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16 octobre 2025

Alcool et démence : chaque verre compte

Dr Roseline Peluchon | 16 Octobre 2025

La relation entre alcool et démence fait débat. Une vaste étude combinant analyses observationnelles et randomisation mendélienne semble trancher : toute consommation d’alcool augmente le risque.

La consommation d’alcool est associée à des effets délétères bien connus sur la santé. Toutefois, la relation exacte entre les différents niveaux de consommation d’alcool et le développement de la démence fait l’objet de controverses, avec des résultats parfois contradictoires, en raison de biais méthodologiques importants. Une nouvelle étude a été menée, pour lever ces incertitudes et fournir des preuves solides du rôle causal de l’alcool dans la survenue des différentes formes de démence. 

L’étude est basée sur deux vastes cohortes populationnelles (US Million Veteran Programme et la UK Biobank) et combine les analyses observationnelles classiques et l’approche génétique (randomisation mendélienne linéaire et non linéaire). Les analyses observationnelles portent sur plus de 559 000 personnes âgées de 56 à 72 ans, alors que les analyses génétiques utilisent les données provenant d’une cohorte de 2,4 millions de participants. 

L’approche génétique modifie la perspective

Les analyses observationnelles révèlent une relation en forme de courbe en U entre consommation d’alcool et risque de démence. Le risque le plus important concerne les non-buveurs, les gros buveurs (> 40 verres par semaine : HR 1,41 [IC à 95 % 1,15 à 1,74]), et les personnes présentant des troubles de l’usage de l’alcool (HR 1,51 [1,42 à 1,60]), en comparaison avec les consommateurs légers.

Cela pourrait suggérer qu’une consommation légère à modérée « protègerait » davantage contre la démence que l’abstinence totale. 

Toutefois, l’approche génétique par randomisation mendélienne révèle une relation toute différente : le risque de démence augmente de façon progressive et constante avec la quantité d’alcool consommée, sans aucun effet protecteur observé aux faibles doses. 

Cette divergence pourrait s’expliquer par le fait que les personnes développant une démence tendent à réduire progressivement leur consommation au cours des années précédant le diagnostic. Ainsi, l’effet protecteur apparent d’une faible consommation observé dans les études classiques serait en réalité le résultat d’un biais de causalité inverse.

Selon leurs estimations, des politiques de santé publique visant à réduire les troubles liés à l’usage de l’alcool pourraient diminuer l’incidence des démences de 16 %. 

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L’addiction alimentaire serait comparable à celle causée par l’alcool ou le tabac

De plus en plus de travaux suggèrent que certains aliments sucrés ultra-transformés agissent sur notre cerveau comme de véritables substances addictives, comme la nicotine ou l’alcool.

  • Par Stanislas Deve Commenting AaronAmat / istock 15 Octobre 2025

« Le chocolat aux noisette est ma drogue », « je suis accro à ces chips »… On plaisante à moitié, mais on ne pourrait pas mieux dire : selon un nombre croissant de chercheurs, l’addiction alimentaire serait bel et bien une réalité. « Un consensus émerge pour la considérer comme un véritable phénomène », affirme Claire Wilcox, psychiatre américaine spécialiste des addictions et des troubles alimentaires, dans un article publié par The Conversation« Des centaines d’études montrent que certains aliments agissent sur le cerveau de façon comparable à la nicotine ou l’alcool. »

Des effets similaires à ceux des drogues

Les aliments sucrés, ultra-transformés en particulier, active notamment les réseaux liés au plaisir, au stress et au contrôle des impulsions. Dans le détail, la consommation répétée d’un aliment addictif, comme le sucre, libère de la dopamine, renforçant les habitudes et les envies. « Les indices sensoriels associés à ces aliments prennent le pouvoir sur nos décisions », explique la chercheuse.

Au fil du temps, le corps développe une tolérance, nécessitant des doses plus importantes pour ressentir les mêmes effets. Et en cas d’arrêt brutal ? Irritabilité, tristesse, voire dépendance psychologique peuvent apparaître. Ce phénomène pousse à consommer non plus pour le plaisir, mais pour éviter le malaise.« Arrêter brutalement une alimentation riche en sucre peut entraîner un véritable sevrage, semblable à celui du tabac ou des opioïdes », précise la psychiatre. Et comme pour les drogues, l’exposition chronique à ces aliments nuit au cortex préfrontal, rendant plus difficile le contrôle de soi.

Qui sont les plus vulnérables ?

Certaines personnes semblent plus sensibles aux effets addictifs de la nourriture. Des études ont montré que les individus obèses activent davantage leur cortex préfrontal lorsqu’ils tentent de résister à la tentation alimentaire, signe d’un effort cognitif plus intense.

Comment soigner une addiction à un besoin vital ? « Contrairement à l’alcool ou au tabac, on ne peut pas arrêter de manger », rappelle la spécialiste. C’est pourquoi les traitements doivent être adaptés. Certains professionnels redoutent que l’interdiction de certains aliments provoque des troubles comme l’hyperphagie.

D’autres, comme la psychiatre Kim Dennis, proposent une approche nuancée : ne pas restreindre les calories, mais aider les patients à identifier les aliments qui déclenchent une compulsion et à les éviter. « Ce n’est pas ce que l’on mange qui pose toujours problème, mais la relation que l’on entretient avec certains aliments »

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