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Date

23 août 2025

Et si notre foie racontait notre quotidien ?

Le foie, cet organe discret mais essentiel, est aujourd’hui au cœur d’une alerte sanitaire silencieuse. La Dr Laura Weichselbaum a récemment rédigé un article de revue dans “JHEP Reports” (Journal of Hepatology Reports) expliquant que les maladies du foie liées à la consommation d’alcool touchent plus durement les populations en situation socio-économique défavorisée. Une réalité qui mérite d’être regardée avec humanité, lucidité… et responsabilité collective.

Des comportements à risque liés à un contexte de vie

Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’une affaire de « grands crus » ni d’une consommation festive ponctuelle. Ce sont des habitudes comme le binge drinking (boire beaucoup en peu de temps) associées à une mauvaise alimentation, un indice de masse corporelle élevé, et encore une forte consommation de tabac, qui forment un cocktail dangereux. Ces comportements à risque sont souvent exacerbés par des contextes de vie marquées par l’insécurité économique et sociale, un accès limité aux soins de santé, ainsi qu’ un entourage insuffisamment informé.
 

“Aujourd’hui, de nombreuses analyses montrent qu’ à consommation égale d’alcool, les dommages pour la santé sont trois fois plus élevés chez les personnes défavorisées, et ce, même en tenant compte d’ autres  facteurs de risque tels que l’obésité ou la consommation de tabac” indique la Dr Weichselbaum
 

Des inégalités face à la san

Les données montrent que les maladies du foie liées à l’alcool sont surreprésentées dans les milieux défavorisés. Cela ne s’explique pas nécessairement par une consommation plus élevée, mais plutôt par une exposition fréquente à plusieurs facteurs de risque simultanés. De plus, lorsque la maladie du foie se développe, le dépistage intervient souvent tardivement, en raison d’un suivi médical insuffisant.

« La maladie du foie est silencieuse.  En tant que soignant, il est de notre devoir d’être sensible au vécu de notre patient afin de lui proposer le parcours de soin adapté et éventuellement l’inviter à se faire dépister.»

Agir tôt, agir mieux : pour une santé plus équitable

La bonne nouvelle ? Il est possible d’agir.

  • En sensibilisant sans culpabiliser, pour que chacun·e puisse comprendre les risques et les signaux d’alerte.
  • En proposant un dépistage plus accessible, notamment en conscientisant les médecins généralistes et spécialistes aux risques associés au statut socio-économique.
  • En accompagnant les publics concernés à se faire dépister et en informant davantage sur les risques liés à l’alcool.
     

Et si la fiscalité devenait un levier de prévention ?

Dans certains pays, certaines taxes ont été mises en place pour limiter la consommation d’alcool. 

“Peut-être devrions-nous sensibiliser nos décideurs belges à mettre en place des taxes ciblées sur les produits alcoolisés ou conditionnés pour favoriser le binge drinking et ainsi limiter la consommation à risque, tout en finançant des actions de santé publique.” 
 

Ensemble, prenons soin de notre foie… 

La sensibilisation, la prévention et le dépistage pourraient éviter des maladies du foie parfois incurables. 

“Je me permets de rappeler que, même si l’idéal reste de limiter la consommation d’alcool au minimum, il est recommandé de ne pas dépasser 2 verres par jour pour les femmes et 3 pour les hommes.”

Source

Drogues et addictions : l’évolution du regard sur les produits licites et illicites

Publié le 22 août 2025

 Temps de lecture 3 minutes

Par : La Rédaction

Cocaïne, cannabis, alcool, tabac… Une enquête de l’observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) montre que la perception de la dangerosité des substances dépend aujourd’hui davantage des habitudes d’usages que de leur statut légal.

L’observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a publié, le 17 juillet 2025, les résultats de l’enquête sur les représentations, opinions et perceptions sur les psychotropes portant sur l’année 2023.

Il s’agit de la 6e enquête menée depuis 1999. Les réponses ont été collectées auprès d’un échantillon représentatif de 2 718 adultes âgés de 18 à 75 ans résidant en France hexagonale.

Une évolution de la perception de la dangerosité

L’enquête relève une baisse de la dangerosité perçue de trois drogues illicites : l’héroïne, la cocaïne et le cannabis. Cette baisse est particulièrement marquée concernant le cannabis. En 2023, 38% des personnes interrogées considèrent que le cannabis est dangereux dès l’expérimentation contre 54% en 1999.

À l’inverse, s’agissant des drogues licites, le tabac et l’alcool sont perçus comme plus dangereux en 2023 qu’en 1999.

La part des personnes estimant que le tabac ne présente de danger qu’en cas de consommation quotidienne est passée de 77% en 1999 à 56% en 2023, tandis que la part de celles le jugeant dangereux dès la consommation occasionnelle est passée de 1% à 17%.

Pour l’alcool, la perception du danger à partir d’une consommation quotidienne est passée de 84% à 71%, tandis que la perception d’un risque dès la consommation occasionnelle a doublé, passant de 10% à 24%.

Selon les termes de l’OFDT : « Ces changements de perceptions peuvent s’interpréter comme un indicateur positif de l’efficacité des campagnes d’information et des politiques de sensibilisation menées au cours des deux dernières décennies, notamment en matière de prévention du tabagisme et de lutte contre les consommations excessives d’alcool. »

Perception de la dangerosité des différents comportements dont les usages de drogues en 2023

Note de lecture – 33 % des Français estiment que la pratique de « boire de l’alcool » est « très dangereuse ». La somme des pourcentages peut différer de 100 % en raison des arrondis à l’unité.

Graphique: Vie-publique.fr / DILASource: EROPP 2023-OFDTTélécharger les donnéesCréé avec Datawrapper

Drogues et addictions : quels sont les chiffres publiés en 2025 ?

Eclairage

16 janvier 2025

Les opinions sur les politiques de prévention et la réponse pénale

Afin de limiter la consommation d’alcool :

  • 62% des personnes interrogées sont favorables à la mise en place de messages de prévention sur les bouteilles d’alcool de manière similaire à ceux des paquets de cigarettes ;
  • 61% sont favorables à la limitation de vente d’alcool à des magasins réservés aux adultes.

La majorité des personnes interrogées sont favorables à l’expérimentation de la mise à disposition de seringues et de matériel d’injection dans des salles de consommation à moindre risque (SCMR) ou haltes soins addictions (HSA). 73% d’entre elles sont favorables à l’ouverture de salles dans d’autres villes de France que Paris et Strasbourg. Toutefois, lorsqu’on leur demande si elles seraient d’accord avec l’ouverture d’une salle de consommation dans leur propre quartier, seules 20% se disent « tout à fait d’accord ».

Concernant l’application de la législation sur les drogues, les personnes interrogées expriment une nette préférence pour les mesures à visée éducative ou thérapeutique. Les dispositifs d’obligation de soins suscitant le plus large assentiment.
Les amendes financières sont perçues positivement par près de deux tiers des personnes alors que la plupart des répondants sont défavorables à des peines de prison pour les consommateurs.

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