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8 idées reçues sur l’alcool dont il est temps de se défaire !

2/8 – Nous sommes tous égaux face à l’alcool : faux !
Les hommes supportent mieux l’alcool que les femmes. Encore une injustice liée au genre ? En tout cas, pour la même dose d’alcool ingérée, le taux d’alcool dans le sang sera moins élevé chez un homme que chez une femme. En cause ? La corpulence globalement moins élevée des femmes. Le corps des femmes comporte en général moins d’eau et plus de graisse que celui des hommes, donc l’alcool a moins de liquide pour se répartir. Le foie des femmes met plus de temps à éliminer l’alcool.

3/8 – Une cuite de temps en temps, ce n’est pas grave : faux.
Effectivement, ce n’est pas avec une cuite occasionnelle que vous allez automatiquement devenir dépendant. Mais… une consommation d’alcool excessive désinhibe, et met, de fait en danger. Par ailleurs, vous risquez d’être malade, de vous blesser accidentellement, de ne pas voir vos limites et de faire un coma éthylique… Sans parler des simples maux de tête du lendemain.

4/8 – L’alcool ne fait pas grossir… Faux !
L’alcool est très calorique ! Quel qu’il soit. L’alcool pur correspond à 7 calories par grammes. Rien que dans un verre de whisky (3cl), il y a 70 calories.  En plus, l’alcool favorise le stockage des graisses. Le ventre à bière, ce n’est pas un mythe !

5/8 – En petite quantité, l’alcool n’est pas mauvais pour la santé : faux.
Dès le premier verre, l’alcool est néfaste. Par définition, compte tenu de ce qu’il demande comme effort au corps pour le digérer, il ne peut pas être « bon ».  Des études ont prouvé que dès le premier verre consommé, les risques de développer un cancer augmentent.  Le maximum recommandé est de 2 verres par jour, pas tous les jours. Plus on consomme, et plus les risques augmentent.

6/8 – Le vin est meilleur pour la santé que le whisky : faux.
On a parfois l’impression que parce que la boisson est moins forte au goût, moins concentrée en degrés d’alcool, elle est moins « mauvaise ». Mais c’est faux. Toutes les boissons contiennent de l’éthanol (1), et c’est dangereux dans tous les cas. D’autre part, un verre de vin (10cl), équivaut à un verre de pastis (2,5cl), à un verre de whisky (2,5cl), à un demi de bière (25cl)…

7/8 – J’ai soif, je bois de la bière, ça désaltère : non.
C’est une impression uniquement. La bière ne désaltère pas. Elle contient de l’éthanol (1), une molécule qui déshydrate en favorisant l’élimination de l’eau dans le corps. Il n’y a que l’eau qui déshydrate…

8/8 – Faire du sport aide à éliminer l’alcool plus vite : toujours pas vrai !
Le seul remède pour éliminer l’alcool, c’est la patience. Il n’existe aucun moyen de dessoûler à vitesse grand V. Pour éliminer un verre d’alcool, il faut attendre 1h30.

Des alcools « meilleurs » que d’autres, un verre de whisky qui « réchauffe »… Les idées reçues sur l’alcool sont nombreuses. Et rarement vraies !

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(1) L’éthanol, ou alcool éthylique (ou plus simplement alcool), est un alcool de formule semi-développée CH3-CH2-OH. C’est un liquide incolore, volatilinflammable et miscible à l’eau en toutes proportions. C’est un psychotrope, et l’une des plus anciennes drogues récréatives, sous la forme de boisson alcoolisée

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L’amende pour consommation de drogues entre en vigueur dans plusieurs villes

Les consommateurs de stupéfiants à ReimsRennesCréteil et Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne) sont punis depuis mardi d’une amende forfaitaire de 200 €, une mesure voulue par le gouvernement pour en finir avec la « dépénalisation de fait ».

Cette nouvelle procédure, qui s’applique à toutes les drogues mais vise d’abord les usagers de cannabis, doit être étendue à Lille et Marseille à la mi-juillet avant de concerner progressivement toute la France métropolitaine.

L’amende, si elle est réglée sous quinze jours, est minorée à 150 €. Au-delà de 45 jours, le contrevenant devra s’acquitter d’une majoration fixée à 450 €.

Une promesse de campagne d’Emmanuel Macron

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’amende forfaitaire – à laquelle seules les personnes majeures seront soumises – a été votée par le Parlement en novembre 2018 et s’ajoute à l’arsenal législatif existant.

> Lire aussi : POINT DE VUE. Drogue : l’amende forfaitaire, un moyen efficace pour réduire la consommation ?

Présentée comme l’un des outils du plan antidrogue lancé par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner en septembre 2019, elle entend plus spécifiquement en finir avec la « dépénalisation de fait » du cannabis et apporter « une réponse pénale plus rapide et plus ferme et plus systématique ».

En effet, une loi de 1970 prévoit théoriquement de punir l’usage illicite de stupéfiants jusqu’à un an de prison et 3 750 € d’amende, mais l’emprisonnement pour usage reste exceptionnel, les magistrats privilégiant des « mesures alternatives aux poursuites » comme des rappels à la loi.

La France, premier consommateur européen de cannabis

« L’amende forfaitaire […] va permettre aux forces de l’ordre et aux magistrats de se concentrer sur la lutte contre le trafic, plutôt que de consacrer leur temps à des procédures chronophages liées à la répression de la consommation de stupéfiants », s’est félicité le député Éric Poulliat (LREM), co-rapporteur de la mission d’information qui avait proposé la mesure en janvier 2018.

Premier consommateur européen de cannabis, la France comptait cinq millions de fumeurs de cette substance en 2017, dont 700 000 usagers quotidiens, un nombre qui augmente régulièrement depuis des années.

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Une campagne de sensibilisation par rapport à la consommation d’alcool

Une campagne de sensibilisation par rapport à la consommation d'alcool
La population active est la plus concernée par la surconsommation quotidienne.georgerudy – stock.adobe.com

Une campagne va être lancée pour sensibiliser le grand public par rapport à sa consommation d’alcool. À la manœuvre: un groupement de partenaires belges et français regroupés sous la dénomination Satraq (pour Sensibilisation et action transfrontalière pour une réduction de la consommation de l’alcool au quotidien).

Une réflexion qui est en cours depuis 2019, et qui prend tout son sens à l’heure du déconfinement. Confinés, certains et certaines ont trouvé dans l’alcool une réponse à l’anxiété du moment.

Projet transfrontalier, Satraq a pour but de réduire les risques liés à la consommation d’alcool plus précisément dans les provinces de Luxembourg, de Namur et de Hainaut (côté belge) et dans le département des Ardennes (côté français).

Des régions où la consommation d’alcool, courante, relève pour ainsi dire de la culture. «Témoin du savoir-faire de nos producteurs, de choix gustatifs, elle est souvent associée à des moments de détente, festifs ou de convivialité», relèvent les partenaires du projet.

«Satraq veut épauler dans le changement celles et ceux pour qui l’alcool prend de plus en plus de place au quotidien, explique Marie-Madeleine Leurquin, du centre d’éducation du patient. Et ce avec le plus grand respect. »

La béquille qui permet de tenir

Rappelons que le Conseil supérieur de la santé recommande de ne pas boire plus de dix unités d’alcool par semaine.

Une unité, c’est 10 grammes d’alcool, soit un verre de vin de 10 cl ou une canette de bière de 25 cl. Vous aurez compris qu’une trappiste ou un verre de vin servi à la maison est bien supérieur à une unité d’alcool.

«On constate au sein de la population active un phénomène de surconsommation d’alcool, bien différent du binge-drinking chez les jeunes. Chez les travailleurs, l’alcool prend parfois une place dans le quotidien. C’est la béquille qui permet de tenir, avance Marie-Madeleine Leurquin. Nous espérons toucher les personnes, juste avant une situation de dépendance

45-54 ans et consommation quotidienne

D’après les données chiffrées récoltées en 2018 en Belgique, basées sur les déclarations volontaires de la population (données disponibles sur Sciensano), on constate que plus l’âge avance, plus la surconsommation quotidienne est présente.

En province de Luxembourg, ce serait la tranche d’âge 45-54 ans qui serait la plus concernée.

Si la campagne va toucher le grand public, les entreprises seront donc également visées, par des actions de sensibilisation, des supports d’information.

Les professionnels de la santé et du social seront également touchés. Des formations leur seront proposées afin qu’ils puissent aborder le sujet de la consommation d’alcool avec leurs patients et les orienter au besoin vers les structures adéquates.

Satraq va aussi s’adresser aux communes et aux politiques, leur communiquant les données récoltées, et des recommandations d’actions pour améliorer la situation.

Un projet de 900 000€

Ce vaste projet s’étendra jusqu’en 2022. Il est chiffré à environ 900 000€, dont la moitié est financée par l’Europe.

En Wallonie, derrière cette campagne, on retrouve le Centre d’éducation du patient, les mutualités chrétiennes et la Clairière à Bertrix.

Rappelons qu’en province de Luxembourg, il existe un réseau de partenaires d’aides et de soins en assuétudes (Coordination Luxembourg Assuétudes).

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Ce que la consommation excessive d’alcool fait à votre corps et que vous ignorez

De l’ADN aux hormones, la consommation excessive d’alcool peut modifier considérablement la biologie de votre corps. Lorsque vous vous réveillez avec une gueule de bois, il est évident que les boissons de la nuit dernière ne vous ont pas fait beaucoup de bien. Mais des études montrent que les effets d’une forte consommation d’alcool peuvent faire bien plus pour votre corps que de vous laisser un jour de misère. Au fil du temps, l’alcool peut affecter votre biologie et la modifier de façon néfaste.

Une consommation excessive d’alcool peut :

1. Modifier votre ADN et vous donner envie de plus d’alcool

Le « binge drinking », qui se caractérise comme la prise rapide de plus de quatre ou cinq verres dans une fenêtre de deux heures, et ce cinq jours ou plus par mois, peuvent modifier votre constitution génétique. Une étude récente, publiée en décembre 2018 dans la revue Alcoholism : Clinical & Experimental Research, a identifié deux gènes qui sont sujets à des changements. L’un affectant l’horloge biologique du corps et l’autre régulant le système de réponse au stress. Les auteurs de l’étude, de l’université Rutgers, ont également découvert que les changements génétiques chez les buveurs excessifs et les buveurs occasionnels étaient associés à une plus grande envie d’alcool.

2. Augmentation des risques de cancer, en particulier de la tête, du cou, du foie et des seins

San surprise, la consommation d’alcool augmente le risque de toute une série de cancers. Plus de 5 % de toutes les nouvelles occurrences de cancer et près de 6 % de tous les décès par cancer dans le monde sont attribués à l’alcool, selon une étude publiée en octobre 2015 dans l’International Journal of Cancer. Chez les grands buveurs, le risque monte en flèche. Par exemple, les gros buveurs sont cinq fois plus susceptibles que les non-buveurs de contracter un cancer de l’œsophage. Mais même une consommation modérée d’alcool augmente les risques d’avoir un cancer de la bouche, de la gorge et du sein. Pour le cancer du sein en particulier, un seul verre par jour peut augmenter les risques.

3. Modifier la composition des organismes dans l’intestin

Il existe des dizaines de milliards de micro organismes, pour la plupart de « bonnes » bactéries, dans le tube digestif qui aident le corps à faire des choses comme digérer les aliments et produire des vitamines. Mais l’alcool interfère avec leur composition et leur fonction. La consommation chronique d’alcool peut provoquer une surcroissance bactérienne et des déséquilibres dans l’intestin. Cela peut entraîner une série de problèmes digestifs, notamment des douleurs d’estomac, des ballonnements, de la constipation, de la diarrhée et de la rosacée.

4. Affectent la mémoire à long terme et la structure du cerveau

Une nuit de beuverie ou de consommation excessive d’alcool peut entraîner des trous de mémoire, des périodes pendant lesquelles la personne intoxiquée ne peut pas se souvenir des événements et des détails clés. Si elle peut se souvenir de quoi que ce soit. Mais la consommation d’alcool peut également entraîner des problèmes à long terme au niveau des fonctions cérébrales. Les personnes qui boivent beaucoup, sur une longue période, risquent de modifier le « disque dur » du cerveau. Ce qui peut entraîner des problèmes cognitifs même après avoir atteint la sobriété. Une forte consommation d’alcool peut également éroder le tissu cérébral et augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral.

5. Cause des troubles hormonaux

La consommation excessive chronique d’alcool peut également causer des dégâts dans le système endocrinien de l’organisme. Les glandes productrices d’hormones assurent plusieurs fonctions importantes de l’organisme, notamment la croissance et le développement, le métabolisme et l’humeur. La consommation excessive et fréquente d’alcool, peut perturber la communication entre les systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire. Les conséquences peuvent être graves et de grande envergure. Les anomalies liées au stress, les déficits reproductifs, les défauts de croissance corporelle et les dysfonctionnements immunitaires ne sont que quelques-unes des conséquences possibles qui figurent en tête de liste.

Quelle est la quantité d’alcool consommée en excès ?

Les professionnels de la santé conseillent la modération en matière de consommation d’alcool. Il est recommandé de ne pas dépasser plus d’un verre par jour pour les femmes et deux pour les hommes. Prendre un verre chaque jour de la semaine n’est pas la même chose que de prendre sept verres le samedi. La consommation excessive d’alcool n’est jamais sans danger.

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Abus d’alcool : recrudescence des comas éthyliques en Haute-Garonne

Le Samu de Haute-Garonne constate une augmentation des admissions de jeunes aux urgences pour des comas éthyliques graves…

Abus d'alcool et comas éthyliques

C’est Étienne Guyot, le préfet de la Haute-Garonne, qui tire la sonnette d’alarme sur l’abus d’alcool et l’augmentation des admissions de jeunes aux urgences pour des comas éthyliques graves. Les informations que fait remonter le Service d’aide médicale d’urgence (Samu 31) à ce propos sont formelles et inquiétantes.

« La consommation débridée d’alcool est un vrai danger pour votre santé, votre sécurité et pour celle des autres. Je demande instamment à chacun de faire preuve de modération et de rester maître de son comportement », déclare Étienne Guyot.

Les conséquences dramatiques de l’abus d’alcool

Les services de l’État rappelle que l’alcool, seul ou associé à d’autres substances, accroît la vulnérabilité des personnes et facilite le passage à des actes répréhensibles de la part de certains auteurs désinhibés.

Et que la présence d’alcool, parfois associée à d’autres produits psychoactifs, est constatée dans une grande majorité des affaires de vols (notamment de téléphones portables), violences, viols, accidents de la route, noyades ou décès.

Autre rappel : l’ivresse manifeste dans un lieu public est interdite et réprimée par une amende pouvant atteindre 150 euros. En Occitanie, la consommation de produits psychoactifs reste supérieure à la moyenne nationale.

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Drogue : l’amende forfaitaire, un moyen efficace pour réduire la consommation ?

Jean-Pierre Pujol,

Pr de Biochimie (Université de Caen) et

membre du CNPERT

(Centre National de Prévention, d’Études et

de Recherches sur les Toxicomanies),

craint que la consommation de stupéfiants

soit banalisée dans l’opinion publique.

L’amende de 200 € pourra être minorée à 150 € ou majorée à 450 € en fonction du délai de paiement. 

Un nouveau dispositif destiné, selon le gouvernement, à réduire l’augmentation du nombre de consommateurs de stupéfiants, particulièrement de cannabis, va être testé dans les villes de Rennes, Reims et Créteil à partir du 16 juin. Les contrevenants devront s’acquitter de 200 € (montant minoré à 150 € et majoré à 450 € en fonction du délai de paiement). L’usage de stupéfiant sera donc forcément perçu par les usagers comme un délit mineur, au même titre qu’un excès de vitesse sur la route, et va sans doute contribuer à le banaliser dans l’opinion publique.

Des peines de prison rarement effectuées

Comment en est-on arrivé là, alors que la France est connue pour avoir une loi plutôt répressive, prévoyant jusqu’à un an de prison et 3 750 € d’amende ? Tout simplement parce que cet arsenal législatif n’est pas, ou peu, appliqué d’ordinaire. En ce qui concerne le trafic, l’offre de stupéfiants conduit de même à des peines de prison rarement effectuées, si l’on compare la situation à d’autres pays européens.

Selon une étude de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), parue en 2017 et portant sur 25 pays, en Grèce l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane de 20 ans de prison et l’offre d’un kg de cannabis à 10 ans de prison. À l’autre extrémité de l’échelle on trouve les deux pays les plus tolérants, les Pays-Bas et la France où l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane respective de 1 an et de 2 ans de prison. La situation a été encore assouplie par la loi Tubiana.

En France, souvent l’aménagement de peine conduit au paiement immédiat d’une amende et éteint l’action publique. Peu de prévenus effectuent réellement leur peine de prison.

« Frapper au porte-monnaie »

Face à cette situation, on comprend que les policiers et gendarmes chargés de lutter contre l’usage de stupéfiants soient découragés de voir que leur travail ne permette pas de traduire les usagers et les trafiquants (la distinction est souvent difficile à établir) devant les tribunaux.

Alors, encore une fois, on choisit la facilité… On va « frapper au porte-monnaie », en espérant que cette mesure soit de nature à dissuader les consommateurs de consommer. Or, l’addiction au cannabis (souvent suivie de l’addiction à la cocaïne) est connue pour être très forte, conduisant à la recherche de substances de plus en plus dosées.

Une amende forfaitaire ne pourra jamais décourager un consommateur au point de renoncer à l’usage de sa drogue. A fortiori si celui-ci fait partie de la population aisée, peu affectée par le paiement d’une amende même élevée. À l’inverse, ce dispositif ne va-t-il pas pousser davantage certains individus, moins favorisés, à rechercher par tous les moyens, y compris les violences, de quoi financer leur consommation ?

300 000 enfants de 12 à 15 ans

Cette nouvelle règle est l’occasion, encore une fois, de constater qu’aucune réponse sanitaire n’est prévue pour lutter contre ce fléau. Or, c’est oublier les méfaits du cannabis sur la santé, non seulement chez les adultes mais surtout chez les jeunes adolescents.

En France, on compte 1,6 million de consommateurs réguliers de cannabis et 300 000 enfants de 12 à 15 ans ont déjà expérimenté cette drogue.

Le cannabis n’est pas une drogue « douce » : un grand nombre de travaux scientifiques et d’études statistiques ont démontré définitivement qu’il s’agit d’une « drogue dure », qui provoque une addiction extrêmement forte, aggravée par l’association au tabac et à l’alcool, et menant très souvent à « l’escalade » vers d’autres drogues encore plus néfastes (cocaïne, héroïne).

Nombreux troubles mentaux, violences conjugales

Par sa grande solubilité dans les lipides, la substance active, le THC, s’associe aux membranes cellulaires, peut franchir aisément la barrière hémato-encéphalique et s’accumuler dans le cerveau.

Chez les adolescents, où cet organe est en cours de maturation, il provoque de nombreux troubles mentaux : perturbation de la mémoire, défocalisation de l’attention, ataxie, incoordination motrice, désinhibition pouvant conduire à des prises de risque, induction de raptus agressifs contre soi-même ou dirigés contre autrui, potentialisation des effets ébriants ou hallucinogènes, troubles psychiatriques (schizophrénie), anxiété et dépression.

L’usage du cannabis chez l’adulte conduit souvent à des manifestations d’agressivité violente. L’analyse des faits divers montre que beaucoup des violences conjugales observées lors du récent confinement se sont déroulées sur fond de cannabis.

Traiter comme une maladie

Il faut donc considérer que le consommateur de cannabis est avant tout un malade et qu’il doit être traité comme tel. Même s’il faut déplorer que les peines soient peu souvent appliquées, le passage devant le juge permet au moins à celui-ci de prononcer l’obligation de traitement. Avec l’application de l’amende, cette possibilité disparaît.

En définitive, nous sommes toujours dans l’attente d’une vraie politique de lutte contre la toxicomanie, qui impliquerait en particulier un programme de prévention dès l’école primaire, comme c’est le cas en Suède par exemple.

Quand les pouvoirs publics prendront-ils conscience de l’importance du problème sanitaire posé par la toxicomanie ?

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COLOMBIE TÉMOIGNAGES: LES RAVAGES CACHÉS DE LA COCAÏNE

Cloisons nasales perforées, impuissance, nécroses cutanées: la cocaïne génère des maladies et effets secondaires méconnus

Destruction de cloison nasale, problèmes cardiaques ou neurologiques, impuissance sexuelle, nécroses: la cocaïne génère maladies et effets secondaires méconnus et honteusement dissimulés. Des ex-toxicomanes et drogués rencontrés en Colombie, premier producteur de ce stupéfiant, témoignent.

La sortie du confinement, imposé pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, risque de se traduire par une hausse des surdoses avec une reprise de la consommation après des mois de sevrage, craignent des experts.

Risque de surdose

«Les gens, qui ont réduit leur consommation durant la quarantaine, ne peuvent prendre ce qu’ils prenaient avant, parce que cela pourrait provoquer une surdose», avertit Julian Quintero, directeur de l’institut d’action technique sociale (ATS) à Bogota, la capitale colombienne confinée depuis le 20 mars.

Quelque 500’000 toxicomanes meurent chaque année dans le monde et 35 millions d’entre eux souffrent de «troubles» consécutifs à leur addiction, selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), publié en mai.

Difficulté de traiter ces effets secondaires

«Les gens vont difficilement chez le médecin pour une addiction à la cocaïne et ils ne pensent pas que cela cause d’autres affections», explique Efren Martinez, directeur scientifique du centre de désintoxication de la fondation Colectivo Aqui y Ahora, en soulignant la difficulté de traiter ces effets secondaires, dont les patients parlent avec réticence.

Voici trois témoignages, recueillis par l’AFP, sur le calvaire de ces maladies, nées de l’inhalation de cocaïne.

Les saignements n’empêchaient pas Nicolas Merizalde de «sniffer» du «perico», nom populaire de la cocaïne en Colombie. «Avec un mouchoir, avec n’importe quoi, je nettoyais le sang. J’attendais que cela sèche un peu, puis je m’en remettais encore et encore jusqu’à saigner», raconte cet homme de 47 ans.

Cloison en platine

Pas de trace visible de chirurgie, bien que sa cloison nasale ait été remplacée par du platine. Les dégâts au septum du nez sont générés par une consommation effrénée de longue date, dans son cas depuis ses 14 ans.

«Les acides que contient la cocaïne ont le pouvoir de dévorer l’os, littéralement», souligne M. Martinez. Et, «le plus grave, ce sont les micro-infarctus cérébraux», quand la cloison nasale est perforée, la poudre montant au cerveau.

Impuissance sexuelle

De l’alcool et la marijuana, Nicolas Merizalde est passé très vite à la «neige» et de «façon plus obsessive» que ses amis: «Eux sniffaient une ligne, moi deux». Sa vie est partie en vrille. Il a volé, frappé sa petite amie, passé de la drogue au Pérou, s’est laissé tripoter par un «dealer» de drogue en échange de sa dose.

Au bout du rouleau, il s’est enfermé dans un motel pour en finir d’une surdose. Mais il a échoué et s’est retrouvé hospitalisé. Depuis 1995, il est «clean» et dirige depuis dix ans un centre de réhabilitation.

Alberto attribue la rupture avec sa femme à sa dysfonction érectile. «Amoureux» de la cocaïne, il n’imaginait pas qu’elle le trahirait au lit. «C’est ce qui peut arriver de pire… c’est ce qui a déclenché notre séparation, car mon corps, ma vie, tout dépendait de la drogue», a raconté ce quadragénaire dans un couloir de l’hôpital universitaire San José à Bogota.

Erection perturbée

Il y a été opéré d’une ischémie cérébrale, causée par la poudre blanche. Ses difficultés d’érection ont commencé il y a plus de vingt ans. Il en avait 22, dont huit à se droguer quotidiennement. Il s’est marié, a eu deux enfants, sans renoncer à la «coke». Son épouse l’a toléré, jusqu’à ce qu’il puise dans le budget familial.

Et leur relation intime s’est étiolée. «Quand tu […] es dépendant de la drogue, cela annule souvent le plaisir sexuel», dit-il. La cocaïne forme des caillots de graisse dans les vaisseaux sanguins, perturbant l’irrigation du pénis, donc l’érection, explique le toxicologue Miguel Tolosa, qui a suivi Alberto.

Nécrose cutanée

Mais l’impuissance était un problème mineur face à d’autres troubles: infarctus cérébral, problèmes hépatiques, coronariens et rénaux. «La drogue a été la pire décision de ma vie. Elle a tout gâché», admettait Alberto, avant de cesser d’aller aux contrôles médicaux et que l’hôpital perde sa trace.

Jorge Rodriguez montre son torse, son dos, ses bras. Sa peau témoigne de l’«enfer» de la nécrose cutanée due à une cocaïne frelatée: elle est parsemée de cicatrices de la taille de lentilles. «Les démangeaisons ne me laissaient rien faire, ni lire, ni écrire, ni l’amour […] Cela empoisonne la vie», se souvient cet homme de 50 ans, chez lui dans le centre de Bogota.

«Travailler reclus»

«Le lit tâché de sang, les chemises… C’est une maladie honteuse». A la fin des années 2010, son corps s’est couvert de boutons, transformés en lésions. «Pour aller à une réunion, je devais me passer des calmants sur la peau», explique-t-il. «J’ai dû cesser d’avoir une vie professionnelle publique [comme chercheur et consultant, ndlr] et travailler reclus». Consommateur de cocaïne depuis un quart de siècle, il a commencé à souffrir après avoir changé de dealer. Cinq amis ont ensuite présenté les mêmes symptômes.

Des médecins ont évoqué la gale ou des acariens. Les traitements ne les soulageaient que quelques jours, jusqu’à ce que l’institut d’action technique sociale (ATS) analyse la cocaïne. Pour plus de profit, les narcos l’avaient mélangée à du Levamisol, un antiparasitaire vétérinaire.

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Alcool : comment le cerveau des femmes les rend plus vulnérables

La sécrétion d’une hormone modifiant la réponse neuronale chez les femmes pourrait expliquer pourquoi celles-ci sont plus vulnérables que les hommes face à l’alcool.

Alcool : comment le cerveau des femmes les rend plus vulnérablesLITTLEBEE80/ISTOCK

L’ESSENTIEL
  • Les femmes sont plus vulnérables face à l’alcool que les hommes.
  • Cela pourrait s’expliquer par des forts niveaux d’œstrogènes dans leur cerveau.
  • Les œstrogènes activeraient la dopamine, liée au circuit de récompense dans le cerveau.

En France, l’alcool tue environ 41 000 personnes par an. Pourtant, si au pays du vin, la consommation tend globalement à diminuer, celle des femmes rejoint peu à peu celles des hommes. Force est de constater que les deux sexes ne sont pas égaux face à l’alcool. Non seulement les femmes qui boivent sont socialement moins bien vues, mais l’alcool affecte également plus leur organisme. Il a notamment été prouvé que l’alcoolémie apparaissait plus élevée chez une femme que chez un homme à quantité égale absorbée. L’élimination de l’alcool est également plus lente chez les femmes. Si un foie plus petit et une corpulence moins importante peuvent expliquer ces phénomènes, les mécanismes biologiques en jeu demeureraient flous. Aujourd’hui, une nouvelle étude parue dans The Journal of Neuroscience montre que la sécrétion d’une hormone modifiant la réponse neuronale chez les femmes pourrait expliquer cette différence.

Pour leur étude, les chercheurs ont travaillé sur des souris, dont les cerveaux sont assez similaires à ceux des humains. Ils ont activé les récepteurs d’oestrogènes (groupe de stéroïdes, dont la fonction, à l’état naturel, est d’être une hormone sexuelle femelle primaire) dans l’aire tegmentale ventrale (ATV, groupe de neurones situé en plein centre du cerveau) de souris mâles et femelles. Ils ont alors pu observer que l’activation du récepteur d’œstrogène ERα enflamme les neurones en réponse à l’alcool.

Le taux d’oestradiol (E2) augmente et altère le système de la dopamine, un neurotransmetteur dans plusieurs voies du système nerveux, dont celle de la récompense. Quand les taux de E2 sont hauts, les neurones de l’ATV réagissent plus intensément à la présence d’éthanol et libèrent de la dopamine. Les abus sont alors plus probables, la consommation d’alcool étant plus “récompensée” par le système nerveux des souris femelles que celui des mâles.

“Les femmes passent plus rapidement à un trouble de la consommation d’alcool”

Les scientifiques ont ensuite bloqué certains récepteurs (ERa et ERb) dans l’ATV des souris. Si cela a diminué l’abus d’alcool chez les souris femelles, cela n’a eu aucun effet sur les mâles, bien que leur cerveau contienne également des oestrogènes. Il est donc possible que, chez les femelles, les récepteurs d’oestrogènes soient plus sensibles à l’activation quand les niveaux changent, avancent les chercheurs. Ainsi, l’oestrogène aurait des “effets puissants” sur le système de dopamine et augmenterait la vulnérabilité des femmes à développer une dépendance à l’alcool. 

“Ces résultats indiquent que différents mécanismes cérébraux provoquent la consommation excessive d’alcool chez les femmes et les hommes, explique Amy Lasek, psychiatre à l’université de l’Illinois (Etats-Unis) et co-autrice de l’étude. Si la consommation d’alcool est plus importante durant les périodes où les niveaux d’œstrogène sont élevés, cela peut contribuer à la fois à des risques pour la santé liés à l’alcool mais aussi augmenter les risques de développer des problèmes d’alcoolisme sévères”, explique-t-elle au site Inverse. “Les femmes passent plus rapidement d’une consommation problématique d’alcool à un trouble de la consommation d’alcool et souffrent des effets négatifs de l’alcool sur la santé, tels qu’un risque accru de cancer, de lésions hépatiques, de maladies cardiaques et de lésions cérébrales », poursuit-elle.

Il a notamment déjà été prouvé qu’à consommation égale d’alcool, les femmes gardaient plus de séquelles à long terme. Elles souffrent davantage d’atteintes neurologiques (polynévrites périphériques à l’origine de douleurs ou de troubles de la sensibilité des extrémités) et développent plus tôt que les hommes une stéatose (foie gras), une fibrose hépatique ou encore une cirrhose (5 à 7 ans avant en moyenne).

Une approche basée sur le sexe dans le traitement de l’alcoolisme ?

“C’est important car cela signifie que des approches différentes pourraient être nécessaires pour réduire la consommation excessive d’alcool chez les hommes et les femmes », développe Amy Lasek. Ainsi, à terme, ces résultats pourraient conduire à des traitements innovants basés sur le sexe pour l’alcoolisme.

Actuellement, il existe déjà des médicaments bloquant les récepteurs d’œstrogènes. Connus sous le nom de modulateurs sélectifs des récepteurs d’œstrogènes (SERMS), ils sont utilisés pour traiter le cancer du sein. “Cependant, les SERMS ont des effets secondaires importants comme des bouffées de chaleur, de la fatigue et des sautes d’humeur, donc, malheureusement, utiliser un SERM pour bloquer les récepteurs d’œstrogènes chez des femmes par ailleurs en bonne santé afin de réduire la consommation d’alcool n’est pas une bonne option », explique Amy Lasek.

Reste donc à trouver des voies de signalisation spécifiques par lesquelles les récepteurs d’œstrogènes agissent dans le cerveau, entraînant une augmentation de la consommation excessive d’alcool et du sentiment de récompense chez les femmes. Cela pourrait permettre de mettre au point une méthode plus ciblée pour réduire la consommation excessive d’alcool chez elles. Et ce, sans effets secondaires, espèrent les chercheurs.

Quelle consommation en France ?

On parle de consommation ponctuelle immodérée d’alcool quand une personne a un taux d’alcoolémie à 0,08 g/dl ou plus, soit généralement cinq verres ou plus pour les hommes ou quatre verres ou plus pour les femmes en environ deux heures.

En France, les autorités sanitaires recommandent quelques jours sans alcool dans une semaine et, les jours où l’on en consomme, de ne pas dépasser les deux verres dits standards. Globalement, il est conseillé de ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine.

Malgré tout, selon une enquête de Santé publique France menée en 2017, à cette époque, 9,7% des Français de 18-75 ans déclaraient avoir bu plus de dix verres d’alcool au cours des sept derniers jours. Par ailleurs, 7,9% disaient avoir en avoir consommé plus de cinq jours sur sept. “Cela représente environ 10,5 millions d’adultes qui boivent trop. Ils boivent en tout cas dans une proportion qui augmente les risques pour leur santé notamment les risques à moyen et long terme : cancers, hypertension, hémorragies cérébrales, certaines maladies cardiovasculaires…”, commentait alors Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité addiction de Santé publique France à l’AFP.

Source

Le confinement a poussé les Français à consommer plus d’alcool et de psychotropes

Les résultats préliminaires d’une enquête internationale à laquelle «Libération» s’associe montrent que les Français ont davantage réparti leur consommation d’alcool durant le confinement, mais figurent parmi les plus forts utilisateurs d’anxiolytiques.

Ce sont des résultats intermédiaires, mais qui dessinent déjà des tendances sur les consommations d’alcool et de drogues – licites ou non – depuis la propagation de l’épidémie de Covid-19 et les mesures de confinement décidées un peu partout sur la planète. La Global Drug Survey (GDS), enquête internationale menée depuis 2014 dans une trentaine de pays, s’est lancée ce printemps dans une édition exceptionnelle dictée par la pandémie. Objectif, selon Marie Jauffret-Roustide, chercheuse à l’Inserm et référente en France : «Examiner l’offre, les comportements, l’expérience des drogues et les politiques publiques.»

L’enquête, disponible en ligne et en français ici jusqu’au 20 juin, prend une quinzaine de minutes à remplir. L’anonymat des répondants est évidemment garanti, tout comme la confidentialité des réponses. Trois semaines après son lancement, elle a déjà réuni plus de 40 000 participants. Les Allemands constituent la moitié des effectifs (19 000 personnes), mais la France, avec plus de 6 000 répondants, représente la deuxième cohorte. L’enquête espère atteindre 100 000 participants et 10 000 en France d’ici la mi-juin. Les répondants français sont à 63% des hommes, et leur âge moyen s’élève à 28 ans.

Quelques spécificités françaises émergent d’ores et déjà. Ainsi, 56% des répondants disent avoir «vraiment bien vécu» la pandémie et les restrictions afférentes, contre 49% parmi les participants des autres pays. En revanche, le niveau de satisfaction à l’égard des décisions prises par les responsables politiques s’avère médiocre. Les Français leur décernent un 5/10, quand les Néo-Zélandais mettent 9/10 et les Allemands 8/10. Seuls les répondants britanniques (4/10) et brésiliens (0/10) sont plus sévères. Marie Jauffret-Roustide voit dans cet «effet miroir inversé» un paradoxe français, selon lequel une tradition protestataire et la mobilisation conséquente permettent, in fine, d’obtenir des mesures qui feraient traverser les périodes de crise relativement sereinement.

Moins de binge drinking

Quid des consommations durant le confinement ? Celle d’alcool semble avoir légèrement augmenté en nombre de jours de consommation dans la semaine, mais les conduites excessives de cinq verres ou plus en une occasion (binge drinking) ont, elles, régressé. Ainsi, 47% des répondants français ont augmenté («un peu» ou «beaucoup») leur nombre de jours de consommation d’alcool dans la semaine depuis le mois de mars. Pour 22% d’entre eux, il est resté stable, et il a baissé pour 31% des répondants.

Phénomène inverse pour les fois où une personne a consommé cinq verres ou plus en une seule occasion : 34% n’ont rien changé à leurs habitudes, 27% les ont augmentées, mais 37% ont réduit la fréquence de ces consommations excessives. Les raisons pour expliquer la prise d’alcool invoquent notamment l’ennui, le besoin de partager un moment de convivialité à la maison avec un membre de son entourage, mais aussi la volonté d’atténuer son stress.

Plus fort recours aux anxiolytiques

En ce qui concerne le cannabis, les tendances sont moins marquées que pour l’alcool à ce stade : 36% des usagers n’ont pas changé leurs habitudes, 37% ont augmenté le nombre de jours de consommation, et 27% ont diminué. Les fumeurs de joints ayant répondu à l’étude n’ont a priori pas été frappés de pénurie. Un quart des usagers de cannabis déclarent avoir augmenté leur consommation pour gérer le stress relatif à la pandémie, dans une proportion comparable à celle de l’alcool.

La spécificité française, en revanche, porte sur le recours aux benzodiazépines, les anxiolytiques, déjà largement consommés en temps normal. La pandémie n’a pas inversé la donne. Selon les résultats préliminaires de la GDS, 41% des Français ont augmenté leur consommation de ces produits psychotropes (c’est même la plus forte augmentation par rapport aux autres pays de l’enquête) durant la pandémie, 17% l’ont réduite, et 42% n’ont rien changé. Dans les autres pays, ces chiffres s’élèvent respectivement à 35%, 17%, et 48%.

Sylvain Mouillard

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