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Dépendance à l’alcool : comment repérer les signes d’addiction chez vous ou vos proches ?

Publié le 31 mai 2024 à 17h30

Comment repérer les signes d’addiction chez vous ou vos proches ?
Comment repérer les signes d’addiction chez vous ou vos proches ? – © Olga Strelnikova/ iStock

SAUVEGARDER

Ma mission : informer, déstigmatiser et déculpabiliser pour libérer la parole en matière de santé mentale et d’addictions. Cette semaine, on apprend à reconnaître les signes de dépendance à l’alcool.Par Juliette Hazart

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L’alcool est la substance la plus consommée en France avec 40% d’usagers réguliers (au moins 10 fois par mois) et 10% de buveurs quotidiens ce qui représente 5 millions de personnes en France. On estime que moins de 10 % des personnes ayant une addiction à l’alcool bénéficient d’un accompagnement par un professionnel de santé. 

QU’EST SONT LES DIFFÉRENTS NIVEAUX D’USAGE DE L’ALCOOL ?

  • Vous n’avez jamais consommé d’alcool. C’est le niveau de non-usage.
  • Vous avez consommé de l’alcool au moins une fois au cours de votre vie. C’est le cas de 4 adolescents sur 5 qui ont expérimenté l’alcool à l’âge de 17 ans, selon l’enquête ESCAPAD (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense) de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) menée en 2022.

La première consommation au cours de la vie, on appelle cela une expérimentation. Plus elle a lieu tôt dans la vie, dans l’enfance ou l’adolescence en particulier, plus le risque de développer une addiction à l’alcool ou à une autre substance psychoactive est augmentée à l’âge adulte. 

L’usage «simple» ou consommation modérée ou sociale, c’est quoi ? Il s’agit en quelque sorte d’une consommation « socialement réglée » ou « admise ». Elle correspond à une consommation d’alcool n’entraînant pas de complications sur la santé physique, mentale ou de répercussions sociales.

L’USAGE À RISQUE C’EST QUAND, COMBIEN, COMMENT ? 

Dans des situations spécifiques comme :

– consommer de l’alcool avant de conduire un véhicule ou une machine au travail
– consommer de l’alcool durant la grossesse
– associer l’alcool avec la prise de certains médicaments

Dans toutes ces situations, les risques de dommages existent dès la première consommation.

ENVIRON 20 % DES ADULTES DE 18 À 75 ANS DÉPASSENT LES REPÈRES DE CONSOMMATION

L’usage à risque peut être lié à la quantité. C’est boire au-delà des repères de consommation à moindre risque pour la santé. Cette valeur repère chez l’adulte, homme ou femme, est établie à 10 verres d’alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standards par jour avec des jours dans la semaine sans consommation.

Après 65 ans, l’organisme tolère moins bien l’alcool et les recommandations sont adaptées par la Société française de gériatrie et de gérontologie et la Société française d’alcoologie. Pour les consommateurs quotidiens, ne pas dépasser 1 verre standard par jour et essayer d’avoir des jours dans la semaine sans consommation. Pour les consommateurs occasionnels, ne pas dépasser 2 verres par occasion, avoir au moins 2 jours sans consommation dans la semaine et ne pas dépasser 7 verres par semaine.

Environ 20 % des adultes de 18 à 75 ans dépassent les repères de consommation à moindre risque, selon les données 2021 du Baromètre de Santé publique France. 

C’EST QUOI UN REPÈRE DE CONSOMMATION À MOINDRE RISQUE ?

Les risques sont assez faibles pour être considérés comme «acceptables» pour l’individu et la société, mais pas sans risque. L’institut national du cancer rappelle que pour toute consommation d’alcool, dès le premier verre, le risque par exemple de cancer du sein augmente chez la femme et le risque de maladie cardiovasculaire augmente chez les hommes et chez les femmes.

C’est quoi un verre standard ? Il s’agit de verres basés sur le contenant servi dans un bar et non un verre maison. Une bière, un verre de whisky, un verre de vodka orange, un verre de vin servi dans les bars contiennent tous la même quantité d’alcool pur, soit environ 10 grammes. C’est ce qu’on appelle un verre standard ou unité d’alcool. Cette équivalence est valable seulement si chaque boisson est servie dans le récipient prévu à cet effet (verre à cognac, à vodka, …). À la maison, vous pouvez utiliser un gobelet doseur avec des graduations en unité d’alcoolpour quantifier votre consommation. 

LES CONSOMMATIONS À RISQUE PLUS OU MOINS ÉLEVÉ

Ne pas boire d’alcool dans certaines circonstances est l’option la plus sûre :

  • Dès le projet de grossesse, pendant toute la  durée de la grossesse et de l’allaitement.
  • Pendant l’enfance, l’adolescence et toute la période de la croissance en cas de conduite automobile ou de machine.
  • Lors de pratique de sports (du fait des risques de chute, de blessure…)
  • En cas de consommation de certains médicaments du fait du risque d’interactions avec l’alcool pouvant diminuer l’efficacité des médicaments ou en augmenter les effets indésirables.
  • Dans certaines maladies, il est également recommandé de ne pas consommer d’alcool. Demandez toujours conseil à un professionnel de santé.

L’USAGE À RISQUE PEUT ÊTRE LIÉ AUX MODALITÉS DE CONSOMMATION : C’EST COMMENT ? 

Il existe des modalités de consommation à risque qui augmentent le risque de développer une addiction au cours de sa vie :

  • La précocité de l’expérimentation, par exemple la consommation d’alcool avant l’âge de 15 ans.
  • La consommation à visée auto thérapeutique. Par exemple, consommer pour «diminuer son mal-être», «ne plus penser», «mieux dormir», «être plus détendu»… et ressentir un auto-soulagement.
  • Le cumul des consommations, les conduites d’excès avec la recherche d’ivresse et la répétition de consommations à risque. 

COMMENT REPÉRER LES SIGNES D’UNE CONSOMMATION PROBLÉMATIQUE OU D’UNE ADDICTION ?

Cela se manifeste souvent par un ensemble d’éléments. 

  • La consommation d’alcool est de plus en plus répétée, régulière. 
  • Les quantités augmentent parfois de façon insidieuse et la personne ne parvient pas à contrôler la quantité consommée bien qu’elle ait la volonté de baisser ou d’arrêter sa consommation. Elle perd le contrôle de sa consommation.
  • Elle a des envies fortes, impérieuses, de boire qu’elle ne peut réprimer qu’on appelle le craving.  
  • Il existe des conséquences dans la vie de la personne au niveau de sa santé physique ou mentale, sur le plan relationnel au travail, à la maison ou avec des amis. 

L’addiction, ça n’est pas une question de quantité ! En effet, une personne peut se sentir en difficulté avec ses consommations dont la quantité est inférieure aux seuils de consommation de moindre risque pour la santé.

QUAND PENSER À UNE ADDICTION OU À UNE CONSOMMATION PROBLÉMATIQUE ?

Devant des :

  • problèmes conjugaux, financiers, relationnels, professionnels, judiciaires…
  • des conflits ou des difficultés à assurer la journée de travail ou les tâches à la maison. Le comportement de la personne peut aussi parfois se modifier et donc la relation avec ses proches. Vous remarquez une instabilité relationnelle avec les proches, des difficultés de couples, un conflit de voisinage… La personne s’isole de plus en plus fréquemment.
  •  des absences au travail, un désinvestissement sur le plan professionnel et des loisirs
  • des troubles du sommeil, une anxiété, une dépression, de la nervosité, une irritabilité, des tremblements des extrémités, une fatigue chronique, des troubles de l’humeur
  • un état de santé plus fragile avec des consultations plus fréquentes auprès de professionnels de santé

Si vous ou l’une de vos connaissances, vous sentez en difficulté avec l’alcool, quelles que soient les quantités consommées ou la fréquence de consommation, demandez conseil à un professionnel de santé. 

La honte et la culpabilité sont des émotions souvent éprouvées par les personnes en difficulté avec leur consommation. Pourtant, l’addiction est une maladie chronique au même titre qu’une hypertension artérielle ou qu’une dépression et n’a rien à voir avec un manque de volonté ! Faire passer l’information, c’est lutter contre les idées reçues afin de libérer la parole des personnes qui sont en difficulté. 

OU TROUVER DES CONSEILS POUR ÊTRE ACCOMPAGNÉE ?

  • auprès de votre médecin généraliste
  • dans les consultations jeunes consommateurs (CJC) qui accueillent en toute confidentialité des jeunes âgés entre 12 et 25 ans en questionnement sur leur consommation, ainsi que leur entourage
  • sur le site alcool-info-service ou par téléphone pour vous ou votre entourage en toute confidentialité 7 jours sur 7 de 8h00 à 2h00 au0 980 980 930 
  • auprès de structures spécialisées comme les CSAPA(Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), présentes dans tous les départements de France, afin de faire le point de façon anonyme et gratuite avec un professionnel sur les difficultés rencontrées
  • au sein d’une association ou d’un groupe d’entraide pour la personne concernée ou l’entourage dont vous trouverez les coordonnées sur alcool-info-service.fr

L’emprise de la dépendance

Publié par Liu Rui Illustration : Liu Rui/GT

Illustration : Liu Rui/GT

La Lettre du CNPERT

ÉDITORIAL
Par Yves Anthonioz Président de l’association Saint-Jean Espérance

Notre association depuis sa création en 1987 n’a pas une seule ride. Nous sommes maisons d’accueil et nous accueillons des jeunes hommes de 18 à 35 ans, désireux de se libérer de leurs addictions aux drogues illicites ou encore à l’alcool.  

C’est le jeune qui en fait la demande et entre librement dans nos maisons. Nous leur proposons un parcours long de 12 à 18 mois. Nous proposons un travail sur soi pour être pleinement soi-même, la découverte de vraies amitiés, la restauration des liens familiaux, et l’élaboration d’un projet socio-professionnel.  Nos axes pédagogiques reposent sur trois piliers…


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DES DROGUES PLUS PURES EN CIRCULATION SUR LE TERRITOIRE NATIONAL­

Coordonné par l’Observatoire français des drogues et tendances addictives, le Système d’identification national des toxiques et des substances (SINTES) est un dispositif d’observation de la nature, de la composition, et de veille sanitaire des drogues qui circulent en France. Il contribue au système d’alerte de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, l’Early Warning System. Plus de 600 échantillons analysés dans le cadre de ce dispositif…Lire l’article­

BRISER LE BARREAU DU TABAC PRÉVIENDRA OU DIFFÈRERA L’ACCÈS AU CANNABIS ET AUX AUTRES DROGUES

­Un mal qui répand la terreur / Mal que le Ciel en sa fureur / Inventa pour punir les errements des humains / Le tabac (puisqu’il faut l’appeler par son nom) / Capable d’enrichir, les industriels qui le produisent / Faisait aux Hommes la guerre / Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés (détournement de J. de La Fontaine).

Signe des temps : Alors que quelques-uns s’appliquent à réduire le tabagisme, pour empêcher les adolescents d’y accéder, d’autres militent pour la légalisation du cannabis…Lire l’article­

PLACE DU CANNABIS DANS LE PLAN DE FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE (PLFSS 2024)
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En 2019, le plan de financement de la sécurité sociale pour 2020 (article 43 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019), introduit par voie d’amendement parlementaire, a autorisé à titre expérimental l’usage médical du cannabis pour une durée de deux ans, sous la forme de produits répondant à des standards pharmaceutiques définis, dans certaines indications ou situations cliniques réfractaires aux traitements indiqués et accessibles. Études, actualités, observations et perspectives…Lire l’article­


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LES 3 D (DÉLIRE, DÉNI, DÉNÉGATION)­
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Les études scientifiques et les arguments pour montrer les méfaits et la dangerosité du cannabis ne manquent pas. Il en est de même pour les arguments en défaveur de sa légalisation. Pourtant ces mises en garde ne rencontrent que peu d’audience dans les médias alors que les pathologies liées aux toxicomanies continuent leur expansion et leurs dégâts. Attribuer la responsabilité de cet état de fait aux trafiquants est une réponse simpliste et qui n’aborde qu’une des facettes d’un système complexe.


LÉGALISATION DU CANNABIS À DES FINS RÉCRÉATIVES ET ACCIDENTS DU TRAVAIL CHEZ LES TRAVAILLEURS DE 20 À 34 ANS­

Depuis 2012, 25 États américains ont promulgué des lois sur le cannabis récréatif (LCR) autorisant ainsi la possession, la vente et l’usage de petites quantités de cannabis à des fins dites « récréatives ». Ceci conduit à une augmentation de consommation de cannabis par les adultes mais son impact sur la santé et la sécurité en particulier au travail restent peu explorés. Les auteurs ont utilisé les statistiques de l’administration (‘Labor Statistics’) qui traitent des accidents du travail (AT) et des maladies professionnelles, recueillies pendant les 2-3 ans qui ont suivi les LCR. Résultats de l’analyse…

Les efforts de nos douaniers, gendarmes, policiers et marins ne seront pas beaucoup plus efficaces que s’ils remplissaient le tonneau des Danaïdes tant qu’il y aura autant de personnes « hameçonnées », victimes « de leur plein gré » d’un « choix » devenu une addiction. Pourquoi l’information et l’éducation ne découragent-elles pas ceux à qui elles sont destinées pour leur protection? Lire l’article­

QUAND ON A TOUT POUR ÊTRE HEUREUX…

­« Tout pour être heureux », tel est le titre du film documentaire produit et diffusé par un producteur qu’il faut ici saluer, Jérôme Adam, assisté par un bon réalisateur, Olivier Le Bris.Quand, dans une famille, dans une fratrie, les enfants ont tout pour être heureux, comment se fait-il qu’un proche, qu’un frère ou qu’une soeur tombe dans l’addiction, que ce soit l’alcool ou la drogue ?

Jérôme Adam qui a essayé en vain de sauver son frère, aujourd’hui disparu, s’est posé de longues années cette lancinante question et l’a reprise au travers de son film en présentant quatre témoignages, quatre vies bouleversées
 

L’approche est inhabituelle : L’auteur s’intéresse avant tout à l’entourage des addicts, souvent délaissé, voire oublié. Il représente la souffrance des familles, des proches. Tout le monde conviendra que si quelqu’un se drogue, c’est qu’il souffre, c’est qu’il a un mal-être. Mais qui s’intéresse à la souffrance de l’entourage, pas seulement les parents, mais aussi les frères et sœurs ? 

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Quand le cannabis mène aux urgences

La puissance croissante en THC des produits du cannabis se traduit par une hausse des hospitalisations au Canada depuis quelques années chez les moins de 25 ans.

Des médecins québécois tirent la sonnette d’alarme.

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Narcotrafic : conclusions de la commission d’enquête du Sénat

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Moins ils savent et plus ils pérorent :

Ils, ce sont ceux qui glosent et caquettent pour obtenir la légalisation du cannabis. Lapauvreté psittacique de leurs arguments anesthésient leur capacité de s’informer et de se poser les bonnes questions. S’appliquant à rassurer ils redoublent nos craintes.
Ils Ignorent manifestement qu’on est incapable d’arracher à la dépendance au cannabis ceux qui s’y sont laissé prendre. Ils semblent ignorer que 20% de ceux qui ont expérimenté le cannabis en sont devenus dépendants et en font une consommation « problématique ».

Ils interdiront cette drogue aux mineurs, promis ! Juré ! Comme pour le tabac, quand plus de 60% des buralistes passent outre à cette interdiction et que ceux qui la respectent constatent des achats effectués pour les mineurs par des grands frères et déplorent que des dealers viennent proposer des cigarettes de contrebande à proximité de leurs civettes.

Ils ignorent l’étude Néo-Zélandaise (dirigée par Marie-Louise Arsenault), montrantque sur 1 000 gamins (11-15 ans) ayant expérimenté le cannabis au collège, 10% d’entre eux sont diagnostiqués schizophrènes à l’âge de 18 ans. D’autres le seront plus tard.

L’étude Suédoise de S. Andréason a montré, à partir des 50.000 conscrits de l’année 1971 que ceux qui avaient fumé plus de 50 joints durant leur adolescence avaient, au cours des 10 ans suivant leur conscription, un risque de devenir schizophrènes accru d’un facteur 6.

Environ 15% des schizophrénies seraient imputables au cannabis, soit près de 85.000 cas en France.
Ils ne peuvent ignorer que le cannabis, en perturbant l’éveil, l’attention, la mémoire, en induisant une ivresse, une démotivation, est la drogue de la crétinisation. Que s’abattant sur nos jeunes à la période de leur éducation (collège-lycée-université) elle brise des trajectoires qui s’annonçaient brillantes, et qu’elle fait voler chaque consommateur à une altitude plus basse que celle qu’il aurait emprunté s’il n’en avait consommé.

Ils l’autoriseront à 18 ans, à l’âge du permis de conduire ; alors que consommé seul il est impliqué chaque année dans 600 accidents mortels de la route et qu’associé à l’alcool il multiplie ce risque par 29.
Ils se gobergent en pensant aux taxes que rapporteraient la vente du cannabis d’État au budget de la Nation, voulant ignorer que les dépenses induites plomberaient davantage ce budget.

Ils ignorent sans doute qu’à 18 ans se poursuit la maturation cérébrale qui, débutée vers 12 ans, se prolonge jusqu’à 24 ans ; or cette maturation est perturbée par le THC du cannabis ; pouvant recruter différentes pathologies psychiatriques : anxiété, dépression, schizophrénie, déficience cognitive, vulnérabilité aux toxicomanies…Ils savent que c’est à partir de 22 ans que se concrétisent des projets familiaux, génésiques, professionnels, mais ignorent sans doute que le THC induit des modifications
épigénétiques, dont les manifestations perdurent très au-delà du séjour très long du THC
dans l’organisme. Ce « tagage » épigénétique de certains gènes modifie l’intensité de leur expression et, partant, le phénotype de ses consommateurs. Parmi leurs conséquences on mettra en exergue : l’accroissement durable de l’appétence pour certaines drogues (cocaïne, morphiniques) incitant à l’ajout d’autres drogues au cannabis, à l’origine de ces polytoxicomanies en pleine expansion ; la réduction des capacités cognitives, avec une diminution du Quotient Intellectuel ; le développement d’une anxiété, de troubles dépressifs ; la décompensation d’une schizophrénie latente ou l’aggravation d’une schizophrénie déclarée ; la dépression de l’immunité.

Chez la femme enceinte c’est l’induction de malformations fœtales, l’abréviation de la grossesse avec des nourrissons hypotrophiques présentant un risque accru de mort subite, un retard de leur développement psychomoteur, une plus grande fréquence d’hyperactivité avec déficit de l’attention, une vulnérabilité aux toxicomanies s’exprimant dès l’adolescence…

Ils feignent d’ignorer que le cannabis, par son oxyde de carbone et ses goudrons cancérigènes, est 6 fois plus toxique que le tabac (responsable annuellement en France de 75.000 morts et de nombreux estropiés). L’âge moyen d’apparition d’un cancer broncho-pulmonaire chez un fumeur de cannabis est de 53 ans, chez un fumeur de tabac de 65 ans, et chez un sujet non-fumeur de plus de 70 ans.

Kush : Ce qu’on sait de cette drogue qui fait fureur à Dakar

Publié le 08/05/2024

Kush : Ce qu’on sait de cette drogue qui fait fureur à Dakar

Par Dado Ba

La drogue communément appelée Kush et qui fait fureur à Dakar serait venue de la sous-région. Le « kush », la nouvelle drogue a fait des ravages chez les jeunes en Sierra Leone.

Ce phénomène à base d’os humains a causé beaucoup de morts en Sierra Leone, Guinée et au Libéria. L’Observateur qui s’est s’intéressé à cette nouvelle forme de drogue aux conséquences dévastatrices, révèle qu’elle a des sensations de méditation exceptionnelles.

Le « Kush » serait composé d’un mélange de substances chimiques qui imite les effets du cannabis et se fume. Cette drogue de synthèse provoque une addiction rapide. Elle fait des ravages dans la sous-région avec des conséquences parfois morbides. Au mois de mars 2024, des dizaines de jeunes toxicomanes sont tués par cette drogue en Sierra Leone. Pourtant, au mois de novembre 2023, le vice-président Mohamed Juldeh Jalloh, avait déclaré partir en guerre la drogue que l’Etat considère comme un problème de santé publique. Selon des sources autorisées, le Kush est signalé en Guinée et au Libéria, des pays frontaliers avec la Sierra Leone, ce qui facilite le trafic.

Cette drogue est désormais commercialisée au Sénégal. «Un réseau restreint est tenu à Dakar par des trafiquants de nationalité étrangère», attestent des sources policières. « Nos unités avaient arrêté un jeune détenant du Kush. Lors de sa garde à vue, le jeune avait tenté d’avaler sa langue suite à une sorte de syncope. Heureusement, on a vite compris que c’était l’effet de la drogue. Sinon il allait mourir dans nos locaux », a témoigné, sous anonymat, un élément d’une brigade de recherches d’un commissariat à Dakar.

L’alcool et les animaux

Animaux ivres titubant sur la voie publique, soûlés aux fruits trop mûrs, gorgés d’alcool… Les exemples de bêtes intoxiquées dans leur environnement naturel ne manquent pas, et pourtant, sait-on si cette faune s’enivre volontairement ? Si les animaux peuvent être alcooliques, ou addicts à une drogue ? Réponses avec le chercheur Serge Ahmed, directeur de recherches au CNRS et spécialiste de l’addiction.

À l’arrivée du printemps, il peut arriver d’être témoin d’une scène étonnante. Certains chevreuils, qui auraient mangé trop de bourgeons gorgés de sucre, titubent et se rapprochent des habitations. Ils sont tout simplement ivres, complètement assommés sous l’effet de la fermentation qui se produit dans leur organisme de ruminant.

Le phénomène des éléphants d’Afrique soûls, à cause des baies trop mûres de marula, est également de notoriété publique. Les pachydermes qui fréquentent les bosquets où poussent ces fruits jaunes plein d’éthanol, dans les réserves protégées, sont souvent très joueurs… Parce qu’ils sont enivrés.

Un animal peut-il se soûler volontairement ?

Les histoires telles que celles-ci ne manquent pas. Des marsupiaux qui s’introduisent dans des champs de pavot (la graine qui sert à produire de l’héroïne), des cerfs qui mangent des champignons hallucinogènes… Les animaux consomment des drogues naturelles.

Cependant, on ignore s’ils les consomment d’abord pour se nourrir, puisque les baies, les champignons, ou les graines, constituent leur source principale d’alimentation, ou pour faire l’expérience des effets de la drogue. « Dans le cas de l’éléphant d’Afrique, on a des preuves évidentes d’un état d’intoxication », nous explique Serge H. Ahmed, neurobiologiste et directeur de recherches pour le CNRS à l’Université de Bordeaux. « Mais on ne sait pas si cela plaît à l’animal d’être ivre. Nous n’avons aucune preuve directe qui permet de le penser. »

Cependant, si l’on sort de l’environnement naturel, la réponse du chercheur est différente. « Dans un laboratoire, on est déjà plus en mesure de mettre en place des dispositifs pour comprendre les motivations de l’animal. C’est-à-dire que l’on peut mettre l’animal en position où il doit produire un effort important pour obtenir une dose de drogue, ou bien adapter son comportement, comme appuyer sur un levier, ou déclencher une pompe.

On va regarder s’il se dirige plus vers celle qui délivre de la drogue plutôt que sur la pompe témoin qui ne délivre rien. » Et ces expériences en laboratoire, sur des rongeurs principalement, ou sur des singes, se soldent toujours par le même constat : le circuit de récompense de la drogue, tel qu’il fonctionne chez l’humain, fonctionne aussi chez les animaux.

« Depuis presque 60 ans que l’on travaille sur ces questions-là, on a démontré que quasiment toutes les substances susceptibles de conduire un état d’addiction chez l’homme peuvent être consommées de manière volontaire par les animaux. » D’autant plus que les produits testés, que ce soit la cocaïne, l’héroïne, les opioïdes, etc., n’ont aucune valeur nutritionnelle, et que leur voie d’entrée dans l’organisme, par intraveineuse, et ne passe pas par le goût ou l’odorat. 

« Les animaux peuvent s’engager dans un comportement répété de consommation de drogue, et ce qui les motive, ce sont bien les effets pharmacologiques ressentis » dans ce cadre-là, affirme le spécialiste de l’addiction. « On peut même dire quels sont les récepteurs ou les circuits neuronaux qui sont impliqués dans cette recherche des effets de la drogue.

Par contre, on ne connaît pas la nature de ces effets. Ni même si les animaux peuvent ou non y être addicts. » La science ne sait donc pas encore si les effets psychotropes du cannabis sont les mêmes chez l’animal et chez l’humain. Et si la consommation animale peut véritablement être qualifiée d’addiction.

L’addiction, un phénomène uniquement humain ?

Pour souffrir d’une addiction au chocolat, il ne suffit pas de manger beaucoup de chocolat. Si vous mangez une quantité excessive de chocolat, mais que vous pouvez vous arrêter du jour au lendemain, et ne pas être tenté d’y revenir alors que vous avez arrêté, alors, vous n’êtes pas addict. « L’addiction, c’est aussi une consommation sur laquelle l’individu perd le contrôle« , poursuit le chercheur en neurosciences. Il n’y a pas d’addiction sans désir intérieur de limiter sa consommation, sans prise de conscience qu’elle a des effets néfastes, que ça a été trop loin. 

« Lorsque l’individu parvient à s’abstenir, cette abstinence peut être interrompue par une rechute, due à un état de “craving”, c’est-à-dire une envie impérieuse de reconsommer ». Ce désir invasif entre en conflit avec notre propre volonté. Or, chez l’animal, c’est difficile à interpréter. « L’individu peut nous parler de ses symptômes, purement subjectifs, qui sont caractéristiques d’un état d’addiction. Mais comment fait-on pour savoir si l’animal en est atteint ? On ne peut pas l’observer de l’extérieur, ce n’est pas un critère objectif », assure le Pr. Ahmed.

Les recherches pour trouver un marqueur biologique, qui permettrait de diagnostiquer l’addiction de manière objective chez l’humain, se poursuivent. Mais notre cerveau n’est pas le même que celui des animaux. Ainsi, si la science découvre un jour, par exemple, une activité suspecte chez un groupe de neurones, qui peut s’apparenter à un signe d’addiction pour une substance, rien ne dit que ces neurones seront présents chez les rats, souvent utilisés comme modèle animal dans la recherche. Il existe donc des limites au niveau physiologiques qui ne nous permettent pas, pour le moment, et malgré tous les progrès réalisés en la matière, de savoir si les animaux peuvent être eux aussi, alcooliques.

Source

Tabac et cannabis : les prisonniers ne sont pas très raisonnables

Journal International de Médecine – 6 mai 2024 – Quentin Haroche

Paris – Les résultats de l’Enquête sur la santé et les substances en prison (ESSPRI) publiés ce lundi démontrent une forte consommation de substances psychoactives en prison.

Dans un monde idéal, la prison devrait être un lieu épargné de tous les vices et maux du monde extérieur, où les prisonniers pourraient s’amender et se réhabiliter. Il n’est en souvent malheureusement rien : trafic, violence, radicalisation, maltraitance…la prison porte malheureusement bien son surnom d’ « école du crime ».

Ce sont au total 1 094 prisonniers hommes détenus depuis au moins trois mois qui ont été interrogés sur leurs pratiques de consommation en prison (une autre enquête sera publiée en 2025 sur les femmes détenues, qui ne représentent que 4 % des plus de 70 000 prisonniers en France). Premier enseignement de l’étude, les prisonniers sont de gros fumeurs : 73 % des prisonniers déclarent avoir déjà fumé depuis leur incarcération et 63 % fument quotidiennement.

Le taux de tabagisme des prisonniers est ainsi 2,5 fois plus élevé que celui de la population masculine libre. Pas forcément une très grande surprise au vu du profil socioéconomique très défavorisé de la grande majorité des détenus en France, le tabagisme étant généralement lié à l’appartenance aux classes défavorisées.

Les prisonniers ne lèvent pas le coude Si le tabac est autorisé en prison, ce sont tout de même plus de la moitié des prisonniers (52%) qui déclarent avoir déjà consommé en détention une substance interdite, signe du manque de contrôle qui règne dans un grand nombre de nos établissements pénitentiaires.

Ainsi, 49 % des prisonniers déclarent ainsi avoir déjà fumé du cannabis en prison dont 34 % qui déclarent
fumer chaque semaine et 26 % tous les jours. La prévalence de la consommation de cannabis est ainsi 8 fois plus importante en prison que dans le monde extérieur !

La prison n’est cependant pas un lieu d’initiation au cannabis : 25 % des détenus consommaient
quotidiennement déjà du cannabis avant leur incarcération et parmi ceux qui n’en avaient jamais fumé avant leur incarcération, seulement 8 % ont commencé en prison.

Les prisonniers ne sont en revanche pas des gros buveurs : seulement 16 % ont déjà bu de l’alcool avant leur incarcération et seulement 3,7 % déclarent boire au moins une fois par mois. Il ne faut cependant pas voir ici une tendance à l’abstinence des prisonniers, qui sont nombreux à déclarer boire avant leur incarcération.

C’est surtout la difficulté de faire entrer de l’alcool, interdit en prison, au sein des établissements pénitentiaires, qui explique cette abstinence : 52 % des prisonniers interrogés estiment impossible ou très difficile d’obtenir de l’alcool alors que 51 % disent qu’il est très facile de trouver du cannabis.

Enfin, la consommation d’autres substances illicites comme la cocaïne, le crack, la MDMA ou l’héroïne en prison est bien plus marginale, avec 14 % des prisonniers qui déclarent en avoir déjà consommé depuis leur incarcération (13 % pour la cocaïne, 6 % pour le crack, 5 % pour la MDMA et 5 % pour l’héroïne).

Seulement 3,5 % des prisonniers disent avoir déjà consommé de la drogue injectable en détention.
L’OFDT appelle à renforcer la lutte contre la consommation de tabac et de cannabis 
Quelles que soient les substances psychoactives concernées, les jeunes prisonniers en sont des
plus gros consommateurs.

Les détenus de 18-34 ans fument plus souvent du tabac (69 % de fumeurs quotidiens) ou du cannabis (35 % quotidiennement) et boivent plus souvent de l’alcool (4,7 % mensuellement) et que les prisonniers de plus de 35 ans (respectivement 55 %, 15 % et 2,7 %). Les auteurs de l’étude n’ont pas noté de différence de profil de consommation selon le type de détention (pour peine ou en attente d’un jugement) ou la longueur de l’incarcération.

Au final, s’agissant de la consommation de substances psychoactives, l’étude de l’OFDT estime qu’il existe trois types de prisonniers : un premier tiers, essentiellement des jeunes détenus, conjugue consommation quotidienne de tabac et mensuelle de cannabis ; un autre tiers ne consomme que du tabac ; enfin un dernier tiers, surtout des vieux prisonniers, ne consomme aucune substance psychoactive.

En revanche, la polyconsommation tabac-alcool, relativement fréquente dans le monde extérieur, est inexistante en prison. 
« Les résultats interrogent une éventuelle adaptation des politiques sanitaires en matière de prévention et de traitement des addictions à la réalité des consommations observées » conclut l’OFDT.

Si beaucoup d’efforts ont été faits ces dernières années, avec succès, pour lutter contre la consommation de drogues injectables, le danger de ce type de pratiques est désormais moindre grâce au recul de l’épidémie de VIH. C’est sur la prévention s’agissant du tabac et la lutte contre la consommation de cannabis que doivent se concentrer désormais les services pénitentiaires.

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