Recherche

Auteur

cnpert

Pourquoi tant de personnes arrêtent de boire de l’alcool ? 

 

Cliquez ici pour écouter

Pourquoi l’alcool est encore plus dangereux l’été

Par des températures élevées, l’alcool déshydrate encore plus l’organisme. Les explications et les conseils du Dr Bernard Basset, président de l’association Addictions France.

Muriel Kaiser Muriel Kaiser

Après une rude journée de travail, vous n’avez plus qu’une idée en tête : retrouver vos amis en terrasse autour d’une bière, d’un verre de vin ou d’un cocktail. Mais savez-vous que vous ne courez pas les mêmes risques en buvant de l’alcool l’été que l’hiver ?

À l’origine déjà, « toutes les boissons alcoolisées déshydratent », explique le Dr Bernard Basset, médecin spécialiste en santé publique et président de l’association Addictions France. C’est d’ailleurs la déshydratation qui est à l’origine du mal de tête caractéristique du lendemain de soirée, par exemple.

Seule l’eau permet de s’hydrater

Problème : l’été, notre corps a déjà tendance à manquer d’hydratation en raison de la chaleur. Ajoutez-y un peu d’alcool, et vous vous retrouvez complètement déshydraté! Ne pensez donc pas qu’une bière bien fraîche vous permet de contrer les effets de la chaleur. Au contraire, elle les accentuent. 

« Ne buvez pas d’alcool si vous avez soif », préconise le Dr Bernard Basset.

Pour être en forme l’été, buvez-en en quantité et « lors de soirées festives, pensez à alterner entre verres d’alcool et verres d’eau », poursuit le spécialiste. Et de conclure : « de manière générale, limitez au maximum votre consommation d’alcool ».

Le Dr rejoint les recommandations de Santé Publique France « l’alcool c’est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours ».

Source

CANNABIS : Nouvelle mise en garde contre les effets neurologiques de l’exposition prénatale

On sait que le cannabis a principalement des effets délétères sur le développement du cerveau. Cette recherche d’une équipe de l’Université de Washington à Saint-Louis, publiée  dans la revue Nature Mental Health, apporte de nouveaux indices biologiques de ces effets néfastes, liés à l’exposition in utero. Létude souligne en particulier l’effet du cannabis de suppression de la neuroinflammation, un mécanisme qui n’est pas toujours néfaste, au cours du développement neurologique du foetus.

Car les scientifiques tentent toujours de comprendre comment le cannabis peut affecter le développement neurologique à long terme en cas d’exposition du fœtus in utero. La même équipe du laboratoire de recherche comportementale et d’imagerie neurogénétique (BRAIN) de de l’Université de Washington avait déjà découvert des associations entre l’exposition prénatale au cannabis et des problèmes de santé mentale pendant l’enfance et l’adolescence, mais les mécanismes biologiques sous-jacents restaient mal compris.

L’étude identifie et décrypte certains de ces mécanismes, les étapes biologiques intermédiaires qui aboutissent à ces dommages neurologiques liés à l’exposition prénatale au cannabis. Tenter d’éclairer cet impact à long terme de l’exposition au cannabis pendant la grossesse donc in utero est un défi. D’autant qu’il existe de nombreux facteurs de confusion pouvant également affecter, in utero, la santé neurologique et mentale et le comportement de l’enfant à naître.

Comment, par exemple, différencier la cause d’un trouble du comportement à l’adolescence entre un trait héréditaire ou des facteurs environnementaux, comme l’exposition au cannabis ? Enfin, les chercheurs soulignent également la prévalence croissante de la consommation de cannabis, notamment chez les femmes enceintes, consommation qui reste sous-déclarée.

La recherche a donc utilisé des méthodes statistiques permettant de « filtrer » la plupart de ces facteurs de confusion et d’identifier des mesures biologiques des effets directs de l’exposition prénatale au cannabis. L’analyse des données de l’étude ABCD (Adolescent Brain and Cognitive Development), un projet de recherche mené auprès de 12.000 enfants, des données de consommation de substances de chaque mère avant la naissance et des données de neuroimagerie des enfants aux âges de 9-10 ans puis de 11-12 ans, révèle que :

  • environ 370 sur les 12.000 enfants participants ont été exposés in utero au cannabis avant que la mère n’apprenne qu’elle était enceinte ;
  • 195 ont été exposés avant et après que leur mère ait appris sa grossesse ;
  • les tendances observées par neuroimagerie dans le groupe d’enfants exposés au cannabis avant la naissance concordent avec une réduction de la neuroinflammation : « Il est possible que ce que nous constatons soit un effet anti-inflammatoire du cannabis qui entraîne des différences dans le développement neurologique » ;

« Mais il n’est pas toujours bon de réduire l’inflammation.

Tout est question de timing. Une réduction trop importante de l’inflammation au mauvais moment peut affecter la façon dont le cerveau se développe ».

  • cet effet pourrait ne pas provenir de la consommation de cannabis elle-même, mais plutôt des produits de combustion du cannabis qui semblent déclencher un vieillissement accéléré et des effets cognitifs.

Source

Lettre du CNPERT de Juillet 2024

Présentation du Président du CNPERT, JP Goullé

Voici le sommaire de la lettre N°91 de juillet 2024 du CNPERT :

Page 1 – Dans son éditorial, Jean-Pierre Goullé évoque l’échec sanitaire cuisant en Oregon, deux ans après la dépénalisation de toutes les drogues. La situation étant devenue complètement hors de contrôle, cet État américain est contraint de faire machine arrière.

Page 2 – Gérard Dubois, relate les très intéressants résultats d’une vaste étude sur la mortalité à court et à moyen terme après l’arrêt du tabac. Il rappelle également qu’avec 8 millions de morts par an dans le monde, le tabac constitue la première cause évitable de décès.

Page 3 – François Topart et ses collègues du Comité National Contre le Tabagisme, exposent toutes les raisons qui devraient conduire à l’interdiction des filtres de cigarettes. Mentionnons que leurs travaux ont été primés par l’Académie de médecine en 2023.

Pages 3, 4, 5 – Claude Matuchansky, résume un travail qui montre que la légalisation du cannabis « récréatif » au Canada depuis 2018 s’est associée à une augmentation de 40% des hospitalisations pour psychoses et états psychotiques.

Page 5 – Jean-Pierre Goullé, reprenant un article de la revue « Addiction », souligne que la légalisation du cannabis aux États-Unis est responsable d’une multiplication par 20 de sa consommation entre 1992 et 2022. Ainsi, pour la première fois en 2022, le nombre de consommateurs quotidiens de cannabis a dépassé celui de l’alcool.

Page 5, 6 – Alexis Demas, attire notre attention sur les intoxications accidentelles au cannabis chez l’enfant, risque collatéral de la légalisation.

Pages 6, 7 – Yvan Touitou, dans le cadre d’une séance qu’il a organisée à l’Académie de médecine, évoque avec le développement d’Internet, un nouveau venu dans la liste des addictions chez l’enfant et l’adolescent : le jeu vidéo en ligne.

Pages 7,8 – Emmanuel Le Taillandier au travers du titre « La France des enfers naturels » s’inquiète de la forte progression de la consommation de cocaïne, consommation qui touche désormais tous les milieux sociaux et atteint les zones les plus reculées.

JP Goullé

————————————————-

Présentation de JP Tillement

Chers collègues,

C’est par un « scoop » impressionnant que débute cette lettre de juillet 2024 (N° 91) du CNPERT.

L’arrêt du tabac ne garantit pas pour autant qu’il évite, à l’ancien fumeur, la survenue d’un cancer du poumon. Ce risque, longtemps prédominant chez l’Homme, augmente maintenant chez la Femme.

Le Collège National de Lutte contre le Tabagisme, étudiant le rôle des filtres des cigarettes, prouve que non seulement ils ne sont d’aucune utilité protectrice, mais qu’au contraire ils facilitent l’acceptabilité du tabac, donc son usage et contribuent en outre à la pollution.

Les dernières observations des conséquences délétères de la légalisation du cannabis en Amérique du Nord (USA et Canada) confirment ce qui était prévisible, une augmentation de consommation et une hausse des hospitalisations des toxicomanes pour psychoses. En outre, leurs enfants sont aussi parfois atteints, probablement par contact familial.

L’addiction comportementale, essentiellement par les jeux vidéo, se développe rapidement chez les enfants. Cette « toxicomanie sans drogue », difficile à maitriser par les parents, s’accompagne aussi d’une toxicité oculaire et neurologique due à la lumière artificielle en excès. La vigilance s’impose.

Enfin de bonnes lectures vous sont proposées dans le cadre de « La France des enfers naturels ». Notre pays est-il devenu un narco-état et les addictologues remplacés par des urgentistes ?

N’hésitez pas à nous apporter vos propres observations des méfaits des drogues, toute nouvelle preuve est utile, les décideurs d’ l’Orégon en ont manqué.

Bonnes vacances et à bientôt

                                                                                                     Jean-Paul Tillement

Pourquoi l’alcool « ne s’invite » plus aux apéros ?

En 2023, 30 % des Français déclaraient consommer des boissons sans alcool ou avec peu d’alcool, selon le baromètre Sowine. Pour surfer sur cette tendance, les restaurants, bars et boîtes de nuit proposent de plus en plus de boissons sans alcool. Benjamin Muller revient sur ce phénomène dans Bonjour ! La Matinale TF1.

Une nouvelle tendance s’inscrit de plus en plus dans le pays : les soirées sans alcool. Les Français, par ailleurs, boivent de moins en moins, si bien que les restaurants, les boites de nuit et les supermarchés proposent de nombreuses alternatives. Les explications de Benjamin Muller dans Bonjour ! La Matinale TF1.

La tendance « No/Low » ne faiblit pas en France

Pour beaucoup de Français, le « Dry January » continue une bonne partie de l’année. Alors qu’une vingtaine d’années auparavant, les soirées sans alcool étaient très marginales, aujourd’hui, elles ont de plus en plus le vent en poupe. D’après les données du ministère de la Santé, 6 Français sur 10 déclarent ne pas boire chaque semaine. Dans les années 2000, ils étaient 4 Français sur 10. ! C’est ce qu’on appelle la tendance « No/Low » (pas ou peu d’alcool). La raison principale qui explique cette baisse de la consommation d’alcool ? La santé. En effet, les campagnes de santé publique ont un écho sur la population. Les jeunes, par ailleurs, se détournent de l’alcool et notamment du vin. On note aussi que les ventes de bières et les cocktails sans alcool sont en augmentation de 25 %. Enfin, en termes d’image, c’est de moins en moins mal vu de ne pas boire, même si certains doivent encore se justifier.

Les mocktails s’invitent à la carte des restaurants

Pour suivre cette tendance sans alcool, les établissements se sont adaptés et proposent de plus en plus de boissons non alcoolisées, que ce soient les bars, les boîtes de nuit, les supermarchés et même les restaurants. En effet, il est aujourd’hui possible de trouver des mocktails à la carte dans les restaurants étoilés. Par ailleurs, les « sober party » se développent de plus en plus en France. 

Né en Suède, ce concept prône donc le zéro alcool. Ainsi, dans ce type de soirée, si une personne a déjà bu, elle ne peut pas entrer. Et pour vérifier, les responsables de la soirée font souffler les participants dans un éthylotest. Loin d’être une création marketing ou un effet de mode, cette tendance à la sobriété joyeuse a d’ailleurs donné naissance à de nouveaux métiers comme les « sobreliers », contraction entre « sobriété » et « sommelier ». Ces professionnels proposent des accords entre les plats et les boissons sans alcool dans les restaurants.

SOURCE

Boire ou conduire : l’IA pourra bientôt détecter quand vous êtes saoul

© Getty Images

Des chercheurs australiens ont mis en place une caméra capable de détecter notre alcoolémie, une technologie qui permettrait bientôt de réguler la conduite en état d’ivresse ?

Si boire de l’alcool devrait prohiber la prise du volant, les chiffres nous montrent que nombreux sont encore les conducteurs qui roulent avec un coup dans le nez. Face à ce comportement délétère, de nombreuses technologies ont tenté d’enrayer le problème, avec un succès relatif.

Récemment, des chercheurs australiens ont développé un prototype qui permettrait sur une simple analyse faciale d’établir si un conducteur est capable de prendre le volant ou non. Une caméra qui serait capable de deviner combien de bières ont été ingurgitées, en bref.

Pour développer ce dispositif, soixante volontaires ont participé à l’expérience. Tous ont consommé de l’alcool en quantités différentes et été placés dans des simulateurs de conduite, filmés par une caméra. Les données ont ensuite été soumises à l’analyse d’une IA «  à la recherche de corrélations significatives entre les expressions du visage et le niveau d’alcoolisation« , comme l’explique Korii qui rapporte que les résultats de l’étude sont prometteurs : dans 75% des cas, l’intelligence artificielle détecte avec une précision étonnante (de 0,5 g/l dans le sang) le niveau d’alcoolémie des volontaires. 

Une caméra utilisée pour surveiller sur les routes ?

Il serait donc possible d’évaluer son propre taux d’alcool avant de prendre le volant, mais si l’on sait qu’on ne peut compter sur la seule bonne volonté des conducteurs, ce dispositif pourrait à l’avenir être employé par les forces de l’ordre, comme l’indique le chercheur principal, le Dr Syed Zulqarnain Gilani au média New Atlas : « la prochaine étape de nos recherches consistera à définir la résolution d’image nécessaire à l’utilisation de cet algorithme. Si les vidéos à faible résolution s’avèrent suffisantes, cette technologie pourra être utilisée par les caméras de surveillance installées sur le bord des routes, et les forces de l’ordre pourront s’en servir pour prévenir la conduite en état d’ivresse. » 

Source

Les nitazènes, ces nouvelles drogues de synthèse qui inquiètent l’ONU

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a publié ce mardi 25 juin son rapport annuel sur la drogue dans le monde. Ce rapport sonne l’alerte sur un nouveau groupe d’opioïdes fabriqués en laboratoire.

  • Gaspard Barthélémy, le 28/06/2024
Les nitazènes, ces nouvelles drogues de synthèse qui inquiètent l’ONU
Développés à l’origine pour traiter la douleur, les opioïdes sont aujourd’hui recherchés pour leurs effets euphorisants. FARKNOT ARCHITECT – STOCK.ADOBE.

Retrouvés dans plusieurs pays d’Europe, dont les pays Baltes, la France, le Royaume-Uni ou l’Irlande, les nitazènes sont dans le viseur de plusieurs agences de santé publique, mais c’est en Chine qu’ils seraient principalement produits. Leurs effets sont potentiellement destructeurs, certains nitazènes étant 500 fois plus puissants que la morphine.

Présentés comme de l’héroïne alors que bien plus forts, ils peuvent rapidement provoquer des overdoses. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) vient de publier, mardi 25 juin, un rapport qui compile les observations des différentes agences nationales. Il s’inquiète de « vagues » de décès en Amérique du Nord et en Europe provoqués par la consommation de ces psychotropes fabriqués en laboratoire. L’an dernier en Irlande, 77 décès liés aux nitazènes ont été recensés à Cork et à Dublin, selon l’agence de santé publique irlandaise (HSE).

Les consommateurs peuvent se méprendre en considérant les cachets moins dangereux que les injections de drogue. Mais dans ces comprimés peuvent se cacher des molécules tout aussi mortelles. Le fentanyl, qui a préexisté aux nitazènes, a été en bonne partie responsable des 100 000 morts aux États-Unis en 2021, notamment à cause de comprimés frelatés.

L’actualité du monde décryptée par La Croix : question qui fâche, tour d’horizon des informations à connaître, focus sur les personnalités influentes, analyses… pour lever les flous sur les actus clés des quatre coins du monde.

Effet de bascule

Dans le même temps, la production d’opium a connu une baisse historique de plus de 70 % en 2023, selon le rapport de l’ONUDC. Cette baisse est principalement due à l’arrêt de la production de pavot en Afghanistan, suite à une interdiction de sa culture par le régime taliban en 2022. Cette chute favoriserait l’essor des opioïdes de synthèse. L’ONUDC précise en effet qu’« une bascule des consommateurs d’héroïne vers d’autres opioïdes pourrait être prochainement ressentie » dans les pays où l’héroïne consommée provient d’Afghanistan, comme en Europe. La mécanique est peut-être déjà enclenchée. L’agence onusienne précise en effet que la consommation accrue de nitazène en 2023 pourrait être « une conséquence de la baisse de l’offre d’héroïne ».

Ravages des opioïdes

À l’origine, les opioïdes sont des substances médicamenteuses développées pour traiter la douleur. Mais elles sont aujourd’hui recherchées pour leurs effets euphorisants. On trouve dans cette variété de psychotropes les opiacés, dérivés de l’opium, mais également les fameux opioïdes de synthèse, aux effets similaires, mais à la composition différente. Ces derniers ont connu une attention internationale à partir des années 2010, où le fléau a frappé en Amérique du Nord.

Cette famille de drogue était la deuxième plus consommée au monde en 2022 : sur plus de 292 millions de personnes ayant consommé des drogues, 60 millions ont consommé des opioïdes. Elle reste loin derrière le cannabis, qui totalise plus de 228 millions de consommateurs. Cependant, les opioïdes sont de loin ceux qui ont emporté le plus de vies, pouvant notamment provoquer une détresse respiratoire. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), leur consommation était liée à 80 % des décès attribuables aux drogues en 2019.

Source

Drogues : les Français sont de plus en plus accros. La consommation d’ecstasy et de cocaïne explose

Publié le 28/06/2024 _ Sihem Boultif Journaliste santé en collaboration avec Laurent Karila (Psychiatre addictologue)

 Selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la consommation drogues explose en France. Comment expliquer cela ? Doctissimo a interrogé le Pr Laurent Karila, psychiatre et médecin addictologue à l’hôpital Paul-Brousse.

Sommaire

  1. Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante
  2. Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent
  3. Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila
  4. Comment savoir si l’on est dépendant ?

CocaïnecannabisMDMA… Les Français se droguent de plus en plus.

C’est la conclusion d’une étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publiée ce mercredi 26 juin. Un questionnaire soumis à 12490 personnes âgées de 18 à 64 ans, qui dévoile les effets de ces consommations illicites en France.

Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante

La première conclusion que l’on peut tirer de ce travail et que tous les stupéfiants connaissent une demande croissante. Champignons hallucinogènes, poppersprotoxyde d’azoteLSD, cocaïne , ecstasy… Les niveaux de consommation sont tous en forte augmentation.

« La consommation des drogues illicites (…), qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation, quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants » notent les auteurs de l’étude.

Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent

Le rapport démontre aussi que chez les adultes, la consommation de cocaïne au cours des douze derniers mois a été multipliée par dix entre 1992 et 2023, passant de 0,3 à 2,7 %. Au total, ce serait près d’un majeur sur dix qui auraitdéjà consommé de la cocaïne en 2023, contre 6 % en 2017.

Côté MDMA, même constat. En 2023, 1,8 % des Français déclarent en avoir consommé au courant de l’année passée, contre 0,2 % en 2000, et un Français sur douze l’a déjà testée. Les femmes en particulier sont de plus en plus consommatrices de cette drogue festive.

Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila

Comment expliquer cette situation ? Interrogé, le Pr Laurent Karila, auteur de Docteur : Addict ou pas ? aux éditions Harper Collins et du podcast Addiktion n’explique pas cette augmentation de la consommation de MDMA accrue chez les femmes. « Je n’ai pas d’arguments spécifiques à avancer pour expliquer cela. La MDMA reste une drogue « festive », qui est stimulante et plutôt utilisée dans un usage récréatif » détaille le médecin.

En revanche, l’explosion de la consommation de cocaïne était prévisible, selon lui. « C’était attendu. Je vois en consultation depuis 2009 des patients présentant une addiction à cette drogue et je constate qu’il y a de plus en plus de personnes concernées, depuis une quinzaine d’années ».

Pour Laurent Karila, les prix cassés, l’augmentation de la disponibilité du produit, l’ubérisation de sa livraison et sa consommation par des profils variés, allant du chômeur au jeune en passant par la femme au foyer, expliquent ces chiffres en forte augmentation.

Comment savoir si l’on est dépendant ?

En cas d’addiction à la cocaïne, quelle est la prise en charge ? « Elle se réalise en service spécialisé où des consultation spécifiques sont réalisées, généralement en ambulatoire » détaille le médecin. « Mais il n’existe pas de traitement spécifique à l’addiction à la cocaïne : on se base sur les données de la littérature et sur nos expériences pour traiter les patients, avec des prescriptions hors AMM, généralement« .

Encore faut-il reconnaître que l’on souffre d’une addiction. Comment faire ? Pour cela, Laurent Karila a mis au point un moyen mnémotechnique assez facile : les 5 C.

  • Contrôle (avec une perte de contrôle vis-à-vis du produit) ;
  • Consommation (avec envie irrépressible de consommer) ;
  • Compulsion (avec une activité compulsive vis-à-vis du produit) ;
  • Continu (un usage continu du produit) ;
  • Conséquences (un usage continu malgré les conséquences négatives).

« Si vous êtes confronté à ces problématiques avec un produit, pendant 12 mois, c’est qu’il y a une dépendance. Il est nécessaire de consulter, à ce moment-là » conclut le médecin.

Source

Cocaïne, cannabis, MDMA… radiographie de cette France qui se drogue

Par Angélique Négroni

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les toxicomanies, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publie une photographie des consommations illicites.

Les Français se droguent de plus en plus. Une conclusion sans appel que vient de tirer l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), avec une nouvelle étude publiée mercredi. Alors que les dernières données dataient de 2017, cette enquête, réalisée à partir d’un questionnaire soumis à 12.490 personnes de 18 à 64 ans, livre une juste photographie des consommations illicites en 2023 dans notre pays.

Que ce soient les champignons hallucinogènes, le poppers, le protoxyde d’azote, le LSD, la cocaïne ou l’ecstasy, tous ces produits connaissent une demande croissante. «La consommation des drogues illicites (…), qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation, quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants», écrivent les auteurs de l’étude.

10 joints en 30 jours

Dans ce contexte, où la drogue circule davantage, le cannabis détient une place à part. Il reste de loin le produit «phare» : celui qui attire le plus grand nombre de consommateurs. Les chiffres liés à cette substance livrent, en outre, des tendances marquantes. Tout d’abord, le nombre de ceux qui l’ont expérimenté dépasse désormais la barre des 50 % (50,4 %). Un Français sur deux a donc déjà fumé un joint. Le taux atteint même les 60 % chez les 25-44 ans.

En quelques années, l’expérimentation a augmenté. En 1992, elle ne touchait que 12,7 % des Français, rappelle l ‘OFDT. Depuis, la courbe ne cesse de monter : en 2005, le taux était de 28,7 % et, en 2017, il frôlait les 45 %. «Cela signifie que ce produit s’est banalisé. Les représentations qui sont faites du cannabis ont changé aussi. Mais cela s’explique surtout par un effet mécanique : les générations successives de jeunes qui ont consommé à l’adolescence sont parvenues à l’âge adulte, venant grossir la proportion d’expérimentateurs» , souligne Guillaume Airagnes, le directeur de l’OFDT.

Mais l’expérimentation, devenue monnaie courante, ne constitue pas un marchepied systématique vers un usage régulier. Le nombre de consommateurs réguliers de cannabis n’a pas décollé davantage. Le taux, qui était de 11 % en 2017, change à peine, accusant même une très légère baisse en 2023 avec un taux de 10,8 %. Un petit fléchissement est aussi constaté dans la catégorie des «grands» fumeurs , ceux qui ont fumé 10 joints au cours des 30 jours précédant l’enquête. Le taux et passé de 3,6 % à 3,4 %.

Les 18-24 ans consomment moins de cannabis

Aussi surprenante qu’elle puisse paraître, cette baisse s’explique par un décrochage des jeunes vis-à-vis de ce produit. Il n’empêche, les 18-24 ans restent la catégorie de consommateurs la plus importante. Pour cette tranche d’âge, le taux est de 22,9 % quand il était de 26,9 % en 2017.

Les adultes, au contraire, consomment davantage de cannabis. «C’est parmi les personnes de 55 à 64 ans que cet usage régulier a augmenté, passant de 0,2 % en 2017 à 1,2 % en 2023», peut-on lire dans le rapport. «C’est là encore un pur effet mécanique. Les anciennes générations qui consommaient davantage sont maintenant plus âgées», précise le responsable de l ’OFDT.

Entre 1992 et 2023, l’usage de cocaïne a été multiplié par dix

Pour Guillaume Airagnes, cette nouvelle étude révèle une évolution inquiétante : «le recours aux drogues stimulantes est en augmentation exponentielle», souligne-t-il. «L’usage de drogues illicites autres que le cannabis n’a cessé d’augmenter depuis 2010, et en particulier au cours des neuf dernières années avec une hausse de 2,1 points (passant de 1,8 % en 2014 à 3,9 % en 2023), contre 0,9 point entre 2005 et 2014 (de 1,1 % à 1,8 %), évolution portée par l’augmentation de la consommation de cocaïne et de MDMA», indique l’OFDT.

Sur ces dernières substances, les données du rapport sont édifiantes : «Entre 1992 et 2023, l’usage de cocaïne a été multiplié par dix, passant de 0,3 % à 2,7 %. Depuis sa première mesure en 2000, l’usage de MDMA (ecstasy) a également décuplé, passant de 0,2 % à 1,8 %».

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑