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21 septembre 2025

Ils ont arrêté l’alcool, pourtant leur foie ne guérit plus… la science a enfin compris pourquoi

Publié le 21 Sep 2025

L’impuissance du foie à se réparer, observée chez certains anciens grands buveurs, ne s’explique pas uniquement par la sévérité des lésions. Les cellules, encore vivantes, restent bloquées à l’entrée du processus de renouvellement, comme si une commande interne refusait de s’enclencher.

Le foie n’a pas son pareil pour réparer les dégâts infligés par le temps ou les excès. Cet organe discret peut, dans certains cas, se régénérer presque intégralement. Pourtant, chez de nombreux anciens buveurs, cette capacité s’interrompt brutalement. Malgré l’arrêt de l’alcool, les cellules cessent de se reconstruire, comme si un mécanisme essentiel avait été désactivé. Des chercheurs pensent désormais avoir identifié ce qui entrave en silence la régénération du foie.

Le foie, champion méconnu de la régénération cellulaire

Peu d’organes rivalisent avec le foie en matière de régénération. Après une ablation partielle ou un traumatisme sévère, il peut reconstituer jusqu’à 70% de sa masse fonctionnelle. Cette prouesse repose sur la capacité des cellules hépatiques à réactiver un programme génétique proche de celui observé pendant la phase fœtale, leur permettant de se multiplier avant de retrouver leur maturité.

Mais cette plasticité a ses limites. Dans les formes sévères d’hépatite alcoolique ou de cirrhose, la régénération s’enraye. Les malades, même après avoir arrêté l’alcool, voient leur foie s’effondrer, jusqu’à parfois nécessiter une transplantation. Une situation longtemps considérée comme sans solution, faute de comprendre ce qui bloque précisément ce processus de réparation

Quand le processus dérape : inflammation, épissage et dérèglement génétique

Une étude menée par l’université de l’Illinois, en collaboration avec Duke University et le Chan Zuckerberg Biohub Chicago, lève le voile sur ce dysfonctionnement. Le cœur du problème ne se situe pas dans la destruction cellulaire elle-même, mais dans la manière dont les cellules endommagées produisent leurs protéines. Plus exactement, dans l’étape d’assemblage des ARN messagers, appelée épissage.

Ce processus, qui consiste à retirer certaines séquences d’un ARN pour le transformer en plan de construction d’une protéine, dysfonctionne massivement chez les patients atteints de maladies hépatiques liées à l’alcool. Des milliers de gènes subissent un mauvais épissage, produisant des protéines incomplètes ou mal localisées, incapables de jouer leur rôle dans la régénération tissulaire. Le facteur ESRP2, essentiel à ce mécanisme, se trouve particulièrement diminué dans les cellules hépatiques malades.

Les chercheurs ont observé que cette carence en ESRP2 empêche certaines protéines clés, comme TCF4 et SLK, de pénétrer dans le noyau des cellules où elles sont censées activer des voies de signalisation indispensables à la réparation. En réponse, les cellules restent bloquées dans un état intermédiaire. Elles ne fonctionnent plus normalement, mais ne parviennent pas non plus à se multiplier pour régénérer le tissu. Un piège moléculaire aux conséquences fatales.

Pourquoi la régénération du foie échoue malgré l’arrêt de l’alcool

Ce dérèglement ne provient pas uniquement des cellules hépatiques elles-mêmes. L’environnement inflammatoire qui règne dans un foie abîmé par l’alcool joue un rôle déclencheur. En analysant des échantillons humains et des modèles murins, l’étude publiée dans Nature Communications révèle que l’inflammation chronique stimule la production de cytokines, notamment le TGF-β, qui inhibent directement l’expression d’ESRP2. Ainsi, même en l’absence d’alcool, le tissu hépatique continue à baigner dans un climat biochimique défavorable à sa réparation.

Les chercheurs, relayés par SciTechDaily, sont allés plus loin en testant un inhibiteur de la voie TGF-β sur des cellules hépatiques cultivées. Résultat, le niveau d’ESRP2 est remonté, l’épissage est redevenu fonctionnel, et les protéines ont retrouvé leur localisation nucléaire. Cette correction expérimentale offre une piste prometteuse pour restaurer la capacité de régénération du foie, sans passer par une greffe.

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Cannabis et fertilité : une étude révèle des risques accrus pour la qualité des ovocytes et des embryons

Une étude scientifique publiée dans Nature Communications vient d’apporter la première preuve directe que la consommation de cannabis peut altérer la qualité des ovocytes humains et augmenter les anomalies chromosomiques chez les embryons. Des résultats qui inquiètent les spécialistes de la fertilité, alors que l’usage du cannabis progresse chez les femmes en âge de procréer.

Des anomalies chromosomiques plus fréquentes

L’équipe de la chercheuse Cyntia Duval, embryologiste au CReATe Fertility Centre de Toronto, a mené deux études distinctes. La première consistait à exposer des ovocytes humains immatures à du THC, le principal composant psychoactif du cannabis. En 24 heures, les chercheurs ont constaté une augmentation de 9 % des anomalies chromosomiques et des dysfonctionnements des fuseaux cellulaires, structures essentielles à la division cellulaire.

La seconde étude s’est appuyée sur plus de 1 000 femmes suivant un traitement de fécondation in vitro (FIV). Parmi elles, une soixantaine présentaient des traces de THC. Résultat : seuls 60 % des embryons issus de ces patientes affichaient un nombre normal de chromosomes, contre 67 % dans le groupe sans THC. Ces erreurs, appelées aneuploïdies, sont connues pour réduire les chances d’implantation et augmenter le risque de fausse couche.

Le cannabis peut donc réduire la qualité des ovocytes, allonger le délai de conception et diminuer les chances de réussite d’une FIV.

Si l’étude ne mesurait pas directement les issues de grossesse, les chercheurs estiment que ces anomalies génétiques pourraient avoir un impact majeur sur les chances de mener une grossesse à terme. Ils soulignent toutefois certaines limites : la fréquence et la quantité de cannabis consommées par les patientes n’ont pas été évaluées, et l’âge des femmes – un facteur clé pour la qualité des ovocytes – n’a pas été pris en compte.

Une tendance inquiétante

Aux États-Unis, l’usage du cannabis pendant la grossesse a triplé entre 2002 et 2020. Chez les 19-30 ans, les femmes consomment désormais davantage que les hommes. Cette évolution survient dans un contexte de baisse généralisée des taux de natalité dans les pays développés.

La littérature scientifique associait déjà la consommation de cannabis pendant la grossesse à un risque accru d’autisme, de faible poids de naissance, de prématurité et même de mort-né. Du côté masculin, des travaux ont montré une baisse de 28 % du nombre et de la concentration de spermatozoïdes chez les consommateurs réguliers.

Au final Le cannabis interfère avec l’ovulation, l’équilibre hormonal et la préparation de l’utérus. Les femmes qui en consomment peuvent mettre plus de temps à concevoir.

Les conseils médicaux sont donc clairs :  éviter le cannabis lorsqu’on souhaite une grossesse, pendant la gestation et l’allaitement. Même une consommation occasionnelle pourrait réduire les chances de conception par cycle

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