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Alcool : les effets

Je suis alcolique : et après ?

Non, boire un verre de vin par jour n’est pas bon pour la santé, voici pourquoi

Philippe, ARVERS, médecin addictologue à l’Université Grenoble Alpes.

Certaines substances et produits sont aujourd’hui reconnus comme dangereux… Mais on leur a parfois prêté, par le passé, des vertus curatives ou de beauté. Erreur tragique. Pour le deuxième épisode de notre série « Les fausses bonnes idées en santé », nous revenons sur une controverse scientifique : le « French paradox », ou quand des chercheurs ont suggéré que le vin protégeait les Français des maladies cardio-vasculaires.

Par le passé, divers travaux ont suggéré qu’une consommation modérée d’alcool aurait pu avoir un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires, comparativement à l’abstinence. Cet effet était supposé expliquer le célèbre « French paradox », qui intriguait les épidémiologistes depuis les années 1970 : pourquoi la mortalité par maladie coronarienne était-elle moins importante en France qu’au Royaume-Uni, alors qu’on y mangeait plus de graisses animales et qu’on y fumait autant ?

Lire aussi : CARTES. Dry january : où boit-on le plus (ou le moins) d’alcool en France ?

Longtemps discuté, cet effet protecteur est aujourd’hui battu en brèche. En 2016 déjà, une équipe de l’Université de Victoria (Canada) avait démontré l’absence d’effet bénéfique sur la mortalité d’une consommation modérée d’alcool. Ses auteurs révélaient notamment que la mortalité, toutes causes confondues, ne semblait pas réduite chez les consommateurs modérés par rapport à la mortalité de consommateurs excessifs.

2019, cette absence d’effet s’est vu à nouveau confirmée par une grande étude prospective chinoise publiée dans la prestigieuse revue The Lancet. Le rôle joué par l’alcool dans le célèbre « paradoxe français » semble bien avoir du plomb dans l’aile…

Le paradoxe français

En 1992, Serge Renaud et Michel de Lorgeril présentaient le « French paradox » dans The Lancet : une consommation journalière de 20 à 30 grammes d’éthanol (soit deux à trois verres standards) pouvait réduire le risque de maladie coronarienne de 40 %.

L’explication donnée alors par les deux auteurs était une baisse de la réactivité des plaquettes, une diminution de leur agrégation. Ils pointaient également l’importance de l’alimentation et plus particulièrement du régime méditerranéen (pain, fruits et légumes, fromage et vin).

Plusieurs autres hypothèses ont cependant été suggérées pour expliquer ce phénomène : plus faible consommation de lactose, moindre consommation d’acides gras trans. On peut légitimement supposer qu’un niveau de développement socio-économique et des modes de vie différents (moins de stress ?) ont aussi une influence.

Ce « French paradox » a fait couler beaucoup d’encre, et la controverse n’est pas terminée. Ainsi, en 2015, un article paru dans la revue la Presse médicale recommandait de boire 1 à 2 verres par jour (soit 10 à 20 grammes d’alcool). Il a entraîné une réponse cinglante, dans la même revue, sous la forme d’un article au titre évocateur : « Le vin : bon pour la santé… des producteurs, et seulement eux ! ». On pouvait notamment y lire : « La recommandation “1 à 2 verres par jour” est médicalement dangereuse. Si des doses faibles ou modérées d’alcool ont un effet protecteur coronaire, celui-ci ne serait que très faible et faudrait-il encore être exposé au risque, ce qui n’est pas le cas des jeunes et des femmes avant 50 ans. »

Lire aussi : ENQUÊTE. Comment le lobby de l’alcool et du vin fait tout pour limiter l’ampleur du « Dry January »

Alors, qui croire ? Pour le savoir, il faut avant tout faire le point sur les conséquences de la consommation d’alcool.

Mortalité liée à l’alcool : la courbe en « J »

En France, on dénombre chaque année 41 000 décès attribuables à l’alcool : 30 000 hommes (soit 11 % de la mortalité des adultes de 15 ans et plus) et 11 000 femmes (soit 4 % de la mortalité des adultes de 15 ans et plus). Les causes de cette mortalité sont multiples : outre les maladies cardio-vasculaires, l’alcool entraîne cancers (foie, colon-rectum, sein, voies aérodigestives supérieures), cirrhose du foie, pancréatite, diabète, épilepsie, accidents et suicides…

Et nul besoin de consommer excessivement pour s’exposer au risque, puisqu’on sait aujourd’hui que pour les cancers et l’épilepsie, pour la cirrhose du foie et la pancréatite, ainsi que pour de nombreuses maladies cardio-vasculaires, il existe une relation effet-dose dès le premier verre d’alcool.

Les choses sont un peu différentes pour les décès par accidents vasculaires cérébraux ischémiques (AVC) et par cardiopathies ischémiques : le risque relatif de décès est moins élevé chez les buveurs « modérés » d’alcool que chez les abstinents et les buveurs « excessifs ». On parle alors de « courbe en J » (ou de courbe « en U »).

Lire aussi : Pourquoi servait-on du vin aux enfants dans les cantines scolaires françaises jusqu’en 1956 ?

Le risque de survenue d’un infarctus du myocarde suit également une telle courbe. C’est une des raisons qui poussent certains à continuer à faire la promotion de l’alcool, et du vin en particulier, sur le mode « consommé modérément le vin, c’est bon pour le cœur ». Mais ce raccourci est problématique, car la courbe en J reflète en effet une tendance globale, valable à l’échelle d’une population donnée. Les conséquences de la consommation d’alcool pour un individu particulier peuvent être sensiblement différentes, car chacun peut présenter ou non d’autres facteurs de risque et/ou de protection.

Autre argument souvent entendu : le vin n’a pas les mêmes effets que les autres alcools. À ce sujet, il faut signaler que, si de nombreuses études se sont intéressées à l’incidence éventuelle du type de boisson (vin, bière, etc.) sur la mortalité cardio-vasculaire, rien de probant n’en est sorti. Aucune étude n’a été en mesure de démontrer de différence entre les conséquences de la consommation de vin et de bière par exemple.

Quant à la modération, elle n’apporte pas non plus d’effet bénéfique en termes de mortalité, comme le démontrent des travaux récents. À condition de prendre garde aux biais méthodologiques…

Mortalité : pas d’effet bénéfique des consommations modérées

En 2006, une méta-analyse (analyse de travaux scientifiques déjà publiés), révélait que de nombreux travaux sur les effets de l’alcool comportaient un important biais méthodologique : souvent, le groupe de référence utilisé (celui des « abstinents ») incluait en fait des individus consommant de l’alcool occasionnellement, ainsi que d’anciens buveurs.

En excluant de telles études pour ne garder que celles jugées exemptes de ce biais, les auteurs concluaient qu’aucune protection significative en termes de maladies cardiovasculaires ne pouvait être décelée. À l’époque, ils déclaraient que : « La protection cardiaque offerte par l’alcool pourrait avoir été surestimée. Les estimations de la mortalité due à une consommation excessive d’alcool peuvent également être plus élevées que les estimations antérieures. »

Dix ans plus tard, ces mêmes auteurs ont publié une autre méta-analyse, visant à explorer l’association entre la consommation d’alcool et le risque de décès « toutes causes ». Leurs résultats sont sans appel : les buveurs modérés (1,3 à 24,9 g d’alcool par jour) perdent tout avantage de santé par rapport aux abstinents. On est donc très loin des effets supposés du « French paradox ».

Autre résultat important à souligner : la courbe en J n’est pas retrouvée lorsqu’on prend en compte les faux-abstinents et les facteurs de confusion qui peuvent interférer avec les résultats (âge, sexe, tabagisme, nombre d’années de suivi).

Une étude sur plus de 500 000 personnes

Début avril 2019, un nouveau clou a été planté dans le cercueil des effets bénéfiques d’une consommation modérée d’alcool sur la mortalité, avec la publication d’une étude prospective chinoise d’ampleur. Cette dernière a suivi, pendant près de 10 ans, l’évolution de la santé de 512 715 adultes vivant dans 10 régions de Chine, en prenant en compte leur consommation d’alcool et d’autres caractéristiques.

Les auteurs ont voulu déterminer si les effets cardiovasculaires rapportés par les précédentes études étaient effectivement dus à une absorption modérée d’alcool. Dans les faits, cette relation de causalité est difficile à établir, car de nombreux facteurs autres que la consommation d’alcool influent sur le risque de survenue de maladies : tabagisme, alimentation, sédentarité…

Par ailleurs, il faut se méfier des causalités inversées : des personnes en mauvaise santé limiteront leur consommation d’alcool, alors que des personnes en bonne santé feront moins attention. Mais cela ne signifie pas que s’abstenir de consommer de l’alcool détériore la santé…

Pour tenter de faire la part des choses, deux approches ont été employées. L’une était basée sur l’épidémiologie conventionnelle : la consommation d’alcool était estimée par questionnaire, les participants déclarant eux-mêmes les quantités ingérées. L’autre s’appuyait sur une particularité génétique.

En effet, de nombreux individus d’origine asiatique sont porteurs de mutations entraînant la déficience d’une enzyme impliquée dans l’élimination de l’alcool. Chez eux, l’absorption d’alcool se traduit par un afflux de sang facial (« flush syndrome ») et des symptômes désagréables (maux de tête, hypotension, tachycardie…). Leur consommation est de facto modérée. Donc en connaissant leur profil génétique, on peut prédire leur consommation.

Absence d’effet confirmée

Les résultats révèlent que la tension artérielle et le risque d’accident vasculaire cérébral augmentent de concert avec l’augmentation de la consommation d’alcool. Pour les AVC et les hémorragies intracérébrales, la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype est associée au risque de maladie de manière continue. les affirmations antérieures selon lesquelles une ou deux consommations par jour pourraient protéger contre les accidents vasculaires cérébraux sont donc fausses.

Pour les infarctus du myocarde, la situation est à nouveau un peu différente, puisque la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype n’est pas associée significativement au risque de maladie.

Ladite consommation semble avoir un petit effet net positif sur le risque d’infarctus du myocarde, lié peut-être, selon les auteurs, à une augmentation du HDL-cholestérol (un effet constaté chez les personnes dont l’alcoolisation est chronique). Cependant, comme l’ont souligné Alain Braillon et Gérard Dubois dans La Presse Médicale, s’il existe un effet protecteur coronaire, il n’est que très faible et ne concerne pas tout le monde.

En définitive, il est surtout important de rappeler qu’il n’existe pas de consommation d’alcool « sans risque », comme l’avait montré une autre méta-analyse parue l’an dernier dans The Lancet. Mieux vaut donc plutôt parler de consommation d’alcool « à moindre risque ». Et relire les recommandations de Santé publique France, plus strictes que celles de l’OMS. 

La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.

Grossesse : pourquoi les pères ne doivent pas boire d’alcool trois mois avant la conception d’un bébé

Une étude révèle que la consommation d’alcool par le père avant la conception peut affecter la santé du fœtus. Cela augmente les risques de malformations et de complications.

Une échographie de foetus (photo d’illustration)

On le martèle depuis des années : grossesse et alcool ne font pas bon ménage. Et pour cause, cela peut engendrer une malformation chez le fœtus.  Jusque-là, la prévention visait plutôt la mère. Pourtant, le père a aussi sa part de responsabilité. C’est ce que souligne Bérénice Roy-Doray, professeure en génétique à l’Université de la Réunion et directrice du Centre Ressources TSAF de la Réunion, explique 20 Minutes.  

Source

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Certains enfants, qu’elle recevait en consultation, présentaient des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) alors que leur mère n’avait pas consommé une goutte d’alcool pendant sa grossesse. Des documents scientifiques sont venus corroborer ses analyses : si le père boit avant la conception de son enfant, cela risque bien d’impacter la santé de ce dernier. 

Les conséquences peuvent être graves, même s’il s’agit d’une consommation faible car cela altère la qualité et la quantité des spermatozoïdes. 

Risque de mort « in utero » et d’accouchement prématuré

« Si le père consomme de l’alcool avant la conception, cela va donner lieu à des anomalies d’expression de gènes, notamment ceux impliqués dans la croissance et le développement du bébé et de son cerveau », confie la spécialiste à nos confrères. Les risques de fausse couche, de mort in utero, d’accouchement prématuré et, par la suite, de développer des malformations sont donc largement augmentés. À lire aussi

Pierre Palmade assiste à son procès au palais de justice de Melun, le 20 novembre 2024.

Pierre Palmade

Les infos de 6h – Pierre Palmade : le choc des proches des victimes après sa libération sous bracelet électronique

En France, « la fréquence des TSAF est estimée à 1% des naissances, soit environ 8.000 enfants par an », indique le site Vivre avec le SAF.

Pas irréversible

Pour éviter de porter atteinte à la santé de sa progéniture, il est donc recommandé, pour le père et la mère, de ne plus boire d’alcool trois mois avant le lancement du « projet bébé »,  le renouvellement complet du stock de spermatozoïdes étant de cette durée. 

« Si les femmes devront poursuivre cette abstinence jusqu’à la naissance de l’enfant, voire l’allaitement, les hommes pourront, eux, reprendre dès la découverte de la grossesse », précise Denis Lamblin, pédiatre à la retraite et président de l’association SAF France, auprès de 20 Minutes.

Même modérée, la consommation d’alcool n’est jamais sans risque

14 avril 2025 La rédaction Santé publiqueUne 0

Marine Le Pen affirme qu’une consommation raisonnable d’alcool ne pose pas de problème pour la santé. Pourtant, les données scientifiques vont à l’encontre de cette déclaration.

Alors que les débats parlementaires autour du projet de loi contre le narcotrafic approchent de leur conclusion, une vive controverse a émergé à l’Assemblée nationale. En cause : une déclaration de Marine Le Pen, députée du Rassemblement national, qui affirme que « boire raisonnablement de l’alcool n’a aucun impact sur la santé ». Une affirmation contredite par la recherche médicale et les autorités sanitaires.

Une substance à risque dès le premier verre

Contrairement aux idées reçues, la science est formelle : il n’existe pas de seuil de consommation d’alcool totalement sûr pour la santé. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié en 2021 un rapport sans équivoque. « Toute consommation d’alcool est nuisible », peut-on y lire. Les chercheurs y soulignent qu’aucun effet protecteur ne peut être revendiqué, contrairement aux discours qui ont longtemps vanté les bienfaits supposés d’un verre de vin par jour.

L’alcool est également classé comme une drogue, au sens scientifique du terme. Le docteur Bernard Basset, président de l’association Addiction France, rappelle que l’éthanol est une substance psychoactive : il modifie le fonctionnement du cerveau, peut induire une dépendance, et provoque des effets néfastes sur la santé dès les plus faibles doses.

Un facteur majeur de mortalité

Les conséquences sanitaires de l’alcool sont lourdes. Selon les données les plus récentes citées dans le rapport de l’Inserm, l’alcool est responsable de 41 000 décès chaque année en France. Cela représente environ 11 % des décès chez les hommes de plus de 15 ans, et 4 % chez les femmes du même âge. Parmi ces décès, 16 000 sont liés à des cancers (notamment ceux de l’œsophage, du foie ou du sein), et près de 10 000 à des maladies cardiovasculaires.

Les femmes, en particulier, sont exposées à des risques accrus dès une consommation très modérée. Dès un à un verre et demi par jour, le risque de développer un cancer du sein augmente de manière significative. Ces seuils sont même inférieurs aux recommandations actuelles de Santé publique France, qui conseillent de ne pas dépasser deux verres par jour, et pas tous les jours.

Un coût économique et social élevé

Au-delà des enjeux de santé publique, la consommation d’alcool représente également un lourd fardeau économique. L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a évalué à 102 milliards d’euros le coût total de l’alcool pour la société française en 2019. Cette estimation inclut les dépenses médicales, les coûts de la répression, les pertes de productivité et la valeur économique des vies perdues.

Ces chiffres illustrent le paradoxe de l’alcool : bien qu’il soit légal et largement toléré, son impact global sur la santé publique et l’économie est supérieur à celui de nombreuses drogues illicites. C’est d’ailleurs cet argument qu’a avancé le député Antoine Léaument (La France insoumise) en suggérant, au cours du débat parlementaire, une légalisation encadrée du cannabis sur le modèle de l’alcool. Une comparaison rejetée catégoriquement par Marine Le Pen, qui nie que l’alcool puisse être considéré comme une drogue.

Un enjeu de santé publique

La position de Marine Le Pen s’oppose ainsi à un large consensus médical. Minimiser les risques liés à la consommation d’alcool, même modérée, va à l’encontre des messages de prévention portés par les professionnels de santé. Loin d’être anodine, cette prise de position politique contribue à entretenir des idées reçues qui nuisent à la lutte contre les addictions.

À l’heure où les politiques de santé publique tentent de réduire la consommation d’alcool à travers des campagnes de sensibilisation et des recommandations strictes, les propos tenus dans l’hémicycle soulignent l’écart persistant entre discours politiques et réalité scientifique.

Huit verres d’alcool par semaine : quel impact sur le cerveau ?

À partir de huit verres d’alcool par semaine, les risques de lésions cérébrales augmentent. Elles peuvent engendrer des problèmes de mémoire ou des troubles cognitifs. 

Huit verres d’alcool par semaine : quel impact sur le cerveau ?


L’ESSENTIEL

  • À partir de huit verres d’alcool par semaine, le risque de lésions dans le cerveau est plus élevé.
  • Ces lésions peuvent entraîner des troubles de la mémoire et un risque d’artériosclérose hyaline, un rétrécissement des vaisseaux sanguins.
  • Le risque d’enchevêtrement de protéines Tau, associé à la maladie d’Alzheimer, est également plus important.

L’alcool nuit à la santé, et au cerveau en particulier. Dans une étude, parue dans la revue spécialisée Neurology, des scientifiques révèlent que la consommation de huit verres d’alcool, ou plus, par semaine accroît le risque de lésions cérébrales. Appelé artériolosclérose hyaline, ce type de lésions cérébrales est associé à des troubles de la mémoire et de la pensée.

Comment analyser les effets de l’alcool sur le cerveau ?

« La consommation excessive d’alcool est un problème de santé mondial majeur, associé à une augmentation des problèmes de santé et de la mortalité« , rappelle l’auteur de l’étude, Alberto Fernando Oliveira Justo, docteur en médecine à l’Université de São Paulo, au Brésil. Avec ses collègues, il a voulu observer les effets de l’alcool sur le cerveau.

Pour ce faire, ils ont analysé les cerveaux de 1.781 participants décédés. Les chercheurs ont examiné le tissu cérébral pour détecter d’éventuels signes de lésions cérébrales, notamment des enchevêtrements de protéines tau, associés à la maladie d’Alzheimer, et la présence d’artériolosclérose hyaline. Cette pathologie engendre un rétrécissement des petits vaisseaux sanguins, qui deviennent épais et rigides : cela rend la circulation sanguine plus difficile et peut créer des dommages cérébraux à long terme. En parallèle, les scientifiques brésiliens ont mesuré le poids et la taille du cerveau de chaque participant. Puis, ils ont interrogé les familles pour avoir des informations sur la consommation d’alcool. 

Des risques de lésions cérébrales plus importants pour les gros consommateurs d’alcool

Pour l’analyser, ils ont établi qu’un verre correspondait à 14 grammes d’alcool, soit environ 35 cl de bière, 15 cl de vin ou 45 ml d’alcool distillé. Les participants ont été répartis en quatre groupes : ceux ne buvant jamais d’alcool, les buveurs modérés consommant sept verres ou moins par semaine ; les gros buveurs consommant huit verres ou plus par semaine ; et les anciens gros buveurs.

Les scientifiques ont adapté leurs résultats afin de prendre en compte les facteurs ayant un impact sur la santé cérébrale, comme l’âge au moment du décès, le tabagisme ou l’activité physique.

« Les gros buveurs présentaient un risque 133 % plus élevé de lésions cérébrales vasculaires que ceux n’ayant jamais bu, 89 % plus élevé pour les anciens gros buveurs et 60 % pour les buveurs modérés », concluent-ils. Les gros buveurs et les anciens gros buveurs avaient également un risque plus élevé de développer des enchevêtrements de protéines tau. Ils ont aussi observé que les gros buveurs décédaient en moyenne 13 ans plus tôt que ceux n’ayant jamais bu.

Une corrélation entre consommation élevée d’alcool et lésions cérébrales 

« Nous avons constaté que la consommation excessive d’alcool est directement liée à des lésions cérébrales, ce qui peut avoir des effets à long terme sur la santé cérébrale, pouvant affecter la mémoire et les capacités de réflexion », résume Alberto Fernando Oliveira Justo.

Selon lui, ces recherches sont essentielles pour mieux sensibiliser le grand public à la consommation d’alcool. Le scientifique et ses co-auteurs rappellent toutefois que leurs travaux démontrent qu’une association entre la consommation excessive d’alcool et le risque de lésions cérébrales. D’autres études seront nécessaires pour comprendre si l’alcool est la cause de ces lésions.  

Quatre industries provoquent chaque année la mort de près de 3 millions d’européens

Publié le 18 juin 2024

L’OMS pointe du doigt les stratégies de l’industrie du tabac, de l’alcool, des énergies fossiles et de l’alimentation ultra-transformée. @Unsplash

Fumer, boire, manger, se déplacer… En Europe, quatre industries menacent la santé de millions de citoyens. Dans un nouveau rapport, l’Organisation mondiale de la santé met en lumière les stratégies communes de ces grandes entreprises, qui mettent à mal la règlementation et les politiques de prévention des pays.

2,7 millions de décès sont provoqués chaque année en Europe* par les entreprises réunies du tabac, des combustibles fossiles, de l’alcool et de l’alimentation ultra-transformée.

C’est la conclusion d’une large étude publiée il y a quelques jours par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). A elles seules, ces “quatre industries tuent chaque jour au moins 7 000 personnes”, indique Hans Kluge directeur régional de l’organisation Onusienne, dans un communiqué.

Le tabac est le premier responsable de cette mortalité prématurée, suivi de l’industrie des combustibles fossiles source de pollution à l’ozone et aux particules fines. Puis viennent les secteurs de l’alcool et enfin de l’alimentation ultra-transformée, qui entraînent une consommation excessive en viande transformée, en sel, en boissons sucrées et en acides gras saturés. Mais au-delà des chiffres, l’OMS dénonce les stratégies communes mises en place par ces quatre secteurs d’activité, leur permettant de “façonner les environnements structurels, politiques et d’information” afin de maximiser leurs bénéfices au détriment de la santé des citoyens.

“Exploiter les personnes vulnérables”

S’appuyant sur une multitude de tactiques et déployant des “ressources considérables”, les industriels mettent à mal la lutte contre les maladies chroniques, comme les maladies respiratoires et cardiovasculaires, le diabète et les cancers qui sont dans leur ensemble à l’origine de 90% des décès en Europe. Lobbying politique, campagnes de marketing ciblées ou encore désinformation dans les médias… Autant de techniques qui “consistent à exploiter les personnes vulnérables (…), à tromper les consommateurs et à faire de fausses déclarations sur les avantages de leurs produits ou sur leur respect de l’environnement”, affirme Hans Kluge.

Parmi la trentaine d’études de cas listée dans le rapport, l’OMS pointe ainsi les stratégies permettant aux entreprises d’entraver la mise en œuvre de réglementations d’intérêt public. Pour cela, les industriels bénéficient souvent, grâce à leur position monopolistique, d’un accès privilégié aux décideurs politiques et ont recours à d’importants dispositifs de lobbying. Les auteurs du rapport notent par exemple l’influence majeure exercée par le secteur de la viande pour ralentir l’adoption de la stratégie européenne “Farm to fork”. Résultat, de nombreuses dispositions de cette feuille de route, qui visait notamment à promouvoir une alimentation végétale pourtant bénéfique pour la santé et l’environnement, sont aujourd’hui à l’arrêt.

“Un problème systémique”

L’organisation Onusienne attire également l’attention sur la manière dont certaines entreprises s’emparent de leur stratégie RSE pour redorer leur image et détourner les critiques formulées à leur encontre. C’est le cas entre autres du secteur du tabac qui finance des programmes d’éducation destinées aux jeunes, un public qu’il cible en parallèle au travers de campagnes marketing ou de partenariats avec des influenceurs. Le rapport épingle par ailleurs les stratégies de “pinkwashing” employées par l’industrie de l’alcool : d’un côté, elle s’associe à des campagnes de lutte contre le cancer du sein, de l’autre elle diffuse des fausses informations remettant en cause le facteur de risque que représente la consommation d’alcool.

En interférant avec les efforts de prévention des pays et en menaçant leur progrès en matière de santé publique, les grandes entreprises font en outre “supporter aux populations et à l’environnement le coût des dommages qu’elles causent”. Pour changer la situation, l’OMS lance un appel à l’action aux Etats membres de la région européenne. “Pendant trop longtemps, nous avons considéré que les facteurs de risque étaient essentiellement liés à des choix individuels, reconnait Frank Vandenbroucke, vice-Premier ministre belge, lors de la présentation du rapport à Bruxelles. Nous devons redéfinir le problème comme un problème systémique où la politique doit contrer les environnements d’hyperconsommation, restreindre le marketing et mettre fin à l’ingérence dans l’élaboration des politiques.”

Source

Sous l’effet de l’alcool….

..il s’introduit chez une amie à Douai et met le feu

Un Douaisien de 42 ans, actuellement détenu, a été condamné par le tribunal correctionnel pour des violences et des dégradations par incendie, à Douai, le 30 décembre.

Source

…Une fillette dans le coma et un chien tué : le lourd bilan d’un conducteur en état d’ivresse

Le tribunal de Cambrai a condamné un homme de 27 ans qui n’aurait pas dû prendre le volant le 24 septembre 2022 en raison d’un état d’ivresse avancé. En roulant à une vitesse excessive, il a percuté un arbre et blessé gravement une fillette qui était dans le véhicule.

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