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Faut-il légaliser le cannabis ?

Drogue : le combat d’un ancien toxicomane pour sortir de 15 ans d’addictions

Publié le 16/06/2023

 Durée de la vidéo : 3 min.

 – France 2

Face aux drogues de plus en plus accessibles sur le territoire, Camel Guelloul ancien toxicomane, entend interpeller les plus jeunes sur la spirale infernale dans laquelle il a chuté. Ainsi, il va à leur rencontre dans les lycées.

Il est devenu l’adulte qu’il aurait aimé croiser adolescent. À 49 ans, Camel Guelloul raconte d’un lycée à l’autre son passé d’ancien toxicomane. « À 18 ans, j’étais alcoolo dépendant, à 19 ans, j’étais accro à la cocaïne, à 21 ans, j’étais accro à l’héroïne« , témoigne-t-il. Il effectue 250 interventions par an devant des lycéens absorbés par son histoire. Il n’a qu’un objectif : les dissuader de se droguer. Il a commencé son tour de France dans les années 2000 pour toucher le plus de jeunes possibles.

Des années de psychothérapie

« C’est intéressant qu’il en parle aussi ouvertement parce qu’aujourd’hui on a tendance à minimiser les effets« , pense une lycéenne. Camel Guelloul fête ses 20 ans d’abstinence mais le chemin a été long. Il a commencé à se droguer à 13 ans après la mort accidentelle de son père. Sa fille de neuf ans a provoqué chez lui un déclic lorsqu’elle l’a surpris en train de se droguer. S’en est suivi un mois de désintoxication et des années de psychothérapie. voir les 4 commentaires

Le médecin psychiatre Jean-Michel Delile, président de Fédération Addiction

Un congrès national sur les addictions se tient à Orléans. Plus d’un millier de participants du monde médical, sanitaire et scientifique sont réunis. Comment se sortir d’une dépendance au tabac, à l’alcool, aux drogues et d’autres addictions comme l’usage des écrans qui se développent ?

Le médecin psychiatre spécialiste des addictions Jean-Michel Delile
Le médecin psychiatre spécialiste des addictions Jean-Michel Delile – Camille Huppenoire

C’est le rendez-vous le plus important en France, consacré aux drogues et aux addictions. Un congrès national se tient à partir d’aujourd’hui et durant deux jours, à CO’Met à Orléans. 1500 participants vont échanger et débattre de ces substances qui rendent accros tous ceux qui les utilisent. Drogue, alcool, tabac : comment s’en sortir ?

D’autres formes de dépendances se développent aussi et de plus en plus, notamment chez les jeunes comme la sur exposition aux écrans, aux tablettes et aux réseaux sociaux, avec tous les comportements dangereux qui en découlent.

Nous en parlons avec le docteur Jean-Michel Delile, médecin psychiatre, président de la Fédération Addiction. Il est l’invité du 6-9H de France Bleu Orléans.

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LA FRANCE SOUS L’EMPRISE DE LA DROGUE

Cause et symptôme de l’ensauvagement d’une société déboussolée, la drogue installe son emprise sur tout le territoire français. Métropoles, villes moyennes, bourgs, campagnes… aucun lieu n’est préservé. Aucun âge non plus : les victimes directes – consommateurs, vendeurs – sont de plus en plus jeunes, mais la terreur s’étend à toutes les générations : habitants des zones de « deal », simples passants agressés ou victimes collatérales d’une balle perdue, automobilistes accidentés…

L’affaire Palmade, très médiatisée en raison de l’identité du chauffard drogué et alcoolisé, n’est que l’un des accidents de la route attribués à la consommation de stupéfiants qui font quelque 700 morts par an. La drogue détruit des familles et ronge les cerveaux (souvent irrémédiablement chez les plus jeunes). Selon le ministère de l’Intérieur, 10% des auteurs d’homicides conjugaux en 2021 avaient consommé des substances psychoactives.

Et près de la moitié des femmes ayant subi un viol ou une tentative de viol, estimaient que leur agresseur était sous l’influence de l’alcool ou de la drogue. Celle-ci est aussi souvent consommée par des terroristes pour se donner du « courage » avant de passer à l’acte, tels les « assassins » (« ḥašišiywn », en persan) membres d’une secte musulmane qui tuaient sous l’emprise du haschisch.

Chaque jour égrène les « faits divers » dus à la drogue. Il y aurait entre 3000 et 4000 points de deal répartis sur le territoire national. On ne compte plus les règlements de compte entre trafiquants, y compris à coups de kalachnikov et en plein jour ! Rien qu’à Marseille, 26 fusillades mortelles ont eu lieu depuis le mois de janvier (avec un record dans la nuit du 3 avril avec l’exécution de deux hommes de 21 et 23 ans, et de deux adolescents de 15 et 16 ans).

Le 10 mai, une mère de famille a été tuée d’une balle perdue sous les yeux de sa fille. Lundi dernier 5 juin, encore à Marseille, un guetteur tombe sous les balles alors qu’il tentait de se réfugier dans une mosquée. Ce même 5 juin, à Nîmes, le maire annonce la fermeture de la médiathèque du quartier de Pissevin barricadé par des dealers pour protéger leur commerce.

Mardi, à Valence, fermeture de deux écoles primaires après les menaces de trafiquants que gênaient les parents accompagnant leurs enfants… Les policiers et les soignants sont en première ligne des personnes agressées par des consommateurs de drogue totalement désinhibés ou « en manque ».

La panoplie des drogues ne cesse de se diversifier, guettant les consommateurs de drogues prétendument « douces » : au bout du cannabis, vient la tentation du crack (la drogue du pauvre, mélange de cocaïne et de bicarbonate), de la cocaïne, ou des drogues de synthèse, particulièrement dangereuses.

Celles-ci peuvent être confectionnées localement, s’ajoutant à l’offre des stupéfiants déversés massivement depuis les ports d’Anvers, d’Amsterdam ou du Havre ou, par les airs, de Guyane. Leur trafic est des plus lucratifs : les points de vente rapportent de 10 000 à 80 000 euros par jour, jusqu’à 150 000 euros de recette quotidienne pour les trois points de vente les plus rémunérateurs de Marseille. Sur l’ensemble du territoire, cette économie souterraine aurait rapporté, en 2022, près de 5 milliards d’euros…

Au bout du compte, il s’agit bien d’une crise de civilisation, sur fond de la désespérance de générations privées de l’héritage culturel et spirituel qui a fait l’Europe et la France, aggravée par une immigration inassimilable. Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur mobilise préfets, policiers et gendarmes.

Mais son collègue ministre de l’Éducation nationale semble plus soucieux de faire passer le « wokisme » et la propagande transgenre dans les établissements que des campagnes de prévention contre la drogue épaulant une réforme de l’enseignement qui renouerait enfin avec l’incomparable patrimoine culturel de la France.

Concrètement, l’impuissance de l’État à juguler le cancer social de la drogue en investissant les « territoires perdus de la République » dirige la France vers une situation « à la mexicaine » alerte Yves Thréard dans Le Figaro .

Roland-Garros 2023 : certains joueurs s’interrogent sur l’attitude irrespectueuse, voire alcoolisée, d’une partie du public

Le tournoi de Roland-Garros aborde dimanche 4 juin les huitièmes de finale, avec chez les hommes l’un des favoris, le numéro 3 mondial Novak Djokovic, opposé au Péruvien Juan Pablo Varillas. Le Serbe est plutôt malmené par les spectateurs parisiens : sifflé, hué, critiqué… et il n’est pas le seul.

Les tribunes du stade Roland-Garros à Paris, le 3 juin 2023 (LE PARISIEN / ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)
Les tribunes du stade Roland-Garros à Paris, le 3 juin 2023 (LE PARISIEN / ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

Quand le kinésithérapeute arrive sur le court, vendredi 2 juin, pour masser la cuisse de Novak Djokovic, le Serbe mène deux sets à zéro face à l’Espagnol Davidovitch Fokina. Face à un public hostile, Djokovic, jusque-là impassible, fait un signe pour inciter à faire encore plus de bruit.

Après sa victoire, le numéro 3 mondial revient sur l’incident lors de sa conférence de presse :   » Il y a des gens qui aiment siffler tout ce que tu fais. C’est quelque chose que je trouve irrespectueux. Franchement, je ne comprends pas. Mais c’est leur droit : ils ont acheté un billet, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. » 

« 99 % du temps, je ne dis rien, mais parfois je réponds parce que quand quelqu’un n’est pas respectueux, il ou elle doit avoir une réponse à son comportement. »Novak Djokovic en conférence de presse

Mais celui qui subit sans doute le plus l’ire du public, c’est Taylor Fritz. L’Américain, tête de série numéro 9, a eu le tort d’éliminer le dernier Français en lice, Arthur Rinderknech, et de conclure la rencontre en posant son doigt sur la bouche. Si bien que son interview sur le court, après le match, s’est transformée en bronca. Arthur Rinderknech, qui assure avoir déjà connu ça ailleurs, avance un début d’explication : « J’ai eu trois ou quatre fois, en Australie, des grosses ambiances contre des Australiens. Je pense qu’ils étaient encore plus bourrés que les Français ce soir ! » 

Alcool à volonté

Et c’est vrai que dans les allées du stade Roland-Garros, les spectateurs ont le choix entre champagne, rosé, Pim’s, Spritz… Il y a même cette année un tout nouveau stand « bières express », où chacun se sert sa bière pression.

Le stand remporte un franc succès, et on retrouve ensuite ces consommateurs euphoriques en tribune, comme ce jeune homme qui avoue être « arrivé à 10h30 » et en être à « la quatrième » bière à 15h.

Ravi, dit-il, de retrouver une ambiance qui rappelle les grands stades : « Au foot, c’est toujours un peu fou. Au tennis, pour moi, c’est très calme. Cette année, c’est un peu différent. » 

« Dans les tribunes, tout le monde siffle, tout le monde fait les olé, etc… Au moins il y a de l’ambiance dans les tribunes ! »Un spectateur à Roland-Garros

Cette évolution est liée à la hausse de la fréquentation à Roland-Garros. Les chiffres définitifs ne sont pas encore connus, mais pendant les qualifications, par exemple, il y a eu une augmentation de 75% par rapport à l’an dernier. 

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Lettre du CNPERT (Mai – Juin 2023)

Demandez à recevoir par email cette lettre du CNPERT à guy.millant@gmail.com

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Promotion d’alcool et de drogue en ligne : les influenceurs sont-ils hors de contrôle ?

Par Maëlane LOAËC

Publié le 21 05 23

Sur les réseaux sociaux, certains influenceurs font la promotion d’alcool dans leurs publications, souvent au mépris des règles qui encadrent ce type de publicité.Dans une moindre mesure, certains semblent aussi inciter leurs abonnés à la consommation de drogues, de façon plus ou moins explicite.Le phénomène inquiète les addictologues et les associations, qui plaident pour davantage de contrôle.

Karaoké, tenues de soirée et cascade de ballons : l’influenceuse star Maeva Ghennam a célébré cette semaine son 26e anniversaire, une fête d’apparence bon enfant qu’elle n’a pas manqué de filmer sur Snapchat pour ses 2,3 millions d’abonnés. Mais sur ces vidéos partagées en story par l’ex-candidate de téléréalité, l’on aperçoit une table garnie de bouteilles d’alcool et à la main de plusieurs de ses amies, des ballons de protoxyde d’azote ou « gaz hilarant », une substance psychoactive dont la popularité croissante inquiète.

Une séquence symptomatique d’un phénomène préoccupant sur les réseaux sociaux : des influenceurs qui mettent en scène une consommation de produits addictifs, allant même parfois jusqu’à en faire la promotion. 

« On remarque surtout une surconsommation d’alcool », constate auprès de TF1info Audrey, qui traque depuis plusieurs années les dérives des influenceurs sur son compte Instagram « Vos stars en réalité ». Si Maeva Ghennam a affirmé quelques heures plus tard ne pas avoir inhalé elle-même de gaz hilarant, ayant vécu des expériences traumatisantes à ce sujet par le passé, elle a assumé être en « gueule de bois » le lendemain, dans une vidéo où la jeune femme apparaît amorphe, l’élocution brouillée. 

La consommation ou la promotion de drogues, elle, reste plus marginale chez les influenceurs, mais se maintient. « Dès 2019 et 2020, on pouvait déjà repérer des ballons. Désormais, cela est moins fréquent, mais le phénomène existe toujours », pointe Audrey. « J’ai aussi vu des joints, certains influenceurs allant même jusqu’à faire la promotion d’un dealer, dans de rares cas. »

Stéphanie Lukasik, enseignante chercheuse à l’université du Luxembourg et auteure L’Influence des leaders d’opinion (Éditions L’Harmattan), souligne quant à elle avoir repéré ces dernières années la promotion de vente de cannabis par des influenceurs, en particulier pendant la crise sanitaire, mais aussi le cas encore plus préoccupant d’une influenceuse évoquant auprès de ses abonnés son recours à des champignons hallucinogènes et du LSD, « permettant selon elle d’atteindre un certain développement personnel ».

Des substances dont elle parle, mais qu’elle ne consomme en revanche jamais devant la caméra, une forme d’incitation « beaucoup plus subtile » aux yeux de la spécialiste. 

« Il faudrait une surveillance permanente »

Ces pratiques sont pourtant en principe encadrées dans la loi. Le code de la santé publique sanctionne toute promotion de la drogue, autant son usage que son trafic, d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Pour le protoxyde d’azote, qui n’est pas illicite en France, une loi de 2021 punit tout de même de 15.000 euros d’amende « le fait de provoquer un mineur » à en consommer. 

Quant à l’alcool, la loi Evin autorise d’en faire la publicité, sauf lorsqu’elle s’adresse à un jeune public. Les promotions doivent aussi comporter la mention « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération », rester objectives et ne pas mettre en scène la consommation dans des contextes positifs, par exemple festifs, ce qui constitue pourtant le décor de nombreuses publicités mises en ligne par des influenceurs. La publicité pour le tabac est, de son côté, complètement interdite, mais certains se montrent encore en photo ou en vidéo avec des paquets de cigarette portant une marque en évidence.

En pratique, il est bien difficile de contrôler tous ces comportements face à la multiplicité des contenus, mais aussi les stratégies de détournement que déploient certains influenceurs, qui privilégient les stories, ces vidéos éphémères qui disparaissent au bout de quelques heures. « Il faudrait une surveillance permanente », regrette Stéphanie Lukasik.

Sans compter que les plateformes appartiennent à des sociétés étrangères et que tous les pays n’appliquent pas la même régulation. Par ailleurs, certains influenceurs partent habiter à l’étranger, à l’instar de Maëva Ghennam qui réside maintenant à Dubaï, tout en continuant à s’adresser au public de leur pays d’origine. 

Un règlement européen espère resserrer la vis dès la fin août, en imposant à plusieurs plateformes, dont Instagram, TikTok et Snapchat, de renforcer la lutte contre les contenus illicites. En attendant, reste encore la possibilité de signaler les contenus problématiques auprès de ces plateformes, mais le temps qu’une décision soit prise, le mal est souvent déjà fait. Les photos et vidéos ont déjà pu être visionnées par des centaines de milliers d’internautes, y compris les plus jeunes. 

Les influenceurs jouent sur le sentiment d’être rendu plus désirable et valorisé au regard des autres, mais aussi d’appartenir à une communauté

Jean-Pierre Couteron, psychologue-addictologue

Si les audiences des influenceurs, notamment issus de la télé-réalité, sont majoritairement adultes, selon Audrey de « Vos stars en réalité », plusieurs spécialistes interrogés par TF1info se disent particulièrement inquiets des effets insidieux de ce type de contenu sur les adolescents, qui restent plus vulnérables face à la tentation de prendre ces influenceurs pour modèle. 

Dans le cas de la promotion d’alcool en particulier, « les influenceurs jouent sur le sentiment d’être rendu plus désirable et valorisé au regard des autres, mais aussi d’appartenir à une communauté », grâce à ce lien pseudo-intime et de confiance, explique Jean-Pierre Couteron, psychologue-addictologue au CSAPA Le Trait d’Union de l’association Oppelia, à Boulogne-Billancourt.

Parmi les jeunes de 17 ou 18 ans qui le consultent, plusieurs estiment que certains influenceurs ont participé à leur donner envie de consommer. « Ils effacent tous les risques et banalisent cette consommation, en se mettant en scène en train de ressentir l’effet positif que le consommateur voudrait rechercher », ajoute l’ancien président de la Fédération Addiction. 

L’interdiction des publicités pour l’alcool finalement écartée

Cette question s’est retrouvée ces dernières semaines au cœur des débats, dans le cadre de la préparation d’une proposition de loi pour réguler le métier d’influenceur, qui sera débattue en commission mixte paritaire la semaine prochaine. Mais le texte s’en tiendra finalement à rappeler que la loi Evin s’applique bien à l’activité d’influence. « On renforce quand même le contrôle, en précisant que cette activité recoupe à la fois les partenariats rémunérés, mais aussi les avantages en nature, comme les colis promotionnels », précise l’un de ses rapporteurs, le député PS Arthur Delaporte, qui espère un vote au début du mois de juin. 

Enclin à une interdiction totale des publicités d’alcool via les influenceurs, l’élu a dû se résigner à abandonner le projet, faute de majorité, au grand dam de l’association Addictions France, pour qui ce nouveau texte ne sera pas suffisant. « Cela va continuer comme avant, avec des publications qui passent sous les radars », prédit Myriam Savy, directrice communication et plaidoyer. 

Dans le cadre d’un projet d’observation, l’association a recensé quasiment 10.000 contenus faisant la promotion d’alcool depuis octobre 2021, dont la moitié émanant d’influenceurs. Par manque de moyens, elle a ciblé 400 contenus parmi les plus problématiques au regard de la loi, en contactant directement les créateurs concernés, cumulant tous plus de 10.000 abonnés. 

LIRE AUSSI ENQUÊTE – Tabac, alcool : ces publicités illégales qui pullulent sur les réseaux sociaux

Seules un tiers des publications ont été retirées spontanément. En cas d’absence de réponse, l’organisation s’est redirigée vers les plateformes hébergeuses, allant même jusqu’à poursuivre en justice Meta, la maison mère d’Instagram, dont elle a obtenu en février dernier le retrait d’une quarantaine de publications, un geste qui arrive malheureusement « déjà trop tard ». D’autant que même après la suppression d’un contenu, certains influenceurs récidivent parfois avec de nouvelles publicités. 

Dernier garde-fou, selon les spécialistes, l’entourage amical ou familial de l’influenceur peut aussi l’inciter à s’excuser après un dérapage, ou encore les agences avec lesquels nombre d’entre eux travaillent, bien conscientes que leur réputation peut être en jeu. La communauté elle-même peut aussi le rappeler à l’ordre. Reste qu’encore une fois, il peut s’écouler plusieurs heures, voire jours, entre la publication initiale et les excuses, un temps d’exposition qui ne se rattrape jamais. 

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Trafic de drogue en Colombie

La marine saisit le plus grand narco sous-marin de son histoire

Le semi-submersible de 30 mètres de long et trois mètres de large transportait à son bord trois tonnes de cocaïne.

Publié: 12.05.2023,

Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993.
Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993.AFP

La marine colombienne a annoncé vendredi avoir saisi le plus grand narco sous-marin de l’histoire de la Colombie, mesurant 30 mètres de long et trois mètres de large, avec à son bord trois tonnes de cocaïne.

Le semi-submersible a été stoppé mardi alors qu’il se dirigeait vers l’Amérique centrale, l’une des routes les plus empruntées pour le trafic illégal vers les États-Unis, principal consommateur mondial de cocaïne colombienne.

Les images diffusées par les autorités ont montré la longue embarcation sur les eaux, ainsi que sa marchandise débarquée à terre, des centaines de paquets de stupéfiants étiquetés «Toyota» (les trafiquants aiment à donner une signature, souvent choisie parmi les grandes marques mondiales, à leurs livraisons) et, au milieu, trois hommes capturés.

Il s’agit du plus grand semi-submersible identifié depuis le début de ce type de saisie en 1993, dans le pays le plus grand producteur de cocaïne au monde.

En trois décennies, la marine a saisi 228 navires de ce type, qui partent chargés de tonnes de drogue de l’océan Pacifique vers les États-Unis ou traversent même l’Atlantique vers l’Europe.

Les trois suspects colombiens arrêtés lors de cette dernière saisie ont affirmé avoir été «contraints par une organisation de trafiquants de drogue d’embarquer et de conduire le semi-submersible avec l’alcaloïde vers l’Amérique centrale».

Les trois hommes, âgés de 63, 54 et 45 ans, ont été conduits à Tumaco (sud) pour être remis à la justice.

Selon les estimations de la marine, la saisie représente un préjudice de 103 millions de dollars pour les trafiquants.

Fabriquées clandestinement, ces embarcations, à la fois rustiques et légères, se déplacent près de la surface de l’eau, parcourent de plus longues distances que les vedettes rapides des autorités et sont difficilement repérables.

La législation colombienne punit l’utilisation, la construction, la commercialisation, la possession et le transport de semi-submersibles à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans.

Après un demi-siècle de guerre contre la drogue financée et soutenue par les États-Unis, la Colombie continue d’atteindre des niveaux records de production de cocaïne.

En 2021, la culture de la coca, dont est extraite la drogue, couvrait plus de 204.000 hectares, et la production de chlorhydrate de cocaïne s’élevait à 1.400 tonnes, selon l’ONU.

Drogue : cannabis, cocaïne…

5 chiffres sur le trafic de stupéfiants en 2023

La France compte 5 millions d’utilisateurs réguliers du cannabis et 600 000 pour la cocaïne, la drogue « dure » la plus consommée, loin devant l’héroïne. En 2022, plus de 150 tonnes de produits stupéfiants ont été saisies. Tour d’horizon du trafic de drogue qui pèse près de trois milliards d’euros par an.

  • Mathieu Castagnet, 
Drogue : cannabis, cocaïne… 5 chiffres sur le trafic de stupéfiants en 2023
Le trafic de la drogue représente un marché de près de 3 milliards d’euros en France. Près de 5 millions de personnes consommeraient du cannabis régulièrement, dont 850 000 de façon quotidienne.

Photo d’illustration.GURUXOX / STOCK.ADOBE.COM

Même si le trafic de drogue figure officiellement dans les chiffres du Produit intérieur brut, l’activité demeure évidemment illégale, opaque, discrète. Pourtant, de nombreuses études ou évaluations permettent de mieux cerner le poids des drogues en France.

► Un marché à 2,7 milliards d’euros

Pour répondre au besoin d’harmonisation entre les statistiques des différents pays, l’Insee s’est résolu en 2018 à prendre en compte le trafic de drogue dans le calcul du Produit intérieur brut (PIB). Dans les comptes nationaux, cette activité pèse 2,7 milliards d’euros, ce qui « correspond au total de la consommation de drogue (3,1 milliards d’euros) minoré des importations (0,4 milliard)

Pour aboutir à ce chiffre, qui n’a plus été révisé depuis 4 ans, l’Insee a appliqué la même rigueur que pour les autres secteurs. Elle a donc estimé le montant de transactions sur les différentes drogues, mais aussi pris en compte « les heures travaillées par les trafiquants » soit « un peu plus de 30 millions d’heures » par an.

► 5 millions d’usagers du cannabis

La France compte 5 millions d’usagers du cannabis, c’est-à-dire de personnes ayant consommé le produit au moins une fois dans l’année, selon le rapport 2022 de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT). Parmi eux, environ 1,3 million sont des consommateurs réguliers (plus de dix fois par mois) et 850 000 sont même des utilisateurs quotidiens.

Parmi les drogues illégales, la cocaïne arrive en seconde position. Environ 600 000 personnes consommeraient de la « coke » au moins une fois dans l’année. Les drogues de synthèses, comme la MDMA ou l’ecstasy compteraient environ 400 000 usagers dans l’année.

► 150 000 amendes pour les consommateurs

La simple consommation de drogue reste un délit en France. Mais, depuis 2019, celui-ci peut faire l’objet d’une amende délictuelle forfaitaire (ADF) de 200 € plutôt que d’une poursuite devant le tribunal. Une procédure en plein essor.

Selon le dernier bilan de l’Office antistupéfiant de la police, présenté le 1er mars 2023, 143 447 amendes forfaitaires pour usage de stupéfiant ont été dressées en 2022 par les forces de l’ordre. Une augmentation de plus de 30 % par rapport à l’année précédente. Les départements où les AFD ont été les plus nombreuses en 2022 sont les Bouches-du-Rhône, Paris, la Seine-Saint-Denis, le Rhône et le Nord.

► Plus de 150 tonnes saisies

En 2022, les gendarmes, policiers et douaniers ont saisi plus de tonnes de produits stupéfiants. L’essentiel des prises concerne évidemment le cannabis. En 2022, pour la première fois, les saisies ont dépassé le seuil des 125 tonnes pour atteindre 128,6 tonnes. Les forces de l’ordre ont trouvé deux fois plus de résine de cannabis (plus de 87 tonnes au total) que d’herbe (41 tonnes).

En ce qui concerne les autres drogues, les saisies ont également augmenté l’année dernière. C’est le cas pour la cocaïne (27,7 tonnes en 2022) comme pour l’héroïne (1,4 tonne). Les prises en matière de drogues de synthèses sont également en forte hausse avec 273 kg d’amphétamines et méthamphétamines et plus de 1,5 million de comprimés d’ecstasy et de MDMA.

► 8 € pour un gramme de cannabis, 65 € pour la cocaïne

La résine de cannabis se négocie à la vente à environ 8 € le gramme et l’herbe à 10 € le gramme, selon les chiffres de l’OFDT et ceux du ministère de l’intérieur. Des prix qui n’auraient pas connu d’inflation entre 2021 et 2022.

La cocaïne est beaucoup plus chère, avec un prix de 65 € le gramme. Un gramme d’héroïne se négocie autour de 30 € et un comprimé d’ecstasy 10 €. Un gramme de méthamphétamine se négocie en moyenne à 28 € contre 10 € pour l’amphétamine.

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