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31 octobre 2025

L’alcool, même en faible quantité, augmenterait le risque de démence

Par Morgan,  publié le 31 octobre 2025 

alcool femme amies

Image d’illustration. Alcool femme ADN

Une récente étude met en lumière le lien entre la consommation, même minime, d’alcool et une augmentation du risque de développer une démence. Ces nouvelles données interrogent les seuils de sécurité jusque-là admis concernant l’alcool et la santé cognitive.

Une idée reçue remise en cause

Pendant longtemps, l’image d’un verre de vin « bon pour la santé » s’est imposée dans les esprits, portée par des études affirmant que la consommation modérée d’alcool pouvait préserver le cerveau. Mais, à la lumière de recherches récentes, ce mythe vacille nettement. En croisant des données issues du US Million Veteran Programme et de la UK Biobank, soit plus d’un demi-million d’adultes suivis sur plusieurs années, une vaste étude vient bouleverser les certitudes établies : il n’existerait tout simplement pas de seuil « sûr » pour l’alcool.

La face cachée des statistiques

Ce nouveau travail scientifique révèle une progression inquiétante : chaque augmentation, même minime, du nombre de verres hebdomadaires correspond à un risque majoré de démence. À titre d’exemple, une hausse légère s’accompagne déjà d’une élévation de 15 % du risque. Or, cet effet délétère touche tous les profils — des buveurs occasionnels aux abstinents dits « anciens », souvent inclus à tort parmi les non-buveurs dans les analyses précédentes. Les chercheurs pointent ainsi un biais majeur : beaucoup d’études antérieures assimilaient ceux ayant arrêté l’alcool pour raisons médicales à des abstinents absolus, faussant les conclusions et donnant à la consommation modérée une image protectrice injustifiée.

Pour clarifier ces résultats parfois contradictoires, l’équipe a donc utilisé l’analyse génétique afin d’éliminer ces erreurs de classement. Verdict : une prédisposition héréditaire à boire davantage rime avec un risque accru et continu de dommages cérébraux.

Des effets invisibles, mais durables sur le cerveau

Concrètement, même en quantité limitée, l’alcool altère progressivement la communication entre neurones et fragilise leur structure. Cette dégradation se manifeste par des troubles subtils — mémoire vacillante, jugement émoussé ou difficultés émotionnelles — qui s’aggravent insidieusement avec le temps. Outre l’inflammation chronique qu’il provoque, l’alcool freine aussi la réparation naturelle du cerveau : le terrain devient propice au développement accéléré de pathologies comme la maladie d’Alzheimer.

Voici quelques gestes recommandés pour limiter ces risques :

  • Réduire sa consommation hebdomadaire.
  • S’accorder régulièrement des jours sans alcool.
  • Opter ponctuellement pour des alternatives non alcoolisées.

L’enjeu pour la santé publique et au quotidien

Face à ces constats désormais étayés par la génétique et l’épidémiologie, difficile de maintenir un discours rassurant sur le moindre verre partagé. Les politiques publiques devront probablement ajuster leurs recommandations afin d’intégrer ce risque neurologique méconnu jusque-là. La tâche s’annonce délicate : dans bien des cultures, l’alcool reste synonyme de convivialité ou de détente.

Cependant, il ne s’agit pas ici d’appeler à une interdiction stricte, mais plutôt à une prise de conscience éclairée : chacun peut revoir ses habitudes en toute connaissance de cause. Comme le rappellent les auteurs : « Aucun niveau n’est véritablement anodin pour notre cerveau ». Peut-être est-il temps d’accorder un peu plus de sobriété à notre mémoire collective…

SOURCE

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