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Café, tabac, alcool : qu’y a-t-il de pire pour le sommeil ?

Très courants au quotidien, le tabac, le café et l’alcool ont été étudiés pour leurs effets sur notre sommeil. Et les résultats sont assez surprenants.

Café, tabac ou alcool avant de dormir : une étude sur ce qui provoque l’insomnie a examiné en détail certaines routines que nous pratiquons de manière parfois assidue (vous savez, la dernière clope avant d’aller au lit) pour étudier l’importance d’un sommeil réparateur. Les chercheurs voulaient voir si la nicotine, la caféine et l’alcool avaient vraiment un effet néfaste sur notre sommeil. Et la conclusion est surprenante.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue américaine Sleep de la Sleep Research Society. Des scientifiques de la Harvard Medical School et de la Florida Atlantic University ont examiné les habitudes de sommeil de 785 personnes. Tous étaient relativement âgés (63,7 ans en moyenne) et surtout des femmes (67,9% du total), avaient des journaux de sommeil et des appareils de mesure des signes vitaux sur leurs poignets. La question posée : la durée et la profondeur du sommeil nocturne peuvent-elles être affectées par la consommation de café, tabac ou alcool au cours des quatre heures précédant le coucher ?

Les cigarettes perturbent le plus le sommeil

La nicotine s’est avérée être de loin le plus grand tueur de sommeil. Non seulement celui-ci a été moins réparateur, mais les fumeurs ont aussi eu un sommeil beaucoup plus interrompu, ce qui n’a pas été le cas pour les autres stimulants testés. Pour les patients qui souffraient déjà d’insomnie antérieure, la nicotine a eu un effet particulièrement négatif : ils ont dormi en moyenne 42 minutes de moins par nuit, selon le journal The Independent.

La consommation d’alcool a également entraîné un sommeil moins réparateur. L’alcool n’endommage pas autant le sommeil que la nicotine : la durée du repos nocturne n’a pas été grandement affectée. Toutefois, la plus grande surprise au sujet de quelle substance cause plus d’insomnie n’est pas celle-là.

Et si le café ne réveillait pas ?

« La consommation nocturne de caféine n’a eu aucun effet sur les paramètres du sommeil », ont déclaré les chercheurs. Selon The Independent, c’est la plus grande surprise de l’étude, car la caféine et le café sont considérés comme des stimulants depuis plusieurs générations. Cependant, des études antérieures ont montré que l’effet de la caféine sur le sommeil ne peut être scientifiquement prouvé.

Selon Christine Spadola, cette étude est l’une des plus grandes et des plus importantes de sa catégorie. Bien que d’autres études sur le sujet aient été publiées à grande échelle, telles que la Jackson Heart Sleep Study, dans de nombreux cas il n’est pas clair qu’une distinction est faite entre la consommation occasionnelle et la consommation continue (par exemple, en comparant les fumeurs endurcis avec des personnes qui ne boivent qu’un verre de vin rouge la nuit de façon occasionnelle).

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Sabotage du mois sans alcool par le gouvernement de Macron. C à dire.

Cette émission est visible du 4 au 10 Décembre 2019

Cliquez sur la photo Source Médiapart

Alcool : le défi du « janvier sec » lancé « malgré les efforts du lobby alcoolier et la pression de l’Elysée »

Les associations de promotion de la santé font valoir les bienfaits d’initiatives similaires au Royaume-Uni et en Belgique.

Emmanuel Macron, accompagné du président de la Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (à gauche), goûte des produits locaux, à Anglet, le 24 août.
Emmanuel Macron, accompagné du président de la Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (à gauche), goûte des produits locaux, à Anglet, le 24 août. IAN LANGSDON / AFP

Les associations d’addictologie et de promotion de la santé, dont notamment la Fédération Addiction, Aides, la Ligue contre le cancer… ne baissent pas les bras, loin de là.

Elles ont annoncé dans un communiqué commun, mardi 3 décembre, qu’« il y aura bien » une campagne de « Dry January » en France, « malgré les efforts du lobby alcoolier, malgré l’annulation, sous pression de l’Elysée, de l’opération “Mois sans alcool” initialement prévue par Santé publique France ».

France Assos Santé, qui regroupe 85 associations de patients et usagers, veut encore y croire. Dans un communiqué, lundi 2 décembre, intitulé « Monsieur le Président, clarifiez votre position », elle appelle Emmanuel Macron à dissiper cet « affreux malentendu » et demande que « ce soit bien à l’agenda de janvier 2020 ». En attendant, France Assos Santé soutient le Dry January à la française.

Source : Le Monde

Le Monde annonce la victoire de la Russie sur l’alcoolisme

Avec un récent rapport de l’OMS à l’appui, Le Monde a mis en valeur la baisse de la consommation d’alcool en Russie au cours de ces dernières années. Une hausse de l’espérance de vie en a résulté.

La Russie «a fait chuter l’alcoolisme», a indiqué Le Monde en se référant à un rapport ad hoc publié en octobre dernier par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon ce rapport, la consommation d’alcool par individu a reculé de 43% entre 2003 et 2016, résultat notamment d’une politique de restrictions appliquée depuis le début des années 2000, note le journal.L’OMS «va jusqu’à présenter les progrès réalisés par Moscou en matière de lutte contre l’alcoolisme comme « une success story »  à même de « donner des leçons » à d’autres pays», s’étonne le journaliste du Monde.

La diminution de la consommation des alcools forts entre 2003 et 2016 se monte à 67%, principalement au profit de la bière et du vin, note le journal. En 2017, chaque Russe de plus de 15 ans avait consommé en moyenne 11,1 litres d’alcool pur, soit moins que les Français (11,7 litres), pour une moyenne européenne à 9,8 litres.

Espérance de vie en hausse

La baisse massive de la consommation d’alcool a également contribué à accroître l’espérance de vie, qui s’est établie à 78 ans pour les femmes et 68 ans pour les hommes en 2018. Un niveau record, selon les auteurs du rapport de l’OMS. Au début des années 1990, l’espérance de vie masculine n’était que de 57 ans, contre 71 ans pour les femmes.Pour l’OMS, il y a «une corrélation forte» entre cette amélioration des indicateurs démographiques et la baisse de la consommation d’alcool, même si d’autres facteurs sont à prendre en compte. Par exemple, le stress des sauvages années 90, la mauvaise alimentation, le tabagisme et la détérioration drastique des services sociaux et de santé à cette époque.

Victimes de l’alcool au volant, ces étudiants ont lancé une appli pour désigner le « Sam » de soirée

Par Maxime HUTEAU
Maxime Nivot et Julien Béliard, deux étudiants angevins, ont pour point commun d’avoir été victimes d’un accident de la route causé par l’alcool. Avec Lévy Naly à l’informatique, ils ont développé et lancé Sammy, une application mobile dont ils espèrent qu’elle sauvera des vies.

Sammy pourrait devenir un partenaire incontournable de soirée. Cette application a été pensée pour désigner, via une plateforme commune, un capitaine de soirée qui ramène ses amis sains et saufs de soirée.

À l’origine de cette application mobile, Maxime Nivot et Julien Béliard, deux étudiants angevins de 22 ans, potes dans la vie. Ils ont un point commun : celui d’avoir été victimes d’un accident de la route quand ils étaient plus jeunes. En rentrant de soirée, Maxime a loupé un virage et foncé dans un mur à 100 m de son domicile. Bilan : une épaule fracturée et un permis retiré. Son passager et ami s’en sortira indemne. Julien a lui perdu sa mère à 14 ans après qu’une voiture les a percutés sur la route. Dans les deux cas, l’alcool et la fatigue ont frappé.

Être Sam n’est plus une punition mais une récompense

Pour les deux jeunes, cette expérience a eu l’effet d’une prise de conscience. « Quand on est jeunes, on a tendance à toujours contourner les règles. Encore plus quand on vit en campagne. Entre rentrer soûl de soirée et payer un taxi qui coûte cher, le choix est souvent vite fait. »

Quand ils ont cherché quelles solutions existaient pour répondre à la problématique de la conduite sous l’emprise de l’alcool, ils n’ont rien trouvé de mieux que le classique éthylotest. « C’est à ce moment-là que l’on a commencé à réfléchir à une idée autour du concept de Sam. »

Sam, tout le monde le connaît. C’est l’abréviation de Sans accident mortel ou encore celui qui conduit, c’est celui qui ne boit, comme le dit l’adage. Porter ces trois lettres sur le dos lors d’une soirée est souvent vu comme une punition. Les créateurs de Sammy ont voulu inverser la tendance. Avec cette appli, le capitaine de soirée sera récompensé.

Au préalable, il faudra le désigner. Avant une soirée, l’un des participants créé un groupe sur l’application. Les membres peuvent le rejoindre via un code. Chacun a ensuite dix secondes pour dire s’il est volontaire ou pas pour être Sam.

Lorsqu’il a ramené tout le monde à bon port, ces passagers valident la course et chacun lui fait remporter 30 kaps (crédits). Il pourra les utiliser pour débloquer des offres commerciales des partenaires de l’application.

Près de 500 utilisateurs

Sammy, dans sa version bêta, existe depuis cinq mois. L’application est disponible gratuitement sur les plateformes Android et IOS et comptabilise 500 utilisateurs selon ses créateurs, confiants par ce démarrage. « En moyenne, il y a entre 30 et 70 groupes qui sont créés par week-end. »

Lévy Naly, étudiant de 21 ans, est le développeur de l’équipe. Il passe une grande partie de son temps à corriger les bugs et à faire les mises à jour. De nouvelles fonctionnalités doivent voir le jour. L’appli a été déjà été repérée : elle a reçu, en février 2019, le prix de l’innovation de la sécurité routière.

« Notre objectif, détaille Julien Béliard, c’est de banaliser la désignation d’un Sam et bien sûr de sauver des vies, même si on ne saura combien on en sauvera. »

Après son accident, Maxime Nivot a passé deux ou trois ans à faire Sam. « Et ce n’est pas si grave, j’ai appris que l’on s’amusait très bien même quand on ne boit pas. »

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Mois sans alcool : l’initiative annulée à la demande du lobby viticole ?

Voir la vidéo sur France 3

Le mois sans alcool n’aura finalement pas lieu. Cette idée venue du Royaume-Uni était censée se dérouler en janvier. L’initiative était vue d’un mauvais œil par le lobby de l’alcool, qui semble avoir obtenu gain de cause au plus haut sommet de l’État.

Un mois sans alcool. La campagne de sensibilisation était prévue pour janvier. Sur Twitter, un compte déjà actif encourage les volontaires, mais le couperet est tombé : l’initiative n’est pas retenue par le gouvernement. Le récent déplacement d’Emmanuel Macron à Reims (Marne) a-t-il influencé une telle décision ? Lors de ce voyage officiel, le chef de l’État a déjeuné avec des acteurs de la filière viticole. « On a abordé beaucoup de sujets, y compris, en effet, le mois sans alcool, qui était prévu depuis quelques semaines », confirme Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de Champagne.

Déception des professionnels de l’addiction

Lancée en 2003 au Royaume-Uni, la campagne a pour ambition de faire une pause, de s’interroger sur sa propre consommation. « On se rend compte qu’il est difficile en France de ne pas boire (…) c’est blessant pour les professionnels de santé », regrette le professeur Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions.

LES FRANÇAIS BOIVENT EN MOYENNE 1170 VERRES D’ALCOOL PAR AN

Par Tanguy Hamon –

 La consommation d’alcool des Français est pointée du doigt.[CRAIG BARRITT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Dans son panorama de la santé 2019, publié ce jeudi, l’OCDE pointe du doigt la consommation de cigarettes et d’alcool des Français par rapport aux autres pays de la zone.

Concernant l’alcool, la France est parmi les pays au-dessus de la moyenne. Alors que celle-ci se situe à près de 9 litres d’alcool pur par an et par habitant dans l’OCDE (soit environ 100 litres de vin), les Hexagonaux affichent une consommation de 11,7 litres, ce qui représente près de 1170 verres d’alcool standard par an en moyenne (chaque verre contenant 10 grammes d’alcool pur, quel que soit le type d’alcool)… En dessous de la Lituanie et ses 12,3 litres, certes, mais cela place les Français à une peu reluisante troisième place en termes de quantité d’alcool absorbé chaque année.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (qui regroupe 36 pays, tel comme les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Australie, la Corée du Sud, le Japon, mais aussi le Chili, l’Irlande ou la Slovaquie), les Français cumulent toujours des modes de vie malsains : un adulte sur quatre (25,4%) fume quotidiennement, soit le quatrième taux le plus élevé de l’OCDE, tandis que la consommation d’alcool en France est la troisième plus élevée de la zone.

«Plus de 75.000 personnes sont décédées en France en 2015 de causes de mortalité évitables grâce à la prévention, comme le cancer du poumon ou les causes imputables à l’alcool», souligne l’organisme, qui s’appuie sur les chiffres fournis par l’OMS.

Dans le détail, on apprend que le pourcentage de fumeurs en France (25,7%) est de sept points supérieur à la moyenne de l’OCDE. Le pays accompagne la Grèce, la Turquie et la Hongrie en haut du classement, tandis que le Mexique et l’Islande le clôturent, avec 10% de fumeurs.

UNE ESPÉRANCE DE VIE MALGRÉ TOUT AU-DESSUS DE LA MOYENNE

Les Français sont également montrés comme mauvais élèves concernant leur surpoids (attention, il ne s’agit pas de l’obésité), avec 64,3% de la population dans ce cas, contre une moyenne de 55,6% dans l’OCDE. Le Japon est le moins touché dans ce domaine (25,3%), tandis que les Etats-Unis sont les plus atteints (71%).

Avec cette énième alerte sur leur mode de vie, les Français pourront néanmoins se réjouir d’avoir malgré tout une espérance de vie de 82,6 ans, soit deux ans de plus que la moyenne. Les soins dispensés par les hôpitaux du pays sont décrits comme étant «de grande qualité»

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Les députés taxent les alcools qui favorisent l’alcoolisme chez les jeunes

Ces boissons qui visent les femmes et les jeunes consommateurs d’alcool peuvent ouvrir la voie à un alcoolisme chronique.

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Les députés taxent les boissons qui favorisent le binge drinking

ALCOOL – Boire excessivement en dépensant très peu. Ce type de consommation prisé chez les jeunes de moins de 25 ans est dans le collimateur des législateurs.

L’Assemblée nationale a voté ce jeudi 24 octobre l’instauration d’une taxe sur les “premix” (mélange de boisson alcoolisée et non alcoolisée) à base de vin pour dissuader la consommation des jeunes, cœurs de cible de ce produit.

L’amendement de la députée LREM Audrey Dufeu Schubert, adopté en séance, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, fixe une taxation intermédiaire de 3 euros par décilitre d’alcool pur pour ces produits souvent utilisés pour écouler des vins de moins bonne qualité en les mélangeant à des sirops.

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Drogues, tabac, alcool chez les ados… l’Académie de médecine alarmiste

Paris, le 18 juin 2011, Les gens fument un joint lors d'une manifestation.
Paris, le 18 juin 2011, Les gens fument un joint lors d’une manifestation. PhotoFred Dufour. AFP

L’institution publie un texte sur la consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent dans lequel elle souhaite une prévention précoce, dès les classes de primaire et recommande un repérage médical des médecins scolaires. Les acteurs de la réduction des risques restent sceptiques sur un certaine nombre de leurs recommandations.

Drogues illicites mais surtout substances licites font 130 000 morts par an en France. Face à ce constat, l’Académie de médecine exprime, dans un rapport réalisé début octobre et diffusé à la presse mardi, son souhait d’axer la prévention vers les adolescents. Pour les auteurs du rapport, il y a urgence à mettre en place une étude d’évaluation des troubles psychiatriques et des symptômes chez les jeunes consommateurs, car l’adolescence est une «période de vulnérabilité toute particulière aux addictions, du fait de l’absence de maturité neuropsychologique». L’urgence de la situation se manifeste également dans le coût sanitaire et social de la consommation de drogue. «Considérable», il engagerait une dépense directe des finances publiques à hauteur de 22,1 milliards d’euros. La situation a été jugée suffisamment préoccupante pour que l’Académie nationale de médecine décide de créer une sous-commission «addictions» au sein de celle en charge de proposer des recommandations sur le thème «drogues et adolescence».

Jean-Pierre Goullé, rapporteur et membre de l’Académie de médecine, rappelle que le chiffre de 130 000 morts est essentiellement lié à la consommation d’alcool et de tabac : «Ce sont les deux substances sur lesquelles nous devons majoritairement mener nos actions.

Aujourd’hui, quelque 75 000 décès par an sont liés au tabac et 41 000 pour l’alcool. Un élève sur deux en 6e a déjà essayé l’alcool.» Le rapport rappelle que parmi 35 pays, et au cours des trente derniers jours, la France arrive en tête en ce qui concerne la consommation de cannabis chez les jeunes de 16 ans, à la troisième place pour les autres drogues illicites. L’Hexagone occupe la onzième position pour la consommation de tabac et se place au quinzième rang pour l’alcool. Un classement qui motive les recommandations de l’Académie de médecine.

Le repérage médical, décrié par les associations

Parmi ces dernières figure la volonté d’augmenter significativement les enseignements consacrés aux sciences de la vie et de la terre, pour y intégrer dès l’école primaire une information régulière sur les dangers des drogues. Et ainsi, donner mission aux médecins scolaires d’assurer un repérage médical de consommation de produits addictifs chez l’adolescent. «C’est un vœu pieux, car le déficit de médecin scolaire est terrible, reconnaît Jean-Pierre Goullé. Il faut que leur nombre soit accru pour mettre en place un repérage médical chez les adolescents qui consomment, et les orienter vers des structures médicales telles que les consultations jeunes consommateurs. Même si elles ne sont pas présentes dans toutes les villes et encore moins dans les campagnes, c’est un excellent dispositif.»

Le repérage médical, loué par certains, est également décrié par des acteurs associatifs qui dénoncent un manque de clarté dans les recommandations et craignent la naissance de situation «délétère» au sein des établissements. «Le rôle des médecins et infirmières scolaires ne doit pas être celui du repérage mais de l’accompagnement. Est-ce que ça veut dire qu’on va faire passer aléatoirement des tests salivaires dans toutes les classes ou encore autoriser l’envoi des chiens de la brigade des stups pour fouiller les élèves ? s’interroge Béchir Saket Bouderbala, fondateur de l’association L630 en référence à un contrôle réalisé par la brigade canine dans plusieurs lycées de l’Oise. Lui souhaite promouvoir une réforme des politiques publiques des drogues dans le pays. C’est le contraire de ce qu’on attend en termes de réduction des risques. La première chose à faire est de réarmer les adolescents avec de l’information, pas d’armer la répression.»

«Cette prohibition du cannabis laisse les jeunes seuls face au marché noir»

Si l’urgence de la situation relevée par l’Académie de médecine est constatée par les professionnels de l’addiction, ces derniers reconnaissent que les réponses apportées ne sont pas suffisantes et dénoncent un amalgame de fait entre les produits licites et illicites, ainsi que le manque de dissociation entre les usages sociaux simples et des usages problématiques. «L’académie demande de communiquer davantage autour des dangers et des risques, mais dans le même temps, le texte met sous la table l’importance de l’éducation et de l’accompagnement des familles. Il reste enfermé dans une politique binaire, du soin ou de la sanction, qui échoue depuis 1970 et participe largement au retard de la France», explique Jean-Pierre Couteron, porte-parole de la Fédération addiction, psychologue clinicien et artisan des Consultations jeunes consommateurs ou encore des premières salles de shoot. Alors que l’Académie de médecine rappelle la nécessité de maintenir l’interdit du cannabis, l’actuelle politique judiciaire autour de cette consommation est décriée par le psychologue clinicien : «Cette prohibition du cannabis laisse les jeunes seuls face au marché noir. Elle aboutit au résultat inverse. L’interdiction de vente du tabac et de l’alcool existe pour les mineurs, mais les forces de l’ordre ne s’en préoccupent pas.»

Les addictions sont considérées comme des maladies chroniques, caractérisées par la fréquence des rechutes avec des spécificités particulières chez l’adolescent, en raison du processus de maturation cérébrale inachevé. «Il est nécessaire d’organiser la prévention au primaire. Plus elle est précoce, mieux c’est. Ce n’est pas en troisième, lorsque les jeunes ont déjà testé l’alcool et le tabac, qu’elle sera efficace» regrette William Lowenstein. Pour l’addictologue et président de SOS Addiction, «ce rapport a tout de même le mérite de parler de situation alarmante, mais que tout le monde fasse des recommandations montre bien l’absence de ligne directrice et qu’en France nous sommes incapables de faire des addictions une grande cause nationale prioritaire».

Charles Delouche

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