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Trafic de drogue : une guerre sans fin

Cannabis : le gouvernement dit non à la légalisation

Alors que maires et parlementaires Les Républicains s’opposent sur la question, certains membres du gouvernement rappellent que la légalisation du cannabis n’est pas à l’ordre du jour.

Dimanche 27 septembre, trois maires LR avaient publié une tribune dans le JDD où ils appelaient à la légalisation du cannabis. Une semaine plus tard, 80 parlementaires LR ont réfuté cette idée en publiant, eux aussi, un texte dans le même journal. Finalement, certains membres du gouvernement se sont positionnés contre cette idée lors de plusieurs interviews. 

Sur le plateau de LCP lundi 5 octobre, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté a déclaré : 

Je suis contre la légalisation du cannabis. Pourquoi ? Parce que généralement ça mène à la consommation de drogues plus dures et qu’on sait que ça sert à financer les réseaux de traite des êtres humains et d’ailleurs en partie les activités terroristes qu’on évoquait.

Position similaire pour Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, au cours d’un entretien publié par Le Figaro ce mardi 6 octobre : « Le cannabis déscolarise, rend dépendant psychologiquement, et a des effets délétères sur la santé mentale et physique. J’ai donc toujours été opposé à sa dépénalisation […] Je pense que cela ne fera que déplacer la délinquance vers d’autres drogues comme la cocaïne et l’héroïne. »

A la mi-septembre, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur avait déjà fait part de son rejet de la légalisation du cannabis : « Je ne peux pas, en tant que ministre de l’Intérieur, en tant qu’homme politique, dire à des parents qui se battent pour que leurs enfants sortent de l’addiction à la drogue, que l’on va légaliser cette merde. Et je dis bien ‘cette merde.’ « 

Il apparaît très clairement que le gouvernement est encore loin d’envisager la légalisation de la weed. Le lancement de l’expérimentation du cannabis thérapeutique envisagé à l’origine au mois de septembre a été reporté de trois mois, pour cause de coronavirus. 

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Boulevard Voltaire  jeudi 1er octobre 2020

L’édile de Reims et les deals de Reims 

Pr. Jean Costentin

 Le maire de Reims, M. Robinet, membre du LR, parti jusqu’alors assimilé aux prohibitionnistes du cannabis, s’exprime en faveur de sa légalisation, proposant que sa ville soit le siège de son expérimentation. Sait-il encore où il habite, et pour son appartenance politique, et pour sa ville, cité historique, mondialement identifiée au champagne ? Deviendra-t-elle « Shit-ville » ou « Joint-ville » (sans pont) !

M. Robinet, ni psychiatre, ni médecin, ni pharmacien (contrairement à ce que voudraient faire accroire ceux qui appuient sa proposition), a fait des études scientifiques, suivies par une thèse de pharmacologie, prolongée d’autres travaux, tous étrangers à la neurobiologie et aux toxicomanies. Son adhésion à la légalisation du cannabis repose donc sur des convictions, dénuées de compétences.

       La loi de 1970 prohibant le cannabis pressentait les méfaits à cette drogue ; les cinquante ans qui l’ont suivie les ont précisés, en y ajoutant d’autres encore plus graves.

Une toxicité psychique majeure : ivresse à l’origine d’accidents routiers et professionnels, majorée par l’association à l’alcool (champagne ou cannabis, il faudra choisir) ; effets désinhibiteurs libérant des pulsions agressives (rixes, viols…) ; « crétinisation » (« la fumette / ça rend bête ; le chichon / ça rend con », « pétard du soir / trou de mémoire ») ; démotivation (« pétard du matin / poil dans la main ») ; induction d’anxiété et de dépressions, pouvant mener au suicide ; perturbation de la maturation cérébrale (entre 12 et 20 ans), avec diminution du quotient intellectuel et émergence possible de la schizophrénie (« la folie ») ; incitation à consommer d’autres drogues conduisant aux polytoxicomanies. Induction, par son tétrahydrocannabinol, d’effets épigénétiques qui modifient le niveau d’expression de certains gènes, affectant les caractères qu’ils expriment (le phénotype). Les individus en âge de procréer qui exposent leurs spermatozoïdes ou leurs ovules au THC transmettent à leur enfant ces modifications, qui peuvent être à l’origine de troubles autistiques, de la schizophrénie, d’une attirance vive pour les drogues qui s’exprimera à l’adolescence… Le fumeur de cannabis non seulement s’inflige divers méfaits, mais fait hériter sa progéniture de divers autres.

Sa toxicité physique l’emporte sur celle du tabac (qui tue, chaque année, 75.000 Français). Citons les cancers, les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus du myocarde (3e cause)… Les femmes enceintes fumant du cannabis exposent leur enfant à des risques tératogènes, de mort subite, de ralentissement de leur développement psychomoteur, d’hyperactivité avec déficit de l’attention, d’une grande vulnérabilité aux toxicomanies…

La France est, en Europe, le premier consommateur de cannabis (1.500.000 « usagers réguliers ») ; sa consommation débute désormais au collège, usant de produits aux taux de THC multipliés par six en trente ans, avec de nouveaux modes de consommation (pipes à eau, e-cigarettes avec des recharges « d’huile de cannabis »…) qui augmentent sa cession à l’organisme.

Oubliez les revenus que sa légalisation apporterait au budget ; pour 1 dollar collecté, l’État du Colorado doit débourser 4,5 dollars pour assumer les conséquences néfastes de sa consommation.

Oubliez la disparition de la pègre que réaliserait la légalisation. Le cannabis légalisé serait cher pour être dissuasif et faiblement dosé en THC pour être moins toxique ; les dealers vendraient moins cher un cannabis plus « puissant » ; ils y ajouteraient la vente d’autres drogues que, dans la même logique, il faudrait légaliser.

Les jeunes qui s’abstiennent du cannabis le font, pour 60 % d’entre eux, par crainte de sa toxicité, et pour les 40 % restants, par respect de son interdiction. Leurs bonnes résolutions seraient ruinées si cette drogue était légalisée. Comment continuer de croire que le cannabis est dangereux si l’État, protecteur par destination, levait son interdiction ? Le nombre des consommateurs tendrait alors vers les 4 à 5 millions d’alcoolo-dépendants et même les 13 millions de tabagiques.

Voilà comment, Monsieur le Maire, une prévention foncièrement déficitaire serait complètement annihilée. Je vous conjure, pour vos responsabilités, pour la nation et pour notre jeune génération, de ne pas persévérer dans cette erreur.

Jean Costentin , Docteur en médecine

Cannabis : 20 messages pour comprendre les risques

Messages d’information conçus par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), pour comprendre les risques du cannabis (septembre 2020).

Il s’agit de messages très clairs et parfaitement ciblés, combattant les idées reçues et expliquant les dangers essentiels de cette drogue.

Interrogés sur la représentation qu’ils ont des drogues, les adolescents attribuent volontiers au cannabis une image positive et dédramatisée, opposée aux effets négatifs qu’ils associent au tabac. Décrit comme « plaisant », « convivial », voire « naturel », le cannabis est aussi perçu comme moins dangereux et addictif que la nicotine, cité comme « un produit qui ne fait pas de mal ».

Pourtant, les preuves scientifiques s’accumulent sur les risques pour la santé liés à l’usage de cannabis. Les jeunes, dont le cerveau est en maturation jusqu’à 25 ans environ, sont particulièrement concernés. L’impact se mesure en termes de santé physique et psychique mais aussi de réussite scolaire et d’insertion sociale et professionnelle.

Lutter contre la banalisation du cannabis est donc indispensable. D’autant que le produit est largement diffusé dans la société française : 900 000 personnes consomment du cannabis tous les jours ; en 2017, 45% des adultes entre 18 et 64 ans déclarent avoir déjà expérimenté ce produit au cours de leur vie.

Quant aux adolescents de 17 ans, près de 4 sur 10 ont déjà fumé du cannabis au moins une fois ; l’usage régulier, au moins dix fois durant le mois, concerne 7% d’entre eux. La consommation de cannabis par les jeunes de 17 ans est néanmoins en baisse marquée depuis 2014, quel que soit l’indicateur examiné : expérimentation, usage dans l’année ou usage régulier.

C’est pour prolonger cette tendance ainsi que pour informer la population française, à distance des idées reçues et des intérêts économiques, que la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives diffusera jusqu’à début octobre des messages courts et simples, destinés à mettre en évidence les risques pour la santé liés à l’usage de cannabis. Ces messages s’adressent aux adolescents, jeunes adultes, parents, usagers occasionnels ou réguliers ainsi qu’à tout citoyen souhaitant être informé sur le sujet.

Ces 20 messages seront diffusés du lundi 14 septembre au vendredi 2 octobre, sur tous les réseaux sociaux de la MILDECA :

  ►   TWITTER : https://twitter.com/MILDECAgouv
  ►   FACEBOOK : https://www.facebook.com/MILDECA/
  ►   INSTAGRAM : https://www.instagram.com/mildecagouv/
  ►   LINKEDIN : https://www.linkedin.com/company/mildeca/

  1. Le cerveau des jeunes est particulièrement vulnérable au cannabis : La maturation du cerveau, jusqu’à environ 25 ans, peut être affectée par l’usage de substances psychoactives

La consommation régulière et précoce de cannabis altère le bon développement du cerveau

  • Le cerveau des jeunes est particulièrement vulnérable au cannabis : En cas de consommation régulière peuvent apparaitre des troubles : de l’attention, de la mémoire à court terme, de la faculté de prendre des décisions, du temps de réaction
  • Le cannabis, une drogue pas si douce que ça…Le tabac étant majoritairement associé au cannabis, le fumeur s’expose à des risques de cancer liés au tabagisme : bouche, larynx, œsophage, vessie, poumon, etc. La fumée issue du mélange cannabis et tabac contient plus de substances cancérigènes que la seule fumée du tabac
  • Le cannabis, une drogue pas si douce que ça…Le cannabis est issu d’une plante « naturelle », il n’en est pas moins nocif pour la santé. Quelle que soit sa forme, le cannabis peut être coupé avec des substances dangereuses : henné, cirage, pneu, huile de vidange, plomb, plastique, etc.
  • Le cannabis, une drogue pas si douce que ça…Problèmes scolaires, familiaux ou personnels, souffrance… peuvent conduire à consommer pour mettre les soucis à distance, mais parfois le cannabis amplifie le mal-être avec : une perte de motivation (études, loisirs, travail), un isolement accru (amis, famille)
  • Des risques psychiques. Une consommation régulière et prolongée chez l’adolescent n’ayant pas de problème pré-existant, pourra entrainer au cours de sa vie : des troubles dépressifs, des risques de comportements suicidaires
  • Des risques psychiques. Dans certains cas, la consommation de cannabis peut : provoquer une «psychose cannabique», révéler ou aggraver les symptômes de la schizophrénie ; qui se caractérisent toutes deux par des hallucinations et/ou des idées délirantes. Ces symptômes ne doivent pas être pris à la légère et nécessitent rapidement une prise en charge médicale
  • Des risques psychiques. Le «bad trip» ou «intoxication aiguë» au cannabis peut arriver dès la première prise. Il se manifeste par un malaise physique et/ou psychique : tremblements, difficultés à respirer, perceptions altérées, peur de mourir, angoisses, palpitations. Evitez de consommer seul(e). En cas d’urgence, faites le 15.
  • Des risques pour la famille. Consommé par une femme enceinte, le cannabis expose à des risques immédiats… : fausse-couche, naissance prématurée, faible poids à la naissance… et bien au-delà de la période de la grossesse, de possibles perturbations de la maturation cérébrale.
  • Des risques pour la famille. A la maison, attention : à l’inhalation passive de la fumée, du cannabis, plus toxique encore que celle du tabac, aux risques d’ingestion accidentelle par les enfants en bas-âge. Des adolescents dont les parents fument du cannabis sont plus susceptibles de consommer eux-mêmes des substances psychoactives
  • La dépendance, ça existe ! Tous les consommateurs de cannabis ne deviendront pas dépendants, mais si … : des difficultés à diminuer ou à arrêter avec des symptômes de manque apparaissent, la vie quotidienne s’organise autour du produit (recherche, achat, temps de consommation, etc.) …la dépendance est installée
  • La dépendance, ça existe ! En cas d’arrêt ou de diminution, des symptômes de manque peuvent apparaitre : stress accru, irritabilité incontrôlable, difficulté à s’endormir, mal-être et/ou état dépressif durables. De l’aide sur drogues-info-service  au 0 800 23 13 13
  • Quels impacts sur la scolarité ? Chez les jeunes, la consommation de cannabis diminue les capacités : de mémoire immédiate, de concentration, d’attention, de vigilance…pouvant entrainer de sérieuses difficultés scolaires, et donc, une perte de chances pour l’avenir
  • Quels impacts sur le travail ? La consommation de cannabis (au moins 1 fois/mois) peut multiplier jusqu’à 3 le risque de perdre son emploi dans l’année. Le risque est le même quel que soit le sexe, l’âge et la catégorie socio-professionnelle. Plus la consommation est importante, plus le risque est élevé. Source : CONSTANCES, cohorte épidémiologique
  • https://www.constances.fr/actualites/2019/addictions.php
  • Quels impacts sur la conduite ? Consommer du cannabis multiplie par 1,65 le risque d’accident mortel de la route. Ce risque est multiplié par 29 si de l’alcool est consommé en même temps. En cas d’accident, les réparations du véhicule ne seront pas prises en charge par l’assurance
  • Quels impacts sur la conduite ? Consommer du cannabis altère : les réflexes et le temps de réaction, le contrôle de trajectoire, la coordination des mouvements, l’audition et la vision. Les effets pouvant durer jusqu’à 10 heures : ne conduisez pas, ne laissez pas vos amis conduire s’ils ont fumé
  • Réduire les risques en cas de consommation. Mieux vaut ne pas fumer mais dans le cas contraire, consommez de préférence : avec des personnes de confiance, dans un environnement rassurant. Evitez de fumer si vous ne vous sentez pas bien (fatigue, stress, …) et attendez de bien connaitre les effets sur vous avant de consommer plus ou plus souvent. Consommer expose à des risques, en cas d’urgence, faites le 15

Amendes pour usage de drogue :

près de 6 000 PV ont été dressés en un mois en France

Les gendarmes et les policiers sanctionnent chaque plus de 200 usagers de cannabis sur la voie publique, dont une grosse part en région parisienne

Un plant de cannabis, en Catalogne, le 24 septembre 2020.
Un plant de cannabis, en Catalogne, le 24 septembre 2020. (JOSEP LAGO / AFP)

Près de 6 000 amendes pour usage de stupéfiants ont été dressées en France depuis sa généralisation par le gouvernement début septembre, a appris franceinfo auprès du ministère de l’Intérieur, confirmant une information du Figaro. En un mois, près de 6.000 procès-verbaux électroniques ont été adressés à des usagers de cannabis, après qu’ils aient été surpris dans la rue par les forces de l’ordre.

Chaque jour, les gendarmes et les policiers sanctionnent plus de 200 usagers de cannabis sur la voie publique, dont une grosse part en région parisienne. Le ministère de l’Intérieur estime que ce sont « des débuts encourageants » même si le bilan peut sembler modeste et ne dessine pas encore une politique, rapporté aux grands bassins de population et aux grandes villes où le ministère veut mettre la pression sur les consommateurs.

60% en Seine Saint-Denis

C’est dans la région Île-de-France où le plus de PV ont été dressés. Près de 1 000 dont 60% en Seine Saint-Denis. Un chiffre qui illustre à lui seul, que les instructions et les priorités données aux forces de l’ordre varient d’un territoire à l’autre. Les gendarmes et les policiers ont peut-être plus de pression et de demandes de résultats dans les quartiers sensibles que dans les quartiers moins populaires où l’usage de stupéfiants est pourtant le même.

La politique du chiffre dessine aussi la carte de ces nouveaux PV anti-stups qui génèrent, on le rappelle, de l’argent pour l’État. 150 euros à 250 euros par contravention, ce qui n’est pas négligeable.

L’amende forfaitaire pour la consommation de cannabis est-elle suffisante ?

Par le Professeur Costentin

Des addictologues s’émeuvent de la mise en place, au 1er septembre, de l’amende forfaitaire (de 200 €) qui punira désormais la consommation de cannabis et d’autres drogues.

Réitérons d’abord le regret que cette amende, en solde de tout compte, ne soit pas inscrite sur un fichier informatique consultable extemporanément par celui dressant une telle contravention, lui permettant de graduer son montant en fonction des récidives. Cette amende, plus qu’une « pompe à fric », deviendrait alors un outil de prévention pour limiter l’ampleur du « tsunami cannabique » qui inonde notre nation.

Ces « addictologues » protestataires, à contre-emploi, demandent à nouveau la légalisation du cannabis. Alors qu’ils sont désarmés pour détacher de cette drogue ceux qu’elle a accaparés, leur psittacisme s’exprime : « Légalisation ! Légalisation ! Légalisation ! » En sautant comme des cabris. Ils ne peuvent pourtant ignorer qu’elle accroîtrait le nombre de ses victimes ; devenant ainsi leurs propres victimes.

Leur responsabilité est aggravée par leur herméticité aux informations scientifiques inquiétantes qui s’accumulent sur ce cannabis ; ou bien ces informations ne les intéressent pas, ou bien ils n’en saisissent pas la portée. Les meilleures revues scientifiques mondiales leur apprendraient :

– Que l’incidence élevée des toxicomanies chez les adolescents dont les parents étaient consommateurs de cannabis ne résulte pas seulement de carences éducatives mais aussi d’effets épigénétiques (modification de l’expression de certains gènes). Les individus en âge de procréer qui exposent leurs gamètes au THC du cannabis font hériter l’enfant issu de leur union d’une sous-expression des récepteurs dopaminergiques D2 dans le noyau accumbens cérébral (récepteurs dont dépend la perception du plaisir). À l’adolescence, leur enfant éprouve des perturbations hédoniques qui les fait s’adresser à n’importe quelle drogue pour intensifier la libération de dopamine et pallier ainsi la raréfaction des récepteurs D2. Il en va de même si le cannabis est consommé par la femme enceinte (cf. les différentes publications du groupe de Y. Hurd aux USA).

– Que l’administration de cannabis à l’homme ou au rat modifie la méthylation des cytosines de l’ADN de leurs spermatozoïdes ; affectant le gène codant une protéine (DLGAP2) impliquée dans la communication entre les neurones. À sa modification sont associés des troubles du spectre de l’autisme ainsi que la schizophrénie (Schrott R. et coll., Epigenetics 2020, 15, 161-173).

– Que le substrat biologique du comportement asocial induit par la consommation de cannabis vient d’être reliée à une perturbation du métabolisme cérébral du glucose, réduisant la production d’énergie des neurones (Marsicano et al. 2020, dans la prestigieuse revue Nature).

– Que le cannabis conduit à l’escalade vers d’autres drogues, comme le montre l’épidémiologie ; les polytoxicomanies tendant à devenir la règle. Des bases neurobiologiques avaient déjà documenté l’appétence aux morphiniques (mécanisme épigénétique). Elles viennent de l’être pour la cocaïne (Sherma M. et al. Proceedings de l’Académie nationale des sciences des USA (PNAS) 2020, 117, 9991-10002). L’exposition à un cannabinoïde, préalablement à celle à la cocaïne, modifie les réponses épigénétiques et moléculaires à cette dernière ; la réceptivité à la cocaïne diffère alors notablement de ce qu’elle est chez les non-exposés aux cannabinoïdes.

En apostille, pour fermer le bec de ces « addictologues », pères OK de la légalisation, bloqués au stade cannombilical d’un chichon modèle 1968 : au Colorado, qui a légalisé le cannabis, les effets tératogènes (anomalies présentées par des fœtus et des bébés) ont explosé avec l’accroissement du nombre de femmes enceintes qui en consomment (Reece et Hulse, Clinical Pediatrics 2019, 58, 1085-1123).

Pour traiter leur psittacisme, ces « addictologues » égarés devraient prendre le temps de lire et d’essayer de comprendre une littérature dense, cohérente et d’un grand sérieux scientifique. Ils deviendraient honteux d’avoir proféré tant de sottises et, eu égard à la fonction qui devrait être la leur, d’avoir confondu cette prévention qu’ils négligent avec l’incitation qu’ils professent.

Lorsque cannabis rime avec violence

Les consommateurs de cannabis risquent deux fois plus de commettre des actes de violence physique.

Les adolescents et les jeunes adultes consommateurs de cannabis risquent deux fois plus de commettre des gestes violents. Mais il existe une thérapie.

Alors que le cannabis est en vente légalement au Québec pour les gens âgés de 21 ans et plus, il ne faudrait pas croire que cette substance est inoffensive. Les consommateurs de cannabis risquent deux fois plus de commettre des actes de violence physique, d’après une étude menée par Alexandre Dumais et Stéphane Potvin, chercheurs au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Ces résultats, publiés dans l’American Journal of Psychiatry, sont issus d’une méta-analyse de 30 études qui forment un échantillon de près de 300 000 adolescents et adultes de moins de 30 ans.

«En outre, lorsqu’on regarde les grands consommateurs de cannabis, ils sont presque trois fois plus susceptibles de commettre des gestes violents», affirme le DDumais, qui est aussi professeur agrégé de clinique au Département de psychiatrie et d’addictologie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Ces actes violents, souvent auto-rapportés, peuvent aller de coups donnés à quelqu’un à l’agression sexuelle. L’étude n’a toutefois pas permis de déterminer les détails de la consommation qui peuvent être associés à la violence, comme la quantité et le type de cannabis consommé, de même que sa teneur en tétrahydrocannabinol, son composé psychoactif. Il est donc aussi possible que la cause tienne au fait que les consommateurs sont plus à risque de participer à des actes de violence de nature criminelle.

L’association entre cannabis et violence n’est pas nouvelle. Déjà, en 2019, l’équipe du Dr Dumais montrait que les consommateurs de cannabis atteints de troubles mentaux graves risquaient davantage de commettre des gestes violents.

La réalité virtuelle à la rescousse

En plus de pouvoir alimenter des programmes de prévention, ces données démontrent l’importance de concevoir des traitements efficaces pour les gens qui ont des problèmes de consommation de cannabis.

«Les thérapies cognitivocomportementale et motivationnelle utilisées dans les cas de problème de consommation de cannabis fonctionnent moyennement, mais lorsqu’on y soumet des gens qui souffrent de troubles mentaux graves, comme la psychose, l’efficacité de ces interventions approche zéro», précise le Dr Dumais.

Pour travailler avec cette population, il a choisi la réalité virtuelle. «Prenons l’exemple de quelqu’un qui a l’habitude de consommer après avoir vécu un conflit avec sa conjointe, raconte le psychiatre. Pour pouvoir reconstituer un conflit en réalité virtuelle, nous créerions un avatar de sa conjointe et amènerions le patient à gérer la situation autrement que par la prise de cannabis.»

Même approche pour un jeune qui a l’habitude de consommer dans un parc avec un ami: la réalité virtuelle pourrait le plonger dans ce contexte et le conduire à expliquer à son ami qu’il veut cesser sa consommation de cannabis.

«Nous sommes très encouragés par les résultats jusqu’à maintenant et nous continuons à recruter de nouveaux patients pour participer à cette thérapie», mentionne le Dr Dumais.

Ce traitement pourrait aussi probablement être utilisé auprès de gens qui consomment d’autres substances. «Mais nous avons commencé à travailler avec le cannabis parce qu’il est très présent chez les personnes psychotiques et qu’il est associé aussi aux comportements violents et à des ré-hospitalisations», signale le Dr Dumais.

Avatars et hallucinations

Ce n’est pas la première fois que le Dr Dumais recourt à la réalité virtuelle. En 2014-2015, il a conçu la thérapie Avatar dans les cas d’hallucinations auditives réfractaires aux traitements. Cette thérapie recrée en réalité virtuelle le personnage qui parle au patient lors de ses hallucinations. L’objectif est de lui permettre de faire face à ce personnage afin de le faire disparaître de sa vie.

«Les résultats préliminaires nous montrent que les avatars fonctionnent bien et nous poursuivons nos travaux dans le domaine en commençant un essai randomisé financé par les Instituts de recherche en santé du Canada», dit le Dr Dumais.

Déjà, une vingtaine de patients prennent part à cette étude, mais l’équipe de chercheurs souhaite en recruter une centaine de plus.

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Alcool : comment le cerveau des femmes les rend plus vulnérables

La sécrétion d’une hormone modifiant la réponse neuronale chez les femmes pourrait expliquer pourquoi celles-ci sont plus vulnérables que les hommes face à l’alcool.

Alcool : comment le cerveau des femmes les rend plus vulnérablesLITTLEBEE80/ISTOCK

L’ESSENTIEL
  • Les femmes sont plus vulnérables face à l’alcool que les hommes.
  • Cela pourrait s’expliquer par des forts niveaux d’œstrogènes dans leur cerveau.
  • Les œstrogènes activeraient la dopamine, liée au circuit de récompense dans le cerveau.

En France, l’alcool tue environ 41 000 personnes par an. Pourtant, si au pays du vin, la consommation tend globalement à diminuer, celle des femmes rejoint peu à peu celles des hommes. Force est de constater que les deux sexes ne sont pas égaux face à l’alcool. Non seulement les femmes qui boivent sont socialement moins bien vues, mais l’alcool affecte également plus leur organisme. Il a notamment été prouvé que l’alcoolémie apparaissait plus élevée chez une femme que chez un homme à quantité égale absorbée. L’élimination de l’alcool est également plus lente chez les femmes. Si un foie plus petit et une corpulence moins importante peuvent expliquer ces phénomènes, les mécanismes biologiques en jeu demeureraient flous. Aujourd’hui, une nouvelle étude parue dans The Journal of Neuroscience montre que la sécrétion d’une hormone modifiant la réponse neuronale chez les femmes pourrait expliquer cette différence.

Pour leur étude, les chercheurs ont travaillé sur des souris, dont les cerveaux sont assez similaires à ceux des humains. Ils ont activé les récepteurs d’oestrogènes (groupe de stéroïdes, dont la fonction, à l’état naturel, est d’être une hormone sexuelle femelle primaire) dans l’aire tegmentale ventrale (ATV, groupe de neurones situé en plein centre du cerveau) de souris mâles et femelles. Ils ont alors pu observer que l’activation du récepteur d’œstrogène ERα enflamme les neurones en réponse à l’alcool.

Le taux d’oestradiol (E2) augmente et altère le système de la dopamine, un neurotransmetteur dans plusieurs voies du système nerveux, dont celle de la récompense. Quand les taux de E2 sont hauts, les neurones de l’ATV réagissent plus intensément à la présence d’éthanol et libèrent de la dopamine. Les abus sont alors plus probables, la consommation d’alcool étant plus “récompensée” par le système nerveux des souris femelles que celui des mâles.

“Les femmes passent plus rapidement à un trouble de la consommation d’alcool”

Les scientifiques ont ensuite bloqué certains récepteurs (ERa et ERb) dans l’ATV des souris. Si cela a diminué l’abus d’alcool chez les souris femelles, cela n’a eu aucun effet sur les mâles, bien que leur cerveau contienne également des oestrogènes. Il est donc possible que, chez les femelles, les récepteurs d’oestrogènes soient plus sensibles à l’activation quand les niveaux changent, avancent les chercheurs. Ainsi, l’oestrogène aurait des “effets puissants” sur le système de dopamine et augmenterait la vulnérabilité des femmes à développer une dépendance à l’alcool. 

“Ces résultats indiquent que différents mécanismes cérébraux provoquent la consommation excessive d’alcool chez les femmes et les hommes, explique Amy Lasek, psychiatre à l’université de l’Illinois (Etats-Unis) et co-autrice de l’étude. Si la consommation d’alcool est plus importante durant les périodes où les niveaux d’œstrogène sont élevés, cela peut contribuer à la fois à des risques pour la santé liés à l’alcool mais aussi augmenter les risques de développer des problèmes d’alcoolisme sévères”, explique-t-elle au site Inverse. “Les femmes passent plus rapidement d’une consommation problématique d’alcool à un trouble de la consommation d’alcool et souffrent des effets négatifs de l’alcool sur la santé, tels qu’un risque accru de cancer, de lésions hépatiques, de maladies cardiaques et de lésions cérébrales », poursuit-elle.

Il a notamment déjà été prouvé qu’à consommation égale d’alcool, les femmes gardaient plus de séquelles à long terme. Elles souffrent davantage d’atteintes neurologiques (polynévrites périphériques à l’origine de douleurs ou de troubles de la sensibilité des extrémités) et développent plus tôt que les hommes une stéatose (foie gras), une fibrose hépatique ou encore une cirrhose (5 à 7 ans avant en moyenne).

Une approche basée sur le sexe dans le traitement de l’alcoolisme ?

“C’est important car cela signifie que des approches différentes pourraient être nécessaires pour réduire la consommation excessive d’alcool chez les hommes et les femmes », développe Amy Lasek. Ainsi, à terme, ces résultats pourraient conduire à des traitements innovants basés sur le sexe pour l’alcoolisme.

Actuellement, il existe déjà des médicaments bloquant les récepteurs d’œstrogènes. Connus sous le nom de modulateurs sélectifs des récepteurs d’œstrogènes (SERMS), ils sont utilisés pour traiter le cancer du sein. “Cependant, les SERMS ont des effets secondaires importants comme des bouffées de chaleur, de la fatigue et des sautes d’humeur, donc, malheureusement, utiliser un SERM pour bloquer les récepteurs d’œstrogènes chez des femmes par ailleurs en bonne santé afin de réduire la consommation d’alcool n’est pas une bonne option », explique Amy Lasek.

Reste donc à trouver des voies de signalisation spécifiques par lesquelles les récepteurs d’œstrogènes agissent dans le cerveau, entraînant une augmentation de la consommation excessive d’alcool et du sentiment de récompense chez les femmes. Cela pourrait permettre de mettre au point une méthode plus ciblée pour réduire la consommation excessive d’alcool chez elles. Et ce, sans effets secondaires, espèrent les chercheurs.

Quelle consommation en France ?

On parle de consommation ponctuelle immodérée d’alcool quand une personne a un taux d’alcoolémie à 0,08 g/dl ou plus, soit généralement cinq verres ou plus pour les hommes ou quatre verres ou plus pour les femmes en environ deux heures.

En France, les autorités sanitaires recommandent quelques jours sans alcool dans une semaine et, les jours où l’on en consomme, de ne pas dépasser les deux verres dits standards. Globalement, il est conseillé de ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine.

Malgré tout, selon une enquête de Santé publique France menée en 2017, à cette époque, 9,7% des Français de 18-75 ans déclaraient avoir bu plus de dix verres d’alcool au cours des sept derniers jours. Par ailleurs, 7,9% disaient avoir en avoir consommé plus de cinq jours sur sept. “Cela représente environ 10,5 millions d’adultes qui boivent trop. Ils boivent en tout cas dans une proportion qui augmente les risques pour leur santé notamment les risques à moyen et long terme : cancers, hypertension, hémorragies cérébrales, certaines maladies cardiovasculaires…”, commentait alors Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité addiction de Santé publique France à l’AFP.

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