Une vaste étude américaine montre qu’un usage de cannabis une ou deux fois par mois est déjà associé à de moins bons résultats scolaires et à une détresse émotionnelle accrue. Jusqu’où ces joints occasionnels peuvent-ils peser sur leur avenir ?
À l’heure des repas prolongés et des verres qui se remplissent plus vite, l’alcool redevient un facteur central de drames évitables. En Europe, un décès sur trois lié à des blessures est attribuable à la consommation d’alcool, a averti mercredi la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Sur les 145 000 morts en Europe dues à des blessures recensées en 2019, la part liée à l’alcool reste écrasante, qu’il s’agisse d’accidents de la route, de chutes, de violences ou d’actes d’automutilation – un bilan que les fêtes de fin d’année risquent encore d’alourdir.
Selon l’OMS, aucune autre substance psychoactive ne contribue autant aux blessures accidentelles et intentionnelles, qu’elles soient fatales ou non. L’Europe affiche d’ailleurs les niveaux de consommation d’alcool les plus élevés au monde. L’agence estime que l’alcool y provoque environ 800 000 décès par an, soit un décès sur onze.
« L’alcool est une substance toxique qui non seulement provoque 7 types de …..
Qu’arrive-t-il à notre terroir, d’où jaillissent des Bordeaux savoureux, des cognacs exportés par milliers, et des hectolitres de bières engloutis à chaque « happy hour » ?
La crise de l’alcool atteint désormais une ampleur qui inquiète les industriels, ravit les acteurs de santé publique, et passionne les sociologues.
De plus en plus de voix s’élèvent en faveur de la légalisation de certaines drogues « douces » afin de lutter contre le trafic de stupéfiants. Nous avons écrit plusieurs fois, en prenant des exemples dans les Etats américains, que cela ne résoudrait rien. Les dealers sont prompts à s’adapter. Ils ne ferment pas boutique du jour au lendemain, ils vendent d’autres produits, fort probablement plus durs et plus dangereux. De surcroît, on ne le dit pas assez, les prétendues drogues « douces » ne le sont pas vraiment. Aux Etats-Unis, la consommation de cannabis a considérablement augmenté lorsqu’il est devenu plus accessible et mieux accepté.
Tour d’horizon des pays les plus concernés par l’usage des principales drogues qui circulent en Europe.
Des chiffres inquiétants. Selon les dernières estimations, près de 90 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans ont déjà consommé du cannabis, 17,2 millions de la cocaïne et 14,1 millions de l’ecstasy (MDMA). Une problématique majeure de santé publique à laquelle l’Union européenne tente de répondre par une stratégie renforcée.
La Commission européenne a présenté, le 5 décembre dernier, un plan d’action en matière de drogues ciblant notamment le trafic. L’objectif est d’apporter une réponse coordonnée aux enjeux sécuritaires, sanitaires, sociaux et environnementaux liés à la production, à la circulation et à la consommation de substances illicites.
En 2023, environ 7.500 décès liés aux drogues ont été recensés dans l’Union européenne, soit un taux de 24,7 morts par million d’habitants âgés de 15 à 64 ans. Mais qui consomme le plus en Europe ?
le Cannabis
Le cannabis demeure, de loin, la substance la plus consommée sur le continent, indépendamment des cadres juridiques nationaux, qu’il soit interdit, dépénalisé ou autorisé. Plus d’un adulte sur quatre en Europe, soit environ 90 millions de personnes, en a déjà fait usage au cours de sa vie.
La France arrive en tête, avec 50,4 % des adultes concernés, devant l’Espagne (43,7 %) et le Danemark (37,6 %). Chez les jeunes Européens âgés de 15 à 34 ans, près de 15,5 millions déclarent avoir consommé du cannabis au cours de l’année écoulée, soit plus d’un sur sept. Les niveaux varient fortement selon les pays, allant de 3,4 % en Hongrie à 21,5 % en Italie.
Globalement, la consommation apparaît plus répandue en Europe de l’Ouest et du Nord qu’à l’Est.
la Cocaïne
La cocaïne constitue la deuxième drogue la plus consommée dans l’UE. Près de 2,7 millions de jeunes adultes en auraient pris au moins une fois au cours de l’année passée. Le rapport 2025 de l’Agence européenne pour les drogues fait état d’un nouveau record de saisies, avec 419 tonnes interceptées en 2023, pour la septième année consécutive.
Les usages varient sensiblement d’un État membre à l’autre. En termes de consommation au cours de la vie chez les 15-64 ans, l’Espagne affiche les taux les plus élevés (13,3 %), suivie de la France et du Danemark (9,4 %). À l’inverse, la Pologne (1,5 %) et Malte (0,5 %) enregistrent les niveaux les plus faibles.
la MDMA et les amphétamines
Selon l’Enquête européenne en ligne sur les drogues 2024, menée auprès de consommateurs, la MDMA figure parmi les substances les plus fréquemment utilisées.
Environ 4,1 % des Européens âgés de 15 à 64 ans déclarent avoir consommé des amphétamines au cours de leur vie, avec des pics observés en Estonie (8 %) et au Danemark (7,9 %). Parmi les jeunes, 1,6 % en ont pris au cours des douze derniers mois, une proportion qui atteint 5,1 % en Estonie.
L’ecstasy (MDMA) connaît également une progression. Plus de 5 % des Européens y ont déjà eu recours, tandis que 2,6 % des 15-34 ans en ont consommé récemment. Les niveaux les plus élevés chez les jeunes sont relevés aux Pays-Bas (9,3 %) et en République tchèque (6,6 %).
Il a longtemps été considéré que boire un verre de vin rouge par jour était bénéfique pour la santé. Mais les spécialistes affirment désormais que tout bénéfice serait annulé par les risques.
Fumeurs du soir, anciens trafiquants, toxicomanes malchanceux… Ils consomment à petite ou grande dose et refusent, souvent, de se voir comme un maillon du trafic. « Ceux qui dealent connaissent les risques », disent ces hommes envoyés par la justice à un stage de sensibilisation aux dangers des stupéfiants à Nantes, auquel Ouest-France a assisté. Ils racontent une France où le cannabis est devenu banal. Comme la violence du narcotrafic. er