- Par Stanislas Deve
Même une seule soirée de consommation excessive d’alcool peut affaiblir la barrière intestinale et provoquer une inflammation durable, alerte une étude sur les risques du binge drinking
L’ESSENTIEL
- Une seule session de binge drinking peut fragiliser la barrière intestinale et déclencher une inflammation.
- Une étude américaine révèle les mécanismes biologiques de ces dommages précoces.
- Le Dry January est l’occasion idéale pour repenser son rapport à l’alcool.
Les fêtes de fin d’année ont été l’occasion pour certains de boire sans trop de modération. A quel prix ? Au-delà des dommages immédiats sur le foie, il semblerait que boire quatre à cinq verres d’alcool en moins de deux heures – ce que l’on appelle communément le binge drinking – peut suffire à endommager aussi la barrière intestinale. C’est la conclusion d’une étude du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC), publiée dans la revue Alcohol: Clinical and Experimental Research.
Un intestin fragilisé dès la première ivresse
Menée par le Dr Scott Minchenberg, l’enquête a révélé qu’une seule prise massive d’alcool peut entraîner une réaction inflammatoire au niveau de l’intestin grêle. En cause : l’activation de certaines cellules immunitaires, les neutrophiles, qui libèrent des structures appelées NETs. Ces dernières attaquent directement la paroi intestinale et favorisent le passage de toxines dans le sang, un phénomène connu sous le nom d’intestin perméable, ou « leaky gut« .
« Notre recherche montre que même de brèves périodes de consommation excessive peuvent affaiblir la barrière intestinale et déclencher une inflammation, ce qui constitue une étape précoce dans les lésions liées à l’alcool », souligne Le Dr Gyongyi Szabo, co-auteur de l’étude, dans un communiqué. Si ces effets immédiats sont préoccupants, ils s’ajoutent à ceux déjà bien connus d’une consommation excessive régulière : troubles de la mémoire, réduction du volume cérébral chez les adolescents, hypertension, maladies hépatiques…
Et le phénomène touche de plus en plus de populations : selon une étude parue dans l’American Geriatrics Society, 10,6 % des seniors pratiqueraient le binge drinking au moins une fois par mois, un chiffre en hausse.
