PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSEAnouk Mahiout, script éditrice et productrice de la série de capsules Hallucinant !

Informer sans sermonner, avec autant de rigueur que d’humour, c’est le pari audacieux que s’est donné Savoir média avec Hallucinant !, une série de 12 capsules éducatives sur l’alcool, le cannabis et d’autres drogues variées.

Silvia GalipeauLa Presse

Narrées avec rythme par Mikhaïl Ahooja (Joachim Dufour dans Indéfendable), illustrées, animées et réalisées par Maylee Keo, les 12 capsules grand public – qu’on vous encourage vivement à regarder avec vos ados – s’attaquent avec brio à déboulonner (ou confirmer) certains des plus grands mythes entourant les drogues, leurs origines et leurs effets sur le corps humain : est-ce que vapoter est vraiment moins dangereux que fumer, est-ce qu’on performe mieux sous l’influence de stimulants, et est-ce que le cannabis d’aujourd’hui est si différent de celui d’avant ?

Attention, vous pourriez être surpris !

Certes, on ratisse ici très large, en s’attaquant à quantité de substances (alcool, cannabis, GHB, champignons magiques, etc.). Sauf qu’en ciblant un angle, une question précise, pointue, de facto plus pratico-pratique, les capsules réussissent à cerner clairement – en 120 secondes, faut-il le rappeler – leur sujet. Informations scientifiques, contextes concrets et blagues à l’appui. Oui, c’est concis, mais c’est très réussi.

Un exemple : « Cannabis-alcool, ou alcool-cannabis, est-ce que ça change quelque chose, l’ordre dans lequel on les consomme ? » Ainsi débute la deuxième capsule. Vous saurez tout. « C’est le genre d’information intéressante, mais qu’on ne trouve pas facilement, qu’on avait envie d’offrir », explique Anouk Mahiout, script éditrice et productrice, à qui l’on doit les Minutes du sexe, une série de capsules dans le même esprit, à la fois informatives, ludiques et concises, lancées l’an dernier.

Informer… sans diaboliser

Le but : ni normaliser ni diaboliser, mais bien informer. « L’idée, c’est d’avoir une consommation éclairée, résume Anouk Mahiout. On est dans la prévention de la consommation nocive. Mais pas dans la répression. »

Certes, la ligne est mince entre normalisation et diabolisation. Mais les capsules naviguent effectivement habilement entre les deux.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Anouk Mahiout, script éditrice et productrice de la série de capsules Hallucinant !

C’est ça, le mandat de Savoir média : donner de l’information scientifique. Nommer les faits. On finit tout le temps en disant que ce n’est pas sans risque, mais on n’est pas dans une volonté moralisatrice.

 Anouk Mahiout, script éditrice et productrice de la série

À noter que l’information ici vulgarisée a en prime été validée par l’organisme Substances (anciennement Jeunesse sans drogue Canada), partenaire du projet. Les capsules sont d’ailleurs également offertes en anglais.

« Bien sûr qu’il y a des raccourcis. On trie, on prend ce qui est le plus pertinent, le plus parlant, pour résumer, sans être erroné. Et c’est pour cela qu’il était important d’avoir une validation scientifique. »

L’humour est d’ailleurs la clé, et cela saute aux yeux dès la toute première image. « C’est aussi comme ça qu’on avait approché les Minutes du sexe, rappelle-t-elle. C’est important de ne pas être dramatique quand on parle de sujets plus sérieux, c’est une belle façon d’entrer dans le sujet. Mais ça ne vient pas banaliser quoi que ce soit. »

Anouk Mahiout ne cache pas en avoir appris un rayon sur le sujet, des faits scientifiques qu’elle était loin de soupçonner. Entre autres : « Je ne savais pas que la drogue du viol venait du monde des culturistes, que le carfentanyl était donné aux gros animaux, illustre-t-elle, ni que les adolescents qui consomment sont 11 fois plus à risque que les adolescents qui ne consomment pas de faire une psychose… » Vous, le saviez-vous ?

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