Le coût social net du tabac s’élèverait à 156 milliards d’euros par an et celui de l’alcool à 102 milliards, selon les calculs de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Les recettes tirées par l’Etat de leur taxation sont sans commune mesure.
Le tabac est le stupéfiant qui coûte le plus cher à la société française, avec 156 milliards d’euros par an. Il est suivi par l’alcool, 102 milliards. Et enfin les drogues illicites, qui pèsent 7,7 milliards. Ce total vertigineux de près de 266 milliards d’euros a été rendu public lundi, dans une note de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), réalisée par l’économiste Pierre Kopp.
Ces chiffres prennent notamment en compte le coût des…. LIRE LA SUITE
Philippe Arvers Médecin addictologue et tabacologue, Université Grenoble Alpes (UGA)
Déclaration d’intérêts
Philippe Arvers est membre de l’Institut Rhône Alpes Auvergne de Tabacologie.
Certaines substances et produits sont aujourd’hui reconnus comme dangereux… Mais on leur a parfois prêté, par le passé, des vertus curatives ou de beauté. Erreur tragique. Le temps de notre série «Les fausses bonnes idées en santé», nous revenons sur la radioactivité, mais aussi l’alcool, l’héroïne, le pétrole et la cigarette.
Par le passé, diverstravaux ont suggéré qu’une consommation modérée d’alcool aurait pu avoir un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires, comparativement à l’abstinence. Cet effet était supposé expliquer le célèbre « French paradox », qui intriguait les épidémiologistes depuis les années 1970 : pourquoi la mortalité par maladie coronarienne était-elle moins importante en France qu’au Royaume-Uni, alors qu’on y mangeait plus de graisses animales et qu’on y fumait autant ?
Longtemps discuté, cet effet protecteur est aujourd’hui battu en brèche. En 2016 déjà …..
Il existe un lien positif entre alcool et hypertension, cependant, la forme de la relation reste discutée ; elle serait soit linéaire, soit en forme de J ou de U. Les mécanismes physiopathologiques sont multiples : action directe de l’alcool sur les cellules musculaires lisses, action indirecte par stimulation des hormones impliquées dans la régulation hydro-sodée et la vasoconstriction artérielle de l’organisme.
La quantité d’alcool occasionnant une hypertension n’est pas clairement définie, elle se situe aux alentours de deux à trois boissons standards. Par ailleurs, consommer de l’alcool en dehors des repas augmente le risque d’hypertension.
Ainsi l’hypertension liée à l’alcool est une hypertension secondaire qui justifie comme premier traitement la diminution, voire l’arrêt total de la consommation alcoolique.
INTRODUCTION
Les problèmes de santé liés à la consommation excessive d’alcool ont été largement étudiés en raison de leurs répercussions sévères sur la santé publique.1 En effet, on estime que dans les pays occidentaux, environ 10% de la population âgée de plus de 14 ans ont une consommation à risque (tableaux 1 et 2) ou une dépendance à l’alcool (tableau 3) qui seraient responsables d’environ 4% des maladies en général, autant que le tabac (4,1%) et l’hypertension (4,4%).2,3
En Suisse, on estime la mortalité annuelle due à l’alcool à 3000morts avec un coût social annuel de 6,5milliards de francs à la collectivité.4 Parmi les problèmes de santé liés à l’alcool, l’hypertension est souvent citée.5 Les premières études sur le lien entre l’alcool et l’hypertension ont été publiées en 1915 par Lian, un médecin militaire français, chez des soldats buvant plus de deux litres de vin par jour.6
Puis pendant plus d’un demi-siècle, aucune recherche sur ce sujet n’a été effectuée et c’est seulement depuis 1967 que de nombreuses études sont parues et ont démontré d’une part la prévalence de l’hypertension artérielle chez les patients alcooliques et d’autre part la relation très nette entre consommation alcoolique et niveau tensionnel parmi des populations non sélectionnées selon leur consommation alcoolique.5,7
L’hypertension est souvent aussi sous-évaluée dans les différentes études. En effet, l’alcool est connu pour être un vasodilatateur (Heberden recommandait l’utilisation de l’alcool pour le traitement de l’angine de poitrine en 1786),8 et il paraissait à l’époque invraisemblable que l’alcool soit responsable d’hypertension ; mais cet effet est complètement contrebalancé par l’activation du système nerveux sympathique se produisant lors d’une consommation excessive d’alcool.5,9
Après un bref rappel sur les mécanismes physiopathologiques des effets de l’alcool sur la pression artérielle, nous aborderons l’épidémiologie et la clinique et pour terminer, nous décrirons les interventions possibles en cas d’hypertension artérielle associée à une alcoolisation excessive.
Tableau 1.
Définition de la consommation à risque (recommandations de l’OMS)
Tableau 2.
Définition d’un verre standard d’alcool
Tableau 3.
Définition de la dépendance à l’alcool
MÉCANISMES PHYSIOPATHOLOGIQUES
Le principal facteur responsable d’hypertension chez les patients grands consommateurs d’alcool est l’activation du système nerveux sympathique qui supprime complètement l’effet vasodilatateur de l’alcool. Cette activation est due à l’augmentation de la production de la corticolibérine hypothalamique (CRF, coticotropin-releasing factor).
Cette hypothèse est confirmée par la suppression de l’hypertension induite par l’alcool lors de l’administration simultanée de dexaméthasone qui exerce une rétro-inhibition sur la sécrétion de CRF par l’hypothalamus.9,10
Il en résulte une hypersécrétion des catécholamines (au niveau du système nerveux central ainsi que des reins et des surrénales), du cortisol, de l’angiotensine plasmatique et de l’aldostérone par augmentation de l’activité rénine plasmatique.7
Par ailleurs, l’alcool aurait un effet direct sur les cellules musculaires lisses. En effet, il y aurait une accoutumance à l’effet aigu vasodilatateur de l’alcool avec une sensibilisation exagérée aux effets vasoconstricteurs des amines vasomotrices entraînant ainsi une augmentation des résistances vasculaires périphériques et une hypertension artérielle.11
Enfin, sur un plan expérimental, les mouvements ioniques au niveau des cellules musculaires lisses sont modifiés sousl’effet de l’alcool avec notamment une élévation de l’entrée calcique dans les cellules musculaires et une diminution de la quantité de magnésium au sein de ces cellules, le calcium ayant un rôle constricteur extrêmement important.7,12
Chez les personnes grandes consommatrices d’alcool, on constate une augmentation de la résistance à l’insuline qui induit une rétention d’eau et de sodium, une hypertrophie de la paroi du muscle lisse vasculaire et une augmentation des taux cytoplasmiques de calcium qui comme on l’a vu plus haut est responsable d’une vasoconstriction et donc d’une augmentation de la pression artérielle.12
Peu de choses sont connues sur le lien entre l’hypertension et le sevrage alcoolique qui est un phénomène fréquent chez les patients alcoolo-dépendants et qui peut induire des changements brutaux des fonctions vitales dont la pression artérielle et la fréquence cardiaque. Lors du sevrage alcoolique, les canaux ioniques s’ouvrent brutalement sous l’effet de certains neurotransmetteurs dont l’aspartate ce qui induit une dépolarisation neuronale et donc une excitation neuronale.
Le système nerveux cérébral adrénergique est ainsi activé entraînant une augmentation des taux de catécholamines et de cortisol.5,10 Ainsi, lors du sevrage alcoolique il y a une augmentation transitoire de la pression artérielle qui doit être prise en charge chez les patients initialement hypertendus afin d’instaurer un traitement provisoire.
ÉPIDÉMIOLOGIE
Depuis 1967, plus de 500 études croisées ou prospectives, concernant un nombre de patients variant de 500 à 90 000 selon les études, ont été effectuées7 confirmant toutes, à quelques rares exceptions près,13 l’existence d’une relation positive entre niveau tensionnel et consommation alcoolique.14
La prévalence d’une consommation alcoolique élevée dans une population atteinte d’hypertension artérielle essentielle varie de 5 à 7%, ainsi l’incidence de l’hypertension liée à l’alcool serait plus élevée que les autres causes remédiables d’hypertension artérielle secondaire. En revanche, la prévalence de l’hypertension artérielle dans une population de patients alcooliques est beaucoup plus élevée entre 15 et 30% selon les études.7,16
Le lien positif entre alcool et hypertension semble présent dans les deux sexes, chez toutes les races et semble être indépendant des autres facteurs de risque incluant les habitudes nutritionnelles.15,17 Les études ont principalement été effectuées chez des consommateurs d’alcool buvant plus de 1,9 boisson par jourmais les mêmes observations pour des consommations plus basses ont été retrouvées dans d’autres études soulevant un problème de santé publique important.18
La plupart des études utilisent la quantité moyenne d’alcool consommé dans une journée commemesure avec une possible sous-estimation chez les grands consommateurs d’alcool ce qui rend très difficile la définition d’une valeur seuil.
Pour compliquer les choses quelques études ontmis en évidence des pressions artérielles plus basses chez les consommateurs de faible quantité d’alcool que chez les abstinents, spécialement chez les femmes.15
Tableau 4.
dds ratios (OR) de l’incidence de l’hypertension durant six ans pour les trois catégories de consommation alcoolique selon la race et le sexe19
Tableau 5.
Odds ratios (OR) de la prévalence de l’hypertensiona
Quelques études évaluent l’incidence de l’hypertension chez les consommateurs d’alcool selon leurs habitudes de consommation. L’étude ARIC (The Atherosclerosis Risk in Communities) est une cohorte américaine de 15792 individus âgés de 45 à 64 ans de race blanche ou noire évalués à trois reprises sur les six ans de suivi (entre 1987-1989 et 1993-1995).
L’incidence de l’hypertension est la même chez les sujets consommant entre 0 et 209 g d’alcool par semaine et ce n’est qu’à partir de 210 g (soit trois boissons standard d’alcool par jour) qu’une incidence plus élevée est retrouvée (tableau 4).19 Les mêmes chiffres étaient déjà retrouvés dans l’étude KaiserPermanente en 1977.20 Cette constatation est indépendante de la race, du sexe, de l’âge et des autres facteurs de risque cardiovasculaires.
Cependant, chez les personnes de peau noire, le risque d’hypertension apparaît déjà pour des doses faibles à modérées d’alcool.19 L’étude Western New York Health Study, réalisée entre 1995 et 2001 chez 2609 individus de race blanche habitant à l’ouest de New York, âgés de 35 à 80 ans et sans maladie cardiovasculaire retrouve des prévalences un peu plus basses, soit à partir de plus de deux boissons par jour (180 gpar semaine),21 et ceci quel que soit le type de boissons (vin, bière ou spiritueux).
Par ailleurs dans la même étude, le risque d’hypertension est augmenté chez les patients buvant en dehors des repasmême pour les individus ayant une consommation faible à modérée (tableau 5). Les études italiennes de Trevisan et coll. qui regroupent neuf études sur les maladies cardiovasculaires effectuées entre 1978 et 1987 dont quatre s’intéressaient à la consommation et à la façon de boire, ont montré que les buveurs de vin pendant et en dehors des repas avaientuneprévalenced’hypertension plus élevée et ceci dans les deux sexes.22
Une étude plus récente du suivi de cettemême cohorte italiennemontre que boire en dehors des repas est associé à un risque plus élevé de décès toutes causes confondues.23 Le suivi encore plus récent de cette cohorte montre que le risque d’infarctus du myocardeestplusélevé chez les hommes rapportant consommer la plupart de leurs boissons en dehors des repas comparés aux hommes consommant pendant les repas.24
Ainsi, l’étude Western New York Health Study conduite aux Etats-Unis confirme les études italiennes où pourtant la culture en ce qui concerne l’alcool est différente. Aussi, il semble que l’effet protecteur de la consommation d’alcool pendant les repas existe en dehors de facteurs géographiques, culturels et indépendamment de la quantité d’alcool consommée et du sexe.
Il existe clairement une relation positive entre la quantité d’alcool absorbée quotidiennement et le niveau de la pression artérielle, mais celle-ci reste différente selon les auteurs et discutée. Une étude réalisée en 2000 par Okudo et coll. chez des hommes japonais, âgés de plus de 45 ans n’étant pas hypertendus, montre une relation linéaire entre la pression artérielle et les habitudes de consommation (fréquence et quantité consommée sur un mois), alors que chez les hommes âgés de 40 à 44 ans, cette relation n’est pas linéaire pour la fréquence et la quantité consommée sur le mois.25
Une autre étude menée par Rosito et coll. chez des hommes âgés de 19 à 30 ans consommant de l’alcool de manière sociale, montre qu’après une consommation aiguë d’alcool (60 g), cette relation est biphasique avec une phase initiale de vasodilatation induisant une diminution de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque puis plus tardivement (12 à 18 heures) une hypertension.26 Une autre étude effectuée chez des hommes hypertendus montre une courbe en forme de J avec une élévation de la pression artérielle à partir de trois unités standard d’alcool par jour.
Cette courbe en forme de J a été plus souvent retrouvée chez les femmes que chez les hommes comme le montre l’étude de Thadhani effectuée chez des femmes de 25 à 42 ans suivies pendant huit ans mettant en évidence une diminution du risque d’hypertension de 14% chez les femmes consommant 0,5 boisson par jour comparativement à celles qui ne consomment pas d’alcool.28
Dans ce travail, le risque de développer une hypertension commence à partir de 1,5 boisson par jour. Un effet dose pourrait donc exister avec un possible plateau à sept boissons ou plus par jour.29
Dans cette liste de travaux, nous terminerons par le «French paradox». En effet, en France, la prévalence de la maladie coronarienne est plus basse bien que les habitudes alimentaires et notamment la consommation de lipides soient les mêmes que dans les autres pays de l’Europe de l’Ouest. Ces constatations seraient dues à la tradition de boire du vin rouge.30 En fait, les travaux plus récents ne permettent pas de retenir un type particulier d’alcool pour expliquer le «French paradox».31
HYPERTENSION ET SEVRAGE ALCOOLIQUE
En pratique clinique, le sevrage prolongé d’alcool permet d’apporter des arguments supplémentaires pour confirmer l’existence d’une relation de cause à effet entre l’alcool et l’hypertension. Ceccanti et coll.10 ont observé 147 personnes alcoolo-dépendantes, ayant une consommation active jusqu’à la veille de leur admission et indemnes d’autre maladie (y compris d’autres addictions) admises volontairement en hôpital de jour pour trois semaines pour un sevrage.
Les résultats montrent une diminution brutale du nombre de patients hypertendus de J0 (56,5%) à J3 (36,5%) puis progressive de J5 (23,8 %) à J10 (23,8%) et J18 (21,8%). La majorité des patients ont une hypertension légère à modérée et seulement 6,3% ont une hypertension sévère à J0 contre 0,7% à J18. Une faible corrélation entre la pression artérielle diastolique et la sévérité de la dépendance alcoolique est notée. Dans cette étude, trois facteurs majeurs sont susceptibles d’expliquer l’augmentation de la pression artérielle: le facteur de risque alcool, le syndrome de sevrage et l’âge.
Les pressions artérielles habituelles des patients quand ils consomment de l’alcool sont mal documentées, aussi l’effet hypertensif de l’alcool ne peut donc pas être fermement établi, mais cette hypothèse est soutenue par la diminution rapide de la pression artérielle après le sevrage d’alcool. Les pressions artérielles sont corrélées à l’âge, mais l’augmentation n’est pas entièrement expliquée par celui-ci.
Les variabilités de la pression artérielle sont également expliquées par des facteurs directement liés à l’alcool comme expliqué plus haut: la détérioration de l’endothélium vasculaire, la persistance d’un trouble de la régulation de la pression artérielle tout au long du sevrage et la sensibilité plus marquée au sodium de la pression artérielle.
Par ailleurs, 20% des patients sont encore hypertendus à J18, l’hypothèse est que l’alcool induirait des perturbations durables dans le temps, raison pour laquelle ces patients doivent être suivis au long cours pour dépister des complications liées à l’hypertension, initier un traitement pharmacologique ou encore proposer une modification de l’hygiène de vie (alimentation, activité sportive, etc.).
INTERVENTIONS POSSIBLES
Le lien entre l’alcool et l’hypertension existe, de plus il est clairement démontré que l’alcool augmente la fréquence des accidents vasculaires cérébraux, en particulier hémorragiques, ainsi que celle des symptômes d’insuffisance cardiaque congestive.32 L’hypertension artérielle seule représente une importante cause de mortalité et morbidité et liée à l’alcool, elle favoriserait les événements cérébraux en accentuant les effets directs de l’alcool sur la morbidité par accident vasculaire cérébral mais aussi par myocardiopathie alcoolique.33
Il nous paraît donc essentiel de recommander aux consommateurs d’alcool une réduction de leur consommation en dessous de trois unités standard par jour. Pour les personnes alcoolo-dépendantes, l’abstinence sera plutôt proposée. En dehors des traitements pharmacologiques, de nombreuses études ont été menées pour encourager les patients hypertendus à améliorer leur style de vie en leur proposant de réduire leurs apports salés, lipidiques ou encore leur consommation d’alcool, en les encourageant à faire de l’activité physique ou à perdre du poids.34
Les quatre essais contrôlés randomisés qui s’intéressaient à la réduction de la consommation d’alcool comme moyen de diminuer l’HTA sont tous en faveur de cette réduction. L’effet moyen de la réduction de la consommation d’alcool est de 4 mmHg pour la pression systolique et de 3 mmHg pour la diastolique.34 Aucun essai ne combinait la réduction d’alcool à une autre intervention.
CONCLUSION
Il existe clairement un lien entre alcool et hypertension artérielle. Les patients hypertendus doivent bénéficier d’une anamnèse alcoologique détaillée pour leur suggérer de réduire leur consommation d’alcool si celle-ci s’avère excessive.
En cas d’HTA qui résiste à un traitement bien conduit, le clinicien aura à cœur de rechercher une consommation d’alcool excessive comme possible cause de cette résistance thérapeutique. Même une diminution modeste de la consommation d’alcool est susceptible de réduire l’HTA et ses conséquences.
5 ** Tomson J, Yh Lip G. Alcohol and hypertension:An old relationship revisited. Alcohol and Alcoholism 2005; 41:3–4. [Medline]
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Alcool : boire peu n’a pas d’effet protecteur sur la santé
Ainsi, s’il est largement admis qu’une consommation excessive d’alcool est à l’origine d’un large éventail de problèmes de santé (diabète, obésité, troubles hépatiques et maladies cardiaques) une consommation modérée d’alcool n’a pas d’effet protecteur.
En effet, d’après l’étude, même une consommation légère à modérée d’alcool (pas plus d’un verre standard par jour) ne protège pas contre l’obésité et le diabète de type 2.
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont évalué les données auto-déclarées sur la consommation d’alcool de 408.540 participants à la banque de données britannique.
La consommation d’alcool impacte davantage les femmes
Ils ont constaté que les personnes qui buvaient plus de 14 verres par semaine avaient une masse grasse plus importante et un risque plus élevé d’obésité et de diabète de type 2.
Le diabète de type 2 est un trouble du métabolisme principalement lié au mode de vie, rappelle l’Inserm.
Ces associations étaient d’ailleurs plus fortes chez les femmes que chez les hommes. Mais aucune donnée n’est venue étayer l’association entre une consommation modérée d’alcool et l’amélioration de l’état de santé des personnes buvant moins de sept boissons alcoolisées par semaine.
« Nous espérons que nos recherches aideront les gens à comprendre les risques associés à la consommation d’alcool et qu’elles éclaireront les futures lignes directrices et recommandations de santé publique relatives à la consommation d’alcool« , a déclaré Tianyuan Lu, de l’Université McGill au Québec, Canada.
« Nous voulons que notre travail encourage la population générale à choisir d’autres comportements plus sains que la consommation d’alcool« , ont conclu les auteurs.
En France, malgré une diminution régulière du volume d’alcool consommé depuis 50 ans, la consommation de boissons alcoolisées reste très importante, en fréquence et en volume, indique l’Assurance Maladie. La France est d’ailleurs au 4è rang des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – qui compte 38 pays, en terme de consommation d’alcool.
Fêter le début des vacances avec une petite coupe dans les airs, c’est tentant, mais comment notre corps réagit-il à l’alcool en haute altitude ? Est-ce toujours une si bonne idée de boire du vin ou un spiritueux dans l’avion ? Décryptage.
Par Aimie Blanchard
Publié le 28/06/2023
Pourquoi ne faut-il pas boire d’alcool dans l’avion ? Adobe Stock
Alors que vous êtes à quelques milliers de mètres au-dessus du sol, l’hôtesse de l’air ou le steward passe avec son chariot rempli de mignonettes : du vin, du whisky, du rhum, quelques cacahuètes et autres boissons chaudes. Excité de découvrir le Maroc ou légèrement angoissé à l’idée d’un long-courrier Paris-Séoul, vous optez pour un apéritif, et au bout de quelques gorgées, une ivresse inhabituelle se fait sentir.
Réagit-on à l’alcool de la même manière sur terre que dans l’avion ?
La réponse est non. Les avions circulent entre 5 000 et 12 000 mètres d’altitude en moyenne, et même si la cabine est pressurisée, la pression ressentie est équivalente à 2 400 mètres d’altitude. Comme à la montagne, le taux d’oxygène diminue, et l’alcool va pénétrer plus rapidement dans le sang.
De plus, le manque d’oxygène va également agir sur le cerveau, les neurones vont moins bien fonctionner et les effets neurologiques de l’alcool en sont augmentés. Dans l’avion, la sensation d’ivresse survient plus rapidement et plus intensément que sur la terre ferme.
Qu’importe l’altitude, l’alcool déshydrate, mais dans l’avion, l’air est froid et sec, il déshydrate déjà l’organisme, ce qui accentue la quantité d’alcool dans le sang. Il faut donc penser à beaucoup boire d’eau lorsque l’on voyage dans les airs.
Peut-on boire des bulles dans l’avion ?
Le gaz carbonique contenu dans les bulles dilate les vaisseaux sanguins du système digestif, l’alcool est donc absorbé plus vite et l’ivresse arrive plus rapidement.
L’alcool a-t-il le même goût dans l’avion que sur terre ?
Selon Fabrizio Bucella, sommelier et professeur à l’Université libre de Bruxelles, le manque d’oxygène amoindrit nos perceptions. Le taux d’humidité étant inférieur au niveau de la mer, les sinus travaillent moins bien. D’autant plus que la température ambiante d’un avion est généralement basse, le froid brouille nos facultés sensorielles. Dans les airs, nous n’aurons donc pas le même goût en bouche, nos ressentis étant moins précis et moins expressifs.
Le jus de tomate encore meilleur dans l’avion : mythe ou réalité ?
On raconte souvent que le jus de tomate est encore meilleur dans l’avion. Est-ce vrai ? Nous venons de le dire, en altitude, la perception du goût et de l’odorat est modifiée. La particularité du jus de tomate, c’est qu’il est fort en saveur, c’est à la fois sucré, salé, acide et umami.
Comme dans l’avion, les saveurs sont moins perceptibles, le jus de tomate perd en acidité et laisse plus de place pour que l’umami s’exprime. Aussi appelée la cinquième saveur, l’umami est ce goût rond et doux, avec une finale saline qui en bouche stimule nos glandes et épaissit notre salive, d’où la sensation de confort et de rondeur.
On trouve l’umami dans le miso, la sauce soja, la sauce Maggi, les vieux parmesans, les sauces tomate, le céleri, etc. Pas de hasard si le jus de tomate plaît autant. Composé à 95 % d’eau, il est un bon allié des voyages dans les airs, à condition de ne pas ajouter une trop grande quantité de sel – et d’éviter la vodka.
L’alcool est un faux ami. On a beau le savoir, sa fréquentation ne cesse pas pour autant. Mais si on vous disait tout le bien que cela vous fera si vous arrêtez la consommation d’alcool, cela donnerait davantage envie de faire l’effort ! Car devenir sobre peut améliorer votre santé, et notamment vous procurer une peau plus éclatante et un meilleur sommeil.
Listons avec Christy Osborne, coach certifiée en matière de sobriété et fondatrice de Love Life Sober, les bienfaits à court terme de la sobriété.
1. Mieux dormir
La suppression de l’alcool peut aider à passer une meilleure nuit de sommeil et à se sentir plus frais le matin. « La plupart de mes clients ont constaté que leur sommeil s’était considérablement amélioré après deux semaines d’abstinence, explique Christy Osborne. Obtenir une bonne nuit de sommeil ne se résume pas à compter le nombre d’heures passées au lit. Il s’agit d’être capable d’avoir un sommeil paradoxal profond, ce que l’alcool ne permet pas. »
2. En finir avec les problèmes d’estomac
L’alcool peut affecter la muqueuse de l’estomac et provoquer des symptômes similaires à ceux du syndrome du côlon irritable (SCI). L’experte affirme que si vous avez arrêté de boire de l’alcool, vous « vous sentez probablement mieux au niveau du ventre maintenant ». Si vous souffrez de reflux acide ou de brûlures d’estomac, vous avez probablement remarqué que cela s’est calmé.
3. Une peau plus éclatante
La consommation d’alcool a également un impact sur la peau, la rendant terne et favorisant les boutons. Si vous avez réduit votre consommation d’alcool, vous remarquerez peut-être que votre peau est plus lumineuse. « C’est parce que votre niveau d’hydratation s’est considérablement amélioré, explique Christy. Osborne. L’alcool étant un diurétique, cela a pour effet d’assécher la peau. Le corps conserve davantage l’eau dont vous avez besoin lorsque vous ne buvez pas.
4. Un foie qui fonctionne
Il est bien connu que la consommation d’alcool peut endommager le foie. En effet, une consommation excessive d’alcool peut réduire la capacité de régénération de l’organe. « La quantité d’alcool que nous buvons a une incidence directe sur la fonction hépatique. Et savez-vous ce qui est mieux qu’une détox efficace ? Ne pas boire pendant deux semaines », recommande le coach en sobriété.
5. De meilleures habitudes alimentaires
Il est beaucoup plus facile de manger sainement lorsqu’on ne boit pas d’alcool. « Vous n’avez ni à vous soucier de lutter contre l’envie de commander un plat à emporter gras lorsque vous avez la gueule de bois, ni à compter les centaines de calories contenues dans le vin et/ou les mélanges sucrés », note la coach. Et vous vous passez plus aisément de biscuits apéritifs ou de cacahouètes salés.
Buvant « cul sec », il met en bière le conseil de modération.
Pr. Jean Costentin
Broutilles et billevesées détournent l’attention de l’essentiel. Pourtant, comme elles enflamment la médiasphère et que le sujet s’inscrit dans nos préoccupations soyons excusés de nous y arrêter. Dans les vestiaires, à l’issue du match de rugby Toulouse-La Rochelle, le Président de la République, tout à l’ambiance du moment, s’est enfilé, d’un seul trait, « et glou, et glou, et glou » une bouteille entière de bière. Arrêt sur cette vidéo, en nous gardant d’être pisse froid ou néphalien.
N’était-ce pas une bière sans alcool, type Tourtel ou Bruckner, i.e. avec un degré alcoolique inférieur à 1°5 ?
Son degré alcoolique était-il voisin de 5°5, devenu l’étiage pour les bières du commerce, que des crues régulières envolent vers des titres extravagants (la Rochefort 10, est à 11°3)
S’agissait-il d’un demi (250 mL) ou d’une bouteille de 33 cL ?
Après tant de gaz ingérés a t’il roté d’abondance comme Dupont accoudé au zinc ? Trêve de prosaïsme, ce comportement ostentatoire, d’un être doué et premier représentant de l’Etat, rodé depuis 6 ans aux vicissitudes de sa fonction et sachant aligner ses comportements au cordeau de la bienséance, vaut d’être analysé.
Cette démonstration met à mal le concept qu’on s’applique à promouvoir, que la fête et l’ivresse alcoolique n’ont pas inéluctablement partie liée. Ce « cul sec » peut être assimilé à une apologie du « binge drinking », de cette « biture expresse », qui se répand dans la jeune génération, avec ses divers risques associés.
Dans le dictionnaire des synonymes on trouve les expressions « boire à plein gosier, à tire-larigot, au goulot, comme un grenadier, comme un plant de courge, comme un polonais, comme un pompier, comme un sonneur, comme un suisse, comme un templier, comme un tonneau, comme un trou, comme un troupier, comme une éponge ».
Ce « dico » devra t il s’enrichir de l’expression « comme un Président ». Cette ingurgitation ne permet ni de goûter, ni d’apprécier ce que l’on boit ; elle a pour unique objet une ascension brutale de l’alcoolémie, sorte de « shoot », pour un abaissement subit de l’écluse dopaminergique du noyau accumbens (pour l’exprimer en des termes neurobiologiques).
Ainsi, dans ses fonctions de représentation, d’exemplarité, nous ne pouvons que déplorer cette séquence peu présidentielle. La psychanalyse (habituée à dire tant de choses sur des riens) dépasse l’auteur de ce billet, autant que les roueries politiciennes, aussi se contentera-t-il de conclure, en détournant le titre du livre de G. Davet et F. Lhomme qui concernait F. Hollande : « un Président ne devrait pas boire ostensiblement comme cela ». « Le bonheur, c’est le plaisir sans remord » disait Socrate A votre bonne santé monsieur le président, à celle des rugbymen; et passons vite à autre chose.
L ‘Irlande met le paquet contre la consommation abusive d’alcool ! Le pays a voté le mois dernier une loi qui inquiète particulièrement les fabricants, puisqu’elle leur impose d’indiquer les risques de cancer et de maladie du foie notamment sur les étiquettes de bouteilles de vin, de bière et d’autres spiritueux, à l’image de ce qui se fait déjà sur les paquets de cigarettes, images choc à l’appui !
A partir de 2026, cette mise en garde, qui fera état aussi des dangers pour les femmes pendant une grossesse, devra être inscrite en grandes lettres rouges sur toutes les bouteilles commercialisées dans le pays.
La Commission européenne a évalué au mois de février cette nouvelle législation et n’a pas soulevé d’objection, les objectifs de santé publique justifiant cette décision à ses yeux. Elle n’a par ailleurs pas jugé que l’impact serait significatif pour le marché européen. Mais ce n’est pas l’avis de neuf pays, dont la France, l’Italie et l’Espagne qui ont envoyé une lettre à Bruxelles au mois de février, lui demandant de vérifier la légalité de la loi irlandaise…
Pays pionnier
De leur côté, les États-Unis et le Mexique ont fait part de leurs préoccupations en amont des réunions du comité de l’Organisation mondiale du commerce programmées cette semaine. L’Argentine, l’Australie, le Chili, Cuba et la Nouvelle-Zélande ont également émis des réserves sur la loi.
L’Irlande a la réputation d’être un pionnier en matière de santé. En 2004, le pays était devenu le premier à interdire de fumer dans lieux de travail, les bars et les restaurants. La décision, qui avait été très controversée à l’époque, a pourtant été suivie ensuite dans toute l’Europe et dans de nombreux autres pays…