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Drogue, alcool, tabac. Cinq conseils pour aider un proche à sortir de son addiction

Sandra Pinel, auteure de « Journal d’une polyaddict libérée », donne des conseils pour sortir de ses addictions • ©Atlantic Télévision by Mstream

Écrit par Johann Pailloux et Murielle Dreux – Publié le 17/01/2024

Comment agir face à l’addiction d’un proche ? Le compagnon, l’enfant ou l’ami se retrouve souvent spectateur impuissant face à une descente aux enfers. Sandra Pinel, infirmière ex-addict devenue patiente-experte en addictologie, vient de publier « Journal d’une polyaddict libérée » où elle livre ses conseils et des outils pour se libérer des addictions.

« Si je fume une cigarette, je fume le paquet, si je bois un verre, je bois le tonneau, et si je prends un rail de coke, j’en prends trois grammes. Je n’ai pas le bouton stop, donc je ne consomme plus« .

Sandra Pinel est infirmière à Saint-Nazaire. Ancienne dépendante à l’alcool, au tabac, au cannabis et aux médicaments, elle s’est rétablie. Devenue patiente-experte addictions, c’est désormais elle qui aide les autres à s’en sortir.

Être addict, c’est avoir perdu sa liberté face à un produit ou à un comportement avec une incapacité à diminuer ou arrêter malgré les conséquences sur sa vie.Sandra Pinel

Pour Sandra, « les proches aidants sont les premiers à trinquer et, pris d’un sentiment de honte, ont parfois des difficultés à demander de l’aide« .

Conseil n°1 – Imposez vos limites

« Refusez d’être en présence de la personne quand elle a consommé. Changez de pièce, partez vous promener sans elle. Évitez de lui parler quand elle a consommé, vos mots ne seront pas entendus et cela risquerait d’augmenter les frustrations. Vous ne pouvez pas soigner, mais vous pouvez accompagner : il y a trop d’émotions, il n’y a pas le recul nécessaire« .

Conseil n°2 – Ne faites pas « pour »

« Refusez d’acheter de l’alcool ou d’appeler son employeur pour prévenir de son absence afin que la personne mesure les conséquences de ses consommations. Acceptez que vous ne puissiez pas tout contrôler« .

Conseil n°3 – Dites ce que vous ressentez

« Employez-le « je », sinon ça sonne comme une injonction, du chantage et la personne peut se braquer, voire cela peut entraîner des confrontations. Expliquez-lui le mal que cela vous fait, les conséquences sur votre vie, le fait que vous ne cautionnez pas son comportement, mais que vous êtes là si elle souhaite être soutenue. Lui écrire est parfois plus simple, car cela permet de poser les choses. Et même si vous ne lui donnez pas la lettre, ça vous permet de mettre de l’ordre dans vos idées et de mieux les exprimer ensuite« .

Conseil n°4 – Faites-vous aider

« Le médecin traitant est souvent l’acteur de premier recours. Les professionnels de l’addictologie peuvent aussi vous recevoir. Les groupes d’entraide en ligne sont très appréciés également, comme le groupe Facebook, forum Addict’AIDE, alcool/drogue info service. Vous y trouverez des informations et une écoute« .

Conseil n°5 – Prenez soin de vous

« S’accorder le droit d’aller voir une amie, d’aller faire un soin du visage ou de pratiquer une activité sportive ou manuelle, permet de prendre de la distance vis-à-vis de la situation et d’avoir des instants à soi. Ces instants sont très importants, car ils vous permettent de souffler, de reprendre de l’énergie et ainsi, de ne pas sombrer vous-même« .

Un livre témoignage pour lutter contre les addictions

Sandra Pinel vient de publier « Journal d’une polyaddict libérée » aux éditions Eyrolles. Un ouvrage dans lequel elle donne des conseils et des outils pour se libérer des addictions. Elle évoque aussi son enfance auprès d’un père alcoolique avec lequel elle a commencé à fumer le cigarillo tous les dimanches à l’âge de 11 ans. Elle est devenue infirmière pour sauver son père, en vain.

Puis ce fût l’alcool, le cannabis et autres drogues et médicaments, jusqu’à ce qu’un médecin la mette face à la réalité : elle allait finir comme son père. Un électrochoc pour Sandra qui va petit à petit tout arrêter.

Débarrassée de ses addictions, elle se forme et obtient un diplôme universitaire d’addictologie, ainsi qu’une certification Patient-expert addictions. Aujourd’hui, elle exerce dans un établissement médico-social d’accompagnement et de prévention en addictologie à Saint-Nazaire.

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Dry january :

Parmi les effets positifs du Dry january sur le long terme, 42 % des personnes ayant participé au défi estiment avoir depuis réduit leur consommation d’alcool.

Le Dry january a des effets positifs sur la consommation d’alcool sur le long terme.

SANTÉ – Arrêter l’alcool pendant un mois, et après ? En France, le Dry january – défi qui consiste à ne pas boire d’alcool le premier mois de l’année – a considérablement gagné en popularité, si bien qu’un tiers des Français y ont participé en 2023, selon l’IFOP. Si ses effets bénéfiques pendant le mois de janvier sont connus – meilleur sommeil, plus d’énergie – qu’en est-il de ses effets sur le long terme ?

Selon un sondage de YouGov pour Le HuffPost que nous révélons ce dimanche 14 janvier, 54 % des Français qui ont déjà fait le Dry january voient des effets positifs sur leur santé à long terme – c’est-à-dire au-delà de 6 mois. Le même pourcentage déclare avoir aussi une meilleure forme physique.

Autres bénéfices déclarés par les sondés ayant fait un Dry january : 39 % disent toujours faire des économies d’argent six mois après. Et pour cause, ils sont 42 % à estimer avoir réduit leur consommation d’alcool depuis la fin du défi, ou du moins à dire mieux la contrôler. Alors que la France compte encore 42,8 millions de consommateurs, ils sont 12 % des sondés ayant fait un Dry january a estimé que cela a engendré une moindre sociabilité.

L’alcool responsable de 41 000 morts par an

Les bénéfices de l’arrêt de l’alcool, ou d’une simple réduction, ne sont plus à prouver. Selon le site de l’Assurance maladie, réduire sa consommation augmente l’espérance de vie et apporte meilleure qualité de vie, mais aussi « une préservation de l’autonomie, de meilleures performances cognitives ainsi qu’une amélioration de l’humeur et de l’anxiété ».

Si l’arrêt de l’alcool augmente l’espérance de vie, c’est que sa consommation est responsable directement ou indirectement de plus d’une soixantaine de maladies (cancers, maladies cardiovasculaires, digestives, mentales, etc.).

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« Tout le monde boit, l’alcool est partout et nous on boit pas » : des jeunes racontent leur vie sans alcool

Par Manon Mella Publié le lundi 8 janvier 2024

Des jeunes racontent leur vie sans alcool
Des jeunes racontent leur vie sans alcool © Radio France – Mella Manon

Certains jeunes ont choisi de vivre sans toucher à une goutte d’alcool. Une sobriété revendiquée mais pas toujours évidente à assumer. Témoignages de vingtenaires pour qui le “Dry January” dure toute l’année.

Dans la vie étudiante et sur les réseaux sociaux, l’alcool est malheureusement souvent banalisé et assimilé à quelque chose de “cool”. En 2022, 81% des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté l’alcool. C’était 96% il y a vingt ans.

Même si la consommation diminue chez les jeunes depuis plusieurs années, les boissons alcoolisées restent « les substances les plus répandues à l’adolescence« , selon l’OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives)Angélique, Marianne, Héloïse, Martin, Florian et Lucas ont tous moins de 30 ans. Ils expliquent pourquoi ils ont fait le choix d’une vie sans alcool et racontent ce que ça a changé dans leur vie.

“Ma grand-mère est morte à cause de l’alcool”, Martin, 21 ans

Martin, étudiant de 21 ans, n’a jamais bu une goutte d’alcool de sa vie : “À 15 ans, j’ai appris que ma grand-mère était morte à cause de l’alcool. L’alcool était marqué sur sa peau et dans son regard. Ça ne m’a pas donné envie de boire. Mes parents m’ont toujours alerté sur les dangers. Ils ont toujours refusé que je boive lors des fêtes de famille.”

Même chose pour Lucas, 23 ans et sobre depuis toujours. Lui aussi a perdu un membre de famille à cause de l’alcool, la veille de ses 16 ans. “Quand j’ai vu tout le mal que ça avait provoqué dans ma famille, je me suis fait la promesse de ne jamais boire”, se souvient-il.

Florian, 29 ans, s’autorise un demi-verre de crémant par an à Noël. Lui aussi a été marqué par un passif familial douloureux. “Dans ma famille, j’ai vu l’alcool causer des dégâts et impacter fortement les émotions de certaines personnes. Il suffisait d’un verre pour que ça parte en eau de boudin”, se souvient-il. Cela a occasionné “ un fort rejet vis-à-vis de l’alcool”, jusqu’à interdire à ses amis de venir chez lui avec des bières.

Héloïse, 25 ans, n’aime tout simplement pas le goût de l’alcool. “Ça me donne envie de vomir, je suis vite écœurée. Certains n’aiment pas les endives, moi je n’aime pas l’alcool”.

“L’alcool me faisait changer de personnalité”, Angélique, 27 ans

D’autres ont choisi d’arrêter totalement l’alcool pour soigner une dépendance. Marianne, 27 ans, est sobre depuis un an et deux mois. “J’ai arrêté de boire le 23 octobre 2022. J’ai la bien la date en tête”, lance-t-elle fièrement. Dans son cas, arrêter l’alcool a été le fruit d’un long cheminement. Comme beaucoup, elle a découvert l’alcool durant l’adolescence pour tester ses limites. “J’aimais ça, je buvais beaucoup mais ça restait dans des contextes de soirées. Je pensais que boire était une aide sociale”, se souvient-elle.

Mais vers l’âge de 20 ans, sa consommation d’alcool est devenue quotidienne : “Après le boulot, on buvait facilement un verre tous les soirs. Je sortais aussi avec un garçon qui était alcoolodépendant. J’étais devenue addict. Tout tournait autour de l’alcool. Et j’ai commencé à prendre conscience que c’était trop”.

Angélique, 27 ans, anime la chaîne YouTube “Ivre de Vie” . Comme Marianne, elle a décidé d’arrêter de boire à cause d’une consommation excessive qui engendrait des émotions disproportionnées. “L’alcool me faisait changer de personnalité. J’avais des émotions disproportionnées. Je faisais des fixettes sur des choses pas importantes et ça menait à de la colère, de la tristesse voire de la violence”, confie-t-elle.

“J’ai une meilleure estime de moi. Ça n’a pas de prix”

Bonne santé, stabilité émotionnelle, relations sociales plus saines, meilleure estime de soi…les bienfaits de l’arrêt de l’alcool sont nombreux à être mentionnés. Il y a d’abord, les améliorations physiques : “J’ai plus d’énergie. Je préfère mon corps maintenant”, confie Marianne. “Je dors mieux, je mange mieux. Mes cheveux et mes ongles ne se cassent plus. J’ai perdu du poids et ma peau est redevenue lisse”, raconte Angélique.

Il y a aussi, les bienfaits psychiques. “J’ai appris à m’aimer. Je n’ai plus de culpabilité ou de remords. Ce qui m’a marqué avec l’arrêt de l’alcool c’est la clarté mentale qu’on retrouve . Ma vie sous alcool était beaucoup moins riche d’un point de vue émotionnel alors qu’on pourrait croire l’inverse”, confie Marianne.

Pour Lucas, ne pas boire est même un avantage dans les relations amoureuses : “C’est un atout et ça renvoie une image de quelqu’un de raisonnable. Ça a pu jouer en ma faveur plusieurs fois”.

Quant à Martin, il avoue parfois se sentir seul. “Le choix que j’ai fait de ne pas boire, ça m’isole. Je ne vais plus aux soirées étudiantes. On ne m’invite plus. Le 31 décembre, je n’avais rien. Ce n’est pas normal”, confie-t-il.

Héloïse a parfois l’impression de paraître moins intéressante que les autres : “Dans certaines soirées, je peux passer pour une fille pas drôle. Je passe mon temps à me justifier alors que je n’ai pas besoin d’alcool pour danser sur une table !”, regrette-t-elle. “On a parfois l’impression de ne pas faire partie du groupe quand on est dans un bar”, reconnaît Florian.

Tous, disent se sentir fiers. “Je n’ai pas besoin d’alcool pour vivre”, dit Florian. Angélique se sent beaucoup plus libre depuis qu’elle ne boit plus. Martin revendique “une adhésion à un autre mode de vie“. Et Marianne qui conclut : “Ne pas boire dans un monde où tout le monde boit, c’est hyper punk. Ça me rend fière !

La consommation d’alcool est l’une des trois premières causes de mortalité évitable en France et provoque 41 000 décès chaque année.

Si vous avez besoin d’aide, appelez “Alcool Info Service” au 0 980 980 930.

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« Dry January » ou pas, le secteur du sans-alcool a le vent en poupe

À l’instar du « Dry January » qui se démocratise en France, la tendance du sans-alcool semble se confirmer chez des cavistes spécialisés.

Article rédigé par Guillaume Gaven – Radio France Publié le 07/01/2024 09:16

Elaboration de cocktails sans alcool par les étudiants du centre de formation d'apprentis Adrien Zeller à Illkirch (Bas-Rhin), le 2 mars 2023. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)
Elaboration de cocktails sans alcool par les étudiants du centre de formation d’apprentis Adrien Zeller à Illkirch (Bas-Rhin), le 2 mars 2023.      (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

C’est un caviste pas comme les autres. Le premier en France à ne vendre que du sans-alcool. En ce début janvier, la petite boutique du « Paon qui boit », implantée dans le nord de Paris, ne désemplit pas. « Dry January » oblige, mais pas seulement. Il y a Murielle : « Je me marie donc il faut que je reste sobre toute la soirée et une bonne partie de l’année aussi, confie-t-elle. Ce sera ma cuvée à moi : pétillant blanc et rouge. Mais peut-être qu’il y aura des invités qui ne boiront pas d’alcool ».

L’offre de boissons sans alcool se développe beaucoup, analyse Augustin Laborde, le fondateur de la cave du Paon qui boit. « En un an et demi d’existence, on a vu cette tendance se développer et surtout se confirmer très concrètement, relate le caviste. Lorsqu’on a ouvert, il y avait à peu près 250 références, maintenant il y en a plus de 500″. 

C’est signe, pour Augustin Laborde, que les producteurs s’y mettent. « Il y a vraiment plein de propositions qui arrivent, qui n’existaient pas il y a encore un an », ajoute-t-il. Pareil du côté de la clientèle, s’il est conscient que le « Dry January » est un accélérateur pour janvier, « il y a quand même une tendance de fond », remarque-t-il.

Le marché du sans-alcool se développe vite. La Maison Chavin s’est fait une spécialité de vin sans alcool premium. Aujourd’hui, le sans-alcool représente la moitié de son chiffre d’affaires, toujours en hausse selon Mathilde Boulachin, la présidente de la maison. 

« On vient de terminer l’année avec une envolée de 23% pour le sans-alcool, détaille-t-elle. Par contre, si on regarde la croissance dans le vin, on constate que le vin est en souffrance, comme ce qu’il se passe à l’échelle internationale. Donc chez nous, la croissance vient par le sans-alcool », confirme-t-elle.

Un plus gros marché en Allemagne et en Angleterre

Reste que le sans-alcool est encore une niche : 1 à 2% du marché, selon l’institut CGA, spécialiste de la consommation. « Aujourd’hui, c’est un petit marché en France, aussi bien en termes de pénétration consommateurs qu’en termes de consommation en valeur absolue, c’est carrément un marché qui a beaucoup progressé ces dernières années, notamment depuis le Covid », selon Julien Veyron, directeur des solutions clients. « On voit en tout cas que l’appétit des consommateurs pour ce souci de santé et de modération d’alcool est grandissant », ajoute-t-il.

Néanmoins, « ce que l’on constate à court terme, c’est que l’inflation a quand même ralenti la tendance. Ce sont des produits qui sont parfois assez valorisés sans dire que c’est cher », tempère-t-il.

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TÉMOIGNAGES. « Le plus lassant, c’est de devoir se justifier » : ces jeunes ont arrêté l’alcool

Alors que la consommation d’alcool reste habituelle dans la société, des jeunes adultes font aujourd’hui le choix de la sobriété. Cinq d’entre eux nous racontent.

De plus en plus de jeunes ont décidé de boire moins d’alcool… voire plus du tout.
De plus en plus de jeunes ont décidé de boire moins d’alcool… voire plus du tout. | ORANA TRIKOVNA / OUEST-FRANCE

Décembre 2021, Antoine a 24 ans. Il vit à Paris et comme chaque soir où presque il retrouve ses amis sur une terrasse pour boire « une pinte ou deux ». Ce professeur de piano consomme de l’alcool depuis l’adolescence. D’abord pendant les repas de famille, puis lors de week-ends de fêtes où il se « retourne la tête »« Je buvais parfois beaucoup, beaucoup, comme le font plein de jeunes. » Mais ce soir-là, Antoine est fatigué. « Je ne profitais pas autant que je l’aurais voulu. J’ai donc décidé d’arrêter l’alcool. Net. »

Les jeunes boivent-ils moins ? Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, l’expérimentation de l’alcool a perdu 15 points (80 %) chez les jeunes âgés de 17 ans depuis le début du siècle.

Et parmi ceux qui ont déjà commencé l’alcool, plusieurs figures ont, ces derniers mois, décidé d’annoncer publiquement leur retour à la sobriété. C’est notamment le cas la présentatrice de Mouv’et militante féministe Anna Toumazoff, 27 ans, ou de l’illustratrice de BD Salomé Lahoche, 25 ans.

Les nombreuses réactions que ces messages ont provoquées laissent penser qu’ils s’inscrivent dans un mouvement plus large. Nous avons donc interrogé quelques jeunes adultes qui ont choisi d’arrêter l’alcool pour qu’ils nous parlent de leur expérience.

Anxiété et déprime

Lauren a 31 ans, elle est anglaise, vit à Paris depuis neuf ans et travaille dans l’évènementiel. En septembre dernier au travail, un collègue lui fait part de son envie d’arrêter de boire jusqu’à Noël. Un déclic pour Lauren qui décide d’en faire de même. « Je ne dirais pas que je buvais beaucoup mais pendant la semaine, je faisais des afterwork avec des collègues. C’était souvent un Spritz et deux bières. »

Sauf que cette consommation commençait à lui peser. « C’est peut-être en raison de l’âge mais le lendemain, au travail, j’avais l’impression de ne pas être au niveau. » Elle explique ressentir de « l’anxiété », voire « un peu de déprime le week-end ».

C’est aussi pour cette raison que Laura, 25 ans, a arrêté l’alcool. Après avoir commencé à boire à l’adolescence, sa consommation devient plus importante pendant ses études. « C’était toutes les semaines et je buvais des grosses quantités. » 

Mais Laura se rend compte que sa consommation est « excessive » et « nuit à (son) épanouissement »« Ça me fatiguait énormément. » Elle ralentit « progressivement » sa consommation quand le Covid-19 touche toute la planète. « Plus de fête, plus de rassemblements », Laura en profite pour arrêter l’alcool.

« Pourquoi vivre comme ça ? »

Le confinement est également la période qui a poussé Leah, une Irlandaise de 27 ans, à stopper l’alcool. « Je pense que je buvais de manière normale, je pouvais ne pas boire pendant plusieurs semaines mais quand je commençais, ce n’était pas deux verres, j’allais jusqu’à être drunk (saoul). »

Êtes-vous pour ou contre l’abandon des traditionnels sapins naturels pour Noël ?

Elle se souvient des effets désagréables de l’alcool, notamment lors des gueules de bois. « Je n’avais pas seulement la nausée et mal à la tête mais je me sentais aussi déprimée, angoissée. Je me suis alors demandé : « Pourquoi vivre comme ça ? »»

Lire aussi : ENQUÊTE. Comment le lobby de l’alcool et du vin fait tout pour limiter l’ampleur du « Dry January »

Alexis, 29 ans, lui, n’a pas eu le choix. Fin 2019, alors qu’il boit depuis plusieurs années, « pas des quantités monstrueuses mais de temps en temps, je rentrais un peu torché chez moi », il est victime d’une sorte d’allergie à l’alcool qui peut aller jusqu’à provoquer « des grosses crises d’asthmes »« À la fin, il n’y avait plus que le whisky et le Ricard® que je pouvais boire mais finalement, j’ai tout arrêté », poursuit-il.

Avec cet arrêt « un peu contraint et forcé », Alexis se rend compte qu’il peut « très bien s’en passer » mais découvre à quel point le fait de ne pas boire est perçu de manière étrange par la société. « On m’a fait des remarques comme : « Ah tu bois un Perrier® ? Tu ne bois pas d’alcool ? », sous-entendu « Tu n’es pas comme nous ». Le plus lassant, c’est de devoir se justifier. »

« On pense que tu es enceinte »

Antoine a aussi été confronté à ces remarques. « Je me suis retrouvé face à des gens qui me disaient mais pourquoi tu ne bois pas. Et moi je leur retournais la question et je me rendais compte qu’ils ne savaient même pas pourquoi ils buvaient. » Mais dans l’ensemble, il trouve que son choix a été plutôt bien accueilli par son entourage. « Cela a surtout soulevé de la curiosité. »

« Les gens ont été plutôt intéressés », constate aussi Lauren. « Même si certains ont été un peu surpris et quand tu es une femme de mon âge, on pense que tu es enceinte », poursuit-elle.

Leah constate une différence de génération : « Les jeunes de mon âge, ça ne les dérange pas mais j’ai eu quelques personnes plus âgées qui ne comprenaient pas, elles me disaient « Go on (allez), juste un verre »».

Pour Laura, cela a été plus compliqué. Au départ, lors de rendez-vous sur des applications de rencontre, elle buvait tout de même un verre « pour ne pas paraître pour la fille aigrie ». Elle explique aussi qu’autour d’elle « les gens ont eu du mal à l’accepter. Je suis passé rapidement de la fille fêtarde à celle qui ne buvait plus. Plein de gens n’ont pas compris et j’ai eu des relations sociales qui se sont arrêtées. »

D’ailleurs, Laura a fait évoluer son mode de vie. « Les soirées en appartement suivi d’une sortie en boîte de nuit, je n’en fais plus, je m’ennuie. D’une manière générale, je ne fais plus de soirée centrée autour de l’alcool et j’ai développé de nouveaux cercles sociaux. »

« Ce n’est pas comme avant »

Pour Leah aussi, la perception des soirées a évolué. « Au début, je pensais que cela pourrait être la même chose. Mais pour être honnête, retourner dans les bars ou en boîte, ce n’est pas comme avant. » Elle explique aussi avoir moins de patience pour les gens qui s’alcoolisent au fur et à mesure de la soirée. « Ils répètent tout le temps la même chose, peuvent se mettre à pleurer ou à vomir. »

« Quand on est sobre, on n’est pas vraiment sur la même planète. La plupart du temps, ça fait finir les soirées plus tôt, c’est un peu excluant », constate aussi Alexis. Pour compenser, il reconnaît fumer du cannabis.

Stratégie différente pour Lauren. « Je continue de faire la même chose, je vais au bar. Franchement, rien n’a changé, j’ai même l’impression d’avoir encore plus d’énergie pour sociabiliser. » Antoine a également choisi de continuer d’aller boire des verres en terrasse et de faire des soirées avec ses amis. « Je passe de très bons moments et je peux même rester plus tard que quand je buvais. »

Perrier ou bière sans alcool ?

D’ailleurs, que boire au bar lorsqu’on ne consomme plus d’alcool ? Laura et Alexis plébiscitent le Perrier®. « Même si parfois tu te fais un peu avoir parce qu’on te le facture au prix du Ricard® », peste Alexis. De son côté Antoine préfère les boissons chaudes mais regrette que certains bars arrêtent d’en servir, passée une certaine heure. Enfin, Lauren et Leah sont adeptes des bières sans alcool. « Comme ça mentalement, à la fin de ma journée, j’ai ma bière fraîche », explique Lauren. « Une Guinness® sans alcool a le même aspect, au moins avec ça, personne ne me pose de question », ajoute Leah.

Mais tous le disent, la vraie différence, « c’est le lendemain »« J e me rappelle des soirées et je n’ai pas une énorme migraine », explique Antoine. Leah constate aussi ne plus être déprimée le week-end. « Je n’ai plus honte ou tout simplement de regrets sur ce que j’ai pu faire la veille. »

« Du temps pour moi »

« J’ai l’impression d’avoir retrouvé du temps pour moi », ajoute Lauren. « Avant si je sortais le vendredi soir après une longue semaine, je pouvais dormir jusqu’à 15 h le samedi. Maintenant, je me lève plus tôt et j’ai plus d’énergie pour faire des choses qui m’intéressent », poursuit celle qui dit avoir commencé des cours de céramique.

Leah s’est mise à apprendre des langues. « Je lis aussi beaucoup et je connecte avec les gens qui sont aussi sobres ou qui boivent peu. On peut découvrir d’autres façons de sociabiliser. » De son côté, Laura se réjouit d’avoir « retrouvé des relations plus saines ».

Tous ont également ressenti des effets positifs sur leur santé. « Je ressens une énergie de malade », affirme Laura. Antoine constate « moins de coups de fatigue » et Alexis dit avoir ressenti une amélioration sur son sommeil. Il a aussi perdu 7 kg. Laura, elle en a perdu 15. « J’ai fondu en très peu de temps », assure-t-elle. « D’une manière générale, je me sens beaucoup mieux mentalement et physiquement », résume Lauren.

« Le vin avec le fromage me manque »

S’ils tirent un bilan très positif de leur sobriété, les cinq personnes que nous avons interrogées notent tout de même quelques points négatifs. « Oui, il y a des choses qui me manquent, notamment sortir en boîte, maintenant je ne le fais que très rarement », reconnaît Leah. Pour Laura, « c’est le lâcher prise d’une bonne fête, passer une super soirée, rigoler et faire des trucs un peu hors du commun ».

« L’aspect ivresse ne me manque pas du tout, estime à l’inverse Antoine. Mais le goût me manque, le plaisir de boire un verre de vin à table. » Même sentiment pour Alexis. « Juste avant d’arrêter, je commençais à vraiment découvrir l’accord met-vin, je faisais aussi des dégustations de whisky, je commençais à kiffer. Mais vraiment le verre de vin avec le fromage, c’est ce qui me manque le plus, c’est la France qu’on aime. »

Voient-ils l’arrêt de l’alcool comme quelque chose de définitif ? Laura est ferme : « Pour moi c’est totalement terminé, il y a beaucoup plus d’inconvénients que de bénéfices. » De son côté, Antoine dit s’autoriser un verre dans des situations exceptionnelles. « Je bois une ou deux fois par an mais j’ai un peu développé une appréhension face à l’ivresse. Il y a six mois, j’étais au restaurant avec ma copine, j’ai pris un verre et je ne l’ai pas fini. » Leah ne s’autorise pas ce genre d’entorses. « Tout le monde est différent mais moi si je bois un verre, c’est la fin de la sobriété. »

Lauren, elle, pense arrêter « un ou deux ans » puis reprendre seulement « de temps en temps »« J’aimerais penser que je peux prendre un ou deux gintonic le week-end sans reprendre mes habitudes d’avant ». Quoi qu’il en soit, elle se réjouit d’avoir pris cette décision et constate que plusieurs personnes autour d’elle se posent des questions : « Je pense que les comportements évoluent. »

« Quand je vais en soirée, je suis toujours hyperminoritaire à ne pas boire, mais je ne suis plus forcément le seul », constate aussi Antoine. « Mais c’est toujours tellement banalisé : les gens oublient que l’alcool est un poison. »

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Vu de l’étranger. Alcool : la France de Macron rechigne toujours à soutenir le Défi de janvier

Le journal britannique “The Guardian” se fait l’écho de la lettre d’une cinquantaine d’addictologues appelant le gouvernement à soutenir l’initiative “Dry January”. Une idée à laquelle la classe politique française ne s’est pas convertie, en particulier le président.

Publié aujourd’hui à 15h43 

Le président français au Salon de l’Agriculture à Paris, en 2020.
Le président français au Salon de l’Agriculture à Paris, en 2020. CHRISTOPHE PETIT TESSON / AFP

“Controverse en France où le gouvernement est réticent à soutenir le Dry January”, titre The GuardianLe journal britannique cite la lettre adressée au ministère de la Santé par 48 addictologues, révélée le 11 décembre, demandant au gouvernement de promouvoir ce mois d’abstinence sans alcool, également baptisé “Défi de janvier” dans l’Hexagone.

Lancé outre-Manche il y a plus de dix ans, puis en 2020 en France à l’initiative d’associations, “il a gagné en popularité”, explique le journal britannique, “mais l’appareil d’État français ne l’a pas promu et les politiciens sont réticents à monter dans le wagon”.

À commencer par Emmanuel Macron, “vu en France comme le président le plus pro-alcool depuis la Seconde Guerre mondiale, qui déclare boire chaque jour, au déjeuner et le soir, et juge ‘un peu triste’ un repas sans vin”.

Inadapté à la culture française ?

Dans un pays qui est, après les États-Unis, “le second consommateur de vin au monde”, “le puissant lobby hexagonal de l’alcool fait valoir que la France est une nation qui boit traditionnellement avec modération, de sorte que le Dry January à la britannique serait en décalage avec sa culture et mieux adapté aux buveurs excessifs du nord de l’Europe”.

Interrogée par The Guardian, Krystel Lepresle, du lobby Vin et Société, rappelle que la consommation d’alcool en France a baissé de 60 % en 60 ans.

Il y aurait néanmoins 42 000 décès par an en France liés à l’alcool, souligne Amine Benyamina, chef du département de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse et président de la Fédération française d’addictologie. “Nous ne voulons pas un pays sans alcool, nous voulons un pays qui énonce très nettement les risques”, lesquels “ne sont pas présentés en France”, affirme-t-il.

“Un bon et un mauvais alcool”

Dans un article de janvier 2023 sur le sujet, The Washington Post rappelait que “le gouvernement français a flirté brièvement avec l’idée de lancer une campagne Dry January en 2020, qui aurait été en ligne avec son soutien au Mois sans tabac de novembre. Cependant, les autorités ont abandonné ce projet sous la pression des viticulteurs.”

“Depuis peu ou prou deux siècles, il y a dans la culture française une croyance largement partagée mais fausse […] à savoir ‘qu’il y aurait un bon alcool et un mauvais alcool, et que le bon alcool se trouverait dans le vin’”, déclarait au journal l’historienne Kolleen Marie Guy.

Les perceptions seraient toutefois en train d’évoluer, poursuit le quotidien d’outre-Atlantique, notamment chez les jeunes, plus curieux des versions non alcoolisées du vin ou des cocktails. “Le Défi de janvier est perçu sous un jour de plus en plus positif, déclare au Guardian Bernard Basset, à la tête de l’Association Addictions France. La classe politique n’a pas compris que l’opinion publique voulait du changement.”

Source Courrier international

Alcool : pourquoi il ne faut pas sous-estimer le danger qu’il représente

L’alcool est très accepté socialement parlant. Pourtant, il est responsable de plus de 200 maladies et de plus de 40 000 morts par an.

Des bulles et des festivités vous attendent du 19 au 21 novembre 2021 à l'Hippodrome de Marcq-en-Baroeul pour le Salon du Champagne.
L’alcool est l’une des drogues les plus insidieuses. (©Adobe Stock/Illustration)

Par Martin Leduc Publié le 30 Déc 23

Difficile de dire non à une coupe de champagne lors des réveillons de Noël et du Nouvel An. Papi et mamie pourraient faire la moue car « c’est de tradition ». 

Pourtant, l’alcool est un véritable fléau des temps modernes. L’une des drogues les plus insidieuses, qui plus est l’une des plus négligées lorsque l’on en évoque l’addiction. Pourtant, il est la deuxième cause de mortalité prématurée dans notre pays. 

L’alcool attaque le corps dans son entièreté

Pourquoi l’alcool est dangereux ? Parce qu’il est profondément admis dans la sphère sociale. « La consommation de boissons alcoolisées est très liée aux pratiques culturelles », écrit-on sur le site Addict’Aide, destiné à tout ce qui concerne les addictions. « Environ un quart des adultes ont toujours une consommation qui dépasse les repères préconisés », note l’Inserm.

La société a parfois tendance à oblitérer les effets néfastes de l’alcool. Pourtant, sa consommation « entraîne des décès et des incapacités relativement tôt dans la vie. Chez les personnes âgées de 20 à 39 ans, environ 13,5 % du nombre total de décès sont attribuables à l’alcool », comme l’indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’Inserm évoque plus de 200 maladies dont l’alcool est responsable. Et cela, c’est parce que « contrairement aux autres drogues, qui ont des effets plus ciblés, l’alcool s’attaque à tout le corps », explique à actu.fr, Philippe Binder, médecin généraliste et professeur émérite à l’université de Poitiers, également pilote du groupe de travail addiction au Collège de médecine libérale.

Attention, il ne s’agit en aucun cas de dire que les autres drogues ne sont pas dangereuses. Ce serait faux. Mais si on parle d’alcool, il n’y a qu’à voir la peau d’un alcoolique chronique et la comparer à celle d’un cocaïnomane, par exemple. Celle de celui qui boit de l’alcool est fripée, cuivrée, altérée… C’est parce que l’alcool attaque toutes les cellules. Du foie au cœur, en passant par le cerveau, la peau, les reins…Philippe BinderMédecin généraliste et professeur émérite à l’université de Poitiers

Au niveau du cerveau aussi, les problèmes peuvent être graves : atteinte de la mémoire, perte de coordination et de la vision, perturbation de l’horloge biologique… 

À lire aussi L’État doit-il augmenter le prix de l’alcool, comme il le fait pour le tabac ?

« L’alcool expose à des dysfonctionnements graves allant jusqu’à priver le concerné de ses capacités cognitives de base », résume l’institut Adios, sur son site internet. Vidéos : en ce moment sur Actu

On commence à comprendre, par ailleurs, que l’alcool est aussi responsable d’un grand nombre de cancers : bouche, gorge, œsophage, foie, sein, colon, rectum, pancréas… « Ce sont des découvertes très récentes, même si l’on s’y attendait un peu. Les complications peuvent commencer à partir d’un verre par jour. »

« Je meurs de l’alcool, mais je n’ai jamais été ivre de ma vie »

C’est aussi en ça que l’alcool est très dangereux. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas le fait de « prendre une cuite » de temps en temps qui est dangereux. Bien que cela ne soit pas recommandé, évidemment. 

L’Inserm évoque plusieurs repères à ne pas dépasser pour limiter les risques : 

  • ne pas consommer plus de 10 verres d’alcool par semaine
  • ne pas consommer plus de 2 verres par jour
  • ne pas boire d’alcool au moins 2 jours par semaine

À partir de quand est-on alcoolique ?

Difficile de quantifier une telle question. « L’alcoolisme, c’est l’addiction à l’alcool. L’addiction, c’est la maladie du cerveau, de la perte du contrôle du désir, envahi par le besoin. Lorsque vous êtes capable de dire “j’ai le désir de boire du champagne ce soir”, vous en avez le désir. Mais vous ne le faites pas parce que ce n’est pas le moment, vous n’avez pas envie d’être seul à boire, ou autre…. Là, on n’est pas sur de l’addiction. Ça reste du domaine du désir. Quand ça a glissé sur le besoin. Là, vous allez tout faire pour le faire. Une envie de faire pipi, c’est un besoin. On se retient un peu, mais pas longtemps. Car physiologiquement, ce n’est pas possible. C’est là que l’on rentre dans le domaine de l’alcoolisme », récite Philippe Binder.

Mais l’alcool au quotidien, même sans être ivre, attaque également l’organisme. Et ce, contrairement à ce qu’affirme le « french paradox ». Non : même si elle est faible, une consommation régulière entraîne bel et bien des problèmes. 

Un de mes premiers patients alcooliques était en train de mourir d’une cirrhose importante, et il m’a dit “je meurs de l’alcool mais je n’ai jamais été ivre.” Je m’en rappellerai toute ma vie.Philippe BinderMédecin généraliste et professeur émérite à l’université de Poitiers, également pilote du groupe de travail addiction au Collège de médecine libérale.

« Un autre, a fait des varices œsophagiennes. Son foie a tellement gonflé qu’un engorgement a eu lieu proche de son œsophage. Ses veines ont lâché et il est mort d’une hémorragie interne. Sans jamais avoir été ivre, encore une fois », raconte Philippe Binder. 

Du temps avant une amélioration

Et lorsque les complications se déclarent, cela peut prendre beaucoup de temps avant que le corps humain ne se régénère. Lorsque cela est possible. 

« Certains récupèrent très vite, cela dépend des gens », tient tout de même à tempérer Philippe Binder. 

C’est au bout de trois mois que l’on peut commencer à sentir des effets positifs. « L’amélioration est rapide au début, puis beaucoup plus lente. Un peu comme quand on commence la musculation », image-t-il. 

Lorsque l’on arrête de boire de l’alcool, « le foie prend enfin le temps d’éliminer les toxines accumulées », note l’institut Adios. « L’influx nerveux est d’une meilleure qualité, ce qui optimise la coordination et l’équilibre. »

Des effets notables sur la peau et le poids

De plus, les troubles psychiques liés à l’alcool diminuent, et « les sentiments de sécurité, de confiance et d’estime de soi reprennent leur force ». Des effets au niveau de la peau et du poids sont également notables.

Cependant, certains ne récupèrent jamais vraiment l’ensemble de leurs capacités. C’est « dépendant de plusieurs facteurs tels que l’âge, l’alimentation, l’hygiène de vie et l’état de santé », ajoute l’institut Adios, qui recommande, comme tous les scientifiques à ce sujet, de ne « jamais reporter un sevrage ». 

« On est toujours gagnant à interrompre sa consommation d’alcool ou à la modérer », conclut Philippe Binder. 

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2023 a bien confirmé que chaque verre d’alcool est mauvais pour la santé (un point c’est tout !)

Attention : cette lecture risque de nuire gravement au nombre de bouteilles de vin et d’alcool que vous avez prévu de consommer pendant les fêtes

Par Andrew Zaleski 27 décembre 2023

alcool mauvais pour la sant

Cette année, ma femme et moi étions en charge des boissons pour le repas de Thanksgiving. Quand ma mère a appris qu’on avait acheté de l’alcool, 7 bouteilles de vin pour arroser un festin dont la moitié des 11 invités étaient en âge de boire, elle m’a balancé par texto : “Mon Dieu !”. Et bien entendu, malgré la quantité d’alcool apportée avec nous, on a quand même trouvé le moyen de commencer les festivités par des bières au bar du coin.

Je ne serais sans doute pas aussi décomplexé à l’idée de divulguer ces informations si je n’étais pas convaincu que la plupart des Américains sont concernés par le problème. Les chiffres montrent que Thanksgiving, les vacances d’hiver et le réveillon du Nouvel An font partie des fêtes les plus alcoolisées de l’ année.

Entre amis et en famille, les festivités s’accompagnent souvent d’une consommation d’alcool. Pour certains, une longue journée de travail est une justification suffisante pour boire un verre ou deux. (Un de mes amis aime à me dire que “la bière froide du vendredi frappe plus fort”).

Je ne compte plus le nombre de fois où je suis entré dans la salle des fêtes locale avec la grand-mère de ma femme, 86 ans, toujours prête à faire des folies après deux Corona Lights. Pour bon nombre d’entre nous, l’alcool fait partie intégrante de la vie.

Pourtant, qu’on s’en remette aux conclusions de toutes les études, aux recherches diverses et variées et autres discours de santé publique, la vérité reste tristement invariable : toute quantité d’alcool, même infime, est néfaste pour la santé.

Il n’existe aucun niveau de consommation d’alcool qui n’affecte pas la santé d’une manière ou d’une autre

“Pour résumer, notre argument est qu’aucune quantité d’alcool n’est indolore”, déclarait George Koob, directeur de l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme en avril dernier, dans le cadre d’un podcast. Cette déclaration reflète ce que d’autres groupes nationaux et internationaux se sont échinés à rappeler tout au long de 2023.

Dans un article publié dans The Lancet Public Health en janvier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré qu’il n’existe aucun niveau de consommation d’alcool qui n’affecte pas la santé d’une manière ou d’une autre.

Après avoir affirmé pendant des années que les hommes devaient limiter leur consommation hebdomadaire d’alcool à 15 verres au maximum, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCLAT), dans de nouvelles directives publiées le même mois que le rapport de l’OMS, a affirmé que la quantité idéale d’alcool qu’une personne peut boire est tout simplement nulle.

Selon le CCLAT, plus de six verres par semaine augmentent le risque de cancer, de maladies cardiovasculaires et de maladies du foie.

Dans un article du magazine Time consacré aux clarifications apportées par le CCLAT sont cités les propos de John Callaci, chercheur au sein du programme de recherche sur l’alcool de l’université Loyola de Chicago, qui affirme qu’il a été établi qu’au cours des deux dernières décennies, “il est de plus en plus évident que l’alcool n’est pas bon pour la santé”.

Devant de telles affirmations, le James Bond de Daniel Craig, imbibé de martinis, doit bien se retourner dans sa tombe… Aux États-Unis, on n’avait jamais autant mis en lumière les conséquences de la consommation d’alcool qu’avec cet article écrit par Dana G. Smith et publié en première page du New York Times en janvier.

L’article, qui a recueilli près de 900.000 vues sur X (ex-Twitter), offrait une perspective nouvelle sur la question. Les gens ont tendance à penser aux effets néfastes de l’alcool en termes de consommation excessive.

Il n’est pas mauvais de boire quelques verres tous les soirs. Cela n’empêche que les dommages cellulaires, l’augmentation de la pression artérielle, les maladies coronariennes, le cancer colorectal, le fait d’être un imbécile belliqueux : boire modérément peut aussi causer tout cela.

Pour tous ceux qui suivent les recommandations du groupe de travail américain sur les services préventifs, l’article du Times n’était pas vraiment une nouvelle. La limite est de deux verres par jour pour les hommes et d’un verre par jour pour les femmes, que vous passiez du lundi au vendredi sans toucher au vin, à la liqueur ou à la bière.

Néanmoins, la multiplication des déclarations publiques, des interviews et articles sur l’alcool au cours de l’année écoulée tend à contredire les idées reçues sur une pseudo consommation “saine” d’alcool. Il n’est pas difficile, par exemple, de trouver des recherches indiquant que l’alcool pourrait même être bon pour la santé.

Un article publié en 1999 dans le New England Journal of Medicine concluait que “la consommation légère à modérée d’alcool réduit le risque global d’accident vasculaire cérébral… chez les hommes” (l’article précisait que le bénéfice était observé avec un verre par semaine, et pas nécessairement un verre par jour).

Le vin rouge, en particulier, a été loué pour ses propriétés polyphéniques, notamment la présence de resvératrol, qui est l’un des produits préférés des adeptes de la lutte contre le vieillissement. (Cela rappelle la fois où le regretté Christopher Hitchens, qui en connaissait sans doute un rayon en matière d’éthanol, avait déclaré à Bill Maher que “tous les buveurs de Chardonnay ont perdu leur temps”).

Par ailleurs, une analyse beaucoup plus récente, publiée en mars, a montré que boire un ou deux verres par jour ne réduit pas le risque de mortalité par rapport au fait de ne pas boire du tout.

Parmi toutes ces opinions contradictoires, une chose semble claire : il est peut-être temps d’accepter le fait que toute quantité d’alcool est, en fait, préjudiciable à notre bien-être. Cela pourrait expliquer que les ventes d’imitations alcool — comme les breuvages artisanaux de l’Athletic Brewing Company, qui se place au en deuxième position du classement national des boissons non alcoolisées derrière la Heineken 0.0 — ont augmenté d’un tiers au cours de la seule année dernière, alors que les ventes d’alcool authentique, elles, ont stagné.

Alors, que faire ? La réponse n’est peut-être pas de supprimer totalement l’alcool si vous êtes du genre à boire quelques verres, mais l’expression pourrait prendre un nouveau sens.

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Quels sont les signes d’une intolérance au vin et au champagne ?

Illustration d'un verre de champagne bu par une femme senior

© Adobe Stock

Vous n’avez pas fait d’excès mais vos lendemains de fêtes déchantent? C’est peut-être la faute du verre de vin ou de la coupe de champagne? L’intolérance peut se déclencher à tout âge…

SOMMAIRE

  1. Allergie ou intolérance?
  2. Quels sont les signes les plus fréquents?
  3. La faute aux sulfites?
  4. Quelles solutions pour les intolérants à ces alcools?

À Noël en général, c’est champagne! Mais pas pour tout le monde. Quelques heures seulement après une dégustation de fines bulles, certains subissent immanquablement les assauts des crampes intestinales alors que d’autres sont cloués au lit par une migraine dès qu’elle boit un verre de vin rouge…

Lire aussi > Quel lien entre l’alcool et les risques de cancers?

Allergie ou intolérance?

Les vraies allergies à l’alcool sont rares et d’ailleurs, il ne s’agit pas d’une réaction à l’éthanol (ou alcool éthylique), mais plutôt au raisin (chair, peau ou pépins), aux moisissures, aux levures qui comptent parmi les ingrédients de la boisson alcoolisée.

« Le plus souvent, les personnes sont intolérantes au vin, au champagne, à la bière, c’est-à-dire que leur organisme est hypersensible à certaines substances qui, en s’accumulant dans le sang, provoquent des symptômes plus ou moins gênants », explique la diététicienne-nutritionniste Pauline Pied.

Quels sont les signes les plus fréquents?

« Deux à quatre heures après ingestion, les patients se plaignent le plus souvent de douleurs abdominales avec diarrhée, décrit l’experte. Ils développent aussi fréquemment de l’urticaire sur le visage qui rougit, chauffe et picote, de même que sur les mains. »Mais en matière d’intolérance alimentaire, ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas pour l’autre. Ainsi, certaines personnes souffrent plutôt de maux de tête ou encore de rhinite (éternuements, écoulement nasal…). »

La faute aux sulfites?

Pas seulement… Si les sulfites – des composants chimiques dérivés du soufre utilisés comme additifs pour une meilleure conservation du vin – sont souvent incriminés lorsqu’ils sont ajoutés en trop grande quantité dans les blancs, rouges et champagnes, les tanins – des substances composées de dioxine, histamine… utilisés dans le cadre de la vinification – peuvent aussi être à l’origine d’une intolérance. Une étude parue en novembre 2023 dans Scientific reports accuse également la quercétine, un antioxydant naturellement présent dans le vin rouge, de provoquer de puissants maux de tête. En cause, la façon dont cette substance impacte négativement l’assimilation de l’alcool par le foie, ceci d’autant plus dans les vins du Sud dont les raisins abondamment exposés au soleil en renferment une teneur importante.

Quelles solutions pour les intolérants à ces alcools?

Si l’on est sujet aux maux de tête, on peut essayer de boire du vin blanc à la place du vin rouge, le premier contenant des quantités bien moins élevées de quercétine que le second. Si l’on développe des rougeurs au visage et dans le cou ou une congestion nasale avec des symptômes de type « rhume des foins », on peut tester les vins et champagnes étiquetés « sans sulfites ajoutés » ou préférer les vins affichant un taux d’alcool élevé (Porto, Madère, Banyuls), puisqu’ils nécessitent une moindre quantité de sulfites pour empêcher une seconde fermentation en bouteille.

Le tout avec modération bien sûr: maximum 2 verres par jour et pas tous les jours. Cela ne marche pas? L’éviction des « boissons coupables » n’est pas la solution la plus agréable, mais elle est en tout cas la plus sage pour éviter de recevoir, au pied du sapin, des maux à la place des cadeaux…

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