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Quand un chat mange du cannabis…..

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Soyons abstèmes, c’est à dire néphalistes

Pr. Jean Costentin

Professeur en pharmacologie à la faculté de Rouen, il dirige une unité de recherche de neuropsychopharmacologie associée au CNRS

Le « dry january » veut inciter à une mise à sec durant ce mois de janvier ; à sec d’alcool faut-il le préciser.». Dire en français «En Janvier-abstinence alcoolique »  sera compris de tous et précisera que cette abstinence vise les boissons alcooliques de tous types et de tous degrés.

Les termes néphaliste (du grec ancien qui signifie sobre) et abstème (du latin abstemius, qui signifie également sobre), moins familiers qu’abstinent, pourraient opportunément enrichir notre vocabulaire.
Cette « abstinence alcoolique de janvier » peut paraître rigoureuse au pays qui compte 4 à 5 millions d’alcoolodépendants, dont quelques centaines de milliers d’alcooliques ; rigueur qui se mesure au faible degré d’adhésion de nos concitoyens (l’auteur de ce billet avoue qu’il ne s’y est pas résolu, alors que
le mois touche à sa fin) Une ambition encore plus sévère serait de vouloir éradiquer en permanence la consommation excessive d’alcool ; c’est par réalisme qu’on a précisé « excessive ».

La communication est un élément majeur au service de cette quasi révolution. Elle évolue progressivement. Elle a remplacé l’assertion «l’abus d’alcool est dangereux» par « l’alcool est dangereux ». Elle a revu à la baisse les niveaux jugés raisonnables de la consommation de vin, la faisant passer de « 3
verres de vin par jour chez l’homme et deux verres chez la femme », à « deux verres par jour chez l’homme et à un verre chez la femme », et ajouté « pas tous les jours » !

Cette ambition est justifiée par les multiples méfaits de l’alcool, source d’énormes dépenses. Les taxes prélevées sur son négoce loin de compenser les dépenses induites par sa consommation, créent un déficit budgétaire annuel de 102 milliards d’euros !

Quarante-deux mille décès sont imputés annuellement à l’alcool, qui est la deuxième cause de mort évitable, après le tabac, auquel il est communément associé. Avant d’arriver au décès, ou même sans en arriver là, il faut déplorer maints accidents : routiers (1/3 des accidents mortels lui sont imputables) ; professionnels ; des agressions, des violences diverses ; des maladies hépatiques, des cancers, des altérations nerveuses et/ou cérébrales ; des ruptures sentimentales, familiales, professionnelles ; des marginalisations, incuries, clochardisations…

Mais la mise en œuvre de ces ambitions se brise sur des réalités économiques : 500.000 de nos concitoyens tirent leurs revenus des boissons alcooliques  (vignerons ; cultivateurs de céréales pour le malt et de houblon pour l’industrie de la bière ; industries de transformation en bières, cidres,
poirés, vins, champagnes et crémants, apéritifs et spiritueux ; leur transport ; leur commerce, ainsi le chiffre d’affaire des boissons alcooliques de grandes surfaces avoisine 10% dans certains quartiers, ce qui signifie que 10% de leur personnel est rémunéré par ces boissons ; les fonctionnaires du ministère de
l’agriculture préposés à la filière des productions alcooliques….).

Que faire dans un tel contexte ?
Éduquer !
Faire connaître tous ces chiffres à tous
Repenser le stéréotype liant la notion de fête à celle d’alcoolisation, inculqué dès l’âge du Champomy.
Rappeler que l’alcool est un des moyens les plus communs de soumission chimique.
Faire une prévention des alcoolisations aigües /« binge drinking »/ « biture expresse », aussi fréquentes qu’étrangères à la fête ; puisque s’échapper dans un coma alcoolique revient assurément à la fuir.

Celui qui y recourt s’empêche de concrétiser le projet qu’il avait pu concevoir avec la mignonette qu’il avait amené danser… Ces bitures expresses peuvent conduire à une inhalation du liquide gastrique dans les voies respiratoires (le syndrome de Mendelson, létal dans près de 50% des cas).La répétition de ces alcoolisations aigües peut avoir des effets cérébro-toxiques et faire, au long cours, le lit de l’alcoolisme.
Outre ces intoxications aigues, l’abus chronique d’alcool, allant habituellement crescendo, conduit à la dépendance puis à l’alcoolisme.
L’alcool est une « drogue dure », un sevrage brutal chez l’alcoolique peut mettre ses jours en danger (delirium tremens a potu suspenso) ; relisez la mort de Coupeaux (le mari de Gervaise) dans le roman de Zola.
Excepté chez ceux qui « ont le vin triste », l’alcool fait rire quand on en consomme et même seulement quand on en parle.

«Quelle mâle gaieté si triste et si profonde, que lorsque qu’on vient d’en rire, on devrait en pleurer!» Alfred de Musset.

Pr. Jean Costentin

« La coke c’est vicieux parce que j’en veux toujours plus » : l’addiction à la cocaïne, un fléau qui n’épargne aucune génération

lignes cocaine coke drogue
. • ©Getty

Plus d’un million de personnes déclarent avoir consommé de la cocaïne au moins une fois en 2023 en France.

Presque 40 % des 14-19 ans ont déjà testé le cannabis en 2021 à Saint-Pierre et Miquelon. Cocaïne ou cannabis, nous avons recueilli des témoignages de consommateurs et de proches pour l’émission À la une consacrée aux drogues.

Marie Paturel • Publié le 31 janvier 2025

« Je prends de la cocaïne parce que je suis accro. Quand je la consomme j’ai l’impression d’être complet(e)… mais ça dure 10 minutes et j’en veux d’autre, j’en veux plus.«  C’est toute la difficulté exprimée par une personne consommatrice de cocaïne. 

Obtenir ces témoignages à Saint-Pierre et Miquelon n’est pas toujours simple. Encore moins en tant que journaliste, encore moins quand on ne sait pas forcément à qui s’adresser, encore moins sur un sujet comme les drogues. Après avoir garanti l’anonymat et gagné leur confiance, quelques personnes ont accepté de se livrer. 

On boit un verre et là quelqu’un va en sortir [de la cocaïne]. Tout le monde attend ce petit moment et ça finit toujours par « bon okay juste 2 traces ». En réalité, on en prend 4, voire plus.Personne consommatrice de cocaïne

Contrairement à certains consommateurs avec qui nous avons parlé, cette personne n’est pas dans le déni face à son addiction. Un déni évoqué dans cet autre échange, avec quelqu’un qui n’a jamais consommé de drogues : « Moi on m’a déjà dit : ça va j’ai juste pris de la coke hier soir c’était tranquille… et là si tu dis quelque chose t’es une personne chiante, surtout si t’en as jamais pris. »

Bon courage pour trouver des amis qui ne consomment pas de drogue, en tout cas dans les gens qui font souvent la fête.Personne non-consommatrice de drogues illicites

La cocaïne, une drogue à 150 euros le gramme devenue banale

Si cette banalisation de la cocaïne existe à Saint-Pierre et Miquelon, sa consommation a explosé partout. En France, plus d’un million de personnes déclarent en avoir consommée au moins une fois en 2023. Un chiffre qui a presque doublé en seulement deux ans. Dans l’archipel, 42 % des 14-19 ans en ont déjà testée, selon une enquête de 2021 menée par le CSAPA (Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie). 

« J’ai vu des gens de 20 à 50 ans environ prendre de la coke ». Alors, est-ce que c’est facile de se procurer de la cocaïne sur le territoire ? « Visiblement tout le monde en a, donc c’est que ça doit être facile. Quand il n’y en a pas c’est qu’il y a eu des descentes de flics ou que tout a été consommé », nous a-t-on confié. 

La drogue ça devient une dépense normale. Personne consommatrice de cocaïne

Pourtant, cette consommation coûte cher, très cher. 150 euros le gramme à Saint-Pierre et Miquelon. « Pour sortir je prévois des clopes, de l’alcool et souvent 1 gramme de coke. »

La santé mentale, une préoccupation pour consommateurs et proches

En France, le nombre de 18-24 ans ayant eu des pensées suicidaires a été multiplié par plus de 2 depuis 2014. Un public également touché au niveau local, comme le démontrent ces chiffres de l’étude Santé Publique France de 2020 :

  • 25,6 % ont vécu au moins un épisode dépressif caractérisé 
  • 19,2 % ont eu des pensées suicidaires
  • 11,8 % ont fait au moins une tentative de suicide 

À noter que les personnes interrogées dans cette enquête ne sont pas forcément consommatrices de drogues.

Pour moi le problème arrive quand l’addiction prend le contrôle de sa vie et ça m’inquiète !Proche d’une personne consommatrice de cannabis

Mais la santé mentale et l’usage de stupéfiants vont souvent de pair, comme le démontre ce témoignage d’un proche d’une personne consommatrice de cannabis : « J’ai conscience que sa consommation n’est pas forcément le vrai problème, ça cache sûrement un mal-être plus profond. Si les effets du cannabis peuvent procurer un certain confort psychologique, peut-être moins nocifs que des antidépresseurs, alors pourquoi pas, la question se pose. Je ne sais jamais dans quel état je vais retrouver cette personne. Normale ? Agressive ? Elle ne contrôle pas ses émotions. »

À noter que dans l’archipel 39,9% des adolescents de 14 à 19 ans ont déjà expérimenté au moins une fois le cannabis, selon une enquête du CSAPA de 2021. Cet usage du cannabis s’inscrit majoritairement dans un cadre festif. 

Pour une personne consommatrice de cocaïne, la santé mentale fait aussi partie de ses inquiétudes. « Mon premier frein pour arrêter c’est ma santé physique et mentale. Des fois j’ai des angoisses… et puis tu ajoutes la clope et l’alcool, je suis parfois dans un état pitoyable. »

L’ambiguïté entre arrêter et continuer

Mais ces personnes consommatrices ne souhaitent pas arrêter la drogue. Les addictions l’emportent. Le cannabis est souvent perçu comme le seul remède pour apaiser, pour rassurer. Pour d’autres : « Arrêter la coke c’est aussi difficile que d’arrêter la clope ou l’alcool, mais pour des raisons complètement différentes. » 

Je me sens complètement démuni(e) et affecté(e).Proche d’une personne consommatrice de cannabis

Face à cette addiction, les proches se sentent impuissants : « Je me renseigne pour l’aider mais tant qu’elle n’est pas prête à faire les démarches, rien n’est possible ». S’ajoute à cela le manque d’anonymat à Saint-Pierre et Miquelon. « Ça joue sur ses angoisses et cette personne a peur d’être dénoncée aux gendarmes en tant que consommateur ». 

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Voici les 10 villes où l’on boit le plus d’alcool en Europe (et Paris est beaucoup plus sage qu’on ne l’imagine)

Alors que l’Europe reste l’endroit sur terre où la consommation d’alcool est la plus importante, quelles sont les villes les moins sobres ?

Cyprien Tardieu

ven. 31 janvier 2025

Voici les 10 villes où l’on boit le plus d’alcool en Europe (Crédit : Getty Images)

La consommation de boissons alcoolisées baisse partout dans le monde et la France n’échappe pas à cette tendance généralisée. La part des adultes qui déclarent ne pas consommer d’alcool chaque semaine est désormais de 61%, contre 37% en 2000, d’après les chiffres fournis par la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Le Dry January, qui consiste à s’accorder une pause dans sa consommation d’alcool le premier mois de l’année, amplifie ce phénomène. Malgré tout, l’Europe reste l’endroit sur terre où la consommation d’alcool est la plus importante.

Pas de surprise sur le podium

Mais dans quelle ville boit-on le plus ? En se basant sur plusieurs critères tels que la quantité d’alcool moyenne consommée par habitant, le nombre d’établissements nocturnes ou le prix d’une pression, Holidu, plateforme de recherche de locations de vacances, a établi son classement. Sans surprise, Prague se hisse en tête du palmarès des villes les moins sobres d’Europe. Dans la capitale tchèque, le prix moyen à payer pour une boisson houblonnée de 0,5L s’élève à 2,27€. Exaspérée d’attirer de nombreux visiteurs ayant pour seul objectif de s’enivrer, la municipalité a pris la décision en octobre dernier d’interdire la tournée des bars organisée par certaines agences de voyage pour inciter des touristes plus « cultivés » et plus « riches » à visiter Prague.

À LIRE AUSSI >> Les pays où la bière est moins chère que l’eau

« Personne ne se verra interdire d’aller dans un pub mais ces tournées organisées tous les soirs ne sont pas nécessaires », a réagi le directeur de l’association locale des hôtels et restaurants Vaclav Starek auprès de l’AFP. Réputée pour ses nombreux pubs, Dublin se classe deuxième même si le prix moyen de la bière est trois fois plus élevé qu’à Prague. Berlin, connue pour être la capitale européenne de la fête, a fait de la vie nocturne un puissant aimant à touristes. Elle se classe troisième.

5 villes allemandes dans le top 10

Dans le top 10 des villes les plus fêtardes d’Europe, on trouve pas moins de cinq villes allemandes. Après Berlin, deuxième, viennent Hambourg, troisième, Francfort, septième, Cologne, huitième, et Stuttgart, neuvième. Deux villes baltes figurent aussi au classement : Vilnius (Lituanie), quatrième, devance d’une courte tête sa voisine Riga (Lettonie).

Les 10 villes les moins sobres d’Europe :

  1. Prague (république tchèque)
  2. Dublin (Irlande)
  3. Berlin (Allemagne)
  4. Hambourg (Allemagne)
  5. Vilnius (Lituanie)
  6. Riga (Lettonie)
  7. Francfort (Allemagne)
  8. Cologne (Allemagne)
  9. Stuttgart (Allemagne)
  10. Sofia (Bulgarie)

Stockholm, la plus sage

En quête d’une destination pour ne pas être tenté par les fêtes arrosées ? Stockholm a été désignée « ville la plus sobre » du continent. Il faut dire que le tarif moyen d’une pression de 0,5L s’élève à 6,80€ dans la capitale suédoise. De quoi refroidir les plus assoiffés. Stockholm n’est pas non plus réputée pour sa vie nocturne avec seulement 5% d’activités liés à la nuit recensées, le plus faible taux de toutes les villes étudiées.

Les Italiens sont parmi les consommateurs d’alcool les plus raisonnés d’Europe puisque derrière Stockholm suivent des villes italiennes : Rome, Milan et Naples. L’alcool ne coule pas vraiment à flots non plus à Athènes, La Haye, Helsinki et Rotterdam. À Oslo non plus, sans doute à cause du prix du verre de bière qui flirte avec les 9 euros. Paris, où les tarifs peuvent aussi être prohibitifs, arrive dixième. La Ville Lumière devance Marseille et Lyon.

Les 10 villes les plus sobres d’Europe :

  1. Stockholm (Suède)
  2. Rome (Italie)
  3. Milan (Italie)
  4. Naples (Italie)
  5. Athènes (Grèce)
  6. La Haye (Pays-Bas)
  7. Helsinki (Finlande)
  8. Rotterdam (Pays-Bas)
  9. Oslo (Norvège)
  10. Paris

Comment l’être humain a apprivoisé l’alcool : voyage depuis la préhistoire

Les premières traces d’une production d’alcool remontent à 13 000 ans. Elle était probablement liée à des rituels. Identifié comme un fléau social, surtout à partir du XIXe siècle, l’alcool est combattu par les sociétés de tempérance. Mais les récits d’ivresse accompagnent la mémoire des hommes.

La grande bacchanale avec une femme jouant du luth : un tableau de 1628 du peintre français Nicolas Poussin.
La grande bacchanale avec une femme jouant du luth : un tableau de 1628 du peintre français Nicolas Poussin. | PHOTO12 VIA AFP

Ouest-FrancePhilippe RICHARD. Publié le 31/01/2025 

Nul ne sait vraiment quand l’Homme a découvert l’alcool, ni comment il a commencé à en produire. La confrontation a dû être précoce, soulignent les spécialistes du Muséum d’Histoire naturelle. Certains grands singes consomment des fruits fermentés naturellement, et recherchent cette sensation d’ivresse.

Des pépins de raisin vieux de 500 000 ans ont été trouvés sur des sites archéologiques, notamment français, mais rien n’atteste qu’ils ont servi à réaliser des boissons fermentées. Et la domestication de la vigne (comme des céréales) a eu lieu bien plus tard, entre -10 000 et -5 000 ans, dans le Croissant fertile (Proche et Moyen-Orient).

Une bière de riz

En Chine, des traces de bière de riz ont été identifiées dans des céramiques vieilles de 10 000 ans, sur le site archéologique de Shangsan. Selon les chercheurs américains de l’Institut de Stanford, à qui l’on doit cette découverte toute récente – décembre 2024 -, cette boisson fermentée devait jouer un rôle notable dans les cérémonies, et cette fonction psychoactive pourrait avoir joué un rôle dans le développement de la culture du riz dans la Chine ancienne.

Quelques années plus tôt, en 2018, un groupe d’archéologues, toujours menés par une équipe de Stanford, avait identifié les plus anciennes traces de brassage au monde, dans une grotte israélienne utilisée pour des rites funéraires il y a 13 000 ans. Cette découverte d’usage précoce de céréales fermentées contredisait la théorie, alors majoritaire, de l’apparition de la bière comme produit secondaire de la production de pain, il y a environ 5 000 ans.

Avant d’être un produit de consommation festive et séculière, il est probable que l’alcool, comme les autres produits psychotropes, ait été utilisé dans un cadre rituel. Ce qui n’exclut pas toujours la dimension festive. Déchiffré sur une tablette mésopotamienne découverte en Syrie, l’Hymne à Ninkasi, déesse suméro-akkadienne de la bière, suivi d’une véritable « chanson à boire », est ainsi un texte littéraire décrivant les étapes techniques du brassage. Il date d’il y a 4 000 ans mais pourrait être une reproduction de tablettes sumériennes plus anciennes.

Et si la modération était professée par de grands penseurs grecs antiques, comme Platon, la consommation immodérée de vin était au cœur des excès des fêtes dionysiaques (chez les Grecs) et des bacchanales (romaines, en l’honneur de Bacchus).

Rituel ou interdit

Un prêtre catholique célèbre la messe. | WIDEONET – STOCK.ADOBE.COM

L’usage du vin reste central dans la célébration catholique. Selon la Bible, lors de la Cène, Jésus aurait annoncé à ses apôtres que la nouvelle alliance avec Dieu serait consacrée par le sacrifice de son corps et par le sang versé. La Cène est rejouée lors de la célébration de l’Eucharistie. Sans remettre en cause l’usage du vin de messe, la Réforme rejette le principe de la transsubstantiation (que le vin consacré devienne vraiment le sang du Christ). Le vin est intégré dans de nombreux rituels de la religion juive et sa consommation elle-même ritualisée. L’alcool est, par contre, explicitement prohibé dans des sourates du Coran. Quant au bouddhisme, l’un de ses cinq principes, est, au-delà de l’alcool, de ne pas prendre de substance altérant l’esprit…

En Occident, les mouvements anti-alcooliques prolifèrent au XIXe siècle, avec une médicalisation et une psychiatrisation de l’alcoolisme (et l’apparition du mot : on parlait jusqu’alors d’ivrognerie). Mais aussi, à la même période, le développement d’un discours œnologique.

Dans un livre assez étonnant, L’ivresse de la Révolution, publié en 2021, le psychiatre et alcoologue Michel Craplet avait pointé le rôle de l’alcool dans les moments les plus extrêmes de la Révolution française. L’ivresse comme source de dérèglement social, sans qu’il atteigne les sphères révolutionnaires, est une des raisons de la création de sociétés de tempérance.

Société de tempérance

Une affiche de l’Union des Françaises contre l’alcool,
créée en 1916 et dissoute en 1940.
UNION DES FRANÇAISES CONTRE L’ALCOOL

Les premières apparaissent au XVIe siècle dans le Palatinat (un État de l’ouest de l’actuelle Allemagne). Elles se développent dans ce qui était encore les colonies britanniques d’Outre-Atlantique puis dans les nouveaux États américains, où un discours sur la Prohibition se développe à partir des années 1830.

En France, rappelle l’alcoologue Mickaël Naassila dans un ouvrage sorti début janvier (J’arrête de boire sans devenir chiant) : « La première association de tempérance antialcoolique de France a vu le jour à Amiens en 1835, fondée par le pasteur protestant Robert Wodrow.

Cette initiative marqua le début d’un mouvement social important, visant à lutter contre le fléau grandissant de l’alcoolisme, qui sévissait particulièrement parmi les classes populaires. À partir de cette première initiative, d’autres associations de tempérance se développèrent rapidement à travers le pays, notamment sous l’impulsion des Églises protestantes et de certains mouvements laïques. »

Mais le vin gardera longtemps en France (l’a-t-il perdu ?) une dimension symbolique, identitaire. La ration de « pinard » est versée quotidiennement aux Poilus de la Première Guerre mondiale. Elle est aussi promue par Vichy comme un élément de l’identité française. Et ce n’est qu’en 1956 que le président du Conseil, Pierre Mendès-France, interdit la distribution d’alcool aux enfants, dans les cantines des collèges.

Récits d’ivresse

L’imaginaire de l’alcool et de l’ivresse reste particulièrement riche. L’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe, qui a sorti plusieurs ouvrages sur l’ivresse, a basé tout son travail sur les récits : « Les récits d’ivresse émaillent de façon récurrente et secondaire, en tant que contexte événementiel banal et aléatoire, les romans, mémoires, témoignages judiciaires, descriptions cliniques, articles de presse et autres écrits. »

Elle constate dans un entretien de 2016 : « Le plus souvent, un même rapport au temps se dégage, comme une même phrase musicale : l’ivresse collective commence doucement, elle métamorphose le paysage sonore qui enfle et toute l’atmosphère du moment, elle monte en intensité jusqu’à une acmé qui souvent voit s’accroître les mobilités et les performances burlesques, parfois dangereuses, surtout lors des nuits festives de la jeunesse. Et tout retombe dans le sommeil de l’ivresse, plus profond que le sommeil ordinaire, qui fait « rouler sous la table » et tomber dans le fossé le buveur trop « gris » ou complètement « noir »». Au réveil, constate-t-elle, il est tentant pour le buveur d’attribuer ses actions en état d’ivresse à cet autre que soi qu’est le buveur ivre. Dans son Dico de la cuite, sorti en 2021, le journaliste nantais Stéphane Pajot, égrène lui aussi les termes imagés qui accompagnent le trop-boire.

Si la consommation de grandes quantités d’alcool est essentiellement profane, en France comme dans le monde, l’ivresse à fins rituelle existe encore. Dans un livre lui aussi publié en 2021, Boire avec les morts, l’anthropologue Céline Geffroy a étudié l’ivresse rituelle et collective de populations paysannes andines pour entrer en contact avec les morts : « C’est à travers la boisson alcoolisée que les hommes font entendre leurs requêtes auprès de ces entités non-humaines, car ce n’est qu’en état d’ébriété avancée que l’on peut dialoguer avec elles, qu’elles nous apparaissent en alter ego »…

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Drogue: Les Consultations jeunes consommateurs (CJC), une aide aux jeunes et à leur entourage

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L’objectif de ces consultations est d’accueillir des jeunes consommateurs en questionnement sur leur consommation, ainsi que leur entourage. Le principe est de faire le point, éventuellement de proposer une aide, avant que la consommation ne devienne problématique.

Toutes les problématiques d’addiction peuvent être abordées dans ces lieux : l’usage d’alcool, de cannabis, la pratique de jeux vidéo ou de l’utilisation d’Internet.

Des lieux ouverts et confidentiels

Présentes dans la quasi-totalité des départements français, ces consultations proposent un accueil gratuit et confidentiel. Elles se déroulent au sein des Centres spécialisés d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ou dans des lieux spécialisés dans l’accueil des jeunes (Maisons des adolescents et Points accueil écoute jeunes).

Les jeunes peuvent s’y rendre seuls ou accompagnés de leur parent ou d’un proche. Les parents peuvent également être reçus avec ou sans le jeune concerné.

Reportage CJC


Une prise en charge sur mesure pour les jeunes…

Bien que s’adressant principalement à des jeunes entre 12 et 25 ans, selon leur problématique, des personnes plus âgées peuvent également être accueillies dans ce cadre.

Le premier entretien est généralement consacré à l’évaluation de la situation du jeune et au bilan de sa consommation. Au-delà du regard porté sur la problématique de consommation, la situation du jeune est évoquée dans sa globalité. Peuvent être abordés la scolarité, les liens familiaux et amicaux, le mal-être éventuel, la santé, etc.

Suite à cette étape d’évaluation de la situation, le professionnel et le jeune s’orientent de façon conjointe vers la prise en charge la mieux adaptée. L’arrêt de la consommation ou la réduction de celle-ci pourront être envisagés. Si d’autres difficultés émergent au cours des entretiens, une prise en charge complémentaire pourra être proposée.

L’accompagnement peut se poursuivre durant une période plus ou moins longue selon la situation du jeune.

… et pour leur entourage

L’entourage est reçu au sein de ces lieux comme un acteur à part entière. Il y trouvera un soutien, une écoute attentive et bienveillante ainsi que des informations précises sur les produits et sur les addictions.

En fonction de la problématique et de la relation avec le jeune concerné, l’accompagnement pourra se mettre en place avec l’entourage seul ou avec le jeune. La prise en charge peut prendre la forme d’une aide éducative, d’un soutien individuel ou d’une approche de groupe. Dans cette approche groupale, les parents confrontés à des difficultés similaires peuvent s’épauler en s’apportant leur expérience respective.

Pour trouver une adresse près de votre domicile, vous pouvez consulter la liste des consultations jeunes consommateurs : Cliquez ici

Le PTC ou Pète ton crâne, des cannabinoïdes inquiétants

Depuis l’hospitalisation de deux adolescents suite à la prise de PTC, on entend beaucoup parler de cette drogue. On fait le point :

Le PTC qu’est-ce que c’est ?

Difficile de dire précisément ce qui est vendu sous l’appellation PTC (Pète ton Crâne) mais il s’agit généralement d’un cannabinoïde de synthèse (ou cannabis de synthèse). Le PTC peut se présenter sous la forme de liquide pour vapoteuse ou être pulvérisé sur des mélanges de plantes séchées (appelés blend) que l’on fume. Parfois on le trouve aussi sous forme de poudre.

Le PTC contient des substances qui imitent les effets du cannabis. Il ne contient pas de THC, le principe actif à l’origine des effets du cannabis.

PTC Pète ton crâne, Buddha Blue, CEB… tout ça c’est du cannabis de synthèse

Des effets plus forts que le cannabis, des risques plus importants

Le PTC a des effets plus forts que le cannabis et peut être à l’origine d’effets secondaires inattendus comme des hallucinations, un sentiment d’anxiété, une agitation, une irritabilité.

Les intoxications récentes au « PTC » ont montré que ces drogues présentent aussi des risques plus importants :

–          Des troubles psychiatriques : crise de paranoïa, attaque de panique

–          Agressivité contre soi-même pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires.

–          Difficulté à bouger, vertiges, perte d’équilibre

–          Tachycardie et autres troubles du rythme cardaiaque

–          Surdose pouvant entraîne le décès.

Les produits vendus sous le nom de PTC peuvent être de compositions sensiblement différentes : certains sont parfois très dosés et présentent des risques élevés d’effets secondaires graves et de surdose.

Le PTC est aussi plus addictif que le cannabis et les usagers qui souhaitent arrêter d’en consommer peuvent être confrontés à des difficultés inattendues. Une aide extérieure peut être nécessaire.

Pour en savoir plus, consulter la fiche du Dico des drogues consacrée aux cannabinoïdes de synthèse

Des adolescents et jeunes adultes consommateurs 

Les intoxications récentes au PTC ont concerné des adolescents de 15 ans. Il semblerait que certaines consommations soient le résultat de défis lancés entre ados ou le résultat d’une pression sociale entre eux. Cependant des usages réguliers de ces substances semblent exister également.

Bien qu’ils soient pour la plupart interdits, les cannabinoïdes de synthèse s’achètent facilement sur internet. Ils sont proposés sous des noms attractifs (PTC, Buddha Blue…) et leur forme liquide qui peut être utilisée dans une vapoteuse passe inaperçue auprès des adultes.

Un mouvement inquiétant qui a déjà été pris en compte par certaines collectivités, à l’image de cette campagne d’information de la communauté d’agglomération de Bar-le-Duc Sud Meuse :

Source

Le sans alcool n’est plus une niche

11 millions d’alternatives sans alcool vendues en 2024 chez Delhaize

28/01/2025

Kobbeghem, le 28 janvier 2025 – La consommation d’alternatives sans alcool connaît une progression constante en Belgique. Avec 11 millions d’alternatives sans alcool vendues en 2024, Delhaize se positionne à l’avant-garde en répondant à cette demande croissante de ses clients. Grâce à un assortiment impressionnant de plus de 150 références non alcoolisées, dont 25 nouvelles introduites en 2024, Delhaize s’engage à offrir à ses clients des options variées et de qualité.  

Initiatives acclamées : Dry January et Tournée Minérale 

Les deux premiers mois de l’année voit la participation enthousiaste des Belges à deux initiatives majeures : Dry January et Tournée Minérale. Dry January, initié en 2013 par l’organisation britannique Alcohol Change UK, incite les participants à s’abstenir d’alcool durant le mois de janvier pour encourager une meilleure santé et briser des habitudes de consommation problématique.

Quant à Tournée Minérale, lancée en 2017 par la Fondation contre le Cancer en Belgique, elle fixe un défi similaire pour le mois de février et aide les participants à réfléchir à leur consommation d’alcool et à en constater les bienfaits. 

Un engagement constant 

Chez Delhaize, l’assortiment des alternatives sans alcool ne change pas spécifiquement pour cette période, malgré l’augmentation saisonnière de 10% de la demande. En effet, ce large assortiment est disponible toute l’année. Avec plus de 11 millions de bouteilles sans alcool vendues en 2024 grâce à un large choix parmi plus de 150 références non alcoolisées disponibles, Delhaize répond non seulement à la demande mais innove aussi chaque année.

L’enseigne au lion a notamment introduit 25 nouveaux articles en 2024 parmi les spiritueux, les bières et les mousseux. Pour la catégorie des vins sans alcool par exemple, il s’agit d’une augmentation de 16% par rapport à 2023 avec plus d’un million de bouteilles vendues. 

Tendance de ventes et impact 

Les périodes de vente les plus élevées pour les boissons sans alcool chez Delhaize sont évidemment les mois de janvier et février avec les initiatives Dry January et Tournée Minérale mais aussi la période des fêtes de fin d’année, entre la mi-novembre et la fin du mois de décembre. Plus surprenant, la période estivale entre mai et août rencontre également un pic important. 

Au cours des dernières années, Delhaize a su accompagner ses clients dans cette évolution de la consommation, en offrant à ses clients toujours plus d’alternatives savoureuses et innovantes sans alcool tout au long de l’année. 

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