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Alcoolisme : d’anciens buveurs au chevet des patients

Le recours à l’appui d’anciens malades qui ont connu l’addiction fait partie des méthodes les plus efficaces pour aider à sortir de la dépendance à l’alcool.

D'ex-buveurs qui aident ceux qui veulent arrêter l'alcool, c'est le modèle du parrainage créé aux Etats-Unis par les Alcooliques anonymes et leurs groupes de parole, et repris dans de nombreux pays. BSIP via AFP/B. Boissonnet
D’ex-buveurs qui aident ceux qui veulent arrêter l’alcool, c’est le modèle du parrainage créé aux Etats-Unis par les Alcooliques anonymes et leurs groupes de parole, et repris dans de nombreux pays.
BSIP via AFP/B. Boissonnet

Comment rester abstinent dans un monde qui ne l’est pas, lorsque l’on est fragile vis-à-vis de l’alcool ? Les associations d’usagers représentent une aide au maintien de l’abstinence, grâce à d’anciens dépendants qui s’en sont sortis. France Patients Experts Addictions, présidée par Sandra Pinel, forme ainsi d’anciens patients devenus experts en addiction pour accompagner des personnes dépendantes, dans des centres de soins, ou des associations.

Toutes les associations d’ex-buveurs font un travail indispensable qu’il s’agisse de la Croix bleue, des Alcooliques anonymes, ou de Vie libre. Ces structures, d’où le jugement est exclu, réalisent un accompagnement par des pairs, clé de la réussite.

« Après avoir intégré un groupe de parole, j’ai réussi à tout arrêter »

« J’ai eu des problèmes de consommation de cannabis et cocaïne pendant mes études d’infirmière, puis j’ai commencé à consommer de l’alcool et des médicaments,raconte Sandra Pinel. À un moment donné, j’ai eu des vomissements intempestifs tous les matins. Le gastro-entérologue à qui j’ai avoué que je buvais trois bières par jour ― c’était beaucoup plus en réalité ― m’a adressé à un psychologue dans un centre de soins. Après avoir intégré un groupe de parole à Vie libre, j’ai réussi à tout arrêter, alcool, cannabis, cocaïne, tabac. Cette expérience m’a incité à créer un groupe Facebook dédié aux addictions, puis j’ai initié France Patients Experts Addictions, que désormais je préside. »

En 2020, une étude américaine publiée dans la « Cochrane Library » a démontré l’importance des associations de patients, à partir d’une enquête évaluant les Alcooliques anonymes (AA). Cette association a été lancée en 1935 à la suite de la rencontre dans l’Ohio de deux Américains qui cherchaient un moyen de rester sobre. Ils ont formé un groupe de soutien, puis défini les douze étapes pour le sevrage, la première étant d’accepter son incapacité à contrôler sa consommation ; la dernière étant d’aider les autres à rester sobres en devenant le parrain d’un nouveau membre.

Ce modèle s’est répandu dans 180 pays. D’autres associations ont vu le jour sur des modèles similaires. Dans cette analyse récente portant sur 10 000 participants, les chercheurs ont conclu que les Alcooliques anonymes étaient au moins aussi efficaces que la psychothérapie pour atteindre et maintenir l’abstinence.

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Comment débanaliser la consommation d’alcool ?

Comment débanaliser la consommation d’alcool ?
Billion Photos/shutterstock.com © Crédit photo : destinationsante.com

Trois verres ( 27 g d’alcool pur) par jour et par habitant.

La France est parmi les pays les plus gros consommateurs d’alcool au monde. Résultat, nous payons « un lourd tribut sanitaire et social lié à la popularité de la consommation de boissons alcoolisées », indique l’Inserm dans sa dernière expertise en la matière.

Dans le détail, « en 2015, on estimait que 41 000 décès, soit 11% des décès chez les hommes et 4 % chez les femmes de 15 ans et plus, étaient attribuables à l’alcool », poursuit l’expertise. « Le coût social était estimé à 118 milliards d’euros en 2010, soit une perte de 6 % du PIB. »

Comment expliquer ce phénomène ? « La consommation d’alcool est responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies : maladies alcooliques du foie mais aussi pathologies cardiovasculaires, pancréatites, certains cancers notamment digestifs et du sein, sans compter les troubles psychiques, la dépression, les suicides et les dommages occasionnés par des accidents ».

Et contrairement à une idée reçue, « les effets délétères de l’alcool concernent tout le monde, et pas seulement les personnes qui ont une dépendance ou un trouble lié à cette substance », martèle Mickael Naassila, directeur du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances. « La consommation faible mais quotidienne présente des risques ».

C’est pourquoi l’expertise de l’Inserm n’évoque plus de « seuils de risque » mais des « repères de consommation à moindre risque ». Soit 2 verres par jour et 10 verres par semaine maximum, selon les recommandations revues à la baisse en 2017 par Santé publique France.

Pourquoi l’alcoolisme ne recule pas ?

« L’alcool, et surtout sa surconsommation, sont un enjeu de santé publique majeur, paradoxalement méconnu et sous-médiatisé », souligne l’Inserm. Et ce tabou « contraste avec une image plutôt valorisée, voire valorisante, de l’alcool notamment chez les jeunes, et en tout cas une perception banalisée de sa consommation ».

Résultat, 8 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir une consommation régulière et 40 à 50 % ont connu une alcoolisation ponctuelle importante. Chez les seniors, la consommation d’alcool survient dans un contexte de comorbidités et de traitements médicamenteux fréquents.

Malgré les messages de sensibilisation, la consommation pendant la grossesse reste fréquente. « Nos préoccupations portent notamment sur les consommations occasionnelles importantes en tout début de grossesse, pour lesquelles nous avons très peu de données », précise Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles, épidémiologiste spécialisée sur la santé périnatale.

Un plan Alcool ?

Pour combattre ce problème grave de santé publique, l’expertise de l’Inserm propose donc un plan d’action Alcool, à l’image du plan Tabac.

Les experts préconisent notamment de « mieux encadrer la vente d’alcool en augmentant le prix et les taxes et en limitant son accessibilité, notamment pour les mineurs ».

En parallèle, ils conseillent de s’appuyer sur « la communication, la prévention et l’éducation du public, au travers d’interventions ciblées (en milieu scolaire, au travail, auprès des parents…) ou de campagnes telles que le Dry January ».

Enfin, ils insistent sur la nécessité d’instaurer « un repérage, un suivi et une prise en charge des personnes à risque ». Par exemple par les pharmaciens.

L’alcool serait lié à plus de 700 000 cas de cancer chaque année affirme cette étude

Des scientifiques ont dévoilé que l’alcool, même consommé avec modération, était à l’origine de diverses formes de cancer.

Merieme Bonazzi 27 septembre 2021

L'alcool serait lié à plus de 700 000 cas de cancer chaque année dans le monde affirme cette étude
 Le lien entre l’alcool et le cancer étudié dans une étude. Crédit photo : Shutterstock / Alla Aramyan

Les résultats sont tombés, et l’alcool, déjà dans le collimateur des scientifiques, a encore montré des risques plus que sérieux. La veisalgie, connu encore communément sous le terme « gueule de bois », est peut-être bien une preuve que le corps humain n’en veut pas.

Il s’avère que les avancés de la médecine, et de la science globalement, ne cessent de mettre à jour les retombés de l’état d’ébriété. Le cancer est actuellement une des plus grandes menaces mis en évidence, après les crises de foie. En effet, avec la stéatose du foie, on ne cesse de déconseiller l’alcool.

Dernièrement, une publication dans « Lancet Oncology » a démontré de manière assez évidente la relation entre alcool et le cancer, en plus de ce que l’on en sait déjà. Les chercheurs approfondissent de plus en plus leurs recherches sur ces breuvages. Ils ne cessent ainsi de mettre à jour des détails éclaircissant chaque effet sur le genre humain.

Les oncologues contre les œnologues

Pour arriver à cette conclusion, il a fallu des années d’études et plusieurs laboratoires de par le monde. Ainsi, ce sont des oncologues nord-américains, européens et africains qui ont compilé leur résultat pour davantage de crédibilité. Ils donnent ainsi de leur personne pour le bien être de l’humanité.BioNTech : un vaccin expérimental à ARN qui permettrait de guérir le cancer

Il est probable que leurs actes ne leur feront pas davantage de bien puisqu’ils tendent à diminuer le nombre de leur client. Cependant, l’idée est surtout de guérir et de faire en sorte que d’autres ne tombent pas malades. Dans les faits, ce sera toujours bénéfique puisque moins de cas à traiter permettent de mieux traiter les cas déjà malades.

L'alcool serait lié à plus de 700 000 cas de cancer chaque année dans le monde affirme cette étude
Le risque existe même même si la consommation d’alcool n’est que modérée, voire légère. Crédit photo : Shutterstock / Kzenon

Un peu, c’est déjà trop

Ça fait assez longtemps que le cancer du foie, de l’œsophage et des seins ont été dépisté à cause de l’alcoolisme. Mais qui dit alcoolisme dit une consommation considérable d’alcool. Cette recherche a établi que les risques, bien que moindres, existent bel et bien. Et cela même si l’absorption n’est que modérée, voire légère.

A raison de rien qu’un verre par jour, le taux a atteint les 100.000 cas l’année 2020. Pour ce qui est de l’ensemble des cas, c’est le chiffre astronomique de 741.300 cas qui est avancé. Juste énorme. C’est pratiquement 4,1 % des cas dépistés cette année-là. Il est alors vraiment grand temps de suivre les recommandations du “à consommer avec modération“. En effet, 1 ou 2 verres occasionnels peut être largement suffisant pour l’apéro time. Manger deux champignons chaque jour réduirait de moitié les risques de cancer affirme cette étude !

Les statistiques l’annoncent

On est bien face à une réalité inquiétante. Ce résultat est surtout issu d’une étude statistique de la concordance de ces nouveaux cas, et de leurs habitudes éthyliques. En vérité, l’alcool est biocide. Le foie, on ne cessera de le mentionner dans les histoires d’alcool. Son rôle est justement de casser les molécules de ce poison pour qu’il en résulte des composés plus supportables pour l’organisme. Cependant, s’il y en a trop, le foie est saturé, et c’est là que commencent les complications qui conduisent aux maladies les plus connues.

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Un simulateur pour expérimenter les dangers de l’alcool au volant

Afin de sensibiliser le public aux dangers de la conduite en état d’ébriété, un nouveau simulateur est mis à sa disposition ce week-end dans le cadre du festival La Belle Nuit.

Publié: 24.09.2021,

Le simulateur présenté par la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme s’adresse particulièrement aux jeunes fréquentant le monde de la nuit. (Photo d’illustration)
Le simulateur présenté par la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme s’adresse particulièrement aux jeunes fréquentant le monde de la nuit. (Photo d’illustration)KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

La Fondation vaudoise contre l’alcoolisme (FVA) met à disposition ce week-end à Lausanne un nouveau simulateur destiné à sensibiliser le public aux dangers de la conduite en état d’ébriété. Cette nouvelle expérience est offerte dans le cadre de la deuxième édition du festival La Belle nuit.

«Par son effet désinhibant, l’alcool diminue la perception des risques et exerce une forte influence sur le style de conduite et le comportement», rappelle la FVA dans un communiqué. En Suisse, un accident grave de la route sur neuf est imputable à l’alcool. Cette proportion augmente à un sur deux pour les accidents ayant lieu durant la nuit et le week-end.

Le nouveau simulateur de conduite de la FVA doit sensibiliser la population – notamment les jeunes – aux conséquences d’une conduite en état d’ivresse. Le conducteur est plongé dans diverses situations à risques: obstacles à éviter ou freinages d’urgence. L’idée est de «vivre une expérience de conduite réaliste», qui «illustre de manière extrêmement parlante l’allongement du temps de réaction suite à une consommation d’alcool», poursuit le communiqué.

Depuis 2004, le programme de prévention «Be My Angel» se charge par ailleurs de promouvoir un comportement responsable en matière d’alcool et de conduite. Il encourage le public à choisir un «ange» qui restera sobre durant la soirée pour reconduire le reste du groupe.

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L’OMS recommande d’augmenter les taxes sur l’alcool en Europe

Par Sciences et Avenir

Selon l’OMS, « augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées est l’une des meilleures mesures » en vu de réduire le nombre des morts du cancer.

L'OMS recommande d'augmenter les taxes sur l'alcool en Europe

L’OMS recommande d’augmenter les taxes sur l’alcool en EuropeAFP/ARCHIVES – PHILIPPE HUGUEN

Doubler les taxes sur l’alcool en Europe permettrait d’éviter que quelque 5.000 personnes ne meurent de cancers chaque année, selon une étude présentée le 20 septembre 2021 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui appelle à un tour de vis fiscal.

Un effet dans tous les pays

Selon cette modélisation parue dans la revue scientifique The Lancet, « on estime que 10.700 nouveaux cas de cancer et 4.850 décès par cancer liés à l’alcool pourraient être évités chaque année dans la région européenne de l’OMS en doublant les taxes actuelles sur les boissons alcoolisées« , souligne dans un communiqué la branche Europe de l’OMS. Cela représente environ 6% des nouveaux cas et des morts de cancers liés à la consommation d’alcool, relève l’organisation sanitaire de l’ONU. Selon cette dernière, « augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées est l’une des meilleures mesures » en vu de réduire le nombre des morts du cancer, avec « un impact potentiel élevé » et « des résultats positifs dans tous les pays« . Pour l’OMS, les niveaux actuels de taxation de l’alcool restent « faibles » dans de nombreux pays européens, y compris au sein de l’Union européenne, où leur augmentation devrait avoir l’un des plus forts impacts.

1,4 million de cas de cancers liés à l’alcool chaque année en Europe

La Russie, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les pays qui sauveraient le plus grand nombre de vies en prenant cette mesure fiscale, avec respectivement 725, 680 et 525 morts évitées, selon sa modélisation. D’après l’OMS, sur les 4,8 millions de nouveaux cas de cancer chaque année en Europe, 1,4 million, ainsi que 650.000 décès, sont « liés à » la consommation d’alcool. Parmi ceux-ci, l’organisation estime que 180.000 cas et 85.000 morts sont directement causés par l’alcool. Le nombre des vies sauvées par un doublement des taxes concernerait notamment les cancers du sein (1.000 morts par an) et les cancers colorectaux (1.700). L’alcool est lié à sept types de cancers différents : bouche, pharynx, œsophage, colorectaux, du foie, du larynx et du sein

Santé. Elle cherche les secrets de l’addiction à l’alcool dans le cerveau

Qu’est ce qui se passe dans le cerveau des personnes alcooliques ? Quels sont les schémas neuronaux qui s’activent et quelles zones sont concernées ? Questions auxquelles le Dr Manon Auffret, du CHU de Rennes, cherche à répondre à travers une étude très innovante. Le but : mieux comprendre les mécanismes pour développer, à terme, des thérapies plus efficaces.

Le sujet est passionnant et répond aussi à un vrai problème de santé publique. En France, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, près de 3,4 millions de personnes ont une consommation à risque d’alcool. Et 45 000 en meurent par an par cause directe ou indirecte. Sans omettre les problèmes et les violences liées à l’alcool ou les accidents de la route.

Technologies de pointe

Mais qu’est ce qui se passe dans le cerveau des personnes alcooliques et quels sont les mécanismes de l’addiction ? Des questions auxquelles, Manon Auffret, docteure en pharmacie et en neurosciences au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine), a décidé de tenter de répondre. Un projet, baptisé Craving-Net, qu’elle qualifie elle-même « de très novateur » et qui fera appel à des technologies de pointe comme l’électro encéphalographie à haute résolution (EEG-HR). Le craving désignant une envie irrépressible de consommer une substance. De l’alcool, des stupéfiants…

« Un outil plus précis »

« Avec l’IRM, nous pouvions déjà voir ce qui se passait dans le cerveau. Mais avec l’EEG-HR, nous disposons d’un outil plus précis et plus performant qui nous permet d’observer à la milliseconde les réseaux cérébraux. » Une précision 1 000 fois supérieure à celui de l’IRM. Des travaux soutenus par l’institut des neurosciences cliniques de Rennes (INCR) et financés par le fonds Bretagne Atlantique ambition (BAA) qui œuvre efficacement pour la recherche dans les neurosciences.

« En résumé, nous voulons pouvoir observer et comprendre l’envie de boire chez les patients alcoolo dépendants. Quels sont les flux neuronaux qui interviennent et quelles sont les parties du cerveau qui sont mobilisées. » Par analogie, c’est comme chercher le déplacement de quelques voitures parmi des milliards d’autres sur des autoroutes à des milliers de voies ! « Nous cherchons les marqueurs de l’addiction et à voir les différents degrés d’addiction. »

« Recruter des volontaires »

La finalité : « Il y en a plusieurs. L’une étant ensuite de pouvoir étudier l’efficacité des traitements directement dans le cerveau des patients et non plus d’une façon subjective. »

Pour l’instant, l’étude n’en est qu’à son début. « Nous avons commencé, avec l’aide du professeur Romain Moiran, spécialiste en addictologie, à recruter des volontaires entre 30 et 60 ans. » Des personnes alcooliques mais aussi non alcooliques pour pouvoir étudier les différences. Si tout va bien, les études commenceront début 2022.

Outre le projet du Dr Auffret, deux autres seront présentés ce lundi 20 septembre 2021 à la soirée du 7e anniversaire de BAA, au siège de Samsic : Prédilepsy qui vise à prédire la survenue des crises d’épilepsie afin de bloquer leur survenue et Parkinson vise à prédire l’évolution de la maladie de Parkinson et à guider la thérapeutique grâce à la découverte de neuro-marqueurs en EEG-HR.

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Alcool : La consommation en France a drastiquement chuté en 60 ans, la preuve en chiffres

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Illustration d'une boisson alcoolisée.
Illustration d’une boisson alcoolisée. — Conger Design

Les soirées qui ont suivi les déconfinements en sont un mauvais exemple : les Français boivent de moins en moins d’alcool. Beaucoup moins. Un phénomène connu, mais que les données de l’Insee, utilisées dans cette infographie de notre partenaire Statista, permettent de mieux appréhender.

En l’espace de soixante ans, entre 1960 et 2018, la consommation a ainsi chuté de moitié. Alors qu’une personne en France buvait en moyenne 200 litres d’alcool par an, ce total est aujourd’hui passé à 80 litres. Principale boisson impactée par ce désintérêt : le vin. Sa consommation est passée de 128 à 36 litres en moyenne depuis les années 1960. Le cidre a lui aussi connu une chute libre.

Dans le même temps, la bière ​et les spiritueux sont restés à des niveaux équivalents, tandis que les vins de qualité et le champagne ont acquis de nouveaux adeptes.

Tabac, alcool, alimentation … Quels sont les plus gros facteurs de risque de cancers ?

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L’Institut national du cancer (Inca) lance cette semaine une campagne d’information sur la prévention des cancers, et a réalisé dans cette optique une infographie qui permet d’y voir plus clair. 

Tabac, alcool, alimentation... Quels sont les plus gros facteurs de risque de cancers ?

DOUCEFLEUR / ISTOCK.


L’ESSENTIEL

  • Les cancers représentent en France la première cause de décès chez l’homme et la deuxième chez la femme.
  • En 2018, le nombre total de nouveaux cas de cancer est estimé à 382 000.

« Réduire son exposition aux principaux facteurs de risques évitables de cancer, c’est se donner l’opportunité de vivre plus longtemps et en meilleure santé ». Cette semaine, l’Institut national du cancer a lancé une grande campagne de prévention, car si 10 % des cancers qui se développent chaque année sont liés à des facteurs génétiques, 1 cancer sur 4 est lié à des facteurs externes (comportements, mode de vie ou environnement).

Sensibiliser le grand public

« Nous pouvons individuellement agir sur ces facteurs externes : ne pas fumer, diminuer sa consommation d’alcool, manger équilibré et varié, se protéger du soleil et réaliser régulièrement les dépistages : autant d’actions qui favorisent une meilleure santé », écrivent les experts dans un communiqué de presse. 

Pour sensibiliser le grand public, l’Inca a réalisé l’infographie ci-dessous, qui montre que le tabac est la première cause de cancer évitable en France. Viennent ensuite l’alcool, l’alimentation, le surpoids et l’exposition trop forte au soleil.

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40% des nouveaux cas annuels pourraient être évités

« La prévention est un moyen efficace de lutter contre les cancers. Nous estimons que 40 % des nouveaux cas annuels pourraient être évités grâce à l’adoption de comportements individuels et de modes de vie permettant de diminuer l’exposition aux principaux facteurs de risque évitables de cancers », concluent l’Inca, qui publie également une édition unique d’un magazine dédié à la prévention des cancers. 

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Les Français et la consommation d’alcool

La consommation d’alcool a baissé ces cinquante dernières années, selon Santé publique France en raison de la diminution de la part du vin. Les Français de 15 ans et plus boivent en moyenne 11,7 litres par habitant en 2017, mais le pays reste dans le peloton de tête en comparaison internationale, au 6e rang parmi les 34 pays de l’OCDE.

Par Christelle Destombes, vih.org, Swaps ALCOOL LOI EVIN

Cette fois, c’est un dossier alcool, rempli à ras bord, qui accompagne les trente ans de la loi Évin. Loi de santé publique sur l’alcool et le tabac qui visait notamment l’encadrement de la publicité en faveur de l’alcool et son interdiction pour le tabac. Paradoxalement, cette loi de trente ans d’âge résonne parfaitement avec les problématiques actuelles de la réduction des risques (RdR).

Chiffres clés 2017

  • 23,6% des personnes de 18-75 ans dépassaient les repères de consommation en 2017
  • 41 000 décès attribuables à l’alcool par an, dont 30 000 chez les hommes et 11 000 chez les femmes
  • 26% des 65-75 ans déclarent une consommation quotidienne d’alcool
  • 13,4% des 18-24 ans déclarent au moins 10 ivresses par an
  • 10% des 18-75 ans consomment à eux seuls 58% de l’alcool consommé
Prévalences régionales de la consommation quotidienne d’alcool chez les adultes de 18 à 75 ans (France métropolitaine : 2017, départements et régions d’outre-mer : 2014)
Prévalences régionales de la consommation quotidienne d’alcool chez les adultes de 18 à 75 ans
(France métropolitaine : 2017, départements et régions d’outre-mer : 2014)

Des inégalités régionales

Près de 10% des adultes consomment quotidiennement de l’alcool en moyenne nationale, mais la consommation d’alcool est moins fréquente en Île-de-France (7,1%), Normandie (7,9 %) et Pays de la Loire (8,1 %), ainsi que dans l’ensemble des DROM. Les régions Hauts-de-France (11,5%), Nouvelle-Aquitaine (12,3%) et Occitanie (12,6%) se distinguent par une consommation quoti- dienne d’alcool plus fréquente.

Chez les jeunes

Chez les 18-30 ans la consommation hebdomadaire s’élève à 32,5% pour la France métropolitaine et varie entre 23,2 % et 43,5 % suivant la région. Elle est significativement moindre dans les Hauts-de-France (23,2%) et plus élevée dans quatre régions: Bretagne (43,5%), Pays de Loire (40,7%), Martinique (47,7 %) et Guyane (43,4%).

Selon l’enquête Escapad menée par l’OFDT en 2017, une large majorité des adolescents (86,3%) se souviennent avoir déjà vu ou entendu une publicité pour une boisson alcoolisée, les trois quarts pouvant préciser de quel type d’alcool il s’agissait. Près de 30 % des jeunes disent voir des messages présentant de l’alcool sur Internet au moins une fois par semaine, un quart à travers un film, une vidéo ou un clip au moins une fois par semaine. Les autres espaces fréquemment identifiés sont la rue (24 %), les transports publics (19,9%) et les supermarchés (16,9%). Enfin, 16,1% des adolescents indiquent être confrontés chaque semaine à de la publicité pour l’alcool via les magazines et journaux et ils sont 11,8 % à citer la radio, 10,3 % les événements sportifs ou encore 6,7 % les jeux vidéo.

API ?

Le phénomène d’alcoolisation ponctuelle importante (API), qui consiste à boire 6 verres ou plus en une seule occasion, est observé comme croissant dans plusieurs régions, sans que SPF ne communique sur la corrélation avec l’âge: ainsi, en Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie, Île-de-France et Paca. Ce qui fait dire à SPF: «Même si les pays européens conservent des caractéristiques culturelles spécifiques, en termes de préférences de consommation comme de pratiques d’alcoolisation (un modèle latin d’usage régulier d’alcool opposé à un modèle nordique et anglo-saxon de consommations moins fréquentes mais plus importantes), les comportements tendent à s’uniformiser depuis quelques décennies en population générale comme parmi les adolescents. Ainsi, en France, on note une consommation régulière plus faible et une augmentation des consommations ponctuelles importantes».

Rappelons qu’en 2017, les messages de prévention ont évolué: le «un verre ça va, trois verres, bonjour les dégâts» a laissé place à «2 verres par jour maximum, et 10 verres par semaine».

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