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Une drogue qui «mange la chair» sévit aux États-Unis

La « tranq » est un cocktail de drogues qui ravage la peau de ceux qui la consomment.

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Publié le 21/06/2023

Ce nouveau mélange de drogues qui provoque des dégâts sur la peau et complique les overdoses a envahi les rues américaines. Dans les colonnes de La Voix du Nord, on découvre le témoignage de Martin, dépendant aux opioïdes depuis plusieurs années. Le quarantenaire est actuellement à New York et subit les effets du « tranq ».

Des plaies parfois profondes

«  Ce n’est pas une bonne expérience, ça vous fait des trous dans le corps, dans la peau  », souffle Martin, la voix parfois tremblante, lors d’une visite à St. Ann’s Corner of Harm Reduction, une association d’aide et d’échange de seringues ouverte, depuis 1990 dans l’arrondissement du Bronx.

À lire aussi : Patrick Bruel s’exprime sur son rapport à la drogue

Il garde lui-même des traces de plaies sur les jambes ou les bras. Signe qu’il a pu s’injecter à son insu de la xylazine, aussi appelée « tranq », et dont les blessures, qui peuvent ronger la peau et noircir, apparaissent ailleurs que dans la zone d’injection. «  Ça mange la chair, comme un crocodile  », lâche Martin, qui ne souhaite pas donner son nom.

Souvent couplée au fentanyl

La xylazine, un sédatif pour animaux, n’est pas autorisée pour un usage humain par l’Agence américaine des médicaments (FDA), mais elle a pénétré le marché américain des drogues illégales, volatil et dominé par les produits de synthèse. Jusqu’à être désignée «  menace émergente  » par la Maison Blanche en avril dernier.

Accessible facilement sur internet, elle est très souvent couplée au fentanyl, l’opioïde de synthèse 50 fois plus puissant que l’héroïne, qui a fait grimper en flèche le nombre d’overdoses mortelles dans le pays, à près de 110.000 en 2022, un record.

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Selon des données des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l’estimation du nombre d’overdoses mortelles dans lesquelles la xylazine est impliquée est passée de 260 en 2018 à 3 480 en 2021 aux États-Unis. Si Philadelphie fait figure d’épicentre de la « tranq », New York n’est pas épargnée : 19 % des overdoses aux opioïdes, soit 419 décès, impliquaient aussi de la xylazine en 2021, selon la ville.

Une amputation parfois nécessaire

Martin cherche à éviter ce cocktail, car «  ça vous met K.O .  » pendant des heures. «  C’est dur, mais qu’est-ce que vous voulez faire quand vous êtes accro ?  », lâche-t-il.

Martin, 45 ans, est soigné au St. Ann's Corner of Harm Reduction à New York.
Martin, 45 ans, est soigné au St. Ann’s Corner of Harm Reduction à New York. – Belga Image

Les blessures, les soignants de St Ann’s Corner of Harm Reduction en voient de plus en plus souvent quand ils sortent avec leur camionnette dans les rues du Bronx pour apporter du matériel de soin, des seringues propres, des tests de détection du fentanyl, de la nourriture, ou juste quelques conseils et mots de réconfort à des personnes en extrême difficulté.

Sur une photo qu’une infirmière a prise sur le terrain, la peau d’un patient présente de nombreuses plaies, parfois profondes. «  Les blessures peuvent s’aggraver, jusqu’à l’os (…) Parfois, les gens ont besoin d’une amputation ou d’une greffe de peau  », ajoute-t-elle.

Une mission compliquée pour les enquêteurs

Les États-Unis sont déjà submergés par la crise des opioïdes. La ville de New York et les associations mettent le paquet sur la naloxone, un spray nasal qui sert d’antidote en cas d’overdose au fentanyl. Mais en ralentissant la respiration et le rythme cardiaque, la xylazine complique encore la situation.

Autorisé pour les animaux, le produit n’a pas le statut de «  substance contrôlée  » au niveau fédéral, comme le sont les drogues dures, ce qui complique la tâche des enquêteurs, selon la procureure spéciale chargée des stupéfiants à New York, Bridget Brennan.

Des initiatives à St Ann’s

«  Nous pouvons garder un œil dessus. Mais même si nous en trouvions une grande quantité, nous ne pourrions pas poursuivre quelqu’un pour cela  » et donc «  pas remonter à la source  », explique-t-elle.

À St Ann’s, on pense plutôt que l’apparition de nouveaux mélanges découle de politiques criminalisant les toxicomanes. Le centre participe à un programme de la ville de New York, qui permet aux consommateurs de tester leur drogue pour connaître les risques. L’initiative doit aussi permettre aux services de santé de la ville de suivre en temps réel les évolutions du marché illégal.

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Faut-il légaliser le cannabis ?

Drogue : le combat d’un ancien toxicomane pour sortir de 15 ans d’addictions

Publié le 16/06/2023

 Durée de la vidéo : 3 min.

 – France 2

Face aux drogues de plus en plus accessibles sur le territoire, Camel Guelloul ancien toxicomane, entend interpeller les plus jeunes sur la spirale infernale dans laquelle il a chuté. Ainsi, il va à leur rencontre dans les lycées.

Il est devenu l’adulte qu’il aurait aimé croiser adolescent. À 49 ans, Camel Guelloul raconte d’un lycée à l’autre son passé d’ancien toxicomane. « À 18 ans, j’étais alcoolo dépendant, à 19 ans, j’étais accro à la cocaïne, à 21 ans, j’étais accro à l’héroïne« , témoigne-t-il. Il effectue 250 interventions par an devant des lycéens absorbés par son histoire. Il n’a qu’un objectif : les dissuader de se droguer. Il a commencé son tour de France dans les années 2000 pour toucher le plus de jeunes possibles.

Des années de psychothérapie

« C’est intéressant qu’il en parle aussi ouvertement parce qu’aujourd’hui on a tendance à minimiser les effets« , pense une lycéenne. Camel Guelloul fête ses 20 ans d’abstinence mais le chemin a été long. Il a commencé à se droguer à 13 ans après la mort accidentelle de son père. Sa fille de neuf ans a provoqué chez lui un déclic lorsqu’elle l’a surpris en train de se droguer. S’en est suivi un mois de désintoxication et des années de psychothérapie. voir les 4 commentaires

Le médecin psychiatre Jean-Michel Delile, président de Fédération Addiction

Un congrès national sur les addictions se tient à Orléans. Plus d’un millier de participants du monde médical, sanitaire et scientifique sont réunis. Comment se sortir d’une dépendance au tabac, à l’alcool, aux drogues et d’autres addictions comme l’usage des écrans qui se développent ?

Le médecin psychiatre spécialiste des addictions Jean-Michel Delile
Le médecin psychiatre spécialiste des addictions Jean-Michel Delile – Camille Huppenoire

C’est le rendez-vous le plus important en France, consacré aux drogues et aux addictions. Un congrès national se tient à partir d’aujourd’hui et durant deux jours, à CO’Met à Orléans. 1500 participants vont échanger et débattre de ces substances qui rendent accros tous ceux qui les utilisent. Drogue, alcool, tabac : comment s’en sortir ?

D’autres formes de dépendances se développent aussi et de plus en plus, notamment chez les jeunes comme la sur exposition aux écrans, aux tablettes et aux réseaux sociaux, avec tous les comportements dangereux qui en découlent.

Nous en parlons avec le docteur Jean-Michel Delile, médecin psychiatre, président de la Fédération Addiction. Il est l’invité du 6-9H de France Bleu Orléans.

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LA FRANCE SOUS L’EMPRISE DE LA DROGUE

Cause et symptôme de l’ensauvagement d’une société déboussolée, la drogue installe son emprise sur tout le territoire français. Métropoles, villes moyennes, bourgs, campagnes… aucun lieu n’est préservé. Aucun âge non plus : les victimes directes – consommateurs, vendeurs – sont de plus en plus jeunes, mais la terreur s’étend à toutes les générations : habitants des zones de « deal », simples passants agressés ou victimes collatérales d’une balle perdue, automobilistes accidentés…

L’affaire Palmade, très médiatisée en raison de l’identité du chauffard drogué et alcoolisé, n’est que l’un des accidents de la route attribués à la consommation de stupéfiants qui font quelque 700 morts par an. La drogue détruit des familles et ronge les cerveaux (souvent irrémédiablement chez les plus jeunes). Selon le ministère de l’Intérieur, 10% des auteurs d’homicides conjugaux en 2021 avaient consommé des substances psychoactives.

Et près de la moitié des femmes ayant subi un viol ou une tentative de viol, estimaient que leur agresseur était sous l’influence de l’alcool ou de la drogue. Celle-ci est aussi souvent consommée par des terroristes pour se donner du « courage » avant de passer à l’acte, tels les « assassins » (« ḥašišiywn », en persan) membres d’une secte musulmane qui tuaient sous l’emprise du haschisch.

Chaque jour égrène les « faits divers » dus à la drogue. Il y aurait entre 3000 et 4000 points de deal répartis sur le territoire national. On ne compte plus les règlements de compte entre trafiquants, y compris à coups de kalachnikov et en plein jour ! Rien qu’à Marseille, 26 fusillades mortelles ont eu lieu depuis le mois de janvier (avec un record dans la nuit du 3 avril avec l’exécution de deux hommes de 21 et 23 ans, et de deux adolescents de 15 et 16 ans).

Le 10 mai, une mère de famille a été tuée d’une balle perdue sous les yeux de sa fille. Lundi dernier 5 juin, encore à Marseille, un guetteur tombe sous les balles alors qu’il tentait de se réfugier dans une mosquée. Ce même 5 juin, à Nîmes, le maire annonce la fermeture de la médiathèque du quartier de Pissevin barricadé par des dealers pour protéger leur commerce.

Mardi, à Valence, fermeture de deux écoles primaires après les menaces de trafiquants que gênaient les parents accompagnant leurs enfants… Les policiers et les soignants sont en première ligne des personnes agressées par des consommateurs de drogue totalement désinhibés ou « en manque ».

La panoplie des drogues ne cesse de se diversifier, guettant les consommateurs de drogues prétendument « douces » : au bout du cannabis, vient la tentation du crack (la drogue du pauvre, mélange de cocaïne et de bicarbonate), de la cocaïne, ou des drogues de synthèse, particulièrement dangereuses.

Celles-ci peuvent être confectionnées localement, s’ajoutant à l’offre des stupéfiants déversés massivement depuis les ports d’Anvers, d’Amsterdam ou du Havre ou, par les airs, de Guyane. Leur trafic est des plus lucratifs : les points de vente rapportent de 10 000 à 80 000 euros par jour, jusqu’à 150 000 euros de recette quotidienne pour les trois points de vente les plus rémunérateurs de Marseille. Sur l’ensemble du territoire, cette économie souterraine aurait rapporté, en 2022, près de 5 milliards d’euros…

Au bout du compte, il s’agit bien d’une crise de civilisation, sur fond de la désespérance de générations privées de l’héritage culturel et spirituel qui a fait l’Europe et la France, aggravée par une immigration inassimilable. Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur mobilise préfets, policiers et gendarmes.

Mais son collègue ministre de l’Éducation nationale semble plus soucieux de faire passer le « wokisme » et la propagande transgenre dans les établissements que des campagnes de prévention contre la drogue épaulant une réforme de l’enseignement qui renouerait enfin avec l’incomparable patrimoine culturel de la France.

Concrètement, l’impuissance de l’État à juguler le cancer social de la drogue en investissant les « territoires perdus de la République » dirige la France vers une situation « à la mexicaine » alerte Yves Thréard dans Le Figaro .

Roland-Garros 2023 : certains joueurs s’interrogent sur l’attitude irrespectueuse, voire alcoolisée, d’une partie du public

Le tournoi de Roland-Garros aborde dimanche 4 juin les huitièmes de finale, avec chez les hommes l’un des favoris, le numéro 3 mondial Novak Djokovic, opposé au Péruvien Juan Pablo Varillas. Le Serbe est plutôt malmené par les spectateurs parisiens : sifflé, hué, critiqué… et il n’est pas le seul.

Les tribunes du stade Roland-Garros à Paris, le 3 juin 2023 (LE PARISIEN / ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)
Les tribunes du stade Roland-Garros à Paris, le 3 juin 2023 (LE PARISIEN / ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

Quand le kinésithérapeute arrive sur le court, vendredi 2 juin, pour masser la cuisse de Novak Djokovic, le Serbe mène deux sets à zéro face à l’Espagnol Davidovitch Fokina. Face à un public hostile, Djokovic, jusque-là impassible, fait un signe pour inciter à faire encore plus de bruit.

Après sa victoire, le numéro 3 mondial revient sur l’incident lors de sa conférence de presse :   » Il y a des gens qui aiment siffler tout ce que tu fais. C’est quelque chose que je trouve irrespectueux. Franchement, je ne comprends pas. Mais c’est leur droit : ils ont acheté un billet, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. » 

« 99 % du temps, je ne dis rien, mais parfois je réponds parce que quand quelqu’un n’est pas respectueux, il ou elle doit avoir une réponse à son comportement. »Novak Djokovic en conférence de presse

Mais celui qui subit sans doute le plus l’ire du public, c’est Taylor Fritz. L’Américain, tête de série numéro 9, a eu le tort d’éliminer le dernier Français en lice, Arthur Rinderknech, et de conclure la rencontre en posant son doigt sur la bouche. Si bien que son interview sur le court, après le match, s’est transformée en bronca. Arthur Rinderknech, qui assure avoir déjà connu ça ailleurs, avance un début d’explication : « J’ai eu trois ou quatre fois, en Australie, des grosses ambiances contre des Australiens. Je pense qu’ils étaient encore plus bourrés que les Français ce soir ! » 

Alcool à volonté

Et c’est vrai que dans les allées du stade Roland-Garros, les spectateurs ont le choix entre champagne, rosé, Pim’s, Spritz… Il y a même cette année un tout nouveau stand « bières express », où chacun se sert sa bière pression.

Le stand remporte un franc succès, et on retrouve ensuite ces consommateurs euphoriques en tribune, comme ce jeune homme qui avoue être « arrivé à 10h30 » et en être à « la quatrième » bière à 15h.

Ravi, dit-il, de retrouver une ambiance qui rappelle les grands stades : « Au foot, c’est toujours un peu fou. Au tennis, pour moi, c’est très calme. Cette année, c’est un peu différent. » 

« Dans les tribunes, tout le monde siffle, tout le monde fait les olé, etc… Au moins il y a de l’ambiance dans les tribunes ! »Un spectateur à Roland-Garros

Cette évolution est liée à la hausse de la fréquentation à Roland-Garros. Les chiffres définitifs ne sont pas encore connus, mais pendant les qualifications, par exemple, il y a eu une augmentation de 75% par rapport à l’an dernier. 

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Lettre du CNPERT (Mai – Juin 2023)

Demandez à recevoir par email cette lettre du CNPERT à guy.millant@gmail.com

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Promotion d’alcool et de drogue en ligne : les influenceurs sont-ils hors de contrôle ?

Par Maëlane LOAËC

Publié le 21 05 23

Sur les réseaux sociaux, certains influenceurs font la promotion d’alcool dans leurs publications, souvent au mépris des règles qui encadrent ce type de publicité.Dans une moindre mesure, certains semblent aussi inciter leurs abonnés à la consommation de drogues, de façon plus ou moins explicite.Le phénomène inquiète les addictologues et les associations, qui plaident pour davantage de contrôle.

Karaoké, tenues de soirée et cascade de ballons : l’influenceuse star Maeva Ghennam a célébré cette semaine son 26e anniversaire, une fête d’apparence bon enfant qu’elle n’a pas manqué de filmer sur Snapchat pour ses 2,3 millions d’abonnés. Mais sur ces vidéos partagées en story par l’ex-candidate de téléréalité, l’on aperçoit une table garnie de bouteilles d’alcool et à la main de plusieurs de ses amies, des ballons de protoxyde d’azote ou « gaz hilarant », une substance psychoactive dont la popularité croissante inquiète.

Une séquence symptomatique d’un phénomène préoccupant sur les réseaux sociaux : des influenceurs qui mettent en scène une consommation de produits addictifs, allant même parfois jusqu’à en faire la promotion. 

« On remarque surtout une surconsommation d’alcool », constate auprès de TF1info Audrey, qui traque depuis plusieurs années les dérives des influenceurs sur son compte Instagram « Vos stars en réalité ». Si Maeva Ghennam a affirmé quelques heures plus tard ne pas avoir inhalé elle-même de gaz hilarant, ayant vécu des expériences traumatisantes à ce sujet par le passé, elle a assumé être en « gueule de bois » le lendemain, dans une vidéo où la jeune femme apparaît amorphe, l’élocution brouillée. 

La consommation ou la promotion de drogues, elle, reste plus marginale chez les influenceurs, mais se maintient. « Dès 2019 et 2020, on pouvait déjà repérer des ballons. Désormais, cela est moins fréquent, mais le phénomène existe toujours », pointe Audrey. « J’ai aussi vu des joints, certains influenceurs allant même jusqu’à faire la promotion d’un dealer, dans de rares cas. »

Stéphanie Lukasik, enseignante chercheuse à l’université du Luxembourg et auteure L’Influence des leaders d’opinion (Éditions L’Harmattan), souligne quant à elle avoir repéré ces dernières années la promotion de vente de cannabis par des influenceurs, en particulier pendant la crise sanitaire, mais aussi le cas encore plus préoccupant d’une influenceuse évoquant auprès de ses abonnés son recours à des champignons hallucinogènes et du LSD, « permettant selon elle d’atteindre un certain développement personnel ».

Des substances dont elle parle, mais qu’elle ne consomme en revanche jamais devant la caméra, une forme d’incitation « beaucoup plus subtile » aux yeux de la spécialiste. 

« Il faudrait une surveillance permanente »

Ces pratiques sont pourtant en principe encadrées dans la loi. Le code de la santé publique sanctionne toute promotion de la drogue, autant son usage que son trafic, d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Pour le protoxyde d’azote, qui n’est pas illicite en France, une loi de 2021 punit tout de même de 15.000 euros d’amende « le fait de provoquer un mineur » à en consommer

Quant à l’alcool, la loi Evin autorise d’en faire la publicité, sauf lorsqu’elle s’adresse à un jeune public. Les promotions doivent aussi comporter la mention « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération », rester objectives et ne pas mettre en scène la consommation dans des contextes positifs, par exemple festifs, ce qui constitue pourtant le décor de nombreuses publicités mises en ligne par des influenceurs. La publicité pour le tabac est, de son côté, complètement interdite, mais certains se montrent encore en photo ou en vidéo avec des paquets de cigarette portant une marque en évidence.

En pratique, il est bien difficile de contrôler tous ces comportements face à la multiplicité des contenus, mais aussi les stratégies de détournement que déploient certains influenceurs, qui privilégient les stories, ces vidéos éphémères qui disparaissent au bout de quelques heures. « Il faudrait une surveillance permanente », regrette Stéphanie Lukasik.

Sans compter que les plateformes appartiennent à des sociétés étrangères et que tous les pays n’appliquent pas la même régulation. Par ailleurs, certains influenceurs partent habiter à l’étranger, à l’instar de Maëva Ghennam qui réside maintenant à Dubaï, tout en continuant à s’adresser au public de leur pays d’origine. 

Un règlement européen espère resserrer la vis dès la fin août, en imposant à plusieurs plateformes, dont Instagram, TikTok et Snapchat, de renforcer la lutte contre les contenus illicites. En attendant, reste encore la possibilité de signaler les contenus problématiques auprès de ces plateformes, mais le temps qu’une décision soit prise, le mal est souvent déjà fait. Les photos et vidéos ont déjà pu être visionnées par des centaines de milliers d’internautes, y compris les plus jeunes. 

Les influenceurs jouent sur le sentiment d’être rendu plus désirable et valorisé au regard des autres, mais aussi d’appartenir à une communauté

Jean-Pierre Couteron, psychologue-addictologue

Si les audiences des influenceurs, notamment issus de la télé-réalité, sont majoritairement adultes, selon Audrey de « Vos stars en réalité », plusieurs spécialistes interrogés par TF1info se disent particulièrement inquiets des effets insidieux de ce type de contenu sur les adolescents, qui restent plus vulnérables face à la tentation de prendre ces influenceurs pour modèle. 

Dans le cas de la promotion d’alcool en particulier, « les influenceurs jouent sur le sentiment d’être rendu plus désirable et valorisé au regard des autres, mais aussi d’appartenir à une communauté », grâce à ce lien pseudo-intime et de confiance, explique Jean-Pierre Couteron, psychologue-addictologue au CSAPA Le Trait d’Union de l’association Oppelia, à Boulogne-Billancourt.

Parmi les jeunes de 17 ou 18 ans qui le consultent, plusieurs estiment que certains influenceurs ont participé à leur donner envie de consommer. « Ils effacent tous les risques et banalisent cette consommation, en se mettant en scène en train de ressentir l’effet positif que le consommateur voudrait rechercher », ajoute l’ancien président de la Fédération Addiction. 

L’interdiction des publicités pour l’alcool finalement écartée

Cette question s’est retrouvée ces dernières semaines au cœur des débats, dans le cadre de la préparation d’une proposition de loi pour réguler le métier d’influenceur, qui sera débattue en commission mixte paritaire la semaine prochaine. Mais le texte s’en tiendra finalement à rappeler que la loi Evin s’applique bien à l’activité d’influence. « On renforce quand même le contrôle, en précisant que cette activité recoupe à la fois les partenariats rémunérés, mais aussi les avantages en nature, comme les colis promotionnels », précise l’un de ses rapporteurs, le député PS Arthur Delaporte, qui espère un vote au début du mois de juin. 

Enclin à une interdiction totale des publicités d’alcool via les influenceurs, l’élu a dû se résigner à abandonner le projet, faute de majorité, au grand dam de l’association Addictions France, pour qui ce nouveau texte ne sera pas suffisant. « Cela va continuer comme avant, avec des publications qui passent sous les radars », prédit Myriam Savy, directrice communication et plaidoyer. 

Dans le cadre d’un projet d’observation, l’association a recensé quasiment 10.000 contenus faisant la promotion d’alcool depuis octobre 2021, dont la moitié émanant d’influenceurs. Par manque de moyens, elle a ciblé 400 contenus parmi les plus problématiques au regard de la loi, en contactant directement les créateurs concernés, cumulant tous plus de 10.000 abonnés

LIRE AUSSI ENQUÊTE – Tabac, alcool : ces publicités illégales qui pullulent sur les réseaux sociaux

Seules un tiers des publications ont été retirées spontanément. En cas d’absence de réponse, l’organisation s’est redirigée vers les plateformes hébergeuses, allant même jusqu’à poursuivre en justice Meta, la maison mère d’Instagram, dont elle a obtenu en février dernier le retrait d’une quarantaine de publications, un geste qui arrive malheureusement « déjà trop tard ». D’autant que même après la suppression d’un contenu, certains influenceurs récidivent parfois avec de nouvelles publicités. 

Dernier garde-fou, selon les spécialistes, l’entourage amical ou familial de l’influenceur peut aussi l’inciter à s’excuser après un dérapage, ou encore les agences avec lesquels nombre d’entre eux travaillent, bien conscientes que leur réputation peut être en jeu. La communauté elle-même peut aussi le rappeler à l’ordre. Reste qu’encore une fois, il peut s’écouler plusieurs heures, voire jours, entre la publication initiale et les excuses, un temps d’exposition qui ne se rattrape jamais. 

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Trafic de drogue en Colombie

La marine saisit le plus grand narco sous-marin de son histoire

Le semi-submersible de 30 mètres de long et trois mètres de large transportait à son bord trois tonnes de cocaïne.

Publié: 12.05.2023,

Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993.
Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993.AFP

La marine colombienne a annoncé vendredi avoir saisi le plus grand narco sous-marin de l’histoire de la Colombie, mesurant 30 mètres de long et trois mètres de large, avec à son bord trois tonnes de cocaïne.

Le semi-submersible a été stoppé mardi alors qu’il se dirigeait vers l’Amérique centrale, l’une des routes les plus empruntées pour le trafic illégal vers les États-Unis, principal consommateur mondial de cocaïne colombienne.

Les images diffusées par les autorités ont montré la longue embarcation sur les eaux, ainsi que sa marchandise débarquée à terre, des centaines de paquets de stupéfiants étiquetés «Toyota» (les trafiquants aiment à donner une signature, souvent choisie parmi les grandes marques mondiales, à leurs livraisons) et, au milieu, trois hommes capturés.

Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993, dans le pays le plus grand producteur de cocaïne au monde.

En trois décennies, la marine a saisi 228 navires de ce type, qui partent chargés de tonnes de drogue de l’océan Pacifique vers les États-Unis ou traversent même l’Atlantique vers l’Europe.

Les trois suspects colombiens arrêtés lors de cette dernière saisie ont affirmé avoir été «contraints par une organisation de trafiquants de drogue d’embarquer et de conduire le semi-submersible avec l’alcaloïde vers l’Amérique centrale».

Les trois hommes, âgés de 63, 54 et 45 ans, ont été conduits à Tumaco (sud) pour être remis à la justice.

Selon les estimations de la marine, la saisie représente un préjudice de 103 millions de dollars pour les trafiquants.

Fabriquées clandestinement, ces embarcations, à la fois rustiques et légères, se déplacent près de la surface de l’eau, parcourent de plus longues distances que les vedettes rapides des autorités et sont difficilement repérables.

La législation colombienne punit l’utilisation, la construction, la commercialisation, la possession et le transport de semi-submersibles à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans.

Après un demi-siècle de guerre contre la drogue financée et soutenue par les États-Unis, la Colombie continue d’atteindre des niveaux records de production de cocaïne.

En 2021, la culture de la coca, dont est extraite la drogue, couvrait plus de 204.000 hectares, et la production de chlorhydrate de cocaïne s’élevait à 1.400 tonnes, selon l’ONU.

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