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Alcool au volant : « Si vous comparaissez à nouveau, boulot, pas boulot, ce sera de la prison

Un homme de 28 ans a été jugé pour la troisième fois par la justice pour avoir conduit alcoolisé. Il était face au tribunal de La Roche-sur-Yon jeudi 16 octobre 2025.Justice

Le tribunal de La Roche-sur-Yon a condamné à huit mois de prison, dont quatre ferme, un homme de 34 ans pour des violences envers des réfugiés syriens.
Le prévenu avait bu trois bières de 33 cl et deux whiskies avant de prendre le volant.  ©Journal du Pays yonnais

Par Milène SILVERT Publié le 18 oct. 2025 à 16h20

Dans les rues de La Roche-sur-Yon, non loin de la place Napoléon, des policiers remarquent dans l’obscurité un véhicule circulant tout feu éteint, à 23 h 15. Lorsqu’il est contrôlé, le chauffeur, Guillaume*, explique aux forces de l’ordre qu’il n’a pas allumé ses phares, car il connaît mal cette voiture. Il s’agit d’une voiturette sans permis fournie par son employeur. Son taux d’alcool s’élève à 0,88 milligramme par litre d’air expiré, 0,92 milligramme au second souffle. 

Si Guillaume était au volant d’un véhicule sans permis, c’est parce que celui-ci lui avait été retiré un mois auparavant, le 19 décembre 2024, après une décision du tribunal de La Rochelle. Il avait alors déjà été surpris au volant de son véhicule sous l’influence de l’alcool, et ce n’était pas la première fois. En 2022, au volant, alcoolisé, il avait été contrôlé, son permis avait été suspendu.

 » Vous êtes donc plus fort que toutes les statistiques »

« Ça commence à faire beaucoup », constate Isabelle Jubineau, la présidente du tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon, le 16 octobre 2025. « C’est de la malchance », tente le prévenu aux deux contrôles positifs en l’espace de trois mois, à la barre. « J’ai envie de dire que c’est une chance que vous avez été arrêté. Vous étiez sûr de rentrer en vie ce soir-là ? » Guillaume répond à l’affirmative et provoque les foudres d’Isabelle Jubineau : « Vous êtes donc plus fort que toutes les statistiques. »

La substitut du procureur souligne : « Les policiers disent que vous avez été véhément et discourtois avec eux. » « Je ne me souviens pas avoir été désagréable », affirme le prévenu. « Peut-être qu’avec presque un gramme dans le sang, on n’est pas totalement dans le contrôle », pointe du doigt la présidente avec sarcasme.

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Guillaume affirme ne pas avoir de problème avec l’alcool. « Votre patron tient à vous pour vous avoir gardé alors que votre permis vous avait été retiré », constate Isabelle Jubineau. Guillaume travaille en tant que commercial. Pour l’audience du 16 octobre, son patron avait fourni un document au tribunal affirmant que si la justice l’empêchait de conduire tout véhicule terrestre, Guillaume perdrait son emploi.

Aux Etats-Unis, les boissons au THC font leur entrée dans la grande distribution

Publié le 18 octobre 2025 par Aurélien BERNARD 

Boissons THC chez Target
  • Le géant de la distribution Target a discrètement lancé la vente de boissons au THC dans certains de ses magasins du Minnesota, une initiative sans précédent qui témoigne de l’acceptation croissante des cannabinoïdes dérivés du chanvre dans le commerce traditionnel.

Une initiative historique pour l’industrie des boissons au THC

Selon plusieurs sources du secteur, Target a introduit une douzaine de marques de boissons au THC dans dix de ses magasins du Minnesota. Parmi les marques proposées, on trouve BirdieCannGigliHi SeltzerIndeedSeñoritaStigmaSurlyTrail MagicWonderWyld et Wynk.

« Compte tenu de tout ce qui se passe autour du chanvre et des débats sur la réglementation par opposition à la prohibition, l’entrée en scène de Target est monumentale », a déclaré Jason Dayton, cofondateur de Trail Magic, l’une des marques participant au lancement. « Et c’est un moment qui montre que la réglementation fonctionne. »

M. Dayton a expliqué que l’objectif n’était pas la déréglementation, mais la mise en place d’un cadre responsable garantissant des tests, des restrictions d’âge et des règles claires en matière de distribution, une structure qui a contribué à faire de l’alcool une industrie de 250 milliards de dollars aux États-Unis

« Nous voulons plus de réglementation, pas moins », a-t-il déclaré.

Cette nouvelle a suscité l’enthousiasme sur le marché des boissons à base de THC, même parmi les entreprises qui ne participent pas au lancement. « C’est encore ÉNORME pour la catégorie et un grand bravo à ceux qui en font partie », a déclaré Adam Terry, PDG de Cantrip.

Un test avec des implications nationales

L’entrée de Target dans le segment des boissons au cannabis intervient à un moment politique complexe. À Washington, le Congrès débat d’un éventuel retour en arrière sur la légalisation du chanvre, qui pourrait restreindre la vente de produits dérivés du chanvre contenant des traces de THC.

La loi agricole de 2018, signée par Donald Trump, a légalisé le chanvre et ses dérivés au niveau fédéral, à condition que les produits contiennent moins de 0,3% de THC. Cependant, certains législateurs souhaitent désormais revenir sur cette règle, face aux inquiétudes croissantes concernant la propagation des substances intoxicantes dérivées du chanvre.

Le Minnesota constitue un point de départ particulièrement symbolique pour la phase de test de Target. L’État a légalisé le cannabis à usage adulte en 2023, mais avant même cela, il était déjà devenu une plaque tournante pour les boissons à base de chanvre. En 2022, le gouverneur Tim Walz a signé une loi autorisant la vente de cannabinoïdes dérivés du chanvre, tels que le CBD et le THC, dans les aliments et les boissons, à condition qu’ils respectent les limites de dosage fixées par l’État, à savoir 5 mg de THC par portion et 50 mg par emballage.

La clarté de la réglementation a fait du Minnesota l’un des marchés les plus dynamiques pour les boissons à faible teneur en cannabis, avec l’émergence de dizaines de start-ups pour répondre à la demande croissante des consommateurs.

Acceptation par le public et évolution des habitudes de consommation

La généralisation des boissons au THC coïncide avec l’évolution de l’attitude du public à l’égard du cannabis et de l’alcool. Un sondage récent montre que la plupart des Américains considèrent désormais le cannabis comme une « option plus saine » que l’alcool, près de 80 % des consommateurs de boissons au cannabis déclarant avoir réduit leur consommation d’alcool et plus de 20 % affirmant avoir complètement arrêté de boire.

Cette tendance n’est pas passée inaperçue auprès des grandes entreprises. Des entreprises telles qu’Amazon et Home Depot se sont déjà adaptées à l’évolution du paysage juridique, en modifiant leurs politiques de dépistage des drogues ou même en soutenant la réforme fédérale sur le cannabis. Parallèlement, des organisations telles que les Veterans of Foreign Wars (VFW) se sont associées à des marques de boissons à base de THC afin de promouvoir des alternatives à l’alcool dans les locaux des anciens combattants à travers le pays.

Reste à voir si le programme pilote de Target sera étendu à l’ensemble du pays. Mais cette initiative a déjà été décrite par les investisseurs comme un tournant pour cette catégorie. « Nous n’avons pas encore vu de véritable géant de la distribution se lancer. Cela a changé aujourd’hui », a écrit Aaron Edelheit, PDG de Mindset Capital.

Alors que les débats autour de la réglementation du chanvre s’intensifient à Washington, l’expérience de Target pourrait devenir une étude de cas sur la manière dont la grande distribution peut intégrer de manière responsable les produits à base de THC dans les marchés de consommation existants.

En cas de succès, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres chaînes nationales qui suivraient le mouvement, faisant passer les boissons à base de cannabis des magasins spécialisés au cœur des rayons des magasins de tous les jours.

Sécurité routière : vitesse, alcool, stupéfiants… avec 61 décès, l’année 2025 déjà plus meurtrière que 2024 dans ce département

Les routes de l'Hérault ont été particulières meurtrières cette année 2025.

Écrit parSarah Boana et Laurent Beaumel

Publié le17/10/2025

Les accidents de la route dans le département de l’Hérault ont augmenté de presque 30% depuis le début de l’année par rapport à 2024 et il risque de s’alourdir encore d’ici à la fin de l’année. Les raisons : des conduites à risques telles que la vitesse, l’alcool ou les stupéfiants.

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2025 devrait être une année noire sur les routes de l’Hérault. Alors que l’année est loin d’être terminée, le nombre d’accidents mortels dépasse largement celui de l’année précédente. À ce jour, 61 personnes ont perdu la vie tandis qu’en 2024, 43 décès ont été enregistrés sur les routes du département, une augmentation de près de 30%.

L’association 40 millions d’automobilistes, dénonce une politique inefficace. Elle réclame plus de gendarmes et plus de contrôles. « En France, on veut toujours régler la sécurité routière par la pose d’un radar : plus il y a de radar, plus il y a de l’argent investi dans ces radars, plus il y a de morts sur la route. On voit bien que ça ne fonctionne pas. Et pourtant, c’est facile à comprendre », s’indigne Pierre Chasseray, délégué général de l’association.

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Et si demain l’alcool n’existait plus, comment vivrions-nous ?

Par  Marie Briel 17 octobre 2025

Un barman qui sert de l'alcool à ses clients.

Et vous, seriez-vous capable de vivre sans alcool ? © Freepik

Et si demain, plus une seule goutte d’alcool n’existait sur Terre ? Pas de vin à table, pas de bière en terrasse, pas de champagne pour fêter une naissance.

L’idée paraît folle, presque dystopique.

(La dystopie est un genre littéraire ou artistique qui consiste à représenter une société fictive sombre et dangereuse)

Que nous apporterait (ou nous coûterait) un monde sans alcool ?

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Alcool et démence : chaque verre compte

Dr Roseline Peluchon | 16 Octobre 2025

La relation entre alcool et démence fait débat. Une vaste étude combinant analyses observationnelles et randomisation mendélienne semble trancher : toute consommation d’alcool augmente le risque.

La consommation d’alcool est associée à des effets délétères bien connus sur la santé. Toutefois, la relation exacte entre les différents niveaux de consommation d’alcool et le développement de la démence fait l’objet de controverses, avec des résultats parfois contradictoires, en raison de biais méthodologiques importants. Une nouvelle étude a été menée, pour lever ces incertitudes et fournir des preuves solides du rôle causal de l’alcool dans la survenue des différentes formes de démence. 

L’étude est basée sur deux vastes cohortes populationnelles (US Million Veteran Programme et la UK Biobank) et combine les analyses observationnelles classiques et l’approche génétique (randomisation mendélienne linéaire et non linéaire). Les analyses observationnelles portent sur plus de 559 000 personnes âgées de 56 à 72 ans, alors que les analyses génétiques utilisent les données provenant d’une cohorte de 2,4 millions de participants. 

L’approche génétique modifie la perspective

Les analyses observationnelles révèlent une relation en forme de courbe en U entre consommation d’alcool et risque de démence. Le risque le plus important concerne les non-buveurs, les gros buveurs (> 40 verres par semaine : HR 1,41 [IC à 95 % 1,15 à 1,74]), et les personnes présentant des troubles de l’usage de l’alcool (HR 1,51 [1,42 à 1,60]), en comparaison avec les consommateurs légers.

Cela pourrait suggérer qu’une consommation légère à modérée « protègerait » davantage contre la démence que l’abstinence totale. 

Toutefois, l’approche génétique par randomisation mendélienne révèle une relation toute différente : le risque de démence augmente de façon progressive et constante avec la quantité d’alcool consommée, sans aucun effet protecteur observé aux faibles doses. 

Cette divergence pourrait s’expliquer par le fait que les personnes développant une démence tendent à réduire progressivement leur consommation au cours des années précédant le diagnostic. Ainsi, l’effet protecteur apparent d’une faible consommation observé dans les études classiques serait en réalité le résultat d’un biais de causalité inverse.

Selon leurs estimations, des politiques de santé publique visant à réduire les troubles liés à l’usage de l’alcool pourraient diminuer l’incidence des démences de 16 %. 

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L’addiction alimentaire serait comparable à celle causée par l’alcool ou le tabac

De plus en plus de travaux suggèrent que certains aliments sucrés ultra-transformés agissent sur notre cerveau comme de véritables substances addictives, comme la nicotine ou l’alcool.

  • Par Stanislas Deve Commenting AaronAmat / istock 15 Octobre 2025

« Le chocolat aux noisette est ma drogue », « je suis accro à ces chips »… On plaisante à moitié, mais on ne pourrait pas mieux dire : selon un nombre croissant de chercheurs, l’addiction alimentaire serait bel et bien une réalité. « Un consensus émerge pour la considérer comme un véritable phénomène », affirme Claire Wilcox, psychiatre américaine spécialiste des addictions et des troubles alimentaires, dans un article publié par The Conversation« Des centaines d’études montrent que certains aliments agissent sur le cerveau de façon comparable à la nicotine ou l’alcool. »

Des effets similaires à ceux des drogues

Les aliments sucrés, ultra-transformés en particulier, active notamment les réseaux liés au plaisir, au stress et au contrôle des impulsions. Dans le détail, la consommation répétée d’un aliment addictif, comme le sucre, libère de la dopamine, renforçant les habitudes et les envies. « Les indices sensoriels associés à ces aliments prennent le pouvoir sur nos décisions », explique la chercheuse.

Au fil du temps, le corps développe une tolérance, nécessitant des doses plus importantes pour ressentir les mêmes effets. Et en cas d’arrêt brutal ? Irritabilité, tristesse, voire dépendance psychologique peuvent apparaître. Ce phénomène pousse à consommer non plus pour le plaisir, mais pour éviter le malaise.« Arrêter brutalement une alimentation riche en sucre peut entraîner un véritable sevrage, semblable à celui du tabac ou des opioïdes », précise la psychiatre. Et comme pour les drogues, l’exposition chronique à ces aliments nuit au cortex préfrontal, rendant plus difficile le contrôle de soi.

Qui sont les plus vulnérables ?

Certaines personnes semblent plus sensibles aux effets addictifs de la nourriture. Des études ont montré que les individus obèses activent davantage leur cortex préfrontal lorsqu’ils tentent de résister à la tentation alimentaire, signe d’un effort cognitif plus intense.

Comment soigner une addiction à un besoin vital ? « Contrairement à l’alcool ou au tabac, on ne peut pas arrêter de manger », rappelle la spécialiste. C’est pourquoi les traitements doivent être adaptés. Certains professionnels redoutent que l’interdiction de certains aliments provoque des troubles comme l’hyperphagie.

D’autres, comme la psychiatre Kim Dennis, proposent une approche nuancée : ne pas restreindre les calories, mais aider les patients à identifier les aliments qui déclenchent une compulsion et à les éviter. « Ce n’est pas ce que l’on mange qui pose toujours problème, mais la relation que l’on entretient avec certains aliments »

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L’OMS appelle l’Europe à durcir sa politique face à l’alcool

  • 14 octobre 2025 par Belga

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pressé mardi les pays européens à renforcer leurs politiques de lutte contre la consommation excessive d’alcool. Cet appel coïncide avec la présentation d’un nouveau manuel de prévention du cancer, dans lequel l’OMS démontre que des mesures plus strictes, telles qu’une hausse des taxes ou des restrictions à la vente, peuvent aider à réduire la consommation d’alcool et, par conséquent, le risque de développer la maladie.

Ce guide se veut une feuille de route pour les gouvernements du monde entier, afin de les aider à formuler des recommandations et à définir leurs politiques de santé publique. Si l’étude a une portée mondiale, ses conclusions s’adressent en priorité à l’Europe, où la consommation d’alcool reste la plus élevée du globe et où le cancer constitue la première cause de mortalité. En 2020, l’alcool a été responsable d’environ 111.300 nouveaux cas de cancer et de 93.000 décès dans l’Union européenne.

« Certains considèrent l’alcool comme un héritage culturel », rappelle le Dr Gundo Weiler de l’OMS, « mais les maladies, les décès et les handicaps ne doivent pas être intégrés comme faisant, naturellement, partie de la culture européenne. »

L’OMS est claire: un encadrement plus strict conduit à une baisse de la consommation d’alcool et donc à un risque moindre de développer un cancer. Parmi les mesures jugées efficaces figurent l’augmentation des taxes et l’instauration de prix planchers, la limitation des heures de vente, les restrictions d’âge, l’interdiction de la publicité pour l’alcool et, dans certains cas, la mise en place d’un monopole d’Etat pour encadrer sa distribution.

Enfin, l’OMS souligne la nécessité pour les différents pays de renforcer la prise en charge des personnes souffrant d’abus ou de dépendance à l’alcool.

Que se passerait-il si la consommation d’alcool s’arrêtait totalement, partout ?

ou si, scénario dystopique pour les uns, utopique pour les autres, les boissons alcoolisées disparaissaient totalement de la planète ?


Dans le Meilleur des mondes, publié en 1932, l’écrivain britannique Aldous Huxley imagine une société sans alcool, mais sous l’empire d’une autre drogue : le « soma ». Ce terme, emprunté aux textes védiques indiens où il désignait une boisson sacrée, devient sous sa plume une substance de synthèse parfaite, sans effets secondaires, qui maintient la population dans une soumission heureuse. L’absence d’alcool compensée par un contrôle chimique des émotions…

Sans aller jusqu’à un tel scénario, que se passerait-il dans nos sociétés si l’alcool, subitement, cessait d’être consommé ? Quelles seraient les conséquences pour la santé et, plus largement, pour la société ?

Prêtons-nous à ce petit exercice intellectuel, pour tenter de prendre la mesure de la place qu’occupe l’alcool dans nos vies…

Augmentation de l’espérance de vie en bonne santé

Si l’alcool disparaissait demain, on constaterait tout d’abord une diminution de la mortalité et une augmentation de l’espérance de vie en bonne santé.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2019, l’alcool était responsable de 2,6 millions de décès par an dans le monde, soit 5 % de la mortalité globale. La classe d’âge 20-39 ans est par ailleurs celle qui enregistre la proportion la plus élevée de décès attribuables à l’alcool, soit 13 %.

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En France, l’alcool provoque 41 000 décès par an dont 16 000 par cancers, 9 000 par maladies cardiovasculaires et 6 800 par maladies digestives). Une étude publiée dans la revue scientifique médicale The Lancet en 2018 suggère qu’il n’existe pas de seuil de consommation sans risque pour la santé : dès un seul verre consommé par jour, les années de vie en bonne santé diminuent.Boire ou vivre longtemps : faut-il choisir ?

Moins de jeunes mourraient à cause de l’alcool

L’alcool est la première cause évitable de mortalité chez les moins de trente ans. Près d’un décès sur cinq chez les hommes de 25 à 29 ans est attribuable à l’alcool.

Avant 40 ans, les causes principales sont les accidents et les suicides, tandis qu’à partir de la quarantaine dominent les maladies chroniques comme la cirrhose.

Mortalite liée à l’alcool.

La suppression totale de l’alcool réduirait donc directement la mortalité prématurée.

Diminution des accidents de la route et des suicides

Un monde sans alcool s’accompagnerait aussi d’une réduction rapide des accidents de la route. En 2024, sur les routes de France, l’alcool était en effet responsable de près d’un accident mortel sur quatre.Diffusé pendant l’Euro pour lutter contre l’alcool au volant, ce spot belge est féroce.

En France, les infractions liées à l’alcool, surtout la conduite sous l’empire de l’alcool, représentent près d’un tiers des condamnations pour infractions routières avec, en 2019, 87 900 condamnations.

Leur poids considérable a conduit les tribunaux à recourir massivement à des procédures simplifiées pour désengorger le système judiciaire, preuve que ces affaires constituent une part majeure et récurrente du contentieux pénal.

Moins de violences, moins de féminicides et désengorgement du système judiciaire

L’alcool est directement lié à la violence, et les affaires judiciaires impliquent souvent l’alcool. En France, l’analyse des données recueillies par questionnaire auprès de plus de 66 000 étudiants et étudiantes des universités indique que l’alcool est un facteur déterminant des violences sexistes et sexuelles dans ce milieu. Plus de la moitié des violences sexistes et/ou sexuelles ainsi recensées implique une consommation d’alcool dans le cadre de la vie universitaire.

Une étude réalisée en Afrique du Sud a par ailleurs montré que les périodes d’interdiction totale de vente d’alcool pendant la pandémie de Covid-19 ont coïncidé avec une baisse de 63 % des féminicides, comparées aux périodes sans restriction.

Diminution du nombre de suicides

De façon peut-être plus surprenante, si l’alcool venait à disparaître, on pourrait aussi s’attendre à une diminution substantielle des suicides. Comme l’ont montré des études récentes, l’alcool augmente significativement le risque de mort par suicide, et ce, quel que soit le genre considéré.

La consommation d’alcool est désormais un facteur de risque reconnu pour le suicide, à la fois à court terme (par intoxication, impulsivité, perte de contrôle) et à long terme (par le développement d’un isolement social dû à la consommation excessive ou à la dépendance, par le développement d’une dépression ou encore de troubles mentaux associés).

Photo d’une jeune femme à l’air pensif et triste assise au bord d’un trottoir avec une bouteille et un verre posés à côté d’elle
La consommation d’alcool est un facteur de risque reconnu du suicide. Unsplash/Velik HoFAL

Une méta-analyse (revue systématique de littérature suivie d’une analyse statistique portant sur les données des études sélectionnées, ndlr) a ainsi établi que chaque hausse d’un litre par habitant par année de la consommation d’alcool pur est associée à une augmentation de 3,59 % du taux de mortalité par suicide.

Rappelons qu’en 2023, les volumes d’alcool pur mis en vente en France – en diminution par rapport aux années précédentes – s’établissaient encore à 10,35 litres par habitant âgés de 15 ans et plus.

Moins de maladies et des services d’urgences et des hôpitaux moins engorgés

Si la consommation d’alcool venait à s’arrêter, les services des urgences seraient beaucoup moins encombrés. Des études réalisées en France estiment, en effet, qu’environ 30 % des passages aux urgences seraient liés à l’alcool. On imagine bien ce que cela pourrait changer quand on connaît les difficultés de fonctionnement auxquelles font actuellement face les services d’urgence.

Par ailleurs, la consommation d’alcool étant responsable de plus de 200 maladies, l’arrêt de sa consommation diminuerait leur prévalence, et donc les hospitalisations associées.

Les chiffres de 2022 indiquent que 3,0 % des séjours hospitaliers en médecine, en chirurgie, en obstétrique et en odontologie, que 6,6 % des journées en soins de suite et de réadaptation et que 10,0 % des journées en psychiatrie étaient considérés comme étant en lien avec des troubles de l’usage d’alcool. Par rapport aux chiffres de 2012, on constate une diminution du nombre de séjours pour alcoolisation aiguë ainsi qu’une hausse du recours pour alcoolodépendance. En psychiatrie, le nombre de journées d’hospitalisations a baissé en 2022 par rapport à 2012, tandis qu’en soins de suite et de réadaptation, la durée de prise en charge s’est allongée.

Le coût de ces hospitalisations était estimé en 2022 à 3,17 milliards d’euros, soit 4,2 % des dépenses totales d’hospitalisations (contre 3,6 % de l’ensemble des dépenses hospitalières en 2012).

Enfin, la disparition de l’alcool mettrait aussi fin aux troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF). Chaque année en France, environ 8 000 enfants naissent avec des séquelles dues à l’exposition prénatale à l’alcool.

Ces troubles entraînent des handicaps cognitifs et comportementaux durables, des difficultés scolaires et une surmortalité précoce. La disparition de ce syndrome représenterait un gain immense en vies sauvées, en qualité de vie et en coûts évités pour le système de santé, l’éducation et le médico-social.

Ce que l’on gagnerait chaque année sans alcool :

  • 41 000 vies sauvées en France (2,6 millions dans le monde) ;
  • 8 000 enfants épargnés des troubles de l’alcoolisation foetale ;
  • Plusieurs milliers de suicides évités (15 %–20 % liés à l’alcool) ;
  • 2 400 accidents routiers mortels en moins en France ;
  • 246 000 hospitalisations évitées, soit un soulagement majeur pour les services d’urgence ;
  • 102 milliardsd’euros économisés en coûts sociaux, soit 4,5 % du PIB français ;
  • Une justice désengorgée, débarrassée d’une grande partie des infractions routières et violences liées à l’alcool.

Et que se rassurent ceux qui s’inquièteraient du fait que la disparition de l’alcool pourrait nous priver d’hypothétiques bénéfices, tels qu’un quelconque effet protecteur d’une consommation modérée, notamment sur le cœur. Les conclusions des travaux à l’origine de cette rumeur sont désormais largement remises en cause… En revanche, arrêter l’alcool présente de nombreux avantages.

Arrêter de boire : de nombreux bénéfices

Révélés par les campagnes Un mois sans alcool comme le Défi de janvier (le « Dry January » à la française), les bénéfices observés à l’arrêt de la consommation sont très nombreux. Sans alcool, on se sent beaucoup mieux et notre corps nous dit merci !

Parmi les effets les plus notables et rapportés dans des enquêtes déclaratives figurent des améliorations du bien-être et de la qualité de vie. Les personnes interrogées indiquent notamment mieux dormir, se sentir plus en forme, avoir plus d’énergie. Elles constatent qu’elles ont perdu du poids, et ont vu leur teint et leur chevelure s’améliorer.

Elles déclarent également avoir fait des économies. Pour s’en faire une idée : il a été estimé qu’en moyenne, lors de la campagne de 2024 du Défi de Janvier, les participants économisent 85,2 €.

Les paramètres physiologiques s’améliorent aussi. Parmi les bénéfices à l’arrêt de l’alcool, on peut citer un moindre risque de résistance à l’insuline, une meilleure élasticité du foie, une meilleure homéostasie du glucose (glycémie), une amélioration du cholestérol sanguin, une diminution de la pression artérielle et même une diminution des marqueurs sanguins du cancer. Du point de vue cognitif sont rapportées des améliorations en termes de concentration et de performance au travail.

Mais l’alcool, objecteront certains, n’est pas qu’une molécule psychoactive : il est aussi un rituel social universel. Partager un verre est un marqueur d’appartenance, de convivialité, voire de célébration. Sa disparition obligerait à réinventer nos codes sociaux.

Réinventer nos liens sociaux

On l’a vu, aucune consommation d’alcool, quelle qu’en soit la quantité, n’améliore la santé. Sa disparition n’aurait, du point de vue médical, que des bénéfices. En revanche, c’est tout un ensemble d’usages culturels et économiques qu’il nous faudrait réinventer.

En société, il nous faudrait consommer autrement et autre chose. Pourquoi pas des mocktails (cocktails sans alcool imitant les cocktails alcoolisés traditionnels) ou d’autres boissons sans alcool, telles par exemple que des boissons fermentées sans éthanol comme le kombucha ou le kéfir ?

Parmi les alternatives à l’alcool, certains explorent même la mise au point de molécules de synthèse qui mimeraient les effets désinhibiteurs de l’alcool, sans ses méfaits métaboliques…

Une fiction qui éclaire une réalité quelquefois désastreuse

L’exercice de pensée auquel s’essaye cet article ne doit pas être confondu avec la prohibition, dont l’échec historique aux États-Unis a montré les limites. Il s’agit plutôt de recourir à la fiction pour interroger notre rapport collectif à l’alcool.

Derrière son image conviviale, cette substance reste l’un des premiers facteurs de mortalité évitable, de maladies et de souffrances sociales. Imaginer sa disparition permet d’ouvrir un débat sur la réduction des risques, le développement d’alternatives, et une transformation culturelle de nos rituels sociaux.

Et pour ceux qui ont peur de devenir « chiants » en soirée s’ils arrêtent l’alcool ? J’ai exploré cette question dans mon dernier livre (voir ci-dessous), et la réponse est… non !

D’ailleurs, la non-consommation semble devenir de plus en plus acceptable socialement. Un nombre croissant de personnes ne consomment plus d’alcool en France. On note ces dernières années une baisse de la plupart des indicateurs liés à la vente et à l’usage de l’alcool en France. Chez les lycéens par exemple, les non-consommateurs (qui n’ont jamais expérimenté l’alcool), sont passés de 15 % en 2018 à 31,7 % en 2022.

Enfin, le Défi de janvier rencontre aussi un réel succès. Selon un sondage Panel Selvitys publié en février 2024, 5,1 millions de personnes y ont participé en 2024, et un nombre croissant de participants se sont inscrits en ligne : on a enregistré 75 % d’augmentation par rapport à 2023.

Tout porte à croire que l’idée de faire la fête sans alcool (et de rester drôle quand même !) est en train de faire son chemin…


Pour en savoir plus

Mickael NaassilaJ’arrête de boire sans devenir chiant. Le guide pour changer sa relation à l’alcool et préserver sa santééditions Solar, 2025.

Cannabis légalisé, urgences débordées

Dr Bernard-Alex Gauzere | 14 Octobre 2025

Depuis la légalisation du cannabis dans 21 États américains, les urgences font face à une explosion des intoxications. Une étude dans le Michigan pointe une hausse de 70 % des admissions.

En 2023, 21 États américains avaient légalisé l’usage récréatif du cannabis. Le Michigan, qui a franchi ce cap en décembre 2018, a vu s’ouvrir ses premiers établissements de vente au détail dès décembre 2019, entraînant une explosion de la disponibilité et de la diversité des produits cannabiques sur le marché.

Le cannabis agit principalement sur les récepteurs CB1 et CB2 distribués dans différentes régions cérébrales. Si la plupart des consommateurs recherchent ses effets récréatifs – euphorie légère, relaxation, stimulation de l’appétit et acuité sensorielle accrue –, la substance peut également provoquer des effets indésirables dose-dépendants. Ces derniers incluent des troubles de l’attention et de l’équilibre, une tachycardie, ainsi que des altérations cognitives affectant le jugement, la mémoire et la perception temporelle. L’intensité de ces effets varie considérablement selon la dose consommée, la variété de cannabis utilisée et l’expérience préalable du consommateur.

Les produits actuels, beaucoup plus puissants que par le passé, sont consommés selon diverses modalités : inhalation par combustion ou vaporisation, ingestion d’aliments enrichis, ou utilisation de concentrés à haute teneur en THC. Cette diversification, conjuguée à des concentrations en principe actif élevées, accroît significativement les risques d’intoxication aiguë chez les adultes comme chez les enfants. Les symptômes peuvent alors s’aggraver et inclure anxiété intense, désorientation, épisodes paranoïaques, voire manifestations psychotiques.

Des conséquences sanitaires prévisibles et confirmées

Les études menées avant la légalisation du cannabis avaient anticipé plusieurs de ses conséquences sanitaires, désormais confirmées par les données épidémiologiques. On observe effectivement une augmentation significative des admissions aux urgences liées à la consommation de cannabis, une hausse des intoxications pédiatriques accidentelles, ainsi qu’une multiplication des cas d’ingestion d’aliments enrichis au THC.

Parallèlement, le nombre d’Américains consommant du cannabis ne cesse de croître, sous l’effet conjugué de la légalisation et d’une évolution culturelle qui déstigmatise progressivement son usage. Cette démocratisation expose davantage d’utilisateurs novices aux risques d’intoxication aiguë, cette population étant particulièrement vulnérable aux effets indésirables sévères et plus susceptible de recourir aux services d’urgence.

L’augmentation de la consommation s’accompagne également d’une émergence de pathologies spécifiques. Le syndrome d’hyperémèse cannabique – caractérisé par des épisodes récurrents de nausées, de vomissements et douleurs abdominales chez les consommateurs réguliers – connaît une incidence croissante dans les services d’urgence. Cette pathologie, encore méconnue du grand public, illustre les effets paradoxaux d’une consommation chronique de cannabis sur le système digestif.

Une cohorte observationnelle rétrospective au Michigan

Cette étude menée dans huit hôpitaux du sud-est du Michigan visait à évaluer l’impact de la légalisation du cannabis récréatif sur les services d’urgences en comparant le nombre d’admissions pour intoxication aiguë au cannabis avant et après la légalisation (2016-2018 versus 2019-2022). Le nombre d’admissions mensuelles liées au cannabis a été mesuré en fonction des codes de sortie de la CIM-10. Un modèle de régression binomiale négative a été utilisé pour estimer les changements immédiats et cumulatifs du nombre d’admissions aux Urgences liées au cannabis après la légalisation.

Entre 2016 et 2022, parmi les 2 177 admissions aux urgences pour intoxication au cannabis (2 066 patients), 671 ont eu lieu avant et 1 506 après la légalisation. Dans l’analyse univariée, la légalisation du cannabis à des fins récréatives a été associée à une augmentation du taux moyen d’admissions aux urgences liées au cannabis (rapport des taux [RR] : 1,70 [IC à 95 % : 1,49 à 1,94] ; p <0,001). Dans l’analyse multivariée ajustée en fonction de l’âge, les résultats restent significatifs (RR 1,47 [1,29 à 1,70], < 0,001). 

La légalisation du cannabis récréatif a été associée à une augmentation immédiate des taux de visites aux urgences pour intoxication aiguë au cannabis, dès le premier mois qui a suivi.Cependant, la pente de l’augmentation du taux d’admissions était similaire avant et après la légalisation du cannabis (RR, 1,28, IC à 95 % (1,07, 1,54), p < 0,001). Cette hausse était constatée à tous les âges, en particulier chez les adultes d’âge moyen (31 – 65 ans).

Toutefois, cette étude présente plusieurs limites en raison de son approche rétrospective. Le Michigan avait déjà adopté une position plus souple sur la consommation de marijuana par rapport à d’autres États en ayant précédemment légalisé la marijuana médicale pendant plusieurs années avant la légalisation récréative. Les codes CIM-10 dans les dossiers risquent d’omettre de nombreuses autres admissions qui étaient principalement dues à une intoxication aiguë au cannabis. De plus, les patients ont pu être moins susceptibles de se présenter aux urgences pour une intoxication au cannabis au plus fort de la pandémie de Covid-19.

Cependant, ces résultats indiquent une augmentation des consultations aux urgences après légalisation du cannabis, plaidant pour une formation des personnels des services d’urgences.

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