Qu’arrive-t-il à notre terroir, d’où jaillissent des Bordeaux savoureux, des cognacs exportés par milliers, et des hectolitres de bières engloutis à chaque « happy hour » ?
La crise de l’alcool atteint désormais une ampleur qui inquiète les industriels, ravit les acteurs de santé publique, et passionne les sociologues.
De plus en plus de voix s’élèvent en faveur de la légalisation de certaines drogues « douces » afin de lutter contre le trafic de stupéfiants. Nous avons écrit plusieurs fois, en prenant des exemples dans les Etats américains, que cela ne résoudrait rien. Les dealers sont prompts à s’adapter. Ils ne ferment pas boutique du jour au lendemain, ils vendent d’autres produits, fort probablement plus durs et plus dangereux. De surcroît, on ne le dit pas assez, les prétendues drogues « douces » ne le sont pas vraiment. Aux Etats-Unis, la consommation de cannabis a considérablement augmenté lorsqu’il est devenu plus accessible et mieux accepté.
Tour d’horizon des pays les plus concernés par l’usage des principales drogues qui circulent en Europe.
Des chiffres inquiétants. Selon les dernières estimations, près de 90 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans ont déjà consommé du cannabis, 17,2 millions de la cocaïne et 14,1 millions de l’ecstasy (MDMA). Une problématique majeure de santé publique à laquelle l’Union européenne tente de répondre par une stratégie renforcée.
La Commission européenne a présenté, le 5 décembre dernier, un plan d’action en matière de drogues ciblant notamment le trafic. L’objectif est d’apporter une réponse coordonnée aux enjeux sécuritaires, sanitaires, sociaux et environnementaux liés à la production, à la circulation et à la consommation de substances illicites.
En 2023, environ 7.500 décès liés aux drogues ont été recensés dans l’Union européenne, soit un taux de 24,7 morts par million d’habitants âgés de 15 à 64 ans. Mais qui consomme le plus en Europe ?
le Cannabis
Le cannabis demeure, de loin, la substance la plus consommée sur le continent, indépendamment des cadres juridiques nationaux, qu’il soit interdit, dépénalisé ou autorisé. Plus d’un adulte sur quatre en Europe, soit environ 90 millions de personnes, en a déjà fait usage au cours de sa vie.
La France arrive en tête, avec 50,4 % des adultes concernés, devant l’Espagne (43,7 %) et le Danemark (37,6 %). Chez les jeunes Européens âgés de 15 à 34 ans, près de 15,5 millions déclarent avoir consommé du cannabis au cours de l’année écoulée, soit plus d’un sur sept. Les niveaux varient fortement selon les pays, allant de 3,4 % en Hongrie à 21,5 % en Italie.
Globalement, la consommation apparaît plus répandue en Europe de l’Ouest et du Nord qu’à l’Est.
la Cocaïne
La cocaïne constitue la deuxième drogue la plus consommée dans l’UE. Près de 2,7 millions de jeunes adultes en auraient pris au moins une fois au cours de l’année passée. Le rapport 2025 de l’Agence européenne pour les drogues fait état d’un nouveau record de saisies, avec 419 tonnes interceptées en 2023, pour la septième année consécutive.
Les usages varient sensiblement d’un État membre à l’autre. En termes de consommation au cours de la vie chez les 15-64 ans, l’Espagne affiche les taux les plus élevés (13,3 %), suivie de la France et du Danemark (9,4 %). À l’inverse, la Pologne (1,5 %) et Malte (0,5 %) enregistrent les niveaux les plus faibles.
la MDMA et les amphétamines
Selon l’Enquête européenne en ligne sur les drogues 2024, menée auprès de consommateurs, la MDMA figure parmi les substances les plus fréquemment utilisées.
Environ 4,1 % des Européens âgés de 15 à 64 ans déclarent avoir consommé des amphétamines au cours de leur vie, avec des pics observés en Estonie (8 %) et au Danemark (7,9 %). Parmi les jeunes, 1,6 % en ont pris au cours des douze derniers mois, une proportion qui atteint 5,1 % en Estonie.
L’ecstasy (MDMA) connaît également une progression. Plus de 5 % des Européens y ont déjà eu recours, tandis que 2,6 % des 15-34 ans en ont consommé récemment. Les niveaux les plus élevés chez les jeunes sont relevés aux Pays-Bas (9,3 %) et en République tchèque (6,6 %).
Il a longtemps été considéré que boire un verre de vin rouge par jour était bénéfique pour la santé. Mais les spécialistes affirment désormais que tout bénéfice serait annulé par les risques.
Fumeurs du soir, anciens trafiquants, toxicomanes malchanceux… Ils consomment à petite ou grande dose et refusent, souvent, de se voir comme un maillon du trafic. « Ceux qui dealent connaissent les risques », disent ces hommes envoyés par la justice à un stage de sensibilisation aux dangers des stupéfiants à Nantes, auquel Ouest-France a assisté. Ils racontent une France où le cannabis est devenu banal. Comme la violence du narcotrafic. er
Point positif important, selon Yann Le Strat : la baisse du tabagisme. Ce n’est pas une surprise, l’agence ayant déjà communiqué dessus en novembre, mais moins d’une personne interrogée sur cinq fume au quotidien.
C’est le premier recul depuis la crise du Covid-19, qui avait vu un rebond de la tendance, mais tout le monde n’est pas égal face à la situation. La consommation quotidienne de tabac monte à 30 % chez les personnes en difficultés financières.
Les drogues « douces » sont devenues dures car la teneur en THC a augmenté de 82 % en 11 ans pour vous rendre terriblement dépendants ! Ce que dit Monsieur Bauer dans cette vidéo est vrai. Les drogues mêmes douces deviennent de plus en plus dures, et détruisent totalement les neurones des consommateurs. C’est aussi ce que vous voyez avec l’augmentation de la violence sous toutes ses formes dans nos rues.
Ce que ne dit pas Alain Bauer dans cet extrait, c’est que cela concerne aussi la cocaïne par exemple passant de 49 % de principes actifs en 2013 à 73 % en 2023.
Cette hausse est aussi valable pour l’héroïne. Seule l’ecstasy n’a pas vu sa teneur moyenne exploser à la hausse.
« En 2023, la teneur moyenne en THC, le principe actif du cannabis, est de 29 % contre 30 % en 2022 pour les saisies de résine de cannabis. Depuis le début des années 2010, le taux de THC contenu dans la résine de cannabis augmente de façon continue. Il a ainsi augmenté de 82 % en onze ans, passant de 15,9 % en 2012 à 29 % en 2023. La cause du phénomène résiderait dans l’introduction depuis une dizaine d’années de variétés hybrides de cannabis fabriquées en Europe et revendues aux agriculteurs marocains. S’agissant de l’herbe de cannabis, en 2022 comme en 2023, la teneur moyenne en THC est de 14 %. Depuis 2012, elle a augmenté de 27 % ». Tous les chiffres et graphiques sont à retrouver sur le site de l’OFDT lien ci-contre. (Source Observatoire français des drogues et des tendances addictives ici)
……s’appuyant sur les influenceurs, selon un rapport d’Addictions France
L’immense majorité des adolescents de plus de 15 ans sont exposés chaque semaine à des publicités pour de l’alcool sur les réseaux sociaux.
L’immense majorité des adolescents de plus de 15 ans sont exposés chaque semaine à des publicités pour de l’alcool sur les réseaux sociaux.lire plus tard12 com
Beaucoup de publications échappent aux règles sur les réseaux et les plateformes, notamment les contenus éphémères sur Instagram ou TikTok, souvent non signalés comme publicitaires. Selon l’Académie de médecine, 50% des élèves de 6e ont déjà bu de l’alcool, et 20% des élèves de terminale en consomment régulièrement. (OSCAR WONG / MOMENT RF / GETTY IMAGES)
Les marques d’alcool continuent de faire de la publicité sur les réseaux sociaux et en s’appuyant sur les influenceurs, dénonce ce mardi Addictions France, dans un rapport que France Inter a pu consulter. En 2024, l’association dénonçait, dans un premier rapport exclusif, la manière dont les marques d’alcool ciblent les jeunes via les réseaux sociaux et s’appuient sur des influenceurs pour afficher des posts toujours plus attractifs sur l’alcool.
Un an plus tard, rien n’a changé selon Addictions France : 79% des 15-21 ans voient encore des publicités pour de l’alcool toutes les semaines sur les réseaux sociaux. « Sur Instagram, sur TikTok, il y a ce genre de contenus qui banalisent la consommation, qui fait rentrer la consommation d’alcool dans le quotidien, fait rentrer l’alcool chez nous », dénonce au micro de France Inter Franck Lecas, responsable de projet à Addictions France.
Les substances illicites occupent une place préoccupante en France, où la consommation de cannabis, d’héroïne et de cocaïne persiste à des niveaux élevés. Les tendances récentes révèlent quelles drogues restent les plus prisées parmi la population française.