Les effets du cannabis sont paradoxaux : son usage médical vise à lutter contre les nausées et vomissements mais consommé quotidiennement, il provoque un syndrome qui demeure mystérieux pour la communauté scientifique, mais de plus en plus fréquent : le syndrome d’hyperémie cannabinoïde ou CHS.
Nouvelle résolution cette année: vous avez décidé de réduire ou même d’arrêter (temporairement) votre consommation d’alcool? Il est temps de changer vos habitudes! Mieux vaut alors procéder par étapes, conseille le professeur Geert Dom, expert en toxicomanie.
Des initiatives telles que la Tournée Minérale jouent un rôle essentiel pour sensibiliser à la consommation d’alcool. Une démarche utile, car prendre le temps d’évaluer sa propre consommation permet de mieux prévenir les excès, qui s’installent souvent sans que l’on ne s’en rende compte. Pour de nombreuses personnes, sortir boire un verre est en effet devenu un geste automatique. Et pour cause: l’alcool est omniprésent, du verre d’apéritif que l’on se sert en cuisinant, au plateau de bulles qui est présenté à chaque occasion spéciale. Or, les habitudes s’ancrent dans notre cerveau, et il devient difficile de s’en détacher.
« Ces routines font partie intégrante de notre vie. Elles nous aident parfois, car ces comportements automatiques libèrent de l’espace dans le cerveau et nous permettent de nous concentrer sur autre chose. Mais certaines habitudes se forment aussi lorsque des actions activent le centre de récompense du cerveau, comme c’est le cas avec l’alcool. Cela crée un désir de maintenir cette habitude, même si nous n’en avons plus vraiment envie », explique Geert Dom dans son livre « Een nuchtere kijk op alcohol » (Un regard sobre sur l’alcool).
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Plus que des créatures d’habitude
La bonne nouvelle est que les humains sont naturellement plus que des créatures d’habitude et sont donc capables de changer leurs routines. « La maîtrise de soi peut être considérée comme un muscle. Les scientifiques ont découvert que si vous pratiquez régulièrement différentes formes d’exercices de maîtrise de soi, comme tenir un journal alimentaire ou s’asseoir droit sur sa chaise, vous pouvez renforcer votre détermination. L’essentiel est d’identifier les habitudes dont on souhaite se défaire, puis de mettre en place des stratégies simples et cohérentes pour les remplacer. »
Ces habitudes ne viennent pas de nulle part. Elles sont souvent associées à des moments précis, à des lieux ou à des personnes: le verre du vendredi soir, l’apéro avec certains amis, la coupe de bulles lors d’une célébration. Reconnaître ces déclencheurs aide déjà à réduire sa consommation d’alcool. Une technique efficace consiste à se visualiser dans une situation à risque. Imaginez-vous à une fête où l’on vous propose un verre. Plutôt que d’accepter automatiquement, vous choisissez un mocktail sans alcool.
Changer le contexte
Se débarrasser d’une habitude solidement ancrée est particulièrement difficile. Quelqu’un qui boit de la bière ou du vin depuis des années dans le même bar aura beaucoup de mal à le remplacer soudainement par une version sans alcool. Changer de contexte augmente fortement les chances de réussite, conseille le professeur Dom. Allez dans un autre bar, avec une ambiance différente. Ce principe s’applique également à la maison. Vous avez l’habitude de siroter un verre dans votre fauteuil? Modifier l’aménagement intérieur, déplacer le fauteuil, réorganiser la pièce autrement… peut vous aider à réduire votre consommation. Installer une nouvelle habitude est aussi une stratégie efficace. N’hésitez pas: intégrez la marche, le sport ou un nouveau passe-temps à votre routine.
« On n’arrête pas l’alcool en une fois »
Pour parvenir à un changement de comportement durable, avancer par étapes est la méthode la plus efficace. « Imposez-vous des règles très concrètes, comme ‘cette semaine, je ne bois que le vendredi et le dimanche soir’ ou ‘Lors d’une fête, je me limite désormais à un verre d’alcool’. » Il est possible de rechuter de temps en temps, et il est important d’accepter cela avec bienveillance, sans culpabiliser, puis de reprendre immédiatement ses nouvelles routines.
Cette édition met en lumière une diminution notable de 5,8 % des volumes d’alcool pur mis en vente en 2024, établis à 9,75 litres par habitant. Les vins demeurent prédominants dans les ventes, représentant plus de la moitié des boissons alcoolisées commercialisées.
Des usages en recul chez les jeunes comme chez les adultes
Les pratiques de consommation d’alcool continuent d’évoluer : les jeunes de 16 ans enregistrent une baisse significative de leurs usages, positionnant la France parmi les pays européens les moins consommateurs selon l’enquête ESPAD 2024. Chez les adultes, l’ensemble des indicateurs d’usage diminue également, même s’ils restent élevés : plus d’un homme sur quatre a effectué au moins un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante au cours du mois en 2023.
Un impact sanitaire toujours majeur
L’année 2024 est marquée par une hausse des hospitalisations liées à l’alcool, particulièrement pour alcoolodépendance, alors que les intoxications aiguës poursuivent leur recul. La mortalité routière impliquant l’alcool continue de diminuer, bien que ce facteur demeure présent dans un quart des accidents mortels.
Face aux limites des traitements actuels contre la dépendance à l’alcool, des chercheurs explorent le rôle potentiel des cannabinoïdes dans la modulation du craving et dans la réduction ponctuelle de la consommation d’alcool.
Boire un verre entre amis reste un geste ancré dans nos habitudes, mais cette routine perd du terrain. Fatigue, anxiété, perte de contrôle… les effets associés à l’alcool poussent certains à changer leurs comportements. Le cannabis, lui, séduit par son image plus douce et moins dangereuse. Remplacer l’un par l’autre devient une option de plus en plus répandue. Derrière ce changement progressif, la science commence à dévoiler des études complexes entre cannabis et consommation d’alcool.
Une sobriété revisitée par le cannabis
Dans les soirées de Los Angeles, sur TikTok ou dans les milieux du bien-être, une tendance prend de l’ampleur. Elle consiste à abandonner l’alcool au profit du cannabis. Ce mode de vie, baptisé « California sober », s’inscrit dans une volonté de limiter les effets néfastes de l’alcool tout en conservant une forme d’euphorie sociale. L’alcool reste omniprésent dans la culture occidentale, mais ses effets sur la santé et le comportement suscitent une remise en question de plus en plus importante. Le cannabis, perçu par certains comme une alternative moins nocive, s’impose comme substitut. Reste à savoir ce qu’en dit la science.
Ce que révèlent les essais cliniques sur cannabis et consommation d’alcool
Une équipe de l’université Brown a mené une étude inédite pour mesurer, dans un cadre strictement contrôlé, l’impact du cannabis sur la consommation d’alcool.
Dans cet essai publié dans l’American Journal of Psychiatry et relayé par Medicalxpress, 157 adultes ont fumé des cigarettes contenant différents taux de THC ou un placebo, avant d’être placés dans une pièce simulant un bar. Ils pouvaient boire ou refuser des verres contre une faible récompense.
Résultat : le cannabis dosé à 3,1% a réduit la quantité d’alcool consommée de 19%, tandis que la version à 7,2% a entraîné une baisse de 27%. L’envie de boire diminuait, et les participants retardaient leur premier verre.
Autre étude marquante, celle de l’équipe allemande menée par Zimmermann, parue dans Molecular Psychiatry. Ici, c’est le cannabidiol (CBD) qui est au centre des recherches.
Chez des patients souffrant de troubles liés à l’alcool, une dose unique de 800 mg de CBD a diminué l’activité du noyau accumbens, une région cérébrale impliquée dans le craving.
L’envie de boire baissait significativement après exposition à des stimuli liés à l’alcool. L’effet a été observé très rapidement, trois heures après la prise.
Par La Rédaction
mardi 25 novembre 2025
DECRYPTAGE SUD RADIO – La consommation d’alcool et de stupéfiants ne cesse de croître dans le cadre professionnel. Une augmentation des conduites addictives qui traduit un profond mal-être.

Pourquoi la consommation d’alcool et de stupéfiants en entreprise, et par conséquent des conduites addictives d’une manière générale au travail, a-t-elle bondi depuis huit ans ?
Alcool, drogues : une consommation en hausse de 107%
C’est un fait : on boit et on se drogue de plus en plus au bureau. En huit ans, la consommation d’alcool et de stupéfiants a littéralement doublé. Un constat aux antipodes de l’image parfois aseptisée des vastes open spaces. Les chiffres de la dernière enquête réalisée par le cabinet iThylo, spécialisé dans les tests de dépistage dans un cadre professionnel, sont néanmoins parlants : ils relèvent une hausse de 107% de la consommation d’alcool et de stupéfiants dans le cadre professionnel.
La vulgarisation de la cocaïne
Faut-il parler d’un retour de balancier après des années de calme ? 5,5% des salariés ont été contrôlés positifs à l’alcool au travail, soit deux fois plus qu’en 2017. Si le cannabis reste la drogue la plus courante, la consommation de cocaïne s’est littéralement vulgarisée. Son usage est 13 fois plus détecté qu’il y a huit ans. Sur la totalité de la période étudiée, 3,8% des collaborateurs en moyenne étaient dépistés positifs : 2,2% aux stupéfiants et 1,6% à l’alcool.
Les intérimaires et précaires plus exposés
Autre constat de cette étude réalisée auprès de plus de 110.000 personnes dépistées entre janvier 2017 et avril 2025. : un usage des drogues plus important chez les collaborateurs intérimaires et précaires, notamment dans le secteur du BTP. Pour l’alcool, les intérimaires représentent 18% des tests positifs. En revanche pour les stupéfiants, ils représentent 25% des tests positifs au cannabis et 31% des positifs à la cocaïne.
EDF serre la vis
EDF a pour sa part décidé de bannir la consommation d’alcool dans toute l’entreprise. Finis les pots de départs, les galettes accompagnés d’un verre. À partir de janvier, les salariés n’auront plus le droit de consommer d’alcool au travail, ni lors d’événements organisés par leur employeur à l’extérieur. Fini également, les notes de frais comportant de l’alcool. En France, le Code du travail interdit les boissons alcoolisées sur le lieu de travail, à l’exception du vin, de la bière, du cidre et du poiré. Mais les employeurs sont autorisés à poser des interdictions plus sévères que la loi.
À l’approche du dry january, la Brasserie Parallèle a dévoilé une étude exclusive menée avec OpinionWay sur la relation des Français à l’alcool et à la modération. Rayon Boissons revient sur cinq enseignements marquants.
- Auteur : Camille Bourigault

83 % des Français consomment de l’alcool
Alors que la modération et les alternatives sans alcool occupent de plus en plus l’espace médiatique, la consommation reste largement répandue : 83 % des Français déclarent boire de l’alcool. Les rythmes varient selon les individus, avec la moitié qui en consomme chaque semaine et 10 % au quotidien.
La tendance à la sobriété se confirme cependant chez les plus jeunes : seuls 73 % des moins de 35 ans consomment de l’alcool, soit 10 points de moins que la population générale.
½ des Français confrontés à une situation problématique
Selon le sondage OpinionWay, un Français sur deux s’est déjà retrouvé dans une situation délicate liée à l’alcool. Dans la majorité des cas, il s’agit d’avoir pris le volant en étant alcoolisé (28 %). D’autres évoquent des blessures ou des disputes sans raison valable.
L’étude pointe également l’impact de l’alcool sur la vie affective :
● 16 % ont recontacté une ancienne relation,
● 16 % déclarent avoir eu un coup d’un soir qu’ils regrettent,
● 11 % reconnaissent avoir été infidèles sous l’effet de l’alcool.
67 % cherchent à réduire leur consommation
Plus de deux tiers des Français ont déjà mis en place au moins une stratégie pour limiter leur consommation. Parmi les initiatives les plus citées :
● fixer une quantité maximale par soirée (52 %),
● éviter de boire avant une certaine heure (51 %),
● ne pas consommer d’alcools forts (47 %),
● interrompre totalement la consommation sur une période donnée (45 %),
● prévoir des jours sans alcool dans la semaine (44 %).
¼ prêts à tenter le dry january
Un quart des Français envisage de participer au dry january. Connue de 78 % de la population, cette initiative anglo-saxonne séduit surtout les jeunes générations : 15 % seulement des plus de 50 ans prévoient d’y prendre part, contre 31 % des moins de 50 ans et 38 % des moins de 35 ans.
38 % regrettent un manque d’options sans alcool
Enfin, 38 % des Français estiment que les magasins manquent d’alternatives sans alcool intéressantes. En bars et restaurants, la critique s’amplifie avec 43 % des répondants qui déplorent un choix insuffisant. Près d’un Français sur deux regrette également que les boissons sans alcool n’offrent pas autant de goût que leurs équivalents alcoolisés.

Une étude de 2018 menée par des scientifiques de Caroline du Nord montrait déjà que le tétrahydrocannabinol ou THC, le cannabinoïde le plus abondant dans le cannabis, pouvait provoquer des modifications structurelles de l’ADN des spermatozoïdes de ceux qui en consomment
A l’époque les chercheurs craignaient que ces effets se transmettent à la progéniture, sans preuve. C’est ce qu’apporte le récent travail mené par des scientifiques de la Washington State University sur un modèle murin, exposé à une dose de fumée de cannabis équivalente à celle de gros fumeurs humains.
Ils ont travaillé avec 30 souris mâles adultes. La moitié a été exposée 3 fois par jour à de la fumée de cannabis. Les chercheurs ont ensuite comparé le nombre de spermatozoïdes et leur motilité entre le groupe « fumeur » et le groupe contrôle. Leur constat : tout de suite après l’exposition la motilité des spermatozoïdes déclinait et un mois après, le nombre baissait aussi.
Mais surtout, la découverte la plus inquiétant concerne l’impact sur la fertilité des enfants de ces consommateurs. Car l’étude montre que les souriceaux mâles, issus de l’accouplement de souris mâles exposés au cannabis et de souris femelles non exposées, présentaient eux aussi un nombre réduit de spermatozoïdes et une baisse de la motilité.
Ce qui pousse à penser que les enfants de fumeurs risquent de présenter les signes de dommages de l’ADN et des troubles du développement des cellules spermatiques.
Une raison pour éviter la consommation de cette substance psychoactive.
Publié le 23/11/2025 à 23:33Elena Bizzotto est une journaliste freelance santé. Depuis octobre 2019, elle collabore avec le site Top Santé. Avant de rejoindre Top Santé, Elena a occupé divers rôles dans le domaine du journalisme et de l’écriture. Elle a été journaliste pour Sante Magazine, où elle a exploré des sujets variés allant de la nutrition aux émotions humaines. Son parcours inclut également des contributions à des ouvrages publiés par des maisons d’édition telles que Marie Claire et Albin Michel, avec des titres notables comme Mama Saver et Un prénom, le choix d’une vie.
Son expérience couvre également une période significative chez L’Usine Nouvelle et Le Nouvel Observateur, où elle a approfondi ses compétences en rédaction et en reportage. Ses débuts en tant que journaliste stagiaire en Italie pour Il Tirreno ont marqué le début d’une carrière internationale, enrichissant son approche du journalisme. En parallèle de sa carrière journalistique, Elena a travaillé comme auxiliaire de crèche et professeur suppléant, montrant une adaptabilité remarquable et un engagement envers le développement des enfants.
Sa formation académique solide, incluant un Master en Lettres Modernes Appliquées de l’Université Paris-Sorbonne et une formation bimedia au CFPJ, témoigne de son engagement envers l’excellence professionnelle.
Une consommation excessive de bière pourrait entraîner des problèmes de mémoire, un déclin mental, voire une démence, à partir d’un certain âge, d’après un neurologue américain.
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EN BREF
- En 2015, l’alcool a causé 41 000 décès en France, incluant cancers et maladies cardiovasculaires.
- Le neurologue Richard Restak conseille de limiter l’alcool après 65 ans pour éviter le déclin mental.
- Réduire la consommation d’alcool est crucial pour préserver la santé mentale et physique.
La consommation de boissons alcoolisées reste profondément ancrée dans les pratiques culturelles françaises. Pourtant, ces boissons constituent une cause importante de mortalité et de morbidité dans notre pays, et ailleurs. En 2015, selon les chiffres de Santé Publique France, 41 000 décès ont été attribuables à l’alcool, dont 16 000 décès par cancers, 9 900 décès par maladies cardiovasculaires, 6 800 par maladies digestives, 5 400 pour une cause externe (accident ou suicide) et plus de 3 000 pour une autre maladie (maladies mentales, troubles du comportement, etc.).
Et les effets néfastes ne s’arrêtent pas à la mortalité. La bière, bien que très appréciée, devrait être consommée avec modération, notamment après l’âge de 65 ans. Selon le neurologue, neuropsychiatre, auteur et professeur américain Richard Restak, une consommation excessive de bière pourrait entraîner des problèmes de mémoire, un déclin mental, voire une démence.
Le neurologue a placé l’âge limite à 65 ans
Dans son livre The Complete Guide to Memory: The Science of Strengthening Your Mind, il explique que l’alcool altère sans distinction les fonctions cérébrales. Il s’agit d’une « neurotoxine très faible », qui perturbe la communication entre les neurones.
Le neurologue a placé l’âge limite à 65 ans car il s’agit d’une période où le corps perd des neurones plus rapidement. Le déclin mental s’accélère, et « il est essentiel de s’abstenir de boire de l’alcool à un stade de la vie où la préservation des neurones est cruciale », insiste-t-il, cité par Surrey Live. Il ajoute que pour les personnes âgées, boire de la bière peut être particulièrement dangereux en raison des dommages cumulés.
« Un produit chimique toxique »
Les conseils de l’expert ont été repris par le NHS, le système de la santé publique du Royaume-Uni, qui prévient : « L’alcool est un produit chimique toxique qui peut avoir un large éventail d’effets indésirables sur presque toutes les parties de votre corps. Les effets de l’alcool peuvent varier. Parfois, vous ressentez les effets presque instantanément. D’autres fois, cela peut prendre plus de temps et peut se produire après avoir bu quelques verres. »
En 2021 France, 94,9% des adultes déclarent avoir déjà consommé de l’alcool dans leur vie. Cette proportion reste relativement stable au moins depuis le début des années 1990. Depuis plusieurs décennies, les consommations hebdomadaires et quotidiennes diminuent. Mais si une tendance à la baisse a été observée depuis les années 1960, elle semble stagner ces dernières années. Des progrès restent à faire…
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