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Une invitation de EDVO

 Nous serions honorés de votre présence le 4 Avril à 19 h à la cinémathèque Robert LYNEN, 11 Rue Jacques BINGEN à PARIS 17ème, à la présentation du film « Juste pour Aujourd’hui ». Réservation indispensable : contact@titusfilms.fr

Le tournage de ce film sur 6 mois, au contact de nos résidents en rétablissement, a permis à Valérie JOURDAN de produire un film de 52mn qu’elle présentera aux médias et personnalités ce 4 Avril. (voir invitation ci-jointe).

Ce film fait suite aux reportages réalisés précédemment sur notre méthode d’accompagnement social et thérapeutique des sortants de cure ; 75 % de nos pensionnaires maintiennent leur abstinence avec une réinsertion sociale durable au terme d’une année de suivi. (voir reportages sur www.edvo.fr).

Comptant sur votre participation, avec Valérie JOURDAN, je vous accueillerai avec plaisir le 4 Avril pour ce film projeté en avant-première.

Bien à vous.

Jean-Paul BRUNEAUPrésident Fondateur de l’Association Nationale EDVO06 09 21 26 92

Les mécanismes dans les toxicomanies

Son titre comme son format ne sont pas habituels et pourraient échapper au lecteur pressé. Ce serait dommage, malgré le laconisme de son titre, de rater uneréflexion aussi originale et pertinente. Deux phrases tirées de l’article, situent l’objectif de l’auteur :
« La prévention des toxicomanies ne se situe pas seulement aux moments de la vie où elles éclosent »
« Ceux qui fument une cigarette tirée d’un paquet où il est écrit en gros et en gras -fumer tue – ne sont pas tous des illettrés »
Nous vous proposons un résumé (de la rédaction) et suggérons vivement la lecture de l’article original, espérant qu’il suscitera commentaires et réactions

Les 3 D (Délire, Déni, Dénégation)
Dr Régis Brunod, pédiatre et pédopsychiatre

Nos lecteurs sont les mieux placés pour savoir que les études scientifiques et les arguments pour montrer les méfaits et la dangerosité du cannabis ne manquent pas.
Merci, entre autres, aux membres du CNPERT pour cela. Il en est de même pour les arguments en défaveur de sa légalisation, les constatations dans les pays l’ayant adoptée ne confirmant pas, et de loin, les bénéfices escomptés.

Pourtant ces alertes et ces mises en garde ne rencontrent jusqu’à présent que peu d’audience dans les médias, les réseaux sociaux et autres « influenceurs ». Elles semblent n’être que des cris d’alerte inaudibles au milieu du brouhaha vantant les soi-disant bienfaitsde « l’herbe »,alors que les pathologies
liées aux toxicomanies continuent leur expansion et leurs dégâts.

Attribuer la responsabilité de cet état de fait aux trafiquants et à leur système commercial extrêmement efficace est une réponse simpliste et qui n’aborde qu’une des facettes d’un système complexe mais
humain, trop humain, pour paraphraser uncélèbre philosophe touchant au nihilisme.

Nous saluons le redoublement actuel des efforts de nos valeureux douaniers, gendarmes, policierset marins ainsi que leur courage. Mais leurs efforts ne seront pas beaucoup plus efficacesque s’ils remplissaient le tonneau des Danaïdes tant qu’il y aura autant de consommateurs, nous voulons dire de personnes « hameçonnées » et « ferrées »par des toxiques,victimes « de leur plein gré »d’un choix initial devenu par la suite une addiction.

Pourquoi l’information et l’éducation sur le sujet ne passent-elles pas la rampe et pourquoi ceux qui les entendent restent-ils sourds à ces appels pour leur propre protection ? Nous touchons là aux limites de la pensée rationnelle ainsi qu’aux effets d’un individualisme exacerbé. Le domaine des toxicomanies n’est d’ailleurs pas le seul où l’éducation et l’information achoppent sur leurs buts et nous vous proposons d’explorer de manière succincte dans cet article ce que l’on peut trouver au-delàdes limites de la pensée
rationnelle.

Nous risquons de vous décevoir pour ce qui est de la mise en pratique des notions que nous allons aborder, mais essayer de trouver quelques pistes de compréhensionde l’illogique est un pas en avantdans l’aide que l’on peut apporter à tous ceux qui mésestiment les risqueset les leurres de la prise de produitsprésentés comme bénéfiques, quand ce n’est pas comme unethérapeutique par des études biaisées.

C’est à dire les personnes les plus naïves, pour ne pas dire les plus jeunes. Nous ne discuterons pas des cas où l’information n’est pas comprise par la personne par manque de capacités cognitives ou linguistiques, ce qui n’est pas l’objet de notre travail.

Les toxicomanies s’observent dans toute société,même si les produits utilisés peuvent varier suivant les populations. A l’ère des réseaux sociaux la tendanceest d’ailleurs plutôt à l’uniformisation avecune succession de modes pour de nouveaux produits toujours plus « tendance »,concomitamment à des produits « éprouvés » qui tiennent la route dans tous les milieux, même s’ils s’y présentent sous des formes différentes (nicotine, alcool, cannabis, cocaïne,etc…).

De bonnes capacités intellectuelles n’immunisent pas contre les conduites à risque et notre expérience clinique auprès d’adolescents souffrant de déficience mentale légère ou moyenne nous laisserait même penser qu’ils sont plus enclins que les personnes « intelligentes » à éviter les conduites dangereuses, lorsqu’ils les ont bienidentifiéesen tant que telles.

Nous parlerons donc des mécanismes en jeu chez tous ceux qui déchiffrent correctement un avertissement, mais dont le messagereste sans effet ou d’un effet très partiel sur leur comportement. Ceux qui fument une cigarette tiréed’un paquet où il est écrit en gros et en gras « Fumer tue » ne sont pas tous des illettrés.

Dans un souci de clarté nous regrouperons ces mécanismes nous détachant du réel dans trois rubriques : les délires, le déni et la dénégation. Ces trois rubriques s’intriquent de manière plus ou moins importante chez chaque individu, mais pour la compréhension du texte nous les exposerons l’une après l’autre.

Nous dirons aussi quelques mots du rôle de l’imagination, de la curiosité, de la suggestibilité ainsi que de l’imitation.

  • Les délires
    Schématiquement on distingue en psychiatrie les délires hallucinatoires des délires interprétatifs.
    o Les premiers sont nommés ainsi parce que leur principal symptôme est l’existence d’hallucinations visuelles ou auditives totalement ou partiellement détachées de l’environnement réel de celui ou celle qui les éprouve.
  • Certains produits hallucinogènes produisent des hallucinations plaisantesde durée limitée, plutôt visuelles qu’auditives, plutôt sensorielles que construites. Ce sont elles qui sont recherchées par ceux
    qui croient aux paradis artificiels et qui sont mises en avant par ceux qui en tirent profit.
  • Par contre, contrairement à ce que sous-entendjovialement le terme« délire »dans de nombreuses formules du langage courant, l’état délirant n’est pas une partie de plaisir.Il s’agit d’une grande souffrance anxieuse très bien décritepar Emile Zola dans son célèbre rendu d’un épisode de delirium tremens alcoolique (L’assommoir).
  • Une des versions modernesde cet accès délirant aigü est le « bad trip », épisode où le paradis promis par le toxique est devenu un enfer hallucinatoire persécutif. Sa survenue peut être un signe d’alerte fort pour qui l’a vécu, mais malheureusement cet accès est trop souvent attribué à la qualité
    du produit consommé, sans remettre en cause la conduite toxicomaniaque en elle-même.

  • Il est rare que dans les hallucinations auditives le patient entende une injonction à consommer une drogue.
    o Les délires interprétatifs sont d’une autre facture. Ils peuvent entrer en jeu dans la décision d’une prise de toxiques, mais ils sont surtout un frein à l’acceptation d’une aide les incitant à décrocher, du fait de leur tonalité persécutive envahissante. Toutes les tentatives bienveillantes de l’entourage pour faire sortir du cercle infernal dans lequel est pris un de leurs membres sont interprétées par celui-ci comme malveillantes.
  • Il ne peut y voir que des brimades et des restrictions de sa liberté, pour ne pas dire des méchancetés, au lieu d’un cadre protecteur. Et ceci de manière absolument certaine et non discutable, contrairement à ce qui peut se passer lors des simples conflits de l’adolescence.
  • Les personnes aidantes, le plus souvent leur famille, deviennent ainsi les principaux persécuteurs et on observe chez la personne atteinte un déni total de l’amourfilial ou du désir de protéger une personne chère.
  • Cette conviction délirante de relations humaines persécutrices est très fréquente lors la prise chronique de cannabis et s’étend facilement à tous ceux qui tentent de s’y opposer ; ainsi rares sont les professionnels qui y échappent.
  • Elle est majorée lorsque le toxique, cannabis ou autre, est pris comme automédication à court terme d’une angoisse submergeant la personne. La perspective d’un sevrage, même en milieu médical, devient alors insoutenable par la crainte d’un retour de cette angoisse, crainte majeure qui aboutit à des conduites d’évitement total de toute perspective de soins et le recours au toxique pour un soulagement immédiat.
  • Un cercle vicieux de renforcement réciproque se met alors en place à moyen terme, cercle dont le patient peut difficilement sortir de sa propre initiative. La symptomatologie prend alors souvent la forme d’un « trouble schizophréniforme »où il est difficile de distinguerdans chaque cas particulier la part de la prédisposition génétique de celle du toxique.
  • Après ce petit rappel ciblé de sémiologie psychiatrique nous allons essayer de décrire les mécanismes psychiques en jeu chez le commun des mortels lors de l’ignorance d’un signal d’alerte devant un danger évident. Certains de ces mécanismes n’atteignent pas le niveau conscient et on parle de déni. D’autres se situent au niveau de la pensée et le signal d’alerte arrive bien au niveau de la conscience, mais il n’en est pas tenu compte et on parle de dénégation. Il s’agit là de l’interprétation de termes utiles à la compréhension des problèmes auxquels nous sommes confrontés, mais les dictionnaires ne font pas aussi clairement la distinction et n’abordent pas la question du niveau de conscience, se référant plutôt à la signification technique du terme (déni de justice par ex.). Dans le célèbre manuel de psychiatrie de Henri Ey c’est seulement le terme de dénégation qui est utilisé dans le chapitre des névroses, en le distinguant des processus de refoulement dans l’inconscient, sans qu’apparaisse pour autant le terme de déni.Notre réflexion se limitera aux mécanismes en jeu dans les toxicomanies.
  • Le déni

Notre essai de compréhension des mécanismes du déni va faire appel à des notions des débuts du développement psychique de l’être humain, c’est-à-dire de l’enfance. Ces notions n’ont rien d’anormales en elles-mêmes et font partie intégrante de la croissance chez l’enfant mais c’est la persistance de leur importance, voire de leur prépondérance, dans le psychisme au cours de l’adolescence puis à l’âge adulte que nous questionnons.
La position égocentrique est probablement une des principales notions qu’il faut prendre en compte dans les mécanismes du déni. Elle n’est en rien une notion morale mais la perception qu’a le très jeune
enfant de se sentir au centre du monde qui l’entoure. Cette position psychique, presque géographique, est indispensable à sa survie mais elle ne lui permet pas d’accéder aux éléments du réel qui ne sont pas à sa proximité immédiate. Ce sont les adultes qui s’en chargent. Elle ne lui permet pas non plus d’accéder au futur et il ne peut envisager les conséquences de ses actions.

C’est peu à peu qu’il va les découvrir, au début en faisant tomber des objets par exemple. Une des principales missions éducatives des parents est d’aider leur enfant à quitter progressivement cette position confortable pour qu’il puisse profiter sans dangerde son autonomie grandissante et s’instruire.

Pour se promener dans la rue sans qu’on vous tienne la main il faut avoir intégré le danger que sont les véhicules et pouvoir apprendre le B-A-BA du code de la route. La protection permanente passive et prolongée par les adultes de tout danger potentiel est une impasse dont l’enfant qui en est l’objet s’échappera un jour ou l’autre, sans moyens d’évaluer un risque. Cette prolongation du vécu dans une position centrale est observée chez nombre de jeunes adultes sans qu’ils aient pour autant conscience d’y
être, tant elle va d’elle-même. C’est pourquoi nous parlons d’une composante du déni.
La toute-puissance est le corollaire de cette position égocentrique. Elle fait appel en plus à la pensée magique, autre caractéristique de la petite enfance.

Dans le domaine qui nous intéresse elle laisse croire à l’individu concerné que la force de sa pensée est supérieure à toute contrainte externe à celle-ci. Au début de l’intoxication il croit sincèrement être libre de ses prises et il ne lui vient même pas à l’idée qu’une vulgaire petite molécule est en train de prendre le contrôle de la situation. « J’arrête quand je veux ! »…. demain….ou après-demain.

Sa liberté transformée en esclavage par un tyran invisible ? Il n’y pense même pas, déni. Lorsque la suite des évènements lui fait toucher du doigt que quelque chose ne va pas,la pulsion de maîtrise, troisième élément de la pensée enfantine, prend le relais pour juguler l’angoisse et maintenir le déni. En laissant croire à l’individu qu’il maîtrise encore la situation et en s’alliant aux deux éléments que nous avons vus précédemment elle s’oppose à toute prise de conscience de la gravité de celle-ci.

Elle devient alors une des composantes du déni qui va entraver une demande d’aide par le sujet en perdition et s’opposer à celle qu’on cherche à lui apporter. Pourtant la probabilité de s’affranchir soi-même d’une addiction installée est probablement du même ordre de grandeur que celle qu’un poisson se débarrasse tout seul de l’hameçon qu’il a en travers de la gorge.

Voilà quelques éléments à la source du déni dans les addictions aux produits toxiques. Ces éléments se situent bien avant et à un autre niveau de conscience que celui de la volonté qui se trouve ainsi dépassée par la puissance acquise du toxique au moment où la prise de conscience, malheureusement tardive, lui permettrait d’intervenir. Il existe aussi une autre composante du déni, plus générale dans la population et les instances dirigeantes.
Il s’agit de la sous-estimation consternante de la force intrinsèque des molécules addictives.
Mais il y a dans cette sous-estimation une part importante de dénégation, ce que nous allons voir dans le paragraphe suivant.

  • La dénégation :

La dénégation fait appel à des éléments conscients pour contester en tout ou en partie la toxicité des produits utilisés ainsi que le caractère pathologique des addictions. La particularité de la dénégation est qu’elle est publique, largement favorisée et utilisée par le système commercial des trafiquants pour accroitre leurs ventes ainsi que par d’autres gens ayant pignon sur rue et dont les motivations sont moins claires.
Un des principaux éléments de la dénégation est la banalisation des termes et des conduites. De quelle manière de « l’herbe » pourrait-elle être nocive alors que dans les jardins on fait pousser du gazon où jouent les enfants ? D’ailleurs, puisque c’est « naturel » ça ne peut pas faire de mal ! Quoi de plus neutre que le terme « un joint » ? Rien qui porte à conséquence.

Des termes particuliers peu signifiants sont employés aussi pour mettre en avant un effet recherché par l’utilisateur : « être zen, être speed, … ». Un autre levier des ventes est celui de la soi-disant révélation ou de l’augmentation de capacités de celui qui utilise le produit. C’est ainsi qu’un des principaux arguments des vendeurs de crack auprès des hommes est celui de l’augmentation supposée de leurs performances viriles.

Dans le domaine artistique aucune prise de toxique n’est à l’origine de la créativité, tout juste peut-elle favoriser une levée d’inhibition. C’est pourtant un préjugé tenace qui magnifie de manière romantique les « artistes maudits », à l’encontre des réflexions de Baudelaire sur « les paradis artificiels ». Le fait
que nombre d’artistes contemporains soient morts des conséquences de leur toxicomanieest aussi relativisé en présentant ces fins tragiques en quelque sorte comme des accidents tragiques renforçant la présentation « mythique » du disparu. Dans une langue plus signifiante on pourrait appeler la dénégation un mensonge à soi-même associé à un mensonge collectif.

Des éléments de la psychologie personnelle que nous avons vus à propos du déni, en particulier la toute-puissance, interviennent aussi dans la dénégation. Mais cette fois en toute connaissance de cause : le danger est connu, mais les capacités de l’individu à y faire face sont surestimées de manière magique ettragique. On se rapproche alors des conduites ordaliques où le fait d’avoir échappé à la mort conforte le sujet dans sa toute-puissance (comme dans « la roulette russe » et toutes ses déclinaisons
mégalomaniaques qui sont tant à la mode).

Nous ne développerons pas les modes de pensée moins spécifiques et bien connus à la période de l’adolescence, modes de pensée qui le plus souvent très présents au moment des premiers essais de toxiques. Le service militaire et sa première cigarette ont été remplacés par le collège et les premières tentations : curiosité, impulsivité, imitation, besoin de s’intégrer dans un groupe de pairs ainsi que les pressions de ceux-ci, recherches identificatoires dans les médias et tentatives de valorisation de son image, tentative de soulagement d’affects anxieux, voire dépressifs, essai des recettes de « l’ami qui vous veut du bien », le bagout et les encouragements des vendeurs ainsi que leurs promotions : premières doses gratuites ! Les occasions de goûter à l’interdit sont innombrables à cette période de grande autonomisation et de la puberté qui est celle des années-collèges.

Conclusion :
A la lecture de cet essai nos lecteurs auront vite compris que la prévention des toxicomanies ne se situe pas seulement aux moments de la vie où elles éclosent.
Parmi la complexité des facteurs étiologiques des toxicomanies, c’est également plus tôt, durant l’enfanceet même la petite enfance,que peut débuter l’immunité contre les fragilités ultérieures aux addictions.

  • Ces prémices d’immunité par la prise de conscience de soi au sein d’un monde environnant ne peuvent se faire qu’au milieu d’adultes acceptant la partie d’apparence ingrate de leur rôle d’éducateurs. Cette partie ingrate est celle où l’adulte doit sortir lui-même d’un narcissisme confortable et d’une satisfaction personnelle immédiate pour envisager sans crainte les réels
    bénéfices à venir pour l’enfant.
  • La « pseudo-psychologie » en vogue qui voudrait qu’il ne faut pas frustrer les enfants pour ne pas les traumatiser et la confusion ambiante des rôles des générations ne sont qu’une démission déguisée par beaucoupd’adultes de leur rôle protecteur des plus jeunes.
  • Cela reste la doxa actuelle culpabilisant nombre de parents qui sont en train d’essayer sans cesse de
    faire bonne figure et perdent toute spontanéité du fait de leur crainte du regard social.
  • Apprendre à un enfant à surmonter une frustration en fonction de son âge et de la situation plutôt que de lui éviter systématiquement toute frustration est la probabilité d’une plus grande résistance à celles qu’il ne pourraéviter dans son futur.
    Plus que d’une éducation stricto sensu c’est d’ «aides-guides » au développement dont ont besoin les enfants, c’est-à-dire un cadre affectueux et bienveillant capable de juguler leurs pulsions aux bons moments de leur développement afin de mettre de leur côté le plus de chances possibles de ne pas croire avoir besoin de paradis artificiels au moment où l’immensité de la vie sera devant eux.

Kafka, Courteline, Cannabis : aux États-Unis, l’enfer d’une légalisation chaotique

Le marché illégal du cannabis aux Etats-Uns, que la légalisation rêvait d’anéantir, a décuplé et offre désormais au milieu criminel de nouvelles opportunités pour le trafic de stupéfiants.

Xavier Raufer

Un enfer bienséant, pavé de si bonnes intentions… Et un inextricable bazar, près duquel la fa­meuse boîte de Pandore fait figure de paquet-cadeau. D’usage incapables de résister à l’assaut d’un lobby, les États-Unis libéralisent l’usage du cannabis. De gré ? De force ? Cocteau disait : « Puisque ces événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ». De fait, à di­vers stade (« Médical »… récréatif…), 41 des 50 États américains ont en cours un tel pro­cessus. Comment cela évolue-t-il ? fort mal.

D’abord, Washington refuse à ce jour de légaliser tout stupéfiant : ce qui relève du fédéral – prêts bancaires, cartes de crédit – est interdit aux boutiques vendant une drogue … légale dans huit États sur dix.

Ainsi, les États-Unis, phare libéral mondial, initient-ils l’aventure loufoque de gérer au millimètre un marché… interdit à l’échelle nationale ; contrôler au gramme près ce qu’on peut faire pousser et comment ; engrais ou pesticides licites ; fermes agréées, sous quelles conditions. Et Washington taxe lourdement un produit… dont il rejette l’existence.

Or comme les lois fédérales excluent toute substance illicite, les boutiques de can­nabis légal ven­dent tout en espèces (bonjour les braquages…) et ne peuvent déduire leurs frais ou dépenses de leur imposition, qui ainsi grimpe … jusqu’à 80% du chiffre d’affaires !

Pire : le total interdit (fédéral) d’exporter le cannabis récolté, d’un État à l’autre. L’Oklahoma et la Californie produisent dix fois plus de cannabis qu’elles n’en usent ; la ville de New York fume ± 70 tonnes de hasch par an, mais en cultive peu : entre eux, tout export est interdit ! Seule so­lution, la contrebande.

Résultat, disent les commissions officielles, le marché illégal du cannabis, que la légalisation rêvait d’anéantir, décuple de taille, offrant désormais au milieu criminel cent facilités nouvelles de trafic.

Bureaucraties tatillonnes sans moyens de contrôle… sociétés fantômes… hommes de paille… contrôle indirect du crime organisé… En peu d’années, tout cela génère une forte con­trebande intérieure. Parmi les pires nœuds au cerveau que se fait aujourd’hui Washington : comment régler le problème massif du cannabis « légal », mais vendu « illégalement » ?

Eh oui, on en est là.

Complique encore l’affaire, l’usage bien ancré outre-Atlantique d’effacer les problèmes par l' »ingénierie sociale ». Décodeur : remplacer les mots qui fâchent par d’autres, innocents. La mafia, mais non, dites « mob » ; Un cercueil (« coffin ») : affreux, mettez « casket » (coffret) à la place ; « gambling » (jeux d’argent) à Las Vegas ?

Horreur, parlez de « gaming » (comme les jeux des enfants) : tout va bien. Ainsi, les boutiques de cannabis, pures et simples fumeries, devien­nent-elles d’aimables « dispensaires ». Multiplier ces ripolinages sémantiques étant bien sûr l’idéal moyen pour que nul, en fin du compte, n’y comprenne plus rien.

S’ajoute à cela la bienséance politique, faisant de bonnes intentions initiales un ingérable ba­zar : visite démonstrative à New York. D’origine, guerre de Sécession ou pas, les États-Unis ont toujours maltraité leur population noire ; la police de New York (NYPD) a ainsi arrêté (1980-2020) environ un million d’individus pour usage/trafic de drogue (du cannabis, surtout).

Or – à toxicomanie analogue dans les diverses races – 94% de ces arrestations visaient des quartiers noirs ! D’où – acte de justice économique et sociale – l’attribution de la majorité des « dispen­saires » de drogue légale aux minorités réprimées et aux femmes. Entre en jeu en 2021, dans l’État de New York, un « Office of cannabis management » (OCM) et son programme phare « Con­ditional Adult Use Retail Dispensary », CAURD. Satisfaction générale ?

Non : d’autres minorités, anciens combattants… fermiers en faillite… s’estiment lésés et attaquent OCM-CAURD en jus­tice. Résultat : la machine se bloque et sa bureaucratie, tout autant. D’ailleurs, comment de pauvres gens pourraient-ils ouvrir des « dispensaires », sans le sou ? 200 millions de dollars de prêts sont prévus par l’État en théorie : concrètement, rien n’arrive. Et la seule de­mande d’at­tribution coûte déjà 2 000 dollars, non remboursables.

D’où, de riches bourgeois peuvent seuls lancer ces boutiques, dont les frais d’ouverture peu­vent dépasser le million de dollars. Résultat : à New York (janvier 2023) un « dispensaire » lé­gal… et 1 400 illicites : le milieu criminel a tout l’argent nécessaire et sait intimider la concur­rence. Sur 160 pâtés de maison (« Blocs ») de Manhattan, 65 boutiques illégales vendent un can­nabis qui l’est tout autant. Et la justice raciale ? À Chicago, seuls 1% des « dispensaires » appar­tiennent à des Noirs ; à New York, sans doute pas mieux.

À New York, chercher « weed stores » sur internet renvoie à 100% de boutiques illégales. L’une d’elles, pleine d’humour, s’est baptisée « Prohibition » ; certaines « épiceries » vendant la drogue illégale acceptent en paiement… des tickets-restaurant. Devant une concurrence sans règles ni limites, les « dispensaires » légaux titubent déjà au bord de la faillite. L’anarchie règne, la ville et l’État de New York se renvoient la patate chaude.

« L’enfer est pavé de bonnes intentions » : même pour les « progressistes » américains.

Source

Arrêtez cette boisson et votre foie redeviendra comme neuf en 2 semaines

Publié le 16 février 2024 – Ashwin Dhanda

Ashwin Dhanda, professeur en santé hépatique à l’University of Plymouth (UK) évoque les effets sur le foie après l’arrêt de consommation d’alcool.

Dans la mythologie grecque, Zeus punit Prométhée pour avoir donné le feu aux humains. Il l’enchaîna et demanda à un aigle de se régaler de son foie. Chaque nuit, le foie repoussait et, chaque jour, l’aigle revenait pour son festin. En réalité, un foie peut-il vraiment repousser ?

Le foie est le plus grand organe interne du corps humain. Il est nécessaire à des centaines de processus corporels, notamment pour décomposer les toxines comme l’alcool. Comme il s’agit du premier organe à « voir » l’alcool qui vient d’être consommé, il n’est pas surprenant qu’il soit le plus sensible aux effets de l’alcool. Toutefois, d’autres organes, notamment le cerveau et le cœur, peuvent également être endommagés par une consommation excessive d’alcool sur le long terme.

En tant que spécialiste du foie, je rencontre tous les jours des personnes atteintes d’une maladie hépatique liée à l’alcool. Le spectre de ces maladies s’étend de la formation de graisse dans le foie (stéatose hépatique) à la formation de lésions (cirrhose). Ces maladies ne provoquent généralement aucun symptôme tant que les dommages n’ont pas atteint un stade très avancé.

Au début, l’alcool rend le foie gras. Cette graisse provoque une inflammation du foie. En réaction, celui-ci tente de se soigner en produisant du tissu cicatriciel. Si ce phénomène se poursuit sans contrôle, l’ensemble du foie peut devenir un maillage de cicatrices entre lesquelles se trouvent de petits îlots de « bon » foie : c’est la cirrhose.

Aux derniers stades de la cirrhose, lorsque le foie est défaillant, les malades peuvent devenir jaunes (jaunisse), se gonfler de liquide et devenir somnolents et confus. Cette situation est grave et peut être fatale.

La plupart des personnes qui boivent régulièrement plus que la limite recommandée de 14 unités d’alcool par semaine (environ six pintes de bière de force normale (4 % d’alcool) ou environ six verres moyens (175 ml) de vin (14 % d’alcool) auront une stéatose hépatique. Une consommation importante et à long terme d’alcool augmente le risque de développer une cicatrisation et une cirrhose.

(Le site Alcool Info Service explique que l’indication en degré (°) ou en pourcentage (%) pour une boisson alcoolisée correspond à la quantité d’alcool pur contenue dans 100 ml de boisson. Si une boisson fait 35° (ou est concentrée à 35 %), cela signifie que 100 ml de cette boisson contiennent 35 ml d’alcool pur. Plus le degré ou le pourcentage est élevé, plus la boisson est concentrée en alcool pur, ndlr.)

(Les repères de consommation d’alcool préconisés en France par Santé publique France sont les suivants : ne pas consommer plus de dix verres standard par semaine ; ne pas consommer plus de deux verres par jour ; avoir des jours sans consommation dans une semaine, ndlr.)

Après seulement deux à trois semaines d’arrêt d’alcool, le foie peut guérir

Heureusement, il y a de bonnes nouvelles. Chez les personnes souffrant de stéatose hépatique, après seulement deux à trois semaines d’arrêt de consommation d’alcool, le foie peut guérir et semble fonctionner aussi bien que s’il était tout neuf.

Chez les personnes souffrant d’une inflammation du foie ou de légères lésions, même sept jours après l’arrêt de la consommation d’alcool, on observe une réduction notable de la graisse, de l’inflammation et du tissu cicatriciel au niveau du foie. L’arrêt de la consommation d’alcool pendant plusieurs mois permet au foie de guérir et de revenir à la normale.

Chez les gros buveurs qui présentent des lésions plus graves ou qui souffrent d’une insuffisance hépatique, l’arrêt de la consommation d’alcool pendant plusieurs années réduit le risque d’aggravation de l’insuffisance hépatique et de décès. Cependant, les personnes qui boivent beaucoup peuvent être physiquement dépendantes de l’alcool et arrêter brusquement peut conduire à un sevrage alcoolique.

Dans sa forme légère, le sevrage alcoolique provoque des tremblements et des sueurs. Mais s’il est sévère, il peut provoquer des hallucinations, des crises et même la mort. Le sevrage brutal n’est jamais recommandé aux grands buveurs qui doivent consulter un médecin pour savoir comment arrêter l’alcool en toute sécurité.

D’autres bénéfices

L’arrêt de la consommation d’alcool a également des effets positifs sur le sommeil, les fonctions cérébrales et la tension artérielle.

Éviter l’alcool pendant de longues périodes réduit également le risque de plusieurs types de cancer (notamment du foie, du pancréas et du côlon) et le risque de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux.

Cependant, l’alcool n’est pas le seul facteur en cause quand on est en mauvaise santé. L’abandon de l’alcool présente de nombreux bénéfices pour la santé, mais ce n’est pas la panacée. Il doit être intégré dans un mode de vie sain, qui inclut une alimentation équilibrée et la pratique régulière d’activité physique.

Ainsi, pour répondre à la question posée par le mythe de Prométhée, le foie a le pouvoir étonnant de se réparer après avoir été endommagé. Mais il ne peut pas repousser à l’identique s’il a déjà été gravement endommagé.

Si vous arrêtez de boire et que vous n’avez qu’un foie gras, il peut rapidement redevenir normal. Si vous avez un foie cicatriciel (cirrhose) au départ, l’arrêt de l’alcool permettra une certaine guérison et une amélioration de la fonction, mais tous les dommages déjà causés ne pourront pas être réparés.

Source

Manifestations psychiques et physiques en lien avec la consommation de cannabis

La consommation de cannabis entraîne des effets à très court, moyen et long terme, qui doivent être reconnus. En l’absence d’antidote et de traitement spécifique, la prise en charge, lorsqu’elle se justifie, peut faire appel à des traitements symptomatiques.

Isabelle Hoppenot 16 janvier 2024

Le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) largement en cause. 

Le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) largement en cause. 

Résumé

Le New England Journal of Medicine a récemment publié une revue sur les effets psychiques et physiques du cannabis.

La consommation de cannabis entraîne des manifestations psychiques et physiques largement imputables à l’un des 125 phytocannabinoïdes qui entrent dans sa composition, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC).

L’intoxication aiguë se traduit, dans les 24 heures après la prise, par des signes psychiques, cognitifs et physiques, dont l’intensité et la durée dépendent de la dose, du mode de consommation et de la tolérance de l’individu.

L’hyperémèse cannabinoïde est une entité de reconnaissance plus récente, qui doit être évoquée face à des vomissements cycliques chez un consommateur régulier.

De manière subaiguë, jusqu’à un mois suivant la prise, certaines personnes peuvent présenter des troubles d’ordre psychiatriques (troubles anxieux, du sommeil et/ou psychotiques, confusion), qui peuvent nécessiter une prise en charge symptomatique.

En cas d’éléments psychotiques, une évolution vers un trouble psychotique à long terme, non différenciable de la schizophrénie, est rapportée dans un nombre non négligeable de cas.  

Lors du sevrage, les signes sont le plus souvent spontanément résolutifs.

N.B. : les troubles de l’usage ne sont pas abordés dans cette actualité.

La majorité des effets du cannabis découlent de l’interaction entre le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), considéré comme son principal composé psychoactif, et le système cannabinoïde endogène. Le cannabidiol (CBD), autre phytocannabinoïde largement étudié, a aussi des propriétés psychoactives (anxiolytique, analgésique et possiblement antipsychotique), mais il est dénué d’effet euphorisant.

Une publication récente du New England Journal of Medicine [1] fait le point sur le diagnostic et le traitement des différentes manifestations cliniques en lien avec la consommation de cannabis (plante de chanvre, analogues et dérivés), dont des troubles psychiatriques listés dans le DSM-V-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, fifth edition, text revision). Certaines peuvent apparaître rapidement après la prise, d’autres de façon subaiguë ou chronique.

L’intoxication aiguë, des symptômes psychiques, cognitifs et physiques

Les manifestations de l’intoxication aiguë au cannabis débutent rapidement et durent typiquement moins de 24 heures. La prise de cannabis induit toute une variété d’effets psychologiques et physiologiques aigus, dont l’intensité et la durée varient en fonction de la dose (de THC essentiellement), de la voie d’administration et du degré de tolérance du sujet.

Parmi les effets aigus psychiques et cognitifs, sont décrits l’euphorie, la relaxation et la sédation, les fringales, l’altération de la mémoire à court terme, de la concentration et de la coordination psychomotrice. Certaines personnes peuvent ressentir une anxiété accrue, des attaques de paniques ou de paranoïa. La survenue de symptômes psychotiques, tels que des altérations de la perception, des hallucinations ou un syndrome confusionnel est possible, mais moins fréquente.

Les symptômes physiques sont également nombreux : troubles de la coordination motrice, troubles de l’élocution, sécheresse de la bouche, injection conjonctivale, tachycardie, hypotension orthostatique et nystagmus horizontal. L’inhalation de cannabis peut induire de la toux, un wheezing, une dypsnée, une augmentation des expectorations et une exacerbation d’asthme. Et quel que soit le mode de consommation, le cannabis peut provoquer des troubles du rythme transitoires, tels que fibrillation atriale, tachycardie supraventriculaire, extrasystoles ventriculaires, parfois tachycardie ventriculaire non soutenue.

Enfin, le cannabis altère les capacités de conduite de véhicules, et est associé à une augmentation de 30 à 40 % du risque d’accident (chiffre à mettre en parallèle à une augmentation de 250 à 300 % de ce risque observée en cas d’alcoolémie de 0,8 g/L).

La durée d’évolution de ces symptômes varie en fonction du mode de consommation. Après inhalation, ils surviennent en quelques minutes et persistent pendant 3 à 4 heuresEn cas d’ingestion, les signes d’intoxication apparaissent après un délai de 30 minutes à 3 heures et durent environ de 8 à 12 heures.

Chez les personnes qui en prennent pour la première fois ou de façon très occasionnelle, l’intoxication au cannabis survient classiquement après une dose de 2 à 3 mg de THC inhalé ou de 5 à 10 mg ingéré.

L’intoxication aiguë, le plus souvent légère à modérée

Dans la majorité des cas, cette intoxication est légère à modérée et, la plupart du temps, ne conduit pas à demander un avis médical. Les personnes qui consultent sont généralement celles présentant une anxiété importante ou une attaque de panique, des symptômes psychotiques au premier plan ou encore une altération marquée de la coordination motrice.

Une prise en charge en milieu hospitalier s’impose en cas de troubles de l’humeur sévères (idées suicidaires, par exemple) et de symptômes psychotiques.

Il n’y a pas d’antidote ni de traitement spécifique. Le patient doit rester dans un environnement calme et être rassuré. En cas d’agitation ou d’anxiété majeure, il peut être fait appel à une benzodiazépine. Les signes psychotiques répondent généralement à un antipsychotique de deuxième génération, à une posologie adaptée à la sévérité des symptômes.

L’ingestion accidentelle de cannabis chez l’enfant peut provoquer un coma, des convulsions ainsi qu’une détresse cardiorespiratoire.

Quatre syndromes psychiatriques subaigus

La prise de cannabis peut aboutir à quatre syndromes psychiatriques subaigus, marqués par une persistance des symptômes plus de 24 heures après la prise ou dont la sévérité nécessite une prise en charge adaptée, et durant moins d’un mois.

Les symptômes sont proches de ceux observés au cours de ces mêmes syndromes non liés à la prise d’une substance, mais le diagnostic est suggéré par leur survenue pendant ou peu après la consommation de cannabis, ou à l’arrêt de cette consommation, et leur résolution dans le mois qui suit l’abstinence.

Le traitement est très orienté par les symptômes et, en l’absence d’études cliniques de qualité, surtout guidé par l’expérience du praticien.

Trouble anxieux

Le trouble anxieux induit par le cannabis peut se manifester par une anxiété généralisée ou par des attaques de panique, semblables à celles survenant en dehors de toute consommation de cannabis. Sa prévalence est mal connue, mais il serait responsable de 20 à 25 % des passages aux urgences en lien avec le cannabis. Il n’y a pas de données sur son évolution.

Trouble psychotique

Des symptômes psychotiques transitoires sont rapportés par de 5 à 50 % des adultes, le risque étant plus élevé en cas d’antécédents personnels ou familiaux de symptômes psychotiques. Certaines variations alléliques du gène de la catéchol O-méthyltransférase (enzyme responsable de la dégradation de la dopamine) sont associées à un risque accru de psychose induite par le cannabis.

Les registres scandinaves estiment à de 3 à 6 /100 000 l’incidence annuelle de symptômes psychotiques liés à la prise de cannabis nécessitant une prise en charge médicale.

Les données en population montrent qu’un trouble psychotique à long terme, non différentiable de la schizophrénie, surviendrait chez de 20 à 50 % des patients ayant eu un trouble psychotique subaigu induit par le cannabis. Cette évolution serait plus fréquente chez ceux ayant débuté leur consommation à l’adolescence ou en cas d’utilisation de cannabis à forte concentration de THC.

Troubles du sommeil

Le cannabis, et plus particulièrement le THC, réduit la latence à l’endormissement et augmente la durée du sommeil, mais a peu d’effets sur l’architecture du sommeil. Ces effets tendent à diminuer avec la répétition des prises, sans doute en lien avec un phénomène de tolérance.

Le sevrage a, en revanche, un impact marqué sur le sommeil, rapporté par les deux tiers des patients. Les insomnies et cauchemars peuvent persister plusieurs semaines après la disparition des autres symptômes de sevrage.

Aucun traitement n’a fait la preuve de son efficacité sur les troubles du sommeil induits par le cannabis. Une meilleure hygiène de sommeil et une thérapie cognitive et comportementale peuvent être proposées, mais ces approches n’ont pas été évaluées cliniquement.

Syndrome confusionnel

Le syndrome confusionnel induit par le cannabis est mal compris. Les quelques cas publiés indiquent qu’il s’agit plus souvent d’une forme hyperactive, caractérisée par une hyperactivité, une agitation, une dysautonomie et une désorientation, souvent associées à des hallucinations. Un traitement par antidépresseur tricyclique pourrait être un facteur de risque de ce syndrome, qui doit être distingué d’une psychose induite par le cannabis.

Hyperémèse cannabinoïde 

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde associe nausées, vomissements cycliques et douleurs abdominales survenant généralement dans les 24 heures suivant une prise importante et répétée de cannabis. Il représente une cause importante de consultation dans les services d’urgence et serait à l’origine de 10 % des vomissements cycliques. Il doit donc être reconnu afin d’éviter la multiplication d’examens complémentaires inutiles. 

Le contexte de consommation de cannabis, à toujours rechercher à l’interrogatoire face à des vomissements cycliques, la résolution des troubles par la prise de douches chaudes et leur disparition avec le sevrage prolongé font évoquer le diagnostic. Les antiémétiques sont habituellement inefficaces.

Grossesse et allaitement

Si la consommation de cannabis au cours de la grossesse n’a pas d’impact sur le pronostic maternel, elle est en revanche associée à un risque accru de petit poids gestationnel pour l’âge et d’admission en néonatalogie. Les éventuelles conséquences à long terme de l’exposition in utero au cannabis sur le développement neuropsychologique de l’enfant sont encore mal connues, faute de données cliniques de qualité.

Le THC est présent dans le lait maternel à des concentrations bien plus importantes que dans le plasma et peut persister jusqu’à 48 heures après la dernière prise. Le cannabis modifie la composition du lait maternel, qui devient plus riche en lactose et moins riche en immunoglobulines A. Mais là encore, les effets à long terme de la consommation de cannabis au cours de l’allaitement, qui s’ajoutent dans la plupart des cas à ceux d’une exposition in utero, sont mal connus.

Syndrome de sevrage

Un syndrome de sevrage, généralement modéré et spontanément résolutif, peut survenir lors d’une réduction importante ou de l’arrêt du cannabis. Les symptômes psychiques sont au premier plan : humeur dépressive, anxiété, agitation, irritabilité, baisse de l’appétit et troubles du sommeil (cf. supra). Les signes physiques, tels que crampes abdominales, douleurs musculaires, tremblements, frissons, maux de tête, hypersudation et perte de poids sont moins fréquents.

Ces signes apparaissent typiquement un à deux jours après la réduction ou l’arrêt de la consommation, avant d’atteindre un pic entre le 2e et le 6e jour puis diminuer ensuite sur plusieurs semaines.

Ils ne sont pas toujours faciles à distinguer d’un sevrage tabagique concomitant.

La moitié des personnes en sevrage présentent au moins un de ces signes. Leur incidence et leur sévérité sont corrélées à la durée et à la fréquence de consommation, mais pas avec l’âge, le genre ou la prise d’autres substances.

Généralement, un traitement n’est indiqué qu’en cas de troubles du sommeil ou de l’humeur interférant avec la vie quotidienne. La prise en charge se fonde sur des conseils et éventuellement sur la prescription d’un traitement symptomatique. 

Source

La Lettre du C N P E R T Janvier 2024 N°88

In memoriam : Éloge du professeur Claude Giudicelli

C’est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du décès de notre très cher Ami, membre du conseil d’administration du CNPERT, le médecin général Claude-Pierre Giudicelli.

Né le 10 juin 1934 à Paris, le professeur Claude-Pierre GIUDICELLI a fait une carrière exemplaire de médecin militaire associant ses compétences scientifiques à l’exercice d’importantes responsabilités. Docteur en médecine en 1960, il est nommé successivement assistant (1967) puis médecin des hôpitaux des armées(1971).

Sa carrière est intimement liée au Val-de-Grâce. Comme chef de service de néphrologie pendant plus de 10 ans ; comme enseignant : professeur agrégé en 1976, il est élu titulaire de la chaire d’hygiène, écologie et ergonomie en 1985 et nommé directeur adjoint de l’École d’application du Val-de-Grâce en 1989.

Vingt-cinq ans plus tard, scandalisé par l’annonce de la fermeture programmée de cet hôpital de prestige, il tentera de l’orienter vers la prise en charge des grands blessés civils et militaires. L’échec de ce projet restera pour lui une déception profonde.

Mais le parcours de Claude Giudicelli ne s’arrête pas au Val-de-Grâce :pour le Service de santé des armées, Il a accompli plusieurs missions humanitaires : lors du séisme de 1970 au Pérou, en 1975 aux Comores. Il représente le ministre de la Défense à la Croix Rouge Française entre 1990 et 1992.En 1990, il est nommé directeur adjoint du Service de santé des armées, puis inspecteur général en 1992.

Elu membre correspondant de l’Académie nationale de médecine en 1990, il accède au titulariat en 2009 et estnommé membre émérite en 2014.  Responsable du dictionnaire de l’Académie de médecine, il s’engage résolument dans ce travail de bénédictin, jamais terminé ; constituant une équipe à laquelle il avait su insuffler un puissant esprit d’amitié et de travail.Sensibilisé aux effets bénéfiques de l’activité sportive et du sport sur la santé, il a été l’un des acteurs majeurs du développement de ces réflexions au sein de l’académie.

Membre actif de plusieurs sociétés savantes tant militaires que civiles, il était commandeur dans l’ordre national de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite et commandeur de l’ordre des Palmes académiques. Il était membre du conseil d’administration de notre CNPERT.

A son Épouse, à ses enfants et petits-enfants, avec les membres du CNPERT, nous présentons, avec une grande émotion, nos vives condoléances.

Prs J. Costentin, J.-P. Goullé, J.-P. Tillement

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Les vœux du nouveau président du CNPERT pour la nouvelle année

Pr. Jean-Pierre Goullé

Chers membres du CNPERT, Chers Amis,

Adhérent de longue date au CNPERT, je mesure l’honneur qui m’est fait du succéder à deux de mes maîtres à la faculté de Rouen, le professeur Roger Boulu et le professeur Jean Costentin. La tâche est immense dans le champ des toxicomanies, car dans le domaine de la prévention, la France a pris un retard considérable qu’il convient de combler au plus vite et je m’associe à l’alerte lancée par notre ministre de la Santé et de la prévention, au mois de septembre dernier à Chamonix « Notre système de santé ne tiendra pas si on ne prend pas ce virage » avait-il déclaré. Il est patent que le déficit d’information en matière de santé, dès l’école, constitue une carence.

Dans le champ des drogues par exemple, je rappelle que l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies a décerné à la France, il y a peu, le bonnet d’âne de la classe en Europe, en raison de l’absence d’enseignements fléchés dans nos programmes pédagogiques.

Aussi, je souhaite rappeler que pour tenter de combler cette lacune, depuis 2019, à l’initiative du regretté Doyen Claude Dreux, l’Académie nationale de médecine organise chaque année une séance intitulée « La jeune académie ». Elle a pour but de sélectionner des classes d’élèves volontaires et d’aborder avec eux les problèmes de santé qui les intéressent directement.

L’objectif est de mieux appréhender la connaissance qu’ils ont de leur état de santé et la perception des risques qui les entourent, mais surtout de les impliquer, afin d’élaborer les pistes de prévention les mieux ciblées.A l’instar d’une « véritable commission » de l’Académie, ces classes mènent leurs travaux portant sur un thème de leur choix, sous la direction d’un professeur, en relation avec des académiciens : nutrition, activité physique, sommeil, conduites à risque, dépendance aux écrans ou aux drogues, par exemple.Le travail de chaque classe comporte un sondage à l’aide d’un questionnaire diffusé à l’ensemble des élèves de leur établissement.

Après la rédaction d’un rapport, ils présentent leurs résultats dans la salle des séances de l’Académie, sous forme d’une communication orale, assortie de recommandations, suivie d’échanges avec tous les élèves, leurs enseignants et les académiciens.Leurs propositions sont ensuite soumises à un véritable scrutin académique à leurs camarades présents. Il s’agit donc d’éduquer pour mieux prévenir.

Le CNPERT doit continuer à développer ses actions d’information sur toutes les drogues, en particulier à destination des plus jeunes, en rappelant que 60% des élèves de terminale ont expérimenté le tabac et qu’ils sont déjà près de 50% à avoir consommé de l’alcool dès la classe de sixième.

Voilà le vœu que je formule pour cette année 2024, dont je souhaite qu’elle vous apporte, paix, joie, bonheur et santé.

Les pères fument du cannabis, les enfants trinquent ?

Boris Chaumette, MD PhD, Maitre de conférences des Universités – Praticien Hospitalier (MCU-PH), Université Paris Cité, GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences.

Le cannabis est la drogue illicite la plus largement consommée dans les pays développés et ses effets délétères sur la santé, notamment psychique, sont désormais bien connus. Cependant, de nouveaux résultats scientifiques laissent penser que les perturbations biologiques qui découlent de sa consommation pourraient affecter les générations suivantes par des mécanismes épigénétiques mis récemment en évidence. Des résultats qui incitent à tirer la sonnette d’alarme !

Le cannabis exerce son action biologique par la modulation du système endocannabinoïde. Ce système est présent dans le cerveau humain, expliquant les effets psychiques de la consommation de cannabis. Mais il joue également un rôle dans la reproduction, influençant la fabrication des spermatozoïdes chez l’homme et la maturation des ovules chez la femme. Il intervient dans la fécondation, le développement embryonnaire et l’accouchement.

Son usage au cours de la grossesse a été associé à un risque accru de trouble du spectre de l’autisme chez les enfants à naitre. Dans une étude réalisée au Canada (Corsi et al. 2020), 2,2% des enfants exposés in utero au cannabis développeraient un autisme contre 1,4% dans la population générale. Les taux de déficience intellectuelle et d’hyperactivité avec déficit de l’attention étaient également plus élevés chez les enfants exposés au cannabis durant la grossesse.

La consommation de cannabis chez les pères pourrait également avoir une influence sur le neurodéveloppement des enfants en raison de modifications épigénétiques dans les spermatozoïdes. La possibilité d’une transmission épigénétique transgénérationnelle reste débattue car l’épigénome est théoriquement reprogrammé après la fécondation.

Cependant, des marques épigénétiques pourraient être conservées et transmises par le père (Tang et al. 2015) soulevant la possibilité d’un impact de l’environnement paternel sur le devenir des futurs enfants (Day et al. 2016). Il serait donc théoriquement possible que la consommation de cannabis chez le futur père modifie la méthylation de l’ADN des spermatozoïdes et entraine des conséquences chez les enfants à venir.

Une étude réalisée sur des modèles animaux a montré que l’exposition de rats mâles au Δ9-THC avant la conception entraîne une modification des synapses cholinergiques dans diverses régions cérébrales chez la descendance (Slotkin et al. 2020).

La descendance de ces rats exposés, bien que non exposée elle-même, montre à l’adolescence des altérations comportementales avec une hyperactivité motrice, des perturbations de l’apprentissage et de la mémoire (test de reconnaissance du nouvel objet et labyrinthe à bras radial) (Holloway et al. 2020) et des capacités attentionnelles (test de détection du signal) (Levin et al. 2019).

Ces résultats sont différents en fonction du délai entre consommation de cannabis et accouplement ; une consommation de cannabis récente serait plus à risque d’induire des modifications comportementales dans la progéniture. Ces résultats suggèrent la présence d’une mémoire épigénétique de la consommation de cannabis au niveau des spermatozoïdes pouvant durer plusieurs jours et être partiellement transmise à la descendance.

Ces études sont évidemment compliquées à réaliser chez l’humain. Toutefois, des analyses de la méthylation de l’ADN ont été conduites dans des petits groupes d’hommes : plus de 6 000 sites CpG ont été identifiés comme différentiellement méthylés entre 12 consommateurs et 12 non consommateurs de cannabis (Murphy et al. 2018). Ces sites étaient notamment présents au niveau de gènes intervenant dans la voie de signalisation Hippo impliquée dans la prolifération cellulaire et l’apoptose.

Des comparaisons entre des spermatozoïdes de rats exposés ou non exposés au cannabis ont aussi montré des modifications de la méthylation de l’ADN au niveau de la même voie biologique Hippo. Dix gènes ont été retrouvés en commun chez l’Homme et le rat (APC2, GDF6, LLGL1, TCF7L1, BMP7, BMP6, FGF12, PRKACA, GNG7, GNB2). APC2 a également été rapporté comme dysméthylé dans le sperme d’hommes ayant fumé du tabac (Jenkins et al. 2017), ce qui suggère que les modifications observées pour ce gène sous l’effet du cannabis ne sont pas spécifiques.

Parmi les multiples gènes identifiés par leur étude, les auteurs ont ensuite sélectionné DLGAP2 pour une analyse plus fine (Schrott et al. 2019). Ce gène code une protéine membranaire située sur les neurones postsynaptiques, impliquée dans la signalisation neuronale et l’organisation des synapses.

Il s’agissait donc d’un bon gène candidat pour poursuivre les investigations. Les auteurs ont réalisé une deuxième technique en utilisant les mêmes prélèvements de spermatozoïdes et ont confirmé une hypo méthylation de 10 CpGs présents dans un intron du gène. L’étude de 28 échantillons de cerveaux issus d’interruption volontaire de grossesse a montré une bonne corrélation entre le niveau de méthylation de cette région et l’expression du gène, suggérant un effet biologique de cette dysméthylation. Poursuivant leurs analyses à l’aide d’un modèle animal, les auteurs ont trouvé qu’une autre région du gène DLGAP2 était hypométhylée dans les spermatozoïdes de rats exposés au cannabis.

Une CpG de cette région a été également retrouvée comme hypométhylée dans le nucleus accumbens de la progéniture de ces rats. En revanche, dans l’hippocampe, une seule CpG de cette région était retrouvée comme déméthylée dans la progéniture bien que n’apparaissant pas dans la liste de celles hypométhylées dans les spermatozoïdes du géniteur.

Une autre étude s’est intéressée aux différences de méthylation de l’ADN dans les spermatozoïdes de pères ayant eu ou non des enfants autistes (Garrido et al. 2021). La comparaison de ces deux groupes de 13 pères chacun ont montré des différences deméthylationdans des gènes connus pour être associés à l’autisme dont ce même gène DLGAP2.

La méthylation de l’ADN est stable en raison de la présence de méthyltransférases qui maintiennent ces marques épigénétiques au cours des divisions cellulaires. Cependant, arrêter le cannabis diminuerait progressivement certaines différences épigénétiques constatées au niveau du sperme suggérant une réversibilité au moins partielle.

Ainsi, certaines modifications de méthylation étaient atténuées après 11 semaines d’arrêt du cannabis soit un cycle de spermatogénèse (Schrott et al. 2021). Toutefois, certaines anomalies persistaient voire apparaissaient après la période sans cannabis.

En outre, l’étude d’un modèle animal a également montré que des anomalies épigénétiques pouvaient potentiellement se transmettre sur plusieurs générations : les modifications de méthylation dans le gène PXYLP1 ont ainsi été retrouvées à la fois dans le sperme des rats mâles exposés au cannabis et dans celui de leurs descendants n’ayant jamais été exposés à cette drogue (Schrott et al. 2022).

Ces études préliminaires portent sur de faibles échantillons et proviennent du travail d’une seule équipe basée à l’Université Duke (Durham – USA). Il est donc nécessaire de répliquer de manière indépendante ces résultats pour les confirmer et obtenir des conclusions scientifiques fiables.

Cependant, ces résultats suggèrent que la consommation de cannabis chez les futurs pères peut entrainer des conséquences néfastes pour sa future descendance, en particulier pour le neurodéveloppement. Consommer du cannabis ne serait donc plus une prise de risque individuelle mais familiale, ce qui invite à la prudence et devrait conduire à informer la population de ces effets potentiels.

Le principe de précaution voudrait que les consommateurs masculins soient incités, au même titre que les femmes, à arrêter le cannabis plusieurs mois avant un projet de grossesse pour préserver l’épigénome de leurs spermatozoïdes. Précaution d’autant plus nécessaire que le cannabis a un effet négatif sur la fertilité masculine (Hamed, Ekundina, and Akhigbe 2023).

Références

Corsi, Daniel J., Jessy Donelle, Ewa Sucha, Steven Hawken, Helen Hsu, Darine El-Chaâr, Lise Bisnaire, Deshayne Fell, Shi Wu Wen, and Mark Walker. 2020. ‘Maternal Cannabis Use in Pregnancy and Child Neurodevelopmental Outcomes’. Nature Medicine 26 (10): 1536–40. https://doi.org/10.1038/s41591-020-1002-5.

Day, Jonathan, Soham Savani, Benjamin D Krempley, Matthew Nguyen, and Joanna B Kitlinska. 2016. ‘Influence of Paternal Preconception Exposures on Their Offspring: Through Epigenetics to Phenotype’. American Journal of Stem Cells 5 (1): 11–18.

Garrido, Nicolás, Fabio Cruz, Rocio Rivera Egea, Carlos Simon, Ingrid Sadler-Riggleman, Daniel Beck, Eric Nilsson, Millissia Ben Maamar, and Michael K. Skinner. 2021. ‘Sperm DNA Methylation Epimutation Biomarker for Paternal Offspring Autism Susceptibility’. Clinical Epigenetics 13 (1): 6. https://doi.org/10.1186/s13148-020-00995-2.

Hamed, Moses Agbomhere, Victor Olukayode Ekundina, and Roland Eghoghosoa Akhigbe. 2023. ‘Psychoactive Drugs and Male Fertility: Impacts and Mechanisms’. Reproductive Biology and Endocrinology: RB&E 21 (1): 69. https://doi.org/10.1186/s12958-023-01098-2.

Holloway, Zade R., Andrew B. Hawkey, Erica Pippin, Hannah White, Corinne Wells, Bruny Kenou, Amir H. Rezvani, Susan K. Murphy, and Edward D. Levin. 2020. ‘Paternal Factors in Neurodevelopmental Toxicology: THC Exposure of Male Rats Causes Long-Lasting Neurobehavioral Effects in Their Offspring’. Neurotoxicology 78 (May): 57–63. https://doi.org/10.1016/j.neuro.2020.01.009.

Jenkins, TG, ER James, DF Alonso, JR Hoidal, PJ Murphy, JM Hotaling, BR Cairns, DT Carrell, and KI Aston. 2017. ‘Cigarette Smoking Significantly Alters Sperm DNA Methylation Patterns’. Andrology 5 (6): 1089–99. https://doi.org/10.1111/andr.12416.

Levin, Edward D., Andrew B. Hawkey, Brandon J. Hall, Marty Cauley, Susan Slade, Elisa Yazdani, Bruny Kenou, et al. 2019. ‘Paternal THC Exposure in Rats Causes Long-Lasting Neurobehavioral Effects in the Offspring’. Neurotoxicology and Teratology 74 (July): 106806. https://doi.org/10.1016/j.ntt.2019.04.003.

Murphy, Susan K., Nilda Itchon-Ramos, Zachary Visco, Zhiqing Huang, Carole Grenier, Rose Schrott, Kelly Acharya, et al. 2018. ‘Cannabinoid Exposure and Altered DNA Methylation in Rat and Human Sperm’. Epigenetics 13 (12): 1208–21. https://doi.org/10.1080/15592294.2018.1554521.

Schrott, Rose, Kelly Acharya, Nilda Itchon-Ramos, Andrew B. Hawkey, Erica Pippen, John T. Mitchell, Scott H. Kollins, Edward D. Levin, and Susan K. Murphy. 2019. ‘Cannabis Use Is Associated with Potentially Heritable Widespread Changes in Autism Candidate Gene DLGAP2 DNA Methylation in Sperm’. Epigenetics 15 (1–2): 161–73. https://doi.org/10.1080/15592294.2019.1656158.

Schrott, Rose, Jennifer L. Modliszewski, Andrew B. Hawkey, Carole Grenier, Zade Holloway, Janequia Evans, Erica Pippen, David L. Corcoran, Edward D. Levin, and Susan K. Murphy. 2022. ‘Sperm DNA Methylation Alterations from Cannabis Extract Exposure Are Evident in Offspring’. Epigenetics & Chromatin 15 (September): 33. https://doi.org/10.1186/s13072-022-00466-3.

Schrott, Rose, Susan K Murphy, Jennifer L Modliszewski, Dillon E King, Bendu Hill, Nilda Itchon-Ramos, Douglas Raburn, et al. 2021. ‘Refraining from Use Diminishes Cannabis-Associated Epigenetic Changes in Human Sperm’. Environmental Epigenetics 7 (1): dvab009. https://doi.org/10.1093/eep/dvab009.

Slotkin, Theodore A., Samantha Skavicus, Edward D. Levin, and Frederic J. Seidler. 2020. ‘Paternal Δ9-Tetrahydrocannabinol Exposure Prior to Mating Elicits Deficits in Cholinergic Synaptic Function in the Offspring’. Toxicological Sciences: An Official Journal of the Society of Toxicology 174 (2): 210–17. https://doi.org/10.1093/toxsci/kfaa004.

Tang, Walfred W.C., Sabine Dietmann, Naoko Irie, Harry G. Leitch, Vasileios I. Floros, Charles R. Bradshaw, Jamie A. Hackett, Patrick F. Chinnery, and M. Azim Surani. 2015. ‘A Unique Gene Regulatory Network Resets the Human Germline Epigenome for Development’. Cell 161 (6): 1453–67. https://doi.org/10.1016/j.cell.2015.04.053.

Retour au bon sens, en appliquant la loi

Emmanuel Le Taillandier

Il est grand temps de revenir à des vérités simples et à des constats de bon sens. Prenons par exemple le cas de la corruption dans un pays : pour que cela se réalise il est évident qu’il faut être au moins deux : le corrupteur et le corrompu. C’est élémentaire ! Ensuite on peut débattre sur le degré de responsabilité de l’un et de l’autre. Le droit du commerce international sanctionne surtout le corrupteur quand des marchés sont passés de façon déloyale. Mais le corrompu s’est-il laissé corrompre ? Ou a-t-il exercé un chantage sur le corrupteur présumé en lui faisant comprendre qu’il fallait passer par le « bakchich » s’il voulait avoir quelque chance de travailler dans le pays ? Dans ce cas la responsabilité est partagée.

Dans le même ordre d’idées un débat vient enfin de s’ouvrir en ce qui concerne le trafic de drogue. Pour que cela marche, là aussi il faut être deux : le trafiquant, nommé aussi « dealer » et son client, le consommateur qui accepte de le payer, contribuant ainsi sciemment au blanchiment d’argent. Dans ce cas également, un débat peut s’ouvrir sur le degré de responsabilité de l’un et de l’autre. En effet le consommateur peut être, selon le jargon utilisé, « récréatif » (sic !) ou « problématique ».  On appelle consommateur problématique -le terme est élégant- une personne affectée par l’addiction à une drogue et qui ne peut plus s’en passer ; à moins d’en être sevrée. Le degré de responsabilité du consommateur « problématique » n’est pas le même que celui du consommateur dit « récréatif », même si au départ sa consommation était « récréative ». Il est évident néanmoins que la responsabilité est partagée, voire même renforcée par des tiers qui prétendent vouloir le bien de tous ou par des lobbys dont l’efficacité n’est plus à démontrer.

Ceci dit, quand un Ministre de l’intérieur, quelle que soit sa couleur politique, rappelle publiquement à Nîmes après deux assassinats de jeunes que « « s’il n’y avait pas consommation, il n’y aurait pas d’offres et donc pas de trafiquants », il ne fait qu’énoncer une vérité simple et un constat de bon sens qui devraient faire l’unanimité. Or ses propos font scandale auprès de certains. Pourtant il ne fait que formuler autrement ce qu’écrivait le 24 août dernier le Directeur adjoint des rédactions d’un grand journal populaire « Le Parisien » dans son éditorial sur « Un monde parallèle » :

« Un monde parallèle dont les consommateurs de cannabis, de cocaïne ou de
 drogues de synthèse font mine d’ignorer l’existence — car, si on peut souligner l’échec de décennies de politiques de sécurité et débattre des avantages et inconvénients d’une légalisation des drogues « douces », on ne peut passer sous silence la responsabilité des acheteurs qui entretiennent le trafic. Un monde pourtant si proche : Nîmes, Marseille, Besançon, Bobigny, Grenoble, Avignon…
 »

Nous insistons sur ce point car il est contesté par nombre de ceux-là mêmes qui ont en charge le respect de la législation relative au trafic de drogues. Nous nommons le Syndicat de la magistrature et nous sursautons quand nous entendons sur France INFO (26/06/2023) que ce syndicat fait partie d’un collectif qui a lancé une pétition demandant la suppression des sanctions pénales pour l’usage de drogues. « On veut faire croire que pour lutter contre les trafics, il faut s’attaquer aux consommateurs« , déplore ce groupe de professionnels chargés d’appliquer les lois.

Ce procès d’intention est délibérément maintenu dans le flou pour éviter toute sanction professionnelle : « On » veut faire croire, disent-ils. Qui est donc ce « On » qu’ils ne savent pas désigner ? Qui donc cherche à « faire croire » qu’on « s’attaque aux consommateurs » ? Qui donc est de mauvaise foi ? Quel serait l’intérêt de ceux qui chercheraient à « faire croire » ? Pourquoi en voudrait-on aux consommateurs dans une société réputée libérale ?

La Loi et l’État de droit ne s’attaquent à personne : au contraire « on »cherche à protéger la jeunesse, à protéger les habitants des cités et des quartiers, on cherche à éviter des assassinats, des guerres entre bandes rivales. C’est ce qu’a rappelé la Secrétaire d’État à la Ville le 25 août dernier sur BFM TV : « Je suis absolument contre la légalisation du cannabis ». Elle est sans nuances ;est-ce cela « s’attaquer aux consommateurs » ?

Ne prenons pas parti pour ou contre un ministre ou une Secrétaire d’État en fonction de son étiquette politique, mais attaquons-nous à ceux qui attentent à la Santé Publique, estimant que c’est notre devoir, sur la base de données scientifiquement et médicalement démontrées.

En vulgarisant ces données et ces arguments nous espérons que les magistrats syndicalistes prendront le temps de nous lire…et, surtout, qu’ils n’auront plus à condamner de jeunes assassins.

Extraits de l’article : « Cinq ans de légalisation du cannabis au Canada ; quel bilan ? » De la revue Newsweed (revue qui milite depuis 2015, pour la légalisation du cannabis)

« La légalisation du cannabis au Canada fête ses 5 ans. Elle n’est pas remise en question par l’État fédéral mais amène son lot d’inquiétudes pour les entreprises qui y prennent part et de nouveaux enjeux de santé et de société. Quel est le bilan de ces 5 années de cannabis légal »

« Assez mécaniquement, le nombre d’affaires judiciaires liées au cannabis a diminué de 73% pour les femmes et de 83% pour les hommes. Les infractions liées au cannabis signalées par la police sont passées de 99 pour 100 000 habitants en 2018, année de la légalisation, à 28 pour 100 000 habitants cinq ans plus tard ».                                                                                                         

«  Si la légalisation du cannabis a ouvert de nouvelles portes aux consommateurs récréatifs, elle a également soulevé des préoccupations en matière de santé.  Une étude menée en Ontario et en Alberta a fait état d’une augmentation inquiétante de 20% des cas d’intoxication et de troubles d’usage liés au cannabis. Une autre étude menée en Ontario a révélé que le nombre d’admissions aux urgences avait été multiplié par treize en raison du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, souvent dû à des consommations importantes et répétées.                         

Le nombre de femmes enceintes exposant leur fœtus au cannabis pendant la grossesse a doublé, et les visites à l’hôpital pour des enfants ayant ingéré du cannabis ont triplé. En outre, l’incidence des victimes d’accidents de voiture ayant du THC dans le sang a doublé, passant de 3,8% à 8,5%                                            

Le gouvernement fédéral du Canada est le principal bénéficiaire de la légalisation du cannabis. L’industrie légale du cannabis a contribué à hauteur de 30 milliards d’euros au produit intérieur brut du Canada depuis la légalisation, le marché récréatif évoluant autour des 3 milliards d’euros annuels. Néanmoins, les entreprises du cannabis peinent à être rentables. Seuls 20% environ des cultivateurs de cannabis auraient actuellement des flux de trésorerie positifs, ce qui témoigne des difficultés économiques du secteur ».

Remarques exprimées par le Pr. Jean Costentin :

Ce bilan, pour le moins négatif, fait l’impasse sur beaucoup de points importants.  exit : les troubles psychiatriques, la toxicité physique (supérieure à celle du tabac), la crétinisation, la baisse du Quotient Intellectuel, la démotivation, l’aboulie, le « j’menfoutisme », les effets épigénétiques que le consommateur peut transmettre à sa progéniture (malformations, autisme, schizophrénie, vulnérabilité aux toxicomanies, retard du développement psychomoteur, vulnérabilité à l’anxiété, aux troubles dépressifs, aux déficits cognitifs, à certains cancers. S’agissant des 30 milliards d’augmentation du PIB, dont 3 pour le marché « récréatif », d’où viennent les 27 autres ?  Confusion du chanvre textile et de ses graines, avec le chanvre indien ?

Dans un précédent communiqué, les Académies de médecine et de pharmacie s’étaient émues d’une consultation citoyenne portant sur le « cannabis récréatif » aux items orientés (1). Cette démarche s’inscrivait dans un mouvement idéologique visant à adouber au préalable un usage médical afin de donner à cette drogue des lettres de noblesse « thérapeutiques ».

Or, comme il vient d’être rappelé dans une méta-analyse récente : « La plupart des résultats associés aux cannabinoïdes ne sont étayés que par des preuves faibles (études observationnelles), avec une certitude faible à très faible (essais contrôlés randomisés) ou qui ne sont pas significatifs (études observationnelles, essai contrôlés randomisés) » (2).

En revanche, la toxicité du principal constituant psychotrope de la drogue, le tétrahydrocannabinol (THC) est parfaitement établie : toxicité physique supérieure à celle du tabac (cancers, infarctus, troubles du rythme cardiaque, AVC, artérites…), toxicité psychique (troubles cognitifs et anxiodépressifs, syndrome amotivationnel, désinhibition, induction ou aggravation de la schizophrénie…), effets sur la grossesse et sur la descendance, modifications épigénétiques (3, 4).

Il est aussi un inducteur de violences familiales, professionnelles, routières (avec 605 morts en 2021). La multiplication par 6 en 25 ans du taux de THC dans sa résine, augmente son pouvoir addictif et, partant, le recrutement des sujets qui en deviennent dépendants après l’avoir expérimenté ; ce qui exacerbe aussi sa toxicité physique et psychique ; on est très loin de la « drogue douce » longtemps présentée (5).

Ceci explique le nombre croissant et la gravité de ses effets indésirables et toxiques, tout particulièrement chez les plus vulnérables, les adolescents et les jeunes adultes. Son « usage problématique », dès l’âge de 17 ans a progressé, étant de 18 % en 2011 et de 25 % en 2017 (5). Plusieurs études ont confirmé ses effets délétères sur la maturation cérébrale, laquelle ne s’achève que vers 25 ans.

Elles montrent que l’usage du THC s’accompagne d’une dépendance et d’une baisse du quotient intellectuel, d’autant plus marquées que sa consommation est plus fréquente et précoce. Chez la femme enceinte, alors que la consommation d’alcool et de tabac a régressé, celle du cannabis a progressé d’une façon préoccupante.

Ses effets délétères ne se limitent pas à l’usager, ils affectent aussi sa descendance. Consommé pendant la grossesse, il agit au niveau du placenta (modifiant l’expression de certains gènes), avec des conséquences sur le fœtus (altérant son développement), mais également sur le nouveau-né (prématurité, petit poids de naissance, risques d’admission en soins intensifs…) et sur le nourrisson (risque accru de mort subite).

Sa consommation par un futur père, peut avoir des conséquences sur le fœtus qu’il engendrerait, qui pourraient aboutir à des troubles du spectre de l’autisme, des troubles psychotiques et intellectuels (6).Alors que la lutte visant à réduire les terribles méfaits sanitaires du tabac et de l’alcool n’est que de peu d’effets, ce serait une faute grave de légaliser une source d’addiction supplémentaire, alors que le Président de la République a fixé commeobjectif l’avènement d’une génération « zéro tabac » en 2032, le cannabis étant portésur les épaules du tabac.

Dans les pays qui ont légalisé son « usage récréatif », il a été montré que cettemesure ne réduit ni son usage, ni ses trafics (7). Quant aux hypothétiques recettesissues des taxes d’État, pour le tabac et pour l’alcool, elles couvrent moins de lamoitié des dépenses sanitaires liées à leur consommation.Aux États-Unis, où plus de 30 états ont légalisé son usage, les dernières données duNational Institute on Drug Abuse montrent que les consommations de cannabis ontatteint en 2022 des sommets historiques, chez les adultes en âge de procréer (tantpour la tranche des 31 à 50 ans, que chez les jeunes adultes âgés de 19 à 30 ans),chez lesquels les consommations ont considérablement augmenté et ce d’une façoncontinue, au cours de ces 5 dernières années (7).

Dans des études antérieures, ilavait été mis en évidence que la consommation de la drogue était plus élevée dansles Etats qui avaient légalisé l’usage récréatif, comparativement aux autres.Ainsi, par méconnaissance de tous ses effets délétères, la légalisation de « l’usagerécréatif » du cannabis constituerait une grave erreur sanitaire.

1-Communiqué bi-académique du 07 avril 2021.2- Solmi M, De Toffol M, Kim JY, Choi MJ, Stubbs B, Thompson T et al. Balancingrisks and benefits of cannabis use: umbrella review of meta-analyses of randomized controlled trials and observational studies. BMJ. 2023 Aug30;382:e072348. doi:10.1136/bmj-2022-072348.3- Cotier P, Mayer C, Etting I, Lorin de la Grandmaison G, Alvarez JC. Evaluation ofthe cardiovascular risk induced by cannabis use from a series of 43 autopsy cases.Int J Legal Med 2023 ;137 :1725-1733. doi: 10.1007/s00414-023-03079-x.4-Costentin J. Les effets épigénétiques du cannabis/tétrahydrocannabinol. Bull AcadNatl Med 2020 ; 204 : 570-576. doi.org/10.1016/j.banm.2020.04.004.5- Goullé JP, Guerbet M. L’usage récréatif du cannabis : des effets aux méfaits.Données épidémiologiques. Bull Acad Natl Med 2020 ;204 : 543-550.doi :10.1016/j.banm.2020.04.001.6- Lo JO, Hedges JC, Metz TD. Cannabis Use and Perinatal Health Research.JAMA. 2023; Aug 17. doi: 10.1001/jama.2023.14697.7- Marijuana and hallucinogen use, binge drinking reached historic highs amongadults 35 to 50. National Institute on Drug Abuse website.https://nida.nih.gov/news-events/news-releases/2023/08/marijuana-and hallucinogen-use-binge-drinking-reached-historic-highs-among-adults-35-to-50August 17, 2023 Accessed September 1, 2023.

L’appareil cardio-vasculaire n’aime pas le cannabis

               On savait la responsabilité du cannabis fumé (avec son oxyde de carbone et son THC) dans la survenue d’infarctus du myocarde (3ième cause), dans celle d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques chez des sujets jeunes, dans celle d’artérites des membres inférieurs. Voilà qu’on lui décrit maintenant une responsabilité dans le développement d’insuffisances cardiaques.

L’étude qui le montre a porté sur 157 000 sujets ayant un âge moyen de 54 ans (61% de femmes). Ils ont été suivis pendant 4 ans. Au cours de cette période d’observation, 2960, soit 2% d’entre eux, ont présenté une insuffisance cardiaque.  Après miseen relation de cette cardiopathieavec la consommation quotidienne de cannabis, il a été constaté que cettedernière était à l’origine d’un risque accru de 34% de développer une insuffisance cardiaque, relativement à ceux qui n’en consommaient pas.

Ref. :American Heart Association (AHA) Scientific session 2023,Yakubau Bene-Alhusan et coll. Daily marijuana use is associated with incident heart failure. “All of us” Research Program Nov. 13, 2023

ZERO TABAC AU ROYAUME-UNI ?

L’ancienne colonie inspire l’ancienne métropole. Un an après que la Nouvelle-Zélande a adopté un plan pour une génération sans tabac, le Premier Ministre britannique Rishi Sunak a annoncé, ce mercredi 4 octobre lors du congrès du Parti conservateur à Manchester, vouloir adopter une stratégie similaire. Le plan consiste à relever d’un an chaque année l’âge légal pour acheter du tabac, actuellement fixé à 18 ans au Royaume-Uni.

Ainsi, toutes les personnes nées à partir d’une certaine date, fixée au 1er janvier 2009 en Nouvelle-Zélande, ne pourraient jamais acheter légalement du tabac, tandis que ceux nés avant cette date conserveraient cette possibilité.

« Nous devons essayer d’empêcher les adolescents de commencer à fumer » s’est justifié le chef du gouvernement britannique, qui a rappelé que « que quatre fumeurs sur cinq ont commencé avant d’avoir 20 ans ». « Aucun d’entre nous, même ceux qui fument, ne voulons voir nos enfants devenir fumeurs et ce changement sauvera plus de vies que n’importe quelle autre décision que nous pourrions prendre ». Le leader conservateur a défendu l’idée d’une ligne médiane entre statu quoet prohibition totale du tabac. « Le tabagisme ne sera pas criminalisé et notre approche progressive signifie que toute personne qui peut légalement acheter des cigarettes aujourd’hui ne sera pas empêché de le faire à l’avenir » a expliqué le Premier Ministre.

Les blagounettes de la LXXXVIII

Quand mes amis me manquent, je fais comme pour les échalotes… je les fais revenir avec du vin blanc.

Tu es la levure de ma vie ! C’est-à-dire ? Tu me gonfles !

Ils passent leur journée à dormir, tu ne les vois qu’aux heures des repas. En fait, la seule différence entre un chat et un ado, c’est que le chat ne boit que du lait.

J’ai fait un test de QI, je suis rassuré : il est négatif.

Le gendarme : « Bonsoir, vous avez bu ? « Non » « Soufflez ! » « Où est le gâteau ? »

Je viens de lire un bouquin sur les méfaits de l’alcool, ça fait peur. À partir d’aujourd’hui, j’arrête de lire.

Les gens disent que boire du lait rend plus fort. Buvez 5 verres de lait et essayez de déplacer un mur, vous ne pouvez pas. Maintenant, buvez 5 verres de whisky. Le mur bouge tout seul.

Je bois tellement que si j’étais un super héros, on m’appellerait Barman.

Deux hommes discutent dans un café :
« J’ai lu dans le journal qu’un homme a tué sa femme le lendemain de sa nuit de noces ».L’autre répond « Parfois, la nuit porte conseil »

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Les voeux du CNPERT pour 2024

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Chers collègues, sympathisants et amis,

C’est une tâche bien agréable que nous réserve ce début d’année, celle de vous offrir nos vœux de santé, de bonheur et de succès personnels et collectifs.

Notre CNPERT en a besoin, lancés comme nous le sommes dans une lutte de longue haleine où la santé publique n’est malheureusement pas une priorité. C’est une raison majeure d’affirmer cette année que nous en faisons une priorité pour la génération actuelle et toutes celles à venir

Nous saluons l’arrivée à la présidence du CNPERT du Professeur Jean-Pierre Goullé qui alors qu’il vient de terminer un parcours remarquable à la tète de l’Académie nationale de médecine, enchaine cette nouvelle présidence.

Souhaitons lui, sans en douter, le même succès que dans toutes les instances qu’il a dirigées, il sait aussi qu’il peut compter sur nous.

C’est aussi le moment de saluer le travail accompli par l’ancien Président, le Professeur Jean Costentin, véritable pionnier et pilier de la lutte contre l’usage des drogues, infatigable pourfendeur d’une complaisance plus ou moins affichée de nos dirigeants.

Il ne nous quitte pas cependant puisqu’il reprend les fonctions qu’occupait Jean-Pierre Goullé.

Les éditeurs du Blog restent à leurs postes et à votre écoute, soucieux de vous apporter, outre les bases actualisées du dossier des méfaits des drogues, une plate- forme de rencontres et de discussions entre gens compétents, décidés et de bonne foi.

Ce sont nos propres vœux, nous vous attendons.
Jean-Paul Tillement et Guy Millant

UN RÉVEILLON DU NOUVEL AN SANS ALCOOL: DE PLUS EN PLUS DE FRANÇAIS Y PENSENT

Hugo Septier – Le 29/12/2023

  • C’est une tendance qui se dessine, y compris chez les cavistes, de plus en plus de fêtards sont à la recherche de breuvages sans alcool.

Sans alcool, la fête est plus folle? Alors que les fêtes de fin d’année peuvent être le théâtre des plus grands excès, certains, encore peu, font le choix de traverser les différents réveillons et autres retrouvailles en famille sans boire la moindre goutte d’alcool. Selon la Prévention routière, 83,2% des Français interrogés disent toutefois souhaiter consommer de l’alcool lors du réveillon du 31 décembre.

Pourtant, pour des raisons de santé, de religion, ou bien par simple choix personnel, les alternatives non-alcoolisées trouvent désormais leur clientèle, y compris chez les cavistes.

« Il y a une demande. Maintenant, les gens poussent la porte du caviste pour du sans-alcool. Avant, il fallait soit faire l’impasse sur le goût, sur le bon, soit se dire qu’on va boire du bon, mais pas très bon pour la santé. Aujourd’hui il n’y a plus trop ce compromis avec ces produits », dit à BFMTV Kévin Dupont, responsable de la cave « Nysa. »

« Les temps changent »

Le professeur Mickaël Naassila, président de la Société Française d’Alcoologie, assure auprès de BFMTV que se défaire de l’alcool en cette période de fêtes est difficile en raison du poids culturel. « En France on a une vision très positive de l’alcool, du mal a dissocier faire la fête et consommer de l’alcool. Mais les temps changent », dit-il, rappelant qu' »un verre d’alcool, ça demande à votre foie deux heures pour être éliminé. »

Selon lui, afin de réduire sa consommation, plusieurs dispositions sont à mettre en place. « Il faut que l’alcool soit moins présent, on ne laisse pas traîner les bouteilles, on propose des alternatives, il faut développer l’offre et avoir l’idée que si on boit, on boit lentement, en mangeant. Il faut faire attention à ne pas banaliser l’alcool devant les enfants », martèle-t-il.

Réveillon sans alcool: « 1 verre d’alcool ça demande à votre foie 2 heures pour être éliminé » indique Mickaël Naassila, président de la Société Française d’Alcoologie

En cas de volonté de réduire sa consommation sur le long terme, des solutions existent également.

« Ça se travaille, c’est pour ça qu’il y a cette opération du défi de janvier, le mois sans alcool, où justement on en profite pour apprendre sur l’impact de l’alcool sur sa santé et apprendre à être en meilleure capacité de refuser un verre d’alcool », termine-t-il.

Source Hugo Septier

Vous ne consommez pas d’alcool pour les fêtes et vos proches ne le comprennent pas ?

Racontez à Ouest -France

Les fêtes de fin d’année sont souvent prétextes à boire de l’alcool, parfois en grande quantité. Vous avez fait le choix de ne pas en consommer et cela vous vaut des réflexions ? Confiez-les nous.

Pas facile de faire le choix de ne pas boire d’alcool pendant les fêtes de fin d’année (photo d’illustration).
Pas facile de faire le choix de ne pas boire d’alcool pendant les fêtes de fin d’année (photo d’illustration). | ARCHIVES CO)

Les fêtes de fin d’année représentent très souvent une occasion pour trinquer à table. Vin, cocktails, champagnes, spiritueux… De nombreuses boissons alcoolisées s’invitent et sont associées à la notion de plaisir, de joie, de partage.

Sauf que certaines personnes ont fait le choix de ne pas en consommer, pour des raisons variées.

Réflexions, moqueries…

Habitant(e) du Maine-et-Loire, vous ne buvez pas d’alcool et cela vous vaut des réflexions, moqueries ou de l’incompréhension ? On vous perçoit comme rabat-joie, on essaie de vous forcer la main ?

Racontez-nous en passant par le formulaire ci-dessous ou en envoyant un mail à camille.rivieccio@courrier-ouest.com.

Source : Ouest France

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