Contrairement aux préjugés, l’usage de drogue concerne toutes les couches de la société, riches comme pauvres, à la ville comme à la campagne. Témoignages.
Par Arnaud Aubry
Le trafic de drogues s’est installé dans notre quotidien insidieusement, comme en témoignent les consommateurs • ISTOCK
« C’est parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les trafiquants », affirmait le 19 novembre 2025 Emmanuel Macron, quelques jours après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le frère d’un militant antidrogue. Cette déclaration à l’emporte-pièce traduit mal la complexité de la consommation de drogue. Car, en France, elle est partout. Chez les riches comme chez les pauvres, dans la France des tours et dans celle des bourgs.
« Les consommateurs de substances illicites n’appartiennent pas à un groupe clairement identifié : ils peuvent être des usagers socialement insérés tout comme des usagers précarisés, marginalisés », expliquait l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dans son rapport publié en 2025.
« Ça gonfle ma confiance en moi »
« J’ai commencé à prendre de la cocaïne à 25 ans. Avant, il n’y en avait pas en soirée », explique Estelle (les prénoms ont été modifiés), cheffe d’entreprise et journaliste de 42 ans. Elle a vu la drogue se généraliser, d’abord à Paris, où elle a emménagé pour ses études, avant d’atteindre son Sud natal il y a quelques années seulement.
De fait, toutes les études le montrent : la cocaïne s’est démocratisée. Entre 1992 et aujourd’hui, la proportion d’usagers de cocaïne (c’est-à-dire une prise au moins une fois par an) en France a ainsi été décuplée.