Par Olivier le 10 novembre 2025
Les députés planchent sur une série d’amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’année prochaine. L’objectif affiché est de renforcer la prévention en matière de santé publique, mais la conséquence probable est que les prix de l’alcool voire du tabac vont augmenter ! Ce qui fait grincer des dents les producteurs et les professionnels du secteur.

Mauvaise nouvelle pour les amateurs de vin, de bière ou de spiritueux : la fiscalité sur l’alcool pourrait bientôt s’alourdir. Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, une vingtaine d’amendements ont été déposés par des députés de gauche et du centre pour taxer davantage les boissons alcoolisées. Officiellement, ces mesures visent à protéger la santé publique, notamment des jeunes. Officieusement, elles pourraient aussi… renflouer les caisses de l’État, qui crie famine !
L’alcool dans le collimateur du budget 2026
Parmi les propositions figure la suppression du plafond de 1,75 % qui limite actuellement la hausse annuelle des taxes sur l’alcool. L’idée serait de calquer cette fiscalité sur celle du tabac, déjà indexée sur l’inflation. D’autres amendements veulent étendre la cotisation « Sécurité sociale » à toutes les boissons alcoolisées (et non plus seulement à celles titrant plus de 18 %) ou encore créer une taxe de 3 % sur les dépenses publicitaires des grands groupes du secteur.
Les bières ne sont pas épargnées : plusieurs amendements visent à taxer les bières aromatisées et sucrées, à relever l’accise sur les bières fortes, ou à élargir la taxe sur les « prémix » jusqu’à 25 % d’alcool. Autant de mesures qui, si elles sont adoptées, feraient fortement grimper le prix à la bouteille, voire à la pinte.
Ces taxes dites « comportementales » pourraient aussi concerner le tabac. Le gouvernement, qui cherche de nouvelles recettes pour financer la Sécurité sociale, n’exclut pas une nouvelle hausse des prix. Ces augmentations visent à dissuader la consommation, mais elles suscitent des débats passionnés sur leur efficacité réelle.
Les partisans de ces mesures rappellent que le coût social de l’alcool — soins, prévention, répression — est colossal : environ 102 milliards d’euros par an selon l’association Addictions France. « Les entreprises qui commercialisent ces produits devraient contribuer davantage », estime à BFMTV l’organisation, qui milite pour une fiscalité plus sévère.
Du côté des professionnels, on redoute un nouveau coup dur pour une filière déjà fragilisée par la baisse de la consommation et les difficultés à l’exportation. La bataille s’annonce donc houleuse à l’Assemblée nationale, avant de se poursuivre au Sénat. Et si certaines de ces propositions venaient à passer, il est à peu près certain que trinquer pourrait bien coûter un peu plus cher dès l’année prochaine.