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octobre 2025

Addiction aux drogues : quand New York et San Francisco font machine arrière

CONTRÔLE. Les États-Unis ont pris un tournant majeur en matière de lutte contre la consommation de stupéfiants. La France ferait bien de s’en inspirer, selon François Diot*.

François Diot 21/10/2025

Consommation de drogues à ciel ouvert, San Francisco
Consommation de drogues à ciel ouvert, San Francisco. © POLARIS / STARFACE

Pendant trente ans, la réduction des risques a guidé les politiques de drogues : seringues stériles, naloxone, salles de consommation, traitements de substitution. Elle a sauvé des vies, limité les contaminations, mais abandonné l’idée du soin véritable. L’addiction a été accompagnée, parfois normalisée, mais rarement traitée comme une pathologie dont on peut sortir.

La suite après cette publicitéLa crise américaine a tout changé : plus de 100 000 morts par overdose chaque année, des quartiers dévastés par le fentanyl, des scènes d’errance et de consommation à ciel ouvert à San Francisco et New York. Face à ce chaos, la réduction des risques apparaît comme une simple gestion de l’inacceptable. Elle dit : « Vous êtes libres de vous détruire, nous limiterons seulement les dégâts. » Mais la société n’en veut plus.

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Deux minutes pour tout savoir sur les drogues

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSEAnouk Mahiout, script éditrice et productrice de la série de capsules Hallucinant !

Informer sans sermonner, avec autant de rigueur que d’humour, c’est le pari audacieux que s’est donné Savoir média avec Hallucinant !, une série de 12 capsules éducatives sur l’alcool, le cannabis et d’autres drogues variées.

Silvia GalipeauLa Presse

Narrées avec rythme par Mikhaïl Ahooja (Joachim Dufour dans Indéfendable), illustrées, animées et réalisées par Maylee Keo, les 12 capsules grand public – qu’on vous encourage vivement à regarder avec vos ados – s’attaquent avec brio à déboulonner (ou confirmer) certains des plus grands mythes entourant les drogues, leurs origines et leurs effets sur le corps humain : est-ce que vapoter est vraiment moins dangereux que fumer, est-ce qu’on performe mieux sous l’influence de stimulants, et est-ce que le cannabis d’aujourd’hui est si différent de celui d’avant ?

Attention, vous pourriez être surpris !

Certes, on ratisse ici très large, en s’attaquant à quantité de substances (alcool, cannabis, GHB, champignons magiques, etc.). Sauf qu’en ciblant un angle, une question précise, pointue, de facto plus pratico-pratique, les capsules réussissent à cerner clairement – en 120 secondes, faut-il le rappeler – leur sujet. Informations scientifiques, contextes concrets et blagues à l’appui. Oui, c’est concis, mais c’est très réussi.

Un exemple : « Cannabis-alcool, ou alcool-cannabis, est-ce que ça change quelque chose, l’ordre dans lequel on les consomme ? » Ainsi débute la deuxième capsule. Vous saurez tout. « C’est le genre d’information intéressante, mais qu’on ne trouve pas facilement, qu’on avait envie d’offrir », explique Anouk Mahiout, script éditrice et productrice, à qui l’on doit les Minutes du sexe, une série de capsules dans le même esprit, à la fois informatives, ludiques et concises, lancées l’an dernier.

Informer… sans diaboliser

Le but : ni normaliser ni diaboliser, mais bien informer. « L’idée, c’est d’avoir une consommation éclairée, résume Anouk Mahiout. On est dans la prévention de la consommation nocive. Mais pas dans la répression. »

Certes, la ligne est mince entre normalisation et diabolisation. Mais les capsules naviguent effectivement habilement entre les deux.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Anouk Mahiout, script éditrice et productrice de la série de capsules Hallucinant !

C’est ça, le mandat de Savoir média : donner de l’information scientifique. Nommer les faits. On finit tout le temps en disant que ce n’est pas sans risque, mais on n’est pas dans une volonté moralisatrice.

 Anouk Mahiout, script éditrice et productrice de la série

À noter que l’information ici vulgarisée a en prime été validée par l’organisme Substances (anciennement Jeunesse sans drogue Canada), partenaire du projet. Les capsules sont d’ailleurs également offertes en anglais.

« Bien sûr qu’il y a des raccourcis. On trie, on prend ce qui est le plus pertinent, le plus parlant, pour résumer, sans être erroné. Et c’est pour cela qu’il était important d’avoir une validation scientifique. »

L’humour est d’ailleurs la clé, et cela saute aux yeux dès la toute première image. « C’est aussi comme ça qu’on avait approché les Minutes du sexe, rappelle-t-elle. C’est important de ne pas être dramatique quand on parle de sujets plus sérieux, c’est une belle façon d’entrer dans le sujet. Mais ça ne vient pas banaliser quoi que ce soit. »

Anouk Mahiout ne cache pas en avoir appris un rayon sur le sujet, des faits scientifiques qu’elle était loin de soupçonner. Entre autres : « Je ne savais pas que la drogue du viol venait du monde des culturistes, que le carfentanyl était donné aux gros animaux, illustre-t-elle, ni que les adolescents qui consomment sont 11 fois plus à risque que les adolescents qui ne consomment pas de faire une psychose… » Vous, le saviez-vous ?

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Alcool au volant : « Si vous comparaissez à nouveau, boulot, pas boulot, ce sera de la prison

Un homme de 28 ans a été jugé pour la troisième fois par la justice pour avoir conduit alcoolisé. Il était face au tribunal de La Roche-sur-Yon jeudi 16 octobre 2025.Justice

Le tribunal de La Roche-sur-Yon a condamné à huit mois de prison, dont quatre ferme, un homme de 34 ans pour des violences envers des réfugiés syriens.
Le prévenu avait bu trois bières de 33 cl et deux whiskies avant de prendre le volant.  ©Journal du Pays yonnais

Par Milène SILVERT Publié le 18 oct. 2025 à 16h20

Dans les rues de La Roche-sur-Yon, non loin de la place Napoléon, des policiers remarquent dans l’obscurité un véhicule circulant tout feu éteint, à 23 h 15. Lorsqu’il est contrôlé, le chauffeur, Guillaume*, explique aux forces de l’ordre qu’il n’a pas allumé ses phares, car il connaît mal cette voiture. Il s’agit d’une voiturette sans permis fournie par son employeur. Son taux d’alcool s’élève à 0,88 milligramme par litre d’air expiré, 0,92 milligramme au second souffle. 

Si Guillaume était au volant d’un véhicule sans permis, c’est parce que celui-ci lui avait été retiré un mois auparavant, le 19 décembre 2024, après une décision du tribunal de La Rochelle. Il avait alors déjà été surpris au volant de son véhicule sous l’influence de l’alcool, et ce n’était pas la première fois. En 2022, au volant, alcoolisé, il avait été contrôlé, son permis avait été suspendu.

 » Vous êtes donc plus fort que toutes les statistiques »

« Ça commence à faire beaucoup », constate Isabelle Jubineau, la présidente du tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon, le 16 octobre 2025. « C’est de la malchance », tente le prévenu aux deux contrôles positifs en l’espace de trois mois, à la barre. « J’ai envie de dire que c’est une chance que vous avez été arrêté. Vous étiez sûr de rentrer en vie ce soir-là ? » Guillaume répond à l’affirmative et provoque les foudres d’Isabelle Jubineau : « Vous êtes donc plus fort que toutes les statistiques. »

La substitut du procureur souligne : « Les policiers disent que vous avez été véhément et discourtois avec eux. » « Je ne me souviens pas avoir été désagréable », affirme le prévenu. « Peut-être qu’avec presque un gramme dans le sang, on n’est pas totalement dans le contrôle », pointe du doigt la présidente avec sarcasme.

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Guillaume affirme ne pas avoir de problème avec l’alcool. « Votre patron tient à vous pour vous avoir gardé alors que votre permis vous avait été retiré », constate Isabelle Jubineau. Guillaume travaille en tant que commercial. Pour l’audience du 16 octobre, son patron avait fourni un document au tribunal affirmant que si la justice l’empêchait de conduire tout véhicule terrestre, Guillaume perdrait son emploi.

Aux Etats-Unis, les boissons au THC font leur entrée dans la grande distribution

Publié le 18 octobre 2025 par Aurélien BERNARD 

Boissons THC chez Target
  • Le géant de la distribution Target a discrètement lancé la vente de boissons au THC dans certains de ses magasins du Minnesota, une initiative sans précédent qui témoigne de l’acceptation croissante des cannabinoïdes dérivés du chanvre dans le commerce traditionnel.

Une initiative historique pour l’industrie des boissons au THC

Selon plusieurs sources du secteur, Target a introduit une douzaine de marques de boissons au THC dans dix de ses magasins du Minnesota. Parmi les marques proposées, on trouve BirdieCannGigliHi SeltzerIndeedSeñoritaStigmaSurlyTrail MagicWonderWyld et Wynk.

« Compte tenu de tout ce qui se passe autour du chanvre et des débats sur la réglementation par opposition à la prohibition, l’entrée en scène de Target est monumentale », a déclaré Jason Dayton, cofondateur de Trail Magic, l’une des marques participant au lancement. « Et c’est un moment qui montre que la réglementation fonctionne. »

M. Dayton a expliqué que l’objectif n’était pas la déréglementation, mais la mise en place d’un cadre responsable garantissant des tests, des restrictions d’âge et des règles claires en matière de distribution, une structure qui a contribué à faire de l’alcool une industrie de 250 milliards de dollars aux États-Unis

« Nous voulons plus de réglementation, pas moins », a-t-il déclaré.

Cette nouvelle a suscité l’enthousiasme sur le marché des boissons à base de THC, même parmi les entreprises qui ne participent pas au lancement. « C’est encore ÉNORME pour la catégorie et un grand bravo à ceux qui en font partie », a déclaré Adam Terry, PDG de Cantrip.

Un test avec des implications nationales

L’entrée de Target dans le segment des boissons au cannabis intervient à un moment politique complexe. À Washington, le Congrès débat d’un éventuel retour en arrière sur la légalisation du chanvre, qui pourrait restreindre la vente de produits dérivés du chanvre contenant des traces de THC.

La loi agricole de 2018, signée par Donald Trump, a légalisé le chanvre et ses dérivés au niveau fédéral, à condition que les produits contiennent moins de 0,3% de THC. Cependant, certains législateurs souhaitent désormais revenir sur cette règle, face aux inquiétudes croissantes concernant la propagation des substances intoxicantes dérivées du chanvre.

Le Minnesota constitue un point de départ particulièrement symbolique pour la phase de test de Target. L’État a légalisé le cannabis à usage adulte en 2023, mais avant même cela, il était déjà devenu une plaque tournante pour les boissons à base de chanvre. En 2022, le gouverneur Tim Walz a signé une loi autorisant la vente de cannabinoïdes dérivés du chanvre, tels que le CBD et le THC, dans les aliments et les boissons, à condition qu’ils respectent les limites de dosage fixées par l’État, à savoir 5 mg de THC par portion et 50 mg par emballage.

La clarté de la réglementation a fait du Minnesota l’un des marchés les plus dynamiques pour les boissons à faible teneur en cannabis, avec l’émergence de dizaines de start-ups pour répondre à la demande croissante des consommateurs.

Acceptation par le public et évolution des habitudes de consommation

La généralisation des boissons au THC coïncide avec l’évolution de l’attitude du public à l’égard du cannabis et de l’alcool. Un sondage récent montre que la plupart des Américains considèrent désormais le cannabis comme une « option plus saine » que l’alcool, près de 80 % des consommateurs de boissons au cannabis déclarant avoir réduit leur consommation d’alcool et plus de 20 % affirmant avoir complètement arrêté de boire.

Cette tendance n’est pas passée inaperçue auprès des grandes entreprises. Des entreprises telles qu’Amazon et Home Depot se sont déjà adaptées à l’évolution du paysage juridique, en modifiant leurs politiques de dépistage des drogues ou même en soutenant la réforme fédérale sur le cannabis. Parallèlement, des organisations telles que les Veterans of Foreign Wars (VFW) se sont associées à des marques de boissons à base de THC afin de promouvoir des alternatives à l’alcool dans les locaux des anciens combattants à travers le pays.

Reste à voir si le programme pilote de Target sera étendu à l’ensemble du pays. Mais cette initiative a déjà été décrite par les investisseurs comme un tournant pour cette catégorie. « Nous n’avons pas encore vu de véritable géant de la distribution se lancer. Cela a changé aujourd’hui », a écrit Aaron Edelheit, PDG de Mindset Capital.

Alors que les débats autour de la réglementation du chanvre s’intensifient à Washington, l’expérience de Target pourrait devenir une étude de cas sur la manière dont la grande distribution peut intégrer de manière responsable les produits à base de THC dans les marchés de consommation existants.

En cas de succès, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres chaînes nationales qui suivraient le mouvement, faisant passer les boissons à base de cannabis des magasins spécialisés au cœur des rayons des magasins de tous les jours.

Sécurité routière : vitesse, alcool, stupéfiants… avec 61 décès, l’année 2025 déjà plus meurtrière que 2024 dans ce département

Les routes de l'Hérault ont été particulières meurtrières cette année 2025.

Écrit parSarah Boana et Laurent Beaumel

Publié le17/10/2025

Les accidents de la route dans le département de l’Hérault ont augmenté de presque 30% depuis le début de l’année par rapport à 2024 et il risque de s’alourdir encore d’ici à la fin de l’année. Les raisons : des conduites à risques telles que la vitesse, l’alcool ou les stupéfiants.

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2025 devrait être une année noire sur les routes de l’Hérault. Alors que l’année est loin d’être terminée, le nombre d’accidents mortels dépasse largement celui de l’année précédente. À ce jour, 61 personnes ont perdu la vie tandis qu’en 2024, 43 décès ont été enregistrés sur les routes du département, une augmentation de près de 30%.

L’association 40 millions d’automobilistes, dénonce une politique inefficace. Elle réclame plus de gendarmes et plus de contrôles. « En France, on veut toujours régler la sécurité routière par la pose d’un radar : plus il y a de radar, plus il y a de l’argent investi dans ces radars, plus il y a de morts sur la route. On voit bien que ça ne fonctionne pas. Et pourtant, c’est facile à comprendre », s’indigne Pierre Chasseray, délégué général de l’association.

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Et si demain l’alcool n’existait plus, comment vivrions-nous ?

Par  Marie Briel 17 octobre 2025

Un barman qui sert de l'alcool à ses clients.

Et vous, seriez-vous capable de vivre sans alcool ? © Freepik

Et si demain, plus une seule goutte d’alcool n’existait sur Terre ? Pas de vin à table, pas de bière en terrasse, pas de champagne pour fêter une naissance.

L’idée paraît folle, presque dystopique.

(La dystopie est un genre littéraire ou artistique qui consiste à représenter une société fictive sombre et dangereuse)

Que nous apporterait (ou nous coûterait) un monde sans alcool ?

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Alcool et démence : chaque verre compte

Dr Roseline Peluchon | 16 Octobre 2025

La relation entre alcool et démence fait débat. Une vaste étude combinant analyses observationnelles et randomisation mendélienne semble trancher : toute consommation d’alcool augmente le risque.

La consommation d’alcool est associée à des effets délétères bien connus sur la santé. Toutefois, la relation exacte entre les différents niveaux de consommation d’alcool et le développement de la démence fait l’objet de controverses, avec des résultats parfois contradictoires, en raison de biais méthodologiques importants. Une nouvelle étude a été menée, pour lever ces incertitudes et fournir des preuves solides du rôle causal de l’alcool dans la survenue des différentes formes de démence. 

L’étude est basée sur deux vastes cohortes populationnelles (US Million Veteran Programme et la UK Biobank) et combine les analyses observationnelles classiques et l’approche génétique (randomisation mendélienne linéaire et non linéaire). Les analyses observationnelles portent sur plus de 559 000 personnes âgées de 56 à 72 ans, alors que les analyses génétiques utilisent les données provenant d’une cohorte de 2,4 millions de participants. 

L’approche génétique modifie la perspective

Les analyses observationnelles révèlent une relation en forme de courbe en U entre consommation d’alcool et risque de démence. Le risque le plus important concerne les non-buveurs, les gros buveurs (> 40 verres par semaine : HR 1,41 [IC à 95 % 1,15 à 1,74]), et les personnes présentant des troubles de l’usage de l’alcool (HR 1,51 [1,42 à 1,60]), en comparaison avec les consommateurs légers.

Cela pourrait suggérer qu’une consommation légère à modérée « protègerait » davantage contre la démence que l’abstinence totale. 

Toutefois, l’approche génétique par randomisation mendélienne révèle une relation toute différente : le risque de démence augmente de façon progressive et constante avec la quantité d’alcool consommée, sans aucun effet protecteur observé aux faibles doses. 

Cette divergence pourrait s’expliquer par le fait que les personnes développant une démence tendent à réduire progressivement leur consommation au cours des années précédant le diagnostic. Ainsi, l’effet protecteur apparent d’une faible consommation observé dans les études classiques serait en réalité le résultat d’un biais de causalité inverse.

Selon leurs estimations, des politiques de santé publique visant à réduire les troubles liés à l’usage de l’alcool pourraient diminuer l’incidence des démences de 16 %. 

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L’addiction alimentaire serait comparable à celle causée par l’alcool ou le tabac

De plus en plus de travaux suggèrent que certains aliments sucrés ultra-transformés agissent sur notre cerveau comme de véritables substances addictives, comme la nicotine ou l’alcool.

  • Par Stanislas Deve Commenting AaronAmat / istock 15 Octobre 2025

« Le chocolat aux noisette est ma drogue », « je suis accro à ces chips »… On plaisante à moitié, mais on ne pourrait pas mieux dire : selon un nombre croissant de chercheurs, l’addiction alimentaire serait bel et bien une réalité. « Un consensus émerge pour la considérer comme un véritable phénomène », affirme Claire Wilcox, psychiatre américaine spécialiste des addictions et des troubles alimentaires, dans un article publié par The Conversation« Des centaines d’études montrent que certains aliments agissent sur le cerveau de façon comparable à la nicotine ou l’alcool. »

Des effets similaires à ceux des drogues

Les aliments sucrés, ultra-transformés en particulier, active notamment les réseaux liés au plaisir, au stress et au contrôle des impulsions. Dans le détail, la consommation répétée d’un aliment addictif, comme le sucre, libère de la dopamine, renforçant les habitudes et les envies. « Les indices sensoriels associés à ces aliments prennent le pouvoir sur nos décisions », explique la chercheuse.

Au fil du temps, le corps développe une tolérance, nécessitant des doses plus importantes pour ressentir les mêmes effets. Et en cas d’arrêt brutal ? Irritabilité, tristesse, voire dépendance psychologique peuvent apparaître. Ce phénomène pousse à consommer non plus pour le plaisir, mais pour éviter le malaise.« Arrêter brutalement une alimentation riche en sucre peut entraîner un véritable sevrage, semblable à celui du tabac ou des opioïdes », précise la psychiatre. Et comme pour les drogues, l’exposition chronique à ces aliments nuit au cortex préfrontal, rendant plus difficile le contrôle de soi.

Qui sont les plus vulnérables ?

Certaines personnes semblent plus sensibles aux effets addictifs de la nourriture. Des études ont montré que les individus obèses activent davantage leur cortex préfrontal lorsqu’ils tentent de résister à la tentation alimentaire, signe d’un effort cognitif plus intense.

Comment soigner une addiction à un besoin vital ? « Contrairement à l’alcool ou au tabac, on ne peut pas arrêter de manger », rappelle la spécialiste. C’est pourquoi les traitements doivent être adaptés. Certains professionnels redoutent que l’interdiction de certains aliments provoque des troubles comme l’hyperphagie.

D’autres, comme la psychiatre Kim Dennis, proposent une approche nuancée : ne pas restreindre les calories, mais aider les patients à identifier les aliments qui déclenchent une compulsion et à les éviter. « Ce n’est pas ce que l’on mange qui pose toujours problème, mais la relation que l’on entretient avec certains aliments »

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L’OMS appelle l’Europe à durcir sa politique face à l’alcool

  • 14 octobre 2025 par Belga

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pressé mardi les pays européens à renforcer leurs politiques de lutte contre la consommation excessive d’alcool. Cet appel coïncide avec la présentation d’un nouveau manuel de prévention du cancer, dans lequel l’OMS démontre que des mesures plus strictes, telles qu’une hausse des taxes ou des restrictions à la vente, peuvent aider à réduire la consommation d’alcool et, par conséquent, le risque de développer la maladie.

Ce guide se veut une feuille de route pour les gouvernements du monde entier, afin de les aider à formuler des recommandations et à définir leurs politiques de santé publique. Si l’étude a une portée mondiale, ses conclusions s’adressent en priorité à l’Europe, où la consommation d’alcool reste la plus élevée du globe et où le cancer constitue la première cause de mortalité. En 2020, l’alcool a été responsable d’environ 111.300 nouveaux cas de cancer et de 93.000 décès dans l’Union européenne.

« Certains considèrent l’alcool comme un héritage culturel », rappelle le Dr Gundo Weiler de l’OMS, « mais les maladies, les décès et les handicaps ne doivent pas être intégrés comme faisant, naturellement, partie de la culture européenne. »

L’OMS est claire: un encadrement plus strict conduit à une baisse de la consommation d’alcool et donc à un risque moindre de développer un cancer. Parmi les mesures jugées efficaces figurent l’augmentation des taxes et l’instauration de prix planchers, la limitation des heures de vente, les restrictions d’âge, l’interdiction de la publicité pour l’alcool et, dans certains cas, la mise en place d’un monopole d’Etat pour encadrer sa distribution.

Enfin, l’OMS souligne la nécessité pour les différents pays de renforcer la prise en charge des personnes souffrant d’abus ou de dépendance à l’alcool.

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