Les substances illicites occupent une place préoccupante en France, où la consommation de cannabis, d’héroïne et de cocaïne persiste à des niveaux élevés. Les tendances récentes révèlent quelles drogues restent les plus prisées parmi la population française.
À l’approche des célébrations du temps des fêtes, la consommation d’alcool individuelle a tendance à augmenter chez chaque individu, pouvant causer de multiples problèmes liés à une consommation excessive.
Néomédia s’est entretenu avec madame Josée Côté, directrice générale de l’OSBL Éduc’alcool qui souhaite prodiguer des conseils pour des fêtes plus saines et sécuritaires.
L’édition 2024 du rapport annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dresse un état des lieux des usages et du marché de l’alcool en France : on note une baisse des volumes mis en vente, un recul des consommations mais une hausse des hospitalisations et un impact sanitaire toujours important.
Les consommations et volumes d’alcool mis en vente continuent de diminuer en 2024, tandis que le nombre d’hospitalisations liées à l’alcool augmente par rapport à 2023.
Ce sont les principaux points du rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), qui donne une vue d’ensemble de l’offre de boissons alcoolisées, de leur consommation et des conséquences sanitaires et sociales en France pour l’année 2024.
Les trafics de cocaïne et d’ecstasy connaissent néanmoins une forte croissance, selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure.
Article rédigé par franceinfo avec AFP Publié le 03/12/2025
/2025/12/03/063-2229621556-6930aee5820c0724982495.jpg)
Le cannabis reste la principale drogue vendue et consommée en France entre 2016 et 2024, selon un premier état des lieux publié mercredi 3 décembre par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Et « de loin », note l’étude, qui relève que 78% des mis en cause en 2024 le sont en lien avec cette drogue, et qu’elle représente 92% des usages, rapporte le service statistique. Ensuite, « dans l’ordre, la cocaïne, l’héroïne et l’ecstasy-MDMA concernent le plus grand nombre de mis en cause ».
À lire aussi Cocaïne, héroïne, amphétamines… Aux Pays-Bas, les trafiquants de drogue travaillent à domicile
« En 2024, 52 300 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants et 290 400 personnes l’ont été pour usage de stupéfiants », des chiffres en hausse depuis 2016, relève le SSMSI. Il observe que « les évolutions » du trafic et de la consommation « sont très contrastées selon le stupéfiant concerné » : « le nombre de mis en cause pour trafic de cocaïne ou d’ecstasy croît beaucoup plus fortement que celui pour trafic de cannabis ou d’héroïne ». Et « le nombre de mis en cause pour usage d’au moins une des trois substances éligibles à une amende forfaitaire délictuelle, le cannabis, la cocaïne et l’ecstasy-MDMA, croît fortement, tandis qu’il enregistre une baisse pour l’héroïne ».
La consommation et le trafic de cannabis surtout présents en Ile-de-France
La consommation et le trafic de cannabis « sont particulièrement localisés » en Ile-de-France et dans les Bouches-du-Rhône, tandis que pour l’héroïne, le nord et l’est de la France sont concernés. Drogues de synthèse et crack sont davantage prisés à Paris et les ventes de cocaïne ont surtout lieu en Guyane, Martinique, sur le littoral méditerranéen ainsi que dans l’agglomération parisienne, selon l’étude.
« Les profils des mis en cause sont très différents selon le stupéfiant en question », souligne-t-il. Pour le trafic de cannabis, l’âge médian des personnes impliquées est de 21 ans, 22% sont des mineurs et « plus des trois quarts ont moins de 30 ans », note le SSMSI. Côté consommation aussi, « le cannabis et les drogues de synthèse sont associés aux mis en cause les plus jeunes ».
Les trafics de cocaïne et d’ecstasy connaissent malgré tout une forte croissance sur la période 2016-2024, selon un premier état des lieux publié par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure.
Lire la suite
92 % des personnes mises en cause pour usage de drogue en France l’ont été pour du cannabis révèle une étude du ministère de l’Intérieur. Parmi elles, les hommes et les jeunes sont surreprésentés.
Ouest-France P. GRATIAN. Publié le 03/12/2025
L’immense majorité des personnes qui ont été mises en cause pour usage ou trafic de stupéfiants en France ces dernières années l’ont été pour du cannabis, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur révélés ce mercredi 3 décembre 2025.
78 % des mis en cause pour trafic de drogues l’ont été pour le cannabis
« Depuis 2016, le nombre de mis en cause pour trafic et usage de stupéfiants par les services de police et de gendarmerie est en hausse ; en 2024, 52 300 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants, et 290 400 personnes l’ont été pour usage de stupéfiants », relève le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure. 92 % des mis en cause pour usage de drogue et 78 % des mis en cause pour trafic de drogues l’ont été pour le cannabis, précise l’étude. La cocaïne, l’héroïne et l’ecstasy-MDMA, arrivent ensuite.
Si le nombre de mis en cause est en hausse pour le cannabis, « l’augmentation est plus rapide pour la cocaïne, l’ecstasy et les nouvelles drogues de synthèse », précise toutefois le ministère.
Des mis en cause très jeunes et masculins
En 2024, 52 300 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants, et 290 400 personnes l’ont été pour usage de stupéfiants, apprenait-on déjà dans un rapport du même institut publié jeudi 27 novembre. Des chiffres en hausse.
Autre enseignement de cette analyse du 3 décembre, les mis en cause pour trafic de cannabis sont très jeunes, avec 22 % de mineurs et un âge médian de 21 ans. Plus des trois quarts ont moins de 30 ans.
« Le cannabis est aussi le produit pour lequel les mis en cause sont le moins souvent des femmes », avec seulement 8 % pour le trafic et 7 % pour l’usage. L’Île-de-France et les Bouches-du-Rhône sont les deux zones les plus touchées, apprend-on également.
Selon une étude menée à l’Université McGill, les adolescents qui consomment précocement et fréquemment du cannabis sont plus susceptibles d’avoir besoin de soins de santé physique et mentale à l’âge adulte.
L’étude montre que les personnes qui ont commencé à consommer du cannabis avant l’âge de 15 ans et qui ont continué à en consommer quotidiennement ou presque quotidiennement sont plus susceptibles d’avoir besoin de soins pour dépression, anxiété, idées suicidaires, blessures et problèmes de santé, comme des troubles respiratoires. En revanche, l’étude montre que les personnes qui ont commencé à consommer après l’âge de 15 ans présenteraient davantage de problèmes de santé, mais uniquement sur le plan physique.
….. vise à suivre les comportements à risque des adolescents de 16 ans en Europe, et plus particulièrement leurs usages de substances psychoactives. L’édition 2024 s’est déroulée entre avril et juin auprès d’un échantillon représentatif de 113 882 jeunes interrogés dans 37 pays, dont 3 376 en France.
Les résultats montrent que la France se situe désormais en dessous de la moyenne européenne pour l’ensemble des indicateurs d’usage, enregistrant une baisse des consommations de drogues parmi les plus marquées du continent au cours de la dernière décennie (entre 2015 et 2024).
Tabac, alcool et cannabis : une baisse particulièrement nette en France
L’initiation au tabac a significativement reculé en France, plus rapidement que dans la plupart des pays européens. En 2024, un cinquième des jeunes Français de 16 ans a déjà expérimenté le tabac (20 %), un des niveaux les plus faibles d’Europe. En dix ans, la part des adolescents de 16 ans fumant tous les jours des cigarettes a été divisée par cinq, passant d’environ 16 % en 2015 à 3,1 % en 2024, ce qui place la France parmi les pays européens comptant le moins de fumeurs quotidiens à l’adolescence, aux côtés d’une dizaine de pays, principalement nordiques, où la prévalence est inférieure à 5 %.
A 16 ans, sept jeunes Français sur dix (68 %) ont expérimenté l’alcool (67 % des garçons, 70 % des filles, les jeunes filles étant désormais plus nombreuses à experimenter que les garçons), alors que dans deux-tiers des pays participants, la moyenne dépasse 70 %. Bien que ces niveaux d’expérimentation soient élevés, de même que la fréquence des alcoolisations ponctuelles importantes (API) (22 % en France et 30 % dans la moitié des pays participants), la France figure dans le tiers des pays européens affichant la plus faible consommation de boissons alcoolisées.
Alors que la France a longtemps compté parmi les pays les plus consommateurs de cannabis, en 2024, l’expérimentation de ce produit à l’adolescence connaît une baisse spectaculaire: l’initiation au cannabis a été divisée par trois en dix ans, passant de 31 % des jeunes de 16 ans en 2015 à 8,4 % en 2024.
Cette tendance à la baisse en France apparaît d’autant plus significative qu’elle contraste avec la stabilité observée dans de nombreux pays européens. L’usage de cannabis au cours du mois suit la même tendance, passant de 17 % à 4,3 % durant cette période – son niveau le plus bas depuis vingt-cinq ans. La France compte désormais parmi les pays où les jeunes de 16 ans consomment le moins de cannabis.
Substances illicites autres que le cannabis
En 2024, 3,9 % des Français de 16 ans déclarent avoir expérimenté au moins une drogue illicite autre que le cannabis, un niveau inférieur à la moyenne européenne (5 %). Parmi ces substances illicites, la cocaïne demeure la substance la plus expérimentée à 16 ans (1,7 %), devant les amphétamines (1,3 %), le crack (1,2 %) et l’ecstasy/MDMA (1,1 %).
Sur dix ans, la proportion de jeunes ayant expérimenté au moins une drogue illicite autre que le cannabis a nettement reculé, passant de 7,5 % en 2015 à 3,8 % en 2024.
Une tendance européenne à la baisse
Cette nouvelle photographie des comportements d’usage de drogues chez les adolescents de 16 ans en Europe met en évidence une réduction significative de la consommation de substances légales et illégales dans de nombreux pays européens, tendance particulièrement marquée en France.
Les effets du cannabis sont paradoxaux : son usage médical vise à lutter contre les nausées et vomissements mais consommé quotidiennement, il provoque un syndrome qui demeure mystérieux pour la communauté scientifique, mais de plus en plus fréquent : le syndrome d’hyperémie cannabinoïde ou CHS.