• 28 juillet 2025

« L’alcoolisme chez les femmes est une réalité encore trop taboue. Et les chiffres explosent. » C’est par ces mots que Ludivine Dedonder, députée fédérale (PS), a interpellé le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke en commission Santé.

« Les femmes sont plus vulnérables face à l’alcool, mais aussi plus stigmatisées. Les femmes concernées ont aussi plus de risques de développer des pathologies graves. Pourtant, le tabou reste fort et l’accès aux soins inégal », a insisté Ludivine Dedonder.

Dans sa réponse, le ministre a reconnu l’ampleur du phénomène : « Parmi les demandes de traitement pour un trouble lié à l’usage d’alcool en 2023, à savoir 13 927 personnes, la proportion de femmes est de 34,7 %. Cette proportion est en augmentation depuis 2015, où elle était de 31,8 %. La proportion de femmes en traitement pour un trouble lié à l’usage d’alcool en 2023 est plus élevée en Flandre (34,8 %) et en Wallonie (36,6 %) qu’à Bruxelles (28,7 %). »

Le ministre a ajouté que « parmi les hospitalisations pour des problèmes liés à l’alcool, les femmes représentent 35 à 40 % des admissions. (…) Les résultats de l’étude en question montrent que les femmes recourent davantage aux traitements en milieu hospitalier tandis que les hommes s’adressent plutôt à des centres spécialisés. Certaines barrières comme la stigmatisation plus forte des femmes et le fait d’avoir plus de responsabilités familiales rendent l’accès aux soins plus complexe et soulignent l’importance de développer des services mieux adaptés à leurs réalités. »

Frank Vandenbroucke a rappelé que « dans l’accord de gouvernement, nous prévoyons d’étudier la plus-value de la reconnaissance de la spécialisation en addictologie dans le traitement des addictions, ce qui renforcerait notamment l’offre en alcoologie et en santé mentale, en plus de la convention des soins en psychologie de première ligne. Les politiques doivent intégrer davantage la dimension de genre en collaboration avec les entités fédérées. »

Pour la députée tournaisienne, il est temps d’agir. « Le constat est partagé, mais il n’est pas neuf. Or, les besoins sont urgents ! Le Ministre souhaite une approche encore plus inclusive, des services mieux adaptés et intégrer davantage la dimension de genre.

Cela fait du bien à entendre, parce que depuis la mise en place de ce gouvernement, je ne pense pas qu’on ait beaucoup entendu parler de la dimension de genre », a-t-elle déclaré, avant de demander que « les constats soient enfin traduits en actes ».

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