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septembre 2025

Cannabis : entre promesses hallucinates et réels dangers

Une popularité en hausse, des effets plus puissants, de nouveaux usages… De nouvelles études permettent aujourd’hui de démêler le vrai du faux.

Dans un laboratoire situé au coeur de l’immense unité de production de cannabis de l’entreprise californienne Raw Garden, aux États-Unis, l’odeur de la marijuana est immédiatement reconnaissable. Des techniciens en blouse blanche surveillent des machines de raffinage qui ronronnent doucement en produisant à la chaîne des bidons de plusieurs litres d’une huile ambrée.

Dans une pièce voisine, près d’une rangée d’étuves de séchage sous vide, l’huile ainsi extraite a été utilisée pour concocter toute une série de préparations disposées dans des récipients en ……

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 Quelle évolution pour les salles dites « de consommation à moindres risques » / « salles de  de shoots » ?

Professeur Jean Costentin

               Les « salles de consommation à moindre risques » des drogues que s’injectent les toxicomanes sont expérimentées depuis 2016, à Paris et à Strasbourg. Elles arriveront au terme de cette durée d’expérimentation à la fin de cette année.

Les camps qui dès leur origine s’opposaient sur ce projet restent neuf ans après sur leurs positions. Ainsi « Médecins du Monde », l’association AIDES, l’association ASUD (Autosupport des usagers de drogues), la Fédération Addiction, plusieurs courants idéologiques situés à gauche de l’éventail politique, militent non seulement pour leur pérennisation mais aussi pour leurs multiplications.

S’y associent des addictologues qui militent de surcroît pour une légalisation de toutes les drogues. Leur attitude  est  surprenante, alors qu’ils sont si peu efficients pour sortir du marasme  de leurs addictions les victimes de celles-ci et qu’ils n’ont rien fait et continuent de ne rien faire pour prémunir de ces drogues ceux qui en sont ou seront leurs consommateurs. Leur patientèle qui s’accroit sans cesse, les amène à requérir des dispositifs et des moyens de plus en plus importants pour leur prise en charge.

Ces « salles de shoots » s’apparentent  à des soins palliatifs, à une démission devant les addictions ; attitude à l’opposé d’un combat pour guérir leurs victime. Un autre aspect de leur démission réside dans une prescription ad vitam, sans décroissance programmée des doses des opioïdes de substitution, la méthadone ou la buprénorphine à haute dose.

Beaucoup de victimes de ces addictions attendent, sans pouvoir bien l’exprimer, une prise en charge cohérente qui d’abord instaure puis ensuite consolide durablement l’abstinence ; loin d’un retour à la rue, avec accompagnement de jour dans un dispositif de réduction des risques très sommaire.

Les courants favorables aux salles de shoots disposent de forts relais médiatiques et sont épaulés par des partis politiques. Une proposition de loi visant à ouvrir des « salles de shoots », dans chaque centre d’accueil de toxicomanes (CAARUD et CSAPA) a été signée par 6 députés de la gauche parisienne, ce qui ferait 36 salles de shoots pour Paris !

Rien n’est dit du coût de cette proposition et, en particulier,  aucune comparaison n’est faite avec les modèles d’accompagnement basés sur le maintien de l’abstinence avec réinsertion sociale, tel qu’il est pratiqué dans les pays anglosaxons et dans très peu de structures en France.

Alors que je présidais en 2016 le Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT), son importance relative réhaussé par la notoriété de beaucoup de ses membres, m’ont fait désigner comme le porte-parole d’un collectif formé d’une dizaine d’associations, toutes opposées à l’instauration de ces salles.

Par leurs arguments ces associations ont contribué à l’édification d’un argumentaire commun, qui pourrait avoir contribué à restreindre la prolifération de ces « salles de shoots », aux deux seules expérimentations de Paris et  Strasbourg.

Selon la technique habituelle des lobbyistes / faiseurs d’opinions / influenceurs, le lexique de ces salles de shoots a été manipulé, au point d’être torturé. Il ne fallait plus dire « toxicomanes » mais « utilisateurs de substances addictives », et même plutôt de « substances » (tout court) ; ce mot substance remplaçant le mot « drogue » dès lors à bannir.

Tout comme devait être bannie l’expression trop réaliste de « salles de shoots », pour lui substituer celui de « salles de consommation à moindre de risques » ou encore, moins parlant, son acronyme SCMR ; cela, bien sûr, sans préciser ce qui serait consommé ; ne pas dire qu’il s’agit de drogues, pour ne pas heurter le contribuable, bailleur de fond de cette coûteuse entreprise.

Puis, par un tour de prestidigitation, l’appellation a été changée en « haltes de soins addictions » et plus discrètement encore « HSA ». Cela augure de leur prolifération, puisque qu’elles pourraient s’intégrer aux CAARUD / Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues (il en existe 20 en Ile-de-France, dont 9 à Paris) : et aux CSAPA (Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie)  au nombre de 385 ;  centres financés par l’assurance maladie.

Le paysage des toxicomanies s’est profondément modifié depuis les neuf années qui nous séparent des joutes initiales

– Le narcotrafic a atteint des niveaux très inquiétants, au point de faire redouter l’instauration en France d’un Narco-État et la « mexicanisation » de notre société. En 2024 ont été dénombrés 367 assassinats et tentatives d’assassinats liés au trafic de stupéfiants, avec 150 morts.

– L’accroissement du nombre des toxicomanes.  En 2017,  9,8% des adultes de 18 à 64 ans avaient consommé au moins une fois une drogue illicite autre que le cannabis, ils sont 14,6 % en 2023 , soit une hausse relative de 50 %. L’usage actuel (soit au moins un usage au cours des 12 mois écoulés) augmente de 70 % sur la même période, passant de 2,3 % à 3,9 %.

– Le nombre des héroïnomanes n’a cessé de croître. Entre 2005 et 2017, le nombre d’expérimentateurs est passé de 350.000 à 500.000, tandis que le noyau actif des consommateurs est estimé en 2023 à plusieurs dizaines de milliers de personnes ; à cela s’ajoute  les consommateurs d’autres agents morphiniques codéine, tramadol, buprénorphine, méthadone. Simultanément le nombre des cocaïnomanes a explosé, affectant toutes les strates de la société, même des lycéens, avec appararition dans des soirées étudiantes dont celles de carabins.

– De nouveaux opioïdes, terriblement puissants sont apparus (fentanyloïdes, nitazènes), faisant des ravages aux USA, avec près de 100.000 décès en 2024.

– La prévention des toxicomanies reste le parent pauvre d’une Éducation nationale aux appointés-absents. Les campagnes de la MILDECA sont d’une rareté et d’une discrétion de violettes sans parfum ; semblable mutisme des addictologues, alors qu’ils sont plus bruyants et véhéments pour réclamer la légalisation de toutes les drogues.

– La dette nationale a continué de croître, atteignant des niveaux qui imposent des économies drastiques, ne pouvant épargner le secteur de la Santé. Actuellement, le coût d’une seule salle de shoot est de l’ordre de 3 millions d’€ par an…

– Un antagoniste injectable de l’héroïne (la naloxone) est désormais disponible. Il permet à quiconque de pallier, avant l’arrivée du SAMU, le risque vital d’une surdose/overdose d’héroïne, ou d’un autre morphinique puissant.  Ce médicament pourrait être accessible en de nombreux lieux, au côté des défibrillateurs cardiaques.   

– La contamination par le VIH, l’agent du SIDA, n’affecte plus majoritairement les toxicomanes, comme lorsqu’ils s’injectaient leurs drogue avec des seringues et des aiguilles qu’ils se prêtaient de l’un à l’autre. Une information bien diffusée, jointe à un libre accès à des seringues, souvent même gratuites, a effondré cette modalité de contamination. Il est urgent de se concentrer sur les comportements à risques qui accompagnent le « chemsex » (activité sexuelle intensifiée par diverses drogues) qui se répand et déborde les pratiques homosexuelles.

– Le SIDA, grâce aux polythérapies, n’est plus mortel. Si l’on ne sait toujours pas le guérir, on peut le prévenir chez le sujet exposé, par l’administration  du Truvada®. Actuellement cette infection concerne majoritairement les homosexuels masculins.

– On avait anticipé l’opinion très défavorable des riverains de la salle de shoots qui jouxte l’hôpital Lariboisière ; ils sont nombreux aujourd’hui à estimer que leur quartier est sinistré. 

Ainsi les arguments invoqués pour justifier ces salles se sont, les uns après les autres, révélés faux ou obsolètes.

Exit la prévention de la contamination par le VIH/SIDA ou par les virus des hépatites B ou C, liée au prêt de matériel d’injection entre les injecteurs.

            Exit le caractère indispensable de ce dispositif pour « rattraper » les overdoses des opioïdes, par l’administration sans délai de naloxone d’un antagoniste des récepteurs opioïdes de type mu, désormais disponible en pharmacie. Pour sa large diffusion Il serait opportun qu’elle soit disponible en syrettes (seringues auto-injectables) au côté des défibrillateurs, accessibles en de nombreux lieux. Si l’héroïnomane vit péniblement un syndrome d’abstinence, à la différence de l’overdose il ne met pas en jeu son pronostic vital.

            Exit l’argument jouant de l’effet d’attraction des toxicomanes vers des structures permettant leur prise en charge médicalisée » ; jouant de la stratégie des graines jetées aux moineaux pour les capturer. Pour un coût très élevé, ont été multipliées les structures permettant  de rencontrer  les toxicomanes : les CAARUD ; les CSAPA ; les bus méthadone ;  les médecins généralistes qui peuvent leur prescrire de la buprénorphine à haut dosage (que certains revendent à de jeunes toxicophiles, pour acquérir leur héroïne avec l’argent de cette revente) ; les restaurants gratuits (type restaus du cœur) ;  les maraudes avec distributions alimentaires ; les commissariats où ils sont amenés quand ils ont commis des délits ; les service d’urgence des hôpitaux où ils sont amenés par le SAMU.

Pour compléter ces dispositifs pourraient intervenir des équipes mobiles d’addictologues allant à leur rencontre, dans les lieux qu’ils fréquentent. Ce sont là autant d’alternatives à ces couteuses salles de shoots qui n’assurent même pas une permanence 24/24h, 7 jours sur 7  ….

            Exitl’ argument d’une amélioration de l’ambiance de certains quartiers, et celui de ne plus voir traîner de seringues sur le sol. Le don de seringues et d’aiguilles, avec pour contrepartie l’obligation de rendre le matériel utilisé, réduit cette nuisance, qui doit tout simplement être complétée dans les quartiers fréquentés par les toxicomanes d’une attention redoublée des services de la voirie. A l’entour de ces salles se concentrent dealers et toxicomanes.

Il y a  deux ans j’ai parcouru des rues proches de la salle de shoots qui jouxte l’hôpital Lariboisière. J’y ai rencontré un individu qui délirait et vociférait ; un autre qui déféquait en public ; un troisième dont le soulagement vésical s’apparentait à de l’exhibitionnisme. Un peu plus tard un couple, en partie dévêtu, semblait sur le point de s’adonner « au simulacre de la reproduction ».  

La presse relate la désapprobation des riverains, certains expriment qu’ils ne se sentent pas rassurés,  pour leurs enfants en particulier ; certains voudraient changer de quartier mais le prix de leurs appartements s’est beaucoup déprécié…

            Des dispositions ont été prises pour déresponsabiliser les médecins qui supervisent ces salles, pour le cas où au sortir de celles-ci, des consommateurs se livreraient à des actes répréhensibles dans un état perturbé par les drogues qu’ils se sont ou qu’on leur a  injectées.

            Les toxicomanes, rassurés par la supervision médicale promise, seraient tentés de s’injecter de plus hautes doses de leurs drogues que celles qu’ils utilisaient auparavant ; avec pour conséquence des overdoses que, certes,  l’injection de naloxone permet de sauver.

            Le confort (relatif) de ces salles où s’effectue l’injection des drogues ne dissuade pas du comportement injecteur. Par un mécanisme de type Pavlovien, la drogue est associée au plaisir, l’inconfort des conditions de son administration peut rompre cette relation.

Faire profession de traiter les victimes d’addictions très délétères sans manifester fermement la volonté de les en soustraire, entretient chez le toxicomane un sentiment de désespoir ; cela revient à lui déclarer que sa maladie est irrémédiable.             

Les évolutions constatées au cours de la décennie écoulée,  l’invasion des addictions, l’état très inquiétant dans lequel s’est enfoncé notre Nation en matière de drogues, de toxicomanies, de narcotrafic, d’addictologie, d’endettement n’autorisent plus d’atermoiements.

Elles obligent à mettre enfin en relation les énormes moyens consacrés avec les résultats obtenus. Elles justifient, encore plus qu’autrefois, de s’opposer à la multiplication de ces « salles de consommation à moindre risques » / SCMR / «salles de shoots» / Haltes soins addictions / HSA / salles de shoots, et à la pérennisation des deux salles expérimentales.

     Alors – Que faut-il faire ?

            Ces dérapages incontrôlés sont la conséquence du laxisme, de la permissivité, du « jouir sans limites », de «l’interdiction d’interdire » de la féria de Mai 1968. Un certain nombre d’entre nous mesurent enfin toute les dégradations qu’ils ont occasionné.

            Il est urgent de reprendre les manettes de l’addictologie, de ne plus laisser à ceux qui sont à l’origine ou ont accompagné cette décapilotade, le soin de la corriger.  «On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré» – A. Einstein ..

            Il faut réintroduire dans cette gestion l’autorité qui en a été progressivement exclue. Les drogues étant illicites on dispose des moyens juridiques qui permettent de diriger temporairement le comportement de ceux qui ont abdiqué sa maitrise. L’abstinence sera pratiquée en milieu hermétique à l’entrée de toute drogue ; les pathologies somatiques et psychiatriques seront traitées.  

Une attention privilégiée sera portée à une  re-conformation à la vie en société, à la préparation à une activité professionnelle ; des psychothérapies de soutien, du coaching, l’aide à la découverte de centres d’intérêts sportifs, manuels ou intellectuels. Tout cela ne coûterait pas moins que des salles de shoots, mais correspondrait à une démarche authentiquement médicale, humaniste, à l’opposé d’une euthanasie lente par les drogues.

L’indispensable  alliance entre le toxicomane et son médecin ne doit en aucune façon devenir une collusion pouvant s’apparenter à du deal. Il faudra préparer celui qui est emprisonné dans ses addictions à recouvrer la maitrise de son comportement, ce qui commence par l’instauration de l’abstinence. Il y a de plus en plus de « pairs aidants » et de « patients experts » formés pour intervenir dans ces nouvelles structures à instaurer ou à reproduire,  qui prônent l’abstinence comme base du rétablissement. Cette abstinence est une demande très fréquente des malades dépendants qui veulent être aidés.

On s’est débarrassé trop vite du « sevrage sec », que j’ai vu fonctionner dans un centre « du Patriarche » (manoir des Creuniers à Trouville/mer). Hélas, son initiateur (L. Engelmajer) surfant sur ses succès s’est livré à des comportements répréhensibles qui ont amené à la fermeture de tous ses centres ;  faisant jeter ainsi  le « sevrage sec » avec les comportements répréhensible de son promoteur.

En Italie la communauté San Patrignano (Coriano, Italie), qui fonctionne depuis 1978, accueille 1300 résidents. Près de 75% d’entre eux ne replongeraient pas dans leurs addictions après avoir fréquenté cette institution pendant deux à quatre ans.

Des structures qui fonctionnent depuis 50 ans, majoritairement dans les pays anglo-saxons, s’inspirent du modèle Minnesota ; elles ont prouvé  que leur efficacité était durable. Elles ont établi une très utile continuité au sein de la plus grande fraternité internationale de soutien entre malades dépendants abstinents (Alcooliques Anonymes, Narcotiques Anonymes,…),  ces associations gratuites, anonymes, sont ouvertes à tous demandeurs d’aide, en présentiel ou en visioconférence,  pour fuir « l’esclavage » des addictions en tous genres.

 En France, dans l’esprit de cette démarche visant l’abstinence, disposant hélas de très peu de moyens alors qu’elles ont pourtant une efficacité certaine, deux centres me sont connus :

L’un, d’inspiration religieuse, l’Association Saint Jean Espérance, avec un centre d’accueil à Pellevoisin dans l’Indre (36) et une maison à Mauges sur Loire dans le Maine et Loire (49);

L’autre,  laïque, EDVO (Espoir Du Val d’Oise, ou Écouter… Développer … Vivre libre … Orienter…), à Montmagny (95), animé depuis plus de trente an, avec talent, détermination, abnégation par J.-P. Bruneau et son équipe. Leurs objectifs, leurs résultats et leurs coûts sont sans commune mesure avec le fonctionnement très dispendieux d’une salle de shoots.

Leur méthode d’accompagnement des usagers, publiée sur leurs sites internet reste dans l’ombre des médias, malgré quelques  reportages chaque année. Pourtant son modèle est rapidement duplicable, à bien moindre coût que les « salles de shoots », si le nouveau plan interministériel cesse de donner la priorité à la seule réduction des risques, telle qu’elle est pratiquée depuis plus de 20 ans !

 Les arguments avancés par ceux qui défendaient les successivement dénommées : « salles de shoots » / « salles de consommations à moindre risques »/SCMR ; « haltes soins addictions » /HSA, se sont révélés faux ou sont devenus obsolètes. Ces salles ne sauraient donc être pérennisées et moins encore multipliées.

Les arguments que nous leur opposions ont été vérifiés. Mais plus encore la situation des toxicomanies n’a fait qu’empirer. Elle appelle une révolution dans la politique qui régit les drogues. Elle commande de bruler ce que certains ont fait ou laissé faire ; de repenser en dehors de toute idéologie, sur des bases rigoureusement sanitaires, sociales, sociétales, cette politique.

Il faudra  donner toute sa place à l’éducation, à la prévention, à la prohibition ; revisiter le cahier des charges des addictologues et des structures qui ont proliféré, en portant une attention minutieuse à leurs coûts qui devront être mis en relation avec leurs résultats. Il faudra promouvoir le développement de centres tels celui de Saint Jean Espérance et celui d’EDVO.             

Professeur Jean Costentin

Le mystère de la « maladie du cannabis »

De nouvelles variétés et formes de cannabis très puissantes sont associées à toute une série de symptômes, et les diagnostics de cet étrange nouveau syndrome sont en hausse.

De Stacey Colino, Brian Kevin Publication 6 sept. 2025, 13:19 CEST

Sierra Callaham avait 23 ans quand elle a eu sa première crise d’un mois de douleurs abdominales quotidiennes, de nausées et de vomissements cycliques.

Perplexe, elle a mis ces maux sur le compte du stress – elle était surmenée, et en froid avec sa famille. Des médicaments contre les nausées et l’anxiété lui ont permis de tenir le coup la plupart du temps et, le soir, elle a continué à fumer un peu de cannabis, comme à son habitude. Elle voulait tellement, dit-elle, « [se] détendre et ne plus être aussi présente dans [son] corps ».

Le jeune femme vit dans l’État de Washington, où le cannabis récréatif est légal depuis 2012, et elle en consommait depuis longtemps quotidiennement, quoiqu’avec modération, pour l’aider à dormir. Avant sa première crise gastro-intestinale, fin 2020, elle vapotait de l’huile de cannabis concentrée. Après cet épisode, elle est passée à la consommation de joints préroulés pendant quelques années pour, finalement, revenir au vapotage.

Puis, en février 2024, une autre crise de plusieurs semaines s’est déclenchée – des crampes d’estomac, des vomissements quotidiens incontrôlables –, qui l’a conduite deux fois à l’hôpital. Lors d’une visite, un médecin lui a demandé si elle consommait du cannabis. Après qu’elle lui eut répondu par l’affirmative, le médecin a évoqué un diagnostic provisoire : syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, ou CHS – « -émèse » étant le suffixe clinique désignant les vomissements.

Des épisodes récurrents de nausées, de vomissements et de douleurs abdominales sont les symptômes classiques de cette curieuse affection gastro-intestinale, associée à une consommation fréquente et prolongée de marijuana, en particulier de produits superpuissants. Ce sont des médecins en Australie qui, en 2004, ont décrit pour la première fois le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde. On ignore combien de personnes en souffrent, mais une étude de 2018, extrapolant à partir d’une enquête menée sur des patients admis aux urgences, estime ce nombre à au moins 2,75 millions de personnes par an aux États-Unis. Et, selon une récente publication parue dans le Journal of the American Medical Association, les passages aux urgences pour un CHS ont doublé aux États-Unis et au Canada entre 2017 et 2021.

Comment expliquer cette augmentation ? Selon Deepak Cyril D’Souza, professeur de psychiatrie et directeur du Centre pour la science du cannabis et des cannabinoïdes de Yale, l’un des facteurs de cette augmentation est la puissance croissante des produits à base de cannabis. Il y a trente ans, les échantillons saisis par l’Administration de contrôle des drogues (DEA) des États-Unis contenaient une teneur moyenne (en poids) de 4 % de THC ; en 2022, celle-ci était passée à environ 16 %. Et dans l’huile des cartouches de vape, comme celles utilisées par Sierra Callaham, elle peut atteindre 85 %.

Chez les consommateurs de cannabis légal de la génération Z (nés entre 1997 et 2009), les ventes de produits de vapotage surclassent les autres catégories, selon les données recueillies par la société Headset.

Les recherches pointent aussi l’assouplissement de la légalisation du cannabis récréatif. Dans une étude parue en 2022 dans The American Journal of Gastroenterology, des chercheurs ont comparé les admissions pour un CHS dans un grand hôpital du Massachusetts entre 2012 et 2020, et constaté une augmentation significative après la légalisation du cannabis dans cet État fin 2016.

Problème : le CHS ne se manifeste pas systématiquement. « Pourquoi certaines personnes semblent y être sujettes, et d’autres pas ? C’est un mystère », relève Deepak Cyril D’Souza. « La plupart des fumeurs quotidiens de cannabis ne sont pas touchés », reconnaît Christopher N. Andrews, gastroentérologue et professeur clinicien à l’université de Calgary, au Canada. De plus, parmi ceux qui en souffrent, les symptômes sont fluctuants.

Une théorie avance que le CHS pourrait être lié à une stimulation anormale par le cannabis de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS), qui régule les réponses du corps au stress en ajustant les équilibres hormonaux.

Une autre hypothèse fait état d’une prédisposition génétique, et la dépression et l’anxiété sont courantes chez les personnes atteintes de ce syndrome. « Le paradoxe est que nous ne comprenons pas ce qui le déclenche à un moment donné », note David Levinthal, directeur du Centre de neurogastroentérologie et de motilité au Centre médical de l’université de Pittsburgh. Parmi les principales causes envisagées, dit-il, figurent le manque de sommeil et le stress intense.

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Les raisons qui vous ont poussé à fumer du cannabis pourraient révéler un risque caché

Et si le contexte dans lequel on a commencé à fumer et la nature des traumatismes que l’on a subis étant enfant influençaient les conséquences néfastes du cannabis sur la santé ? C’est ce que suggèrent deux nouvelles études menées par des chercheurs londoniens. Leurs résultats soulignent l’importance de s’intéresser de près aux circonstances dans lesquelles quelqu’un se met à consommer du cannabis

Vous avez commencé à fumer parce que vous trouviez ça sympa et festif ? Ou plutôt parce que le cannabis vous permettait d’atténuer votre anxiété, de mieux supporter vos idées noires ou de soulager vos douleurs physiques ?

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Alcool, excès de vitesse et garde à vue : le lourd bilan routier du dernier week-end d’été

Les gendarmes n’ont pas chômé. Sur l’A20, un conducteur a été intercepté à 184 km/h au lieu des 130 autorisés. Plus inquiétant encore, un autre automobiliste a été flashé à 146 km/h sur une départementale de Saint-Aoustrille, où la limite est fixée à 80 km/h. 

Des excès  de vitesse qui frisent l’irresponsabilité et rappellent combien la route reste un espace de danger permanent.

Ces contrôles, menés avec intensité pour le dernier week-end des vacances, traduisent la volonté des forces de l’ordre de sanctionner sévèrement des comportements qui mettent en péril la sécurité collective.

L’alcool, fléau toujours présent

Quatre conducteurs ont été interpellés pour conduite sous l’emprise de l’alcool. Les taux enregistrés, jusqu’à 0,81 mg/l d’air expiré, dépassent largement les seuils légaux. L’un d’eux, en état d’ivresse, a même refusé de se soumettre au test, aggravant son cas. Ces dérives rappellent que l’alcool reste l’un des premiers facteurs d’accidents graves. À chaque campagne de prévention, les chiffres confirment la même réalité : le cocktail alcool et volant continue de faire des ravages.

Une garde à vue symbolique

Le week-end s’est également soldé par un placement en garde à vue : un conducteur circulait malgré une annulation judiciaire de permis, sans assurance  et sans contrôle technique. Son véhicule a été saisi sur-le-champ. Ce type de comportement, qui défie toute règle élémentaire de sécurité, illustre la détermination des forces de l’ordre à sévir. Car au-delà des chiffres, il s’agit de vies humaines en jeu.

Pour résumer

Dernier week-end d’été sous tension dans l’Indre : 184 km/h sur l’A20, 146 km/h sur une départementale, 4 conducteurs alcoolisés, dont un en état d’ivresse, et une garde à vue pour conduite sans permis ni assurance. Les gendarmes sonnent l’alerte sécurité.

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Les consommateurs d’alcool seraient touchés par ce trouble

Publié le 5 septembre 2025 Par Agathe Mourey

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Samedi soir. Vous prenez un nouveau verre et pensez aux calories ingurgitées : deux bières pour le moment. Donc plus de 200 kcal. Vous commencez à réfléchir à ce que cela représente sur un repas. Voilà, vous avez la solution : demain vous ne prendrez pas de dessert à midi, ou vous irez courir 5 km de plus que votre footing habituel.

Attention, ce genre de réflexion peut vous amener sur le chemin de l’alcoolorexie, ou drunkorexie, qui vient du terme drunk, qui signifie « soûl » en anglais. Cette habitude consiste à limiter ses apports en nourriture pour compenser les calories apportées par l’alcool. Mais cette pratique néfaste pour la santé est une porte ouverte à d’autres troubles du comportement alimentaire (TCA) comme l’anorexie ou la boulimie, et à une hausse de la consommation d’alcool.

Manger moins pour boire plus

Une personne touchée par l’alcoolorexie peut par exemple sauter des repas en prévision d’une soirée arrosée, se faire vomir volontairement le lendemain pour réduire la quantité d’énergie apportée à son organisme, ou avoir une pratique sportive excessive pour boire plus.

Le médecin Enea Patruno Re, qui a réalisé sa thèse sur le sujet, évoque aussi « la prise de médicaments laxatifs et diurétiques qui permet une perte de poids immédiate » dans une interview en 2024 pour France 3 Bourgogne Franche-Comté.

L’objectif est généralement de consommer plus d’alcool sans prendre de poids, mais parfois aussi d’atteindre plus rapidement l’ivresse, explique la docteure en neuropsychologie Ludivine Ritz dans une publication parue sur The Conversation le 26 août 2025. Elle est spécialiste des addictions et chercheuse à l’Université de Caen.

Elle a mené une étude sur le sujet auprès de 3600 étudiants de l’Université dans laquelle elle travaille. Les participants ont répondu à un questionnaire qui a révélé l’ampleur de la pratique : plus de 40 % des étudiants qui consomment de l’alcool étaient concernés.

Ces jeunes étaient également plus à risque de TCA durables et de troubles de l’usage d’alcool (TUAL), avec une plus grande consommation d’alcool bue, plus souvent, et des ivresses plus intenses. Ces résultats étaient proches d’autres études réalisées en Italie et aux Etats-Unis.

Femmes et hommes sont concernés

La chercheuse se base sur ces autres recherches pour affirmer que les femmes sont plus touchées que les hommes, même si ces derniers peuvent aussi être concernés. En général, les femmes souhaitent avant tout contrôler leur poids et leur image, alors que leurs comparses masculins cherchent une sensation d’ivresse plus rapide.

Dans les deux cas, les effets sur la santé sont négatifs. Entrer dans les troubles du comportement alimentaire expose à des risques de dénutrition et de dégradation de la santé mentale, deux types de pathologies aux conséquences potentiellement dévastatrices.

De l’autre côté, consommer de grandes quantités d’alcool sans manger a de plus grands impacts sur le cerveau, et sur les comportements à risques induits par l’ivresse.

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Protoxyde d’azote et alcool : des mesures renforcées pour protéger la tranquillité publique

Mis à jour le 03/09/2025

Face aux risques liés au protoxyde d’azote et aux nuisances provoquées par la consommation d’alcool sur la voie publique, la préfecture et la mairie de Châteauroux agissent conjointement. Interdictions claires, campagnes de sensibilisation et mobilisation des forces de sécurité visent à prévenir les comportements dangereux et à garantir un cadre de vie serein pour tous.

Depuis plusieurs semaines, la police municipale de Châteauroux et la police nationale ont été amenées à intervenir de manière répétée à la suite de troubles à la tranquillité publique occasionnés par la consommation d’alcool sur la voie publique.

Afin de préserver l’ordre et la sécurité publique, et en concertation avec la mairie de Châteauroux, le préfet de l’Indre a pris un arrêté préfectoral interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique entre 22h et 7h.

Dans le prolongement de cette action et conformément aux dispositions du Code de la santé publique, la vente de protoxyde d’azote est interdite aux mineurs.

En outre, la détention et la consommation de tout contenant de protoxyde d’azote par des mineurs dans les espaces publics du département sont également prohibées.

Une campagne de sensibilisation sera conduite conjointement par la police nationale et la police municipale de Châteauroux. Elle sera déployée auprès des commerçants de la ville afin de les informer sur la réglementation en vigueur et de les associer pleinement à la démarche de prévention.

Dans le cadre de cette démarche de prévention et de sécurité, les services de l’État, la police nationale et les représentants de la mairie de Châteauroux recevront les commerçants de la ville le 10 septembre. Cette rencontre permettra d’échanger sur la mise en œuvre des actions de sensibilisation et sur les problématiques de sécurité partagées.

« La sécurité et la tranquillité publique sont des priorités absolues de l’action de l’État. L’arrêté pris, en concertation avec la mairie de Châteauroux, vise à répondre à des comportements qui troublent la vie quotidienne des habitants. La mobilisation de l’ensemble des services de l’État et de nos partenaires locaux traduit notre volonté commune de garantir un cadre de vie serein et sûr pour tous. La tranquillité publique fait partie d’une des trois priorités du Plan d’action départemental sur la restauration de la sécurité du quotidien (PADRSQ). »

Thibault LANXADE, préfet de l’Indre

« La protection des habitants et la préservation de la qualité de vie à Châteauroux constituent des engagements constants de la municipalité. En travaillant aux côtés de l’État et des forces de sécurité, nous mettons en place des mesures fermes et nécessaires pour lutter contre les comportements qui menacent la tranquillité publique. Notre volonté est claire : assurer la sécurité de chacun et renforcer le vivre-ensemble dans notre ville. »

Source

Lettre du CNPERT de Septembre 2025

Chers Collègues,

Voici la lettre de rentrée du CNPERT. La période des vacances a été particulièrement fructueuse, elle nous apporte des informations importantes, nouvelles ou inédites. C’est d’abord une expérience de justice thérapeutique, rapportée par un addictologue de terrain, qui propose avec succès, une méthode médico-psycho-sociale d’accompagnement de jeunes délinquants visant à éviter les récidives.

C’est ensuite le point sur l’usage du cannabidiol (CBD), non toxicomanogène mais dont les préparations proposées sont parfois « complétées »par des substances qui le sont. Le résultat est le développement d’une dépendance, ou son maintien, alors qu’on pensait la réduire.

Le développement de nouvelles benzodiazépines plus puissantes que les précédentes expose au risque d’utilisations malveillantes, en particulier de soumission chimique. Ces nouvelles molécules sont classées dans le groupe des substances stupéfiantes.

La législation européenne tarde à intervenir dans l’interdiction des nouvelles drogues de synthèse (NDS) arguant du fait qu’il faut les avoir identifiées pour pouvoir les interdire. Un de nos brillants collègues propose une modification de la loi. En attendant, ces nouvelles molécules sont libres d’accès : un rapport récent du Sénat dénonce un nouvel Eldorado des NDS.

La dernière information relève que le sevrage tabagique apporte enfin des résultats positifs tangibles. Ils passent par une prise de conscience généralisée de la gravité de sa toxicité qui conduit à restreindre fortement les lieux où l’on peut fumer, à assumer le danger que l’on fait courir au voisinage et à renoncer aux rendez-vous de fumeurs. Les auteurs parlent de « dénormalisation » de l’usage du tabac : non fumer n’est pas, n’est plus, normal.

A bientôt, bonne rentrée, bien confraternellement

                                                                                             Jean-Paul Tillement

Pour telécharger la lettre du Professeur Tillement CLIQUEZ ICI

Ce trouble cognitif grave et méconnu lié à l’alcool

Le syndrome de Korsakoff est une maladie cognitive grave, chronique et irréversible liée à la consommation d’alcool. Elle reste pourtant relativement méconnue des professionnels de la santé, relate TF1.

 Source: TF1

L’association caritative britannique Alzheimer’s Society constate que les individus concernés sont de plus en plus en jeunes, entre 40 et 50 ans, et qu’une personne sur huit atteintes de démence souffre de troubles cognitifs liés à l’alcool. En France, une étude menée entre 2008 et 2013 sur plus de 57.000 cas de démence précoce avait révélé que chez “environ 60%” des moins de 65 ans touchés, elle était “liée à l’alcool”, souligne TF1.

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En outre, selon une étude finlandaise publiée en 2022, les femmes sont légèrement plus vulnérables que les hommes: en effet, la consommation d’alcool “multiplie par 6,1” le risque de démence précoce chez elles, contre 5,7 chez les hommes.

Vitamine B1

Le syndrome de Korsakoff est la conséquence de lésions cérébrales, elles-mêmes dues à un déficit en vitamines B1 (thiamine). Considérée comme “essentielle”, on la retrouve notamment dans le pain, le riz brun, les céréales complètes, le porc, la volaille, le soja, les noix, les haricots, les petits pois, etc. “La prise de 1 à 2 mg par jour suffit à couvrir les besoins journaliers”, commente TF1. Sa carence est très souvent liée à une alimentation pauvre conjuguée à une consommation excessive d’alcool.

Quels effets ?

Le syndrome de Korsakoff détériore profondément la mémoire et la plupart des patients atteints oublient non seulement les souvenirs antérieurs à la maladie (amnésie rétrograde) mais sont également incapables d’en créer de nouveaux (amnésie antérograde). Un manque généralement comblé par de “faux souvenirs”. Elle provoque par ailleurs des troubles de l’équilibre, de la coordination des mouvements et du contrôle oculaire.

Encore méconnu et dès lors mal diagnostiqué et traité, le syndrome de Korsakoff pourrait pourtant être efficacement pris en charge par un simple traitement vitaminique, préconisent les chercheurs qui insistent sur la nécessité de l’intégrer dans les programmes publics de prévention.

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