabis un vrai merdicament ».

Dans les indications revendiquées pour le cannabis/THC figurent l’anxiété et la dépression, particulièrement fréquentes chez les séniors. Si le cannabis, en aigu, réduit fréquemment ces troubles (aux bad trips, c’est-à-dire aux pénibles expériences près)  il convient d’ajouter qu’au cours d’un usage chronique du cannabis, une tolérance survenant, ces troubles réapparaissent avec une intensité bien supérieure à celle qui précédait la consommation.

Pourquoi les gériatres s’inquiètent-ils de l’augmentation de la consommation de cannabis chez les seniors ? Quels sont les risques pour la santé chez les personnes âgées suite à cette consommation de marijuana ? 

 Jean Costentin : Un certain nombre des méfaits décrits au cannabis concernent assez spécifiquement les adolescents (crétinisation, diminution de l’attention, syndrome amotivationnel, délires, hallucinations, déclenchement  d’une schizophrénie latente, incitation au passage à d’autres drogues…). Certains méfaits  peuvent aussi concerner, avec une particulière acuité,  les séniors. Parmi ceux-ci : des méfaits cardio-vasculaires : troubles du rythme ; angor ; risque accru  d’infarctus du myocarde ; variations tensionnelles et accidents vasculaire cérébraux. Au plan neuropsychique, des perturbations cognitives  peuvent décompenser ou majorer  une maladie d’Alzheimer ; même si l’hypothèse d’un effet ralentisseur de certains processus neuro-dégénératifs a été avancée ? ; les perturbations de la mémoire de travail, de la mémoire à court terme, peuvent majorer ceux qui caractérisent la maladie d’Alzheimer. La conduite automobile, déjà quelque peu altérée par le vieillissement, s’en trouvera davantage perturbée. Des hallucinations, des troubles délirants, ébrieux, des perturbations de l’équilibre avec des chutes sont souvent rapportées.

Ajoutons pour conclure que, n’ayant pas de très grandes raisons d’être fiers de la société que nous laissons à nos jeunes, n’ajoutons pas à leurs troubles la lamentable exemplarité d’aïeux, shootés, camés ; d’aïeux plus préoccupés par leurs paradis artificiels que par l’héritage terrestre que nous devrions laisser.

« S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous allons laisser à nos enfants, il est plus important encore de nous préoccuper de l’état des enfants que nous allons léguer à notre planète » (devise du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies / CNPERT).

La plante de cannabis, ses composants et leur rôle sur les effets recherchés

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La plante de cannabis contient une multitude de composants. Chacun d’eux présente un profil pharmacologique bien précis. La présence et les proportions de chacun de ces composants peuvent différer largement entre différentes catégories de cannabis, et d’un produit à l’autre. Lorsqu’on tente d’estimer les effets associés à un produit du cannabis donné, il est donc important de prendre en compte sa composition globale.

Le cannabis est une plante dont la fleur femelle est la partie généralement consommée. Cette partie de la plante est celle qui contient la plus importante concentration en cannabinoïdes, en plus de renfermer les terpènes.

Cannabinoïdes

Ces substances chimiques sont les responsables des effets recherchés par les personnes qui font usage de cannabis. Les cannabinoïdes les plus abondants présents naturellement dans la plante sont le tétrahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD), le cannabinol (CBN) et le cannabigérol (CBG). Ceux-ci produisent des effets différents.

THC

Il est responsable des effets psychoactifs (comme l’euphorie), ainsi que des effets stimulants et relaxants. Au Québec, dans l’optique de réduire les conséquences sur la santé associées à l’usage de cannabis, aucun des produits vendus sur le marché réglementé ne peut contenir plus de 30 % de THC. Par comparaison, dans certaines juridictions, la teneur de certains produits peut atteindre 90 % de THC.

CBD

Il est consommé principalement pour le soulagement de symptômes, comme différents types de douleurs. Toutefois, les preuves scientifiques sont à ce jour insuffisantes pour conclure à son efficacité à cette fin.

Les propriétés et effets du CBN et du CBG sont encore peu connus. Ces cannabinoïdes suscitent l’intérêt de certaines personnes consommant du cannabis à des fins médicales, sans que les preuves de l’efficacité existent toutefois.

Terpènes

Ces composés organiques sont présents dans de nombreux végétaux, dont le cannabis. Ils confèrent arômes et saveurs au cannabis.

  • Plus d’une centaine de terpènes existent et peuvent guider le choix de faire usage d’un produit de cannabis plutôt qu’un autre.
  • Bien que les terpènes soient naturellement présents dans la plante de cannabis, il est possible d’en faire l’ajout aux produits de cannabis. Cela peut permettre de camoufler le goût caractéristique du cannabis ou de rehausser un arôme spécifique, rendant alors les produits plus attrayants, en plus de diversifier l’offre disponible sur le marché.

Depuis longtemps, on classe le cannabis en trois catégories : Indica, Sativa, Hybride. Les plantes de cannabis étant désormais fortement hybridées, cette classification ne peut être associée de manière fiable à des effets précis (p. ex. : des effets énergisants ou des effets relaxants). Cette caractérisation est aussi une stratégie de marketing utilisée par les acteurs commerciaux pour diversifier leur offre de produits.

Note(s)

Ce fascicule fait partie d’une série de six fascicules élaborés à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) en vue d’enrichir les connaissances des professionnels des directions de santé publique dont les mandats portent sur les substances psychoactives et, plus spécifiquement, sur le cannabis. Les thématiques abordées dans ces fascicules sont les suivantes :

  1. la plante de cannabis et ses composants
  2. les types de produits
  3. les méthodes de consommation
  4. les effets du cannabis sur la santé physique, mentale et cognitive à court et long terme
  5. l’encadrement légal et réglementaire au Canada et au Québec
  6. les données d’enquête disponibles pour suivre l’usage et ses effets

« Plus dangereux que l’ecstasy et la cocaïne » : la poussière de singe, drogue ravageuse, débarque en France

« Monkey dust », c’est son nom. Cette substance psychoactive, dont les effets chimiques peuvent être désastreux, apparaît en France. Explications.

La police est venue interpeller la femme de 29 ans chez elle.
Une nouvelle drogue de synthèse, appelée « Monkey dust », qui circule déjà au Royaume-Uni, a débarqué en région parisienne en ce mois de mai 2025. (©Illustration Fabien Hisbacq – Actu Occitanie)

Par Briac TrébertPublié le 6 juin 2025 à 21h35

Elle vient officiellement de débarquer sur le marché des stupéfiants en Île-de-France. Et provoque l’inquiétude.

« On reçoit de plus en plus de coups de fil d’enquêteurs nous demandant des informations sur la Monkey dust », constate un laboratoire spécialisé auprès du Parisien, ce mercredi 4 juin 2025. L’une des premières saisies a eu lieu courant mai 2025 en Seine-Saint-Denis, d’après le parquet de Bobigny.  

Cette drogue, que l’on peut traduire, comme « poussière de singe », peut entraîner de graves problèmes, « des overdoses mortelles et une augmentation des crimes et comportements violents au sein de la population », alertent les autorités britanniques qui préviennent depuis des mois sur ce fléau.

« Effets plus puissants et plus dangereux que l’ecstasy et la cocaïne »

La « Monkey dust » est une drogue qui peut « rapidement vous faire sombrer », disent les Anglais.

En Belgique, les douaniers ont aussi lancé des avertissements après des saisies, ces derniers mois. Cette drogue de synthèse est « très dangereuse et très addictive », et ses effets sont plus puissants et plus dangereux que ceux de l’ecstasy ou de la cocaïne, par exemple, écrivent-ils dans un communiqué

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L’utilisation peut entraîner de graves hallucinations, des mouvements incontrôlés et même un comportement violent, donc. Les utilisateurs tombent souvent dans une diminution de la conscience qui les pousse à des actes dangereux, pointent les autorités belges.

La poussière de singe est une substance psychoactive synthétique, également connue sous le nom de MDPV (3,4 méthylènedioxypyrovalérone). Une drogue psychostimulante hautement addictive de la famille des cathinones, sous les appellations « 3-CMC, 3-MMC, 4-MEC, 3-MEC, 2-MEC, etchathinone, MDPV, alpha-PVP, méphédrone, 4-FMC, NRG1,sels de bain, bath salts… », liste le site Drogues-infos-service

La Monkey dust est un stimulant, souvent présent sous forme de cristaux ou de poudre, qui produit une puissante poussée d’énergie et une euphorie comparable à celle de la cocaïne, de l’ecstasy et des amphétamines.L’UkatSociétés privée de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni

La « poudre de singe » est parfois appelée « poussière de zombie », écrit l’Ukat, l’une des plus grandes sociétés privées de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni.

Elle est généralement sniffée, enveloppée dans du papier à rouler et avalée ou fumée dans une pipe.

Très bon marché, notamment comparée à d’autres drogues illicites, la « Monkey dust » est une drogue de prédilection pour les personnes en situation de pauvreté dont les difficultés financières peuvent aggraver leur consommation, pointent les spécialistes anglais.

L’effet puissant produit peut durer jusqu’à 12 heures, et, outre les effets euphorisants, peut également provoquer des hallucinations, de la paranoïa, des comportements irrationnels et une forte augmentation de l’agressivité. 

Ces réactions violentes peuvent être dues à la fois aux effets chimiques de la « poussière de singe » sur le cerveau – elle peut provoquer une chute des niveaux de sérotonine, conduisant à une augmentation de l’agressivité comme la cocaïne et la méthamphétamine – et au manque de contrôle de l’utilisateur sur son propre comportement en raison de la puissance de la drogue.

L’addiction à la « poudre de singe » peut être extrêmement néfaste, tant physiquement que mentalement, même un usage limité et à court terme. Elle comporte un risque élevé de surdose mortelle (des effets peuvent survenir dès 3 à 5 mg), et peut aussi entraîner des problèmes cardiaques et rénaux, des hallucinations et des psychoses… », liste l’Ukat.

Non, boire un verre de vin par jour n’est pas bon pour la santé, voici pourquoi

Philippe, ARVERS, médecin addictologue à l’Université Grenoble Alpes.

Certaines substances et produits sont aujourd’hui reconnus comme dangereux… Mais on leur a parfois prêté, par le passé, des vertus curatives ou de beauté. Erreur tragique. Pour le deuxième épisode de notre série « Les fausses bonnes idées en santé », nous revenons sur une controverse scientifique : le « French paradox », ou quand des chercheurs ont suggéré que le vin protégeait les Français des maladies cardio-vasculaires.

Par le passé, divers travaux ont suggéré qu’une consommation modérée d’alcool aurait pu avoir un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires, comparativement à l’abstinence. Cet effet était supposé expliquer le célèbre « French paradox », qui intriguait les épidémiologistes depuis les années 1970 : pourquoi la mortalité par maladie coronarienne était-elle moins importante en France qu’au Royaume-Uni, alors qu’on y mangeait plus de graisses animales et qu’on y fumait autant ?

Lire aussi : CARTES. Dry january : où boit-on le plus (ou le moins) d’alcool en France ?

Longtemps discuté, cet effet protecteur est aujourd’hui battu en brèche. En 2016 déjà, une équipe de l’Université de Victoria (Canada) avait démontré l’absence d’effet bénéfique sur la mortalité d’une consommation modérée d’alcool. Ses auteurs révélaient notamment que la mortalité, toutes causes confondues, ne semblait pas réduite chez les consommateurs modérés par rapport à la mortalité de consommateurs excessifs.

2019, cette absence d’effet s’est vu à nouveau confirmée par une grande étude prospective chinoise publiée dans la prestigieuse revue The Lancet. Le rôle joué par l’alcool dans le célèbre « paradoxe français » semble bien avoir du plomb dans l’aile…

Le paradoxe français

En 1992, Serge Renaud et Michel de Lorgeril présentaient le « French paradox » dans The Lancet : une consommation journalière de 20 à 30 grammes d’éthanol (soit deux à trois verres standards) pouvait réduire le risque de maladie coronarienne de 40 %.

L’explication donnée alors par les deux auteurs était une baisse de la réactivité des plaquettes, une diminution de leur agrégation. Ils pointaient également l’importance de l’alimentation et plus particulièrement du régime méditerranéen (pain, fruits et légumes, fromage et vin).

Plusieurs autres hypothèses ont cependant été suggérées pour expliquer ce phénomène : plus faible consommation de lactose, moindre consommation d’acides gras trans. On peut légitimement supposer qu’un niveau de développement socio-économique et des modes de vie différents (moins de stress ?) ont aussi une influence.

Ce « French paradox » a fait couler beaucoup d’encre, et la controverse n’est pas terminée. Ainsi, en 2015, un article paru dans la revue la Presse médicale recommandait de boire 1 à 2 verres par jour (soit 10 à 20 grammes d’alcool). Il a entraîné une réponse cinglante, dans la même revue, sous la forme d’un article au titre évocateur : « Le vin : bon pour la santé… des producteurs, et seulement eux ! ». On pouvait notamment y lire : « La recommandation “1 à 2 verres par jour” est médicalement dangereuse. Si des doses faibles ou modérées d’alcool ont un effet protecteur coronaire, celui-ci ne serait que très faible et faudrait-il encore être exposé au risque, ce qui n’est pas le cas des jeunes et des femmes avant 50 ans. »

Lire aussi : ENQUÊTE. Comment le lobby de l’alcool et du vin fait tout pour limiter l’ampleur du « Dry January »

Alors, qui croire ? Pour le savoir, il faut avant tout faire le point sur les conséquences de la consommation d’alcool.

Mortalité liée à l’alcool : la courbe en « J »

En France, on dénombre chaque année 41 000 décès attribuables à l’alcool : 30 000 hommes (soit 11 % de la mortalité des adultes de 15 ans et plus) et 11 000 femmes (soit 4 % de la mortalité des adultes de 15 ans et plus). Les causes de cette mortalité sont multiples : outre les maladies cardio-vasculaires, l’alcool entraîne cancers (foie, colon-rectum, sein, voies aérodigestives supérieures), cirrhose du foie, pancréatite, diabète, épilepsie, accidents et suicides…

Et nul besoin de consommer excessivement pour s’exposer au risque, puisqu’on sait aujourd’hui que pour les cancers et l’épilepsie, pour la cirrhose du foie et la pancréatite, ainsi que pour de nombreuses maladies cardio-vasculaires, il existe une relation effet-dose dès le premier verre d’alcool.

Les choses sont un peu différentes pour les décès par accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVC) et par cardiopathies ischémiques : le risque relatif de décès est moins élevé chez les buveurs « modérés » d’alcool que chez les abstinents et les buveurs « excessifs ». On parle alors de « courbe en J » (ou de courbe « en U »).

Lire aussi : Pourquoi servait-on du vin aux enfants dans les cantines scolaires françaises jusqu’en 1956 ?

Le risque de survenue d’un infarctus du myocarde suit également une telle courbe. C’est une des raisons qui poussent certains à continuer à faire la promotion de l’alcool, et du vin en particulier, sur le mode « consommé modérément le vin, c’est bon pour le cœur ». Mais ce raccourci est problématique, car la courbe en J reflète en effet une tendance globale, valable à l’échelle d’une population donnée. Les conséquences de la consommation d’alcool pour un individu particulier peuvent être sensiblement différentes, car chacun peut présenter ou non d’autres facteurs de risque et/ou de protection.

Autre argument souvent entendu : le vin n’a pas les mêmes effets que les autres alcools. À ce sujet, il faut signaler que, si de nombreuses études se sont intéressées à l’incidence éventuelle du type de boisson (vin, bière, etc.) sur la mortalité cardio-vasculaire, rien de probant n’en est sorti. Aucune étude n’a été en mesure de démontrer de différence entre les conséquences de la consommation de vin et de bière par exemple.

Quant à la modération, elle n’apporte pas non plus d’effet bénéfique en termes de mortalité, comme le démontrent des travaux récents. À condition de prendre garde aux biais méthodologiques…

Mortalité : pas d’effet bénéfique des consommations modérées

En 2006, une méta-analyse (analyse de travaux scientifiques déjà publiés), révélait que de nombreux travaux sur les effets de l’alcool comportaient un important biais méthodologique : souvent, le groupe de référence utilisé (celui des « abstinents ») incluait en fait des individus consommant de l’alcool occasionnellement, ainsi que d’anciens buveurs.

En excluant de telles études pour ne garder que celles jugées exemptes de ce biais, les auteurs concluaient qu’aucune protection significative en termes de maladies cardiovasculaires ne pouvait être décelée. À l’époque, ils déclaraient que : « La protection cardiaque offerte par l’alcool pourrait avoir été surestimée. Les estimations de la mortalité due à une consommation excessive d’alcool peuvent également être plus élevées que les estimations antérieures. »

Dix ans plus tard, ces mêmes auteurs ont publié une autre méta-analyse, visant à explorer l’association entre la consommation d’alcool et le risque de décès « toutes causes ». Leurs résultats sont sans appel : les buveurs modérés (1,3 à 24,9 g d’alcool par jour) perdent tout avantage de santé par rapport aux abstinents. On est donc très loin des effets supposés du « French paradox ».

Autre résultat important à souligner : la courbe en J n’est pas retrouvée lorsqu’on prend en compte les faux-abstinents et les facteurs de confusion qui peuvent interférer avec les résultats (âge, sexe, tabagisme, nombre d’années de suivi).

Une étude sur plus de 500 000 personnes

Début avril 2019, un nouveau clou a été planté dans le cercueil des effets bénéfiques d’une consommation modérée d’alcool sur la mortalité, avec la publication d’une étude prospective chinoise d’ampleur. Cette dernière a suivi, pendant près de 10 ans, l’évolution de la santé de 512 715 adultes vivant dans 10 régions de Chine, en prenant en compte leur consommation d’alcool et d’autres caractéristiques.

Les auteurs ont voulu déterminer si les effets cardiovasculaires rapportés par les précédentes études étaient effectivement dus à une absorption modérée d’alcool. Dans les faits, cette relation de causalité est difficile à établir, car de nombreux facteurs autres que la consommation d’alcool influent sur le risque de survenue de maladies : tabagisme, alimentation, sédentarité…

Par ailleurs, il faut se méfier des causalités inversées : des personnes en mauvaise santé limiteront leur consommation d’alcool, alors que des personnes en bonne santé feront moins attention. Mais cela ne signifie pas que s’abstenir de consommer de l’alcool détériore la santé…

Pour tenter de faire la part des choses, deux approches ont été employées. L’une était basée sur l’épidémiologie conventionnelle : la consommation d’alcool était estimée par questionnaire, les participants déclarant eux-mêmes les quantités ingérées. L’autre s’appuyait sur une particularité génétique.

En effet, de nombreux individus d’origine asiatique sont porteurs de mutations entraînant la déficience d’une enzyme impliquée dans l’élimination de l’alcool. Chez eux, l’absorption d’alcool se traduit par un afflux de sang facial (« flush syndrome ») et des symptômes désagréables (maux de tête, hypotension, tachycardie…). Leur consommation est de facto modérée. Donc en connaissant leur profil génétique, on peut prédire leur consommation.

Absence d’effet confirmée

Les résultats révèlent que la tension artérielle et le risque d’accident vasculaire cérébral augmentent de concert avec l’augmentation de la consommation d’alcool. Pour les AVC et les hémorragies intracérébrales, la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype est associée au risque de maladie de manière continue. les affirmations antérieures selon lesquelles une ou deux consommations par jour pourraient protéger contre les accidents vasculaires cérébraux sont donc fausses.

Pour les infarctus du myocarde, la situation est à nouveau un peu différente, puisque la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype n’est pas associée significativement au risque de maladie.

Ladite consommation semble avoir un petit effet net positif sur le risque d’infarctus du myocarde, lié peut-être, selon les auteurs, à une augmentation du HDL-cholestérol (un effet constaté chez les personnes dont l’alcoolisation est chronique). Cependant, comme l’ont souligné Alain Braillon et Gérard Dubois dans La Presse Médicale, s’il existe un effet protecteur coronaire, il n’est que très faible et ne concerne pas tout le monde.

En définitive, il est surtout important de rappeler qu’il n’existe pas de consommation d’alcool « sans risque », comme l’avait montré une autre méta-analyse parue l’an dernier dans The Lancet. Mieux vaut donc plutôt parler de consommation d’alcool « à moindre risque ». Et relire les recommandations de Santé publique France, plus strictes que celles de l’OMS. 

La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.

Qu’est-ce que la Monkey Dust, cette drogue très addictive qui émerge en France ?

Par Juliette Vienot de Vaublanc Publié le 5 juin 2025

L’Agence de l’Union européenne sur les drogues a appelé jeudi 5 juin 2025 les pays du continent à la « vigilance » face à la menace que représentent les cathinones synthétiques, catégorie dont fait partie la Monkey Dust. Photo d’illustration.
L’Agence de l’Union européenne sur les drogues a appelé jeudi 5 juin 2025 les pays du continent à la « vigilance » face à la menace que représentent les cathinones synthétiques, catégorie dont fait partie la Monkey Dust. Photo d’illustration.  dejah_thoris / stock.adobe.com

Une des premières saisies de Monkey Dust en France a eu lieu il y a quelques semaines en Seine-Saint-Denis, d’après des informations du Parisien. Cette drogue de synthèse, dont les effets s’approchent de ceux de la cocaïne ou de la méthamphétamine, a causé de gros dégâts au Royaume-Uni ces dernières années.Partager

Déjà bien implantée chez certains de nos voisins, la Monkey Dust (« poussière de singe ») gagne du terrain dans l’Hexagone. L’une des premières saisies de cette drogue de synthèse a eu lieu en Seine-Saint-Denis il y a quelques semaines, d’après les informations du Parisien. Ce jeudi 5 juin, l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) a appelé les pays européens à la « vigilance » face à la « menace émergente » que représentent les drogues de synthèse, dont les cathinones, groupe dont fait partie la Monkey Dust.

De son nom scientifique méthylènedioxypyrovalérone (abrégé MDPV), ce produit particulièrement addictif se présente sous la forme d’une poudre blanchâtre qui peut être sniffée, fumée dans une pipe, avalée ou injectée. Il a commencé à être vendu comme drogue de synthèse en 2004 aux États-Unis.

Jusqu’à son interdiction dans le pays au début des années 2010, les consommateurs américains pouvaient acheter des produits étiquetés comme sels de bain et contenant du MDPV. Du fait de la méconnaissance de sa composition, la Monkey Dust a un temps été qualifiée de « drogue du zombie », avant que ce qualificatif ne désigne finalement d’autres drogues de synthèse, retrace l’Observatoire des drogues et des tendances addictives.

« Drogue de prédilection pour les personnes démunies »

La Monkey Dust a des effets comparables à ceux de la cocaïne ou des amphétamines : le produit agit comme un puissant stimulant et diminue la perception de la douleur pendant quelques heures. Mais au-delà de ses effets euphorisants, la MDPV provoque aussi des hallucinations, voire une sévère paranoïa, augmente l’agressivité et les comportements violents. Particulièrement addictive, cette drogue incite également à consommer toujours plus, au risque de l’overdose.

Autre caractéristique préoccupante : son faible coût. « Son prix est très bas, notamment comparé à d’autres drogues illicites, ce qui en fait une drogue de prédilection pour les personnes démunies dont les difficultés financières peuvent aggraver leur consommation », alerte le centre britannique de traitement des addictions sur son site.

L’arrivée de ce produit particulièrement addictif et peu cher en France a de quoi inquiéter au vu de la situation de certains pays étrangers. Dans le centre de l’Angleterre, la Monkey Dust constitue un véritable fléau autour de la localité de Stoke-on-Trent. Depuis que cette drogue de synthèse a commencé à s’y répandre, en 2018, plusieurs cas de consommateurs commettant des actes de criminalité ont été rapportés.

Dans une moindre mesure, la Belgique est également touchée. Après une vaste opération de saisie et d’arrestations, début 2024, le parquet de Flandre-Orientale a tenu à mettre en garde contre les « répercussions graves sur la santé physique et mentale » de la consommation de MDPV, même à petite dose.

Source

Ardèche : Le succès de son miel bio était dû à la plantation de cannabis de son voisin


AUBENAS (07) – 850 pots sur liste d’attente : Rémy P est un apiculteur dépassé par son
succès, où plutôt était car sa production vient d’être stoppée net par les autorités
ardéchoises.

Son miel contenait en effet une quantité importante de THC (tétra-hydrocannabinol), le composé psycho-actif du cannabis, estimée selon un expert local à « un
quart de joint bien chargé par tartine».

D’où provenait cette substance illégale ? De la plantation tout aussi illégale de son voisin, qui sous couvert de cultiver la châtaigne maintenait également un cheptel de près de 200 pieds de cannabis, cachés parmi les arbres et autres végétaux de son domaine de plusieurs hectares. «Lesabeilles
devaient butiner les plantes du voisin, au lieu de butiner les châtaigners.. » conjecturait le jeune apiculteur lors d’un point presse. Une abeille butinant un plant de cannabis ardéchois

Un café, du pain… et de la Skunk !
C’est un père de famille albenassien qui a découvert le pot-aux-roses en faisant passer un bilan sanguin à ses deux enfants de 7 et 9 ans. « Théo et Théa sont habituellement des enfants très excités, leur mère et moi avons beaucoup de difficultés à canaliser leur énergie. Mais depuis quelques temps, ils étaient très calmes…

Trop calmes même; Théo s’est mis à écouter du Sinsemilia dans sa chambre et un dimanche, Théa a regardé une motte de beurre fondre pendant 3 heures d’affilé, en rigolant. On s’est beaucoup inquiétés » déclarait-il, admettant que lui-même et sa femme avaient également développé « un certain penchant »
pour ce miel.

Fini la lune de miel
Mais beaucoup se félicitent de l’arrêt de la production du « space miel », ce n’est pas le cas de tous les consommateurs, à l’instar de Jean-Tristan, 45 ans, l’un des plus gros clients de Rémy qui lui se déclare très déçu. « Avec ce miel je me sens beaucoup mieux, je n’ai plus mes douleurs matinales, je suis de meilleure humeur et j’avais même arrêté de boire ! Là, je sais pas ce que je vais devenir.. j’étais à un demi-pot par jour, arrêter d’un coup va être dur, très dur.. » confiait-il, ajoutant que « si les abeilles trouvent ça bon, c’est que ça peut pas être mauvais pour nous ».

Examiné en laboratoire, ce miel spécial s’est révéléparticulièrement concentré en molécules psycho-actives, comme le résume Océane, une jeune lycéenne, consommatrice malgré elle :
«Les miels, il y en a des clairs, il y en a des foncés. Avec celui-là c’est clair : t’es défoncé !»

Même son de cloche pour Lucette, 78 ans, qui restera longtemps nostalgique de ce « miel
magique », qu’elle et ses amies consommaient régulièrement en début de soirée, sous forme
de « grog » ou dans la tisane : « Nos parties de Scrabble ne seront plus aussi amusantes; moi ça m’est bien égal ce qu’ils mettaient dans ce miel tant que c’est bio, comme ils disent. Ah si vous aviez vu nos parties ! Qu’est-ce qu’on a ri ! Et pis on osait en mettre des mots coquins ! Je peux vous le dire, une fois j’ai tellement ri avec le mot que la Nini a posé que je me suis fait dessus ! Mon Dieu, quelle rigolade ! ».

Même si la justice n’a pas encore tranché, Rémy P ne pense pas être inquiété, contrairement à son voisin qui a déjà été incarcéré : « Je suis un apiculteur moi, pas un dealer. Si je deviens responsable des faits et gestes de chacune de mes abeilles alors on va où là ? ». Réponse le 18 avril prochain au tribunal d’Aubenas.

Le cannabis aurait des effets néfastes sur …

Fumé ou encore ingéré sous forme de boissons, de gâteaux ou de pilules, le cannabis aurait des effets néfastes sur le fonctionnement des vaisseaux sanguins.

C’est ce que démontre une nouvelle étude qui a comparé l’état des vaisseaux des consommateurs de cette drogue récréative à celui de ceux qui n’en consommaient pas.

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L’instant + : en France, les ventes de tabac ont chuté de 11,5 % l’an dernier

France

Les ventes de tabac ont chuté de plus de 11 % l’an dernier en France, révèle vendredi l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, dressant par ailleurs le constat d’une « diminution continue » du tabagisme, que le gouvernement veut évincer de beaucoup d’espaces publics.

Publié le : 30/05/2025

2 minTemps de lecture

Par :FRANCE 24

Un panneau de sens interdit modifié par l'artiste Clet Abraham et représentant une cigarette, dans une rue de Paris, le 13 novembre 2011.
Un panneau de sens interdit modifié par l’artiste Clet Abraham et représentant une cigarette, dans une rue de Paris, le 13 novembre 2011. © Joël Saget, AFP

Le tabac a moins la cote. Au lendemain de l’annonce par le gouvernement français de l’interdiction de la cigarette – dès le 1er juillet – à la plage, dans les parcs ou aux abords des écoles, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) révèle vendredi 30 mai une chute des ventes de tabac de plus de 11 % l’an dernier en France.

« Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 11,5 % en 2024 par rapport à 2023 », écrit l’observatoire dans une note qui détaille une baisse de 12,3 % des cigarettes et de 13,2 % pour le tabac à rouler.

Le tabagisme à un « niveau historiquement bas »

Au total, en 2024, les ventes de tabac chez les buralistes en France « continentale » s’élèvent à 32 846 tonnes.

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