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Whisky, rhum, cognac… Les Français boivent (un peu) moins d’alcools forts paraĂ®t-il

SantĂ© !•Que ce soit dans les bars, restos, magasins ou Ă  la maison, les Français consomment moins de spiritueux. Les ventes ont baissĂ© de près de 3 % en 2024

Les achats de spiritueux ont chuté de 2,6% en 2024 en France.
Les achats de spiritueux ont chutĂ© de 2,6% en 2024 en France. - Caro / Waechter / Sipa

M.L. avec AFP

L’essentiel

  • Les achats de spiritueux en France ont reculĂ© de 2,6 % en 2024, avec une baisse dans tous les canaux de distribution et types d’alcools forts.
  • MalgrĂ© cette baisse, les Français ont consommĂ© près de 268 millions de litres de spiritueux en 2024, ce qui reprĂ©sente environ 7 bouteilles par personne de plus de 19 ans sur l’annĂ©e.
  • Le directeur gĂ©nĂ©ral de la FFS affirme pourtant que tous les indicateurs sont Ă  la baisse et que les exportations, qui reprĂ©sentent la moitiĂ© de la valeur du secteur, ont Ă©galement chutĂ© de manière significative.

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Qu’on se le dise, les Français boivent moins. Enfin un peu moins. Enfin un peu moins d’alcools forts en tout cas. Selon la FĂ©dĂ©ration française des spiritueux (FFS), les achats de spiritueux en France ont en effet reculĂ© de 2,6 % en 2024, que ce soit dans les grandes surfaces, chez les cavistes, dans les bars et mĂŞme les dans boutiques de duty free.

Les grandes et moyennes surfaces ont Ă©coulĂ© 247 millions de litres de ces alcools distillĂ©s d’au moins 15 %, soit une diminution de 3,8 % par rapport Ă  2023. Si les alcools blancs, dits « festifs Â» rĂ©sistent mieux, les whiskys et anisĂ©s, dont plus de la moitiĂ© des ventes se fait en supermarchĂ©s, poursuivent leur recul. La tendance est identique pour les cafĂ©s et restaurants, avec 20,8 millions de litres, en baisse de 2 %.

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Près de sept bouteilles par personne en 2024

Pourtant, ce sont donc quand même près de 268 millions de litres de spiritueux qu’ont ingurgité les Français en 2024. Si l’on se base sur les chiffres de l’Insee et que l’on ne compte que les personnes de plus de 19 ans, soit 57 millions de Français, cela représente un peu moins de cinq litres par personne sur une année. Ou près de sept bouteilles de Vodka, Whisky, gin ou autre.

CocaĂŻne, cannabis, alcool… Les consommations de drogues ont explosĂ© de 107% dans les entreprises

Marine Cardot

"Les consommateurs de cannabis sont des gens aisés", raconte sur RMC Jérémy, bac+5 et père de famille. (Photo d'illustration).
« Les consommateurs de cannabis sont des gens aisĂ©s », raconte sur RMC JĂ©rĂ©my, bac+5 et père de famille. (Photo d’illustration). – Victoria Hazou – AFP

Explosion de l’usage de la cocaĂŻne, intĂ©rimaires et travailleurs de nuit surexposĂ©s… Les tests positifs Ă  l’alcool et aux drogues ont doublĂ© en 8 ans, selon une Ă©tude publiĂ©e par Ithylo, qui rĂ©alise les dĂ©pistages en entreprise.

ÉpidĂ©mie d’addictions chez les salariĂ©s français. Selon une nouvelle Ă©tude, les tests positifs Ă  l’alcool ou aux stupĂ©fiants ont augmentĂ© de 107% en huit ans dans les entreprises. Le taux de positivitĂ© a ainsi plus que doublĂ©, passant de 2,6% en 2017 Ă  5,3% en 2025. Les consommations marquent notamment une forte hausse après la pĂ©riode Covid.

« Ce n’est plus une sĂ©rie de cas isolĂ©s, mais une dynamique massive et persistante », alerte l’Ă©tude.

Elle a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par l’entreprise Ithylo (qui rĂ©alise ces dĂ©pistages) sur un large panel de salariĂ©s (plus de 100.000 Ă©chantillons), principalement dans les secteurs du BTP, de l’énergie, du transport et de l’industrie. Il faut savoir que les entreprises sont autorisĂ©es Ă  faire pratiquer ces tests inopinĂ©s et obligatoires pour les salariĂ©s en postes dits « hypersensibles », c’est-Ă -dire pour lesquels la consommation de drogues prĂ©sente un danger grave pour eux-mĂŞmes et leurs collègues.

13 fois plus de cas positifs Ă  la cocaĂŻne

Selon les rĂ©sultats, l’usage de la cocaĂŻne explose particulièrement, avec 13 fois plus de cas positifs Ă  la cocaĂŻne en huit ans. Si cette drogue semblait autrefois rĂ©servĂ©e Ă  certains milieux festifs ou de cadres urbains, elle s’est aujourd’hui installĂ©e, mĂŞme chez les ouvriers.

« Nous pensions l’usage de cocaĂŻne marginal en entreprise. C’est dĂ©sormais une rĂ©alitĂ© prĂ©sente sur les chantiers, les sites industriels et les bureaux », s’alarme Jean-Jacques Cado, prĂ©sident d’Ithylo.

Le cannabis reste la substance la plus dépistée (1,8% de salariés positifs). L’alcool, quant à lui, enregistre un net pic en soirée, notamment après 17 heures et les vendredis, avec des taux jusqu’à deux fois supérieurs à la moyenne.

Les intérimaires et les précaires plus vulnérables

Mais alors qui sont les salariĂ©s qui consomment sur leur lieu de travail? Les travailleurs les plus prĂ©caires sont les plus vulnĂ©rables face au risque d’addiction. Les intĂ©rimaires sont particulièrement concernĂ©s: alors qu’ils ne reprĂ©sentent que 15% de l’échantillon total, ils concentrent Ă  eux seuls 25% des cas positifs au cannabis, 31% Ă  la cocaĂŻne et 18% Ă  l’alcool.

Selon diffĂ©rentes Ă©tudes sur le sujet, une surexposition aux addictions est observĂ©e pour les salariĂ©s qui ont des conditions de travail plus difficiles: notamment les horaires dĂ©calĂ©s, l’isolement, la faible intĂ©gration aux collectifs et le manque d’accès Ă  l’information ou Ă  la prĂ©vention.

La moitiĂ© des intĂ©rimaires dĂ©clarent en effet ne pas savoir vers qui se tourner en cas de souffrance liĂ©e Ă  une consommation. Beaucoup craignent aussi que se signaler leur coĂ»te leur mission. « L’efficacitĂ© d’une politique de prĂ©vention se mesure Ă  sa capacitĂ© Ă  atteindre les plus fragiles », explique Jean-Jacques Cado.

« Exclure les intĂ©rimaires, c’est crĂ©er des angles morts oĂą les risques explosent. »

« Ils avaient consommĂ© ensemble »

Des cas de consommation de groupe ont mĂŞme Ă©tĂ© observĂ©s. Jean-Jacques Cado cite notamment l’exemple d’un chantier de nuit de 21 personnes, oĂą 7 intĂ©rimaires logeant ensemble avait Ă©tĂ© testĂ© positifs Ă  la cocaĂŻne. « L’un d’entre eux avait apportĂ© la substance et ils avaient consommĂ© ensemble », raconte-t-il.

Ce phĂ©nomène s’accentue sur les Ă©quipes de nuit, souvent moins encadrĂ©es et plus isolĂ©es, oĂą les tests rĂ©vèlent jusqu’à 1 salariĂ© sur 5 positif sur certains sites. Selon l’Ă©tude, ces chiffres suggèrent une utilisation des substances comme outil de compensation: pour rester Ă©veillĂ©, tenir physiquement, gĂ©rer l’ennui ou simplement s’extraire d’un rythme pĂ©nible.

« On voit très clairement que la consommation se dĂ©place lĂ  oĂą le regard s’éteint. Moins de supervision, plus de fatigue, plus de tentations. C’est un terrain fertile pour les comportements Ă  risque », souligne Jean-Jacques Cado.

Il faut toutefois noter que l’Ă©tude met particulièrement en avant les conduites addictives dans les milieux ouvriers du fait de la composition de l’Ă©chantillon, ce qui ne veut pas dire que les drogues ou l’alcool sont absents des bureaux.

Accompagner plutĂ´t que licencier

Ces comportements peuvent ĂŞtre très dangereux, pour le salariĂ© lui-mĂŞme et ses collègues. Le risque d’accidents du travail graves est multipliĂ© par 2 dès lors qu’il existe une consommation d’alcool hebdomadaire excessive (au moins 2 verres par jour chez les femmes et 4 verres par jour chez les hommes), selon l’Ă©tude « Les conduites addictives de la population active », grâce aux chiffres de de la cohorte Constances.

Mais alors que se passe-t-il lorsqu’un salariĂ© est testĂ© positif aux substances psychoactives? « Dans la plupart des cas les entreprises vont avoir une dĂ©marche d’accompagnement pour aider le salariĂ© Ă  sortir de son addiction », assure Jean-Jacques Cado.

Évidemment en cas de rĂ©cidive, des sanctions disciplinaires comme un licenciement peuvent ĂŞtre prises. Mais dans un premier temps, ce n’est pas le plus efficace car l’employĂ© pourra retrouver un emploi dans une entreprise moins regardante, selon le spĂ©cialiste.

« Le dĂ©pistage n’est pas un piège, ni une stigmatisation. C’est un Ă©lectrochoc bienveillant. Il rĂ©vèle ce que le collaborateur n’ose pas dire, ce qu’il cache sous pression, par solitude ou en Ă©tat d’épuisement », explique-t-il. Son entreprise propose notamment une ligne d’Ă©coute confidentielle permettant aux salariĂ©s concernĂ©s de discuter avec un professionnel de santĂ©, parfois pour la première fois.

L’INRS (institut national de recherche et de sĂ©curitĂ© au travail) conseille notamment aux employeurs de mettre en place des actions de prĂ©vention, en concertation avec le CSE et les syndicats. Il peut s’agir notamment d’Ă©valuer et de limiter les risques psychosociaux (qui jouent un rĂ´le dans les conduites addictives).

L’entreprise peut aussi limiter les consommations d’alcool sur le lieu de travail (lors des pots par exemple). Elle doit par exemple veiller Ă  fournir systĂ©matiquement des boissons non alcoolisĂ©es et Ă  mettre Ă  disposition des salariĂ©s de quoi se restaurer.

Marine Cardot

Source

Au moins 24 millions d’EuropĂ©ens ont consommĂ© du cannabis en 2024

Publié le 11 juin 2025

By AurĂ©lien BERNARD 

Consommateurs de cannabis en Europe

Le cannabis reste la substance illicite la plus consommĂ©e en Europe, avec 24 millions d’adultes, soit 8,4% de la population âgĂ©e de 15 Ă  64 ans, dĂ©clarant en avoir consommĂ© au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, selon le Rapport europĂ©en sur les drogues 2025 publiĂ© par l’Agence des drogues de l’Union europĂ©enne (EUDA).

PubliĂ© le 5 juin, ce rapport annuel offre un aperçu complet des tendances actuelles en matière de drogues dans les États membres de l’UE, en Norvège et en Turquie, sur la base de donnĂ©es issues d’enquĂŞtes nationales et de sources rĂ©pressives.

La France, l’Espagne et l’Italie en tête du classement pour la consommation au cours de la vie

Le rapport fait remonter les disparitĂ©s importantes en matière de consommation Ă  travers le continent.

La France enregistre la plus forte consommation de cannabis au cours de la vie chez les adultes âgĂ©s de 15 Ă  65 ans, avec 50,4 % d’entre eux dĂ©clarant en avoir consommĂ© au moins une fois. L’Espagne suit avec 43,7 %, puis l’Italie avec 34,8 %.

La moyenne européenne de la consommation au cours de la vie se situe, elle, à 8,4%, montrant d’énormes disparités dans les approches culturelles du cannabis au sein de l’Europe.

Bien que le cannabis soit illĂ©gal dans la plupart des pays europĂ©ens, 4,6 millions de personnes ont dĂ©clarĂ© en consommer quotidiennement. Plus de 90% des consommateurs ont indiquĂ© que leur consommation avait lieu Ă  domicile, et 80% ont dĂ©clarĂ© le consommer sous forme de joint, qu’il s’agisse d’herbe ou de rĂ©sine.

La consommation chez les jeunes est en baisse, mais l’initiation précoce persiste

Si la consommation chez les adultes reste stable ou en augmentation, la situation semble Ă©voluer chez les jeunes. Depuis 2003, le pourcentage de jeunes de 15 Ă  16 ans dĂ©clarant avoir consommĂ© du cannabis au cours du mois prĂ©cĂ©dent est passĂ© de 9,7 % Ă  5,7 %, et la consommation au cours de la vie dans cette tranche d’âge a diminuĂ© de 21% Ă  13%.

L’initiation prĂ©coce persiste. 2,6 % des Ă©lèves interrogĂ©s ont dĂ©clarĂ© avoir essayĂ© le cannabis avant l’âge de 13 ans, ce qui suggère que si la consommation globale chez les jeunes est en baisse, les efforts de prĂ©vention restent difficiles en matière d’exposition prĂ©coce.

Puissance et trafic

Le rapport attire l’attention sur une tendance persistante : l’augmentation de la puissance de la résine de cannabis.

« Les tendances indexĂ©es montrent que la teneur moyenne en THC de la rĂ©sine a presque doublĂ© entre 2013 et 2023, tandis que celle du cannabis herbacĂ© est restĂ©e globalement stable », indique le rapport. Cette Ă©volution est attribuĂ©e en partie Ă  l’évolution des techniques de production et Ă  l’évolution des prĂ©fĂ©rences des consommateurs.

Parallèlement Ă  l’augmentation de la puissance, les saisies de cannabis ont Ă©galement atteint des niveaux records. En 2023, les États membres de l’UE ont signalĂ© 259 000 saisies de rĂ©sine totalisant 551 tonnes et 219 000 saisies de cannabis herbeux totalisant 201 tonnes.

L’Espagne, en particulier, a connu une forte augmentation des saisies de beuh depuis 2019, suggérant selon le rapport des changements dans les flux de trafic et les centres de production.

Selon l’EUDA, les méthodes de trafic se diversifient, le cannabis arrivant désormais par avion de ligne en plus des itinéraires traditionnels par conteneurs et camions.

« Depuis 2019, le volume de cannabis saisi a considérablement augmenté en Espagne », note le rapport, suggérant des liens croissants entre l’Europe et les marchés légaux au Canada, aux États-Unis et en Thaïlande.

Préoccupations sanitaires liées aux concentrés et aux substituts du cannabis

L’essor des concentrĂ©s tels que la rosin et le shatter, parallèlement Ă  la prolifĂ©ration des cannabinoĂŻdes semi-synthĂ©tiques tels que le HHC, le HHC-P et le THCP, suscite une inquiĂ©tude croissante parmi les professionnels de la santĂ©.

Ces derniers sont souvent vendues dans des zones grises légales, commercialisées comme des alternatives au cannabis, mais sans faire l’objet du même contrôle réglementaire.

« Bien que les connaissances sur les effets du HHC chez l’homme soient limitĂ©es, des inquiĂ©tudes ont Ă©tĂ© soulevĂ©es Ă  mesure que des Ă©tudes ont Ă©tĂ© publiĂ©es, notamment certains rapports faisant Ă©tat de liens avec la psychose », note le rapport.

En TchĂ©quie, le Centre d’information toxicologique a enregistrĂ© plus de 170 consultations liĂ©es au HHC entre juin 2022 et fĂ©vrier 2024, dont beaucoup concernaient des jeunes ayant consommĂ© des produits comestibles tels que des gummies.

Une image incomplète de la consommation et des effets nocifs

Les auteurs avertissent que leurs chiffres pourraient sous-estimer les niveaux rĂ©els de consommation, compte tenu du statut illĂ©gal du cannabis dans de nombreux pays de l’UE. La stigmatisation sociale et les risques juridiques peuvent dissuader les consommateurs de rĂ©vĂ©ler leurs habitudes de consommation lors d’enquĂŞtes nationales.

Alors que les dĂ©bats sur la lĂ©galisation du cannabis s’intensifient en Europe, les donnĂ©es brossent un tableau complexe : une consommation Ă©levĂ©e et persistante, des modèles de production et de trafic en mutation et des risques Ă©mergents pour la santĂ© publique liĂ©s aux nouveaux produits Ă  base de cannabinoĂŻdes. Avec une constante : l’interdiction du cannabis ne fait pas baisser sa consommation et gĂ©nère des externalitĂ©s nĂ©gatives dangereuses pour les consommateurs et les sociĂ©tĂ©s.

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La consommation de marijuana chez les seniors atteint des niveaux record

Selon une récente étude publiée dans JAMA Internal Medicine, la consommation de cannabis chez les Américains de 65 ans et plus a bondi de près de 46 % entre 2021 et 2023. Un phénomène inattendu qui traduit, pour certains, les effets secondaires de la légalisation et, pour d’autres, une banalisation préoccupante d’une substance restée longtemps taboue. Le professeur Jean Costentin, expert en pharmacologie, revient sur cette tendance, ses racines, ses dangers – notamment pour la santé des seniors – et alerte sur un aveuglement collectif. Il tient à préciser que les opinions qu’il exprime ici, comme ailleurs, sont entièrement indépendantes des institutions auxquelles il appartient ou a appartenu.

avec Jean Costentin

La consommation de marijuana chez les seniors atteint des niveaux record

avecJean Costentin

Atlantico : La consommation de marijuana aux États-Unis chez les personnes ayant 65 ans et plus a augmentĂ© de près de 46 % entre 2021 et 2023, selon une nouvelle Ă©tude publiĂ©e dans JAMA Internal Medicine. Quelle est l’ampleur de la hausse de la consommation de cannabis chez les seniors ? Y a-t-il une diffĂ©rence entre les taux de consommation chez les hommes et les femmes âgĂ©s ?

 Jean Costentin : Soulignons tout d’abord la qualitĂ©, la rigueur et la notoriĂ©tĂ© de la revue mĂ©dicale qui publie cet article; revue qui est l’émanation de l’Association MĂ©dicale AmĂ©ricaine.

De longue date, comme d’autres collègues n’hĂ©sitant pas Ă  l’exprimer, nous avions prĂ©vu et prĂ©venu que la lĂ©galisation du cannabis, tant Ă  visĂ©e Â« thĂ©rapeutique Â» que « rĂ©crĂ©ative Â» (disons sans ambages  toxicomaniaque), se traduirait inĂ©luctablement par un accroissement du nombre de ses consommateurs. Cette augmentation nous l’attendions surtout chez les adolescents et les adultes jeunes ; ce qui  a Ă©tĂ© constatĂ© (U.S.A., Canada…). Elle concerne maintenant, aux USA,  des sĂ©niors de 65 ans et plus.

Alors que dans ce 3ème âge le pourcentage des consommateurs de cannabis Ă©tait infĂ©rieur Ă  1% en 2005, il a Ă©tĂ© multipliĂ© par 4 en 2018, et il continue de croĂ®tre, comme en atteste cette Ă©tude, qui montre l’augmentation importante de la proportion des consommateurs sĂ©niors,  7% des sĂ©niors en avaient consommĂ© au cours du mois prĂ©cĂ©dent l’enquĂŞte.

L’étude  donne quelques précisions sur la sociologie des séniors concernés : les femmes ne sont pas épargnées par cette augmentation. Ces séniors, pour ceux de race blanche, ont un certain bagage intellectuel, un bon niveau de revenus, sont mariés, résident dans un État américain ayant légalisé de cannabis (38 États l’ont légalisé à des fins « thérapeutiques » dont 24 comme drogue).

La France est-elle particulièrement touchĂ©e par ce phĂ©nomène ? La consommation de marijuana chez les seniors est-elle en hausse en France ?  Quels facteurs ont contribuĂ©  Ă  l’augmentation de cette consommation

 Jean Costentin : La proportion des usagers de cannabis diminue avec leur âge, ses consommateurs Ă©tant plus nombreux chez les moins de 35 ans. Par contre l’âge moyen des consommateurs est en augmentation constante ; il Ă©tait de 25 ans en 1992, il est passĂ© Ă  33 ans en 2021. Cette augmentation de l’âge moyen des consommateurs rĂ©sulte d’une moindre consommation par les plus jeunes et d’une prolongation de cette consommation chez ceux qui l’ont dĂ©butĂ©e dans les annĂ©es 1990. Chez les 18-24 ans, 50% l’ont expĂ©rimentĂ© alors que chez les 25-34 ans ils sont 60%.

Les chiffres des sĂ©niors français ne sont pas connus ; l’étude amĂ©ricaine n’ayant pas (encore ?) son Ă©quivalent en France.

La  consommation du cannabis chez les sĂ©niors ne peut que s’accroĂ®tre malgrĂ© le caractère prohibĂ© de cette drogue dans notre Nation. Elle se situe dans le prolongement d’une toxicomanie durant leur jeunesse. Il avait Ă©tĂ© fallacieusement prĂ©tendu que l’arrĂŞt du cannabis que consommait l’adolescent se produirait lors de son entrĂ©e dans la vie professionnelle ; puis cela a Ă©tĂ© diffĂ©rĂ© Ă  la pĂ©riode oĂą il s’inscrirait dans une vie familiale ; et de constater maintenant que cela dĂ©borde sur le troisième âge.

 Cette fidĂ©lisation Ă  la drogue est renforcĂ©e par l’accroissement du taux de tĂ©trahydrocannabinol/THC dans les produits en circulation ; ce qui accroit la tĂ©nacitĂ© de l’addiction, de l’accrochage, de la dĂ©pendance. Cette fidĂ©lisation est majorĂ©e par le faible coĂ»t de la drogue, qui n’obère pas le budget du consommateur ; fidĂ©lisation enfin par une accessibilitĂ© facile ; sa distribution Ă©tant assurĂ©e en de multiples lieux par plus de 200.000 dealers,  Ă©paulĂ©s par l’UbĂ©risation qui assure une distribution Ă  domicile.

 Dans le mĂŞme temps cette consommation a tendance Ă   rĂ©gresser chez les adolescents. Ce n’est pas par l’effet d’une  prĂ©vention que n’effectue ni l’éducation nationale, ni les pouvoirs publics, et moins encore des addictologues, qui prĂ´nent au contraire sa lĂ©galisation. Cette diminution peut ĂŞtre interprĂ©tĂ©e par un phĂ©nomène de mode. Depuis le temps que sĂ©vit cette drogue, elle s’est un peu « ringuardisĂ©e Â», d’autant que devenant la drogue des Papys il faut trouver autre chose.  Aux adeptes du changement, les alternatives ne manquent pas : le protoxyde d’azote, des cannabinoĂŻdes de synthèse beaucoup plus puissants que le THC (Buddah blue, Pète ton crâne ou PTC,  le H4CBD,  le spice, le K2, l’hexahydrocannabinol (HHC) et deux de ses dĂ©rivĂ©s, le HHC-acĂ©tate (HHCO) et l’hexahydroxycannabiphorol (HHCP), tous dĂ©sormais classĂ©s comme stupĂ©fiants … des  dĂ©rivĂ©s du cannabidiol/CBD, tel le H4CBD, le H2CB ; des cathinones (dont la 3MMC) ; l’ecstasy / MDMA, revenue sur le marchĂ© noir avec des doses beaucoup plus Ă©levĂ©es qu’aux premiers temps de son utilisation. MalgrĂ© cette baisse du cannabis, par transfert vers d’autres drogues, la France reste en Europe la Nation la plus intoxiquĂ©e par cette drogue.

Quels sont les facteurs qui ont contribué à l’augmentation de la consommation de cannabis chez les seniors ?

 Jean Costentin : Les explications que je vais évoquer sont celles qui me viennent à l’esprit, et ne doivent donc être considérées que comme telles.

A l’âge oĂą les pathologies se multiplient, qu’un Ă©tat d’inconfort s’accroit, qu’un mal ĂŞtre s’installe, qu’émergent des interrogations existentielles, avec une thanatophobie croissante que n’apaise plus une croyance religieux qui s’amenuise, le libre accès Ă  cette drogue lĂ©galisĂ©e Ă©tant levĂ© le tabou de l’interdiction, se voit justifiĂ©e par des considĂ©rations thĂ©rapeutiques. Ses effets psychotropes, «appĂ©titifs Â», «de rĂ©compense», toxicomanogènes, font le reste, installant l’addiction, la dĂ©pendance, l’accrochage.

La lĂ©galisation s’est appuyĂ©e sur son caractère « thĂ©rapeutique Â», qui est le cheval de Troie, le faux nez, du cannabis toxicomaniaque.  La conclusion d’une analyse de l’acadĂ©mie de MĂ©decine remettait les choses en place ; elle concluait : « le cannabis – un faux mĂ©dicament mais une vraie drogue Â». Plus trivialement je traduis cette conclusion, en m’appuyant sur la signification du mot « shit Â» anglais, utilisĂ© pour dĂ©signer sa rĂ©sine ou haschisch : « le cannabis un vrai merdicament Â».

Dans les indications revendiquĂ©es pour le cannabis/THC figurent l’anxiĂ©tĂ© et la dĂ©pression, particulièrement frĂ©quentes chez les sĂ©niors. Si le cannabis, en aigu, rĂ©duit frĂ©quemment ces troubles (aux bad trips, c’est-Ă -dire aux pĂ©nibles expĂ©riences près)  il convient d’ajouter qu’au cours d’un usage chronique du cannabis, une tolĂ©rance survenant, ces troubles rĂ©apparaissent avec une intensitĂ© bien supĂ©rieure Ă  celle qui prĂ©cĂ©dait la consommation.

Pourquoi les gĂ©riatres s’inquiètent-ils de l’augmentation de la consommation de cannabis chez les seniors ? Quels sont les risques pour la santĂ© chez les personnes âgĂ©es suite Ă  cette consommation de marijuana ? 

 Jean Costentin : Un certain nombre des méfaits décrits au cannabis concernent assez spécifiquement les adolescents (crétinisation, diminution de l’attention, syndrome amotivationnel, délires, hallucinations, déclenchement  d’une schizophrénie latente, incitation au passage à d’autres drogues…). Certains méfaits  peuvent aussi concerner, avec une particulière acuité,  les séniors. Parmi ceux-ci : des méfaits cardio-vasculaires : troubles du rythme ; angor ; risque accru  d’infarctus du myocarde ; variations tensionnelles et accidents vasculaire cérébraux. Au plan neuropsychique, des perturbations cognitives  peuvent décompenser ou majorer  une maladie d’Alzheimer ; même si l’hypothèse d’un effet ralentisseur de certains processus neuro-dégénératifs a été avancée ? ; les perturbations de la mémoire de travail, de la mémoire à court terme, peuvent majorer ceux qui caractérisent la maladie d’Alzheimer. La conduite automobile, déjà quelque peu altérée par le vieillissement, s’en trouvera davantage perturbée. Des hallucinations, des troubles délirants, ébrieux, des perturbations de l’équilibre avec des chutes sont souvent rapportées.

Ajoutons pour conclure que, n’ayant pas de très grandes raisons d’être fiers de la sociĂ©tĂ© que nous laissons Ă  nos jeunes, n’ajoutons pas Ă  leurs troubles la lamentable exemplaritĂ© d’aĂŻeux, shootĂ©s, camĂ©s ; d’aĂŻeux plus prĂ©occupĂ©s par leurs paradis artificiels que par l’hĂ©ritage terrestre que nous devrions laisser.

« S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous allons laisser à nos enfants, il est plus important encore de nous préoccuper de l’état des enfants que nous allons léguer à notre planète » (devise du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies / CNPERT).

La plante de cannabis, ses composants et leur rĂ´le sur les effets recherchĂ©s

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La plante de cannabis contient une multitude de composants. Chacun d’eux présente un profil pharmacologique bien précis. La présence et les proportions de chacun de ces composants peuvent différer largement entre différentes catégories de cannabis, et d’un produit à l’autre. Lorsqu’on tente d’estimer les effets associés à un produit du cannabis donné, il est donc important de prendre en compte sa composition globale.

Le cannabis est une plante dont la fleur femelle est la partie généralement consommée. Cette partie de la plante est celle qui contient la plus importante concentration en cannabinoïdes, en plus de renfermer les terpènes.

CannabinoĂŻdes

Ces substances chimiques sont les responsables des effets recherchés par les personnes qui font usage de cannabis. Les cannabinoïdes les plus abondants présents naturellement dans la plante sont le tétrahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD), le cannabinol (CBN) et le cannabigérol (CBG). Ceux-ci produisent des effets différents.

THC

Il est responsable des effets psychoactifs (comme l’euphorie), ainsi que des effets stimulants et relaxants. Au Québec, dans l’optique de réduire les conséquences sur la santé associées à l’usage de cannabis, aucun des produits vendus sur le marché réglementé ne peut contenir plus de 30 % de THC. Par comparaison, dans certaines juridictions, la teneur de certains produits peut atteindre 90 % de THC.

CBD

Il est consommé principalement pour le soulagement de symptômes, comme différents types de douleurs. Toutefois, les preuves scientifiques sont à ce jour insuffisantes pour conclure à son efficacité à cette fin.

Les propriétés et effets du CBN et du CBG sont encore peu connus. Ces cannabinoïdes suscitent l’intérêt de certaines personnes consommant du cannabis à des fins médicales, sans que les preuves de l’efficacité existent toutefois.

Terpènes

Ces composés organiques sont présents dans de nombreux végétaux, dont le cannabis. Ils confèrent arômes et saveurs au cannabis.

  • Plus d’une centaine de terpènes existent et peuvent guider le choix de faire usage d’un produit de cannabis plutĂ´t qu’un autre.
  • Bien que les terpènes soient naturellement prĂ©sents dans la plante de cannabis, il est possible d’en faire l’ajout aux produits de cannabis. Cela peut permettre de camoufler le goĂ»t caractĂ©ristique du cannabis ou de rehausser un arĂ´me spĂ©cifique, rendant alors les produits plus attrayants, en plus de diversifier l’offre disponible sur le marchĂ©.

Depuis longtemps, on classe le cannabis en trois catégories : Indica, Sativa, Hybride. Les plantes de cannabis étant désormais fortement hybridées, cette classification ne peut être associée de manière fiable à des effets précis (p. ex. : des effets énergisants ou des effets relaxants). Cette caractérisation est aussi une stratégie de marketing utilisée par les acteurs commerciaux pour diversifier leur offre de produits.

Note(s)

Ce fascicule fait partie d’une sĂ©rie de six fascicules Ă©laborĂ©s Ă  la demande du ministère de la SantĂ© et des Services sociaux (MSSS) en vue d’enrichir les connaissances des professionnels des directions de santĂ© publique dont les mandats portent sur les substances psychoactives et, plus spĂ©cifiquement, sur le cannabis. Les thĂ©matiques abordĂ©es dans ces fascicules sont les suivantes :

  1. la plante de cannabis et ses composants
  2. les types de produits
  3. les méthodes de consommation
  4. les effets du cannabis sur la santé physique, mentale et cognitive à court et long terme
  5. l’encadrement légal et réglementaire au Canada et au Québec
  6. les données d’enquête disponibles pour suivre l’usage et ses effets

« Plus dangereux que l’ecstasy et la cocaĂŻne » : la poussière de singe, drogue ravageuse, dĂ©barque en France

« Monkey dust », c’est son nom. Cette substance psychoactive, dont les effets chimiques peuvent être désastreux, apparaît en France. Explications.

La police est venue interpeller la femme de 29 ans chez elle.
Une nouvelle drogue de synthèse, appelée « Monkey dust », qui circule déjà au Royaume-Uni, a débarqué en région parisienne en ce mois de mai 2025. (©Illustration Fabien Hisbacq – Actu Occitanie)

Par Briac TrĂ©bertPubliĂ© le 6 juin 2025 Ă  21h35

Elle vient officiellement de dĂ©barquer sur le marchĂ© des stupĂ©fiants en ĂŽle-de-France. Et provoque l’inquiĂ©tude.

« On reçoit de plus en plus de coups de fil d’enquĂŞteurs nous demandant des informations sur la Monkey dust Â», constate un laboratoire spĂ©cialisĂ© auprès du Parisien, ce mercredi 4 juin 2025. L’une des premières saisies a eu lieu courant mai 2025 en Seine-Saint-Denis, d’après le parquet de Bobigny.  

Cette drogue, que l’on peut traduire, comme « poussière de singe », peut entraîner de graves problèmes, « des overdoses mortelles et une augmentation des crimes et comportements violents au sein de la population », alertent les autorités britanniques qui préviennent depuis des mois sur ce fléau.

« Effets plus puissants et plus dangereux que l’ecstasy et la cocaïne »

La « Monkey dust » est une drogue qui peut « rapidement vous faire sombrer », disent les Anglais.

En Belgique, les douaniers ont aussi lancé des avertissements après des saisies, ces derniers mois. Cette drogue de synthèse est « très dangereuse et très addictive », et ses effets sont plus puissants et plus dangereux que ceux de l’ecstasy ou de la cocaïne, par exemple, écrivent-ils dans un communiqué

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L’utilisation peut entraîner de graves hallucinations, des mouvements incontrôlés et même un comportement violent, donc. Les utilisateurs tombent souvent dans une diminution de la conscience qui les pousse à des actes dangereux, pointent les autorités belges.

La poussière de singe est une substance psychoactive synthĂ©tique, Ă©galement connue sous le nom de MDPV (3,4 mĂ©thylènedioxypyrovalĂ©rone). Une drogue psychostimulante hautement addictive de la famille des cathinones, sous les appellations « 3-CMC, 3-MMC, 4-MEC, 3-MEC, 2-MEC, etchathinone, MDPV, alpha-PVP, mĂ©phĂ©drone, 4-FMC, NRG1,sels de bain, bath salts… », liste le site Drogues-infos-service. 

La Monkey dust est un stimulant, souvent prĂ©sent sous forme de cristaux ou de poudre, qui produit une puissante poussĂ©e d’Ă©nergie et une euphorie comparable Ă  celle de la cocaĂŻne, de l’ecstasy et des amphĂ©tamines.L’UkatSociĂ©tĂ©s privĂ©e de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni

La « poudre de singe » est parfois appelĂ©e « poussière de zombie », Ă©crit l’Ukat, l’une des plus grandes sociĂ©tĂ©s privĂ©es de traitement de la toxicomanie au Royaume-Uni.

Elle est généralement sniffée, enveloppée dans du papier à rouler et avalée ou fumée dans une pipe.

Très bon marchĂ©, notamment comparĂ©e Ă  d’autres drogues illicites, la « Monkey dust » est une drogue de prĂ©dilection pour les personnes en situation de pauvretĂ© dont les difficultĂ©s financières peuvent aggraver leur consommation, pointent les spĂ©cialistes anglais.

L’effet puissant produit peut durer jusqu’à 12 heures, et, outre les effets euphorisants, peut Ă©galement provoquer des hallucinations, de la paranoĂŻa, des comportements irrationnels et une forte augmentation de l’agressivitĂ©. 

Ces réactions violentes peuvent être dues à la fois aux effets chimiques de la « poussière de singe » sur le cerveau – elle peut provoquer une chute des niveaux de sérotonine, conduisant à une augmentation de l’agressivité comme la cocaïne et la méthamphétamine – et au manque de contrôle de l’utilisateur sur son propre comportement en raison de la puissance de la drogue.

L’addiction à la « poudre de singe » peut être extrêmement néfaste, tant physiquement que mentalement, même un usage limité et à court terme. Elle comporte un risque élevé de surdose mortelle (des effets peuvent survenir dès 3 à 5 mg), et peut aussi entraîner des problèmes cardiaques et rénaux, des hallucinations et des psychoses… », liste l’Ukat.

Non, boire un verre de vin par jour n’est pas bon pour la santĂ©, voici pourquoi

Philippe, ARVERS, médecin addictologue à l’Université Grenoble Alpes.

Certaines substances et produits sont aujourd’hui reconnus comme dangereux… Mais on leur a parfois prĂŞtĂ©, par le passĂ©, des vertus curatives ou de beautĂ©. Erreur tragique. Pour le deuxième Ă©pisode de notre sĂ©rie « Les fausses bonnes idĂ©es en santĂ© Â», nous revenons sur une controverse scientifique : le « French paradox Â», ou quand des chercheurs ont suggĂ©rĂ© que le vin protĂ©geait les Français des maladies cardio-vasculaires.

Par le passĂ©, divers travaux ont suggĂ©rĂ© qu’une consommation modĂ©rĂ©e d’alcool aurait pu avoir un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires, comparativement Ă  l’abstinence. Cet effet Ă©tait supposĂ© expliquer le cĂ©lèbre « French paradox Â», qui intriguait les Ă©pidĂ©miologistes depuis les annĂ©es 1970 : pourquoi la mortalitĂ© par maladie coronarienne Ă©tait-elle moins importante en France qu’au Royaume-Uni, alors qu’on y mangeait plus de graisses animales et qu’on y fumait autant ?

Lire aussi : CARTES. Dry january : oĂą boit-on le plus (ou le moins) d’alcool en France ?

Longtemps discutĂ©, cet effet protecteur est aujourd’hui battu en brèche. En 2016 dĂ©jĂ , une Ă©quipe de l’UniversitĂ© de Victoria (Canada) avait dĂ©montrĂ© l’absence d’effet bĂ©nĂ©fique sur la mortalitĂ© d’une consommation modĂ©rĂ©e d’alcool. Ses auteurs rĂ©vĂ©laient notamment que la mortalitĂ©, toutes causes confondues, ne semblait pas rĂ©duite chez les consommateurs modĂ©rĂ©s par rapport Ă  la mortalitĂ© de consommateurs excessifs.

2019, cette absence d’effet s’est vu Ă  nouveau confirmĂ©e par une grande Ă©tude prospective chinoise publiĂ©e dans la prestigieuse revue The Lancet. Le rĂ´le jouĂ© par l’alcool dans le cĂ©lèbre « paradoxe français Â» semble bien avoir du plomb dans l’aile…

Le paradoxe français

En 1992, Serge Renaud et Michel de Lorgeril prĂ©sentaient le « French paradox Â» dans The Lancet : une consommation journalière de 20 Ă  30 grammes d’éthanol (soit deux Ă  trois verres standards) pouvait rĂ©duire le risque de maladie coronarienne de 40 %.

L’explication donnée alors par les deux auteurs était une baisse de la réactivité des plaquettes, une diminution de leur agrégation. Ils pointaient également l’importance de l’alimentation et plus particulièrement du régime méditerranéen (pain, fruits et légumes, fromage et vin).

Plusieurs autres hypothèses ont cependant Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©es pour expliquer ce phĂ©nomène : plus faible consommation de lactose, moindre consommation d’acides gras trans. On peut lĂ©gitimement supposer qu’un niveau de dĂ©veloppement socio-Ă©conomique et des modes de vie diffĂ©rents (moins de stress ?) ont aussi une influence.

Ce « French paradox Â» a fait couler beaucoup d’encre, et la controverse n’est pas terminĂ©e. Ainsi, en 2015, un article paru dans la revue la Presse mĂ©dicale recommandait de boire 1 Ă  2 verres par jour (soit 10 Ă  20 grammes d’alcool). Il a entraĂ®nĂ© une rĂ©ponse cinglante, dans la mĂŞme revue, sous la forme d’un article au titre Ă©vocateur : Â« Le vin : bon pour la santé… des producteurs, et seulement eux ! Â». On pouvait notamment y lire : Â« La recommandation “1 Ă  2 verres par jour” est mĂ©dicalement dangereuse. Si des doses faibles ou modĂ©rĂ©es d’alcool ont un effet protecteur coronaire, celui-ci ne serait que très faible et faudrait-il encore ĂŞtre exposĂ© au risque, ce qui n’est pas le cas des jeunes et des femmes avant 50 ans. Â»

Lire aussi : ENQUĂŠTE. Comment le lobby de l’alcool et du vin fait tout pour limiter l’ampleur du « Dry January Â»

Alors, qui croire ? Pour le savoir, il faut avant tout faire le point sur les consĂ©quences de la consommation d’alcool.

MortalitĂ© liĂ©e Ă  l’alcool : la courbe en « J Â»

En France, on dĂ©nombre chaque annĂ©e 41 000 dĂ©cès attribuables Ă  l’alcool : 30 000 hommes (soit 11 % de la mortalitĂ© des adultes de 15 ans et plus) et 11 000 femmes (soit 4 % de la mortalitĂ© des adultes de 15 ans et plus). Les causes de cette mortalitĂ© sont multiples : outre les maladies cardio-vasculaires, l’alcool entraĂ®ne cancers (foie, colon-rectum, sein, voies aĂ©rodigestives supĂ©rieures), cirrhose du foie, pancrĂ©atite, diabète, Ă©pilepsie, accidents et suicides…

Et nul besoin de consommer excessivement pour s’exposer au risque, puisqu’on sait aujourd’hui que pour les cancers et l’épilepsie, pour la cirrhose du foie et la pancréatite, ainsi que pour de nombreuses maladies cardio-vasculaires, il existe une relation effet-dose dès le premier verre d’alcool.

Les choses sont un peu diffĂ©rentes pour les dĂ©cès par accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux ischĂ©miques (AVC) et par cardiopathies ischĂ©miques : le risque relatif de dĂ©cès est moins Ă©levĂ© chez les buveurs « modĂ©rĂ©s Â» d’alcool que chez les abstinents et les buveurs « excessifs Â». On parle alors de « courbe en J Â» (ou de courbe « en U Â»).

Lire aussi : Pourquoi servait-on du vin aux enfants dans les cantines scolaires françaises jusqu’en 1956 ?

Le risque de survenue d’un infarctus du myocarde suit Ă©galement une telle courbe. C’est une des raisons qui poussent certains Ă  continuer Ă  faire la promotion de l’alcool, et du vin en particulier, sur le mode Â« consommĂ© modĂ©rĂ©ment le vin, c’est bon pour le cĹ“ur Â». Mais ce raccourci est problĂ©matique, car la courbe en J reflète en effet une tendance globale, valable Ă  l’échelle d’une population donnĂ©e. Les consĂ©quences de la consommation d’alcool pour un individu particulier peuvent ĂŞtre sensiblement diffĂ©rentes, car chacun peut prĂ©senter ou non d’autres facteurs de risque et/ou de protection.

Autre argument souvent entendu : le vin n’a pas les mĂŞmes effets que les autres alcools. Ă€ ce sujet, il faut signaler que, si de nombreuses Ă©tudes se sont intĂ©ressĂ©es Ă  l’incidence Ă©ventuelle du type de boisson (vin, bière, etc.) sur la mortalitĂ© cardio-vasculaire, rien de probant n’en est sorti. Aucune Ă©tude n’a Ă©tĂ© en mesure de dĂ©montrer de diffĂ©rence entre les consĂ©quences de la consommation de vin et de bière par exemple.

Quant à la modération, elle n’apporte pas non plus d’effet bénéfique en termes de mortalité, comme le démontrent des travaux récents. À condition de prendre garde aux biais méthodologiques…

MortalitĂ© : pas d’effet bĂ©nĂ©fique des consommations modĂ©rĂ©es

En 2006, une mĂ©ta-analyse (analyse de travaux scientifiques dĂ©jĂ  publiĂ©s), rĂ©vĂ©lait que de nombreux travaux sur les effets de l’alcool comportaient un important biais mĂ©thodologique : souvent, le groupe de rĂ©fĂ©rence utilisĂ© (celui des « abstinents Â») incluait en fait des individus consommant de l’alcool occasionnellement, ainsi que d’anciens buveurs.

En excluant de telles Ă©tudes pour ne garder que celles jugĂ©es exemptes de ce biais, les auteurs concluaient qu’aucune protection significative en termes de maladies cardiovasculaires ne pouvait ĂŞtre dĂ©celĂ©e. Ă€ l’époque, ils dĂ©claraient que : Â« La protection cardiaque offerte par l’alcool pourrait avoir Ă©tĂ© surestimĂ©e. Les estimations de la mortalitĂ© due Ă  une consommation excessive d’alcool peuvent Ă©galement ĂŞtre plus Ă©levĂ©es que les estimations antĂ©rieures. Â»

Dix ans plus tard, ces mĂŞmes auteurs ont publiĂ© une autre mĂ©ta-analyse, visant Ă  explorer l’association entre la consommation d’alcool et le risque de dĂ©cès « toutes causes Â». Leurs rĂ©sultats sont sans appel : les buveurs modĂ©rĂ©s (1,3 Ă  24,9 g d’alcool par jour) perdent tout avantage de santĂ© par rapport aux abstinents. On est donc très loin des effets supposĂ©s du « French paradox Â».

Autre rĂ©sultat important Ă  souligner : la courbe en J n’est pas retrouvĂ©e lorsqu’on prend en compte les faux-abstinents et les facteurs de confusion qui peuvent interfĂ©rer avec les rĂ©sultats (âge, sexe, tabagisme, nombre d’annĂ©es de suivi).

Une Ă©tude sur plus de 500 000 personnes

DĂ©but avril 2019, un nouveau clou a Ă©tĂ© plantĂ© dans le cercueil des effets bĂ©nĂ©fiques d’une consommation modĂ©rĂ©e d’alcool sur la mortalitĂ©, avec la publication d’une Ă©tude prospective chinoise d’ampleur. Cette dernière a suivi, pendant près de 10 ans, l’évolution de la santĂ© de 512 715 adultes vivant dans 10 rĂ©gions de Chine, en prenant en compte leur consommation d’alcool et d’autres caractĂ©ristiques.

Les auteurs ont voulu dĂ©terminer si les effets cardiovasculaires rapportĂ©s par les prĂ©cĂ©dentes Ă©tudes Ă©taient effectivement dus Ă  une absorption modĂ©rĂ©e d’alcool. Dans les faits, cette relation de causalitĂ© est difficile Ă  Ă©tablir, car de nombreux facteurs autres que la consommation d’alcool influent sur le risque de survenue de maladies : tabagisme, alimentation, sĂ©dentarité…

Par ailleurs, il faut se mĂ©fier des causalitĂ©s inversĂ©es : des personnes en mauvaise santĂ© limiteront leur consommation d’alcool, alors que des personnes en bonne santĂ© feront moins attention. Mais cela ne signifie pas que s’abstenir de consommer de l’alcool dĂ©tĂ©riore la santé…

Pour tenter de faire la part des choses, deux approches ont Ă©tĂ© employĂ©es. L’une Ă©tait basĂ©e sur l’épidĂ©miologie conventionnelle : la consommation d’alcool Ă©tait estimĂ©e par questionnaire, les participants dĂ©clarant eux-mĂŞmes les quantitĂ©s ingĂ©rĂ©es. L’autre s’appuyait sur une particularitĂ© gĂ©nĂ©tique.

En effet, de nombreux individus d’origine asiatique sont porteurs de mutations entraĂ®nant la dĂ©ficience d’une enzyme impliquĂ©e dans l’élimination de l’alcool. Chez eux, l’absorption d’alcool se traduit par un afflux de sang facial (« flush syndrome Â») et des symptĂ´mes dĂ©sagrĂ©ables (maux de tĂŞte, hypotension, tachycardie…). Leur consommation est de facto modĂ©rĂ©e. Donc en connaissant leur profil gĂ©nĂ©tique, on peut prĂ©dire leur consommation.

Absence d’effet confirmée

Les résultats révèlent que la tension artérielle et le risque d’accident vasculaire cérébral augmentent de concert avec l’augmentation de la consommation d’alcool. Pour les AVC et les hémorragies intracérébrales, la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype est associée au risque de maladie de manière continue. les affirmations antérieures selon lesquelles une ou deux consommations par jour pourraient protéger contre les accidents vasculaires cérébraux sont donc fausses.

Pour les infarctus du myocarde, la situation est à nouveau un peu différente, puisque la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype n’est pas associée significativement au risque de maladie.

Ladite consommation semble avoir un petit effet net positif sur le risque d’infarctus du myocarde, lié peut-être, selon les auteurs, à une augmentation du HDL-cholestérol (un effet constaté chez les personnes dont l’alcoolisation est chronique). Cependant, comme l’ont souligné Alain Braillon et Gérard Dubois dans La Presse Médicale, s’il existe un effet protecteur coronaire, il n’est que très faible et ne concerne pas tout le monde.

En dĂ©finitive, il est surtout important de rappeler qu’il n’existe pas de consommation d’alcool « sans risque Â», comme l’avait montrĂ© une autre mĂ©ta-analyse parue l’an dernier dans The Lancet. Mieux vaut donc plutĂ´t parler de consommation d’alcool « Ă  moindre risque Â». Et relire les recommandations de SantĂ© publique France, plus strictes que celles de l’OMS. 

La version originale de cet article a Ă©tĂ© publiĂ©e dans The Conversation.

Qu’est-ce que la Monkey Dust, cette drogue très addictive qui Ă©merge en France ?

Par Juliette Vienot de Vaublanc Publié le 5 juin 2025

L’Agence de l’Union européenne sur les drogues a appelé jeudi 5 juin 2025 les pays du continent à la « vigilance » face à la menace que représentent les cathinones synthétiques, catégorie dont fait partie la Monkey Dust. Photo d’illustration.
L’Agence de l’Union europĂ©enne sur les drogues a appelĂ© jeudi 5 juin 2025 les pays du continent Ă  la Â« vigilance Â» face Ă  la menace que reprĂ©sentent les cathinones synthĂ©tiques, catĂ©gorie dont fait partie la Monkey Dust. Photo d’illustration.  dejah_thoris / stock.adobe.com

Une des premières saisies de Monkey Dust en France a eu lieu il y a quelques semaines en Seine-Saint-Denis, d’après des informations du Parisien. Cette drogue de synthèse, dont les effets s’approchent de ceux de la cocaĂŻne ou de la mĂ©thamphĂ©tamine, a causĂ© de gros dĂ©gâts au Royaume-Uni ces dernières annĂ©es.Partager

DĂ©jĂ  bien implantĂ©e chez certains de nos voisins, la Monkey Dust (« poussière de singe Â») gagne du terrain dans l’Hexagone. L’une des premières saisies de cette drogue de synthèse a eu lieu en Seine-Saint-Denis il y a quelques semaines, d’après les informations du Parisien. Ce jeudi 5 juin, l’Agence de l’Union europĂ©enne sur les drogues (EUDA) a appelĂ© les pays europĂ©ens Ă  la Â« vigilance Â» face Ă  la Â« menace Ă©mergente Â» que reprĂ©sentent les drogues de synthèse, dont les cathinones, groupe dont fait partie la Monkey Dust.

De son nom scientifique méthylènedioxypyrovalérone (abrégé MDPV), ce produit particulièrement addictif se présente sous la forme d’une poudre blanchâtre qui peut être sniffée, fumée dans une pipe, avalée ou injectée. Il a commencé à être vendu comme drogue de synthèse en 2004 aux États-Unis.

Jusqu’à son interdiction dans le pays au dĂ©but des annĂ©es 2010, les consommateurs amĂ©ricains pouvaient acheter des produits Ă©tiquetĂ©s comme sels de bain et contenant du MDPV. Du fait de la mĂ©connaissance de sa composition, la Monkey Dust a un temps Ă©tĂ© qualifiĂ©e de Â« drogue du zombie Â», avant que ce qualificatif ne dĂ©signe finalement d’autres drogues de synthèse, retrace l’Observatoire des drogues et des tendances addictives.

« Drogue de prĂ©dilection pour les personnes dĂ©munies Â»

La Monkey Dust a des effets comparables Ă  ceux de la cocaĂŻne ou des amphĂ©tamines : le produit agit comme un puissant stimulant et diminue la perception de la douleur pendant quelques heures. Mais au-delĂ  de ses effets euphorisants, la MDPV provoque aussi des hallucinations, voire une sĂ©vère paranoĂŻa, augmente l’agressivitĂ© et les comportements violents. Particulièrement addictive, cette drogue incite Ă©galement Ă  consommer toujours plus, au risque de l’overdose.

Autre caractĂ©ristique prĂ©occupante : son faible coĂ»t. Â« Son prix est très bas, notamment comparĂ© Ă  d’autres drogues illicites, ce qui en fait une drogue de prĂ©dilection pour les personnes dĂ©munies dont les difficultĂ©s financières peuvent aggraver leur consommation Â», alerte le centre britannique de traitement des addictions sur son site.

L’arrivée de ce produit particulièrement addictif et peu cher en France a de quoi inquiéter au vu de la situation de certains pays étrangers. Dans le centre de l’Angleterre, la Monkey Dust constitue un véritable fléau autour de la localité de Stoke-on-Trent. Depuis que cette drogue de synthèse a commencé à s’y répandre, en 2018, plusieurs cas de consommateurs commettant des actes de criminalité ont été rapportés.

Dans une moindre mesure, la Belgique est Ă©galement touchĂ©e. Après une vaste opĂ©ration de saisie et d’arrestations, dĂ©but 2024, le parquet de Flandre-Orientale a tenu Ă  mettre en garde contre les Â« rĂ©percussions graves sur la santĂ© physique et mentale Â» de la consommation de MDPV, mĂŞme Ă  petite dose.

Source

Ardèche : Le succès de son miel bio Ă©tait dĂ» Ă  la plantation de cannabis de son voisin


AUBENAS (07) – 850 pots sur liste d’attente : Rémy P est un apiculteur dépassé par son
succès, où plutôt était car sa production vient d’être stoppée net par les autorités
ardéchoises.

Son miel contenait en effet une quantité importante de THC (tétra-hydrocannabinol), le composé psycho-actif du cannabis, estimée selon un expert local à « un
quart de joint bien chargé par tartine».

D’où provenait cette substance illégale ? De la plantation tout aussi illégale de son voisin, qui sous couvert de cultiver la châtaigne maintenait également un cheptel de près de 200 pieds de cannabis, cachés parmi les arbres et autres végétaux de son domaine de plusieurs hectares. «Lesabeilles
devaient butiner les plantes du voisin, au lieu de butiner les châtaigners.. » conjecturait le jeune apiculteur lors d’un point presse. Une abeille butinant un plant de cannabis ardéchois

Un café, du pain… et de la Skunk !
C’est un père de famille albenassien qui a découvert le pot-aux-roses en faisant passer un bilan sanguin à ses deux enfants de 7 et 9 ans. « Théo et Théa sont habituellement des enfants très excités, leur mère et moi avons beaucoup de difficultés à canaliser leur énergie. Mais depuis quelques temps, ils étaient très calmes…

Trop calmes même; Théo s’est mis à écouter du Sinsemilia dans sa chambre et un dimanche, Théa a regardé une motte de beurre fondre pendant 3 heures d’affilé, en rigolant. On s’est beaucoup inquiétés » déclarait-il, admettant que lui-même et sa femme avaient également développé « un certain penchant »
pour ce miel.

Fini la lune de miel
Mais beaucoup se félicitent de l’arrêt de la production du « space miel », ce n’est pas le cas de tous les consommateurs, à l’instar de Jean-Tristan, 45 ans, l’un des plus gros clients de Rémy qui lui se déclare très déçu. « Avec ce miel je me sens beaucoup mieux, je n’ai plus mes douleurs matinales, je suis de meilleure humeur et j’avais même arrêté de boire ! Là, je sais pas ce que je vais devenir.. j’étais à un demi-pot par jour, arrêter d’un coup va être dur, très dur.. » confiait-il, ajoutant que « si les abeilles trouvent ça bon, c’est que ça peut pas être mauvais pour nous ».

Examiné en laboratoire, ce miel spécial s’est révéléparticulièrement concentré en molécules psycho-actives, comme le résume Océane, une jeune lycéenne, consommatrice malgré elle :
«Les miels, il y en a des clairs, il y en a des foncés. Avec celui-là c’est clair : t’es défoncé !»

Même son de cloche pour Lucette, 78 ans, qui restera longtemps nostalgique de ce « miel
magique », qu’elle et ses amies consommaient régulièrement en début de soirée, sous forme
de « grog » ou dans la tisane : « Nos parties de Scrabble ne seront plus aussi amusantes; moi ça m’est bien égal ce qu’ils mettaient dans ce miel tant que c’est bio, comme ils disent. Ah si vous aviez vu nos parties ! Qu’est-ce qu’on a ri ! Et pis on osait en mettre des mots coquins ! Je peux vous le dire, une fois j’ai tellement ri avec le mot que la Nini a posé que je me suis fait dessus ! Mon Dieu, quelle rigolade ! ».

Même si la justice n’a pas encore tranché, Rémy P ne pense pas être inquiété, contrairement à son voisin qui a déjà été incarcéré : « Je suis un apiculteur moi, pas un dealer. Si je deviens responsable des faits et gestes de chacune de mes abeilles alors on va où là ? ». Réponse le 18 avril prochain au tribunal d’Aubenas.

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