Émilie Staeger – 28 juin 2025 à 7h55
Apolline Henry ven. 27 juin 2025
On le répétera jamais assez : boire de l’alcool, même « seulement un peu », même « uniquement en soirée », c’est dangereux pour la santé. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) l’a écrit noir sur blanc dans un rapport paru en 2023 : aucune boisson alcoolisée n’est sûre pour la santé, et aucun niveau de consommation n’est sans risque.
Toutes les boissons alcoolisées sont dangereuses pour la santé (même la bière, même le cidre !)
En 2015, d’après l’Assurance Maladie, l’alcool a été responsable de 7 % des décès en France. Parmi ces 41 080 décès, 39 % étaient liés à des cancers, 24 % à des maladies cardiovasculaires, 16,5 % à des maladies digestives et 13 % à des accidents. Mais le saviez-vous ? L’alcool a également le pouvoir de réduire notre espérance de vie. Interrogé par nos confrères du Daily Mail, le Dr. Tim Stockwell (qui est professeur au Canadian Institute for Substance Use Research, au Canada) nous donne des chiffres concrets : À partir de 2 verres d’alcool par semaine, notre espérance de vie serait déjà amputée de 5 à 6 jours. À partir de 7 verres d’alcool par semaine, notre longévité serait écourtée de 2 mois et demi. Et à partir de 35 verres par semaine (!), nous perdrions 2 ans d’espérance de vie environ.
L’espérance de vie diminue à partir de 2 verres par semaine
Quand on augmente la fréquence à laquelle on consomme des boissons alcoolisées, c’est surtout notre risque de cancer qui grimpe en flèche. Ainsi, à (…)
Sommaire
Publié le 26/06/2025
DÉCODAGE. À l’occasion de la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, Julien Azuar, addictologue spécialiste dans les troubles liés à l’usage d’alcool et de substances, met en lumière l’impact néfaste de la consommation de drogues chez les jeunes.
Face à l’intensification du trafic de stupéfiants et à la montée de la violence qui l’accompagne, le Gouvernement a dévoilé en novembre 2024 un plan renforcé contre la criminalité organisée, consolidé début 2025.
À l’occasion de la journée internationale contre…..
26 Juin 2025

La consommation régulière d’alcool et de tabac diminue sur longue période, celle de cannabis et de cocaïne progresse, mais concerne une population bien plus faible. La consommation de substances psychoactives (drogues illicites, tabac et alcool) connaît des évolutions contrastées, selon les données de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies. Elle évolue notamment en fonction des transformations des modes de vie, de l’attention portée au corps et à la santé.
Un quart des 18-75 ans fument tous les jours, 31 % régulièrement ou occasionnellement. Cette proportion a baissé dans les années 1970 et 1980, du fait de la diminution de consommation chez les hommes. Il faut dire qu’en 1974, 60 % d’entre eux étaient fumeurs. La part a augmenté chez les femmes dans les années 1980, puis est demeurée assez stable. Depuis les années 1990, les données évoluent peu. La hausse du prix du tabac a peu d’effet sur le fait de fumer ou pas. En revanche, la part de fumeurs quotidiens a diminué de 29,4 % en 2016 à 23,1 % en 2023. Cette baisse est surtout importante parmi les plus diplômés.

La consommation de drogues illicites progresse. L’usage régulier (au moins dix fois par mois) du cannabis est passé de 1,9 % des 18-64 ans en 2000 à 3,6 % en 2017, pour se stabiliser à ce niveau. Un doublement, certes, mais cette pratique ne concerne qu’une fraction très réduite de la population. Elle est plus importante chez les 18-24 ans, dont 6,6 % sont des usagers réguliers. La consommation de cocaïne connaît une progression encore plus forte, même si une infime partie de la population en consomme. Elle est plus répandue chez les hommes et les 25-34 ans. Dans les années 1990, moins de 0,5 % de la population disait en avoir consommé au moins une fois dans l’année, contre 2,7 % en 2023.


Les Français boivent de moins en moins (lire notre article). Dans les années 1990, la baisse a surtout concerné les hommes, puis les femmes dans les années 2000. La part de consommateurs quotidiens est tombée de 24 % à 7 % entre 1992 et 2023. Côté âge, c’est l’inverse du cannabis : seuls 2,3 % des 18-24 ans consomment tous les jours de l’alcool, contre 16,6 % des 65-75 ans.

Les pratiques de masse comme l’alcoolisme ou le tabagisme régulier ont tendance à diminuer, alors que l’usage des drogues illicites se développent, mais dans une très petite fraction de la population. Du côté des drogues licites, le danger du tabagisme fait l’objet de messages explicites et d’une politique de hausse des prix, mais les pouvoirs publics demeurent silencieux en matière d’alcool, pourtant responsable de plus de 49 000 décès par an, selon le ministère de la Santé, soit quatorze fois plus que les accidents de la route. Concernant le cannabis, le débat porte sur sa dangerosité notamment comparé à l’alcool. De plus en plus de voix s’élèvent pour sa légalisation, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays. D’une manière générale, les politiques publiques naviguent entre l’exigence de santé publique et le libre arbitre individuel, en fonction du degré de dangerosité estimé du produit. Les lobbys des producteurs d’alcool jouent un rôle important dans les décisions prises.
Raphaëlle de Tappie 23 juin 2025
Depuis quelques années, la consommation de cannabidiol (CBD), explose. A tel point qu’en 2022, 10 % des Français en avaient ingéré au moins une fois dans l’année, d’après les chiffres du gouvernement. Mais alors que la consommation de produit à base de CBD augmente, le nombre d’intoxications progresse lui aussi, et « significativement », alertent l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) dans un communiqué de presse paru le 19 juin.
« Depuis début 2024, plusieurs centaines d’intoxications ont été recensées chez des personnes ayant consommé des produits présentés comme contenant du CBD », révèlent les deux organismes. Ces données proviennent des centres antipoison et de toxicovigilance (CAP-TV) ou des centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A).
Les produits incriminés sont vendus en magasin, dans des distributeurs automatiques ou sur internet sous forme d’e-liquides pour cigarettes électroniques, produits fumés, denrées alimentaires (huiles, gélules, bonbons, chocolats etc.), précise le communiqué. Dans la plupart des cas, ces intoxications sont provoquées par des substances interdites présentes dans les produits ou par des taux de THC (principe actif du cannabis), supérieurs à 0,3%. Cela survient alors que le consommateur croit avoir (…)
« Toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort » : le cannabis actuel n’a plus grand-chose à voir avec celui fumé à Woodstock. Taux de THC multipliés, nouvelles méthodes de consommation ultra-efficaces, substances de synthèse bien plus puissantes… Pour le professeur Jean Costentin -qui tient à préciser que ses propos n’engagent pas les institutions auxquelles il appartient ou a appartenu- cette évolution constitue une menace sanitaire majeure, particulièrement pour les plus jeunes. Alors que la banalisation sociale du cannabis se poursuit, il déplore l’absence d’une véritable politique de prévention en France et appelle à une réaction d’urgence face à ce qu’il décrit comme un « tsunami cannabique ».
avec Jean Costentin
Atlantico : L’Union européenne est inondée par un cannabis ultrapuissant qui expose les consommateurs à un risque accru de psychose, selon des informations du Financial Times. Quelle est, selon vous, la principale menace que représente ce nouveau cannabis surpuissant à très forte teneur en THC pour la santé publique ? Quelles sont les spécificités de ce cannabis surpuissant ?
Jean Costentin : Il y a lieu de distinguer : le cannabis/ chanvre indien de plus en plus puissant, du fait de sa concentration en tétrahydrocannabinol/THC, régulièrement accrue par des florilèges variés ; les nouveaux modes de consommation du cannabis qui accroissent la cession du THC à l’organisme ; et les nouveaux cannabinoïdes surpuissants obtenus par synthèse chimique, soit par modifications de substances produites par le cannabis (le THC ou encore le cannabidiol / CBD) ; soit enfin les cannabinomimétiques obtenus par synthèse totale, avec souvent des formules chimiques bien différentes de celle du THC.
-L’accroissement du taux de THC produit par le chanvre indien peut s’effectuer par la sélection de cultivars ayant spontanément une teneur élevée en THC, en effectuant à partir d’eux des reproductions dirigées, par pollinisation des fleurs des plantes femelles à haute teneur en THC par le pollen des fleurs des plantes mâles, ayant également une haute teneur en THC.
-Un autre procédé consiste à couper les fleurs, c’est à dire castrer les plantes mâles, avant qu’elles ne pollinisent les fleurs des plantes femelles ; ces dernières fleurs évoluent alors sans former de graines, sans semence donc, d’où son nom de sinsemilla, qui est très riche en THC (» 60%).
-La culture sous serres du cannabis, maitrisant l’hygrométrie, les cycles jour-nuit, les longueurs d’onde de la lumière (lampes à vapeur de sodium), la température, les engrais, permet de « booster » la teneur en THC.
-Une teneur élevée en THC est une exigence des consommateurs, qui se rient par avance d’un cannabis ayant le faible taux que proposerait une « régie nationale du cannabis ». En Uruguay le taux du « cannabis légal » qui était de 2 % lors de la légalisation est passé aujourd’hui à 15 %…
Pour accroître la cession à l’organisme du THC, relativement aux « joints » (résine de cannabis égrenée dans du tabac) ou aux « pétards » (cigarettes grossières composées des éléments de la plante cannabis, en privilégiant les fleurs femelles, les plus riches en THC) il existe plusieurs artifices. C’est, par exemple, son introduction dans des pâtisseries de type oriental, dont la composante huileuse a été chauffée avec de la résine de cannabis/haschisch/shit (les « space cakes ») ; résurgence de ce que fut autrefois la « confiture verte » le Dawamesk. On peut extraire le THC de la résine de cannabis avec des solvants hydrohobes / lipophiles, suivi de leur évaporation, laissant un résidu d’aspect huileux, mal nommé « huile de cannabis », à très haute teneur en THC. L’étirement d’une goutte de cette « huile » sur une cigarette de tabac, apporte des concentrations très élevées de THC. Cette « huile de cannabis » peut aussi être introduite dans les recharge pour les cigarettes électroniques, détournées de leur dispensation primitive de nicotine. Une autre technique consiste à extraire sous pression la résine de cannabis par du butane liquide dont le passage à l’état gazeux à la pression atmosphérique, laisse un résidu : le Butane Hash Oil / BHO, d’aspect cireux, consommé dans des pipes à eau ou par volatilisation selon la technique du dabbing.
N’oublions pas la pipe à eau, qui permet de fumer la plante de cannabis (marijuana herbe / beuh) ou sa résine égrenée dans du tabac. Fumant une cigarette on arrête d’inspirer la fumée après une 40aine de millilitres, limité par l’échauffement de la cavité buccale et des bronches ; avec la pipe à eau la fumée, refroidie par son barbotage dans l’eau froide, permet des inspirations maximales de près de 4.000 ml, c’est à dire cent fois plus qu’avec un « joint » ou un « pétard « ..
Mais plus fort encore qu’avec ces divers artifices, sont apparus des cannabinoïdes nouveaux, 10, 100, et même plusieurs centaines de fois plus puissants que le cannabis d’antan. Il s’agit de produits de synthèses partielles réalisées à partir de substance naturelles, le THC ou le CBD, ou des produits de synthèses totales, n’ayant plus de parentés, au moins apparente, avec les THC ou CBD, mais qui sont capables d’agir sur les mêmes cibles biologiques (les récepteurs cannabinoïdes de type 1 / CB1) pour lesquels ils ont une affinité beaucoup plus importantes que celle du THC et un pouvoir de stimulation de ces récepteurs / une activité intrinsèque maximale. Ces molécules ressortissent de plus d’une quinzaine de familles chimiques, et plus de 200 de ces molécules font l’objet de trafics.
Alexis Goosdeel, directeur de l’Agence européenne des médicaments, a déclaré que le cannabis en circulation aujourd’hui était cinq fois plus fort que « l’herbe fumée à Woodstock », en 1969. Peut-on dire que ce « nouveau cannabis » est une substance radicalement différente de celle consommée dans les années 60-70, notamment à Woodstock ?
Jean Costentin : Pour mémoire ou information, le festival de Woodstock (Woodstock Music and Art Fair), dans l’État de New-York (USA), en 1969, (presque contemporain de la féria Française de mai 1968) était un festival de musique, rassemblement « emblématique » de la culture hippie, où le cannabis était très présent.
D’autres source que celle deGoosdeel font état d’augmentations de concentrations en THC nettement plus importantes que le facteur cinq qu’il évoque (il est à ma connaissance directeur de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies / OEDT). L’ inflation de ce taux voit ses effets décuplés par les divers artifices que je viens d’évoquer.
S’agissant des effets développés, c’est comme si l’on comparait ceux d’une cannette de bière (250 mL d’une solution à 5° alcoolique), à ceux d’un flasque de 250 mL de Whisky à 40° alcoolique ; l’effet 8 fois plus intense fait qu’on ne joue plus du tout dans la même cours ; c’est celle des « prépas » comparée à celle de la maternelle.
« Le poison réside dans la dose » disent très justement les toxicologues, on pourrait ajouter qu’il réside dans la fréquence des usages. Plus la dose est élevée et plus l’addiction / la dépendance/ le pouvoir d’accrochage sont forts. Une tolérance s’installe alors, qui conduit à accroître ces doses ainsi que la fréquence des utilisations, faisant passer de l’us à l’abus.
La concentration moyenne de THC étant passée de 4 % dans les années 70 à plus de 20 % aujourd’hui, quelles conséquences cela a-t-il sur le cerveau, notamment chez les jeunes ? Y a-t-il des risques d’épisodes psychotiques ou de schizophrénie liés à une consommation régulière et/ou précoce de ce cannabis surpuissant ?
Jean Costentin : L’exposition au cannabis dans la période pré-conceptionnelle, pendant la gestation, dans la période périnatale, tout comme au cours de l’adolescence peut perturber la maturation cérébrale et induire des troubles de la cognition, des troubles psychotiques et une vulnérabilité aux addictions, qui persistent très au-delà de la période de cette exposition.
Un des drames du cannabis tient au fait qu’il s’abat sur les adolescents à la période de leur maturation cérébrale (12 à 24 ans). Au cours de cette maturation surviennent deux phénomènes opposés : une prolifération des ramifications neuronales pour établir le maximum de contacts (ou synapses) entre neurones voisins et, simultanément, l’élagage des synapses non impliquées dans une fonction. Le THC et les autres stimulants des récepteurs cannabinoïdes cérébraux (CB1), laissent persister des synapses qui auraient dû être éliminées, lesquelles constitueront des voies aberrantes de conduction des mécanismes délirants et hallucinatoires qui caractérisent la schizophrénie. Ils élaguent par contre des synapses fonctionnelles, réalisant des amputations cognitives. Ces perturbations sont d’autant plus intenses que le cannabis est plus fortement dosé en THC ou qu’elles sont produites par les nouveaux cannabinoïdes plus puissants.
Vous avez souvent dénoncé une banalisation du cannabis en France. Ce renforcement du THC n’aggrave-t-il pas le paradoxe entre danger réel et perception sociale ? Faut-il revoir totalement les stratégies de prévention, notamment en direction des adolescents, face à cette nouvelle réalité de ce produit très puissant ? Quelle réponse sanitaire et politique recommanderiez-vous aujourd’hui à la France et à l’Europe face à cette « invasion » de cannabis superpuissant ?
Jean Costentin : Il existe un écart croissant entre la banalisation du cannabis, dans laquelle certains persévèrent d’une façon diabolique, alors qu’ils n’ont pourtant plus l’excuse de n’être pas informés (des politiciens, des addictologues à contre-emploi, des idéologues infiltrés dans divers média) et les précisions disponibles des méfaits que peuvent causer le cannabis et les nouveaux cannabinoïdes, chez ses consommateurs, et très particulièrement les adolescents.
Plus que revoir les stratégies de prévention, qui sont d’une totale indigence, il faut les mettre en place de toute urgence. L’Éducation nationale a vu se développer sans réagir, au cours du dernier demi-siècle, le tsunami cannabique ; elle en est encore à expérimenter les modes de communication qui seraient opérationnels pour informer nos adolescents sur cette drogue, dont nous sommes les tous premiers consommateurs en Europe. Cette toxicomanie qui se cantonnait à l’université, a diffusé au lycée ; elle affecte maintenant le Collège or, « plus tôt l’expérimenter, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer ». Cette lutte contre le cannabis qui ouvre la porte à d’autres drogues devrait être, depuis longtemps déjà, érigée en une priorité nationale. Il y va de la santé psychique, mais aussi physique de nos concitoyens, elle conditionne notre développement ou notre régression dans la compétition internationale, l’évolution de notre Société et, à certains égards, de notre Civilisation.
LINFO.RE – créé le 18.06.2025 à 08h59 – mis à jour le 18.06.2025 à 08h59 – Matthieu Patou-Parvédy

La Fédération Française des Spiritueux constate une diminution de la consommation d’alcool en France. 15% des Français ne boivent plus une goutte d’alcool.
« Depuis quelques temps (…) on a des non-consommateurs absolus, qui ne boivent pas une goutte, ni chez eux, ni dans un cadre de convivialité, et qui l’assument. », indique Thomas Gauthier, directeur général de la Fédération Française des Spiritueux (FFS) à l’Agence France Presse. En tout, ils représenteraient 15% des Français.
Une absence de consommation d’alcool qui concerne tous les pans de la population. Mais la tendance s’accentue surtout chez la jeune génération. Entre 2020 et 2024, la part des non-acheteurs d’alcool (à domicile) a progressé de 50% chez les 18-34 ans.
Par conséquent, les achats de spiritueux diminuent. Ils connaissent un recul à hauteur de 2,6% en volume. Et ce, peu importe les réseaux de distribution : grandes surfaces, cavistes, cafés ou encore duty free.
Dans les cafés et restaurants, la FFS explique le repli des consommations par la météo défavorable de l’année passée.

Une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique Heart, a montré que la consommation de cannabis peut doubler le risque de décès par maladie cardiovasculaire et augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral de 20 pour cent, a-t-elle rapporté. Le gardien.
Les données proviennent d’une analyse mondiale menée par des chercheurs de l’Université de Toulouse en France, qui ont déclaré que les résultats « soulèvent de sérieuses questions sur les risques pour la santé associés au cannabis ».
Le nombre de personnes consommant du cannabis et des produits contenant des cannabinoïdes a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. Bien que le lien entre cannabis et problèmes cardiaques ait déjà été évoqué, l’ampleur du risque n’avait pas été clarifiée jusqu’à présent.
Les chercheurs ont examiné les données recueillies dans le cadre de 24 grandes études, menées entre 2016 et 2023, portant sur environ 200 millions de personnes.
L’analyse a montré que la consommation de cannabis est associée à :
Risque accru de 29 % de syndrome coronarien aigu (problèmes cardiaques graves)
Risque d’accident vasculaire cérébral 20 % plus élevé
Doubler le risque de mourir d’une maladie cardiaque
Bien que les chercheurs aient reconnu que cette étude comporte certaines limites, comme le manque de données précises sur la quantité de consommation de cannabis et le fait que la plupart des études étaient observationnelles, ils ont souligné qu’il s’agit d’une « analyse complète des données publiées jusqu’à présent sur l’association entre le cannabis et les maladies cardiaques majeures ».
« Ces résultats devraient sensibiliser le grand public au potentiel du cannabis à causer des dommages cardiovasculaires », indique le communiqué de l’étude.
Dans un éditorial conjoint sur l’étude, le professeur Stanton Glantz et le Dr Lynn Silver de l’Université de Californie à San Francisco, ont écrit que l’étude soulève de sérieuses questions quant à savoir si le cannabis présente un risque pour le cœur.
« Cette étude soulève de sérieuses questions sur l’hypothèse selon laquelle le cannabis présente peu de risques pour le cœur », ont écrit les professeurs dans l’éditorial en question.
Ils ont ajouté que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre si les risques proviennent uniquement des produits inhalés ou également d’autres formes de cannabis, comme les produits comestibles ou synthétiques.
« Le cannabis est aujourd’hui plus puissant et s’est développé en une large gamme de produits inhalables à haute concentration, de cannabinoïdes synthétiques et de produits comestibles contenant du cannabis », ont-ils écrit.
Les médecins ont souligné qu’il est nécessaire de comprendre « si le risque provient des cannabinoïdes eux-mêmes ou de particules, de composés aromatiques ou d’autres éléments qui sont inhalés pendant l’utilisation ».
En conclusion, ils ont suggéré que le cannabis soit inclus dans la stratégie de prévention des maladies cardiaques en mentionnant dans la réglementation les risques pour la santé qu’il présente.
« Des avertissements efficaces sur les produits, une éducation sur les risques et le cannabis devraient être traités comme le tabac : non pas criminalisés, mais découragés, et les autres devraient être protégés de l’exposition de seconde main », indique l’éditorial, entre autres.

Martin Lagrave 17/06/2025
Devenue en 2022 le premier pays asiatique à dépénaliser le cannabis, la Thaïlande s’apprête à interdire son usage récréatif. Une nouvelle réglementation face à une explosion des usages récréatifs et des trafics.
Ce qu’il faut retenir :
- La Thaïlande s’apprête à interdire l’usage récréatif du cannabis , trois ans après l’avoir légalisé en 2022.
- Seul l’usage médical resterait autorisé , sur ordonnance.
- Plus de 90 % des magasins pourraient fermer.
- Le gouvernement invoque l’explosion de la consommation chez les jeunes , les trafics, et l’absence d’encadrement légal .
Déjà la fin d’une parenthèse en Thaïlande. En 2022, Bangkok faisait figure de pionnière en Asie en retirant le cannabis de la liste des stupéfiants. Ainsi, la vente, la culture et la consommation de cannabis devenaient légales du jour au lendemain.
Une certaine euphorie s’est alors propagée dans le pays et plus de 10 000 dispensaires ont vu le jour, dopés par l’afflux de touristes et par l’engouement local. Toutefois, cette libéralisation s’est faite sans encadrement légal strict et ce vide juridique a rapidement laissé place au désordre.
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Désormais, la coalition gouvernementale menée par le parti conservateur Pheu Thai veut faire machine arrière. Le ministre de la Santé a annoncé le 8 mai qu’une nouvelle loi était en préparation pour autoriser la consommation de cannabis uniquement sur prescription médicale, délivrée par un professionnel agréé, rapporte The Diplomat.
Un secteur menacé d’effondrement
Pour les acteurs du secteur, le choc est brutal. Chokwan Kitty Chopaka, militante bien connue de la cause et propriétaire d’une boutique à Bangkok, estime que 90 % des points de vente pourraient fermer. Son propre magasin a baissé le rideau début 2025, faute de rentabilité. Après l’explosion de la demande, l’offre a rapidement excédé les besoins : prix à la baisse, concurrence déloyale des produits illégaux.

Le retour à un usage strictement médical menace toute une économie parallèle en plein développement. Le cannabis était vu comme un relais de croissance, notamment dans l’agriculture et le tourisme. En 2022, une étude estimait le potentiel du secteur à plus d’un milliard de dollars par an.
Des raisons politiques et sanitaires
Officiellement, ce revirement s’appuie sur plusieurs motifs : une consommation croissante chez les jeunes, une multiplication des points de vente illégaux, et l’essor inquiétant du trafic international. Depuis 2022, la floraison rapide de boutiques – plus de 10 000 enregistrées – a échappé à tout contrôle centralisé.
Nombre de commerçants ont contourné les limites légales, notamment le taux maximum autorisé de THC (0,2 %), en vendant des produits plus puissants que prévu. Parallèlement, le marché noir s’est renforcé, alimenté à la fois par la demande locale et par des réseaux cherchant à exporter discrètement la marchandise.

Les autorités thaïlandaises affirment avoir intercepté, en douze mois, plus de 800 tentatives de contrebande dans les aéroports du pays. Des voyageurs étrangers, notamment britanniques, ont été arrêtés en possession de fleurs, d’huiles ou de produits dérivés du cannabis, dissimulés dans leurs bagages. Certains de ces produits ont fini par réapparaître sur des marchés asiatiques et européens.