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Troubles de l’usage de l’alcool : des nouvelles pistes de traitement

Mardi 10 octobre 2023

Les troubles de l’usage de l’alcool ont un coût humain et social très important. Une récente étude dévoile les premiers résultats d’une thérapie génique chez l’animal. Si des nouveaux traitements innovants voient le jour, encore trop peu de patients sont correctement pris en charge.

Les troubles d’usage de l’alcool concernent 5 millions de personnes en France, à des degrés de sévérités variables. Côté arsenal thérapeutique, toute prise en charge commence avec une psychothérapie. Ensuite, pour les cas les plus sévères, il y a une pharmacothérapie associée, donc des médicaments. Cinq traitements sont ainsi couramment utilisés dans notre pays : trois visent à maintenir l’abstinence et deux réduisent la consommation d’alcool — parce que oui, toutes les stratégies thérapeutiques ne sont pas basées sur l’absence totale de la consommation d’alcool, on peut passer d’un objectif à l’autre.

Des nouvelles stratégies thérapeutiques

À côté de ces médicaments classiques, on cherche soit d’autres molécules comme des psychédéliques, ou carrément de nouvelles approches. C’est le cas de cette étude qui dévoilent les premiers résultats d’une thérapie génique, pour l’instant chez l’animal.

Une stratégie intéressante selon Mickaël Naassila, directeur du groupe de recherche sur l’alcool de l’Université de Picardie et de l’INSERM : « C’est une option très intéressante qu’on connaît depuis très longtemps, depuis les années 2000, il y a plus de 20 ans, qu’on a commencé à faire des expériences notamment chez l’animal et on joue maintenant très très bien comme ça en injectant des virus.  On peut aller comme ça surexprimer ou bien diminuer l’expression d’un gène codant une protéine d’intérêt dans une nourriture cérébrale bien ciblée. »

Et dans le cadre de cette étude en particulier, c’est un défaut de dopamine qui est corrigé : « L’hypothèse testée, qui est bien connue dans l’addiction à l’alcool, c’est une hypodopaminergie. Il y a un circuit cérébral de la récompense qui joue un rôle très important dans les effets plaisants, renforçants, mais aussi dans des choses beaucoup plus complexes, dans la motivation à consommer, ou dans les réponses à des stimuli extérieurs qui viennent déclencher la consommation. Donc il y a cette hypodopaminergie, et là, c’est exactement ce qu’ont testé les auteurs chez le singe, ils ont utilisé un virus, qui a la particularité d’aller s’intégrer dans le génome et d’aller ici exprimer une protéine qui est un facteur de croissance et qui a comme particularité d’aller booster, d’aller activer ces neurones dopaminergique. »

L’avantage de cette thérapie génique, par rapport à un médicament classique, c’est que cet état d’hypodopaminergie va être corrigé sur le long terme puisque le petit morceau de gène va s’exprimer de manière durable dans l’organisme. Résultats, les déficits en dopamine sont bien corrigés et ces singes, devenus accros à l’alcool, ne font pas de rechute pendant plusieurs mois. Pour l’instant, ce ne sont que des résultats chez le primate qui restent à confirmer chez l’humain.

Des traitements qui n’arrivent pas jusqu’aux patients

Le problème majeur dans ces traitements, ce n’est pas qu’on en manque — il y a plein qui fonctionne bien — mais en réalité, c’est qu’on ne les utilise pas suffisamment.

Mickaël Naassila : « Effectivement, c’est dramatique. On parle en France beaucoup de choses superficielles, mais sur l’alcool, on ne parle pas de choses essentielles. Les choses essentielles, c’est que c’est une des toutes premières causes d’hospitalisation en France. Donc dans les troubles de l’usage d’alcool, la consommation excessive et l’impact sur la santé est très fréquente. »

Seulement 10 à 20 % des personnes concernées par ces troubles de l’usage de l’alcool seront finalement soignées. « 20 % c’est très faible, c’est-à-dire que c’est une des maladies pour lesquelles vous avez le plus de chance, ou ici plus de risque, de ne pas être diagnostiqué et être pris en charge. Donc effectivement, on peut développer tous les meilleurs traitements du monde, si on ne repère pas cette problématique, si on ne forme pas tous les professionnels de santé au repérage et à la prise en charge de cette pathologie, on n’avancera pas du tout et on ne donnera pas accès au meilleur traitement à tous les patients. »

Un immense problème culturel

En cause, d’abord, un défaut de formation, on ne sait pas bien repérer ces troubles de l’usage de l’alcool. Ensuite, une stigmatisation encore très forte, les personnes qui en souffrent éprouvent de la honte et n’osent pas parler. Et troisième et dernière raison : un immense problème culturel.

En France, la consommation d’alcool est banalisée et cela se ressent dans les campagnes de prévention, dans lesquelles l’accent est mis non pas sur la substance, l’alcool, mais sur les comportements liés à son usage. Et ce qui crée la polémique aussi, ce sont celles qui ne verront pas le jour. Avant l’été, le ministère de la Santé a retoqué deux campagnes de prévention, dont l’une devait être diffusée pendant la Coupe du monde de rugby, et sans parler des pressions que subissent les décideurs politiques. C’est ici que la lutte contre les troubles de l’usage de l’alcool échappe un peu à la science et à la recherche.

Source : Radio France

Alcool : une consommation excessive est liée à la présence de graisse autour des organes

Le fait de boire de l’alcool de manière démesurée peut entraîner une accumulation de graisses autour du cœur et du foie.

Alcool : une consommation excessive est liée à la présence de graisse autour des organesDIKUSHIN/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • Une forte consommation d’alcool et une consommation excessive d’alcool étaient associées à un taux de graisse plus élevé autour du cœur.
  • Le fait de boire du vin semblait être moins lié à une hausse de la graisse péricardique, potentiellement en raison des bienfaits de ses polyphénols.
  • Le lien entre la consommation d’alcool et la graisse ectopique avait pris la forme d’un J, une façon courante de visualiser l’augmentation marquée des risques pour la santé liés à la consommation d’alcool.

« Le lien entre la consommation d’alcool et la répartition de la graisse ectopique (soit de la graisse qui s’accumule à un endroit du corps où elle n’a pas sa place), deux facteurs connus de maladies cardiovasculaires, reste peu étudié », ont indiqué des chercheurs du Wake Forest University School of Medicine (États-Unis). C’est pourquoi ils ont mené une étude publiée dans la revue Journal of the American Heart Association.

Des tomodensitométries pour « mieux comprendre comment la graisse est répartie dans le corps »

Dans le cadre des travaux, les scientifiques ont utilisé une cohorte portant sur 6.756 personnes âgées de 45 à 84 ans. Ils ont classé leur consommation d’alcool : les personnes qui n’en ont jamais bu, les anciens buveurs, les adultes qui consomment moins d’une boisson alcoolisée par jour, ceux buvant une à deux boissons alcoolisées par jour, les gros consommateurs (plus de deux boissons alcoolisées par jour) et les buveurs excessifs (cinq boissons alcoolisées ou plus au cours d’une même journée).

Ces examens « nous permettent de voir plus profondément dans le corps afin de mesurer et de mieux comprendre comment la graisse est répartie dans le corps. La répartition de la graisse corporelle peut expliquer les différences de risque cardiovasculaire au-delà de la mesure traditionnelle de l’obésité telle que l’indice de masse corporelle. Par exemple, nous savons que deux personnes ayant un indice de masse corporelle similaire peuvent présenter des risques cardiovasculaires différents », a expliqué Richard Kazibwe, auteur des recherches, dans un communiqué.

Cœur : un taux de graisse péricardique plus élevé à cause d’une consommation excessive d’alcool

Selon les résultats, une forte consommation d’alcool et une consommation excessive d’alcool, par rapport aux participants qui n’ont jamais bu d’alcool, étaient associées à un taux de graisse péricardique (autour du cœur) plus élevé. Les résultats étaient similaires pour les autres dépôts ectopiques, les associations les plus fortes concernaient le péricarde (un sac élastique composé de deux feuillets qui enveloppe le cœur) et le foie. Les auteurs ont constaté que les niveaux les plus bas de graisse ectopique étaient observés chez les volontaires ayant déclaré une consommation légère ou modérée d’alcool.

Comparée à la bière et aux liqueurs ou spiritueux « durs », la consommation de vin semble moins associée à une augmentation de la graisse péricardique. D’après Richard Kazibwe, cela pourrait s’expliquer par les bienfaits des polyphénols, des composés antioxydants présents dans le vin. « Par ailleurs, d’autres caractéristiques doivent être prises en compte, telles que le régime alimentaire et l’exercice physique. Les buveurs de vin pourraient avoir un meilleur accès aux soins de santé et un mode de vie plus sain que ceux ne consommant pas du vin », a-t-il ajouté.

Les scientifiques ont observé que le lien entre la consommation d’alcool et la graisse ectopique avait pris la forme d’un J, une façon courante de visualiser l’augmentation marquée des risques pour la santé liés à la consommation d’alcool. « Des études supplémentaires sont nécessaires pour clarifier davantage le rôle de la distribution ectopique de graisse dans l’association entre la consommation d’alcool et les maladies cardiovasculaires », a conclu l’équipe.

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Baclofène dans le mésusage de l’alcool : quel rapport bénéfices/risques ? 

L’analyse de Catherine Hill, épidémiologiste, Institut Gustave Roussy

Publié le 6 Octobre 2023

Le baclofène est largement utilisé en France pour traiter l’alcoolodépendance. En 2017, à la suite de la mise en évidence d’un risque d’hospitalisation et de décès avec des dosages élevés, une restriction de la dose a été établie par l’ANSM, levée ensuite en 2017 par décision du tribunal de Cergy-Pontoise. Quelles sont aujourd’hui les données sur son efficacité et sa tolérance ? L’analyse percutante de Catherine Hill.

La consommation moyenne d’alcool en France était, en 2021, de 2 grammes d’alcool pur par adulte de 15 ans ou plus et par jour.1 Si l’on considère qu’un tiers des hommes et deux tiers des femmes ne boivent pas régulièrement, l’autre moitié de la population boit environ 40 grammes par jour, largement au-dessus de la limite de sécurité recommandée de 100 grammes par semaine.2 

Le baclofène est un puissant agoniste des récepteurs B de l’acide gamma-aminobutyrique ; il a été commercialisé initialement pour contrôler la spasticité à une dose maximale recommandée de 75 mg/jour.

Après la publication du livre d’Olivier Ameisen5 décrivant son propre cas,6 le baclofène a été largement utilisé, en France (plus de 200 000 nouveaux utilisateurs en France entre 2009 et 2015)7 et dans d’autres pays, pour traiter la dépendance à l’alcool, généralement à une dose beaucoup plus élevée que lorsqu’il est prescrit pour traiter la spasticité. Les utilisateurs du baclofène qui sont satisfaits décrivent tous atteindre, à une dose plus ou moins élevée, un état d’inappétence vis-à-vis de l’alcool qui leur permet une relation normale avec le produit. Une enquête d’une association de patients rapporte une dose maximale moyenne de 170 mg par jour (fourchette de 30 à 440 mg par jour), 87 % des usagers atteignant une dose de 80 mg par jour ou plus.8

Sous la pression des associations de patients, l’agence du médicament a délivré en mars 2014 une autorisation temporaire au baclofène pour traiter la dépendance à l’alcool, à des doses allant jusqu’à 120 mg par jour. En 2017, une étude9 réalisée à partir des bases de données de remboursement et d’hospitalisation a rapporté des risques accrus d’hospitalisation et de décès avec des doses élevées de baclofène  ; ceci a entraîné en juillet 2017 une restriction de la dose à un maximum de 80 mg par jour. En 2021, cette restriction a été levée par décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise saisi par une association et un collectif de patients.

Nous présentons brièvement les résultats de deux méta-analyses récentes d’essais contrôlés sur l’efficacité du baclofène dans le traitement de la dépendance à l’alcool et discutons l’étude de la toxicité du baclofène qui a conduit les autorités à réduire la dose maximale autorisée.

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« Boire aussi de l’eau si on consomme de l’alcool »

Pourquoi la nouvelle campagne du ministère de la Santé est-elle critiquée ?

  • En France, 85,7% des jeunes de 17 ans ont déjà bu de l'alcool et 8,4% ont une consommation régulière .En France, 85,7% des jeunes de 17 ans ont déjà bu de l’alcool et 8,4% ont une consommation régulière . ILLUSTRATION UNSPLASH – TOBIAS TULLIUS

Santé Publique France et le ministère de la Santé ont lancé lundi 25 septembre 2023 « C’est la base », leur nouvelle campagne de prévention contre l’alcool. Visant à « sensibiliser les jeunes aux risques de consommation de l’alcool et des drogues », elle est accusée par une partie du monde médical de banaliser la consommation d’alcool en s’abstenant d’évoquer ses effets dangereux pour privilégier des conseils en matière de comportements à adopter. 

Cette nouvelle campagne de prévention, conjointement lancée par le ministère de la Santé et de la Prévention et Santé Publique France, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et auprès des professionnels de santé. Selon beaucoup d’internautes elle n’inciterait pas à réduire la consommation d’alcool mais plutôt à l’encadrer.

Vers une banalisation de la consommation d’alcool chez les jeunes ?

En France, 85,7% des jeunes de 17 ans ont déjà bu de l’alcool et 8,4% ont une consommation régulière selon les chiffres de la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MIDELCA). Des chiffres assez alarmants quand on sait que l’alcool est la deuxième cause de mortalité dans le monde après le tabagisme.

Un « fléau de santé publique » pour Aurélien Rousseau le ministre de la Santé qui a annoncé le lancement de la campagne « C’est la base » sur X (anciennement Twitter).

Elle recommande d’adopter plusieurs comportements pour réduire les risques liés à la consommation d’alcool: boire de l’eau entre chaque verre pour minimiser les effets, éviter d’encourager à boire quelqu’un qui ne le désire pas, raccompagner des amis qui ont trop bu…

Les réactions ne se sont pas fait attendre

« Alcool et fête semblent faits l’un pour l’autre dans cette campagne », a ainsi jugé le pneumologue François Vincent sur X (anciennement Twitter) tandis que le généraliste Bernard Jomier, également sénateur écologiste (apparenté PS), a dénoncé « du jamais vu » dans une campagne qui « ne contient aucun message de réduction de consommation » et jugé que « les alcooliers peuvent être tranquilles ».

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Alcool chez les jeunes : pourquoi la nouvelle campagne de prévention fait polémique

Une campagne contre la banalisation de la consommation d’alcool chez les jeunes a été lancée par le ministre de la Santé Aurélien Rousseau. Mais certains messages ont donné lieu à une levée de bouclier.

Des amis boivent de l'alcool

Des amis boivent de l’alcool

Cette campagne se décline en vidéo, avec des spots où l’on voit par exemple des jeunes, éméchés, faire la fête dans un appartement. Il y a aussi plusieurs slogans : « Faire attention à ses potes, c’est la base » ou « Inviter ton pote à dormir chez toi s’il est plus en état, c’est la base ».

Mais certains messages ont donné lieu à une levée de bouclier comme « Boire aussi de l’eau si l’on consomme de l’alcool » et « Penser à manger avant de boire de l’alcool, c’est la base ».

Le ministre lui-même convient que certains de ces messages peuvent se discuter. On peut se dire deux choses : soit qu’on est dans une forme de banalisation de l’alcool en incitant presque les jeunes à boire soit dans ce qu’on appelle une stratégie de réduction des risques.

Accompagner les jeunes du mieux que l’on peut

Même si c’est difficile à entendre, c’est une stratégie utilisée notamment chez les usagers de drogues, chez qui l’on propose par exemple ce qu’on appelait les salles de shoot. On propose simplement un cadre pour mieux encadrer. Même si pour certains c’est inaudible, on peut se dire que, quoi qu’il arrive, certains vont boire de l’alcool donc autant les accompagner du mieux qu’on peut en leur proposant de boire de l’eau régulièrement non pas pour atténuer les effets de l’alcool mais les inciter à moins boire.

D’autant que d’autres messages portent moins à polémique dans cette campagne. Comme « Ne pas insister si tes potes ne veulent pas consommer », « Garder un œil sur tes potes en soirée » ou « Raccompagner tes potes s’ils ont trop bu ». Cette campagne cherche donc à ne pas diaboliser les consommateurs d’alcool en particulier chez les jeunes même si, disons-le clairement, nous avons un problème de consommation d’alcool dans notre pays. L’alcool est responsable de près de 50.000 décès évitables chaque année.

Il faut donc des mesures de protection et de coercition. Avec d’autres messages extrêmement clairs et fermes comme « zéro alcool durant la grossesse ou au volant ». Là, c’est non négociable. Et il faut envoyer un message clair et ferme. Un autre levier qui n’est pas utilisé à cause des lobbys de l’alcool et du vin, c’est la hausse du prix et des taxes liées à l’alcool. Si nous voulons vraiment protéger les jeunes, il faut augmenter le prix de la bière ou de la piquette car ces derniers ne cherchent pas forcément la consommation d’alcool mais l’ivresse qu’elle procure. C’est ce qui a été fait avec le tabac et les résultats sont là, nous fumons moins dans notre pays. 

Même à faible dose, l’alcool n’est pas bon pour la santé

Les recommandations de consommation, c’est 2 verres d’alcool par jour et pas tous les jours. Sauf qu’on estime que 25% des adultes dépassent ces repères de consommation. Et attention, quand on dit qu’il ne faut pas dépasser 2 verres par jour et pas tous les jours, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de risque en dessous de ce seuil. Car toutes les études sont claires : toute consommation d’alcool représente un risque pour la santé

Il n’y a pas d’intérêt à boire même à faible dose. C’est ce qu’on appelle le « french paradoxe ». Toutes les dernières études sont là encore très claires : même une faible consommation d’alcool n’est pas bénéfique pour la santé.  

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Succès pour la nouvelle campagne de prévention aux dangers de l’alcool à destination des jeunes

Chaque jour, Europe 1 se penche sur une idée ou un problème du quotidien. Le ministère de la Santé et Santé Publique France ont lancé une nouvelle campagne de prévention à destination des jeunes pour les sensibiliser aux risques de consommation de l’alcool. Europe 1 est allée à la rencontre des premiers concernés afin de recueillir leur avis sur cette nouvelle sensibilisation.

« Limiter sa consommation d’alcool, c’est la base ». Le ministère de la Santé et Santé Publique France lancent une nouvelle campagne pour sensibiliser les jeunes aux dangers de l’alcool. Fini l’approche moraliste des clips vidéos montrant de violents accidents de voiture, cette nouvelle campagne se veut plus proche des jeunes et aborde la question de la consommation d’alcool avec des slogans pratiques comme « Boire de l’eau en soirée, c’est la base ». Ses spots sont-ils vraiment efficaces auprès des jeunes ?

Apprendre à mieux boire

Qu’est-ce qu’un slogan comme « Manger avant de boire, c’est la base » évoque aux plus jeunes ? « C’est connu que manger avant de boire aide à mieux tenir l’alcool. Moi, dès qu’il y a de l’alcool, je ne fais pas attention à si j’ai mangé ou non, je bois, c’est le plus important », explique Greg au micro d’Europe 1.

Manger avant de boire, s’hydrater en rentrant de soirée… comme Greg, beaucoup de jeunes expliquent ne pas adopter ses réflexes lors des moments de fête. Certains, comme Maeva, ne les connaissait pas au moment de leur première soirée : « Je l’ai appris à mes dépens et du coup ça m’a énormément frustré ! Si on me donnait des bons conseils, j’apprendrais peut-être mieux à boire. »

« Le ton moralisateur est un peu dépassé »

Pour Maeva et Noam, l’idée d’une campagne qui donne des conseils pour passer une bonne soirée peut avoir un impact positif chez les jeunes : « On sera moins choqués, on aura plus envie d’écouter », explique la jeune femme. « Le ton moralisateur est un peu dépassé. Ça prend la tête. Il faut utiliser des nouvelles techniques de préventions pour boire correctement et en toute sécurité comme trouver un Sam etc », renchérit Noam.

>> À LIRE AUSSI – Alcool : « Toute consommation, même faible, a un effet délétère pour la santé »

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L’Irlande adopte de nouvelles étiquettes sur ses bouteilles d’alcool

Amaranta Zermeño – dim. 24 septembre 2023

L’Irlande devrait être le premier pays au monde à imposer un étiquetage sur les boissons alcoolisées pour avertir des dangers sanitaires liés à leur consommation. Le parlement irlandais a voté pour l’entrée en vigueur de cette loi en 2026 et l’ensemble de l’Union européenne est désormais censer lui emboîter le pas.

« Nous pensons que tous les consommateurs devraient connaître les faits sur l’alcool, y compris les détails sur les risques… Nous aimerions également voir la Commission européenne publier une révision de la législation européenne dès que possible. Et European Doctors soutient le droit des citoyens nationaux à gouvernements à prendre des initiatives telles que le cas irlandais » explique Ray Walley, vice-président du Comité permanent de European Doctors.

Les emballages de boissons alcoolisées comporteront donc des informations d’avertissement sur la teneur en calories, le pourcentage d’alcool, les risques liés au cancer, aux maladies du foie ou encorependant la grossesse. Ils devront également diriger les consommateurs vers le site Web de l’Irish Health Service Executive. Malgré le feu vert de la Commission européenne, cette mesure a suscité l’inquiétude des producteurs d’alcool à travers le continent.

Le directeur général Spirits Europe, Adam Ulrich, argumente : « nous ne pensons pas que la législation irlandaise soit une solution particulièrement utile ou pratique en termes de cohérence du marché intérieur pour harmoniser à l’échelle européenne. (…) Ce que nous devons différencier très clairement, c’est que normalement le terme Europe dans ces discussions fait référence aux régions européennes de l’OMS, qui s’étendent de Lisbonne à Vladivostok, comprennent la Turquie et de nombreuses républiques d’Asie centrale. »

Près de 1 % du PIB de l’UE est consacré aux boissons alcoolisées. 

Ces trois domaines – prix, disponibilité et restrictions de commercialisation – ont donc beaucoup de preuve qu’ils ont un impact. Ils sont rentables et ont un impact énorme sur la réduction de la mortalité et de l’espérance de vie, qui sont également liées à la consommation d’alcool. »

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Déconsommation d’alcool pour 69 % des Français

Par Alexandre Abellan Le 19 septembre 2023  

Déconsommation d'alcool pour 69 % des Français

« Les cocktails sans alcool ou à faible teneur en alcool sont désormais ancrés dans les habitudes des consommateurs » estime CGA by Nielsen IQ. – crédit photo : Adobe Stock (MauriceNo)

La déconsommation de boissons alcoolisées a encore de beaux jours devant elle en France. D’après l’enquête menée en Consommation Hors Domicile (CHD) par CGA by Nielsen IQ*, 52 % prévoient de réduire considérablement ou légèrement leur consommation d’alcool au cours des 12 prochains mois, 16 % ont déjà commencé à modérer leur consommation et 31 % comptent ne rien changer.

Ces orientations se traduisent déjà par de nouveaux modes de consommations, avec le développement des boissons sans alcool et à faible teneur en alcool (no/low). « 41 % des personnes sondées boivent désormais des « mocktails » (cocktails sans alcool) lorsqu’elles sortent, et 34 % optent pour une bière sans alcool ou à faible teneur en alcool » indique un communiqué de CGA by Nielsen IQ.

Dans ce paysage, les vins no/low sont à la traîne, avec 15 % de sondés indiquant en boire « généralement lorsque vous sortez » (moins que les 17 % des virgin cocktails, mais plus que les 12 % des purs spiritueux sans alcool).

« Les consommateurs français se préoccupent plus de leur santé, ce qui a d’importantes répercussions sur leur consommation d’alcool » pointe dans un communiqué Julien Veyron, le directeur des solutions clients pour la France de CGA by Nielsen IQ, ajoutant que « cette tendance évolue rapidement et, à mesure que les fournisseurs développent leurs portefeuilles de produits sans alcool ou à faible teneur en alcool, il est essentiel de bien comprendre les motivations et les préférences des consommateurs. » Ainsi, « l’ananas, la fraise et la framboise sont les trois arômes préférés des consommateurs lorsqu’il s’agit de mocktails » avance l’étude.

CGA by Nielsen IQ précise que « les consommateurs sont prêts à payer en moyenne 6 euros pour un cocktail sans alcool ou à faible teneur en alcool lorsqu’ils sortent, soit 4 euros de moins que pour un cocktail alcoolisé ». Ce qui n’empêche pas les consommateurs de no/low de dépenser 9 % de plus en CHR (86 € par mois contre 79 pour les autres), ces clients étant plus réguliers en CHD (53 % visitent au moins un établissement par semaine, contre 44 % pour les autres).

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La consommation d’alcool, nuit au cerveau….

….quelle qu’en soit la quantité

Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont découvert que toute quantité d’alcool, quelle qu’elle soit, est nocive pour le cerveau. Les chercheurs ont étudié la relation entre la consommation d’alcool de 25 000 personnes et leur cerveau à l’aide de scanners.

L’alcool affecte la matière grise du cerveau, qui est la zone où l’information est traitée. Plus les participants buvaient, plus « le volume de leur matière grise diminuait ». Les chercheurs ont déterminé que l’alcool contribuait à une réduction de 0,08 % du volume du cerveau.

Une réduction considérablement importante par rapport à d’autres facteurs.

En outre, rien ne permet de penser que certains types d’alcool ont un effet plus néfaste sur le cerveau que d’autres. En outre, l’hypertension artérielle, l’obésité et la consommation excessive d’alcool peuvent accroître le risque de troubles cérébraux

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