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Une excellente idée du Canada (vidéo)

Avez-vous déjà testé la bière sans alcool ?

Nous sommes le pays avec le plus de nouveaux consommateurs de ce genre de boisson : +25%

Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’il y ait la mousse ! De plus en plus de Français troquent leur habituelle pinte de blonde pour une bière sans alcool, séduits par une offre croissante et les avantages pour leur santé, sans renoncer pour autant au caractère festif et convivial souvent associé aux boissons alcoolisées. 

Lancée dans les années 70, la bière sans alcool a initialement été pensée pour un marché de niche : les automobilistes, les femmes enceintes ou les anciens alcooliques. Mais ces dernières années, l’offre a été diversifiée et élargie. Le nombre de marques a doublé depuis 2010, atteignant plus de 700, selon la Fédération des Brasseurs. Une conséquence de l’amélioration des techniques de brassages et des arômes, permettant d’améliorer le goût du produit, longtemps un frein pour la massification du marché.

Pour conserver le goût d’une boisson alcoolisée, les fabricants utilisent pourtant les mêmes ingrédients. Baléa, une brasserie du pays basque sollicité dans le sujet ci-dessus, a lancé sa bière sans alcool il y a deux ans. Ce qui change ? Ce sont les quantités. En d’autres termes, il faut limiter le sucre, soit ce que consomment les levures pour fabriquer de l’alcool pendant la fermentation. Résultat : une bière quasiment sans alcool, vendue au même prix qu’une bière traditionnelle.

Le sans alcool a même séduit certains domaines prestigieux autour de Saint-Émilion (Sud-Ouest). Le vin est envoyé en Allemagne pour retirer l’alcool à l’aide d’une machine perfectionnée. Il y est distillé ; les arômes sont retirés avant d’être réinjectés une fois l’opération terminée. 50.000 bouteilles sont vendues chaque année depuis sa création en 2019.

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Tabac, alcool, pollution de l’air… plus de 35 millions de nouveaux cas de cancer prédits pour 2050

  • Cancer : vers une explosion des cas en 2050Cancer : vers une explosion des cas en 2050

A l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’OMS publie les estimations de ce fardeau à l’échelle mondiale. En 2022, 20 millions de nouveaux cas de cancer ont été dépistés. Et l’organisation s’attend à une augmentation de 77 % en 2050.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – l’agence spécialisée dans le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé – vient de publier les chiffres de la maladie pour l’année 2022. Des estimations qui mettent en évidence deux tendances :

  • le fardeau croissant de la maladie (sociétal, financier, hospitalier…) ;
  • l’impact disproportionnée sur les populations peu ou mal desservies par les dépistages et l’accès aux soins. Car sur les 115 pays étudiés, 61 % ne financent pas les services de lutte contre le cancer, ce qui, pour les populations concernées s’expriment sur le terrain par un manque de moyens et d’infrastructures.

Une personne sur cinq

En 2022, 20 millions de nouveaux cas de cancer et 9,7 millions de décès ont été recensés. « Environ une personne sur cinq développe un cancer au cours de sa vie« , estiment le CIRC. « Un homme sur neuf et une femme sur douze en meurent. »

Quels cancers ?

En fait, dix types de cancer représentaient les deux tiers des nouveaux cas et décès dans le monde en 2022. Le cancer du poumon demeure le plus fréquent – et le plus meurtrier – avec 2,5 millions de nouveaux cas (12,4 %). Suivi par le cancer du sein (2,3 millions de cas, 11,6 %), puis le cancer colorectal (1,9 million de cas, 9,6 %), le cancer de la prostate (1,5 million de cas, 7,3 %) et le cancer de l’estomac (970 000 cas, 4,9 %).

Plus de 35 millions de cas en 2050

Mais les estimations du CIRC n’annoncent pas une amélioration des chiffres. Plus de 35 millions de nouveaux cas de cancer sont en effet prédits pour 2050, soit une augmentation de 77 % par rapport à 2022. Une augmentation qui reflète à la fois le vieillissement et la croissance de la population. Mais aussi, et c’est là qu’il est possible d’agir, l’exposition toujours importante de la population aux facteurs de risque évitables que sont le tabac, l’alcool, les pesticides et l’obésité. La pollution atmosphérique restant un facteur clé des risques environnementaux.

L’impact de cette augmentation ne se fera pas sentir de la même manière dans le monde. « Ceux qui disposent du moins de ressources supporteront le poids du fardeau mondial du cancer« , déplore le Dr Freddie Bray, chef de la Branche Surveillance du cancer au CIRC. « Malgré les progrès réalisés dans la détection précoce des cancers et dans le traitement et les soins des patients, des disparités significatives existent non seulement entre les régions du monde à revenus élevés et faibles, mais également au sein des pays. Le lieu de résidence d’une personne ne devrait pas déterminer si elle peut vivre. »

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Le « sans alcool » est-il l’avenir du vin ?

Le « sans alcool » est-il l’avenir du vin ?
Les bouteilles à teneur en alcool inférieure à 0,5° sont aujourd’hui plus chères à produire que le vin avec alcool. © Crédit photo : Flickr/Mike Mozart

Par Jean-Marie Cardebat, Professeur d’économie à l’Université de Bordeaux et Prof. affilié à l’INSEEC Grande Ecole, Université de Bordeaux

Publié le 31/01/2024

Face au succès de la bière sans alcool, la filière vin commence à s’intéresser à cette filière sérieusement. Et à y voir une des options stratégiques de sortie de crise. Décryptage

Cet article a été initialement publié sur The Conversation.

Une étude de Santé publique France parue le 23 janvier dernier souligne la baisse marquée de la consommation d’alcool par les Français et la montée en puissance de la pratique du Dry January (le « Défi de janvier » qui consiste à ne pas boire d’alcool le premier mois de l’année, né en Angleterre en 2012).

Matthias Giroud, mixologue à Paris, s’est spécialisé dans l’élaboration de cocktails sans alcool haut de gamme. Il décrit un marché en pleine montée en puissance

En parallèle, au cours de ce mois de janvier débute l’arrachage de près de 10 000 hectares de vignes à Bordeaux, symbole du désarroi d’une filière vitivinicole à l’agonie. L’antagonisme entre les acteurs de cette filière et les hygiénistes s’en trouve encore renforcé. Il existe pourtant une porte de sortie à la crise viticole compatible avec les critères sanitaires les plus stricts. C’est la désalcoolisation du vin.

La bière a déjà en partie fait sa mue, tandis que les spiritueux s’y mettent. Dans ces deux secteurs, le segment « sans alcool » connait une forte croissance ces dernières années, notamment auprès des plus de 40 ans qui souhaitent réduire leur consommation d’alcool, mais aussi des jeunes, dans les marchés les plus matures sur les questions de santé (Europe, Amérique du Nord).

Selon l’organisme Statista, la part du « sans alcool » dans le marché mondial de la bière atteindrait ainsi 5,5 % en 2024. Face à ce succès, la filière vin commence à s’y intéresser sérieusement et à y voir une des options stratégiques de sortie de crise. La croissance attendue serait en effet à deux chiffres dans les années à venir pour le vin « sans alcool ». Cette croissance aurait l’immense avantage d’adapter la filière à un scénario hygiéniste tel que décrit dans une publication récente de prospective.

Un vin plus cher à produire

Cependant, les écueils restent nombreux, à la fois du côté de l’offre, de la demande et du législateur. Sur le plan de la réglementation, les juristes de la Commission européenne ont dû débattre de la possibilité d’utiliser le terme « sans alcool » pour un vin tant la formule paraît antithétique. Lors de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) du 1 janvier 2023, les règles ont été clarifiées : un vin « sans alcool » doit avoir une teneur en alcool inférieure à 0,5°. Entre 0,5° et 8,5° d’alcool, on parle de vin « partiellement désalcoolisé ».

L’organisation internationale du vin (OIV) travaille actuellement à un cadre normatif sur cette question. En France, l’Institut national des appellations d’origine (Inao) continue de son côté d’étudier la question de la dénaturation du terroir par les techniques de désalcoolisation.

La complexité du débat réglementaire reflète les mentalités dans la filière. Car l’un des premiers freins au développement du « sans alcool » est le scepticisme de certains professionnels eux-mêmes. Le vin est un bien culturel. Il est l’expression d’un terroir et, dans une approche de puriste, doit subir le moins de transformation possible.

Or les vins désalcoolisés doivent passer par un processus technique visant à enlever l’alcool et sont susceptibles d’altérer sa typicité. L’alcool est vu comme faisant partie intégrante du vin et un « vin sans alcool » ne serait dès lors pas un vin.

Deux techniques de désalcoolisation existent : l’osmose inverse et la distillation. Il ne s’agit pas ici de décrire ces techniques de manière exhaustive. Disons simplement que la première technique consiste à utiliser une membrane très fine pour capturer l’alcool, tandis que la seconde consiste à chauffer le vin pour récupérer l’alcool qui s’évapore avant l’eau. Selon les méthodes, des arômes sont capturés également et le goût ne pourra en effet pas être équivalent à un celui d’un vin alcoolisé.

Toutefois, les techniques se perfectionnent et, à l’instar de la bière, les résultats s’améliorent. Ces techniques induisent toutefois des équipements spécifiques, du temps et de l’énergie, qui expliquent que le vin « sans alcool » est plus cher à produire que le vin avec alcool.

Marketing du « sans »

La question du consentement du consommateur à payer plus cher du « sans alcool » se pose alors. On enlève une caractéristique du produit, donc celui-ci devrait être moins cher. C’est en partie les conclusions d’études menées dans les années 2000 et 2010 par différents chercheurs en marketing.

D’autres travaux, portant plus directement sur la dégustation, ont montré une moindre appréciation des vins désalcoolisés, notamment chez les professionnels et les amateurs confirmés. Le vin « sans alcool » ou « partiellement désalcoolisé » n’apparait dès lors que comme un substitut imparfait car de moindre qualité du fait d’une aromatique modifiée par les techniques de désalcoolisation.

Il n’y a guère d’études récentes, post-Covid, permettant de tester une autre hypothèse : celle d’un changement d’attitude d’une partie non négligeable des consommateurs qui seraient, depuis le tournant des années 2020, prêts à payer plus cher pour la caractéristique « sans alcool ». Finalement, le succès des vins dits « nature » réside en partie sur le concept du « sans » : sans sulfite, sans traitement de la vigne, sans levure exogène, etc.

Or le goût des vins nature a souvent été pointé du doigt par les amateurs de vins. Boire un vin nature était vu comme une forme de militantisme pas toujours compris par nombre de professionnels et d’amateurs. Aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de cavistes spécialisés dans les vins nature.

Ce marketing du « sans » existe d’ailleurs depuis longtemps dans l’agroalimentaire : le sans gluten, sans sucre, etc. L’information, le message qui sera délivré au consommateur jouera un rôle clef pour favoriser l’acceptation d’un vin au goût modifié et d’un prix en moyenne plus élevé.

Car les études précédentes montrent que l’information délivrée en amont (ou en aval) altère la perception du vin, « avec » ou « sans alcool ». Le message adressé par les vins nature a permis de faire accepter un goût parfois différent. Il pourrait en être de même pour les vins « sans alcool ».

En d’autres termes, le succès du « sans alcool » auprès des consommateurs tiendra autant au discours et au positionnement marketing qu’à l’amélioration des méthodes de désalcoolisation. Notons enfin que la grande majorité des travaux antérieurs portent sur des vins partiellement désalcoolisés et non « sans alcool » (selon la définition précédente). Un message « militant » est sans doute plus simple à exprimer pour un vin « sans alcool » que pour un vin partiellement désalcoolisé qui pourrait être vu comme cumulant le pire des deux univers : trop alcoolisé pour les uns et dénaturés pour les autres.

Le vin « sans alcool » constitue néanmoins clairement un débouché prometteur. Il représente une des pistes à creuser, parmi d’autres, pour sortir la filière vin de la crise actuelle.

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Le Pr. Jean Costentin répond à un membre du CNPERT l’interrogeant sur le dryJanuary.

Déplorons a priori cette expression « dry january », ésotérique pour les non familiers de la langue de Shakespeare ; ne pourrait-on être plus clair pour être sûrs d’être compris, en n’adoptant pas la pusillanimité sémantique de certains addictologues qui ont peur des mots qui pourraient fâcher ou faire
peur.

Parlons sans ambages d’un « janvier abstinent / ou sobre / ou sans alcool ! et saluons cette initiative d’une complète pertinence.

En effet l’alcoolisme est un des drames sanitaires de notre société : 4 à 5 millions de nos concitoyens sont alcoolodépendants, c’est à dire incapables de s’abstenir de toute boisson alcoolique (ce qui inclue évidemment cidres, poirés et bières) au moins un jour par quinzaine. C’est parmi eux que figurent plusieurs centaines de milliers d’alcooliques, ne pouvant se passer de consommer quotidiennement de l’ordre d’un litre de vin, souvent plus et même beaucoup plus.

Les conséquences de l’intempérance alcoolique sont nombreuses, à commencer par les ivresses qui sont la cause fréquente d’accidents routiers et professionnels, multipliés par l’association de plus en plus fréquente au cannabis.

L’alcoolisme sépare des couples, fait éclater des familles, annihile des carrières professionnelles, conduit à des régressions sociales et même à une clochardisation. L’alcoolomanie, par les diverses pathologies qu’elle engendre est responsable annuellement de 41.000 décès en France. Cette alcoolomanie et ses conséquences  dramatiques appellent de profonds changements :

  • Éducatifs, qui doivent mobiliser les familles, l’Éducation nationale, les clubs sportifs, les médias. Il faut s’appliquer à démembrer ce stéréotype qui associe intimement fête et ivresse.
  • Coercitifs, par l’interdiction de toute publicité (en traquant leurs formes déguisées) ; par l’augmentation du prix de toutes les boissons alcooliques et la diminution simultanée du prix des boissons non-alcooliques ; par un accès plus difficile  aux boissons alcooliques ; en prohibant les Premix (conçus pour piéger les adolescents) ; en appliquant avec rigueur l’interdiction de la vente aux mineurs et des dons d’alcool dans les soirées étudiantes ;
  • La campagne « Janvier sobre » pourrait, à l’intention des plus nombreux qui n’y souscrivent pas, contribuer à les faire rompre avec la banalisation commune de l’alcool, dont la seule évocation suffit souvent à les faire rire.
  • On leur conseillerait de remplir, au jour le jour, une  « feuille de consommation » (en libre accès dans les pharmacies et salles d’attente des médecins) sur aquelle ils consigneraient très précisément chacune de leurs consommations (exprimée en unité alcoolique (soit 10g d’alcool pur). Ils pourraient ainsi, dès le 1 er février, calculer le nombre (ou fraction) de litres d’alcool pur qu’ils auraient consommé en Janvier.
  • En fonction de l’âge, du poids, du sexe, des chiffres repères seraient donnés, allumant selon les cas des feux vert, orange ou rouge…
  • Les lobbies alcooliers sont parvenus à convaincre les pouvoirs publics de ne pas relayer l’initiative du Janvier sobre. L’État s’est couché en ne la relayant pas. Il se rend coupable non pas seulement d’une faute mais de crimes (42.000 décès annuels).
  • Terminons par une « blagounette », j’aurais préféré au Janvier sobre , le février sobre, raccourcissant de deux jours la contrainte de l’abstinence.
  • Pour preuve de bonne volonté appliquons-nous, au moins un jour par quinzaine, de ne faire aucune dévotion à Bacchus.

Les ados consomment moins de tabac, alcool et cannabis …

Tabac, alcool, cannabis: les adolescents commencent à décrocher

Par Angélique Négroni Publié le 26/01/2024

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Au collège comme au lycée, les usages connaissent une baisse significative par rapport à 2018.

Enfin une bonne nouvelle sur les usages des adolescents. Cette génération que l’on accable souvent de bien des maux a réduit sa consommation de cigarettes, de cannabis mais aussi d’alcool. Ce sont les résultats communiqués ce jeudi par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

Après une première étude menée en 2018, cette structure s’est de nouveau penchée sur les conduites addictives des collégiens et lycéens en 2022. Même si des usages inquiétants perdurent, les grandes tendances sont aussi encourageantes que fiables, comme l’explique Stanislas Spilka, le responsable de l’unité data de l’OFDT.

Tant dans les écoles publiques que privées, les 9 566 élèves, qui ont répondu anonymement au même questionnaire, ont été «sélectionnés aléatoirement», souligne-t-il. Une méthode qui permet de «généraliser les résultats».

À lire aussi «C’est la base»: la nouvelle campagne contre l’abus d’alcool chez les jeunes suscite railleries et incompréhension

Ainsi, du côté des collégiens, le niveau d’expérimentation du tabac a diminué de près de moitié entre 2018 et 2022, passant de 21,2 % à 11,4 %. De même, le cannabis marque un recul avec un taux de 6,7 % en 2018 et de 5,3 % en 2022 parmi les classes de quatrième et de troisième. Quant à l’alcool, sa consommation chute également. Alors que 60 % de mineurs affirmaient avoir pris une fois un verre en 2018, ils ne sont plus que 43,4 % quatre ans plus tard. Un niveau qui reste toutefois encore élevé et qui fait dire aux auteurs de l’étude que «le collège reste une période importante d’initiation» à la prise d’alcool.

L’engouement pour le vapotage

Ces tendances à la baisse sont incontestablement positives sur le plan de la santé. «Car tout se joue très jeune et très tôt», rappelle Nicolas Prisse, le président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Des consommations précoces ont parfois des conséquences irréversibles sur le cerveau. Mais l’étude montre aussi que, dès que l’on pousse les portes du lycée, on boit et on fume bien davantage qu’au collège.

Que ce soit pour la consommation occasionnelle ou régulière, quasiment toutes les courbes montent en flèche dès la seconde et continuent de progresser jusqu’à la terminale. C’est particulièrement significatif pour l’alcool, notamment en terminale. Mais il y a un élément encourageant: cette évolution se joue dans des proportions moindres qu’en 2018.

Alors que le taux culminait à 88,7 % cette année-là, il chute à 73,9 % en 2022. Quant aux élèves qui affirment boire régulièrement, même si leur nombre reste encore élevé, avec un taux de 8 %, ils étaient trois fois plus nombreux en 2018.

Un lycéen sur cinq consommateurs présente un risque élevé d’usage problématique ou de dépendance au cannabisObservatoire français des drogues et des tendances addictives

Pour les fumeurs, c’est la même évolution: dès que l’on quitte le collège et que l’on devient lycéen, on résiste de moins en moins à la cigarette. Et plus on gravit les classes, plus on vide rapidement le paquet. Là encore, ces habitudes décrites dans l’étude de 2018 restent une constante en 2022, mais selon des volumes moins importants.

L’’engouement pour le vapotage joue-t-il sur cette baisse?

Si les lycéens sont moins nombreux à l’expérimenter, ceux qui y sont accros sont en revanche plus nombreux. «Le tassement de l’expérimentation de la cigarette électronique est contrecarré par des usages quotidiens qui progressent sensiblement, notamment chez les lycéennes, dont les niveaux d’usage sont aujourd’hui comparables à ceux des garçons», précise l’étude. Stanislas Spilka reste prudent sur les liens entre le tabac et le vapotage. Ce dernier, selon lui, «contribue à une baisse du tabac» , mais n’expliquerait pas tout.

Quant au cannabis, sa consommation est en baisse au lycée. «Pour autant, comme en 2018, un lycéen sur cinq consommateurs présente un risque élevé d’usage problématique ou de dépendance au cannabis», souligne l’étude qui, pour la première fois, s’est penchée sur l’expérimentation de poppers et de protoxyde d’azote, deux produits en vogue chez les jeunes. 8,1 % des lycéens ont déclaré avoir déjà pris le premier et 5,4 % le deuxième.

Les autres stupéfiants qui circulent sont eux aussi moins consommés. En 2022, l’étude relève ainsi «un recul sensible des expérimentations des autres drogues illicites, à l’exception de quelques rares substances comme l’héroïne, le GHB ou les champignons hallucinogènes, dont les niveaux sont restés stables». Toutes ces expérimentations d’autres substances «se maintiennent à des niveaux très faibles, compris entre 0,8 % pour l’héroïne et 2,2 % pour la cocaïne».

La crise du Covid, survenue entre ces deux photographies, n’explique pas, selon les spécialistes, la baisse globale de ces usages. Pressentie comme durable, elle s’inscrit dans un recul généralisé amorcé dès 2010 et constaté par d’autres études internationales sur ces mêmes tranches d’âge.

Pour Nicolas Prisse, même si les politiques de prévention menées en France ont contribué à faire décrocher les jeunes de ces consommations à risque, l’effort doit évidemment se poursuivre. Le responsable de la Mildeca évoque diverses pistes.

Parmi elles, faire enfin respecter l’interdiction de la vente de tabac et d’alcool aux mineurs. Ce spécialiste en appelle aussi à une responsabilisation des familles. Car, en dehors du collège, c’est encore trop souvent par elles que démarre l’initiation à l’alcool des mineurs.

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DANS QUELLE RÉGION DE FRANCE CONSOMME-T-ON LE PLUS D’ALCOOL?

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Ariel Guez le 23/01/2024

D’après le dernier baromètre de Santé publique France publié ce mardi 23 janvier, la consommation quotidienne d’alcool était plus fréquente en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie en 2021.

Les Français boivent toujours beaucoup d’alcool, mais moins qu’avant, selon la dernière enquête de Santé publique France publiée ce mardi 23 janvier. Cette étude, qui porte sur l’année 2021, analyse les tendances à long terme qui révèlent « une baisse très marquée de la consommation quotidienne déclarée au cours des dernières décennies ».

Ainsi, la part de consommateurs hebdomadaires, qui était de 62,6% en 2000, n’était plus que de 39% en 2021.

Et la proportion d’adultes consommant de l’alcool tous les jours a été quasiment divisée par trois, passant de 21,5% en 2000 à 8,0% en 2021, selon cette étude qui s’appuie sur des données déclaratives. Dans leurs résultats, les autorités sanitaires observent notamment « des disparités régionales ».

Consommation plus rare dans les DROM

Ainsi, c’est en Occitanie où on retrouve la part de consommateurs d’alcool quotidiens la plus élevée parmi les 18-75 ans, avec un taux de 11%, selon les données de Santé publique France. Suivent la Nouvelle-Aquitaine (10,2%), les Pays-de-la-Loire (9,7%), et le Centre-Val-de-Loire (8,4%).

Loin des clichés, la région Hauts-de-France se retrouve en dessous de la moyenne hexagonale, située par les autorités sanitaires à 8%. En effet, dans le nord du pays, la part de consommateurs d’alcool quotidiens est à 6,8%, en baisse par rapport à 2017.

La consommation d’alcool était également plus rare en 2021 dans les DROM: Guyane, Martinique, Guadeloupe et La Réunion ont un taux estimé à 5%.

Des « alcoolisations ponctuelles importantes » fréquentes en Bretagne

Plutôt en diminution parmi les jeunes hommes, le phénomène des « alcoolisations ponctuelles importantes » (autrement appelé « binge drinking ») – qui est défini par la consommation d’au moins 6 verres d’alcool en une seule occasion -, tend notamment à augmenter parmi les femmes de plus de 35 ans.

Pour l’agence de santé publique, « la mise en place d’actions de prévention pour réduire les risques induits par la consommation d’alcool » demeure ainsi « nécessaire ».

Selon les estimations de SpF, c’est dans les Pays-de-la-Loire que ces « API » sont les plus fréquentes: 22,6% des consommateurs d’alcool dans cette région ont fait du « binge drinking ». Suivent sur ce podium la Bretagne (21,6%) et la Guyane (19,2%).

Seule autre région nettement au-dessus de la moyenne hexagonale, située en 2021 à 16,5%: la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec 17,3%.

La consommation d’alcool est responsable d’environ 41.000 décès par an et fait partie des premiers facteurs de risque de décès prématuré, rappelle l’agence sanitaire, mais la France n’est « pas dotée d’un plan national de lutte », souligne l’AFP.

Parmi les initiatives mises en place pour réduire la consommation des Français, le « Dry January », ou « Défi de janvier », qui consiste à ne pas boire pendant le premier mois de l’année, a été importé de Grande-Bretagne il y a cinq ans. Soutenu par diverses associations, il ne l’est pas officiellement par l’État.

SOURCE : Ariel Guez

Tabac, alcool, cancers… comment la prévention peut faire gagner des mois de vie en plus

Par Marie-Cécile Renault Publié le 19/01/2024

DÉCRYPTAGE – Mieux dépister les cancers et lutter contre les addictions dégagerait un gain de 5 milliards à 16,7 milliards d’euros.

À peine nommée à la tête d’un vaste ministère – allant du Travail à la Santé en passant par les Solidarités -, Catherine Vautrin s’est fait critiquer pour la bannière de son compte X (ex-Twitter). La Rémoise de 63 ans y avait posté une photo de vignes de Champagne… qu’elle s’est empressée de remplacer par un cliché de sa visite à l’hôpital de Dijon, samedi dernier avec Gabriel Attal. Anecdotique certes, mais en plein « dry january », cet épisode est révélateur des enjeux de santé publique liés à l’alcool, deuxième cause évitable de mortalité par cancer, responsable chaque année de 28.000 nouveaux cas. Le sujet a d’autant plus échauffé les esprits que la prévention a disparu de l’intitulé du poste de Catherine Vautrin, là où ses prédécesseurs Aurélien Rousseau et François Braun étaient ministres de la Santé et de la Prévention. Autant dire que les acteurs du secteur attendent la nomination d’un ministre délégué – le nom d’Agnès Pannier-Runacher revient pour ce poste avec insistance – qui retrouve cette prérogative dans son périmètre.

Car dans un système de santé français essentiellement axé sur le curatif, la prévention est un enjeu majeur. D’une part, c’est un moyen d’améliorer la santé des Français, alors que l’espérance de vie à la naissance a encore augmenté : les hommes dépassant désormais la barre des 80 ans en moyenne et les femmes 85,7 ans, selon le dernier bilan démographique de l’Insee.

D’autre part, c’est un moyen de désengorger le système de soins, alors que les urgences restent asphyxiées, que des lits hospitaliers sont fermés faute de personnel, et que les médecins de ville manquent. Enfin, la prévention est un levier puissant pour réaliser des économies qui pourront être réinvesties dans le système de santé, là où il y en a le plus besoin. Une nécessité alors que les comptes de la Sécu s’enfoncent dans le rouge : de 8,8 milliards en 2023, le « trou de la Sécu » va encore se creuser à 11,2 milliards cette année et 17,5 milliards en 2027.

Or la France part de très loin en matière de prévention. Les résultats obtenus sont « globalement médiocres », malgré un effort financier comparable à celui des pays voisins, déplorait la Cour des comptes dans un récent rapport, soulignant que les programmes de prévention médicalisée (vaccination et dépistage), comme les actions de promotion de la santé, « souffrent d’une adhésion trop faible ».

Pourtant, si la France était aussi efficace sur le sujet que la moyenne des pays de l’OCDE, il serait possible de réaliser 5 milliards d’euros d’économie par an sur les dépenses de santé, tout en augmentant l’espérance de vie des Français de 8 mois sans maladie chronique ou grave terme, révèle une étude du cabinet Asterès réalisée pour l’association des acteurs de la French Care. Dans un scénario plus optimiste, où la France s’alignerait cette fois sur les pays ayant les meilleurs scores, l’économie potentielle grimperait jusqu’à 16,7 milliards d’euros tandis que l’espérance de vie en bonne santé augmenterait de 2 ans.

Haro sur le tabac et l’alcool

Pour réaliser ces modélisations, Asterès a identifié 15 indicateurs couvrant des aspects tels que les comportements à risque (alimentation, activité physique, tabagisme, consommation d’alcool, surpoids et obésité), le dépistage de certains cancers et la vaccination. Pour chaque pathologie, le cabinet a calculé les coûts associés, allant des traitements à la prise en charge hospitalière, en passant par les dépenses de l’Assurance-maladie pour chaque jour non travaillé.

Résultat, si la France apparaît mieux placée que la moyenne dans certains domaines – par exemple l’alimentation ou la vaccination contre la grippe -, elle est très en retard par exemple dans la lutte contre deux habitudes à risque : le tabac et l’alcool. Les Français sont 26 % à fumer quotidiennement (contre 16 % en moyenne dans l’OCDE) et ils consomment en moyenne 10,4 litres d’alcool par an (contre 8,4 litres). « Il y a un enjeu à mieux lutter contre la consommation de tabac et d’alcool, où nous avons de vraies marges de progression », insiste Antoine Tesnière, professeur d’anesthésie-réanimation, président des acteurs de la French Care et directeur de PariSanté Campus.

Environ 9200 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque année au manque de dépistage en France ainsi que 11.000 à des stades avancés, avec un coût du non-dépistage qui varie de 2400 à 6500 euros par patientAntoine Tesnière, professeur d’anesthésie-réanimation, président des acteurs de la French Care et directeur de PariSanté Campus

Des progrès seraient aussi possibles en améliorant le dépistage précoce des cancers, première cause de mortalité prématurée en France. Alors que l’Assurance-maladie propose le dépistage systématique de trois cancers (sein, col de l’utérus et colorectal) les performances sont décevantes avec une participation inférieure en France à la moyenne de l’OCDE pour deux cancers sur trois. « Environ 9200 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque année au manque de dépistage en France ainsi que 11.000 à des stades avancés, avec un coût du non-dépistage qui varie de 2400 à 6500 euros par patient », souligne Antoine Tesnière.

En revanche, la France, pays de Pasteur, affiche des taux de vaccination satisfaisants, exception faite de la vaccination contre le HPV. Plus de 6100 nouveaux cas de cancers sont attribuables chaque année à la faible vaccination contre le papillomavirus et la prise en charge d’un cancer attribuable au HPV coûte en moyenne 6400 euros par patient et par an, soit 6100 euros pour l’Assurance-maladie et 300 euros pour les complémentaires santé, indique l’étude. La décision de l’exécutif de généraliser le vaccin pour tous les élèves de cinquième dès la rentrée 2023, devrait ainsi permettre d’améliorer la prévention.

De même, les consultations de prévention aux âges clés de la vie, voulues par le gouvernement, commencent à se déployer depuis le début de l’année, après avoir été expérimentées entre octobre et décembre dans les Hauts-de-France. Un premier pas d’une révolution indispensable.

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